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Quand l'Amour Guérit

Quand l'Amour Guérit

Auteur:: Seraphina Quick
Genre: Moderne
Les deux lignes roses sur le test de grossesse s' affichaient avec une clarté presque violente. Amélie Dubois, le visage impassible, venait de jeter l' objet dans la poubelle et de composer le numéro de son avocat : « Préparez les papiers du divorce. Oui, maintenant. » C' est alors que son mari, Marc, l' a appelée, sa voix glaciale : « Quoi encore ? Je suis à l' hôpital. Sophie a eu une petite crise. Ne me dérange pas pour rien. » Sophie. Toujours Sophie, sa sœur jumelle, sa précieuse, sa seule raison de vivre, tandis qu' elle-même n' était qu' un fantôme dans sa propre maison, une source de financement et la cible des moqueries. Mon cœur n' exprimait ni joie ni surprise, seulement la tranquillité de celle qui vient d' atteindre le but final. Ce mariage n' avait jamais été une union d' amour, mais un contrat : elle, son argent ; lui, un moyen d' avoir un enfant qui ressemblerait à Louis, son premier et unique amour, le jumeau identique de Marc, mort cinq ans plus tôt. C' était une idée folle, obsessionnelle, ce petit morceau de Louis qu' elle pourrait aimer et protéger pour toujours. Quelques jours plus tard, Marc est rentré et l' a traînée à l' hôpital pour sa sœur. Elle a exigé sa montre, la dernière chose que Marc avait achetée avec Louis, une relique. Plus tard, à un gala de charité, Sophie a révélé la nature de son mariage, se moquant de sa « sainte » obsession tout en la manipulant. Poussée dans les escaliers par Marc, enceinte mais ignorée, elle s' est retrouvée seule, avant de se dire que « L' homme que j' aime est mort il y a longtemps. » Marc, lui, a hurlé : « De qui parles-tu ? » Et j' ai pensé : la fin est proche.

Introduction

Les deux lignes roses sur le test de grossesse s' affichaient avec une clarté presque violente.

Amélie Dubois, le visage impassible, venait de jeter l' objet dans la poubelle et de composer le numéro de son avocat : « Préparez les papiers du divorce. Oui, maintenant. »

C' est alors que son mari, Marc, l' a appelée, sa voix glaciale : « Quoi encore ? Je suis à l' hôpital. Sophie a eu une petite crise. Ne me dérange pas pour rien. »

Sophie. Toujours Sophie, sa sœur jumelle, sa précieuse, sa seule raison de vivre, tandis qu' elle-même n' était qu' un fantôme dans sa propre maison, une source de financement et la cible des moqueries. Mon cœur n' exprimait ni joie ni surprise, seulement la tranquillité de celle qui vient d' atteindre le but final.

Ce mariage n' avait jamais été une union d' amour, mais un contrat : elle, son argent ; lui, un moyen d' avoir un enfant qui ressemblerait à Louis, son premier et unique amour, le jumeau identique de Marc, mort cinq ans plus tôt. C' était une idée folle, obsessionnelle, ce petit morceau de Louis qu' elle pourrait aimer et protéger pour toujours.

Quelques jours plus tard, Marc est rentré et l' a traînée à l' hôpital pour sa sœur. Elle a exigé sa montre, la dernière chose que Marc avait achetée avec Louis, une relique. Plus tard, à un gala de charité, Sophie a révélé la nature de son mariage, se moquant de sa « sainte » obsession tout en la manipulant. Poussée dans les escaliers par Marc, enceinte mais ignorée, elle s' est retrouvée seule, avant de se dire que « L' homme que j' aime est mort il y a longtemps. »

Marc, lui, a hurlé : « De qui parles-tu ? »

Et j' ai pensé : la fin est proche.

Chapitre 1

Les deux lignes roses sur le test de grossesse étaient claires, presque violentes sous la lumière crue de la salle de bain. Amélie Dubois a regardé le petit bâton en plastique pendant une minute entière, sans cligner des yeux. Son visage n'exprimait ni joie, ni surprise, seulement une sorte de calme profond, la tranquillité de quelqu'un qui vient d'atteindre le but final d'un long et difficile voyage. Elle a jeté le test dans la poubelle, a rincé ses mains et est sortie de la salle de bain.

Sans une seconde d'hésitation, elle a pris son téléphone sur la coiffeuse et a composé le numéro de son avocat.

« Maître Bernard, c'est Amélie Dubois. »

Sa voix était parfaitement stable, sans la moindre trace d'émotion.

« Préparez les papiers du divorce. Oui, maintenant. »

Il y a eu un silence à l'autre bout du fil, puis la voix prudente de l'avocat.

« Madame Dubois, vous êtes sûre ? Un divorce à l'amiable nécessitera la coopération de Monsieur Dubois. Sa signature est indispensable pour que les choses aillent vite. »

« Je sais. Envoyez-moi les documents par email. Je m'en occupe. »

Elle a raccroché avant que l'avocat ne puisse poser une autre question. Elle n'avait pas de temps à perdre en explications. Elle a immédiatement appelé son mari, Marc. Le téléphone a sonné plusieurs fois avant qu'il ne décroche enfin.

« Quoi encore ? » Sa voix était glaciale, pleine d'impatience.

« Marc, où es-tu ? »

« À l'hôpital. Où veux-tu que je sois ? Sophie a eu une petite crise tout à l'heure, elle a besoin de moi. Ne me dérange pas pour rien. »

Sophie. Toujours Sophie. Sa sœur jumelle, sa précieuse, sa seule raison de vivre. Amélie a senti une vague de soulagement la traverser. Il n'était pas à la maison. C'était parfait.

« Je vais t'envoyer des documents importants par coursier. Il faut que tu les signes. »

« Des documents ? Quels documents ? Je n'ai pas le temps pour tes bêtises. »

« Signe-les, c'est tout. C'est important pour ton entreprise. » Elle a menti sans effort.

Il a grogné quelque chose d'inintelligible et a raccroché. Amélie a regardé son téléphone, un léger sourire aux lèvres. La fin était proche. Elle pouvait enfin respirer.

Elle est descendue dans le grand salon silencieux. La maison était immense, froide, comme un musée. Une des femmes de ménage, Jeanne, était en train de dépoussiérer les meubles. En voyant Amélie s'approcher d'un grand cadre photo posé sur la cheminée, l'employée a soupiré discrètement. Elle a vu Amélie passer un doigt délicat sur le verre, un geste qu'elle faisait tous les jours.

« Madame est tellement amoureuse de Monsieur, » a murmuré Jeanne à une autre collègue dans la cuisine. « C'est triste. Il ne la regarde même pas. Il ne pense qu'à sa sœur malade. Quel gâchis. »

Amélie a entendu. Elle a toujours tout entendu. Les chuchotements du personnel, les moqueries de leurs "amis" lors des dîners mondains où Marc ne venait jamais. Ils pensaient tous qu'elle était la femme dévouée et bafouée, follement amoureuse d'un homme qui l'ignorait. La vérité était bien plus complexe, et bien plus sombre.

Son regard était fixé sur le visage dans le cadre. Ce n'était pas Marc. C'était Louis, son frère jumeau, mort dans un accident de voiture il y a cinq ans. Louis, son premier et unique amour. Un amour secret, qu'elle n'avait jamais osé avouer. Marc et Louis étaient identiques, des copies conformes. Quand Louis est mort, une partie d'Amélie est morte avec lui. Mais ensuite, elle a eu une idée, une idée folle, obsessionnelle : avoir un enfant de Marc. Un enfant qui ressemblerait à Louis, qui aurait ses yeux, son sourire. Un petit morceau de Louis qu'elle pourrait aimer et protéger pour toujours.

Elle avait poursuivi Marc avec une détermination qui avait surpris tout le monde. Lui, froid et distant, ne s'intéressait qu'à l'argent nécessaire pour payer les traitements expérimentaux et luxueux de Sophie, dont la santé était fragile depuis sa naissance. Amélie venait d'une famille très riche. Alors, elle lui a fait une offre. Un mariage. En échange, elle lui donnait accès à sa fortune. Pour Sophie, il a accepté. Leur mariage n'a jamais été une union d'amour, mais un contrat commercial.

Leur vie conjugale était une farce. Marc avait annulé leur dîner de mariage pour aller veiller Sophie qui avait un simple rhume. Il passait toutes ses nuits à l'hôpital, ou dans l'appartement qu'il avait acheté pour sa sœur juste à côté. Leur maison commune était remplie des fleurs préférées de Sophie, des tableaux qu'elle aimait, de la musique qu'elle écoutait. Amélie n'était qu'un fantôme dans sa propre maison, une source de financement et une blague pour leur cercle social.

Les rares fois où ils avaient partagé le même lit, c'était Amélie qui avait initié le contact. Elle avait besoin de ce bébé. Marc, dans son arrogance, n'y avait vu que la confirmation de ce qu'il croyait : qu'elle était désespérément éprise de lui, prête à tout pour un peu de son attention. Il acceptait ses avances avec une sorte de dédain, comme on accorde une faveur à un subalterne. Il ne se doutait de rien.

L'obsession de Marc pour Sophie était maladive. Il l'aimait d'un amour possessif, presque incestueux, qu'il n'osait pas s'avouer. Alors il la couvrait de cadeaux, la traitait comme une poupée de porcelaine, la protégeait du monde extérieur avec une férocité qui effrayait parfois Amélie. Il la voyait comme un ange pur et fragile. Amélie, pour lui, n'était qu'un portefeuille sur pattes, un mal nécessaire.

Amélie a détourné son regard de la photo de Louis. Elle a caressé doucement son ventre encore plat. Tout était fini maintenant. Elle avait ce qu'elle voulait. Le plan avait fonctionné. Elle allait pouvoir partir, disparaître, et construire une nouvelle vie avec son enfant, son Louis. Le reste n'avait aucune importance. Les murmures, le mépris de Marc, les années d'humiliation... tout cela allait bientôt s'effacer.

Chapitre 2

À peine une heure plus tard, la porte d'entrée a claqué. Amélie, qui lisait dans le salon, a levé les yeux, surprise. Marc était là, son visage dur et contrarié.

« Fais tes valises. On va à l'hôpital. »

« Que se passe-t-il ? Sophie va bien ? » a-t-elle demandé d'une voix neutre.

« Elle veut la soupe de poisson que ta cuisinière prépare. Elle refuse de manger autre chose. Alors bouge-toi. La cuisinière est en congé, tu vas la faire toi-même. » Il a jeté son manteau sur un fauteuil, comme s'il était chez lui, ce qui était rarement le cas. Il la traitait comme une employée.

Amélie a fermé son livre lentement. Une autre humiliation, une autre corvée. Mais aujourd'hui, c'était différent. Aujourd'hui, elle avait le pouvoir.

« D'accord. Mais j'ai une condition. »

Marc l'a regardée, les sourcils froncés. « Une condition ? Tu te fiches de moi ? »

« Je veux la montre que tu portes. »

C'était une montre de luxe, un modèle que Louis portait également. C'était la dernière chose que Marc avait achetée avec son frère avant l'accident.

Il a eu un rire méprisant. « Tu es incroyable. Tu veux ma montre en échange d'une soupe ? » Il a regardé l'objet à son poignet. « Tu es vraiment obsédée par moi, n'est-ce pas ? Collectionner mes affaires, c'est pathétique. »

Amélie n'a pas répondu. Elle a juste attendu, son regard calme posé sur lui.

Marc a soupiré, exaspéré. « Très bien. Prends-la. Fais cette soupe et dépêche-toi. Sophie attend. »

Il a détaché la montre et l'a jetée sur la table basse. Amélie l'a ramassée. Le métal était encore chaud de sa peau. Elle l'a serrée dans sa main. Ce n'était pas l'obsession pour Marc qui la poussait à faire ça. C'était pour Louis. Au fil des mois, elle avait accumulé de petits objets qui lui appartenaient ou qui lui ressemblaient : des boutons de manchette, un stylo, une cravate... Des reliques. Des morceaux de son amour perdu qu'elle rassemblait pour son futur enfant. Pour pouvoir un jour lui dire : "Voilà ce que ton... oncle aimait."

Marc la regardait avec un mélange de pitié et d'agacement. Il pensait vraiment qu'elle l'aimait à ce point. L'idée l'a presque fait sourire. L'arrogance de cet homme était sans limites. Pendant une seconde, une lueur étrange a traversé ses yeux. Peut-être qu'une partie de lui était flattée par cette dévotion qu'il croyait réelle. Mais l'expression a disparu aussi vite qu'elle était venue, remplacée par son masque habituel de froideur. L'image de Sophie, fragile et attendant sa soupe, a chassé toute autre pensée.

En route vers l'hôpital, dans la voiture silencieuse, il a demandé brusquement : « C'était quoi ces documents dont tu parlais au téléphone ? »

« Oh, ça ? Ne t'inquiète pas. J'ai déjà tout réglé. » a répondu Amélie, regardant par la fenêtre.

« Bien. » Il n'a pas insisté. Son esprit était déjà ailleurs. « Quand on arrivera, tu donneras la soupe et tu attendras dans le couloir. Je ne veux pas que tu déranges Sophie. Elle est fatiguée. »

« D'accord. »

À l'hôpital, la scène était familière. Sophie était assise dans son lit, dans une chambre privée qui ressemblait plus à une suite d'hôtel de luxe. Marc s'est précipité à son chevet, son visage transformé par une tendresse qu'Amélie ne lui avait jamais vue.

« Mon trésor, je suis là. Regarde ce que je t'ai apporté. » Il a pris le thermos des mains d'Amélie sans même la regarder.

Il a versé la soupe dans un bol, a soufflé doucement sur la cuillère et l'a approchée des lèvres de sa sœur. « C'est bon ? C'est Amélie qui l'a faite spécialement pour toi. »

Sophie a goûté, puis a fait une petite moue. « C'est un peu fade. Mais ça va. Merci, Amélie. » Sa voix était faible, presque enfantine.

« Tu peux partir maintenant, » a dit Marc à Amélie, son ton redevenant sec et autoritaire. Il ne voulait pas de témoins pour ses démonstrations d'affection.

Amélie a hoché la tête et s'est retournée. En sortant de la chambre, elle a jeté un dernier coup d'œil. Marc était en train d'essuyer délicatement le coin des lèvres de Sophie avec une serviette. Une scène d'une intimité troublante. N'importe quelle autre femme aurait eu le cœur brisé. Mais Amélie ne ressentait rien. Absolument rien. Elle a tourné les talons et a marché dans le long couloir blanc, sa main serrant la montre dans sa poche. Elle avait obtenu ce qu'elle voulait. Le reste n'était que du bruit de fond.

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