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Quand le Sang Trahit

Quand le Sang Trahit

Auteur:: Sweet Dream
Genre: Moderne
Ma meilleure note au Baccalauréat blanc. La porte des Beaux-Arts s'ouvrait enfin. Un immense soulagement, la promesse d'une nouvelle vie. Mais cette joie a viré au poison pour ma cousine Chloé, qui avait raté ses épreuves. Le dîner familial a basculé : mon oncle Jean-Pierre, aveuglé par la douleur et la jalousie de sa fille, m'a hurlé dessus, m'accusant d'arrogance. Pire, ils m'ont traînée jusqu'à la cave à vin, froide et humide, malgré mon asthme sévère. "Pour réfléchir", ont-ils dit avant de partir pour le week-end, me laissant seule, suffoquant dans l'obscurité. La crise est arrivée, violente. Mon oncle, au bout du fil, a nié ma souffrance, m'a forcée à lui envoyer des photos de mon portfolio pour Chloé. Puis, l'horreur: la concierge, payée, a bloqué la ventilation. Abandonnée, trahie par ceux qui se disaient ma famille, je me suis sentie mourir. Cette cruauté n'était pas un accident mais une machination. Pourquoi tant de haine ? Comment ma propre chair, mes parents de substitution, pouvaient-ils vouloir ma mort ? Dans un dernier acte désespéré, j'ai composé le 17. Je ne savais pas que cet appel allait non seulement me sauver la vie, mais aussi déclencher une implacable quête de justice, faire voler en éclats le masque de ma "famille" et me permettre de renaître de mes cendres, loin d'eux.

Introduction

Ma meilleure note au Baccalauréat blanc. La porte des Beaux-Arts s'ouvrait enfin. Un immense soulagement, la promesse d'une nouvelle vie.

Mais cette joie a viré au poison pour ma cousine Chloé, qui avait raté ses épreuves. Le dîner familial a basculé : mon oncle Jean-Pierre, aveuglé par la douleur et la jalousie de sa fille, m'a hurlé dessus, m'accusant d'arrogance.

Pire, ils m'ont traînée jusqu'à la cave à vin, froide et humide, malgré mon asthme sévère. "Pour réfléchir", ont-ils dit avant de partir pour le week-end, me laissant seule, suffoquant dans l'obscurité. La crise est arrivée, violente. Mon oncle, au bout du fil, a nié ma souffrance, m'a forcée à lui envoyer des photos de mon portfolio pour Chloé. Puis, l'horreur: la concierge, payée, a bloqué la ventilation.

Abandonnée, trahie par ceux qui se disaient ma famille, je me suis sentie mourir. Cette cruauté n'était pas un accident mais une machination. Pourquoi tant de haine ? Comment ma propre chair, mes parents de substitution, pouvaient-ils vouloir ma mort ?

Dans un dernier acte désespéré, j'ai composé le 17. Je ne savais pas que cet appel allait non seulement me sauver la vie, mais aussi déclencher une implacable quête de justice, faire voler en éclats le masque de ma "famille" et me permettre de renaître de mes cendres, loin d'eux.

Chapitre 1

Le message de l'Éducation Nationale est arrivé sur mon téléphone à 18h02. Meilleure note de l'académie au Baccalauréat blanc. Un soulagement immense m'a envahie. La porte des Beaux-Arts s'entrouvrait.

J'ai descendu les escaliers, le cœur léger, pour rejoindre le dîner.

Mon oncle Jean-Pierre, ma tante Isabelle et ma cousine Chloé étaient déjà à table. Le silence était lourd. Le visage de Chloé était fermé, ses yeux rouges.

Elle avait raté ses épreuves.

« Alors, Amélie ? » a demandé ma tante d'une voix sans chaleur.

« J'ai eu les résultats. C'est... c'est bien. »

Je n'ai pas osé en dire plus. Mais mon léger sourire a suffi.

Le poing de Jean-Pierre s'est abattu sur la table. Les verres ont tremblé.

« C'est bien ? Tu te vantes, c'est ça ? Tu nargues ta cousine ! »

Sa voix était un grondement. Je me suis figée.

« Non, oncle Jean-Pierre, je... »

« Tais-toi ! » a-t-il hurlé. « Tu n'as aucune décence ? Chloé souffre, et toi, tu pavanes ! »

Isabelle a posé une main réconfortante sur le bras de sa nièce. « Ma chérie, ne l'écoute pas. »

Puis, se tournant vers moi, son regard était glacial. « Tu es arrogante, Amélie. Toujours à vouloir écraser les autres. »

Chloé a éclaté en sanglots. Des larmes de crocodile que je connaissais trop bien.

« C'est de ma faute, » a-t-elle gémi. « Je suis nulle. Je ne vaux rien à côté d'elle. »

La culpabilité sur les visages de mon oncle et de ma tante s'est transformée en fureur contre moi. La vieille histoire, toujours la même. Leurs parents, la sœur d'Isabelle, morts dans cet accident de voiture. Ils venaient leur rendre un service. Un service pour moi, indirectement.

Jean-Pierre s'est levé d'un bond. « Tu vas apprendre le respect. »

Il m'a attrapée par le bras, sa poigne était de fer.

« Jean-Pierre, non ! » a murmuré Isabelle, mais sans conviction.

Il m'a traînée hors de l'appartement, dans le couloir glacial du vieil immeuble haussmannien. Il a déverrouillé une lourde porte en bois.

La cave à vin.

Une odeur de moisi et d'humidité m'a immédiatement pris à la gorge. Ma poitrine s'est serrée. Mon asthme.

« Tu vas passer la nuit ici. Pour réfléchir. »

« Mon oncle, s'il vous plaît, » j'ai suffoqué, cherchant mon inhalateur dans ma poche. « Je ne peux pas... l'humidité... »

Il m'a poussée à l'intérieur. La lumière blafarde de l'escalier éclairait des murs suintants et des toiles d'araignées.

« Ça te fera les pieds. »

La porte s'est refermée dans un bruit sourd. Le cliquetis du verrou a sonné comme une condamnation.

J'ai entendu leurs pas s'éloigner, puis la porte de l'appartement claquer. Quelques minutes plus tard, le bruit de leurs valises roulant sur le parquet.

Ils partaient pour le week-end. Dans leur maison de campagne. Celle qu'ils avaient achetée pour que Chloé puisse "se détendre" avant le vrai Bac.

Ils m'avaient oubliée.

Chapitre 2

L'air était lourd, saturé de spores de moisissures. Chaque inspiration était une lutte. Ma respiration devenait un sifflement aigu. La crise d'asthme, violente, inévitable, me prenait.

Je me suis recroquevillée sur le sol en terre battue, cherchant désespérément de l'air. Mon inhalateur était presque vide. Une bouffée. Deux. Le soulagement était minime, temporaire.

Des heures ont passé. Mon téléphone a vibré dans ma poche. C'était lui. Jean-Pierre.

Un espoir fou m'a traversé. Il s'en souvenait. Il regrettait.

J'ai décroché, ma voix un râle. « Oncle... »

« Arrête ta comédie, Amélie. »

Sa voix était dure, sans aucune inquiétude.

« Chloé vient de me dire. Tu te plains, tu fais semblant d'étouffer. Elle m'a assuré que la cave est parfaitement saine. Température agréable, pas d'humidité. »

Un mensonge. Un mensonge si cruel.

« C'est... c'est faux, » j'ai réussi à articuler. « Je... je ne peux pas... respirer. »

« Assez ! » a-t-il coupé. « Tu ne vas pas t'en tirer comme ça. Tu vas être utile. Chloé a besoin d'inspiration pour son dossier d'art. Tu vas prendre en photo chaque page de ton portfolio et les lui envoyer. Tout de suite. »

Mon portfolio. Mon seul trésor. Mon billet pour les Beaux-Arts.

« Mais... il est dans ma chambre. »

« Je sais. La clé de la cave est sur le compteur électrique, à côté de la porte. Tu montes, tu prends les photos, tu les envoies, et tu retournes dans la cave. Si tu tentes quoi que ce soit, ou si je n'ai pas les photos dans une heure, je demande à Madame Dubois de monter et de brûler ton portfolio. C'est clair ? »

Madame Dubois. La concierge. Elle me connaissait depuis que j'étais enfant. Elle ne ferait jamais ça.

La menace était absurde, mais la haine dans sa voix était réelle.

Il a raccroché.

La nausée m'a prise. Pas seulement à cause du manque d'air, mais à cause de leur cruauté. Ils ne m'avaient pas oubliée. C'était pire. Ils continuaient de me punir, même à distance.

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