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Quelques larmes pour un phénix

Quelques larmes pour un phénix

Auteur:: promotion
Genre: Nouvelle
Pourquoi ? C'est la question qui tourmente cet ouvrage. Il n'y a pourtant aucune réponse à apporter, ni à la peine, ni à l'univers, ni à quoi que ce soit. C'est précisément la raison d'être de ce livre : épouser un non-sens, se battre contre une absence de réponse, alors même que la chute est inévitable. Cet ouvrage s'ouvre sur une mort et se ferme sur un départ : parce que la mort n'est pas la réponse, parce qu'il existe ailleurs une autre forme de réponse, différente, plus belle, parce que l'auteur ne veut pas renoncer. Biographie de l'auteur Mathieu Paillé n'écrit pas seulement pour le plaisir, mais aussi, et surtout, pour appeler au secours. Au bout de sa plume raisonnent des voix silencieuses remplies de peines. Son ouvrage se veut un exutoire pour ceux qui souffrent, le moyen pour eux de s'échapper de l'enfer (...).

Chapitre 1 No.1

Avant-propos

On met tellement de choses derrière les sept lettres du suicide... On s'imagine une passion déchirante qui éclaterait soudainement sans prévenir, une brusque bourrasque déchirant tout sur son passage sans crier gare... mais ce n'est pas ça. Le suicide, la volonté de mourir, d'en finir avec soi-même, ça n'arrive pas brutalement, dans un éclair lumineux et foudroyant : mais dans la brume, mais dans un brouillard délétère qui démarre à tes pieds, tout bas, jusqu'à monter, à monter, à te recouvrir tout entier, toi et tout ce que tu aimais ; alors tu es prisonnier, et tu es perdu, tu ne vois plus le soleil, tu ne vois plus l'espoir et encore moins l'amour, tu ne vois plus rien. La seule chose que tu perçoives c'est la mort, la volonté d'en finir, et tout ce qui t'importe encore c'est cette question lancinante : « Cette fois aurais-je la force de renoncer ? Arriverais-je à m'enfuir, à me quitter moi-même ? »

Qu'on ne s'y trompe pas, le suicide est un échec, une défaite, face à la vie, face au monde, face à tout. Mourir de sa propre main est une grossière erreur, mais elle se commet à une très longue échelle.

Ad lectorem

C'était un endroit comme il en existe tant d'autres, caché dans un repli de montagne, un peu à l'écart du monde, et un peu dedans ; les maisons étaient vieilles, l'architecture ancienne, mais beaucoup de ceux qui les habitaient étaient, pour la plupart, de jeunes gens, venus non pour travailler aux champs mais pour jouir du calme et de la paix communs aux grands espaces.

Un endroit comme un autre, donc, sans prétention, avec ses petits vieux et ses jeunes, semblable à n'importe où ailleurs.

On y trouvait également une minuscule école, encore ouverte on ne savait comment. Elle se composait d'une cour avec deux grands arbres (dont l'un, par la suite, fut frappé par la foudre et rasé), d'un ou deux bacs à sable, où, à heures régulières, les cris des enfants résonnaient, et de deux bâtiments, dans lesquels on séparait les élèves par rang d'âge. Elle connut une petite fille, pendant un temps, une petite fille spéciale. C'était Lily, Lily l'étrange, Lily l'enfant décalée, qui vivait chaque jour comme cette matinée de novembre que je vais vous décrire.

Tout était enveloppé de brouillard ; elle était assise sur un muret, seule : elle ne voyait pas les autres, et leurs rires lui parvenaient assourdis. Les branches des arbres dessinaient des contours étranges dans la brume, comme des bras amicaux, à la fois présents et absents, ténus, presque irréels. L'air sentait la pluie. C'était novembre et le froid s'installait, un peu plus présent chaque jour. La tête dans les mains, l'esprit dans les nuages, Lily rêvait, Lily s'interrogeait ; elle entendait des enfants jouer, et elle ne pouvait les rejoindre. Pourquoi ? Elle voyait qu'à côté, des êtres pas si différents d'elle s'amusaient, étaient heureux, et elle ne pouvait en faire partie. De quel droit ? Son âme d'enfant s'ouvrait peu à peu sur un des nombreux fossés qui séparait les hommes : la différence.

Elle voulut tenter l'aventure, elle voulut briser le gouffre que la vie avait creusé entre eux, déjà, alors qu'ils étaient si jeunes. Et la voilà qui s'avance, le ventre noué, les jambes tremblantes, une esquisse de sourire plaqué sur son visage. Une vague salutation s'échappe de ses lèvres closes, personne ne lui répond : ils sont groupés devant elle, compacts, et comme ils ont l'air distants, inhospitaliers... ils la regardent et la jaugent, ils sentent sa faiblesse. Elle prend peur. Elle veut reculer. On commence à l'insulter, on lui fait un croche-patte : on la frappe. Et les dés sont jetés, la proie est désignée pour aujourd'hui et pour toujours.

Ils n'étaient probablement pas méchants ces gamins, ou plutôt ils l'étaient comme l'est un jour tout enfant qui ne mesure pas les conséquences de ses actes, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez : mais ils la blessèrent, ils placèrent en son cœur la peur de l'autre, de sa cruauté, de son ignorance. Plus jamais Lily n'essayerait d'avancer vers quelqu'un d'autre par la suite. Plus jamais...

Lily c'était cette enfant rêveuse que l'on connaît tous, dont le portrait nous est familier, dont on se souvient vaguement, que l'on regarde sans voir et sans même en avoir conscience. Elle avait, comme tous les enfants tristes, la tête ailleurs, le regard fixe et teinté d'incompréhension, cet air de bonté simple souvent assimilé à la bêtise qu'on lui reprocherait par la suite, et cette petite plaie à l'âme qui ne devait jamais, jamais guérir, mais toujours s'enflammer davantage.

Jusqu'à la fin.

Le monde la vit grandir comme une fleur qui manque de soleil ; le jour de ses 11 ans, elle était grande, maigre ; sur son visage efflanqué, ses yeux étaient comme deux étoiles éteintes, elle avait les pommettes osseuses, les cheveux longs et emmêlés. Elle marchait les bras serrés autour de sa taille frêle, dans une vaine tentative de se protéger des attaques du monde extérieur ; sa peau était sèche et souvent irritée : elle était mal en point, mais peu le voyaient. Sa famille lui était inaccessible, comme séparée d'elle par un rideau noir ; pas par dessin évidemment, ses parents la voyaient souffrir, et par ricochet en souffraient aussi, mais que faire face à ce qu'on ne peut comprendre, qu'on a essayé d'analyser, mais toujours sans succès, mais toujours en pure perte ?

Elle ne parlait pas : elle murmurait. Elle était seule. Dès qu'elle le pouvait, elle s'échappait dans ses romans et passait des heures à imaginer un autre monde, une autre vie, où elle aurait son royaume, où elle serait reine : et tous l'admireraient, et tous se confondraient en excuses, de l'avoir mal compris, de l'avoir isolée, enfermée à la lisière de leur univers, sans jamais l'y accepter, sans jamais la comprendre ! Et elle, du haut de son trône de lumière et d'acier, tantôt pardonnait, tantôt punissait ceux qui avaient eu l'audace de la repousser, de la rejeter. Si elle était à l'extérieur aussi douce qu'il est possible de l'être, son âme était en revanche en proie à de sombres tourments intérieurs ; elle avait au cœur cette étrange et douloureuse morsure de la solitude trop longtemps vécue, de quelqu'un qui a n'a pas assez connu le printemps mais trop l'hiver, qui n'a pas assez connu ou vu l'amour mais trop le rejet et l'incompréhension. Lily portait en elle un récipient de verre fracassé qu'au fil des ans on avait rempli d'acide ; et, à chaque choc, elle en sentait la brûlure, toujours plus intense. Elle souffrait, et cette douleur faisait naître en elle des colères terribles, des tempêtes, des cataclysmes qui s'exprimaient sans prévenir, comme un orage éclatant sans crier gare. Alors elle hurlait sa tourmente aux alentours, et elle invoquait l'enfer où elle était sur tous ceux qu'elle pouvait : et puis elle pleurait, doucement, en silence. Comme une statue de cristal qu'on aurait refroidie avec ses propres larmes.

Dans le silence de sa vie, une voix naquit bientôt, narquoise et hautaine, une voix qu'elle était seule à entendre, comme un sifflement constant au creux de son oreille ; les mots qui la heurtaient, les phrases qui la poignardaient, la voix les reprenait bien après, quand la nuit était tombée, que l'enfant était seule dans sa chambre, les volets bien fermés lui cachant la lumière des étoiles, et les ombres effrayantes que son imaginaire d'enfant créait à partir de ce qu'elle ne pouvait voir lui faisant couler une sueur glacée le long du dos : alors la voix la tourmentait, lui perçait le cœur de mille traits empoisonnés, prenait la forme de tous ceux qui la blessaient ; et elle passait des heures à suffoquer, les yeux fixant le vide, à répondre à personne, à se battre inutilement contre ses fantômes, à pourfendre des mirages. Et quand le combat devenait insoutenable, elle se réfugiait dans son monde, ailleurs, là où nul ne pouvait l'atteindre, où tout était ordonné sa guise. À la froideur du monde, elle opposait de merveilleux jardins, de magnifiques forêts où l'on se promenait en chantant, où il n'y avait que le bonheur de vivre, de vivre et de s'aimer...

Chapitre 2 No.2

Infime refuge bâti au bord d'un gouffre obscur.

Elle se cachait dans sa tête, en dernier recours ; les années passant, elle s'y enfonça de plus en plus souvent ; et de plus en plus souvent la crainte lui venait à l'idée qu'un jour son paradis pourrait être envahi par ces autres, qu'on massacrerait son beau jardin et que le mal qui lui rongeait l'âme y pénétrerait alors lui aussi ; et elle n'aurait plus nulle part où aller, et elle n'aurait plus nulle cachette. Plus rien. Elle avait conscience de cette inéluctable fatalité. Elle avait très peur.

Aussi, quand ses démons eurent raison de ses jardins, quand tout ce qu'elle avait patiemment bâti en elle s'écroula sous le poids du monde, elle n'hésita pas ; du haut d'une falaise, elle sauta, rapidement, sans frémir, sans même regretter, quittant sans regret cet abîme pour un autre infiniment plus vaste.

Lily, après avoir lutté autant qu'elle pouvait, rendit les armes, et s'abandonna.

Elle se tua.

On retrouva dans la chambre de la jeune fille un petit carnet noir rempli de mots, qui formaient comme une tentative d'explication, comme un appel à l'aide. Le texte ci-dessous en est l'exacte retranscription.

« Autrefois, il existait, loin, bien loin d'ici, un endroit merveilleux, fait intégralement de lumière et de chaleur. Parfois, c'était un grand et magnifique jardin, aux allées dégagées et ordonnées, et des fleurs s'ouvraient partout où pouvait porter le regard, de belles roses bleues et blanches, et d'autres fois c'était une forêt, une vieille et magnifique forêt, où les arbres étaient anciens et sages, et où il régnait une fraîcheur agréable à vivre : lorsque je m'y promenais, il n'y faisait jamais nuit, mais toujours clair et pur, comme dans mes romans. Certains jours, des esprits de toutes les couleurs dansaient, et chantaient, et riaient, et m'invitaient à rejoindre leur ronde, et alors j'oubliais ma tristesse et je tournais dans leur farandole, et je me rappelais comme un lointain écho ce que c'était de vivre, et je me sentais heureuse, heureuse, et légère oui si légère ! D'autres jours, je marchais parmi les sentiers rayonnants, et je rêvais, je rêvais à l'amour : alors, quelqu'un surgissait du néant, une personne, la plus merveilleuse qui soit ; elle me disait qu'elle était venue pour moi, qu'elle m'aimait, et mes nuits étaient rythmées par le bonheur illusoire de mes songes éveillés...

Il y avait de l'amour, il y avait de l'amitié, et de la beauté. C'était si beau en effet... Si vous aviez pu voir toutes ces couleurs, toutes ces lumières...

Mais avec le temps les choses ont peu à peu changé, avant que je ne m'en aperçoive, trop tard : les arbres se sont rabougris, et sont tombés, sont morts, les fleurs ont fané, et des plantes vénéneuses ont poussé à leur place ; le soleil s'est progressivement fait couvrir par une brume froide et inhospitalière, qui m'aveugle (mais est-il encore quelque chose que je veuille vraiment voir ?) : le sol est devenu boueux, s'est transformé en un marécage répugnant... Les amis qui m'accompagnaient dans mes voyages se sont transformés en monstres ricanants. Les djinns sont morts. J'erre. Seule. Mon amour s'est éteint, et mon jardin se détruit, et je meurs avec lui... Que reste-t-il de mon monde à présent ?

C'est un jardin désert, rempli de fleurs jamais écloses, connaissant seulement l'hiver jamais l'été,

Sous un ciel nuageux, sans lune, sans étoiles, brumeux :

Là-bas, portés par le vent, résonnent sans fin les échos malheureux

D'une âme lassée et triste, fatiguée d'avoir trop rêvé...

Dans ses allées lugubres où l'univers hurle sans faiblir

Son silence de givre sur des cendres d'illusions,

Déambulent des fantômes, des chimères, toutes en regrets, toutes en affliction,

Chacune avec le même regard, les mêmes mots, le même soupir...

Le soleil a cessé de briller, il y a déjà si longtemps...

Son souffle de vie s'est tari : ses rayons d'espoir se sont éteints.

Il n'en reste à présent qu'à peine un songe, moins qu'à peine un souvenir perdu dans le lointain,

Si doux, si pur, mais si déchirant...

Il n'y a plus rien. Rien que le vide... oui le vide, le mot qui explique tout. Le vide entre les êtres, l'impossibilité d'aller à l'autre... J'ai mal et le froid me fait peur. Tous les mots envoyés au cœur de cette nuit glacée ne trouvent pour écho que le silence...

À l'aide... »

Elle est partie peu de temps après avoir écrit ces lignes. Elle ne verra plus jamais le ciel Lily, elle ne sentira plus le soleil sur son visage Lily, elle ne connaîtra plus le bonheur... Car elle est morte. Elle est morte, et plus jamais, plus jamais elle ne pourra chercher un quelconque amour, nulle part.

Histoire violente, violente et vaine d'une vie gâchée.

Mais je veux croire qu'on aurait pu en changer la fin. Je veux croire que ce monde merveilleux aurait pu renaître de ses cendres, et Lily avec elle. Je veux croire qu'avec le temps elle serait revenue guérie, acceptée, heureuse enfin, je veux croire en la vie, à tout le bonheur que demain promet, pour tous, malgré la peine et malgré ce froid déchirant qui nous accable tant.

Je veux croire...

Et si un jour vos yeux s'abaissent jusqu'ici,

Prenez pitié de ceux qui pleurent sans secours,

Les ombres en peine et oubliées de la Vie,

Qui tombent sans retour, et meurent sans amour !

Ce recueil est pour vous : enfants incompris, enfants hors du monde, vous les autistes, les aspergers, les hypersensibles, et tous ceux qu'on affuble de noms divers et variés pour tenter de vous rattacher à un univers étranger, incompréhensible, vous qu'on frappe, qu'on maltraite pour vous voir rentrer dans le rang, qu'on enchaîne à ce monde avec des cordes d'aciers, en vous faisant croire que vous n'êtes pas normaux, étranges, difformes même. Mais vous n'êtes pas seuls. Mais vous n'êtes pas une erreur. Vous êtes une force, une puissance à l'état pur. Ces sentiments qui vous traversent sans arrêt, cet orage perpétuel qui gronde en vous, ce sentiment de trop plein, d'avoir trop de choses à dire, trop de choses à faire comprendre, à ressentir, et de ne pouvoir en souffler mot à personne, c'est là la seule véritable source de beauté de ce monde. Ils vous ont dit que vous en faisiez trop : ils ont essayé de vous faire taire, de vous museler, parce qu'ils ont peur, ils craignent de vous voir aller plus vite, plus intensément, alors ils vous font taire, par la force. Mais leur vie est fade, triste, car ce que vous êtes ils se refusent à le voir en eux. Ils créent leur petit monde, avec leurs petites règles, leurs petits codes, leurs petites normes pour contrôler, réguler, soumettre les émotions, les gens à leurs petits manèges, à leurs petites idées. De là vient votre douleur, votre peine, car vous êtes nés esclaves de la règle, tout comme eux, mais contrairement à eux, vous en avez conscience : c'est votre plus grande faiblesse et votre plus grande force. Le poète a dit : « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. » Vous êtes des esclaves qui tentent de s'affranchir : cela se fera par l'acceptation, de vous-même, de votre singularité si profonde, de votre beauté, vraie, pure, car vous l'êtes, car vous souhaitez la liberté, vous la désirez. Ne cherchez pas à rentrer dans leur moule, brisez les mauvaises règles, et eux seront alors libérés par la même occasion.

Ce recueil est pour vous, enfants maudits, enfants bénis, quelques mots d'un homme qui a souffert comme vous, qui a cherché à fuir de nombreuses fois, et qui trouve une forme de liberté dans la poésie. En espérant que vous parviendrez en me lisant, à accepter ce que vous êtes, à en comprendre la richesse et la merveille. Et à pardonner, pardonner aux autres, puisque ce qu'ils ont fait ce n'était pas une attaque contre vous, ce n'était pas quelque chose de délibéré et de voulu : et parce que vous saurez vous relever. Toujours.

Chapitre 3 No.3

L'univers

Alors que les heures, captives du néant,

Gardiennes des futurs, dans le matin du temps,

Attendaient patiemment pour sonner l'univers,

À l'ombre de la nuit d'un effrayant désert,

Le silence éternel de l'infini, cloîtré,

Explosa sur lui-même : ainsi, de la nuée

Plus vieille que la vie, et berceau de la mort,

Surgit la traînée d'or du premier météore.

Il n'y avait rien : et d'un coup il y eut tout. Le feu

Des astres, brusquement éveillé, parcourait

L'espace, remplissait le vide, illuminait

Des voies lactées ! D'un coup l'ouragan fabuleux

Déchaînait le chaos et inventait les cieux :

Allumant d'une main les forges des Enfers,

Et de l'autre y fondant l'avenir de la Terre.

Ô hasard improbable !

...

Ou bien œuvre d'un dieu ?

...

Ce big-bang inconscient était-il sous l'égide

D'un titan tout puissant et du Foudre divin ?

Ou n'est-il que le fruit d'un alliage stupide

Entre atomes troués et neutrons orphelins ?

Sommes-nous tous enfants d'un lointain créateur ?

Les verrons-nous un jour resplendir dans le ciel,

Dieu Le Père et Son Fils, et couvrir de leurs ailes

Nos âmes chagrines des morts et des malheurs ?

Ô Univers, ô toi sépulcre ! Cimetière

De tant de cœurs, de pleurs, de rires et de fleurs,

Broyés dans ta froideur, univers, univers

Terrible, impitoyable : où se terre l'Auteur ?

Tandis que nous rêvons et songeons aux mystères,

Le corps cloué dans ce cercueil à ciel ouvert,

L'horreur vide de sens qui surplombe nos têtes

Perce nos poitrines de cent questions muettes.

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