L' atelier sentait l' odeur âpre du tissu coupé et des parfums onéreux, le quotidien d' Amélie Dubois, l' héritière de la prestigieuse maison de couture Dubois.
Ses gestes étaient précis, son regard concentré, mais dans le miroir, la cicatrice sur sa joue gauche ravivait le souvenir d' un accident.
Pour Marc, son fiancé, et les quatre « associés » choisis par son père, cette marque était un véritable défaut, effaçant toutes ses qualités.
Alors qu' elle s' assurait que tout soit parfait pour le défilé imminent, un projecteur s' est détaché du plafond, un danger imminent droit sur elle.
Mais au lieu de la sauver, Marc et les autres l' ont brutalement poussée et se sont rués vers Sophie Martin, sa stagiaire et rivale, qu' ils ont protégée comme la prunelle de leurs yeux.
Gisant à terre, blessée et assommée, Amélie a entendu leurs voix cruelles et basses, la traitant de « boulet » et moquant sa « vilaine cicatrice ».
Le pire est venu de Marc, murmurant à Sophie qu' elle n' était qu' un obstacle, une faiblesse à exploiter pour prendre le contrôle l' entreprise familiale.
Le monde d' Amélie s' est effondré, la trahison était totale, brutale, mais au fond d' elle, une rage froide qu' elle n' avait jamais ressentie commençait à naître.
Elle s' est relevée, ignorant la douleur physique, et a décidé de briser les chaînes de cette mascarade.
Elle irait à l' encontre des conventions, elle épouserait le mystérieux et redoutable Monsieur Moreau, PDG d' une entreprise de technologie de pointe.
Une guerre venait de commencer, et Amélie, la princesse à la cicatrice, avait bien l' intention de la gagner.
Ce ne serait pas facile, mais elle était prête à tout pour défendre l' héritage de sa famille.
L'air de l'atelier était lourd, chargé de l'odeur du tissu coupé et du parfum coûteux. Amélie Dubois, héritière de la prestigieuse maison de couture Dubois, passait un doigt sur la couture d'une robe en soie. Ses gestes étaient précis, son regard concentré. Elle était la princesse de cet empire de la mode, une créatrice brillante et intuitive. Mais quand elle a levé les yeux et a vu son reflet dans un miroir, son expression s'est figée. La cicatrice sur sa joue gauche était là, une fine ligne blanche qui rappelait constamment l'accident de son enfance.
Pour le monde, et surtout pour ceux qui l'entouraient, cette cicatrice était un défaut, une marque d'imperfection qui annulait toutes ses qualités.
"Amélie, mon amour, tu es encore là ?"
La voix charmeuse de Marc, son fiancé, a résonné dans la pièce. Il est entré, suivi de près par Jean, Pierre et Lucas. C'étaient les quatre "associés" que son père avait choisis pour elle. Des hommes prometteurs, issus de milieux modestes, censés l'épauler. Ils avaient grandi ensemble dans les couloirs de la maison Dubois, partageant des rêves et des ambitions. Amélie leur avait fait confiance, elle les considérait presque comme des frères.
Marc s'est approché et a passé un bras autour de ses épaules.
"Tu travailles trop. Le défilé est presque prêt, tu devrais te reposer."
"Je veux juste m'assurer que tout est parfait," a-t-elle répondu doucement.
Soudain, un bruit assourdissant a secoué l'atelier. Un des lourds projecteurs suspendus au plafond s'est détaché, se balançant dangereusement avant de chuter. Il se dirigeait droit sur Amélie. Le temps a semblé ralentir. Elle a vu le danger, mais son corps était paralysé par la peur.
Au dernier moment, Marc et les autres ont bougé. Mais ils ne se sont pas dirigés vers elle. Ils l'ont brutalement poussée de côté, la faisant tomber lourdement sur le sol. Le projecteur s'est écrasé à quelques centimètres d'elle, projetant des éclats de verre et de métal. Amélie a senti une douleur aiguë à l'épaule, là où elle avait heurté le sol.
Mais les quatre hommes ne la regardaient pas. Ils se sont précipités vers Sophie Martin, sa stagiaire préférée, qui se tenait de l'autre côté de la pièce.
"Sophie ! Ça va ?" a crié Marc, son visage crispé par l'inquiétude.
Il a pris Sophie dans ses bras, la protégeant comme si elle était la chose la plus précieuse au monde. Sophie tremblait, les larmes aux yeux.
"J'ai eu si peur, Marc..."
Amélie, toujours à terre, regardait la scène, le souffle coupé. La douleur à son épaule était vive, mais une autre douleur, bien plus profonde, commençait à naître dans sa poitrine. Elle a vu Jean, Pierre et Lucas entourer Sophie, lui demandant si elle allait bien, ignorant complètement Amélie qui gisait blessée à quelques pas de là.
C'est alors qu'elle a entendu leurs voix, basses et cruelles, pensant qu'elle était trop loin ou trop sonnée pour les entendre.
"Heureusement qu'on était là pour protéger Sophie," a dit Lucas. "Cette Amélie est un vrai boulet."
"Avec sa cicatrice, on dirait qu'elle attire le malheur," a ajouté Jean en ricanant.
Marc, tout en caressant les cheveux de Sophie, a murmuré des mots qui ont transpercé le cœur d'Amélie.
"Ne t'inquiète pas, mon trésor. Bientôt, tout ça sera à nous. Son père est vieux, et elle est incapable de diriger quoi que ce soit. Une fois que nous serons mariés, je prendrai le contrôle. Elle ne sera plus un problème."
Sophie a levé les yeux vers lui, un sourire calculateur sur son visage magnifique.
"Tu es sûr que ça va marcher ?"
"Absolument," a répondu Marc avec confiance. "Elle est amoureuse de moi. Elle est faible. Elle fera tout ce que je lui demande."
Le monde d'Amélie s'est effondré. La trahison était totale, absolue. Ces hommes qu'elle considérait comme sa famille, l'homme qu'elle allait épouser, la trahissaient de la manière la plus vile. Ils ne la voyaient que comme un obstacle, un outil à utiliser et à jeter. Sa cicatrice n'était pas seulement sur son visage, elle sentait maintenant qu'elle marquait son âme.
Une force nouvelle, froide et dure, a commencé à monter en elle. La douleur, la tristesse, tout a été balayé par une rage pure. Elle s'est relevée lentement, ignorant la douleur à son épaule. Elle a ignoré les débris, les regards surpris des quelques employés présents. Elle a ignoré Marc et sa clique qui la regardaient maintenant avec un mélange de surprise et de mépris.
Sans un mot, elle leur a tourné le dos et a marché d'un pas ferme vers la sortie. Elle ne se dirigeait pas vers l'infirmerie. Elle se dirigeait vers le bureau de son père. Elle allait mettre fin à cette mascarade. Elle allait rompre ses fiançailles. Et elle allait s'allier avec le seul homme à Paris plus redoutable et plus puissant que son père : le mystérieux et craint Monsieur Moreau, PDG d'une entreprise de technologie de pointe. La guerre venait de commencer, et elle avait bien l'intention de la gagner.
Amélie a poussé la lourde porte en chêne du bureau de son père. Monsieur Dubois a levé les yeux de ses dossiers, surpris de la voir. Son visage, habituellement impassible, s'est contracté d'inquiétude en voyant son épaule meurtrie et l'expression glaciale sur son visage.
"Amélie ? Que s'est-il passé ?"
Elle n'a pas répondu à sa question. Elle s'est avancée jusqu'au bureau et a posé ses mains à plat sur le bois poli. Sa voix était calme, dénuée de toute émotion.
"Père, je veux rompre mes fiançailles avec Marc."
Monsieur Dubois a cligné des yeux, déconcerté.
"Quoi ? Mais pourquoi ? Le mariage est dans quelques mois..."
"C'est terminé," a-t-elle coupé. "Et j'ai une autre demande. Je veux m'associer à la maison Moreau."
Le nom a eu l'effet d'une bombe. Monsieur Dubois s'est redressé sur son fauteuil, son visage devenant grave.
"Moreau ? Le PDG de Moreau Technologies ? Amélie, tu sais ce qu'on dit de cet homme. Personne ne l'a jamais vu en public sans son masque. Les rumeurs disent qu'il a été défiguré dans un accident. On dit même qu'il est..." Il a hésité, cherchant ses mots. "... qu'il est impuissant."
"Je sais," a répondu Amélie, imperturbable. "C'est précisément pour ça que je le veux comme partenaire."
Son père la regardait comme si elle avait perdu la raison.
"Explique-toi."
"Marc et ses associés me trahissent," a-t-elle déclaré froidement, sans donner de détails sur le sabotage. "Ils veulent prendre le contrôle de l'entreprise. J'ai besoin d'un allié puissant, un allié que personne n'osera défier. Moreau est cet homme. Sa réputation le précède. Il est craint et respecté. S'il est mon partenaire, personne, pas même Marc, n'osera faire un geste contre moi."
"Mais un mariage, Amélie... C'est une alliance, pas seulement un contrat d'affaires. Et sa réputation..."
"Sa réputation est son plus grand atout," a insisté Amélie. "Les rumeurs sur son visage et sa condition le protègent, le rendent intouchable. Quant à l'héritage, cela simplifie les choses."
Elle a regardé son père droit dans les yeux, son expression devenant encore plus dure.
"Je n'ai pas besoin d'amour. J'ai besoin de pouvoir pour protéger ce que tu as bâti. Si Monsieur Moreau ne peut pas avoir d'enfants, c'est parfait. L'héritage de la maison Dubois ne sera pas menacé ou dilué par une autre lignée. Le nom Dubois restera intact."
C'était une déclaration choquante, un défi aux conventions et aux attentes. Amélie, la princesse de la mode, parlait comme une reine de guerre, sacrifiant sa vie personnelle sur l'autel de la stratégie. Elle montrait une facette d'elle que son père n'avait jamais vue : une femme prête à tout pour survivre et triompher.
Monsieur Dubois est resté silencieux pendant un long moment, observant sa fille. Il a vu la douleur derrière sa détermination, mais il a aussi vu une force qu'il n'avait jamais soupçonnée. Elle n'était plus la jeune femme complexée par sa cicatrice. Elle était une dirigeante, prête à prendre des décisions difficiles. Son cœur de père était brisé, mais son instinct d'homme d'affaires était impressionné.
Il a soupiré, une lueur de respect dans ses yeux.
"Tu es sûre de toi ?"
"Plus que jamais," a-t-elle affirmé.
Lentement, Monsieur Dubois a hoché la tête. "Très bien. Si c'est ce que tu veux, je vais prendre les dispositions nécessaires."
Il a attrapé son téléphone et a composé un numéro. Une annonce officielle serait faite. Les fiançailles avec Marc étaient rompues. Une nouvelle alliance avec Monsieur Moreau serait forgée. Le sort en était jeté.
Après avoir quitté le bureau de son père, Amélie s'est réfugiée dans sa chambre. Seule, elle a laissé le masque de froideur tomber. Elle s'est souvenue d'un soir d'hiver, il y a quelques années. Marc l'avait trouvée en train de pleurer silencieusement devant son miroir. Il s'était approché doucement, avait écarté une mèche de ses cheveux et avait déposé un baiser léger sur sa cicatrice. "C'est ce qui te rend unique," avait-il murmuré. "C'est ce qui te rend belle." Elle l'avait cru. Maintenant, le souvenir de ce geste tendre était devenu une source de dégoût. Chaque mot, chaque caresse n'avait été qu'un mensonge calculé. Elle avait été si aveugle. Mais plus maintenant. Ses larmes ont séché, remplacées par une résolution de fer. Elle ne serait plus jamais la victime.