Chapitre 1 : madame Piat
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Je le regarde dans les yeux avant de glisser ma tête sur son torse.
Lui : je suis content d'être ici avec toi.
Moi (passant mes doigts entre les siens) : je le suis aussi.
Je profite de l'air frais qui s'introduit dans notre chambre.
Ce vent, le bruit de la mer, tout est réuni pour que lui et moi profitions de cette lune de miel.
Lui (jouant avec mes doigts) : madame Piat !
Moi (levant ma tête vers lui) : j'aime bien, redis le.
Lui (souriant) : madame Piat, ma femme.
Moi (contente) : j'aime mieux.
Porter ce nom est un honneur pour moi.
Après 4 ans sans trop savoir s'il allait m'épouser j'ai fini par avoir cette bague.
À vrai dire, j'avais peur que ma famille me tourne le dos.
C'est mon premier homme et chez moi il n'est pas question de partir en mariage sans être pucelle.
Lui : j'ai hâte de te rendre heureuse.
Moi : ah oui ?
Lui : et fêter 20, 30, 40 ans de mariage.
Moi (souriante) : faudrait déjà qu'on passe les 10 ans de mariage.
Lui : tu doutes de nous ?
Moi : pas du tout.
Il pince mon nez avant de me voler un baiser.
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Toc Toc Toc
J'ouvre les yeux et je me redresse.
Moi : c'est qui ?
La gouvernante : tout va bien madame ?
Moi : oui tout va bien.
Je regarde l'heure sur mon téléphone et je vois qu'il est 9h.
Tout s'explique !
Je ne me lève jamais aussi tard. Je suis une lève tôt !
Moi : ne t'en fais pas, je descends bientôt.
Elle (derrière la porte) : ok madame.
Je me lève et je mets ma robe de chambre.
Avant d'aller me brosser les dents; je mets mes genoux au sol et je fais une prière.
Je fais cette prière tous les matins et tous les soirs avant de dormir.
Après mon rendez-vous matinal avec Dieu, je vais me débarbouiller.
Tzs Tzs
Je retourne à la chambre quand j'entends la sonnerie de mon téléphone.
Moi (décrochant) : allô ?
La personne ne parle pas alors je raccroche.
Je retourne me rincer le visage avant de descendre.
Je suis au niveau des escaliers lorsque je vois des ballons partout en bas.
Je me demande d'où ils sortent.
Une fois en bas, je vois quelques paquets, mes préférées : Chanel, Hermès et Dior
Je ne comprends toujours pas ce qui se passe alors je marche en direction du bungalow, pour prendre mon petit déjeuner.
Là aussi je vois des ballons et une table bien décorée (mieux que d'habitude).
Quand il me voit, il se lève.
Moi (allant près de lui) : bonjour, qu'est-ce qui se passe.
Il me fait un bisou sur la bouche et :
Lui : joyeuse noce de cristal.
Je reste la bouche grande ouverte, j'avais complètement oublié.
Où sont passées mes manières ?
Nana Piat, épouse de Philippe Piat depuis 15 ans.
Philanthrope dans l'âme, je suis architecte reconvertie en business woman.
Je vis de mes nombreuses activités : salle de mariage, spa et gestion immobilière (je gère uniquement mes biens et quelques biens de Philippe).
Charmante pour certains, charismatique pour d'autres, je suis une femme noir de 42 ans.
Mère d'une fille de 10 ans, ma vie tourne principalement autour de cette dernière.
Souriante, pleine de vie, je profite de mon passage sur terre pour marquer positivement mon entourage.
Je suis de ceux qui pensent que l'âge n'est qu'un chiffre et cela se justifie par mon âme d'enfant.
La vie m'a appris à prendre les choses comme elles viennent à moi et à les façonner par la suite.
15 ans de mariage c'est 15 ans de challenges.
Parmi les différents challenges, il y a eu la conception d'enfant.
Je n'ai jamais réussi à enfanter comme toutes les femmes.
Nathilia, ma fille est née de fécondation in vitro et ce après 5 années à essayer par tous les moyens.
Être une femme mariée c'est une bonne chose, mais ça l'est moins lorsque concevoir devient un problème.
Depuis qu'elle est là, je suis davantage heureuse.
J'ai moins ma belle famille sur le dos alléluia !
Au fil des années, ma relation avec Philippe a évolué.
Parfois je le trouve difficile à cerner, parfois il est transparent.
Lui (tirant ma chaise) : vas-y, prends place.
Je prends place et je regarde tout ce qu'il y a sur la table.
Moi (contente) : ouuuuh il y a mes toasts à l'avocat et saumon.
Lui (me montrant du doigt) : j'ai fait ton gâteau favori.
Je regarde sur la gauche et je vois le gâteau en question.
Alors, c'est la seule chose qu'il sait faire et Dieu est témoin, il le rate 2 fois sur 3.
Je le regarde et :
Moi (souriante) : il est cuit cette fois ?
Lui : bien sûr madame ma femme.
Je me coupe une part et je goûte pour lui faire plaisir.
Lui (me regardant) : alors ?
Moi : euuuuuh
Lui : il est encore raté ?
Moi : pas tout à fait.
Bon je ne dis pas la vérité. À vrai dire, il n'est pas très mangeable mais pour l'effort, j'atténue la vérité.
Moi : je pense que tu as raté une étape.
Lui : Nathalia m'a aidé et pourtant.
Nathalia (venant vers nous) : ah non papa tu l'as fait seul.
Moi (rigolant) : mais enfin Philippe !
Lui (regardant sa fille s'approcher de nous) : jeune fille, tu m'as dit que la patte était bonne n'est-ce pas ?
Nathalia : oui, bonne par rapport à ce que tu fais d'habitude.
Il lui tend la main et récupère quelque chose que je ne vois pas.
Elle fait le tour de la table et me fait une bise sur la joue droite.
Elle : joyeuse noce de cristal.
Moi : joyeux cadeau.
Elle : mais maman ! Qui dit ça ?
Moi : moi, je le dis. Tu es mon cadeau.
Elle : attends, tu ne sais pas ce que papa t'a pris.
Il regarde sa fille et lui fait un clin d'œil.
S'il y a bien une chose dont je suis extrêmement contente, c'est la relation entre ces deux.
Philippe c'est un papa gaga de sa fille.
Il fait beaucoup d'activités avec elle.
Elle dépose ses main sur les épaules de son père et :
Elle : papa tu te rappelles que j'ai un anniversaire non ?
Moi (surprise de l'apprendre) : ah oui ?
Elle : oui j'ai prévenu papa.
Moi : ah ok.
Qu'est-ce que je peux dire d'autre ? Son père sait déjà.
Lui : tu veux l'argent pour le cadeau ?
Elle : tout à fait ! Je veux aussi que tu dises à ton chauffeur de ne pas venir me prendre tôt. Il me fait toujours gâcher les bons moments.
Moi : tu n'as pas l'âge de durer dehors mon bébé.
Elle : mais 17h c'est trop tôt.
Philippe : il viendra à 18h alors.
Elle : c'est déjà mieux, merci papa !
Lui : je vais remettre les sous à ta mère.
Moi : ah non, je ne suis pas dans votre programme. J'ai des choses à faire et aujourd'hui.
Lui : bon je vais t'accompagner. Tu sais ce que tu veux prendre comme cadeau ?
Elle : pas du tout.
Moi : bon vous allez parler de ça plus tard, laisse nous manger.
Elle : ok, à toute.
Je la regarde s'éloigner du bungalow avec un sourire aux lèvres.
Philippe : un jour je vais me réveiller et elle aura 20 ans.
Moi : n'en parle pas, je ne suis pas prête.
Nathalia c'est ma raison de vivre.
La voir grandir me fait du bien autant que ça me pince le cœur.
Elle n'aime plus les bisous comme avant.
Elle trouve que je suis ringarde sur les bords, alors que je suis une maman géniale pour mon âge.
Tzs Tzs
Il regarde son téléphone et le met sous silencieux.
Lui : tu me passes l'eau s'il te plaît ?
Je le fais et :
Moi : il y a un locataire qui peine à se régulariser depuis deux mois et je n'en peux de courir derrière lui. Il me doit 2.000.000 CFA
Oui j'ai quelques logements meublés à 1.000.000 CFA le mois.
En tant normal, les personnes ayant de l'argent aiment bien ce genre de logement. Mais lorsqu'ils ne règlent pas je sens bien que je perds beaucoup d'argent.
Lui : tu l'as relancé ?
Moi : deux fois et je pense que je vais le mettre dehors s'il continue.
Lui : tu devrais.
Il dépose une petite boîte devant moi et me demande de l'ouvrir.
Moi : qu'est-ce que c'est ?
Lui : vas-y, ouvre la.
Je la prends et je l'ouvre.
Je vois deux nouvelles bagues.
Moi : deux bagues ?
Lui : oui, je tenais à ce qu'on change nos alliances.
Moi : j'aime bien mon alliance pourtant.
Lui : j'avais moins de sous à l'époque. Aujourd'hui je veux que tu portes celle-ci.
Moi : tu sais que les choses n'ont de la valeur que ce qu'on leur donne n'est-ce pas ?
Lui : je veux te voir avec cette nouvelle alliance.
Il sort la mienne de la boîte et :
Lui : ta main.
Je lui tends ma main gauche et il change les alliances.
Lui : fais la même chose.
Je lui change son ancienne contre la nouvelle et :
Moi : qu'est-ce qui t'a pris ?
Lui : dans 15 ans on les changera encore.
Moi (rigolant) : mais tu as des problèmes monsieur mon mari.
Oui rigole et m'invite à manger avant que tout ne soit froid.
Après un bon petit déjeuner, je le suis à l'intérieur de la maison.
Je profite pour ouvrir mes cadeaux devant lui.
Je commence par le paquet de chez Coco Chanel.
Je l'ouvre et je découvre un joli sac bandoulière en cuir noir matelassé.
Moi : il est très beau, merci.
Je lui fais un bisou et je recule pour ouvrir le reste.
J'ouvre le paquet de chez Dior et je découvre une magnifique chaussure J'Adior en coton brodé motif Rosa Mutabilis multicolor.
Elle est sacrément belle, rien avoir avec la basique noir que certaines ont.
Moi : pour le coup je suis vraiment contente pour celle-ci.
Je termine par Hermès et avant que j'ouvre le paquet il attire mon attention.
Lui : tu te souviens que tu avais apprécié mon porte document ?
Moi : oui.
J'ouvre le paquet et je vois un porte document vert.
Moi : il est beau mais j'avais vu le prix. Chéri tu n'étais pas obligé.
Ce porte document coûte 4550€ soit 2.900.000 CFA
Je sais qu'il a les moyens de m'offrir ce genre de cadeau. Mais je trouve tout cela un peu ridicule, vu le prix.
Lui : rien est trop cher pour toi.
Je demande à la gouvernante de monter avec mes cadeaux tandis que je fais un tour de la maison pour voir si tout est bien rangé.
Une fois le tour fait, je fonce prendre une douche.
Philippe est à la terrasse de notre chambre, il est au téléphone.
Philippe c'est le directeur général des impôts au Gabon autant dire qu'il a une lourde responsabilité sur ses épaules.
Il travaille aux impôts depuis que je le connais, de simple agent à directeur général, il a passé à sa vie dans cet environnement de travail.
À vrai dire, il n'a rien à envier à un ministre. Il a un très bon salaire en plus des nombreuses primes dont il n'est pas dispensé.
Mais à côté de ça il s'occupe de sa famille, sa grande grande famille qui compte à 100% sur lui.
« Philippe doit trouver le travail à x »
« Philippe doit organiser le mariage de y »
« Philippe doit payer les études de z »
Tout le monde est sur son dos, une chose qui ne me plaît pas du tout.
D'autant plus qu'ils sont hypocrites et ingrats.
Il a aidé les enfants de ses frères et même un merci il n'a jamais reçu jusqu'à ce jour.
Une fois que je suis prête, je vais lui dire au revoir avant de quitter la maison pour mon spa.
J'y passe quelques minutes, puis je vais à une réunion (tontine) et je reviens à la maison aux alentours de 18h30.
Quand j'arrive je vois que le chauffeur se gare derrière moi.
Je regarde Nathalia descendre de la voiture avec une robe un peu sale à mon goût.
Moi : direction la salle de bain.
Elle : je ne sens pas bon ?
Moi : en effet.
Elle entre dans la maison et je la vois aller à la cuisine.
Moi : Nathalia la salle de bain se trouve dans ta chambre, pas à la cuisine.
Elle : maman j'ai soif.
Je vais la surveiller et quand elle se rend compte que je suis à la porte de la cuisine elle éclate de rire.
Elle : mais maman !
Moi : salle de bain, et je ne vais pas me répéter.
Je me pousse et je la laisse passer.
Moi : reviens d'abord.
Elle revient et :
Moi : tu as mis du déodorant avant de sortir ? Et tu parfum ?
Elle : oui.
Moi : tu mens.
Je lui rappelle pour la centième fois qu'elle ne doit pas sortir sans mettre du déodorant aux aisselles.
Éduquer une fille c'est particulier, je ne veux pas qu'on se moque d'elle.
Je sais comment les jeunes sont et ce depuis le bas âge.
Je la laisse monter et je profite pour faire à manger pour ce soir.
Tzs Tzs
Moi (décrochant) : allô ?
Une cousine à Philippe : bonsoir Nana.
Moi : bonsoir.
Elle : je n'arrive pas à joindre Philippe. Il est à la maison ?
Moi : non il n'est pas.
Elle : je dois te croire ?
Moi : pardon ?
Elle : ah mais parce qu'apparemment toi tu empêches les gens de rentrer en contact avec Philippe.
Moi : tu m'appelles pourquoi dans ce cas ?
Elle : non mais c'est pas bien ce que tu fais. En tout cas moi j'ose te le dire. Je sais que les autres préfèrent parler derrière ton dos. Philippe a une famille. Tu ne peux pas nous empêcher d'être en contact avec notre frère. Il est ton mari mais il vient de quelque part. Il a une famille.
Moi : tu as terminé ? Je t'ai passé l'information essentielle : il n'est pas à la maison. Si tu veux rentrer en contact avec lui tu le cherches dans Libreville. Je pense que tu finiras par le trouver. Libreville n'est pas très grand. Et surtout, n'oublie pas de lui demander son numéro privé. Je pense que tu ne l'as pas.
Je raccroche et je dépose mon téléphone près de l'évier.
Quel culot !
Tout ça c'est Phil !
Il cache son numéro privé à sa famille et c'est moi qu'ils appellent en permanence.
Une fois que j'ai terminé de faire à manger je demande à ce qu'on fasse la table tandis que je vais me rafraîchir en haut.
Il est 20h15 je viens de finir de prendre ma douche quand j'entends un téléphone sonner.
Je vais dans la chambre et je vois que ce n'est pas le mien.
Je réponds tout de même et :
La voix d'une femme : mon amour ? Je t'appelle depuis le matin et tu ne réponds pas.
Je prends quelques secondes pour respirer avant de répondre.
Moi : bonsoir.
La personne : je peux parler à Philippe ? C'est important.
Je rigole et :
Moi : c'est quoi votre prénom ? Annette ? Jeanne ? Marie-Claire ? Bonne soirée !
Je raccroche et au même moment la porte s'ouvre.
Moi (le regardant) : ton amour vient d'appeler.
Lui : qu'est-ce que tu racontes ?
Moi : je viens de raccrocher. Tu peux regarder le numéro.
Lui : je suis fatiguée ma femme, je ne veux pas de tout ça.
Moi : à quel moment tout ceci est devenu normale pour toi ?
Je le regarde et :
Moi : tu sais quoi ? On passe à table dans 15 minutes.
Je le laisse se rafraîchir et je descends.
Je soupçonne Philippe de me tromper depuis des mois maintenant.
Au début j'étais déçue de lui.
Ensuite je suis passé par toutes les émotions : colère, haine...
Aujourd'hui je ne sais plus quoi penser.
Philippe rentre à l'heure. C'est pas un homme qui découche.
Quand il rentre tard, il rentre à 20h et c'est très rare.
Sinon il est à la maison à 18h juste après le boulot.
Il me couvre d'attention et d'amour.
Je ne sais pas pourquoi il fait tout ça mais ça me dégoûte.
Après quelques minutes en haut, il descend.
Moi (le regardant) : la prochaine fois qu'elle appelle tu vas voir.
Lui (calme) : tu n'as pas besoin de faire ça Nana.
Moi : tu me répugnes vraiment Phil.
Lui : je n'ai rien fait. Tu penses que je vais regarder une femme autre que toi pour quelle raison ? Tu es celle que j'aime.
Moi : mens à ta fille, pas à moi.
Quand je vois Nathalia arriver, je lui fais un sourire.
Elle prend place avec nous et comme la pipelette qu'elle est, elle nous raconte l'anniversaire où elle était.
Après le repas, je monte dans la chambre me brosser les dents et Philippe me suit.
Je ne parle pas avec lui et je fonce directement me coucher.
Aux environs de 2h du matin je me réveille et je vois qu'il n'est pas sur le lit.
Je prends mon téléphone pour m'éclairer et je vois le rideau de la chambre poussé, il est à la terrasse.
J'enlève le flash et je me rapproche de la baie vitrée.
Lui (à la personne) : tu sais que tu ne dois pas m'appeler sur mon deuxième téléphone.
Lui (après la réponse de la personne) : c'est ma femme, je ne te permets pas.
Lui (après la réponse de la personne) : il n'y a pas de choix à faire ! Tu fais ce que je t'ordonne de faire.
Lui (après la réponse de la personne) : c'est la première et la dernière fois que tu me mets dans une telle position.
Lui (après la réponse de la personne) : tu attends que j'appelle et rien d'autre.
Lui (après la réponse de la personne) : cette femme, c'est la mienne, toi tu ne l'es pas alors tu respectes mon foyer.
J'en ai assez entendu.
Je vais me soulager, je me nettoie les mains et je reviens m'allonger.
J'ai le cœur lourd, mais je trouve à nouveau le sommeil.
Chapitre 2 : elle me dévisage
-Quelques jours plus tard-
Moi (à Philippe) : dans tous les cas nous sommes en retard.
Lui (cherchant à se garer) : je vais m'excuser.
Nous nous rendons à l'anniversaire du grand frère de Philippe.
Il prend 53 ans !
Une fois que Philippe est garé, je descends du véhicule et je prends le cadeau derrière.
Moi : il est lourd.
Philippe regarde un jeune passé et lui demande de venir nous aider.
Ce dernier porte le cadeau et ensemble on se dirige à l'intérieur de la demeure.
Le grand frère de Philippe a également réussit sa vie.
En bon Gabonais qui a de l'argent, il sait organiser des événements digne de ce nom.
Dans leur famille, ils sont les seuls sortent du lot.
À vrai dire, c'est plutôt son cousin mais en Afrique l'appellation frère convient le mieux.
Lui, il a la réputation d'être méchant. Il a d'ailleurs droit à différents noms d'animaux.
Je porte une robe de soirée noire Roberto Cavali aux épaules bouffantes. J'ai fait le choix de ne pas mettre un collier.
J'ai encore la chance d'avoir un cou qui tient alors je veux le mettre en valeur.
Ma coupe carrée cache mes oreilles alors j'ai mis des boucles clair de lune Dior. Elles sont belles sans en faire trop.
Aux pieds, pour apporter une touche de couleur, j'ai opté pour la chaussure que Philippe m'a offerte pour nos 15 ans de mariage (j'Adior de Dior).
Philippe (passant sa main autour de ma taille) : on y est.
Moi (chuchotant) : n'oublie pas, tu n'es pas obligé de dire oui à tout ce que ta famille te demande.
À peine sa cousine (celle qui m'a appelé la fois dernière) nous voit qu'elle nous fait un grand sourire.
Elle : le couple Piat !
Je lui fais un faux sourire et je la laisse nous embrasser comme il se doit.
Elle (à Phil) : apparement tu as un numéro que je n'ai pas ?
Lui : je viens d'arriver.
Je suis contente de sa réponse. Cette arriviste m'énerve !
Moi : allons voir l'anniversaireux.
Elle me lance un regard noir et se pousse sur la droite.
Une fois que je vois son frère, je lui fais un grand sourire.
Lui : ah monsieur et madame Piat !
Philippe : quel honneur d'être ici.
Son cousin : quel honneur de vous avoir dans ma demeure.
Moi (rigolant) : épargnons nous tout ça.
Sa femme arrive vers nous et nous fait également un sourire.
Elle (s'adressant à moi) : comment vas-tu Nana ?
Moi : je vais bien et toi ?
Elle : je vais bien, merci.
Elle vient me prendre dans ses bras et :
Elle : Roberto c'est ça ?
Moi : en effet.
Elle : je voulais la même mais maintenant que tu l'as autant prendre une autre.
Je ne sais pas si elle parle avec ironie, mais une chose est certaine, elle se sent constamment en concurrence avec moi.
Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi, mais bon, attitude de femme en manque de confiance je suppose.
Je dérange bon nombres de femmes et j'en ai conscience.
Seulement, ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'à leur différence.
Je suis consciente qu'il ne s'agit que du matériel.
Aujourd'hui je porte ces marques mais il y a quelques années je ne pouvais pas me les offrir.
J'ai de l'argent mais je ne fais un focus sur mes acquis.
Elle : tu viens ? Les autres sont dans l'autre salon.
Moi : je te suis.
Je dépose une bise sur la joue de Philippe avant de la suivre.
Alors qu'on marche vers le salon en question, un cœur me pousse à me tourner.
Je vois une femme qui porte un décolleté se rapprocher de Phil et son frère.
La femme me dit quelque chose, je l'ai déjà vu.
Ah c'est une grande amie à la femme de son frère.
J'ai envie de retourner avec les hommes mais je prends sur moi.
Elle : la petite va bien ?
Moi : oui elle va bien.
Elle : pourquoi elle ne vient plus rester avec les autres ?
Moi : en période scolaire je préfère qu'elle se concentre. Mais elle viendra ne t'en fais pas.
A peine je prends place que je vois la cousine de Vincent qui m'énerve le plus se rapprocher de nous (pas celle de tout à l'heure).
Elle : bonsoir Nana.
Moi : bonsoir.
Elle : je vois que tu n'as pas cherché à te joindre à nous plus tôt.
Moi : j'étais occupée.
Ce midi il y avait un repas avec sa famille (uniquement les femmes).
Effectivement j'étais occupée, et puis, à quoi bon faire semblant ? Elles ne m'apprécient pas alors si je peux m'éviter certaines remarques je préfère rester dans mon coin.
Elle : tu es trop occupée pour la famille de ton mari ?
Moi : prochainement je serai là.
Elle : qui peut encore compter sur toi ?
Je la regarde dans les yeux et :
Moi : pourquoi vous êtes constamment dans les piques ? Je ne comprends pas à quoi vous jouez. Je suis marié à Philippe depuis 15 ans bon sang.
Elle : et ?
Moi : tu sais quoi ? Nous ne sommes pas ici pour cela.
Je décide de quitter la pièce et je retourne vers Philippe.
Je le trouve au même endroit.
Lui : ça va ?
Moi (calme) : non mais bon.
Son cousin : bientôt on renouvelle nos vœux avec madame.
Moi : ah bonne idée.
Je ne sais pas pourquoi la cousine de Lilas (la femme du cousin de Phil) me regarde autant.
Moi (à Vincent) : tu veux que je te prenne quelque chose à manger ?
Lui : non ça va merci.
Elle me regarde toujours autant.
Philippe (me regardant) : je pense qu'on fera la même chose pour nos 20 ans.
Son cousin : je ne pouvais pas attendre 20 ans pour le faire.
Moi : ce qui est tout à fait compréhensible.
Son cousin est marié depuis 10 ans. Il a mis du temps à se caser.
Après quelques heures ici Philippe a décidé de rentrer, tant mieux.
Une fois à la maison, je me dirige vers notre chambre et il me suit.
Moi : tu connais la cousine ou copine de Lilas ?
Lui : non.
Moi : Philippe ?
Lui : non je ne la connais pas plus que ça.
Peut-être qu'il dit vrai, mais je suis une femme et je cherche à comprendre pourquoi elle me regardait avec autant d'insistance.
Moi (me débarrassant de mes vêtements) : ok.
Lui : tu étais à la réunion ce midi ?
Moi : non, j'étais occupée.
Lui : Nana !
Moi : j'étais occupée, je ne pouvais pas faire autrement.
Lui : tu n'arranges pas les choses.
Moi : je n'ai rien à arranger Philippe. Je l'ai fait pendant de nombreuses années. Jusqu'à ce jour tes sœurs ne n'aiment pas. Je ne veux plus faire semblant.
Ces sœurs disent que j'ai de l'argent parce que je suis avec leur frère, pas tout à fait faux. Par contre, je l'ai connu lorsqu'il n'avait pas tout ça. C'est ce qu'elles semblent oublier.
Moi : je te trouve hypocrite sur le coup. Tu sais bien ce qu'elles font. Tu sais combien de fois j'ai organisé des repas pour que tout rentre dans l'ordre. Tu sais toutes ces choses et c'est à moi que tu reproches de ne pas me déplacer ? On a quel âge pour jouer à chien et chat ?
Lui : ma femme, je te dis simplement que tu devrais assister aux événements de famille.
Moi : j'y vais quand je veux Philippe. Je ne veux plus de tout ça. Je ne sais pas ce qu'elles peuvent me mettre dans le verre.
Il me regarde les yeux grands ouverts et :
Lui : comment tu peux dire ça ?
Moi : ah tu penses que je dois t'éviter certaines vérités ? D'après toi je surveille tes assiettes pourquoi quand on se retrouve tous ? Philippe ne fais pas ça avec moi. Tu sais bien que ce que je dis est fondé. Ta famille ne t'aime pas ! Ils sont derrière toi parce que tu es riche, qu'on se dise les choses clairement.
Lui (calme) : tu y vas fort ma femme.
Moi : j'y vais fort ? Parce que je te dis la vérité ?
Je vais déposer mes vêtements dans le sac qui ira au pressing et je reviens en sous-vêtements.
Moi : c'est quand la dernière fois qu'ils ont réellement pris de tes nouvelles ? Nathalia a 10 ans, c'est quand la dernière fois qu'elle a reçu un cadeau d'une de tes sœurs ? Je ne parle même pas de tes frères qui voyagent grâce à toi mais sont incapables de lui donner un paquet de bonbon. Moi j'en ai marre de faire semblant.
Il tend sa main gauche vers moi et je me rapproche de lui.
Lui (calme) : tu veux que je fasse quoi ? Ils sont comme ça.
Moi (prenant place sur sa cuisse) : je veux que tu acceptes ce que je te dis. Je veux que tu arrêtes de faire semblant d'être surpris quand je parle. Tu sais bien que je dis la vérité. Tu me connais suffisamment pour savoir que je ne dis pas du mal des gens gratuitement.
Lui (me regardant dans les yeux) : tu as raison.
Je le regarde et j'ai l'impression qu'il est comme un ange. J'ai envie de lui donner la communion sans même qu'il se confesse.
À sa réponse je revois l'homme que j'ai épousé 15 ans plus tôt.
Tzs Tzs
Je regarde mon téléphone sur le lit et je me lève.
Je le prends et :
Moi : allô ?
Pascal : bonsoir Nana, je suis désolé de t'appeler à cette, je cherche à joindre Philippe.
Moi : ah, il est là.
Je passe le téléphone à Philippe et il se dirige à la terrasse de notre chambre.
Pascal c'est un très bon ami à Philippe.
Il n'a pas l'habitude d'appeler à cette heure de la nuit d'où mon étonnement.
Je me rapproche de la porte pour savoir si tout va bien et j'entends Philippe dire :
Lui : je sais, mais j'ai déjà reçu la liste des choses à acheter.
Lui (après la réponse de Pascal) : c'est peut-être tard pour me le dire.
Lui (après la réponse de Pascal) : je te rappelle demain matin.
Il coupe l'appel et lorsqu'il se tourne il est surpris de me voir.
Moi : qu'est qu'il y a ?
Lui : rien de très important.
Moi : tu parles d'une liste.
Lui : je t'en dirais plus après.
Je n'insiste pas et je le laisse entrer dans la chambre.
Lui : bientôt Nathalia va prendre ses vacances.
Moi : et donc ?
Lui : tu veux qu'elle reste ici les vacances ?
Moi : tu as un plan pour elle ?
Lui : Pascal veut envoyer sa fille dans un camp de vacance. Elles ont le même âge, alors je pensais à l'inscrire.
Moi : où ?
Lui : Montpellier (France)
Moi : je ne sais pas si elle va aimer ce genre de chose, tu connais ta fille.
Lui : tu vas l'occuper comment sinon ? Les mois qui vont suivre je vais être occupé par le travail et toi aussi.
Moi : ah il faut l'inscrire, c'est ta fille.
Il m'arrive de regretter mon choix de faire un seul enfant.
Mais j'avais tellement peur de tout revivre. J'ai mal vécu les aller-retours chez le médecin.
J'ai mal vécu la fécondation in vitro. Ça a presque été un traumatisme.
Pas tant l'expérience mais plutôt la période difficile dans laquelle je me trouvais.
Au départ je voulais avoir 4 enfants avec Philippe. Puis en voyant que la situation se compliquait, nous sommes passés à 3 enfants.
Ayant de plus en plus de mal, nous avons décidés d'en avoir deux.
Aujourd'hui nous n'avons qu'une, malgré lui.
Je ne savais pas qu'avoir un enfant pouvait être aussi éprouvant. Je pensais qu'il suffisait de s'accoupler mais non. Chaque femme a ses difficultés pour enfanter.
Si pour certaines c'est un jeu d'enfant, pour d'autres, comme moi, ça a plutôt été un parcours du combattant.
Philippe vient me rejoindre dans la salle de bain et :
Lui : qu'est-ce qu'il y a ?
Moi : je pense que nous aurions dû adopter.
Lui : qu'est-ce qui te fait encore penser à ça ?
Moi : Nathalia est seule. Tu vois bien qu'elle ne peut pas rester ici les vacances pour certains enfants. Il faut constamment lui trouver des occupations pour ne pas qu'elle s'ennuie.
Il se rapproche de moi et passe ses bras autour de ma taille (par derrière).
Je nous regarde à travers le miroir et :
Moi : mais bon...
Lui : nous sommes bien comme ça.
Moi : tu n'as pas l'héritier dont tu rêvais tant.
Lui : mais qu'est-ce que tu racontes ? Nathalia c'est mon héritière. Je suis heureux de l'avoir. Tu sais que je ne suis pas de cette vieille école. Un enfant est un enfant.
Il dépose un bisou dans mon cou, ce qui me fait sourire.
Lui (murmurant) : je t'aime.
Moi (déposant mes mains sur les siennes) : ne me fais plus m'énerver pour tes conneries.
Il rigole et :
Lui : tu devrais être heureuse que je m'exprime autant sur mon amour pour toi.
Moi : je n'ai pas signé pour autre chose. Tu te dois de m'aimer.
Il éclate de rire et me serre plus fort.
Lui : à quel moment es-tu devenue si difficile ?
Je ne lui réponds mais et pourtant j'ai envie de lui dire que c'est le jour où j'ai commencé à le soupçonner de me tromper.
J'aime mon mari et je ne veux le partager avec aucune autre femme.
Je ne veux pas qu'il finisse comme tous les hommes dont les femmes se plaignent en permanence dans Libreville.
Je ne veux pas avoir à vivre dans le mensonge.
Je n'ai pas envie de cela.
Moi : bon laisse moi prendre ma douche.
Il dépose un bisou sur mon épaule avant de sortir de la salle de bain pour faire je ne sais quoi.
*Dans la tête de Philippe Piat*
Toc toc
Moi : c'est qui ?
Nathalia : papa je peux ?
Je me lève et je vais ouvrir la porte.
Moi (regardant la fille) : qu'est-ce qu'il y a ?
Elle : tu n'es pas passé me voir ?
Moi : je pensais que tu dormais.
Elle : non je t'attendais.
Moi : bonne nuit.
Elle dépose un bisou sur ma joue et retourne dans sa chambre.
Tzs Tzs
Je prends mon téléphone et je sors de la chambre.
Moi (descendant les escaliers) : allô ?
Elle tousse et :
Elle : tu jouais à quoi ?
Moi : Josiane il se fait.
Elle : tu savais très bien que je devais être à cette cérémonie et tu es venue avec elle.
Moi (regardant autour de moi) : tu voulais que je fasse quoi ? Tu voulais que je la laisse à la maison ? Lilas aurait dû te prévenir de ne pas venir.
Elle : tu t'entends parler Philippe ? Moi ? Josiane ? Je devais rester chez moi parce que ton imbécile devait être présente ?
Moi : surveille ton langage.
Elle : je ne surveille rien ! Je ne suis plus là pour me cacher. Je l'ai dit à Lilas (la femme de mon cousin). Je ne suis pas contente de ce qui s'est passé ce soir. Je n'ai strictement rien à faire de ta femme. Tes sœurs étaient d'accord avec moi ! Je n'ai pas à me cacher. Je n'ai pas 20 ans pour jouer à ce genre de jeu. Je suis avec toi depuis combien de temps ? Tu penses vraiment que nous sommes encore à ce stade de cache cache ? Ta famille me valide !
Moi (regardant derrière moi) : tu n'as pas besoin d'être partout Josiane.
Elle : pourquoi ? Pour ne pas lui faire de l'ombre ?
Moi : tu savais qu'elle devait être là.
Elle : et alors ? C'est son problème si elle ne sait pas pour nous deux, pas le miens Philippe. Si elle n'a pas les yeux pour voir ce qui se passe je n'ai rien à faire. Tu te rends compte ? Devant les gens j'étais obligée de rester dans un coin. Alors qu'ils savent pour nous deux. Tu m'as fait passer pour une conne devant les gens.
Elle fait une pause pour respirer et :
Elle : et en plus de ça, tu rentres et tu ne m'appelles pas ?
Moi : je n'ai pas eu le temps de me poser.
Elle : ah monsieur n'a pas du le temps de se poser.
*Dans la tête de Nana Piat*
Une fois que j'ai terminé avec ma douche, j'enfile un pyjama et je vais me coucher.
10 minutes plus tard Philippe entre dans la chambre et :
Lui : ma femme je pense qu'on va faire comme Giles.
Moi (le regardant passer) : renouveler nous vœux ?
Lui : oui, c'est une bonne idée.
Moi (rigolant) : tant que tout est à tes frais je ne refuse rien.
Lui (se rapprochant de moi) : qu'est-ce que je peux te refuser ?
Il baisse sa tête vers moi et me vole un baiser.
Moi : ta famille va encore dire que je te fais dépenser pour des conneries.
Lui : c'est pas leur problème !
Moi : ah ça !
Je suis surprise de l'entendre dire ça, agréablement d'ailleurs.
Je le laisse prendre sa douche et je profite du silence pour méditer sur la parole de Dieu.
Matthieu 19:9
« Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère »
Je lis et relis ce verset et juste avant de dormir je fais une prière.
-Deux semaines plus tard-
Ce soir Lilas m'a invité dans un super restaurant de la capitale.
Je suis contente de mettre les pieds dehors après la semaine qui vient de passer.
Ne souhaitant pas conduire, j'ai demandé à Philippe de me déposer.
Il boudé pendant plusieurs heures mais il l'a fait.
Lui (se garant) : tu termines à quelle heure ?
Moi : il est 19h30, je pense que tu peux venir à 21h30.
Lui : bon je ne vais pas descendre, je ne suis pas habillé pour. Tu dis bonsoir à Lilas de ma part.
Moi : ok.
J'ouvre la portière et :
Lui : je n'ai pas droit à un bisou ?
Je ferme la portière et je fais le tour du véhicule.
Une fois de son côté, il baisse la vitre et me tend sa bouche.
Lui : profites de ta soirée.
Moi : merci chéri, tu fais attention sur la route.
Lui : ok.
Je respire un bon coup avant de marcher vers le restaurant.
Ce soir j'ai opté pour une robe de couleur rose qui tend vers du nude.
Elle est simple et met en avant mon beau teint noir.
Je l'ai accompagné d'une paire de boucle d'oreille de couleur violette (comme mes escarpins).
Ne souhaitant pas mettre de perruque, j'ai rapidement coiffé mes cheveux naturels pour en faire quelque chose de beau.
J'aime particulièrement ce look, simple et classe.
Une fois devant la porte du restaurant, je laisse un serveur m'ouvrir et me diriger vers la table de Lilas.
Je vois qu'elles sont 4 et qu'elles rigolent.
Lorsque je me rapproche de la table, Lilas se tourne et me fait un grand sourire.
Je ne sais pas s'il est vrai (connaissant la personne), mais je prends la peine de saluer tout le monde.
Lilas (me regardant m'installer) : bon tu connais déjà Josiane, ce sont également mes amies.
Moi : enchantée.
Lilas : tu es tombé sur des embouteillages ?
Moi : non, j'attendais que Philippe soit prêt pour me déposer.
Lilas : ah il était là ?
Moi (souriante) : oui juste pour me déposer. D'ailleurs il m'a dit de te saluer.
Elle : ok.
Je vois qu'elles boivent du champagne alors je décide de les suivre.
Moi : par contre je veux de la crème de cassis, je le préfère en Kir Royal (le Kir Royal : crème + champagne).
Le serveur prend ma commande et va s'occuper de moi.
Moi (regardant autour de moi) : il est beau le restaurant.
Lilas : oui, c'est Giles qui me l'a fait découvrir. Tu sais qu'il aime les restaurants.
Moi : je vais venir avec Philippe. Je pense qu'il va aimer le cadre.
La femme en face de moi tousse avant de boire dans sa coupe, il me semble que son prénom c'est Josiane.
Lilas : d'ailleurs vous deux ça va ?
Je ne comprends pas pourquoi elle me pose soudainement cette question. De plus, elle le fait devant des femmes que je ne connais pas.
Je suis un peu embêté par cette question mais je joue le jeu.
Moi : tout va bien ! Il me surprend avec ses déclarations ici et là mais c'est mignon.
Lilas : ah tu as même droit aux déclarations ? Ah ça !
Moi : bon après Philippe est comme ça. Il est amoureux donc il n'a pas de mal à le faire savoir, enfin bref.
*Dans la tête de Josiane*
Je suis choquée d'entendre autant de conneries.
Je sais qu'elle ment ! Je ne sais pas pourquoi elle se donne autant de peine à faire croire qu'elle est heureuse avec Philippe.
Je sais qu'il n'est pas comme ça.
Philippe n'est pas du genre à faire des déclarations d'amour.
D'ailleurs, il est à peine tactile avec moi.
Je n'imagine pas avec elle, étant donné qu'il ne l'aime plus.
Maintenant qu'elle est face à moi, je comprends pourquoi Philippe est venu dans mes bras.
Elle doit être chiante comme femme.
Bien trop maniérée et coincée pour passer du bon temps.
Ça se voit qu'elle force tout. Elle veut se la jouer classe, elle me fait limite de la peine.
Quand Lilas m'a dit qu'elle l'invitait j'étais contente parce que je voulais mieux la voir.
Je n'ai pas eu l'occasion la fois dernière. Du moins j'étais obligée de me mettre à l'écart.
Elle est exactement comme les sœurs de Philippe la décrivent : femme vide.
Ça se voit qu'elle est bénie oui oui.
En même temps, il est riche alors c'est certain qu'elle n'ose pas lui tenir tête.
Tout mon contraire !
Je n'ai pas peur de Philippe.
Je pense que c'est la raison pour laquelle il m'aime.
Je ne suis pas une femme qui dit oui à tout. Son argent ne m'intimide pas.
Lilas : comment tu fais pour gérer ta ligne ? Je vois que tu ne prends plus du poids.
Elle (à Lilas) : je peux te conseiller un bon nutritionniste. J'ai commencé par lui avant de faire un peu de sport.
Lilas : tu vas voir un nutritionniste ?
Elle : bien sûr.
J'écoute à peine ce qu'elle dit parce que ça ne m'intéresse pas plus que ça.
Il est vrai que les hommes sont des insatisfaits mais en la voyant, je comprends mon chéri.
Je sors avec Philippe depuis près de 2 ans.
Au début personne ne savait, puis un jour une de ses sœurs nous a attrapé dans son bureau.
J'ai profité pour me lier d'amitié avec cette dernière.
C'est à ce moment que j'ai compris que personne n'aimait sa femme.
Jusqu'à ce que jour, elles me disent qu'elles ne l'aiment pas.
*Dans la tête de Nana*
Le repas se passe bien, du moins je mange bien.
J'évite certaines questions car je les trouve intrusives.
La femme en face n'arrête pas de me dévisager. Je ne comprends pas son problème.
Maintenant que j'y pense, elle me regardait de la même manière à la soirée de Giles.
Aux environs de 21h30 mon téléphone sonne.
Moi : allô ?
Philippe : ma femme je suis là.
Moi : ok laisse-moi 5 minutes.
Je raccroche et :
Moi : bon monsieur est là, merci pour ce moment de partage. Je sors mon chéquier de mon sac et je fais un chèque.
Lilas : non, c'est moi qui invite tout le monde.
Moi : ah d'accord, merci.
Je cogne délicatement sur la table en guise de respect et je quitte les lieux.
Une fois dans la voiture de Philippe je lui raconte tout !
Moi (rigolant) : c'était vraiment gênant.
Lui (rigolant) : ma femme tu sais que de base Lilas et toi c'est pas trop ça.
Moi : mais elle encore ça allait chéri. Il y avait une autre là, elle me dévisageait tout le long.
Lui : tu es bien trop belle c'est pour ça.
Moi : je ne sais pas mais au moins j'ai bien mangé.
Il tire ma main gauche, dépose un baiser sur celle-ci et continue de conduire.
Les femmes de Libreville vraiment...