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Quoi? Mon père est un milliardaire !

Quoi? Mon père est un milliardaire !

Auteur:: Plume de Vérité 📜
Genre: Romance
Emily découvre avec effroi qu'elle n'est pas la fille biologique de ses parents. Manipulée par Ava, la vraie fille de la famille, elle est reniée et devient la cible des moqueries de tout son entourage. Chassée et humiliée, Emily croit que sa vie ne peut sombrer davantage. Pourtant, un secret bouleversant émerge : son véritable père est le magnat le plus influent de la ville, et ses frères, des figures adulées dans leurs domaines, lui offrent une protection inattendue. Alors qu'elle reprend confiance, elle révèle qu'elle dirige en secret une entreprise prospère, défiant toutes les attentes. Mais tout n'est pas simple. Son ex, dédaigneux, lui lance : « Arrête de t'accrocher à moi, mon cœur appartient à Clara. » Et lorsqu'un puissant homme d'affaires, à l'aura énigmatique, intervient pour la protéger, il déclare avec force : « Comment oses-tu penser que ma femme puisse t'aimer ? » Emily est entraînée dans une spirale de trahisons, de révélations fracassantes, et de luttes pour son honneur, déterminée à surmonter chaque obstacle sur le chemin de sa vengeance et de sa renaissance.

Chapitre 1 CHAPITRE 1

Emily poussa la porte de la maison familiale, les bras chargés de manuels scolaires. Le salon baignait dans une lumière dorée, et la douce mélodie d'un piano résonnait dans l'air. Elle reconnut immédiatement les accords d'Ava. Cette dernière s'installait souvent au piano pour jouer devant leurs parents, récoltant des éloges qui semblaient inaccessibles à Emily.

-Emily ! Tu es enfin là, lança Ava en relevant la tête de l'instrument.

Son sourire, bien qu'amical en surface, portait une nuance acérée qu'Emily connaissait bien.

-J'espère que tu ne comptes pas encore monopoliser l'attention ce soir, ajouta Ava en refermant sèchement le couvercle du piano.

Emily haussa les épaules, feignant l'indifférence.

-Je ne fais que rentrer, Ava. Qu'est-ce que tu veux ?

Ava croisa les bras, le regard brillant d'un mépris calculé.

-Ce que je veux ? Que tu arrêtes de faire semblant d'appartenir à cette famille.

Les mots étaient comme une gifle. Emily sentit sa gorge se nouer, mais elle refusa de céder.

-C'est quoi ton problème aujourd'hui ? Tu as perdu une compétition ou quoi ?

-Mon problème, ricana Ava, c'est toi. Tu te balades ici comme si tu étais une Deveraux de naissance, mais tout le monde sait que tu n'es qu'une imposture.

Un silence glacé s'abattit sur la pièce. Emily sentit ses mains trembler, mais elle se força à maintenir son regard sur Ava.

-Qu'est-ce que tu insinues  ? demanda-t-elle d'une voix rauque.

Ava éclata de rire, un son cruel et perçant.

-Tu crois vraiment que maman et papa t'aiment comme ils m'aiment, moi  ? Tu n'es même pas leur fille. Tu as été adoptée, Emily. Une faveur qu'ils ont regrettée depuis le premier jour.

Le souffle coupé, Emily recula d'un pas.

-C'est faux. Tu inventes tout ça juste pour me blesser.

-Va leur demander, répliqua Ava en haussant les épaules avec une nonchalance dévastatrice.

Emily déposa ses affaires d'un geste mécanique avant de se diriger vers le bureau de ses parents. À chaque pas, son cœur battait plus fort. « Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai », se répétait-elle mentalement, comme une prière.

Elle frappa doucement à la porte avant d'entrer. Ses parents étaient assis côte à côte, examinant des documents. Ils levèrent les yeux en même temps, affichant des expressions fatiguées.

-Emily ? Que se passe-t-il ? demanda son père, d'un ton neutre.

Elle chercha ses mots, la voix brisée.

-Ava... Ava m'a dit quelque chose. Elle a dit que je n'étais pas votre fille...

Un silence pesant envahit la pièce. Sa mère baissa les yeux, tandis que son père passa une main nerveuse dans ses cheveux gris.

-C'est... compliqué, commença-t-il.

Emily sentit son monde s'effondrer.

-Alors c'est vrai ? Je ne suis pas votre fille ?

Sa mère tenta un sourire maladroit.

-Écoute, Emily, tu as toujours été une partie importante de notre famille, mais... oui, techniquement, tu n'es pas notre fille biologique.

Le choc la cloua sur place. Elle sentit une douleur sourde monter dans sa poitrine, comme un couteau qui s'enfonçait lentement.

-Pourquoi... pourquoi ne m'avez-vous jamais rien dit ? murmura-t-elle.

Son père poussa un soupir lourd.

-Nous voulions te protéger. Tu es arrivée dans notre vie à un moment où nous avions besoin de combler un vide. Nous pensions que...

Il s'interrompit, incapable de finir sa phrase.

-Un vide ? répéta Emily, la voix tremblante de colère. Alors quoi, j'étais un remplaçant ?

-Ne parle pas comme ça ! intervint sa mère, visiblement mal à l'aise. Nous t'avons aimée autant que possible. Mais Ava est...

-Ava est quoi ? Une princesse à laquelle vous devez tout sacrifier ?

Les larmes montaient, mais Emily refusa de pleurer devant eux.

-Emily, ce n'est pas ce que nous voulions dire, tenta sa mère. Mais les choses sont compliquées avec Ava. Elle se sent menacée par toi, et... peut-être qu'il serait mieux pour tout le monde que tu prennes un peu de distance.

Emily resta sans voix.

-Vous voulez que je parte ? Après tout ce que j'ai fait pour cette famille ?

-Ce n'est pas ce que nous voulons, mais ce serait plus simple pour éviter les conflits, admit son père.

À cet instant, quelque chose se brisa définitivement en elle. Elle les regarda, ces deux personnes qui étaient censées être son refuge, et ne vit que des étrangers.

-Très bien, murmura-t-elle. Si c'est ce que vous voulez, je vais partir.

Elle tourna les talons et quitta la pièce, les larmes roulant silencieusement sur ses joues.

Dans sa chambre, Emily s'effondra sur le lit, le cœur en miettes. Ses mains tremblaient alors qu'elle fouillait dans ses tiroirs pour rassembler ses affaires.

Ava passa devant sa porte, un sourire satisfait accroché à ses lèvres.

-Alors, tu t'en vas enfin ? Tu aurais dû le faire depuis longtemps, lança-t-elle avec un rire cruel.

Emily se redressa, ses yeux brillants de rage.

-Profite bien de cette maison, Ava. Parce que bientôt, tout ce que tu as, tout ce que tu crois posséder, s'effondrera.

Ava écarquilla légèrement les yeux, surprise par la détermination dans la voix d'Emily.

-Oh, je tremble, répliqua-t-elle, avant de s'éloigner.

Emily serra les poings. Elle refusait de céder à la haine, mais une chose était sûre : elle ne serait plus jamais la victime.

Cette nuit-là, elle quitta la maison Deveraux avec une valise et un cœur lourd. Alors qu'elle marchait sous la lueur des lampadaires, une idée germa dans son esprit : elle retrouverait ses origines, coûte que coûte. Et surtout, elle prouverait à tous, y compris à elle-même, qu'elle n'avait besoin de personne pour exister.

Emily parcourait les rues de la ville, sa valise traînant sur les pavés, son cœur alourdi par une douleur qu'elle peinait à contenir. La nuit était tombée, mais son esprit était assailli par les paroles d'Ava et la trahison silencieuse de ses parents. Elle avait cru appartenir à cette famille, et maintenant tout semblait s'effondrer.

Elle finit par trouver refuge dans une auberge modeste à l'extérieur du centre-ville. L'endroit n'avait rien de glamour  : une chambre exiguë avec des murs jaunis et un lit dont le matelas semblait aussi usé que son âme. Pourtant, pour Emily, c'était suffisant.

Alors qu'elle s'installait, son téléphone vibra. Elle hésita avant de regarder l'écran  : un message d'un numéro inconnu.

« Ava organise une grande fête ce soir. Tout le monde sera là. Même Thomas. Ça promet d'être intéressant. – Clara. »

Emily serra le téléphone dans sa main. Clara, l'exubérante petite amie de Thomas, se délectait visiblement de son malheur.

Elle posa son téléphone et se laissa tomber sur le lit. Une partie d'elle voulait ignorer la fête, mais une autre, plus fière, refusait de laisser Ava triompher.

Quelques heures plus tard, Emily franchit les portes de la somptueuse demeure Deveraux. La maison était illuminée de mille feux, chaque pièce résonnant des éclats de voix et des rires des invités. Des serveurs en uniformes noirs circulaient, des plateaux de champagne à la main.

Elle était vêtue simplement  : une robe noire qu'elle avait emportée par précaution, et ses cheveux étaient attachés en une queue-de-cheval élégante. Bien que discrète, elle savait qu'elle ferait tourner quelques têtes, si ce n'est par sa tenue, du moins par sa présence inattendue.

Dans le grand salon, Ava, rayonnante dans une robe rouge flamboyante, se tenait au centre de l'attention. Entourée de ses amis, elle riait aux éclats.

Je veux porter un toast  ! annonça-t-elle d'une voix forte.

Chapitre 2 CHAPITRE 2

Les conversations s'arrêtèrent, et tous les regards se tournèrent vers elle. Ava leva sa coupe de champagne, un sourire cruel sur les lèvres.

-Ce soir, nous célébrons non seulement notre famille, mais aussi la vérité. Parce qu'après tout, il est important que chacun sache où est sa place.

Un murmure traversa la foule. Emily, qui se tenait près de l'entrée, sentit un poids se poser sur ses épaules.

-Comme certains le savent déjà, continua Ava avec un regard appuyé vers Emily, ma famille a récemment traversé des révélations bouleversantes. Mais ce qui compte, c'est que la vérité a triomphé, et que les Deveraux sont plus forts que jamais.

Les invités applaudirent, ignorant l'ironie de ses paroles. Emily sentit son estomac se nouer.

-Et pour marquer cette occasion, poursuivit Ava, j'aimerais remercier tous ceux qui ont toujours soutenu notre famille légitime. Parce que, disons-le franchement, être un Deveraux, ce n'est pas quelque chose qu'on peut simplement revendiquer. Il faut le mériter.

Les rires éclatèrent autour d'elle. Emily, immobile, sentit le regard de plusieurs invités se poser sur elle, certains pleins de curiosité, d'autres de pitié.

-Tiens, tiens, lança une voix derrière elle, si ce n'est pas la star de la soirée.

Emily se retourna pour voir Thomas, son ex-petit ami, s'approcher, un verre à la main. À ses côtés, Clara affichait un sourire narquois, accrochant son bras au sien.

-Qu'est-ce que tu fais là, Emily  ? demanda Thomas en arquant un sourcil. Tu n'as pas reçu le mémo  ? Cette fête est réservée aux vrais Deveraux.

-Laisse-moi tranquille, Thomas, répliqua Emily, la voix serrée.

-Oh, mais je veux juste t'aider, répondit-il, un éclat moqueur dans les yeux. Je ne voudrais pas que tu te ridiculises davantage.

-C'est déjà trop tard pour ça, intervint Clara en riant. Tout le monde sait que tu jouais à la princesse alors que tu n'étais même pas de sang noble.

Emily sentit une boule se former dans sa gorge. Elle voulait riposter, mais les mots lui échappaient.

-Tu sais, continua Thomas en s'approchant, j'ai presque pitié pour toi. Tu as toujours essayé d'être parfaite, mais regarde-toi maintenant. Une imposture, une blague.

Emily le fusilla du regard.

-Et toi, Thomas  ? Tu es quoi  ? Un petit garçon qui se cache derrière sa nouvelle petite amie pour se donner de l'importance  ?

Clara lâcha un rire méprisant.

-Ne t'énerve pas, Emily. Ce n'est pas de sa faute si tu es devenue... disons, moins intéressante.

Emily serra les poings. Elle savait qu'ils cherchaient à la provoquer, mais elle refusait de leur donner ce plaisir.

-Vous savez quoi  ? fit-elle, sa voix plus forte qu'elle ne l'avait prévu. Riez autant que vous voulez. Vous êtes pathétiques, tous les deux.

Elle tourna les talons et s'éloigna, sentant les regards suivre chacun de ses pas. Alors qu'elle traversait la foule, elle croisa Ava, dont le sourire triomphant ne faisait qu'ajouter à sa frustration.

-Tu es toujours là  ? murmura Ava, assez fort pour qu'Emily seule l'entende. Tu devrais partir avant de t'humilier davantage.

Emily s'arrêta et planta son regard dans celui de sa sœur.

-Profite bien de ton moment de gloire, Ava. Parce qu'il ne durera pas éternellement.

Ava haussa les sourcils, surprise par la fermeté dans la voix d'Emily.

-Oh, je tremble, répondit-elle avec un sourire moqueur.

Emily quitta la pièce sans se retourner, son cœur battant à tout rompre. Mais au lieu de pleurer, elle se fit une promesse  : elle ne laisserait plus jamais personne la réduire au silence.

Dehors, l'air frais lui fouetta le visage. Elle s'appuya contre un muret, reprenant son souffle. Les lumières de la maison brillaient derrière elle, mais Emily se sentait comme une étrangère, observant un monde qui ne lui appartenait plus.

Alors qu'elle réfléchissait à ce qui venait de se passer, son téléphone vibra à nouveau. Cette fois, c'était un message d'un ancien collègue  :

« Emily, j'ai entendu ce qui s'est passé. Si jamais tu as besoin d'un endroit où te réfugier ou de quelqu'un pour parler, appelle-moi. Tu n'es pas seule. »

Elle serra le téléphone contre elle, un mince sourire apparaissant sur ses lèvres. Peut-être qu'il y avait encore de l'espoir, malgré tout.

Emily errait dans les rues sombres de la ville, enveloppée dans son manteau trop léger pour la fraîcheur de la nuit. Le silence pesait sur elle, seulement brisé par le bruit de ses pas résonnant sur le trottoir. Après la soirée humiliante chez les Deveraux, elle n'avait nulle part où aller. Chaque visage familier qu'elle aurait pu appeler semblait maintenant faire partie d'un passé lointain, une illusion qu'elle ne pourrait jamais retrouver.

Elle s'arrêta devant une vitrine de café fermée, observant son reflet. Les cernes sous ses yeux trahissaient les nuits sans sommeil, et ses cheveux autrefois soigneusement coiffés retombaient en mèches indisciplinées. Elle détourna le regard avec amertume.

-Vous savez, vous devriez vraiment éviter de rester seule à cette heure-ci.

La voix masculine, grave et calme, la fit sursauter. Elle se retourna pour voir un homme appuyé contre un réverbère. Grand, avec une allure décontractée mais assurée, il portait un manteau noir qui semblait absorber la lumière autour de lui. Son visage, partiellement caché par l'ombre, était marqué par une mâchoire forte et des yeux perçants.

-Excusez-moi  ? demanda Emily, méfiante.

-Juste un conseil, répondit-il en haussant les épaules. Les rues de cette ville ne sont pas toujours sûres.

Emily plissa les yeux.

-Merci, mais je n'ai pas besoin d'un chevalier en armure ce soir.

L'homme sourit, révélant une fossette charmante qui adoucissait son expression sévère.

-Je ne suis pas un chevalier. Juste quelqu'un qui sait ce que c'est de vouloir disparaître.

Elle fronça les sourcils, surprise par sa remarque.

-Je ne veux pas disparaître, rétorqua-t-elle, piquée au vif.

-Non  ? Pourtant, ça se voit dans vos yeux, répondit-il calmement.

Emily sentit une vague de colère monter en elle, mais avant qu'elle ne puisse répondre, elle entendit des voix derrière elle.

-Hé, mais c'est Emily  !

Elle se retourna pour voir un groupe de jeunes gens qu'elle connaissait autrefois. Ils faisaient partie des soirées mondaines des Deveraux, toujours prêts à flatter Ava pour rester dans ses bonnes grâces.

-Qu'est-ce que tu fais ici  ? demanda une fille blonde, un sourire moqueur aux lèvres. Tu n'es pas censée être avec ta famille parfaite  ?

Emily croisa les bras, tentant de masquer sa nervosité.

-C'est drôle, mais je n'ai pas besoin de vos commentaires ce soir.

-Oh, mais c'est dommage  ! s'exclama un garçon en riant. On voulait juste te rappeler que tu n'es plus vraiment invitée aux fêtes, tu sais.

Les rires éclatèrent, et Emily sentit ses joues s'empourprer.

-Laissez-moi tranquille, dit-elle, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait voulu.

-Pourquoi  ? intervint une autre fille. On veut juste s'amuser un peu. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on croise la fille adoptée qui pensait être une princesse.

Emily ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun mot ne sortit. Elle sentit les larmes monter et se maudit pour sa faiblesse.

-Ça suffit, lança une voix grave derrière elle.

Elle se retourna pour voir l'inconnu s'approcher, ses mains dans les poches, mais son regard glacial fixé sur le groupe.

-Et toi, t'es qui  ? demanda le garçon avec arrogance.

-Juste quelqu'un qui n'apprécie pas les lâches qui s'en prennent à une femme seule, répondit-il.

Chapitre 3 CHAPITRE 3

Le ton de sa voix était calme, mais une menace sous-jacente était évidente. Les membres du groupe échangèrent des regards hésitants.

-Allez, ce n'est pas la peine de s'énerver, dit finalement la fille blonde. On s'en va.

Ils partirent à contrecœur, lançant quelques regards noirs en direction de l'inconnu.

Emily resta figée, fixant l'homme qui venait de la défendre.

-Vous n'étiez pas obligé de faire ça, murmura-t-elle.

-Peut-être pas, répondit-il, mais je déteste les gens qui se croient supérieurs.

Elle esquissa un sourire triste.

-Vous venez de décrire la majorité des personnes que je connaissais.

Il la regarda en silence pendant un moment, comme s'il analysait ses paroles.

-Vous avez faim  ? demanda-t-il soudain.

Emily le fixa, déconcertée.

-Pardon  ?

-Il y a un petit restaurant ouvert toute la nuit, juste au coin. Ce n'est pas un endroit chic, mais ils servent un excellent café.

Emily hésita. Tout en lui semblait mystérieux, mais pour la première fois depuis des jours, elle ne se sentait pas complètement seule.

-D'accord, répondit-elle finalement.

Le restaurant était petit, avec des tables en bois simples et des murs décorés de vieilles photographies en noir et blanc. L'odeur de café frais flottait dans l'air, mêlée à celle de la nourriture grillée.

Ils s'assirent à une table près de la fenêtre. L'homme commanda un café noir, tandis qu'Emily opta pour un chocolat chaud.

-Alors, vous avez un nom  ? demanda-t-elle après un moment de silence.

-Élias, répondit-il. Et vous  ?

-Emily.

Il hocha la tête, comme s'il enregistrait l'information.

-Et qu'est-ce qu'une femme comme vous fait seule dans la rue à une heure pareille  ?

Elle baissa les yeux sur sa tasse.

-Disons que ma vie a pris un tournant inattendu.

-Inattendu comment  ?

Elle hésita. Il était un inconnu, mais peut-être justement à cause de cela, elle se sentait capable de parler.

-J'ai découvert que je n'étais pas celle que je pensais être. Que ma famille... que tout ce que je connaissais était une illusion.

Élias l'écouta en silence, son regard attentif.

-Ça doit être difficile, dit-il finalement. Mais vous ne semblez pas être du genre à abandonner facilement.

Emily releva la tête, surprise.

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça  ?

Il haussa les épaules.

-Vous êtes là, à vous battre pour avancer, même si tout semble contre vous.

Ses paroles réchauffèrent quelque chose en elle.

-Merci, murmura-t-elle.

Ils passèrent un long moment à discuter. Élias ne lui demanda pas de détails, mais ses réponses courtes et directes avaient un effet apaisant. Emily se surprit à sourire à plusieurs reprises, oubliant momentanément ses problèmes.

Alors qu'ils quittaient le restaurant, Élias se tourna vers elle.

-Vous savez où aller  ?

Elle secoua la tête.

-Pas vraiment.

-Il y a un hôtel pas loin. Ce n'est pas luxueux, mais c'est sûr.

-Merci, dit-elle.

Il lui tendit une carte.

-Mon numéro. Si vous avez besoin d'aide.

Emily hésita avant de la prendre.

-Pourquoi faites-vous ça  ? demanda-t-elle.

Il haussa les épaules.

-Peut-être parce que je sais ce que c'est d'être seul dans ce monde.

Elle le regarda partir, une étrange sensation dans la poitrine. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit un peu moins perdue.

Le matin s'était levé sur la ville, ses premières lueurs filtrant à travers les rideaux de la chambre d'hôtel où Emily s'était réfugiée après sa rencontre avec Élias. Le sentiment d'étrangeté persistait en elle, comme une poussière fine flottant dans l'air qu'elle ne pouvait dissiper. Elle n'avait pas dormi longtemps, mais d'un sommeil agité et lourd de tourments. Sa vie venait de basculer à une vitesse qu'elle n'avait jamais anticipée, et il lui semblait que chaque minute supplémentaire lui faisait perdre un peu plus de contrôle.

Elle s'assit sur le bord du lit, un téléphone dans les mains qu'elle avait à peine utilisé depuis la veille. Aucun message, aucun appel. Elle n'était plus sûre de ce qu'elle attendait exactement. Si seulement elle pouvait reprendre les rênes de sa vie, ou du moins comprendre ce qui l'attendait. Mais avant qu'elle n'ait le temps de vraiment se poser la question, un bruit sec se fit entendre contre la porte de sa chambre. Un bruit de lettre glissée sous la porte.

Elle se leva d'un bond, son cœur battant la chamade. Sans réfléchir, elle se précipita vers la porte et, la main tremblante, ramassa la lettre. Elle n'y avait pas prêté attention avant, mais à présent, les mots imprimés sur l'enveloppe, simplement « Pour Emily », la frappaient. Pas de nom d'expéditeur, aucune indication. Juste cette mention intrigante, suivie d'une adresse qu'elle n'avait jamais vue.

Elle retourna dans la chambre, s'assit à la petite table et déchira l'enveloppe. À l'intérieur, une feuille de papier froissée qu'elle déplia précipitamment. Les mots qui s'étalaient sous ses yeux étaient simples, mais leur poids était immense.

* »Emily,

Tu n'es pas celle que tu crois être. Ton véritable père est Gabriel Hunt, le magnat de l'industrie. Nous savons ce qui t'est arrivé, et il est temps que tu prennes ton destin en main. Il te cherche.

-Un allié. »*

Les mots se perdirent dans un flou pour un instant, tandis qu'une vague de confusion, puis de compréhension, envahissait son esprit. Gabriel Hunt. Le nom résonnait dans sa tête comme un écho lointain. Elle avait entendu parler de lui, bien sûr, mais jamais ne l'avait-elle imaginé lié à elle, d'aussi près. Un magnat influent. Elle se leva brusquement, presque sans penser, et se dirigea vers la fenêtre, scrutant les rues comme si la réponse se trouvait là, au coin de la rue.

*Un père...* Ses pensées tourbillonnaient. Un père dont elle ignorait tout. Qui était-il ? Et pourquoi ce secret ? Et pourquoi maintenant ? Pourquoi avait-on attendu si longtemps avant de lui révéler la vérité ? Elle se sentait trembler, envahie par un sentiment de trahison plus profond encore que celui qu'elle avait ressenti la veille, lorsqu'elle avait appris qu'elle n'était pas une Deveraux.

Elle s'assit à nouveau, les mains crispées autour de la lettre. *Si ce que cette lettre disait était vrai, cela changeait tout.*

Elle n'avait jamais voulu être une Deveraux, elle l'avait bien compris. Mais Gabriel Hunt... Cela semblait tellement irréel, comme une promesse d'un autre monde, un monde qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir atteindre. Comment un homme de ce calibre pourrait-il être lié à elle, une simple fille qui venait de tout perdre ?

Elle se leva enfin, déterminée. Il lui fallait des réponses. Elle devait rencontrer cet homme. Ce Gabriel Hunt. Il était la clé de tout ce qui l'attendait. Mais à mesure qu'elle s'habillait, un sentiment d'urgence s'empara d'elle. Elle n'était pas la seule à vouloir savoir. Elle n'était pas seule à la rechercher.

Ce n'était pas un hasard si cette lettre lui était parvenue. Quelqu'un savait ce qu'elle ignorait, et cette personne voulait qu'elle prenne cette route, celle qui la menait droit vers un inconnu, un homme puissant, mais aussi potentiellement dangereux.

Le destin semblait avoir tracé cette voie pour elle, et elle ne pouvait plus fuir. Elle attrapa son manteau, prit un taxi, et se dirigea vers l'adresse mentionnée dans la lettre, sans savoir ce qui l'attendait.

L'adresse la mena au cœur du quartier d'affaires de la ville, là où les gratte-ciels se perdaient dans les nuages et où le luxe était palpable à chaque coin de rue. Chaque bâtiment semblait renfermer une histoire, une légende du monde des affaires, et elle n'avait jamais imaginé que l'un d'eux serait lié à elle, à sa propre histoire.

Elle s'arrêta devant l'imposant immeuble de verre et d'acier qui abritait Gabriel Hunt. Le logo de l'entreprise, un « H » entrelacé, brillant sur la façade, semblait une invitation à pénétrer dans un monde parallèle. Elle inspira profondément, son cœur battant à tout rompre.

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