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Question de Temps

Question de Temps

Auteur:: Rose Epine
Genre: Aventure
Le monde dans lequel se situe l'histoire a subi une modification en 2016, par un scientifique fou qui aurait créé une étrange machine. Cet objet de destruction, capable de bouleverser les mondes, apportant aussi des modifications regrettables aux espèces vivantes. La seule société existante dans ce monde, regroupe les derniers habitants de la planète dans une enceinte fortifiée. C'est en l'an 3 751, quand le monde connaît enfin un peu de stabilité, que la société envoie une troupe d'agents à la recherche de la cause qui a transporté leur monde dans le chaos. Toutefois, cette histoire cache un lourd secret. Qu'est réellement cette histoire ?

Capítulo 1 Prologue

Il y a, à peu près 2 000 ans de ça, les premières civilisations de sapiens vénéraient le Dieu du Temps. Il y avait, ce grand tic-tac qui résonnait en chaque individu. Ils disaient que, ceux qui le méritaient, pouvaient l'apercevoir en leur esprit. Elle était gigantesque, ses aiguilles quelques peu fissurées lui donnaient l'air d'avoir des millénaires. Mais qu'était-ce en réalité ? Cette chose n'avait pas d'yeux ni de bouche, pas plus de tête que de bras ou de jambes. Son 'corps' n'était ni de chair, ni d'eau ou de végétaux. Non... en fait il s'agissait d'un mécanisme dit comme étant éternel.

Mais seuls les fous pensent qu'il n'y a pas plus éternel que l'éternité elle-même. Toutefois, ils ont tellement tort qu'il est presque impossible de parvenir à leur faire comprendre la réalité des choses. Puisque l'éternité n'est pas une courbe droite et sans fin, que toutes choses voient toujours leur courbe trouver un vide. Voilà la réalité de l'éternité. Il y a une fin pour tout, même si l'on est incapable de la voir... vu que notre fin est bien plus proche que celle de l'éternité.

Ils disaient qu'elle était là, bien avant les premières formes vivantes que nous connaissions. Ce n'était donc pas un être possiblement vivant. Cependant, c'était aussi juste que dire qu'un cheval ne peut pas se reproduire avec un âne. Cette entité était belle et bien vivante. L'unique fait qui pourrait la différencier d'un être vivant classique, était sa forme et ce long tic-tac qu'elle émettait. Nuls doutes que ce phénomène ne pouvait être un animal, ou un Homme. Alors... qu'est-ce ?

Savez-vous ce qu'est un Extra-Temps ? C'est un mystérieux pouvoir capable d'inverser les éléments : l'eau en poussière, le feu en eau, le vivant en mort... C'est une terrible chose, malheureusement, ici, réelle. Elle a touché tant de monde... pourtant, c'est grâce à elle que nous avons découvert que nous n'étions pas seuls, et qu'elle était la véritable apparence de l'être humain. Il y a aussi ce fait bien intéressant en rapport avec les mondes... Mais qu'est-ce qu'un monde ? Vous m'en direz tant à ce sujet. Mais pour moi, un monde est un territoire se situant dans le temps et l'espace, qu'importe la logique scientifique ! C'est une logique dimensionnelle, la comprendrez-vous de vous-même ? Seriez-vous capable de comprendre suffisamment afin de suivre cette histoire aussi difficile pour les uns que pour les autres ?

Le monde de 2016 ne sera jamais comme celui de 3750. Ne cherchez pas la logique de cette histoire, suivez son cours. Il serait dommage de perdre en chemin, de valeureux aventuriers et sauveurs de mondes. Mais d'ailleurs... pourquoi lirez-vous une telle histoire ? Serait-ce par intrigue de voir jusqu'où est allée la bêtise humaine ? Ou encore de vous délecter de ce fléau qui put enfin s'abattre sur lui? Non... vous êtes là par choix mais... serions-nous capables de trouver lequel ?

Alors voici le problème de cette histoire que je vous raconterai: nous avons connaissance qu'il y a 100 mondes, pourtant un seul monde est introuvable. Les plus curieux se penchent sur la question, serait-ce causé par un Extra-Temps, ou cela viendrait-il d'une puissance inconnue encore pour nous ? Aujourd'hui, nous vivons dans la peur de se faire dévorer, par quoi ? Par nos proches, ou bien des inconnus, en quel cas il est plus simple de les neutraliser.

Serait-ce un problème de mathématique ? Ou une énigme à résoudre ? Malheureusement je n'ai compris que trop tard la réponse... ou du moins... j'aurai essayé de comprendre...

Capítulo 2 Chapitre 1: Exploration au cœur de l'origine

Octobre 3 750

Une société montée il y a un peu moins de 40 ans, avait pour mission de voyager de temps en temps à la recherche du dernier monde introuvable. La seule piste est :

Passé, présent, futur se confondent. La vie, la mort, l'avenir tous ensemble.

Piste.. non, c'est une phrase retrouvée sur un bout de papier, qu'un scientifique de Temps nous a envoyé. Un inconnu anonyme qui plus est, c'est un sacré souci. D'autant plus que la société qui avait été montée, était la toute première de son temps. Assez redondant de ne parler que du "temps" à longueur de phrase, je dois l'avouer. Dans les manuels scolaires, il est dit qu'elle a rencontré un problème de taille, soi-disant que « des choses » ont passées leur portail. Je n'y crois pas trop, des rumeurs disent que ces choses se trouvaient dans l'enceinte de la société avant cet incident. Je dois me tromper, mais rares sont les fois où j'ai tords. Maintenant qu'elle n'est plus, nous seuls pouvons sauver ce qu'il reste du monde dans lequel nous vivons, comme dans les 98 autres. Plus personne ne peut nous barrer la route, hormis ces choses. J'ai peur, très peur. Je vous parle en "choses" et "trucs" pour le moment, mais vous comprendrez au fil de mon histoire de quoi il en retourne en réalité.

Janvier 3 751

Mon nom ? Evangéline Cooper. Je suis agent X de notre société : Temporia. Pour faire court, j'ai les cheveux mi-longs, rouges de nature, les yeux d'un bleu océan très rare, et une taille d'environs 1.70m. En tant qu'agent X, je suis chargée de voyager à travers le temps, à la recherche d'indices sur le monde soi-disant introuvable. Notre société est assez spéciale je dois l'admettre, mais en vérité elle ne comporte que très peu de personnel, afin d'éviter que le peuple, qui n'est pas au courant de certaines choses, se mette à paniquer. Nous avons une tenue obligatoire, les agents comme nous doivent porter une tenue complètement noire, il paraîtrait que cela sert de camouflage, j'en doute personnellement. Pour ma part, je porte un long manteau noir, un haut simple et blanc, ainsi qu'un pantalon gris et des docks noires le recouvrant à mi mollet. Cela fait plusieurs années que je travaille ici et je n'ai jamais eu un seul jour de repos, puisque le temps ne s'arrête pas, les agents ne s'arrêtent pas non plus. Temporia a pour particularité de m'avoir dans leur rang, et je ne cache pas être la meilleure de ma promotion ! Enfin bref, avant Temporia, il y avait l'entreprise Erocorp, qui par malchance, a fini par exploser. Les moteurs à capacité temporelle ont prit feu lors d'une sortie dans le passé, malheureusement les agents ne sont jamais revenus. Dieu sait ce qui leur est arrivé. Même si j'ai déjà ma petite idée sur la question. Vous comprendrez peut-être au fil de l'histoire. Après, quand je dis qu'ils ne sont jamais revenus, c'est partiellement faux en fait. Je me souviens de l'actualité que j'avais pu lire là-dessus:

Des agents ont été envoyés en l'an 2 120 afin de trouver si de nouvelles sources de minerais ont vu le jour depuis la grande catastrophe. Néanmoins, alors qu'ils allaient rentrer à la maison, les moteurs du portail ont explosés et seulement quelques morceaux de ces agents sont passés à travers ce dernier durant leur voyage.

Je dois l'avouer, je suis bien contente de ne pas avoir été de la conciergerie à cette époque. Je n'étais pas encore prête à ce style de situations, et je doute pouvoir l'être un jour. Brrr... quelle horreur.

Une chose à savoir, notre passé n'est pas quelque chose de très intéressant à savoir. Très peu d'êtres humains sont restés en vie et honnêtement, ceux qui ne sont pas là aujourd'hui sont piégés dans le passé, peut-être sous cette autre forme. Les défunts du passé ont, à mes yeux, plus de chance que les survivants. Nous sommes contraints d'obéir à ce Esteban, qui est mon tuteur légal, dirigeant de Temporia, et franchement, ce n'est pas un cadeau. Si vous ne lui obéissez pas, il vous fait mettre au fer, ou encore s'approprie vos biens, brisant les objets fragiles qui vous tiennent à cœur. Il nous est impossible de nous rebeller, ni contester, il est prêt à nous tuer pour que l'on se soumette. Mais mort, à quoi pouvons nous servir ?

Je vis dans une petite maison dans un quartier non loin de la société, pourquoi ? Parce que je n'ai pas le choix ! Le patron est un homme particulièrement hautain, il serait prêt à sacrifier des êtres humains pour sauver sa tronche de crétin, ce gros con qui ne pense qu'à son gros cul égoïste ! Donc les gens qui sont ici seulement dans l'utilité de protéger la ville, sont mis proche de la bâtisse pour intervenir le plus rapidement possible, quitte à devoir supporter les passages des camions de la catégorie militaire toute la journée. Ça me rappelle.. ce fameux jour où elle m'a quitté enfant.. Qu'importe, c'est du passé, non ? Cette histoire me fatigue d'avance, qu'une histoire de temps, il faut vite y faire le lien sinon nous y perdons le fil aussitôt. Notre 3 751, est ce que les personnes de l'époque nommaient "futuriste". Quelque chose d'incompréhensible et de trop moderne pour eux à vrai dire ! Cela devait être amusant pour eux de détruire la végétation, pour la remplacer par des immeubles grisâtres ! Nous c'est très végétatif, du moins dans l'enceinte de la ville... nous y avons tout rénové: parcs, petit bois, fontaines, boisés.. Mais en dehors des murs...les traces du passé sont des plus visibles... Heureusement que nous ne pouvons plus sortir, en un sens...

Oh mais j'y pense, vous ne connaissez pas mon histoire avant ce que je vous raconte ! Mince... je n'ai plus le temps. Aujourd'hui est un jour spécial, puisque c'est mon vingtième départ pour le Passé. En temps normal, nous avons sept jours pour récolter un maximum d'indices, hélas nous n'avons que cinq jours, car une panne temporelle nous oblige à rentrer plus tôt. Une panne causée par un technicien, qui aurait renversé sa tasse de café dans les conduits électriques du moteur temporel. C'est épuisant... Je ne sais même pas comment ça peut être possible ! On ne dort pas dans un conduit électrique ! Je peux comprendre qu'il est dur de rester éveillé plusieurs heures la nuit, mais quand même, je ne peux comprendre comment cela est arrivé; d'autant plus quand on a conscience que l'on travaille pour l'avenir de l'humanité entière !

Ah ! Et je voyage avec une équipe de 8 personnes, toutes aussi différentes les unes que les autres dont : Lénilla, une fille étrange d'environs ma taille, au regard émeraude, et aux cheveux noirs noués en queue de cheval, qui ne me lâche jamais depuis nos premières études ensemble :

- Hé ! Evi !

- Quoi encore ? Mon nom c'est Evangéline, arrête de m'appeler comme ça.

- Oui ! Bah, hein ! Okay ? Je voulais savoir, je prends bleu avec un canard ou rouge simple ?

- De quoi tu me parles ?

- Bah c'est évident ! De chaussettes !

- Une évidence ? Tu te moques de moi là ?! Débrouille toi, le chef nous attend, j'ai pas de temps à perdre avec tes gamineries.

Par pitié, pouvez-vous garder Lénilla ? Avec une laisse, des chaînes, ou enfermez-la dans un placard ! On doit trouver ce monde introuvable, sinon nous n'allons pas pouvoir survivre à un nouvel Extra-Temps. Nous devons faire partir le reste de la population dans ce monde, selon une rumeur très connue on pourrait y être protégé car le temps n'aurait aucun impact sur lui.

Autant pour les Alphas, nous les agents de Temporia par exemple, que pour les civils, un Extra-Temps reste un puissant pouvoir capable de tout inverser dans le Temps. Ces changements peuvent être physiques comme chimiques, de la plus petite créature à la plus petite molécule.

Comme les Gélios, ils sont une espèce humanoïde mutante qui se nourrit majoritairement de femmes et d'enfants. Elle est caractérisée par une taille imposante ainsi qu'une force inimaginable, certains d'entre eux peuvent même avoir une évolution de puissance, pouvoirs, et dons..

Ca me rappelle encore.. quand j'avais à peine 5 ans, Kalista, ma mère... je ne préfère pas trop en parler, mais pour vous... je vais faire un effort.

C'est un d'entre eux qui l'a dévorée sous mes yeux, déchirant la tête du corps, arrachant les bras du torse. Ce jour-là, c'était cet homme, le patron de Temporia... il était venu à la maison pour prendre le diner avec nous, il charmait ma maman. Ils avaient passé un contrat pour que, quand je serais un peu plus âgée, à mes 6 ans, je partirais un entrainement de guerrier à Temporia. Ma maman avait accepté, car elle savait qu'un jour où l'autre elle ne serait plus là, et qu'il fallait quelqu'un pour me protéger, protéger la pauvre enfant que je suis. Elle m'a donc offerte au méchant loup. C'était une scène abominable, car c'était lui, nous étions à la maison, elle était là, cette créature de 3 mètres de haut, le corps gris, des rayures rouges le décoraient comme un Tigre, ses pupilles étaient orangées, et sa bouche couronnée de crocs. Le patron avait alors pris ma mère, il me semblait, en tant que bouclier, me faisant reculer contre un coin de la salle à manger. La créature s'est approchée et.. a dévoré ma maman... Il a pris délicatement sa tête entre ses imposantes mains, serrant tout doucement le crâne, le lui brisant. Par la suite, il lui prit ses bras pour les jeter sur la table, lentement il arrache le torse du reste du corps. Je regardais la scène de mes yeux innocents, regardant le collier que papa lui avait offert avant ma naissance, tomber au sol, se brisant de peu.

L'homme hautain m'a prise par la main, et nous sommes rentrés tous les trois dans les quartiers de la société. Je ne me rappelle pas d'autre chose mais, je crois que la créature avait une conscience, elle était aux ordres du patron, c'est obligé.. non ?

C'est le départ pour le passé, mon équipe et moi passons le portail fait à partir du pouvoir des derniers Extra Temps captés par nos ondes spatiales de la base appelée Secteur 27. Ne me demandez pas d'où sort ce nom, mais rassurez-vous il ne vient pas de moi. Le portail fait la moitié de la hauteur de la salle d'embarquement au centre du bâtiment de Temporia. La forme d'un demi-cercle serti de joyaux départ et d'autres. Avant d'oublier, la société est construite en trois bâtiments: le premier est en forme de U, la partie basse est un grand hall et c'est la seule entrée que les habitants connaissent, le second est un U à l'envers venant compléter le premier, nous pouvons dire que cela forme un rectangle mais les deux côtés sont espacés de quelques mètres; le dernier bâtiment est au centre de ce rectangle, il n'est qu'un carré parfait, et c'est ici la salle d'embarquement, connectée par deux couloirs de chaque côté, en longueur du rectangle. Bon, j'espère qu'il ne vous faut pas un dessin, je dois y aller ! Je me tiens alors devant cette masse métallique qui me rappelle ma taille en ce monde. J'ai la crainte au cou... enfin je ne suis pas même sûre que ce soit de la crainte. Au contraire, je pense que je ressens une immense paix, un calme total. J'ai le sentiment d'être presque rassurée et réconfortée devant le portail. C'est une étrange sensation. Je suis heureuse et à la fois plus que confiante; c'est comme si mon corps était contrôlé par une force supérieure. Quelque chose qui me fait obligatoirement sentir bien alors que mes compagnons à mes côtés tremblent légèrement, plus pour certains.

Une fois arrivés dans le passé de notre monde, nous nous regroupons. L'un de mes camarades a eût le mal de mer en passant le portail et s'est donc rapproché d'un tas d'ordure pour y laisser le contenu de son estomac. Pour ma part, je ressens comme une vibration dans ma tête, tout tourne autour de moi. Je me sens faible, si mal. Un coéquipier arrive derrière moi et me bouscule en passant. J'ai cru manquer d'équilibre au début avant de me retrouver à genoux au sol. Au même moment des ricanements se firent entendre dans mon dos: Lénilla se moque de ma chute je l'entends bien. Cependant à la place de me laisser dans mon mal être profond, bien plus qu'elle ne pouvait le voir, celle-ci m'offrit sa main pour m'aider à me relever, chose que je fis sans attendre plus longtemps. En face de nous le chef de l'équipe, un homme fort bien puissant; jolie barbe grisâtre, des yeux d'un noisette foncé, ainsi qu'un crâne brillant et sans cheveux; prend la parole:

- Nous voilà en l'an 2016, bienvenue. Francis si tu veux bien arrêter de manger des sardines.

- Mais Monsieur j'ai faim, rétorque-t-il au jeune roux.

- Il fallait y penser avant jeune homme. Evangéline ! Je veux que tu ailles en reconnaissance des lieux avec Lénilla et Dean dans le bâtiment en face.

- Nous y allons de ce pas Monsieur, lui dis-je en inclinant la tête en avant.

- Vous avez 72 heures pour trouver des indices dans ce secteur. Si vous n'en trouvez pas vous resterez bloqués ici, ce qui serait fort dommage je pense !

Dean est un homme mystérieux, de quelques dizaines de centimètres de plus que moi, ses cheveux sont un mélange de blond et de châtain, ses yeux, eux, brillent d'un éclat ambre. Je ne pourrais jamais oublier ce regard qu'il a en m'observant, il a l'air obnubilé par mes yeux, ou ma tronche je ne sais pas. Nous voilà en route, pour que vous voyez la situation, les bâtiments sont en ruines, la nature verte n'est plus que morte et sèche à perte de vue. Les rues sont désertes et il n'y a pas de bruits. Il y a ce béton grisâtre comme route, parsemé de trous béants, ouvrant jusqu'aux égouts. Je m'avance lentement, et en toute discrétion. Nous nous approchons de l'entrée d'un vieux bâtiment au toit déchiqueté, aux murs brisés et aux fenêtres explosées. La porte grince horriblement, le sol couine sous nos légers pas lents. Lénilla se colle à moi, Dean reste en arrière. Une sensation forte désagréable me traverse le dos. Un souffle rauque, et lent se fait entendre. Nous nous arrêtons paralysés de peur. On se retourne. Rien. Alors on se remit en marche. Lénilla crie, je m'arrête, me retourne, ni Dean ni moi ne la voyons. Je chuchote, espérant qu'elle réponde :

- Lénilla ? Lénilla, répond !

- Evangéline ?, me dit Dean. Lénilla n'est pas là.

- Comment est-ce...

Je regarde au sol, des traces de sang, ainsi que de griffes sont visibles. Je suis sûre qu'il y en a ici... J'entends un cri ! Je cours à travers les longs couloirs, plus j'avance, plus je vois des choses affreuses que je ne préfère pas citer. Je dois la retrouver! Hors de question de perdre quelqu'un aujourd'hui, ni demain et jamais ! Les couloirs se ressemblent, les murs sont blancs comme le sol et le plafond, ils sont vieux et fissurés, de part en part tâché de liquides en tout genre. Je sens une horrible odeur de quelque chose de mort... du moins je préfère le croire, que tomber face à une de ces choses cadavériques.

Quelque chose tombe sur le côté, je m'arrête, sursautant, ne comprenant pas d'où ça sort :

- Oh mon dieu !

Un corps sans vie est là, étalé au sol, j'en tremble, Dean m'interpelle :

- Evangéline ! Ne perdons pas de temps !

C'était la première fois. La première fois que je voyais une telle chose devant mes yeux. Habituellement nous ne trouvons que des squelettes ou des morceaux d'os, rien de plus. Mais là, là c'était comme voir l'un des nôtres, quelqu'un de fraîchement décédé sous mes yeux. Il y aurait-il de la vie autre que monstrueuse en cette époque ? Cette époque où tout a commencé sera-t-elle la clé de toutes les énigmes ? J'ai peur. Je sens mon cœur dans ma poitrine se resserrer. C'était comme être parallèle au temps, comme si l'instant venait de ralentir et que mon cerveau était en pleine réflexion à une vitesse improbable. Je me sens bouleversée de milliers d'émotions. Tout me semble à la fois inconnu et totalement familier. J'ai déjà vu ça... j'ai vu ça mais... mais..... où ?

Je ne peux plus bouger, paralysée par la peur. Soudainement, ces vibrations dans ma tête reprennent, je manque de tomber en arrière, mais Dean me tire vers lui tout en me serrant la main. Les vibrations semblent se calmer, cela fait une sensation très étrange et indescriptible. Nous traversons une allée sombre et étroite en courant. Nous tentons de fouiller chaque pièce, mais les portes sont verrouillées pour la plupart, si nous ne tombons pas sur un placard. Un cri se fait une nouvelle fois entendre, on s'arrête devant la dernière porte ouvrable. Dean l'encastre, je le suis. Soudain il s'arrête, et face à lui, un homme vêtu de noir fait quelques pas vers nous, mais non je me trompe ! C'est un Gélios ! Un Gélios à la peau noire sur les os, 2 mètres 40 facilement, la tête ne restant que le crâne et de la peau au niveau des yeux et de la bouche, un bras entièrement osseux laissant pendre quelques morceaux de chair. Le reste du corps n'est que squelette et des os cassés à certains endroits.

Il fonce droit sur nous, Dean saute de côté, l'esquivant. J'étais derrière lui, incapable de bouger. Le Gélios me rentre dedans, me fêlant une ou deux côtes de sa force redoutable. Lors de ma chute ma tête cogne un rebord de verre tellement fort que le crâne se fragiliserait presque, Dean s'écrit :

- Evangéline !!!

Je ne peux lui répondre. Je me sens sonnée, je vois trouble, les sons sont terriblement sourds. Dean sort son fusil à balles électriques, il se met à tirer sur le Gélios qui émit un hurlement horriblement strident. Cette créature s'élance sur Dean qui recule en maintenant les tirs. Une odeur de brûlé commence à se faire sentir, c'est son arme qui surchauffe. Les fusils à balles électriques n'ont pas de chargeur, ils possèdent un mini moteur qui envoie des flux d'énergies sur les cibles. Je reste incapable de me lever, gardant une main sur ma blessure abdominale. Dean balance son arme au sol, presque sur moi, et fonce droit sur notre agresseur avec une dague en acier. Le Gélios se prend la dague dans le ventre mais ne réagit pas à la douleur, pour répliquer il se contente de prendre mon coéquipier par les cheveux et le jeter plus loin. Le cadavre vivant nous regarde, et se met à rire, reculant dans la pénombre tout doucement. Dean le regarde partir, le fixant du regard dans le cas d'une attaque surprise.

Derrière nous, une voix familière hurle:

- Hey ! Chui là !

Dean se retourne, Lénilla est là:

- Bon sang Lénilla ! Tu m'as fait peur espèce de noisette creuse! Aide-moi, il faut faire sortir Evangéline !

Les deux m'aident à me relever, je passe mon bras droit autour de Lénilla qui me soutient le plus possible. Dean passe devant. Je sens que mon corps devient lourd et difficile à porter pour elle. Un hurlement de Gélios nous fait faire halte.

Dean reprend la course et nous fait un passage à travers les décombres. Je souffre, la tête qui tourne, je me force à courir pour sauver leur vie en ne leur faisant pas perdre trop de temps pour fuir. Mais ma blessure abdominale est ouverte, et le choc sur la tête m'affaiblit. Je vous avoue, j'ai peur, ma vision se trouble; je bute sur une chaise renversée et tombe.

- Evi !!!, s'écria Lénilla. Dean s'arrête au cri de celle-ci et accourt vers nous.

- Evangéline !

Au sol à plat ventre, les vibrations dans ma tête reprennent plus fortement qu'avant, Dean essaie de me parler:

- Elle s'est pris un trop gros coup sur la tête, bon je vais la porter, Lénilla tu nous couvres !

Elle fait "oui" de la tête, ma vision s'assombrit, je ferme alors les yeux.

Je sens comme une odeur de grillé, j'ouvre difficilement les yeux. Je regarde autour de moi, je suis sur un brancard, sous une tente certainement posée pour moi. Dean est en train de parler. J'essaie de me lever pour au final m'assoir. Nous sommes dans un bâtiment avec l'équipe complète, je dirais un grand hall de gare. Dean parle avec le chef qui me regarde :

- Evangéline ! Ça va ?, me lança-t-il

- Euh... oui je crois, je me lève et m'approche d'eux.

- Bonjour, vous avez tardé Miss.

- Désolé, nous nous sommes... il me coupe sèchement.

- Oui je sais, et d'ailleurs restez calme et au repos, vous risquerez d'ouvrir de nouveau votre blessure. D'autant plus que j'ai pu utiliser mes talents de fine couturière !

- D'accord.. Humm... couturière.. ?

Je m'écarte, m'éloigne, retourne m'assoir, et écris dans mon journal décrivant tout ce que je fais. Cela fut perturbant d'entendre le chef me parler de ses soi-disant talents de "couturière". Surtout lorsque je me penche dans mes souvenirs et que je revois Steve avec des câbles électriques en guise de points de suture... non non non ! Je ne dois pas y penser ni m'inquiéter. Ca va aller. J'espère.. Je lève la tête vers le ciel, regardant les nuages noirs passer à travers le toit vitré. Un bruit de bombe nous surprend, on se lève et regarde autour de nous, le chef s'écrit :

- On bouge ! Dean, Lénilla ! Avec Evangéline ! Vous retournez dans le bâtiment sans vous retourner !

- Oui chef !, répond Dean avec assurance et sans peur.

Nous nous mettons en route, dans la minute qui suit nous arrivons dans le bâtiment. Nous entrons et fermons la porte rouillée derrière nous. Ce silence me donne des frissons dans le dos. Lénilla refuse de passer en première, et Dean ne préfère pas que ce soit moi, sous prétexte que, "être blessé soit grave". Il part en tête, nous le suivons.

- J'espère ne pas retomber sur le monstre, fait Lénilla.

- Alors presse le pas, et avance plus vite en silence, lui répond Dean sévèrement.

- Nous devons trouver un lieu sûr, leur dis-je pour calmer la tension.

Dean casse un meuble en passant, du liquide en coule, celui-ci est visqueux et verdâtre. Il coule en direction d'une porte, Lénilla ouvre celle-ci, surprise, elle recule.

C'est un laboratoire de test sur les humains femmes. J'entre lentement, choquée, et même horrifiée. Il y a des genres de tubes en verre contenants des corps de femmes sous toutes les formes: Embryons, Fœtus, Enfants, Adolescents et autres. Tous rangés par formes, et en lignes.

Sur une paillasse, je trouve des dossiers médicaux illégaux, j'ouvre et lis :

- Michael Frays, homme de 348 ans de type AB, brun aux yeux bleus notés "rares".

Je ne comprends pas tout mais je pense que quelque chose s'est passé ici. Je regarde, et fouille la pièce, je trouve des dossiers privés sur les corps dans les tubes.

Quelque chose me surprend, un corps d'enfant, pas n'importe quoi, un corps d'enfant Gélios, je n'avais jamais vu ça avant ! Il a une tête plutôt petite avec une joue sans peau, au niveau des côtes aussi ainsi que sur les jambes. Il a l'air grand pour un enfant de 4 ans, environ 1 mètre 50. Comment est-ce possible ?Quelqu'un aurait fait une expérience avec une femme et un Gélios...ou serait-ce le fruit du hasard ? Un enfant Gélios, c'est impossible ! Ils perdent tout sens humain et deviennent sauvages, ils ne peuvent se reproduire.

Sauf si... je ne connais pas l'existence d'un autre type de Gélios.

Dean me fait sursauter, je recule, et fait tomber un tube à essai qui se brise sur le sol. Une alarme retentit et les issues se ferment, nous nous regardons tous les trois pas du tout rassurés. Un gaz se diffuse dans la salle. Je vois flou, Lénilla est déjà tombée, Dean tombe de même, mes yeux bleus me brûlent, je m'assoie. Je regarde autour de moi, ne voyant que des formes s'approchant à travers mes cheveux rouges; des yeux sanglants me fixent. Les formes me frappent, je m'écroule. Dans la souffrance de nouvelles vibrations dans ma tête font leur apparition, alors je perds connaissance dans cet élan sombre de pensée vide de sens.

Une voix résonne dans ma tête, elle est grave et rassurante à la fois. J'ai l'impression de la connaître, l'avoir déjà entendu il y a très longtemps : Evangéline, réveille toi. Il faut que tu te lèves, suis le cours de ton histoire. Ne te fies pas à eux, ils ont l'air gentils. Mais la vérité est toujours la chose la plus mortelle. Pitié Evangéline, ne fait pas cette erreur. J'ai besoin de toi, tu dois te réveiller. Ils te veulent, ne lâche rien, suis mon aura qui t'intrigue.

J'ouvre les yeux, le choc a dû être violant, ma tête est si lourde. J'essaie de m'avancer, mes mains sont attachées, je suis contre un mur enchaînée. Je n'ai plus ma veste sur moi, ni mon haut, c'est à peine s'il me reste un tissu.

Un homme ouvre la porte en face de moi, je crois. Il semble avoir les cheveux bruns, ainsi qu'un regard couleur prehnite, mais il est très grand, je dirais presque 2 mètres. Je ne vois pas très bien, il tient une couverture je crois, il s'approche de moi. Il défait mes liens et m'habille avec un grand manteau brun. Il se met à ma hauteur, ce ne peut être qu'un Gélios:

- Il faut que tu viennes avec moi.

- Qui êtes vous.. ?

-Ne parles pas trop fort s'il te plaît, ils vont t'entendre, chuchote-t-il.

- Qui ça "ils" ?

- S'il te plaît, viens.

- Je.. te suis, répondais-je dubitativement.

Il me prend par la main, passe sa tête furtivement par la porte, et m'emmène avec lui le long des couloirs fêlés. Je reconnais, c'est le sous-sol du bâtiment. Mais où sont les autres ?! J'espère qu'ils n'ont rien... Le Gélios est grand, je dirais...environ 2m de haut, il a la peau très pâle, et pour la première fois que je vois ça, il a les cheveux châtains, ainsi que les yeux verts. En temps « normal », les Gélios n'ont pas de poils, ou très peu. Ils sont plutôt décharnés et sauvages. Pourtant cela ne semble pas être le cas de cet être. Il est capable de parler, d'avoir des émotions aussi, puisqu'il m'a sourit en me détachant. Je ne comprends pas, je ne connais pas ce genre de Gélios. Je l'ai lu pendant ma formation, ils ne sont que des sauvages cannibales, semblables à des cadavres vivants.

Il s'arrête à côté d'une allée étroite, et il me tire vers celle-ci :

- Écoute moi bien Evangéline, dit-il sur un ton sérieux.

- D'où connaissez-vous mon nom ?

- Laisse-moi parler s'il te plaît. Écoute moi, tes compagnons vont être disséqués, alors tu dois les faire sortir d'ici, sauf si tu veux mourir.

Il me laisse sans voix, il me tient la main, et me dirige vers une serre souterraine.

- Il faut se dépêcher, sinon tu ne sortiras pas d'ici vivante !

- Comment ça ?

- Je vais devoir retourner au travail, et tu ne peux pas sortir seule vivante dans ton état.

- Quel travail ?

- Je suis leur bourreau, par pitié t'as pas fini avec tes questions ?

- Comment ça bourreau ?! Vous tuez souvent ici, ou quoi ?

- Evangéline !

- Pardon...

- Viens, passons par ici.

Je le suis en silence et calmement. Je tremble, il m'inquiète ce Gélios. Il s'arrête devant une grille d'aération et me dit :

- Evangéline tu dois sortir tes amis d'ici, pour cela tu dois déverrouiller la porte de la salle T, tu ne pourras pas la rater je t'assure. Je m'occupe d'ouvrir les portes à verrous électriques, ensuite tu iras dans un couloir pour me rejoindre.

- D'accord. Ok, je vais chercher tout ça... Quelle salle T ?

- Surtout ne te bats pas, et ne te prends pas de coups, sinon je m'occuperai de ton cas.

Il ouvre la porte du grillage, m'y pousse, il l'a referme ensuite. Je fais oui de la tête, et entame le trajet à quatre pattes. Je dois vous avouer que je ne comprends pas pourquoi il m'aide. Je viens d'un autre temps, il l'a sans doute remarqué. Puis, nous ne sommes plus de la même espèce, lui c'est un Gélios, moi une humaine. Ce n'est pas possible de se côtoyer, surtout s'il peut me manger. Ou pire encore, si c'est en réalité un piège. Veut-il me faire cuire ? Ou peut-être qu'il me test... Je saurais si je peux lui faire confiance quand j'aurais retrouvé mes camarades !

Après quelques mètres, je m'arrête et m'assoie. Les vibrations dans ma tête se sont beaucoup apaisées, mais je les ressens encore un peu. Je suis essoufflée, je sors mon pistolet à ultras ondes, et le recharge. Quand je regarde mon arme, j'ai l'impression de devoir tuer pour vivre. Cela n'est pas trop une impression, mais... La vie est comme le jour et la nuit, sauf qu'ici le jour passe beaucoup plus vite, ou alors je suis restée inconsciente trop longtemps. Je reprends la route à travers le conduit, c'est long et épuisant à la fois.

Quelques minutes plus tard, après un croisement de conduits, je fais un pas et tombe. Une fois au sol, les vibrations dans ma tête reprennent plus fort encore, pour retenir mes gémissements je mets mes mains devant ma bouche. Je me retrouve au milieu d'un lumineux couloir face à une immense porte en argent massif. Je me lève, mais quelqu'un arrive derrière moi, mon instinct survient. C'est un Gélios, je lui saute à la gorge, l'embarquant avec mes jambes en avant, et le fait chuter lourdement au sol. Doucement, j'entre mon couteau dans une ouverture crânienne permettant de le tuer, puis je le fouille. Oh tiens ! Un badge ! Plus facile que de trouver un Gélios dans un chat ! Bien que... je me demande pourquoi un Gélios serait dans un chat... ou un chat dans un Gélios serait bien plus probable.

J'ouvre la porte en argent en passant le badge, sur un réceptacle en bronze se trouvant à droite d'elle. Je la passe, et la referme, le plus silencieusement possible, je me tourne face à la pièce. J'avance, j'observe. Sur ma gauche il y a des piliers avec des fils électriques, et à ma droite des tables tâchées de liquide rouge, ou blanc, ou encore vert. Je chuchote, espérant trouver mes camarades:

- Dean ? Lénilla ?

Je les cherche, à droite, je vois Lénilla sur une des tables, attachée. J'accours vers elle pour la libère de ses liens:

- Lénilla ! Réveille-toi !, m'exclamais-je en lui donnant de petites claques sur la joue.

- Mmh... Evi ?, elle ouvre les yeux et me regarde, légèrement sonnée.

- Oui c'est moi, aller viens !

Elle se lève, on fouille la pièce. Il y a des corps, des photos, des dossiers, et même des têtes humaines empaillées. On s'arrête devant une tête qui nous est familière, Lénilla prend la parole :

- Oh la vache t'as vue ça ?! On dirait trop la tête du cap'tain !

- Où ça ?, lui demandais-je en m'approchant.

- Là regarde !, elle pointe du doigt.

Je regarde la tête, tout d'abord rapidement, par peur d'y voir une erreur, puis quand je remarque qu'elle m'est familière je la détaille du regard. C'est en effet la tête de notre Chef d'escouade.

Elle recule et recouvre son visage avec ses mains, que je prends pour la tirer plus loin. Je viens de remarquer que ces dernières sont légèrement blessées. Je verrais pour la soigner en lieu sûr, et si nous retrouvons nos affaires.

Nous devons avoir trouvé Dean en moins d'une heure, sinon le Gélios bizarre va nous laisser pour morts. Je regarde ma camarade timidement, la voyant en pleure:

- Viens Lénilla, nous devons partir.

Je la prend par le bras, nous sortons de la salle par un couloir à l'opposé de la porte d'entrée. Nous marchons côte à côte; j'ai du mal à croire que notre chef soit mort. Je ne sais pas comment nous allons rentrer avant le temps imparti sans lui.. Devant nous, au fond du passage, se trouve une porte blindée. Nous arrivons face à elle, je ne trouve ni réceptacle, ni serrure et encore moins de poignets. Je sors mon badge... ah mais attendez, j'ai dit ne pas voir de réceptacle alors il ne sert à rien. Qu'est-ce que je peux être stupide ! Soudain, la porte s'ouvre avec une voix grésillante disant de passer.

Merci Gélios ! Mais.. je.. je remercie un monstre mangeur d'humain là...

Capítulo 3 Chapitre 2: Un allié douteux

Je commence à vraiment m'inquiéter pour Dean. Cela fait un moment qu'il est seul avec eux. J'ai peur qu'il soit déjà mort, ou qu'ils soient en train de le torturer. Alors que nous passons la porte, lui est peut-être entrain de se faire retirer les boyaux, ou pire encore ! J'ai vraiment peur pour mon ami. Je ne comprends pas pourquoi ils ne nous ont pas tué, ou mangé.. j'en sais rien. Pourquoi nous avoir gardé en vie si c'est pour que la fuite soit aussi facile ?

En face de nous, sur une chaise semblable aux chaises à électrocutions mortelles de notre époque de 3751. Nous sommes rentrées dans une salle que l'ont croyait vide Lénilla et moi, mais par chance notre camarade est enfermé ici. Dean semble inanimé, il est attaché, tellement serré que l'on voit son sang couler en quantité terrifiante. Je crie à ma coéquipière:

- Lénilla, viens m'aider à détacher Dean !

- Oui Evi, j'arrive !

Elle vient m'aider à le délivrer des chaînes qui le maintiennent avec une hâte immense, celui-ci me regarde et dit :

- Evangéline, fuis...

- Je refuse, j'ai des ordres à suivre soldat ! Reprend-toi !

Les ordres du mystérieux Gélios... je ne comprends pas pourquoi il m'aide. Je ne sais pas non plus pourquoi je suis ici, et pourquoi les Gélios nous ont pris en otages. Lénilla et moi soutenons Dean pour l'aider à marcher malgré mon handicap. Nous l'asseyons sur une caisse, pendant que je vais fouiller la pièce, et qu'elle reste auprès de lui. Je trouve des documents en langues inconnues sur un bureau d'angle, ainsi que des photos de personnes plus ou moins humaines, et plus ou moins vivantes aussi. Un dossier soigneusement rangé dans un des tiroirs m'interpelle, je lis : Evangéline Cooper, Femme de 21 ans, dossier privé. Pourquoi un dossier à mon nom est ici ? Je ne suis jamais venu en 2016 par le passé, que je sache. Une porte claque à ma gauche, un Gélios nous regarde. Il semble ne pas comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons ici. Je le regarde me détaillé de haut en bas. Il semble vraiment pas comprendre, il fait alors un pas en avant. Par réflexe je recule, attrape mon arme et le pointe avec, il avance lentement vers moi. Lénilla et Dean se lèvent commençant à se diriger vers la porte du fond. Le Gélios s'élance sur moi et me plaque au sol. Je crois qu'il a compris que nous ne sommes pas trop copains. Dean réagit en prenant une agrafeuse sur la table à côté d'eux pour le blesser, mais n'intervient pas parce que je lui cris de partir. Le Gélios me mord dans le bras droit, je retiens un gémissement de douleur. Tout en retenant un bruit de douleur, je le pousse et lui tire une balle à onde de choc en pleine tête. Elle lui explose le crâne sur le sommet, laissant apparaître son cerveau putréfié. Il fait un bond en arrière et prend la fuite, je me lève puis rejoins mon équipe. C'est alors qu'une alarme retenti :

- Fallait si attendre avec tes compétences, s'exclame Dean face à moi.

- Tu avais qu'à lui courir après, répond Lénilla.

Nous nous pressons de partir, oubliant le dossier à mon nom, qui était important pour moi. Nous longeons un long couloir sombre tâché de sang, que je trouve plutôt frais. Peut-être qu'une sortie est à son bout. Ou alors je me fais encore de faux espoirs et c'est juste une fenêtre ouverte, ou encore un Gélios qui a ouvert un frigo. Quelque chose nous tire de côté, dans un couloir étroit. Je regarde qui est cette personne, c'est le Gélios qui nous aide. Dean s'arrête brusquement devant lui et dit:

- Toi ?!

- Evangéline ! Je t'avais dit de ne pas te battre !, me crie le Gélios en coupant Dean.

- Je n'avais pas le choix, lâche-moi !

Il s'approche plus près de moi, mon cœur s'emballe, il me prend dans ses bras. Son odeur remplit mon nez, elle comble ce vide que je ressentais. Elle est rassurante mais... il reste un monstre parmi les montres. Je fais un geste de recule, et me cogne contre un mur du couloir, retombant doucement sur mes fesses en suivant l'axe du mur, il s'exclame :

- Evangéline !

- C'est bon ça va. Laisse-moi tranquille... la bête..

- Evangéline, tu dois rester calme tu n'es pas encore totalement rétablie. Et je...

- Et tu quoi, hein ?! J'ai quoi ? La tête qui tourne et quelques côtes fêlées, c'est rien ! Merde à la fin !

Dean et Lénilla ne comprennent rien, je me lève doucement, et leur explique que le Gélios nous aide à nous échapper de cet endroit putride. Ce dernier prend alors la parole :

- Je me nomme, Expérience 00.3, ou du moins Léo. Heureux de vous aider. J'espère ne pas trop vous avoir fait peur sachant que vous ne ve... vous ne devez pas venir de cette époque.

- Mais comment il s.., ai-je commencé à dire en fronçant les sourcils, juste avant de penser à une chose.

Oh non ! J'ai oublié le dossier à mon nom ! Je dois aller le chercher, je dois savoir ! Il le faut ! Peut-être ont-ils des informations sur mes parents biologiques. J'allais y aller de tout mon élan, quand Léo passe alors son bras autour de ma taille pour me retenir, et me regarde droit dans les yeux tout en me serrant. Je le repousse :

- Pour la 2ème fois, lâche moi, bouge tes sales pattes ! Je dois aller chercher quelque chose !

- Non, tu dois t'enfuir tout de suite !

Dean me prend la main, il me dit qu'il est temps de partir, je regarde une dernière fois ce Léo, et pars avec mes compagnons. Celui-ci lance un : Bonne chance. Et part aussitôt de son côté. Lénilla court derrière Dean et moi, l'alarme sonne toujours, et une armée de Gélios court dans les couloirs à notre recherche. Dans un embranchement un Gélios nous rentre dedans, nous tombons. Le Gélios se relève tout en me prenant par le cou, en m'étranglant de toutes ses forces. Dean se lève et le prend par la tête, il la lui arrache sauvagement. Je me relève, du sang de Gélios coule au sol devant moi. Lénilla se redresse aussitôt. La scène n'a pas durée plus d'une minute, je n'ai rien suivi, je n'ai rien vu autour de nous que ce rouge explosé sur toute la surface du couloir.

Nous repartons à la recherche de la sortie, laissant le corps décapité au milieu du passage. Je viens de remarquer que Dean a quelque peu changé, je le trouve plus fort, et plus grand aussi. Je sais que grandir en l'espace de quelques temps peut paraître bizarre, mais bon c'est étrange. Surtout qu'il semble avoir perdu sa joie, ou sa douceur. Est-ce à cause des expériences qu'il a dû subir ou est-ce ma faute ? Nous traversons un hall assez petit, il y a des débris métalliques, et des murs en miettes. Lénilla nous cri de regarder au plafond, faisant au moins une dizaine de mètres de haut. Dean et moi levons la tête, des corps sont suspendus, pas que deux ou trois corps, il y en a au moins des centaines voir des milliers ! Dean nous prend par le bras, et nous caches derrière un meuble en bois reversé sur le bas côté, il dit :

- Chuuut, regardez là-bas.

Lénilla et moi échangeons un regard inquiet, puis nous regardons dans la direction indiquée. Il y a deux Gélios qui ramènent quatre corps avec des cordes, j'imagine que c'est pour les attacher au plafond eux aussi. Les corps qu'ils ramènent sont à moitié en os mais les vêtements sur eux sont les uniformes d'agents comme nous. Nous les entendons vaguement parler entre eux. Il me semble avoir entendu et traduit : « C'est de lui que tu devrais avoir peur, avec son corps semblable à une carcasse mécanique, et ses lumières bleues hyper flippantes. » Je ne sais pas de quoi ils parlent, et si c'est une bonne traduction, mais ils ont l'air inquiets.

Dean me regarde et me demande de sortir une arme, ainsi nous pourrons détruire ces Gélios.

Il passe en premier, tire sur celui de droite, tandis que moi, je me lève, abat celui du fond. Lénilla se lève une fois le combat fini, je fouille le Gélios que j'ai tué, et trouve des clefs ainsi que des cartes d'identités à empreintes digitales entourées d'une plume bleue. J'en lis une : Kalista Eden, femme de 34 ans, au service de Temporia.

Elle faisait partie de la brigade d'exploration des tunnels des Passés. Je crois que j'ai lu une note dans les archives sur cette personne mais... ça remonte à longtemps. Je remarque qu'il y a du sang sur les autres cartes, les cartes des membres qui nous accompagnaient pour cette expédition, j'imagine qu'ils sont morts maintenant. Peut-être que si je n'avais pas obéis au chef lorsque nous nous sommes mis à l'abri... ils seraient tous encore en vie... Je suis une ratée confirmée.

Dean fouille aussi de son côté, soudain une nouvelle alarme se fait entendre, je me retourne et vois Lénilla essayer de détacher un des corps suspendus, elle me regarde alors d'un air étrangement innocent :

- J'aurais peut-être pas dû... je crois.

Des Gélios arrivent, nous sommes encerclés. Un d'entre eux s'avance et parle :

- Ico pikenzète mé nio ?!

- Tu nous la refait en Français ?, lui lance Dean.

- Mé julkarzète lüe xervos ?!, le Gélios s'énerve.

- Je crois qu'il veut nous frapper ! crie Lénilla, le Gélios s'approche d'elle, soudain une voix familière se fait entendre.

- Ééviriezonne nëe myo !

Les Gélios s'écartent, Léo est là, vêtu d'une longue blouse blanche. Je suis soulagée, j'ai cru que nous allions devoir nous battre à trois contre seize. Nous ne comprenons rien à ce qu'il se passait sous nos yeux. Quel était ce langage ? Nous n'en comprenons pas le sens, mais avec tous ces cris cela ne pouvaient être uniquement des paroles de menace. Et malheureusement nous n'avons pas encore fabriqués de traducteur pour parler avec ce type de Gélios. Habituellement ils ne parlent pas, ils se contentent de grogner ou de faire parler les muscles. Mais là... nous venons de faire une découverte incroyable !

Léo passe devant les autres Gélios et se met devant nous, puis lance :

- Gwa viriefeuz mé darden ?

- Euh... , nous ne comprenons pas ce qu'il nous dit, visible par le regard que nous nous sommes tous les trois échangés à ce moment-là.

-Gwa viriefeuz mé darden ?!, il essaie de nous faire comprendre en changeant l'intonation.

- Ah euh... On cherchait les toilettes ! s'exclame Lénilla essayant de nous innocenter.

- Mais quelle imbécile... , dit-je déprimée.

Léo nous fait discrètement un clin d'œil, les Gélios nous regardent; leur chef de troupe se montre puis dit à Léo :

- Hays 00.3, té moprinés piken derkar.

La troupe s'en va, Léo souffle et me regarde droit dans les yeux. Je lui demande qui il est, il tourne la tête, puis sourit. Dean et Lénilla se regardent, Dean rajuste sa ceinture et demande d'une manière étrangement familière :

- Hé toi ! Le Gélios, tu nous expliques un peu ?

- Vous expliquer quoi ?, Léo a l'air énervé.

- Expliquer quoi ?, demande Dean agacé. Tu vas nous faire dém... tu vas nous enfoncer dans ce merdier !

Léo le coupe et lui crie:

- Si tu voulais crever t'aurais dû le faire avant ! Je suis là pour vous aider à survivre ! Je parle naturellement 183langues, dont le Ska ! Vous êtes dans le bâtiment principale du repère des Perdus, vous êtes des intrus, des prisonniers qui s'évadent ! Tu veux quoi comme explications encore pauvre crétin ?!

Dean allait sortir son arme, je l'arrête et le foudroie d'un regard noir. Il souffle puis recule. Léo, surpris par mon geste, recule aussi, il a l'air plus calme alors je le questionne :

- Léo, dit moi. Où sommes-nous ?

- Juste parce que c'est toi je veux bien répondre, nous sommes dans la base Ynoradeï.

- Pourquoi sommes-nous ici ?

- Pour des expériences...

- Qui es-tu ? , ma gorge se serre.

- Je suis Expérience 00.3, Léo. Garde scientifique de dissection. Je suis aussi le Bourreau 199.

- Ne me dit pas que...

- Si, je suis en charge de votre mort. C'est le principe d'un bourreau ici. Enfin, je pense que tous les bourreaux ont le même travail à l'origine.

- Et... ?

- Et je suis aussi un membre de la rébellion : Moca. Je suis ici en tant que double agent pour vous faire sortir de là, nous vous avions vu arriver dans cette époque par un portail temporel. Et j'admets que... c'était plutôt facile de deviner que vous finiriez par tomber ici.

Je suis rassurée ! Nous pouvons compter sur Léo pour sortir d'ici. Dean me regarde encore en colère, tandis que Lénilla me fait un grand sourire tout en se recoiffant.

-Nous devons sortir, la troupe de surveillance a un GROS doute sur moi, depuis que j'en ai frappé un... lança Léo sereinement.

Nous nous mettons en route en le suivant, lorsque nous croisons des gardes Léo sort une arme tout en nous pointant comme si nous étions de véritables prisonniers. Je repense à ce qu'a dit Léo tout à l'heure, quand il a dit "Bourreau" j'ai vraiment cru qu'il était un ennemi, non pas un allié. Je le trouve spécial, 183 langues ? Chez les humains c'est déjà difficile d'en apprendre 3 alors 183... C'est hallucinant ! Et aussi qu'il m'énerve ce Dean, toujours à faire le mâle dominant... il a bien changé en si peu de temps.

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