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Regard Retrouvé, Amour Perdu

Regard Retrouvé, Amour Perdu

Auteur:: Echo Gray
Genre: Romance
Je m'appelle Manon, une artiste peintre passionnée. Lorsque l'atelier s'est effondré, j'ai aveuglément protégé Louis, mon fiancé, basculant dans l'obscurité pour lui. Il a juré d'être mes yeux, ma seule lumière dans ce monde silencieux. Mais les miracles sont parfois des miroirs brisés. Lorsque ma vue m'a été rendue, j'ai voulu lui faire la surprise, savourant l'idée de retrouver mon foyer et son amour inconditionnel. Mon cœur explosait de joie en tournant la clé. Puis j'ai poussé la porte, et ce n'est pas le silence que j'ai trouvé. Des murmures, des gémissements venaient du salon. Louis était là, nu, sur notre canapé. Et sous lui, se tordant de plaisir, Chloé, ma galeriste, celle qui devait promouvoir mon art. Leurs voix haletantes ont déchiré mon âme, ma confiance, mon monde. « Ne t'inquiète pas. Elle est aveugle. Complètement aveugle. » Ces mots, prononcés avec tant de mépris, ont transformé mon sacrifice en une farce obscène. Mon handicap, ma cécité post-traumatique, était devenu sa couverture, sa permission de me trahir dans notre foyer. La nausée m'a prise aux tripes. La douleur était physique, la trahison, une profanation de mon sacrifice. Je me suis retirée sans un bruit, refermant la porte sur leur obscénité, sur mon cœur brisé. Devant l'immeuble, la neige immaculée contrastait violemment avec la saleté que je portais en moi. Assise dans le froid, je me suis sentie vide, mais une décision glaciale a germé : je ne pleurerais pas. Je ne lui donnerais pas cette satisfaction. Je m'étais vue mourir, piégée par un mensonge. Mais cette fois, je me battrais. J'allais récupérer mon dû et le faire payer.

Introduction

Je m'appelle Manon, une artiste peintre passionnée.

Lorsque l'atelier s'est effondré, j'ai aveuglément protégé Louis, mon fiancé, basculant dans l'obscurité pour lui.

Il a juré d'être mes yeux, ma seule lumière dans ce monde silencieux.

Mais les miracles sont parfois des miroirs brisés.

Lorsque ma vue m'a été rendue, j'ai voulu lui faire la surprise, savourant l'idée de retrouver mon foyer et son amour inconditionnel.

Mon cœur explosait de joie en tournant la clé.

Puis j'ai poussé la porte, et ce n'est pas le silence que j'ai trouvé.

Des murmures, des gémissements venaient du salon.

Louis était là, nu, sur notre canapé.

Et sous lui, se tordant de plaisir, Chloé, ma galeriste, celle qui devait promouvoir mon art.

Leurs voix haletantes ont déchiré mon âme, ma confiance, mon monde.

« Ne t'inquiète pas. Elle est aveugle. Complètement aveugle. »

Ces mots, prononcés avec tant de mépris, ont transformé mon sacrifice en une farce obscène.

Mon handicap, ma cécité post-traumatique, était devenu sa couverture, sa permission de me trahir dans notre foyer.

La nausée m'a prise aux tripes.

La douleur était physique, la trahison, une profanation de mon sacrifice.

Je me suis retirée sans un bruit, refermant la porte sur leur obscénité, sur mon cœur brisé.

Devant l'immeuble, la neige immaculée contrastait violemment avec la saleté que je portais en moi.

Assise dans le froid, je me suis sentie vide, mais une décision glaciale a germé : je ne pleurerais pas.

Je ne lui donnerais pas cette satisfaction.

Je m'étais vue mourir, piégée par un mensonge.

Mais cette fois, je me battrais.

J'allais récupérer mon dû et le faire payer.

Chapitre 1

Un éclat de verre, une étagère qui cède, l'odeur âcre de la térébenthine qui inonde l'atelier. C'est tout ce dont je me souviens avant le noir total. J'avais poussé Louis, mon fiancé, juste à temps. Les lourds pots de peinture et les cadres en bois se sont écrasés là où il se tenait une seconde plus tôt. Le choc m'a projeté la tête la première contre mon chevalet, et des éclats de verre projetés par une toile brisée ont atteint mes yeux.

Le sacrifice était instinctif, une réaction née de l'amour.

À l'hôpital, Louis tenait ma main, son visage baigné de larmes. Les médecins venaient de m'annoncer que mes cornées étaient sévèrement endommagées. J'étais, pour une durée indéterminée, aveugle.

« Manon, mon amour, pardonne-moi. »

Sa voix était brisée, pleine de remords.

« C'est de ma faute. Je te promets, je serai tes yeux. Je ne te quitterai jamais. Je t'aimerai et prendrai soin de toi pour toujours. »

Ses mots étaient un baume sur ma nouvelle réalité terrifiante. Dans ce monde d'obscurité, sa promesse était ma seule lumière. J'ai cru chaque mot. Je me suis accrochée à son serment comme à une bouée de sauvetage. Il était mon monde, et maintenant, il serait ma vue.

Les mois qui ont suivi ont été un long tunnel de dépendance et de patience. Louis était prévenant, au début. Il me décrivait les couleurs du ciel, me lisait des livres, me guidait dans notre propre appartement. J'ai appris à naviguer dans le noir, guidée par sa voix et le son de ses pas.

Puis, un miracle. Un chirurgien renommé, un spécialiste contacté par ma famille, a proposé une greffe expérimentale. L'opération a été un succès. Après des semaines de bandages et d'attente angoissante, je pouvais enfin revoir. La première chose que j'ai vue, c'était le visage ému de ma mère à l'hôpital.

J'ai décidé de ne rien dire à Louis. Je voulais lui faire la surprise. Je voulais rentrer à la maison, le voir, et lui dire : « Regarde, mon amour, ton sacrifice n'a pas été vain. Je peux voir à nouveau. » J'imaginais ses larmes de joie, son étreinte soulagée.

Le taxi m'a déposée devant notre immeuble. Mon cœur battait la chamade, une joie pure et enfantine m'envahissait. J'ai sorti mes clés, savourant le simple geste de pouvoir viser la serrure sans aide. J'ai tourné la clé doucement, voulant que ma présence reste une surprise totale.

J'ai poussé la porte.

Le silence n'était pas total. Un son faible, rythmé, venait du salon. Un gémissement. Puis un autre, plus aigu, féminin.

Mon sang s'est glacé.

J'ai avancé à pas de loup dans le couloir, mes yeux s'habituant à la pénombre de l'appartement. La scène qui s'est offerte à moi dans le salon a fait voler en éclats mon monde, mon amour, ma confiance.

Sur notre canapé, celui où nous avions passé tant de soirées à parler de notre avenir, Louis était nu. Et sous lui, se tordant de plaisir, Chloé. Ma galeriste. La femme qui était censée vendre mes œuvres, promouvoir mon art. Elle était là, dans mon salon, avec mon fiancé. Sa robe rouge était jetée sur le sol, à côté du pantalon de Louis.

Je suis restée figée, incapable de respirer. Le son de leurs ébats était une torture. Chaque gémissement était un coup porté à mon cœur.

Puis, j'ai entendu leurs voix, haletantes.

« Plus doucement, Louis... Et si elle rentrait ? » a murmuré Chloé.

La réponse de Louis a scellé mon destin et a anéanti la dernière parcelle d'espoir en moi.

« Ne t'inquiète pas. Elle est chez sa mère pour la journée. Et même si elle rentrait, qu'est-ce que tu veux qu'elle voie ? Elle est aveugle. Complètement aveugle. »

Le mépris dans sa voix. La légèreté avec laquelle il prononçait le mot "aveugle", comme si c'était une blague, un avantage pratique. Ma cécité, la conséquence de mon sacrifice pour lui, était devenue sa couverture, sa permission de me trahir dans notre propre foyer.

Une nausée violente m'a submergée. La douleur était si intense, si physique, qu'elle a éclipsé le choc. Ce n'était pas seulement de la trahison, c'était une profanation. Il avait profané mon sacrifice.

Sans un bruit, j'ai reculé. J'ai refermé la porte derrière moi avec une lenteur infinie. Dehors, la neige avait commencé à tomber. De gros flocons silencieux qui recouvraient Paris d'un manteau blanc et froid. La blancheur immaculée contrastait violemment avec la saleté que je venais de voir, la saleté que je ressentais au plus profond de mon âme.

Je me suis appuyée contre le mur froid du couloir de l'immeuble. La chaleur de mes larmes gelait sur mes joues.

C'était fini. Tout était fini.

Dans le silence ouaté de la neige qui tombait, j'ai pris ma décision. Je ne pleurerais pas pour lui. Je ne lui donnerais pas cette satisfaction. J'allais partir. Mais pas avant d'avoir récupéré ce qui m'était dû.

Chapitre 2

Le lendemain matin, je suis revenue.

J'avais passé la nuit dans un petit hôtel anonyme, à fixer le plafond, le film de la trahison se rejouant en boucle dans ma tête. Je n'avais pas dormi. La colère avait remplacé le chagrin, une colère froide et déterminée.

Je m'étais entraînée à marcher comme une aveugle, à tâtonner, à laisser mes yeux légèrement dans le vague. J'ai remis mes lunettes de soleil, mon masque de cécité.

Quand j'ai ouvert la porte, j'avais espéré, contre toute logique, qu'il serait seul. Qu'il serait rongé par la culpabilité, même s'il ne savait pas que je savais. J'espérais voir des traces de remords.

La réalité fut bien pire.

L'appartement empestait encore. Un mélange écœurant du parfum cher de Chloé et de l'odeur rance du sexe. Chloé était là, assise à notre table de cuisine, sirotant un café comme si elle était chez elle. Elle portait un de mes peignoirs de soie. Mon peignoir.

Louis s'est précipité vers moi, son visage une composition parfaite d'inquiétude feinte.

« Mon amour ! Tu es rentrée plus tôt ! Tout va bien ? Ta mère va bien ? »

Il m'a prise par le bras pour me guider. Son contact me brûlait la peau. Je me suis retenue de vomir.

« Oui, tout va bien. Je voulais juste rentrer. » Ma voix était neutre, vide.

Chloé s'est levée, un sourire narquois sur les lèvres.

« Bonjour Manon. Louis m'a dit que tu ne te sentais pas très bien hier. Je suis passée voir si je pouvais aider. »

Son ton était mielleux, condescendant. Elle jouait la bonne amie, la femme attentionnée. Je la voyais clairement, son regard brillant de triomphe. Elle me jaugeait, savourant sa victoire.

« C'est gentil, Chloé. »

Louis a continué son manège.

« Chloé a été un ange. Elle est restée pour me tenir compagnie, tu sais, j'étais si inquiet pour toi. »

La lâcheté de cet homme était sans fond. Il n'était même pas capable d'assumer. Il se cachait derrière elle, derrière ma cécité.

Ils ont continué à interagir devant moi comme si j'étais un meuble. Leurs mains se frôlaient, leurs regards se croisaient avec une complicité évidente. C'était un spectacle obscène, une torture psychologique délibérée.

Puis, le comble de l'humiliation.

Chloé a posé sa main sur son front d'un air théâtral.

« Oh là là, je crois que j'ai pris froid hier soir... J'ai un mal de tête terrible. Louis, mon chéri, tu n'aurais pas quelque chose ? »

Louis a immédiatement affiché un air concerné.

« Bien sûr. Manon, mon amour, tu pourrais aller chercher les médicaments pour Chloé ? Tu sais, dans l'armoire de la salle de bain, sur la deuxième étagère. La boîte blanche. »

Mes jambes ont failli se dérober. L'armoire de la salle de bain. La deuxième étagère. La boîte blanche. Je savais exactement ce que c'était. Ce n'était pas de l'aspirine. C'était la pilule du lendemain qu'il gardait là, "au cas où". Je le savais parce que nous en avions parlé une fois, il y a longtemps, et j'avais trouvé ça sordide.

Il me demandait à moi, sa fiancée qu'il venait de tromper, de fournir à sa maîtresse le moyen d'effacer les conséquences de leur nuit. Il me demandait, à moi, la femme aveugle et bafouée, d'être la complice silencieuse de leur sordide affaire.

C'était au-delà de la cruauté. C'était d'une perversité absolue.

J'ai senti le regard de Chloé sur moi, un regard amusé, provocateur. Elle voulait voir jusqu'où irait mon humiliation.

J'ai pris une profonde inspiration. Je devais jouer le jeu. Pour l'instant.

« Bien sûr, Louis. »

J'ai marché lentement, ma canne blanche tapotant le sol devant moi. Chaque pas vers la salle de bain était un pas de plus vers l'enfer. J'ai ouvert l'armoire. Mes mains ne tremblaient pas. J'ai trouvé la boîte blanche. Je l'ai prise.

Je suis revenue dans le salon. J'ai tendu la boîte dans leur direction.

« Tiens. »

Chloé l'a prise, ses doigts effleurant les miens. Un contact qui m'a donné la nausée.

« Merci, Manon. Tu es un amour. »

J'ai entendu le bruit du blister qu'on perce, puis le son d'elle avalant avec un verre d'eau.

Devant mes yeux.

Ils avaient transformé mon sacrifice en farce, mon amour en humiliation, et mon foyer en théâtre de leur perversion.

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