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Quand l'Amour Devient Cendres Vives

Quand l'Amour Devient Cendres Vives

Auteur:: Cipher Frost
Genre: Romance
Pendant cinq ans, j'ai accepté l'exil et le mépris, attendant qu'Ulysse, mon mari, daigne enfin nous regarder, notre fils Tom et moi. Mais lorsque les écuries se sont embrasées, la vérité m'a frappée avec la violence d'un coup de fouet. Il a traversé les flammes pour sauver Gérold, le fils de son premier amour, abandonnant son propre sang au brasier. Retrouvé brûlé et traumatisé, Tom m'a posé cette question qui a achevé mon cœur : « Papa ne m'aime pas, maman ? » Le pire restait à venir. Quand Tom a fait une crise de transformation prématurée, Ulysse a volé son unique dose d'inhibiteur vital pour la donner à Gérold, pour un simple caprice. Il a ri de ma détresse au téléphone, m'accusant de manipuler la situation, avant de raccrocher pour de bon. Il pensait que je ramperais encore pour son affection. Il ignorait que dans les cendres de ce manège, la Mélusine soumise était morte. J'ai brisé notre lien d'âme, pris mon fils, et disparu sans laisser de trace. Quand il réalisera qu'il a sacrifié son héritier pour le fils d'un autre, il sera trop tard.

Chapitre 1

Pendant cinq ans, j'ai accepté l'exil et le mépris, attendant qu'Ulysse, mon mari, daigne enfin nous regarder, notre fils Tom et moi.

Mais lorsque les écuries se sont embrasées, la vérité m'a frappée avec la violence d'un coup de fouet.

Il a traversé les flammes pour sauver Gérold, le fils de son premier amour, abandonnant son propre sang au brasier.

Retrouvé brûlé et traumatisé, Tom m'a posé cette question qui a achevé mon cœur :

« Papa ne m'aime pas, maman ? »

Le pire restait à venir. Quand Tom a fait une crise de transformation prématurée, Ulysse a volé son unique dose d'inhibiteur vital pour la donner à Gérold, pour un simple caprice.

Il a ri de ma détresse au téléphone, m'accusant de manipuler la situation, avant de raccrocher pour de bon.

Il pensait que je ramperais encore pour son affection.

Il ignorait que dans les cendres de ce manège, la Mélusine soumise était morte.

J'ai brisé notre lien d'âme, pris mon fils, et disparu sans laisser de trace.

Quand il réalisera qu'il a sacrifié son héritier pour le fils d'un autre, il sera trop tard.

Chapitre 1

Point de vue d'Ulysse :

Ma gorge s'est nouée, le goût amer de la trahison emplissait ma bouche alors que la fumée âcre du manège s'élevait, emportant avec elle non seulement les écuries, mais aussi les derniers fragments de mon cœur. Ulysse, mon mari, venait de sortir Gérold, le fils de sa première flamme, des flammes, sous mes yeux. Mon propre fils, Tom, était encore à l'intérieur, perdu dans ce chaos ardent.

Un cri perçant me déchira les entrailles, un cri que je n'avais pas conscience d'avoir poussé.

« Madame Corre ! Madame Corre ! Le petit maître Tom ! Il est toujours là-dedans ! »

La voix paniquée de Marie, notre femme de chambre, me parvint comme un écho lointain. Mon cœur s'arrêta. La terre se déroba sous mes pieds. Tom. Mon Tom. L'air devint une masse compacte, oppressante, chaque particule chargée de la suie et du son crépitant du feu.

Je ne sentis même pas quand mes pieds me portèrent. Je ne sentis pas la chaleur intense qui léchait la peau de mon visage, ni la morsure du vent qui attisait les flammes. La seule chose qui comptait, c'était Tom.

J'ai couru.

J'ai couru vers l'enfer.

La scène qui s'offrait à moi était un tableau de cauchemar. Le manège, autrefois majestueux, était maintenant une carcasse noircie, d'où s'échappaient des volutes de fumée épaisses et des langues de feu voraces. Les cris des chevaux piégés, les ordres hurlés par les pompiers, tout se mélangeait en une cacophonie assourdissante. Et au milieu de tout ça, Ulysse, tenant Gérold blotti contre lui, l'embrassant, le rassurant. Leurs visages étaient maculés de suie, mais intacts.

Mon regard cherchait désespérément.

Où était Tom ?

« Tom ! Tom ! » Ma voix était rauque, déchirée par la panique.

Puis je l'ai vu. Petit. Recroquevillé derrière un tas de foin encore fumant, le visage couvert de suie, une brûlure rouge et suintante sur son bras, ses petits poumons luttant pour respirer. Il toussait, une toux sèche et douloureuse qui me rappela immédiatement sa fragilité.

« Maman ! »

Son appel brisé me transperça. Je me suis jetée à genoux, l'attirant contre moi, la chaleur de ma peau brûlante contre la sienne. Ses petites mains griffaient mes vêtements, cherchant un réconfort que je pouvais à peine lui offrir.

« Ça va aller, mon amour, ça va aller. Maman est là. »

Mais mes mots sonnaient creux. Sa petite voix tremblante, à peine audible, a brisé ce qui restait de mon cœur.

« Papa... Papa ne m'aime pas, maman ? »

Je n'avais pas de réponse.

Son regard, empli de larmes et de suie, cherchait le mien.

« Il... Il a pris Gérold. Il m'a vu, maman. Il m'a vu et il a pris Gérold. »

Chaque mot était un coup de marteau sur mon âme déjà meurtrie. Mon fils de quatre ans, son petit corps blessé, son esprit encore plus.

« Gérold a dit... Gérold a dit que Papa est son vrai papa. Il l'a dit devant tout le monde. »

Les mots de Tom résonnaient dans ma tête. La honte, la trahison, la rage. Je le serrai plus fort, mes larmes coulant sur ses cheveux. Il n'y avait rien à dire. Aucune excuse, aucune justification. Le geste d'Ulysse était clair, brutal, impardonnable.

Je me suis souvenue de toutes ces années de froid. Ces cinq dernières années, où Ulysse m'avait traitée comme une intruse, une manipulatrice. Il m'avait exilée à l'étranger, sous prétexte d'expansion commerciale, pour me tenir à distance. J'avais supporté, espérant que mon amour, que notre fils, finirait par le ramener.

Ridicule.

Je m'étais menti à moi-même.

J'ai senti les petites mains de Tom se serrer autour de mon cou. Il s'accrochait à moi comme à son seul refuge. Je l'ai porté hors du manège en ruine, ignorant tout le reste. Ignorant Ulysse, qui ne m'avait même pas regardée. Ignorant Dahlia, qui tenait Gérold, les larmes aux yeux, jouant à la mère parfaite.

Mon seul objectif était mon fils.

Son bras brûlé, l'odeur persistante de la fumée sur sa peau et dans ses poumons. Je le déposai doucement sur le canapé du salon, loin de la rumeur. Marie apportait de l'eau fraîche et des compresses. En tant qu'infirmière, mes gestes étaient automatiques, précis, malgré la tempête qui faisait rage en moi.

Je nettoyais délicatement la suie de son visage, ses yeux grands et effrayés fixés sur moi.

« Papa ne viendra pas me voir, n'est-ce pas ? »

La question me déchira. Une autre éraflure sur une plaie déjà béante. Il n'y avait pas de mensonge acceptable. Pas de doux mensonge apaisant. Il fallait une nouvelle vérité.

« Non, mon chéri. Papa ne viendra pas. Mais moi, je suis là. Et je serai toujours là. »

Je me suis souvenue du petit dessin qu'il avait fait pour son père la semaine dernière. Un papa, une maman, et un petit garçon souriants, tous tenant la main. Il avait passé des heures dessus. Il m'avait demandé de le donner à Ulysse, plein d'espoir.

Ulysse l'avait à peine regardé.

« C'est bien, Tom. Mais je suis occupé. »

Voilà sa réponse. Toujours la même. Toujours cette froideur qui transperçait.

Mais cette fois, c'était différent. Cette fois, ce n'était plus seulement mon cœur à moi qui saignait. C'était celui de mon fils.

« Je te promets, Tom, je te promets que je te protégerai toujours. Personne ne te fera plus de mal. »

J'ai pris rendez-vous avec un psychologue pour enfants le lendemain. Les brûlures physiques guériraient, mais les cicatrices invisibles sur son âme seraient bien plus profondes.

Cette nuit-là, Tom se réveilla en sursaut, le corps secoué de tremblements.

« Papa ! Papa ! »

Mon cœur se tordit.

Il cherchait encore son père, même dans ses cauchemars. Même après tout ça.

Je le pris dans mes bras, le berçant doucement. Sa petite main s'agrippa à mon pyjama. C'était la douleur la plus pure et la plus insupportable que j'aie jamais ressentie. La douleur de voir mon enfant souffrir à cause de l'indifférence de son propre père.

Cinq ans. J'avais passé cinq ans à tout pardonner, à tout excuser, à croire en un amour qui n'existait que dans ma tête. Cinq ans à espérer. Et tout ça pour ça. Pour voir mon fils abandonné dans les flammes, pour un fantôme du passé.

Le temps de la mélancolie était révolu. Mon cœur s'est brisé une dernière fois. Et en se brisant, il s'est transformé en pierre. Une pierre froide, dure, taillée pour protéger mon fils.

Je ne serais plus jamais la Mèlusine Corre douce et soumise.

C'était la fin de tout, et le début de quelque chose de bien plus dangereux.

Chapitre 2

Point de vue d'Ulysse :

Pascale, ma meilleure amie, avait toujours dit que mon amour pour Ulysse était une maladie incurable. C'était un amour aveugle, dévorant, qui me rongeait de l'intérieur. Elle m'avait prévenue maintes fois. Elle m'avait suppliée de le quitter. Mais j'étais incapable de l'entendre.

Cinq ans plus tôt. C'était la nuit de notre "accident". Une nuit que Pascale avait orchestrée avec une détermination que je ne lui connaissais pas.

« Tu es folle, Pascale ! » avais-je murmuré, mon corps tremblant, quand elle m'avait poussée dans la chambre d'Ulysse après la fête de Noël.

« Folle ? C'est toi qui es folle de continuer à l'aimer en secret ! » Sa voix était un chuchotement féroce. « Il te voit même pas ! Ce soir, il te verra. »

Elle m'avait enfermée à clé, refermant la porte derrière elle avec un claquement sec. J'étais prisonnière. Prisonnière de cette pièce, de cette odeur de son parfum boisé qui me faisait tourner la tête, et de cette opportunité folle.

J'avais attendu. Le cœur battant à tout rompre. Puis il était entré. Grand, sombre, magnifique. Nos regards s'étaient croisés. Et le reste n'avait été qu'une succession de sensations, de désirs refoulés qui explosaient enfin. Une nuit. Une seule nuit.

Le matin, je m'étais réveillée dans ses bras, le soleil filtrant à travers les rideaux. Un bonheur pur, inattendu, m'avait envahie. J'avais cru. J'avais vraiment cru que c'était le début.

« Ulysse ? »

Il s'était tourné, ses yeux clairs me fixant sans émotion.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ? »

La question m'avait gelée. Mon cœur avait fait un bond, puis s'est écrasé.

« Je... je pensais... »

« Il ne faut pas penser, Mélusine. » Il s'était levé, ramassant ses vêtements avec une indifférence désarmante. « C'était une erreur. »

Une erreur. Un mot. Un mot pour rayer notre nuit.

Quelques semaines plus tard, le verdict était tombé. J'étais enceinte. Mon bonheur s'était mêlé à une angoisse terrible. Comment annoncer ça à Ulysse ?

Quand je lui avais dit, sa réaction avait été glaciale.

« Tu as fait ça exprès, n'est-ce pas ? Pour le Ducrocq. »

Ses yeux s'étaient posés sur mon ventre plat avec un dégoût à peine voilé.

« Tu es une manipulatrice. »

Le mariage avait été une formalité, une obligation sociale. Il avait respecté les apparences. Puis il était parti. Cinq ans. Cinq ans à l'étranger, me laissant seule avec Tom. Seule avec mon amour idiot et sa haine grandissante.

J'attendais. Chaque jour, chaque nuit, je guettais son retour. Le loup en moi, lié au sien, me murmurait de l'espoir. Mais le lien, jadis si fort, s'était affaibli, se transformant en un fil ténu.

Et puis il était revenu. Il y a un mois. Avec Dahlia. Et Gérold.

Le lien qui nous unissait, cette connexion d'âme à âme, était devenue un mur de glace. J'essayais de le toucher, de lui envoyer une pensée, une émotion. Rien. Le silence. Seule l'écho de mon propre désespoir me revenait.

Il est entré dans la maison. Son regard, que je connaissais si bien, n'a pas cherché le mien.

Je me suis approchée de lui, ma voix calme, posée.

« Ulysse. Tom n'est pas bien. Il a de la fièvre, et il tousse beaucoup. Il a besoin d'un médecin. »

Son regard s'est enfin posé sur moi, teinté d'agacement.

« Gérold a eu peur avec le voyage. Il est fatigué. Je dois m'occuper de lui. »

Il s'est tourné vers Dahlia, qui tenait Gérold dans ses bras. Il a caressé les cheveux de l'enfant.

« Tom est avec Marie. Elle peut s'en occuper. »

« Il a besoin d'un médecin, Ulysse. » J'ai insisté, ma voix tremblante malgré moi. « Et il a besoin de son père. »

Il a levé un sourcil, un sourire moqueur sur les lèvres.

« Ne fais pas de drame, Mélusine. Et fais en sorte que Tom ne s'approche pas trop de Gérold. Je ne veux pas qu'il le dérange. »

C'était la goutte d'eau. La retenue s'est brisée.

« Le déranger ? Le déranger ? C'est votre fils ! Votre propre fils que vous abandonnez ! »

Ma voix s'est élevée, brisée par l'indignation.

« Il a été traumatisé aujourd'hui ! Vous l'avez vu ! Vous l'avez laissé ! »

Il a reculé d'un pas, son visage se durcissant.

« C'est ça le problème avec toi, Mélusine. Toujours des drames. Toujours à vouloir attirer l'attention. Dahlia est fragile. Et Gérold a perdu son père. J'ai une responsabilité envers eux. »

Une responsabilité. Le mot résonnait comme un couteau dans ma poitrine.

« Et Tom ? Votre fils ? Il n'est pas votre responsabilité ? »

« Tu as choisi cette vie, Mélusine. Tu as manipulé la situation pour m'avoir. Maintenant, assume les conséquences. »

Ses mots étaient des dagues. Je pouvais sentir le lien entre nous, ce fil invisible, se tendre, vibrer, puis se rompre avec un son assourdissant dans mon esprit. La glace s'est solidifiée, a craqué, puis s'est effondrée.

Mon loup intérieur a hurlé.

« Tu as détruit Dahlia, avec tes manigances. Tu as brisé sa famille. »

« Je n'ai rien brisé ! » Ma voix était un murmure désespéré. « J'ai juste essayé de survivre ! J'ai élevé votre fils seule, j'ai attendu votre retour comme une idiote ! »

« Tu n'as jamais compris, Mélusine. J'aurais toujours protégé Dahlia et son fils. Ils ont besoin de moi. Pas toi. »

Sa froideur était absolue. Les mots n'étaient plus des dagues, mais des balles qui transperçaient mon âme. Je ne sentais plus rien. Le lien, notre lien, s'était éteint. Complètement.

Mon cœur, brisé tant de fois, était enfin mort.

J'ai passé la nuit à veiller sur Tom. Sa respiration sifflante, sa petite main moite dans la mienne. J'avais lutté seule pendant cinq ans. Cinq ans à élever notre fils, à essayer de comprendre, à pardonner. Et pendant ce temps, Ulysse jouait au père de substitution pour le fils d'une autre femme.

Je les avais vus. Lui et Gérold. Aux entraînements de chevaux, aux matchs de football. Ulysse le portait sur ses épaules, riait avec lui. Des gestes qu'il n'avait jamais eus pour Tom.

Tom, qui cherchait désespérément un signe d'affection.

Tom, qui continuait de dessiner des pères et des fils, espérant un amour qui ne viendrait jamais.

J'avais déjà rédigé les papiers. Les papiers pour mettre fin au lien, pour rompre ce mariage. Ils étaient là, dans mon tiroir. Je les avais regardés tant de fois, hésitant. À cause de Tom. Parce que je savais à quel point il aimait son père.

Mais maintenant, son père l'avait abandonné dans les flammes.

Et je ne pouvais plus le laisser espérer.

Le crayon était dans ma main. Mes doigts tremblaient légèrement. Le moment de l'hésitation était passé.

Le lien est rompu, maman. Pas de retour en arrière possible.

Chapitre 3

Point de vue d'Ulysse :

La fièvre de Tom ne faiblissait pas. Son petit corps était brûlant, sa toux s'aggravait. Chaque souffle était un combat. Je l'ai emmené en urgence à l'hôpital du clan, le serrant contre moi. Ses petits yeux étaient vitreux, mais il s'accrochait avec une force désespérée.

« Maman... »

« Je suis là, mon amour. Nous arrivons. »

Le quartier médical était bondé. Des loups de tous âges attendaient, certains avec des blessures de chasse, d'autres avec des maux moins visibles. Et au milieu de l'agitation, je les ai vus. Ulysse, Dahlia, et Gérold. Gérold, l'air parfaitement sain, jouant bruyamment avec une figurine. Dahlia, souriante, blottie contre Ulysse.

Mes yeux se sont posés sur Ulysse. Il m'a regardée, sans un mot, sans une once de reconnaissance pour l'urgence de ma situation.

Tom, dans mes bras, a aperçu son père. Un éclair d'espoir a traversé ses yeux fiévreux. Sa petite main, brûlante, a essayé de se libérer de mon étreinte.

« Papa ! »

Mon cœur s'est brisé une nouvelle fois. Il l'aimait encore. Malgré tout.

Il a glissé de mes bras, trébuchant, et s'est dirigé péniblement vers Ulysse.

« Papa... Je te pardonne. » Sa petite voix était à peine audible. « Je t'aime. »

Ulysse a reculé d'un pas, tirant Gérold plus près de lui. Son visage s'est assombri.

« Mélusine ! Garde ton fils près de toi. Ne le laisse pas déranger Gérold. »

À peine ses mots prononcés, Gérold, avec un sourire narquois, a poussé Tom de toutes ses forces.

Tom est tombé à la renverse, heurtant le sol froid avec un gémissement de douleur. Il a poussé un cri perçant.

« Papa est mon papa ! Pas le tien ! » a hurlé Gérold, les yeux brillants de malice.

Mon sang n'a fait qu'un tour. Avant que Gérold ne puisse faire un pas de plus, je l'ai plaqué au sol et j'ai relevé Tom, qui pleurait silencieusement, son visage pâle d'effroi.

« Demande pardon ! Tout de suite ! » Ma voix était un grondement que je ne me connaissais pas.

Ulysse s'est interposé, son regard glacial.

« C'est un enfant, Mélusine ! Tu ne vas pas t'en prendre à lui ! C'est toi qui le provoques ! »

« Le provoquer ? Il est tombé ! Il a de la fièvre, il est blessé ! Et votre fils vient de le pousser ! » J'ai hurlé.

Tom se blottissait contre moi, son petit corps secoué de sanglots silencieux.

Ulysse m'a ignorée, se penchant vers Gérold, le caressant.

« Ça va, mon champion ? Elle ne te fera rien. »

Dahlia s'est approchée, un sourire contrit sur les lèvres.

« Oh, Mélusine, je suis désolée. Les enfants, tu sais... Gérold ne le pensait pas. Tom est tellement... sensible. »

Ses mots étaient du poison. Insultant Tom, le rabaissant.

« Il est sensible parce qu'il a un cœur, Dahlia. Contrairement à certains. »

Gérold, enhardi par l'affection d'Ulysse, a levé le menton.

« Mon papa a dit que tu étais une mauvaise sorcière et que ton fils n'est même pas un vrai loup. »

Le monde a cessé de tourner. Mon regard, froid et dur, s'est posé sur Ulysse. Son visage était impassible. Ce qu'il ne disait pas, ses actions le hurlaient.

Toute ma patience. Toute ma résignation. Toute ma faiblesse. C'était terminé.

« Vous avez entendu ? » Ma voix était un murmure, mais elle portait une force que je n'avais jamais eue. « Cette fois, Ulysse, vous avez dépassé les bornes. »

Son silence était assourdissant. Son regard vide. Il ne défendrait pas notre fils. Il ne le protègerait jamais.

« Je demande le divorce. » La phrase est sortie de ma bouche avec une clarté inattendue. « Et la garde exclusive de Tom. »

Le lien, déjà brisé, s'est transformé en poussière. Le vide dans ma poitrine était abyssal, mais curieusement, il n'y avait plus de douleur. Juste une détermination froide et inébranlable.

Ulysse a détourné le regard, emmenant Dahlia et Gérold.

« Bien joué, Gérold. Je te promets une nouvelle figurine. » Ses mots, dits d'une voix douce, se sont répercutés dans le couloir.

Je me suis penchée sur Tom, son visage douloureux. Ma main a caressé ses cheveux.

Ce n'est pas ta faute, mon amour. Ce n'est pas toi qui es le problème.

Ma vision s'est brouillée. Le monde s'est écroulé. Mais cette fois, je savais que je ne m'écroulerais pas avec lui. J'étais forte. Pour Tom.

« Le lien est rompu, Ulysse. Vous l'avez brisé. Et maintenant, je vais le rendre officiel. »

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