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Quand vient le soir..

Quand vient le soir..

Auteur:: MONICA H
Genre: Romance
Quand vient le soir, que faites vous ?

Chapitre 1 Prologue & Chapitre 01

Prologue:

Lui: Qu'est ce qui s'est passé?

Moi: Calme toi d'abord!

Lui: Me calmer comment? Qu'est ce qu'elle fait ici?

Moi: Frangin je ne sais pas. Je l'ai trouvée dans cet état..

Je voudrais lui en dire plus mais ce n'est pas le bon moment. Elle n'était pas supposée être ici, ni dans cet état critique. Si seulement elle n'était pas aussi bornée, elle ne serait pas dans mes bras en ce moment et je n'aurais pas à expliquer à l'homme qui se tient face à moi comment elle a pu se retrouver ici.

Il y a eu tellement de non dits entre nous qu'à cet instant, c'est comme si tout ce que je faisais, tout ce que je prenais en considération ne vaut plus rien. Si j'avais été honnête, si seulement...Une phrase de ma mère retentit en ce moment dans ma tête: "tu ne seras jamais rien dans la vie si tu n'assumes pas tes actes". Non seulement je n'ai pas assumé avec elle, mais toutes ces choses que j'ai faites et qui m'ont entraîné à ce stade de ma vie paraissent si futiles d'un coup...si stupides.

Qu'est ce que j'ai fait? Qu'est ce que je lui ai fait? Pourrais-je me regarder dans une glace si elle ne survit pas? Pourrais-je seulement continuer ma vie comme si de rien n'était? Pourrais-je seulement regarder sa famille dans les yeux une fois qu'ils sauront? Le pourrais-je encore?

Moi: il faut qu'on l'emmène à l'hôpital. Elle ne va pas tenir longtemps.

Lui: Et José?

Moi: José? On s'en balance.

Lui: Moi pas, ça risque d'empirer si on part. Vas-y je te rejoins!

Moi: Sûr?

Lui: Bouge!

Moi hésitant: ...

Lui: Bouge de la merde!

Je me contente de hocher la tête et je la prends dans mes bras pour la conduire au centre hospitalier le plus proche. Mon téléphone sonne une ou deux fois pendant le trajet mais je ne prends pas la peine de répondre, ou plutôt mes mains ne peuvent pas se dégager pour répondre. J'essaie de lui parler mais elle ne répond pas. J'espère qu'on arrivera à temps, je l'espère vraiment.

Une fois sur les lieux, on ne trouve personne dans la salle d'accueil et je me rapproche du vigile pour savoir ce qui se passe. Il m'explique qu'elles sont en grève. Mince alors! Il me demande si elle va bien maie je ne réponds pas. Je ressors de là et file vers un autre hôpital. Cela nous prends 20 bonnes minutes. Je sens tous mes nerfs tendus au maximum: tendus de rage parce qu'il n'y a jamais personne disponible dans les hôpitaux mais aussi tendu de culpabilité. On arrive enfin et je demande de l'aide aux femmes que je trouve sur place.

Infirmiere 1 en me toisant: Elle a quoi?

Moi: Aggression Madame! S'il vout plait c'est urgent.

Infirmiere 1: Ah mais tu ne vois pas le monde? C'est urgent pour tout le monde. Il faut attendre un peu on va s'occuper d'elle.

Moi: Madame on ne peut pas attendre plus longtemps. C'est le deuxième hôpital dans lequel je me rends et elle a perdu beaucoup de sang.

Infirmiere 2: Ah tu ne comprends pas quoi? On doit d'abord voir si y a la place et si un médecin est libre. Tous ceux qui sont assis tu crois qu'ils n'ont pas d'urgence? Il faut remplir le formulaire.

Moi: Mes mains sont prises.

Infirmière 1: Dépose la sur le lit sur le côté et tu viens remplir.

Moi: ...

Je fais ce qu'elle me demande sans grincher, sidéré par le fait qu'elles ne soient pas plus concernées que cela. C'est vrai que les salaires des infirmières laissent souvent à désirer mais est ce une raison? Comment peut on être aussi insensible face à la détresse des gens, comment peut on être aussi calme lorsqu'une vie est en jeu?

Infirmière 1: Il faut payer la consultation d'abord. On ne va pas la soigner cadeau hein.

Moi: je sais madame mais je n'ai pas de cache sur moi pouvez vous au moins vous occuper d'elle le temps que je retourne prendre des sous? Je paierai cache.

Infirmière: Vas prendre l'argent tu reviens.

Infirmière: Faut venir payer oh, c'est pas la charité. Apres c'est pour dire que vous n'avez rien quand on l'aura soignée.

Moi: Je reviens mais s'il vous plaît occupez vous d'elle!

L'une d'elles se déplace d'un pas lent pour disparaître quelques secondes plus tard. Cela ne devrait pas m'étonner. Vu la manière dont je suis vêtu ce soir elles doivent certainement se dire que je mens en disant que je vais payer plus tard. Et si je ne me dépêche pas de prendre des sous, elles risquent de faire n'importe quoi. C'est ainsi que cela fonctionne dans mon monde, c'est ainsi que cela fonctionne chez nous, ceux qui n'ont pas un salaire avec 7 chiffres au moins. c'est ainsi qu'on nous traite. C'est pour cette raison que je me bats chaque jour pour changer la donne, pour sortir de cette situation.

Je viens d'un monde dans lequel nous sommes obligés de foncer sur la moindre ouverture, de créer des opportunités pour survivre. Ici c'est la jungle: celui qui ne bouffe pas se fait bouffer. Victime ou prédateur, il n'y a que deux choix. J'ai fait le mien mais elle...et bien elle en paie les frais. Après avoir pris assez de sous, je reviens rapidement et elle n'est plus sur le lit où je l'ai laissée.

Moi: Elle est avec le médecin?

Infirmiere 2 en revenant: Oui! Le docteur partait même déjà.

Moi: Qu'est ce qu'il a dit? C'est grave?

Infirmiere: Moi comme toi je ne sais pas hein, il faudra attendre.

Je fais les cent pas espérant vraiment qu'elle s'en sorte. Pour la première fois depuis des années, je ne sais pas quoi faire. Rien n'est sous control, rien ne dépend de ma décision. Cela me fait peur, me fait réfléchir. Je prends mon téléphone et vois des appels en absence de plusieurs minutes. Je relance mais personne ne répond. Qu'est ce qui se passe?

J'ai envie d'y aller mais je ne peux pas la laisser toute seule. Ils seraient capable de l'abandonner quelque part si je ne suis pas ici. A cet instant, je suis dans un gros dilemme: rester ou partir? Ils ont besoin de moi, elle a besoin de moi, que faire? Je respire un gros coup. La vie aurait été tellement plus simple pour elle, si elle était restée à l'écart, si la vie l'avait guidée vers un meilleur chemin. Mais rien ne se passe jamais tel qu'on le voudrait et c'est dommage.

Il a fallu qu'elle tombe sur moi,

qu'elle tombe sur un homme tel que moi,

parmi les marginaux de la nuit...

Chapitre 1:

Pfff...pffff...allez deux de plus!

Je suis en train de pousser le fer, enfin fer de fortune quand j'entends un bruit derrière moi. Je dépose la barre et me redresse.

Moi à bout de souffle: Vas tranquillement remettre ce que tu as pris à sa place!

Lui: J'ai pris quoi?

Moi: Oh Aristide ne t'amuse pas avec moi ou je te vibre!

Aristide: Mais je ne sais pas de quoi tu me parles.

Moi: J'ai dit tu t'amuses avec moi je te vibre. Où sont les fap colos que j'ai laissés dans la chimbeule?

Aristide: Je ne sais pas je vais entrer dans ta chambre et prendre 5000 pour faire quoi? Tu ne me refuses jamais les miettes grand.

Moi: Donc c'est parti en brousse?

Aristide: Mais je sais pas grand!

Le petit là veut me rendre bête. Je vais dans sa chambre et regarde dans tous les recoins de son lit. Il n'a pas beaucoup d'endroits pour cacher ses affaires vu que la chambre est petite. Malheureusement je ne trouve rien. Ça me tend les nerfs, j'ai envie de prendre une clope et une galette chez le boutiquier. Pfff! Comme je n'ai pas de preuve, je zappe et sors de la maison. Oui il m'arrive de fumer quand je suis tendu. Ce sont mes poumons, je gère. Comment? Laissez ça je vous dis que je gère.

Au fait, Aristide c'est mon mbindi, mon petit frère. Il a 22 ans et il apprend à l'UOB. C'est un bon petit sauf dans certains moments comme maintenant. C'est vrai qu'il n'a pas l'habitude de me prendre de l'argent mais je l'ai déjà vu porter mes habits pour bouger au school. Techniquement c'est du vol non? Alors! S'il me vole les habits il peut me voler les miettes (argent). Vu que j'ai fini de transpirer, je vais prendre une douche avant de porter un jeans et un débardeur. Ma chaine au cou et ma mboko(timboko ou timberland) aux pieds, je sors de la maison.

Je bifurque dans la rue pour me rendre chez mes autres frères, de parents différents, mes combis de toujours, mes acolytes d'armes. Bref vous voyez un peu... Je les trouve dans le salon et ils me sourient en me voyant arriver en criant le C. Nous sommes chez l'un d'eux: Gringo de son vrai nom Arnaud Rekoula. Il vit chez son oncle depuis toujours, en fait depuis qu'il a quitté ses parents en province, une éternité. Le seul soucis c'est que la femme de son oncle ne l'aime pas beaucoup. C'était dur avant mais maintenant il n'a plus besoin d'eux, financièrement je veux dire donc c'est cool. De toute façon, il n'est à la maison qu'occasionnellement vu qu'il a toujours des trucs à faire.

Moi: Comment gringo?

Gringo: Laisse mani je suis trop High où tu me vois là.

Moi: High comment? Tu as encore pris le mbaki (chanvre) hein?

Gringo: Qui? Barat! (non)

Moi: Mais qu'est ce qui te rend high?

Gringo: La vie frangin la vie. Ou bien le ngue?

Le ngue: Mani moi je ne te suis même pas un peu. Je suis cassé vrai. .

Moi: Tu as encore fait quoi hier?

Le ngue: Rien justement, c'est ce qui me casse.

Moi: Ok top!

Le ngue: Mais tu as duré comme ça pourquoi?

Moi: C'est pas mon mbindi là? Il a take mes do.

Le ngue: Oh Aristide vole maintenant?

Moi: ...

Gringo: Il t'a take combien?

Moi: fap colos

Gringo: Oh les fap colos de la dame?

Moi: Ouais man!

Gringo: Toi tu es kinda hein, tu m'as donné ça non?

Moi: Quand?

Gringo: Quand je suis passé chez toi pour le truc de David et je n'avais pas le teuch (l'argent du taxi).

Moi: Ahhh oui c'est vrai. Mais mani faut toujours rappeler.

Gringo: Laisse ça! Tu voulais déjà accuser mon bon petit.

Moi: J'ai même failli le bastiller vrai.

Le ngue: Kiakiakiakia! Faudra t'excuser.

Moi: Ouais tranquille!

Le ngue: Bon c'est quoi le programme?

Moi: Charbo!

Le ngue: Encore?

Moi: Man c'est ça ou rien.

Le ngue: Ok, comme tu veux.

Gringo: Moi je suis partant. Y toujours le gain au charbo.

Moi: Top!

On perd le temps chez gringo en attendant la nuit. Ces gars je les connais depuis mon enfance. Nous avons tous évolué a SBG et les circonstances nous ont réunis. On a fait notre secondaire au lycée Jean Hilaire Aubame et dans toute la logique du monde, nous avons atterri à l'université. A un certain moment, nous avons du faire un choix pour payer nos études, un choix qu'on aurait pas eu à faire si on n'était pas des marginaux. J'ai toujours été celui qui prenait les décisions, celui qui organisait les deals. Quels deals? Vous le saurez ce soir...

Le ngue: Passe moi le paquet de clopes!

Moi: Tu n'as pas dit que tu arrêtes de fumer?

Le ngue: Dans quoi? Laisse ça on n'arrête pas brusquement, c'est un peu un peu.

Moi: Ta mater va encore craquer avec toi.

Le ngue: Genre?

Moi: En tout cas...

Je lui passe le paquet de cigarettes posé sur la tablette comme il me l'a demandé, après en avoir pris moi-même, et s'en allume une. Lil du Ngue aka le ngue de son vrai nom Lilian Nguema Vit avec sa mère et sa soeur qui techniquement n'est pas là. Etant l'homme de la maison depuis le décès de son père, il se devait de prendre certaines décisions importantes et s'assurer qu'elles auraient le minimum. Par exemple, c'est lui qui paie pour la license de sa petite soeur au Burkina Faso. C'est le moins qu'il puisse faire. Chacun a sa charge parmis nous: gringo a un fils vivant avec sa mère mais avec qui il a un contact régulier. Moi j'ai Aristide. Ma situation est assez semblable à celle de Lilian. Depuis que notre mère est décédée, c'est moi qui m'occupe de tout.

Vous vous demandez sûrement où est mon père. Je ne sais pas, J'ignore même s'il est en vie. Le seul parent qu'on ait jamais eu est ma mère mais elle est partie bien tôt suite à un problème de rhumatisme. C'est à cette période que j'entamais mon master. J'ai décidé d'arrêter et de me concentrer sur l'éducation d'Aristide. De toute façon BTS, licences ou master, j'aurais pas trouvé d'emploi facilement. J'ai bien déposé mes dossiers partout mais j'ai jamais eu de suite. J'ai tout de suite revu mes priorités et mes potes ont embarqué avec moi sur ce nouveau chemin. La seule chose qui me dérange est le temps et l'énergie que maman a mis pour que je sois un cadre de ce pays.

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C'est la vie qu'elle désirait pour nous mais il y a un grand fossé entre le rêve et la réalité. Elle n'a jamais su par quoi je passais pour obtenir mon diplome. Au primaire déjà je faisais beaucoup de paris dans des jeux qui normalement étaient enfantins. J'obtenais toujours un sandwich ou des pièces. J'étais bon. Au début c'était juste pour combler la faim qui me tiraillait le ventre lorsque maman n'avait pas assez pour nous nourrir. Mais plus je grandissais, plus les fournitures coûtaient cher et plus les besoins primaires étaient importants.

Maman se tuait dans son commerce de manioc et d'atangas mais ce n'était pas assez pour deux enfants. Je prenais en charge Aristide en lui faisant promettre de ne jamais rien lui dire. Du coup, maman avait un semblant de paix lorsqu'elle ne nous sentait pas mourant de faim ou simplement incapables de payer le transport. Au lycée, je continuais les jeux de paris. J'aimais particulièrement jouer avec les fils de riches parce qu'ils ne savaient pas jouer et perdaient facilement et surtout sans trop craquer, après tout c'était des miettes pour eux.

C'est d'ailleurs dans les jeux de cartes que j'ai fait la connaissance de Lilian et Arnaud. Au début, chacun jouait pour lui mais à force on a pris l'habitude de jouer mama (jouer en groupe dans un jeu de carte de telle sorte que ce soit l'un des alliers qui gagne). On aimait plus la garame parce que cela se jouait à 4 maxi et qu'on pouvait donc plumer un gars tous les trois, prétendant ne pas se connaitre.

Une bonne partie pouvait nous rapporter jusqu'à 20000 par jour, imaginez qui se remplissait les poches! C'est ainsi qu'on pouvait assurer nos besoins scolaires et d'autres types. Bref c'est en partie dans ce sens que j'ai pu payer mes études, on parlera du reste plus tard. Le seul à être allé jusqu'au master est Gringo vu qu'il avait plus de hargne que Lilian et moi qui avons abandonné a des niveaux en dessous. Je crois que c'est mieux qu'on ait arrêté vu que nous nous retrouvons tous dans le même lot de chômeurs de luxe. Bref vous avez une idée de qui nous sommes. Plus sur moi? Vous aurez le temps de mieux me connaitre. Rien ne presse.

Nicolette en entrant: Vous êtes bien installés dans mon salon vous n'avez rien à faire de vos vies?

Gringo: Comment la tantouze à niangoulé (dans la chaleur) comme ça tu nous parles fort?

Nicolette: Tchips! J'espère que vous n'avez pas fini ma nourriture hein.

Gringo: On n'a même pas touché

Nicolette: C'est bien.

Gringo: Tchips, bougeons dans la chimbeule (chambre)!

On fait ce qu'il dit sans jeter un regard à la tantouze. On pouvait s'assoir chez le boutiquier mais le temps est trop chaud, ça ne donne pas envie de sortir. On reste affalé à ne rien faire en attendant que la nuit tombe. Quand vient l'heure, Je reçois un appel sous les yeux méfiants de mes frangins. Le sourire que j'affiche est communicatif, ils savent que la voix est libre. Nous changeons nos vêtements et en une vingtaine de minutes, nous voilà au charbo.

Le ngue: Tu es certain qu'ils ont bougé?

Moi: Je t'ai dit qu'ils sont à une réception mani.

Gringo: Le ngue ne commence pas! On fait le truc et on dégage.

Le ngue: Ok!

Moi: Gringo, tu know non?

Gringo: Tranquille c'est la tour de contrôle. Au moindre battement je vous check.

Moi/Le ngue: Top

On rentre dans la concession avec la complicité du gardien qu'on prend bien soin d'attacher au cas où les proprios se demandaient ce qui se passe avec lui pour que les gens entrent chez eux sans permission. Quoi, les watch? Ah vous croyez qu'ils sont fiables à 100%? Laissez moi rire! Plusieurs méfaits sont organisés par les watchs (gardiens) pendant ou après qu'ils aient travaillé quelque part. Heureusement qu'ils n'ont pas de chien. La porte d'entrée est bloquée mais le gardien a pris la peine de laisser l'une des portes arrières ouverte. On entre par là et on scande la salle de séjour. Il y a plein d'objets de valeur par ici: écran-plats, oeuvres d'art, vases de collection etc mais nous ne sommes pas ici pour ça.

Le ngue: On fait quoi?

MOi: Suis moi c'est au fond du couloir!

La porte du bureau est fermée mais on l'enfonce sans grande difficulté. Voila ce qu'on cherchait. Une armoire en bois massif juste en face de nous. On l'ouvre et découvre des bijoux et du liquide. Je les ignore et me penche pour chercher ce qu'on est venu prendre: Jack pot! Le gardien n'a pas menti, il aura son soupé (sa part). On prend le tout plus le liquide et les bijoux dans nos deux sacs. En se déplaçant on découvre un coffre caché dans un coin. Je dépose mon sac et cherche un moyen de l'ouvrir mais c'est peine perdue.

Moi: Bon c'est bad, on bouge.

Le ngue: Y a peut être de l'argent dedans.

Moi: Oui mais on ne peut pas s'attarder ici et c'est impossible d'ouvrir le coffre en quelques minutes.

Le ngue: On peut chercher des outils pour le démonter, tu sais que je peux faire ça.

Moi: C'est long.

Alors qu'on sort pour aller retrouver Gringo, on passe sous un escalier et le bruit d'une arme qu'on charge se fait entendre dans la maison...

Quelques secondes passent...Le ngue veut me demander quelque chose mais je lui fais signe de ne rien dire avant qu'il n'ouvre la bouche. Un homme de carrure moyenne apparaît dans la pénombre, une arme dans ses mains et à cette vue mon coeur commence à battre à cent à l'heure. M*rde, m**de, m**de alors, c'était pas prévu ça. Il sort d'où d'abord?

Je m'appelle Celio Junior Tchibinda,

et quand vient le soir, mes ailes de marginal se déploient!

Chapitre 2 Chapitre 02

Chapitre 2:

Lui: Qui est là?

Le ngue/Moi: ...

Lui: Malick, MALICK!

Pas de réponses! Le monsieur a une voix bizarre, on ferait mieux de sortir avant qu'il ne soit trop tard. Le monsieur ne semble pas pouvoir bouger . J'aurais bien pu envoyer un message à gringo pour faire diversion mais c'est impossible de le faire sans attirer l'attention du monsieur sur nous par la lumière du téléphone. Il fait quand même un peu chaud dans cette maison. Plusieurs minutes passent pendant lesquelles le gars ne semble pas vouloir bouger du salon. Il vient à moins de deux mètres nous et je retiens ma respiration. L'escalier nous dissimule dans la pénombre mais il suffirait d'avoir une très bonne vue pour trouver les formes de nos corps suspectes.

J'ai envie de prendre les jambes à mon cou. Bah oui, nous ne sommes pas anti balles voyons! Il s'éloigne à pas lents de nous et alors que je commence respirer normalement, un bruit de message retentit sur le téléphone du ngue. Avec une maison pareille, difficile de ne pas l'entendre.

Moi: Sh*t! Démarrons!

Avant qu'il n'ait eu le temps de réaliser ce qui se passe, nous nous élançons vers la première porte de sortie que nous voyons, ayant juste le temps d'entendre le fusil détonner. Cela risque d'alerter tout le quartier. Il nous a ratés de peu. On dépasse Malick toujours attaché dans sa petite maison et j'ai le temps de lui faire un rapide signe de la main pour sa part plus tard, on en discutera après, il faut d'abord qu'on aille loin d'ici. En nous voyant courir, gringo détalle lui aussi:

Gringo sans s'arrêter: Mais comment les gars?

Le ngue: Laisse y avait un bax vite fait.

Gringo: Quel bax?

Moi: Courez d'abord on parle après.

On prend une montée que nous connaissons bien et je fais signe à un dénommé X pour lui dire que nous avons ce qu'il veut. Nous sommes assez loin maintenant pour ignorer ce qui se passe autour de la maison dont nous sommes sortis. Tapis dans l'ombre, personne ne peut nous localiser. X C'est un bon frangin avec qui je fais des affaires depuis. C'est d'ailleurs lui qui nour trouve des bons coins pour opérer en échange de quelques billets, disons beaucoup de billets mais nous aurons le temps de revenir sur X. Pour l'instant, on doit se disperser. Après avoir divisé le cache, chacun part avec un sac. J'en profite pour rejoindre X.

On se retrouve au coin habituel et je lui remets une chemise de couleur violette. Il ouvre et parcourt son contenu en souriant, Il est satisfait comme d'habitude. Il me remet le sac de sous que bien évidemment j'aurais à partager avec les autres. Je le rencontre toujours seul, question de prudence. Il n'est pas le genre à divulguer son identité n'importe comment. C'est d'ailleurs pourquoi on utilise ce nom de code.

X: Tu fais toujours du bon boulot Celio.

Moi: Mouais tu me connais.

X: Tes potes sont avec toi?

Moi: Partis avant moi.

X: Tu les salueras de ma part.

Moi: Sans soucis. Tu ne m'as pas fait signe pour le truc de la dernière fois.

X: C'est compliqué je te l'ai dit.

Moi: Je sais.

X: La question est est ce que je peux compter sur toi?

Moi: Je suis ton homme tu le sais.

X: Oui mais tu sais bien pourquoi je suis réticent.

Moi: Je peux montrer mon visage si c'est ce qui te préoccupe.

X pensif: Bon écoute je t'appelle demain.

Moi: Top!

X: Tu as des vestes?

Moi: J'en ai deux .

X: Des costumes cravate clean, commence à t'en procurer.

Moi: Ok!

X: à demain

Moi: Yep!

Vous vous demandez surement pourquoi je ne lui remets que des documents. Pour dire vrai, nous ne sommes pas des voleurs standards. Nous opérons sous commande et X est l'intermédiaire. On s'arrange toujours à maquiller le tout en braquage prenant un bonus en passant mais ce sont des choses précises que l'on va chercher: documents, puces électroniques etc bref des choses qui semblent valoir une fortune pour ceux qui le demandent. Par exemple aujourd'hui, il avait juste besoin de certains documents qui se trouvaient dans le bureau et je viens de les lui donner. Ce qu'ils contenaient ne m'intéresse pas. Moins de questions, moins de soucis.

On se serre les mains avant que je ne prenne une autre direction pour rentrer chez moi. Le lendemain soir à la même heure je me retrouve avec les gars dans un coin tranquille, celui ou on fait le point d'habitude. Ils sont occupés à évaluer ce qu'on a pris comme bijoux. Cela fera un bon petit pactole. Je leur donne leur part et chacun met son sac au dos.

Moi: Les gars j'ai la dalle.

Gringo: Moi aussi

Le ngue: On va trouver à bouffer dans quel coin?

Gringo: Moi je veux take les nike.

Le ngue: Ou des cheese

Moi: Dans quoi?

Le ngue: tu prends ce que tu veux frère moi je buy mon cheese.

Moi: Top, on dépose tout chez moi donc

Vu que je suis le plus proche de la route, on dépose la marchandise chez moi avant de nous rendre au quartier populaire Louis pour manger un morceau. J'ai pas de nourriture chez moi donc on va faire court. Gringo et moi prenons des sandwichs tandis que Le ngue mange son cheese burger comme prévu.

Le ngue: Ton type devient chiche hein!

Moi: Comment chiche? C'était même pas difficile.

Le ngue: ouais mais quand même 200000 c'est rien, surtout pour des documents importants.

Gringo: Tu as vu ce qui était dedans?

Le ngue: Non mais tu ne paies pas des gars pour voler des documents chez un particulier si c'est pas très important.

Gringo: Ah si tu le dis.

Moi: ...

Le ngue: Ou bien celio?

Moi: Hum?

Le ngue: Tu es ailleurs.

Moi: Tchips! Je niama (mange).

Le ngue: Le niama ne fuit pas.

Moi: Bon ce qui était dans les documents ne nous regarde pas. On fait ce pourquoi on nous paie.

Gringo: Bon Il faut qu'on base les bijoux.

Moi: Top! Bonne chance!

Le ngue: la gare matingo mani

Gringo: Easy il sera sur place.

Le ngue: Tu lui fais ça cher, tu aimes trop te faire bouffer toi là.

Gringo: Qui toi tu peux baser comme moi?

Le ngue: Tchips! Bon moi je rentre avec Celio

Moi: J'ai besoin d'être seul.

Le ngue: Reste dans ta chimbeule!

GRingo: Si si

Le ngue: Ton petit est où même?

Moi: A l'univ

Gringo: C'est mieux, bon bougeons!

On arrive vite chez moi et on va faire un peu de muscu en discutant. J'ai eu 500000 contrairement aux autres. Bah ouais, c'est moi qui trouve les transactions donc y a pas de discussion possible. Ce sont certes mes frères mais en business on garde les pieds sur terre et évidemment ils sont au courant, je cache rien. De plus, la seule chose que je partage dans les bonus qu'on peut avoir dans les lieux d'opération, c'est le cash. Tout autre butin comme les bijoux qu'on a pris hier par exemple leur revient et ils en font ce qu'ils veulent.

Aux aurores je les laisse là et vais dans un bon pivot que je maîtrise pour acheter deux costumes et une ou deux chaussures noires et classes. Je profite pour prendre des cravates. Vu que j'ai un bon nombre de chemises que je réserve pour les grandes occasions, je n'en prends pas. Oui les voleurs portent aussi les costumes, mais vous me prenez pour qui? Je suis voleur par défaut. Bon écoutez je ne vais pas débattre avec vous.

_: Celio! Celio!

Je me retourne pour tomber sur un oncle, Boniface, le frère de maman. Cela fait un moment deja que je n'ai plus de nouvelles d'aucun membre de ma famille. Je me rappelle que lorsque ma mère était encore en vie, il passait beaucoup chez nous. Maintenant tout est vide mais cela m'arrange en quelque sorte.

Moi: Bonjour oncle Boniface!

Oncle B: Ça va mon fils?

Moi: On se plaint pas.

Oncle B: Et Aristide?

Moi: Il va bien!

Oncle B: Je l'ai vu la dernière fois dans les mouvements de grève. Il casse les voitures maintenant?

Moi: Je pense pas non.

Oncle B: Comment tu ne penses pas? Il était dehors avec les autres et participait.

Moi: Il ne fait pas ce genre de choses.

Oncle B: Donc j'ai mal vu?

Moi: Sûrement oui

Il me dévisage sans rien dire, coupé dans son élan. Je vois de suite ce qu'il veut faire: prouver que nous avons besoin d'une autorité parentale et plus particulièrement masculine chez nous pour bloquer les bavures. Je sais qu'il m'en veut toujours pour la réunion après le décès de maman. Il avait proposé qu'Aristide et moi restions avec lui afin qu'il place des locataires chez nous et que les revenus nous aident dans nos différentes activités. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, j'ai tout de suite déclaré qu'on pouvait se débrouiller et aussi que je pouvais faire des petits boulots pour m'occuper de la famille.

Cette idée n'a plu à personne mais vu que maman m'a fait surveiller les affaires de la maison très tôt et qu'elle est à notre nom, personne ne pouvait vraiment en faire un drame ni nous imposer quoi que ce soit. Les orphelins sont souvent des laissés pour compte qu'on dépouille de tout mais je ne suis pas le genre sur lequel on marche facilement.

Oncle B: Bon moi je me rendais à la SEEG, ils ont encore bougé les cables avec leurs travaux.

Moi: D'accord!

Oncle B: Ton sac est rempli y a quoi dedans?

Moi: Des petits trucs pour porter.

Oncle B: Les enfants de ma soeur vous avez l'argent hein!

Moi: On se débrouille tonton.

Oncle: Hum! Tu veux que je t'avance?

Moi: J'ai encore quelque chose à prendre merci.

Oncle B: D'accord!

Moi: Au revoir tonton

Oncle B: Au revoir mon fils!

J'attends qu'il soit assez loin pour bouger chez un de mes types pour les chaussures. Vu que j'ai toujours en tête ce que je veux, le choix n'est jamais difficile. D'ailleurs c'est pas trop mon truc trainer dans les endroits publics à longueur de journée. Moi je suis un de la nuit, discrêt, un oiseau nocturne. Une fois que j'ai eu gain de cause, je retourne. Les deux là ont du bouger depuis longtemps.

Pour les sous c'est pas un soucis, ce sont les dernières personnes que je pourrais soupconner de vouloir me dérober quoi que ce soit. Bah ouais, c'est pas parce qu'on dérobe ailleurs qu'on le fait entre nous, non c'est la famille.

Aristide: Celio!

Moi en entrant: Ouais petit!

Aristide: Tu peux me trouver des sous s'il te plait?

Moi: Pour faire quoi?

Aristide: C'est pour le school.

Moi: Combien?

Aristide: 20000

Moi: Mon petit tu penses que je chie le do?

Aristide: Tu sais que si c'était pas important je ne devais pas demander.

Moi: Ouais on va voir ce que je peux faire.

Aristide en souriant: merci!

MOi: Mais faut pas que ca devienne une habitude. Et je t'ai déjà dit que le lavage de Koli cherchait quelqu'un.

Aristide: je sais. J'ai demandé ils ne prennent pas les gabomas.

Moi: Pourquoi?

Aristide: Je sais pas grand.

Moi: Gringo et Le ngue sont là?

Aristide: Non ils sont partis. Ils ont dormi ici?

Moi: Ouais pourquoi?

Aristide: Non non!

Moi: Tu as quel bax avec gringo et Le ngue?

Aristide: Aucun c'est juste les gens du quartier disent souvent des trucs sur le ngue.

Moi: Des trucs comme quoi?

Aristide: Genre c'est un feman grand. Regarde moi je ne suis pas dans le kongossa tu vois non? Mais vrai vrai c'est pas une seule personne que j'ai capté en train de parler de lui.

Moi: C'est tranquille! Ne fais pas attention! Le ngue c'est ton grand.

Aristide: Ok! Tu vas à Owendo aujourd'hui?

Moi: Non j'attends un appel de mon chef mais je vais ressortir bientôt. Quand tu bouges jette la clé à l'intérieur!

Je m'apprête à aller dans ma chambre quand le petit me rappelle les 20000 dont il a besoin. Je me débarrasse de lui en les lui remettant et m'installe tranquillement sur mon lit, pensant à ce qu'Aristide m'a dit. S'il savait! Il pense que je suis un honnête citoyen, travaillant à Owendo comme technicien de maintenance. Bon en temps normal ce job irait avec ma formation mais comme vous le savez dans la zone vert jaune bleu c'est pas donné de trouver du boulot.

Il n'a jamais pu se douter de quoi que ce soit vu que je suis un bon menteur et que mes horaires de travail sont supposées être flexibles. Lorsque je ne rentre pas le soir, je suis chez un collègue habitant non loin du lieu de travail. Pas plus simple que cela. Le fait qu'il ait une chambre à l'UOB rend les choses deux fois plus faciles. Vu que je ne suis pas très dépensier, c'est facile pour moi de cacher mes activités. Au début, je faisais croire à ma famille que l'argent que j'utilisais venait de maman, mais lorsqu'elle est décédée j'ai du trouver une autre excuse.

Ma discrétion vient aussi du désir de ne pas être découvert: pas de dépenses inutiles, pas de gadgets trop frappe à l'oeil. Je suis le prolétaire standard contrairement à gringo et au ngue. Le ngue je peux comprendre que la vie de sa soeur à l'étranger lui revienne assez chère malgré les petits business qu'elle a sur place et que cela éveille des questions, mais il est aussi très friand dans beaux articles: portables dernier cri, baskets coûteuses, vêtements tendance etc. C'est difficile pour les gens de savoir comment il fait pour se les procurer. Gringo lui est plus le gars des bars: il peut se lever un soir et assurer pour tout le monde, incitant les gens comme Nicolette à se demander d'où sort l'argent.

Les gens observent et les rumeurs se créent. Je leur conseille souvent de se faire tout petits mais bon chacun vit sa vie et je ne vais pas leur imposer quoi que soit, du moment que je suis dans l'ombre. Moi mes sous je ne les dépense qu'en cas d'urgence, sinon presque jamais. D'ailleurs je les compte chaque fin de mois. J'ai mon projet en tête, ce que je ferai quand la somme sera conséquente. Je disparaîtrais de ce trou à rats...

La sonnerie de mon motorola V3 me sort de ma réflexion et je souris en constatant un appel de X.

Moi: Ouais!

X: Ce soir à l'endroit habituel. Je viendrai avec ma voiture.

Moi: Le programme?

X: On parlera en route.

Moi : Ok à ce soir!

Click!

Je m'assoie au bord du lit, frotte mes mains doucement et regarde ma tenue accrochée au cintre, juste au dessus de mes chaussures de ville et je m'allonge sur mon lit...

...en attendant que vienne le soir.

Chapitre 3 Chapitre 03

Chapitre 3:

X: Tu es venu seul?

Moi: J'ai suivi les instructions.

X: Bon on y va, monte!

On monte tous les deux dans son véhicule. Pour l'instant j'ignore encore quel genre de transaction je dois faire. On arrive rapidement à la douane maritime et X me laisse dans le véhicule pendant une bonne demi heure. Il revient accompagné d'un monsieur qui monte avec nous. X me présente à lui en disant que désormais ce sera avec moi qu'il parlera pour les transactions.

Nous roulons un petit moment avant d'arriver dans un hangard où je peux apercevoir quelques voitures, de loin. On dirait un garage. Je descends, suivant les instructions de X et nous marchons jusqu'au niveau d'une mercedes classe E et d'un murano dernière série. Belle brochette!

X: C'est pas ce qui était convenu.

Le monsieur: Ecoute, je transmets juste. S'il y a un soucis, il faut voir avec tes contacts de l'autre côté.

X: Je les appellerai.

Le monsieur: Ok!

X: Tu peux y aller.

Le monsieur reçoit une enveloppe et mon numéro avant de s'éclipser . X me demande de contacter mes éléments pour le transport des véhicules. Heureusement, qu'on sait tous conduire. Je m'éloigne pour passer l'appel le laissant inspecter les voitures. En revenant, je le trouve lui aussi au téléphone et il raccroche avant que je ne puisse capter quoi que ce soit.

X: Bon écoute, voici le boulot. Tu recevras des appels du monsieur chaque fois qu'il y aura des voitures à récupérer. Vu que la plupart du temps il y aura plus d'un véhicule, tu auras besoin de tes amis pour circuler. Tu verras avec eux et leur expliqueras ce qu'ils doivent savoir. Comme tu le sais je m'absente souvent et j'ai vraiment besoin que les véhicules soient livrés à temps.

Moi: On fait quoi avec les véhicules exactement?

X: Rien de bien difficile. On t'appelle, tu viens chercher les véhicules, tu te rends au lieu qu'on t'indiquera pour les livrer.

Moi: Pourquoi ils ne les prennent pas directement au port?

X: Parce qu'ils passent par nous pour obtenir les voitures en question. On a des contacts à la douane et à l'étranger. C'est plus facile.

Moi: Je vois.

X: bon je file avant que tes amis ne se pointent ici. J'ai encore quelques appels à passer et tu sauras dans un heure au trop où te rendre.

Moi: Ok! C'est tout?

X: ouais!

Moi: C'est pas difficile comme boulot.

X: Oui, c'est très simple. Le plus dur est de ne pas perdre le véhicule.

Moi: Cest pas une clef que je sache.

X: Je compte sur toi.

Il prend congé de moi et me remet la moitié de la somme en attendant que je transmette bien le coli. Les frangins arrivent avec un plat de brochettes que je leur ai demandé de prendre en venant vu qu'on aura un petit temps ici. On s'installe pas loin de là et on mange notre nourriture correctement. Une sonnerie nous tire de notre silence.

Le ngue: ouais allo...hein?...Comment tu m'attends je t'ai dit quoi?...Non j'ai pas de temps tout de suite...ouais, ouais! Pu**n tu fais ch*er Lea je te dis que je peux pas c'est quoi ton soucis?...Bon bye!

Click!

Moi: Elle veut quoi?

Le ngue: Elle pense qu'elle peut faire ses ways d'enfant gâtée là avec moi.

Gringo: Tu fais quoi avec elle?

Le ngue: C'est un bon biz tu ne know rien toi.

Gringo: Donc tu zappes Cassandra?

Le ngue: Quel seince? Je ne peux jamais zapper Cassandra.

Moi: En tout cas c'est ton bax.

Gringo: Le ngue c'est un mougou.

Le ngue: Toi tu es un rigolo.

Gringo: Bon pourquoi tu restes avec une nga qui veut te monter dessus?

Le ngue: Elle veut, est ce qu'elle me monte dessus?

MOi: SI elle veut c'est bad frangin.

Le ngue: Laisse je gère.

Gringo: Là elle voulait quoi?

Le ngue: Sa grande soeur veut me toli.

Gringo: Dans quoi?

Le ngue: Je sais quoi?

Moi: Tchips distraction!

Gringo: Vrai vrai! Mais au fait Celio ton type là dure hein.

Moi: Quand tu auras ton gain tu ne verras plus qu'il dure.

Le ngue: loooool

On se chahute un peu pendant une heure supplémentaire avant que X ne me rappelle. On se rend au lieu indiqué et personne ne se pointe avant un petit bout de temps. Ils sont deux dans une voiture et nous regardent longuement.

L'un d'eux se dégage et je fais de meme. On vérifie nos identités (enfin nos codes) et ils vont inspecter les voitures. Lorsqu'ils finissent, celui qui est aux commandes passe un appel et ils s'éloignent avec les véhicules sans demander leur reste, non sans nous avoir remis un sac.

Gringo et le ngue prennent le taxi pour rentrer tandis que je retourne au hangar recontrer X. Il est apparemment satisfait de la transaction et me demande comment cela s'est déroulé. Je lui relate les faits sans trop tirer et il se contente de hocher la tête.

Moi: c'est pas seulement une affaire de véhicules n'est ce pas?

X: Mais si voyons!

Moi: Si tu ne veux rien dire c'est ok pour moi mais ne me prends pas pour un idiot!

X: Ok! C'est vrai il y a autre chose. Mais tu ne dois rien faire d'autre que les transporter d'un point A à un point B sans rien toucher, sans rien déplacer.

Moi: C'est suffisant comme information.

X: Vous aurez besoin d'une voiture.

Moi: Pour quoi faire?

X: Vous vous déplacez la nuit et le plus souvent vous aurez de l'argent sur vous. Je ne trouve pas prudent de prendre le taxi.

MOi: Tu proposes quoi?

X: Ecoute je vais te donner les clés d'un des véhicules du hangar. Normalement je te le donne pour les transactions mais comme je te fais confiance tu pourras le conduire comme tu veux. Fais juste attention à ne l'utiliser que le soir vu que tu ne veux pas attirer l'attention.

Moi: D'accord mais la voiture restera ici au hangar.

X: Comme tu voudras.

On discute de certains détails et je rentre chez moi aux environs de minuit avec mon sac au dos. Je contacte les gars pour qu'ils viennent chercher leur part, ce qu'ils ne tardent pas à faire. On recoit un peu plus ce soir, ce qui ne me dérange pas le moins du monde. X m'a fait comprendre que nous le ferons au moins une fois chaque mois et que nous devrons être disponibles.

Cette nouvelle activité fait beaucoup plus simples que les braquages premièrement parce que entrer chez les gens la nuit c'est assez dangereux et deuxièmement parce qu'à long terme ça peut salir mon casier judiciaire. On verra avec le nouveau boulot. C'est pas bien? Bah j'ai un petit frère sous les bras et je suis sans travail avec toutes les responsabilités d'un chef de famille. Vous pensez ce que vous voulez de mes activités mais c'est ce qui paie les factures. Je dors sur mes deux oreilles.

Je m'endors rapidement apres une bonne douche et me réveille comme pratiquement tous les jours à quatre heures du matin. Je sors pour profiter de l'air frais et pour fumer une clope quand j'entends un bruit à quelques mètres de chez moi.

: au secours oooh! Au secours!

C'est encore quelle maboule fille qu'on agresse là? Au lieu de rester chez toi tranquille, tu te balades la nuit dans un coin pareil. En tout cas, c'est pas mon problème. Je finis ma clope et la jette au loin avant de retourner dans la maison. Qui est fou? S'ils sont 5 là-bas je vais faire quoi? Enlevez moi le name je ne suis pas dedans!

Je vais allumer la radio en attendant que le jour se lève, toujours les mêmes faux programmes. Bref je cherche une chaine de musique et je m'y attarde. Je ferme furtivement les yeux et m'allonge. A 6h je quitte le fauteuil pour marcher un peu. A quelques pas du boutiquier je trouve un attroupement autour de je ne sais quoi.

: Comment les gens peuvent être aussi cruels?

: Elle était enceinte hein!

: Mais emmenez la à l'hôpital au lieu de beaucoup parler!

: Mon fils, soulève ta soeur tu la mets dans ma voiture on va l'emmener chez le docteur.

Moi: Pardon?

Ce n'est qu'à ce moment que je réalise qu'il s'adresse à moi. A vrai dire mon visage était concentré sur la fille qui git au sol, enfin dans le caniveau, inconsciente. Elle porte des vêtements affriolants presqu'en lambeau et ses cheveux sont ébouriffés. C'est certainement la fille que j'ai entendue plus tôt. Je me rapproche pour la porter et remarque que ses yeux sont légèrement ouverts. Je balance rapidement ce petit sentiment de culpabilité qui veut me prendre la tête. Je fais ce que le monsieur me demande et la mets sur la banquette arrière du clando. Ils démarrent dans un bruit abominable, preuve de l'ancienneté du véhicule.

Une dame: Les gens n'ont plus peur de Dieu oh!

Une autre dame: Je te dis, agresser l'enfant d'autrui comme ça.

_: Mais elle aussi faisait quoi dehors ?

Bonne question! Si tu es partie t'amuser, attends même le jour pour rentrer! Les jeunes d'aujourd'hui vraiment. Oui je suis jeune moi aussi mais ça ne se voit pas. Du haut de mon mètre 85 et en regardant ma corpulence, on trouverait difficilement mes 28 bougies. La plupart du temps, on me donne la trentaine. Mais assez parlé de moi!

C'est pas que je m'en fous mais j'aime pas trop les rassemblements, trop de conversations inutiles. Je me rends au campus pour déposer des sous à mon petit. Je cogne à sa porte et il demande qui c'est.

Moi: Petit fais vite!

Aristide: Oh grand!

Un vacarme se suit avant que je ne vois mon petit sortir sa tête par la porte entrouverte tout sourire, croyant que je suis né hier. Il est torse nu et me semble un peu gêné. Qu'est ce qu'on n'a jamais vu dans Libreville?.

Moi: Dis à la go qui est dedans que ton grand est ici et qu'elle peut passer plus tard.

Aristide: oooh comment grand! Quelle petite?

Moi en le fixant: ...

Aristide en grattant sa tête : En fait...

Il sort de la chambre et m'explique que c'est une fille qu'il fréquente depuis pas mal de temps et que ce serait un peu déplacé de la chasser en ce moment. Il me demande d'attendre un moment et retourne mettre un t-shirt pour qu'on discute dehors.

Moi: Est ce que tu te protèges?

Aristide: ohhhh!

Moi: Dis moi!

Aristide: Elle, elle est sérieuse grand.

Moi: Pourquoi tu es maboule comme ça? Donc c'est marqué sur le visage qu'on est malade?

Aristide: Non mais quand même on se connait et...

MOi: Donc vous ne vous protégez pas?

Aristide: Si...si

Moi: Vous vous êtes toujours protégés?

Aristide: en fait...

Moi: Ça veut dire non. On bouge faire les tests de dépistage cette semaine. J'ai pas envie de mettre mon gain dans les causes perdues.

Aristide: Donc si je suis malade, je deviens une cause perdue?

Moi: Tu penses que la vie c'est la blague? Si tu as le VIH je ne te paie plus les cours.

Aristide: C'est arrivé là-bas grand?

Moi en lui remettant une enveloppe: Tiens, c'est ce que je suis venu te remettre. Prie pour que ça ne soit pas ton dernier cachet.

Aristide: Mais bon supposons que j'aie le VIH. Rien ne prouve que ça vient des rapports.

Moi: C'est pas mon bax petit, je t'appelle pour le rendez-vous à l'hosto.

Je le laisse et prévois de rentrer lorsque j'entends quelqu'un parler dans mon dos.

_: Oh toi, viens un peu ici!

Les gens n'ont plus peur dans Libreville!Je continue de marcher comme si de rien n'était et j'entends des pas derrière moi. Ils doivent être deux. Lorsqu'ils arrivent à mon niveau, l'un d'eux me dévisage et ralentit le pas, comme s'il changeait d'avis.

Lui: Mon frère tu es nouveau ici?

Moi: Non!

Lui: Ah excuse hein je t'ai confondu à quelqu'un d'autre.

Moi: Pas de pb.

Ça doit encore être des gars qui embêtent les nouveaux dans les universités. En tout cas ils savent avec qui ils font leurs bassesses. Une fois à la maison, je déplace pour entrer, vais dans un coin à l'arrière. Un début de soubassement trône à cet endroit, me rappelant la petite cuisine que maman voulait construire. J'avance encore un peu avant de déplacer un grand bloc de ciment et sourit comme à chaque fois.

L'objet de mon intérêt est bien en place...

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