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Prophétie: Le destin d'une louve.

Prophétie: Le destin d'une louve.

Auteur:: marsfreya
Genre: Loup-garou
Freya a toujours été considérée comme une ombre sans valeur, une Oméga soumise à la cruauté des Alphas. Captive d'une meute brutale, elle survit dans un monde où les faibles ne sont que des marchandises à échanger. Mais derrière son apparence fragile se cache une force insoupçonnée, un feu intérieur prêt à embraser tout ce qui l'entoure.

Chapitre 1 simple Omega

L'eau glaciale s'écrase sur ma peau, m'arrachant un frisson incontrôlable. Je serre les dents, refusant de montrer la moindre faiblesse.

- « Freya, dépêche-toi de laver ce corps répugnant. »

La voix aigre d'Astrid résonne, empreinte de mépris. Vieille servante des Griffes-Sombres, elle a passé sa vie à servir les Alphas, absorbant leur cruauté jusqu'à en devenir le reflet.

Je m'exécute, frottant ma peau avec l'eau froide, tentant d'effacer la saleté accumulée, bien consciente que cela ne suffira jamais à purifier le dégoût qu'ils projettent sur moi.

- « Tu devrais être reconnaissante, tu sais. Dans le temps, les Omégas comme toi finissaient violées, torturées, mortes. Maintenant, on vous laisse travailler. »

Ses paroles me lacèrent plus profondément que le froid. Je garde le silence, sachant que toute réponse ne ferait qu'aggraver ma situation.

Elle me tend une cape épaisse, rugueuse, suffisamment grande pour me couvrir de la tête aux pieds. Je l'enfile, appréciant la maigre protection qu'elle offre.

- « Allez, Freya, bouge-toi. Le marché commence, et Hunter n'aime pas attendre. »

Hunter, l'Alpha des Griffes-Sombres, a pris la tête de la meute il y a cinq ans, succédant à son père. Sous son règne, les Omégas adultes sont échangés comme de simples marchandises lors de cérémonies entre meutes.

Astrid me pousse vers la grande salle où se tient la réunion. Les Alphas des meutes voisines sont déjà présents, leurs regards prédateurs se posant sur moi avec une avidité non dissimulée.

Hunter se tient au centre, imposant, la trentaine, une aura de puissance émanant de lui. Il s'avance et, d'un geste brusque, retire ma cape, me dévoilant nue devant l'assemblée.

Des murmures approbateurs s'élèvent. Je fixe un point devant moi, tentant d'ignorer les mains qui se posent sur mon corps, explorant sans vergogne.

L'une d'elles s'attarde sur ma poitrine, une autre glisse sur mes hanches. Mon cœur bat à tout rompre, mais je refuse de leur donner la satisfaction de voir ma peur.

Un Alpha s'approche, son visage près du mien, inspirant profondément pour capter mon odeur. Nos regards se croisent, et je le défie du regard, une flamme de défiance brûlant dans mes yeux.

Son expression se durcit. Sans avertissement, sa main s'abat violemment sur ma joue, me projetant au sol.

- « Je vais t'apprendre à rester à ta place, chienne. »

Il se penche, sa main cherche à s'immiscer entre mes cuisses. Je les referme avec force, puis, rassemblant mon courage, je crache en plein sur son visage.

Furieux, il m'attrape par les cheveux, me traînant sur le sol rugueux jusqu'à une cage située à l'arrière de la salle. La douleur est intense, mais je m'accroche à ma dignité, refusant de crier.

- « Rien que pour ça, je vais t'acheter et te briser. »

Il me jette dans la cage, refermant la porte avec fracas. Se tournant vers ses pairs, il affiche un sourire carnassier.

- « J'ai toujours eu un faible pour les rousses. Elles ont ce petit quelque chose de piquant. »

Les autres Alphas rient, partageant sa plaisanterie, tandis que je reste recroquevillée dans la cage, la rage bouillonnant en moi.

Les rires gras des Alphas résonnent autour de moi, lourds, moqueurs, emplis de cette suffisance insupportable qui suinte de leur être. Chaque éclat de voix est une gifle invisible qui nourrit ma rage.Je serre les poings, la morsure métallique des barreaux contre mes doigts m'empêchant de trembler. Je refuse de leur donner ce plaisir.

Une voix s'élève au-dessus du brouhaha. Une voix que je reconnais immédiatement.

Celui qui m'a giflée, celui qui m'a traînée au sol avant de m'enfermer dans cette cage comme un vulgaire animal.

- « Tu connais ses origines ? » demande-t-il, son ton grave et tranchant dominant instantanément l'assemblée.

Je ne bouge pas, mais je me force à lever discrètement les yeux. Une aura écrasante se dégage de lui, différente de celle des autres. Pas plus forte... plus cruelle.

Un lion-garou.

Un frisson me parcourt malgré moi. Tout le monde connaît leur réputation. Leur arrogance, leur mépris pour les autres races... et leur goût du jeu malsain.

Ils aiment dominer.

Jouer avec leurs proies.

Torturer.

Briser.

Violer.

La panique m'oppresse, vicieuse, sournoise, m'agrippant la gorge comme des griffes invisibles. Je ravale mon souffle, je ne dois pas flancher.

- « Oui, c'est une louve. Pure souche, Alpha Escanor» répond Alpha Hunter, d'un ton ferme.

Je tourne légèrement la tête vers lui. Il est censé être mon bourreau, lui aussi. Pourtant, sa voix est différente. Moins moqueuse. Moins satisfaite.

Escanor plisse les yeux.

- « Tu es sûr ? Je ne peux pas accepter une lionne parmi les miennes. »

Sa voix me donne envie de vomir. Ce ton suffisant, ce mépris, cette manière de parler de moi comme d'un vulgaire objet...

- « Je te l'assure. Elle est des nôtres. »

Son nom résonne comme un verdict dans l'air suffocant de la pièce. Si cet homme me choisit... Je suis condamnée.

Un écho me transperce la poitrine. Un appel. Un murmure en moi.

- « Respire, Freya. Je suis là. »

Je cligne des yeux.

Skadi.

Ma louve.

Elle n'a jamais failli, jamais reculée. C'est mon ancre, ma rage, ma force brute.

- « Ils ne nous briseront pas. Peu importe ce qui arrive, nous nous battrons. Ensemble. »

Je me raccroche à elle, à cette promesse silencieuse qui pulse dans mon sang.

Peu importe où ils m'emmènent, je trouverai un moyen de m'échapper. Je suis une louve. Et je refuse d'être leur proie.

Chapitre 2 Le premier supplice

Le bruissement des voix, les rires gras et les négociations s'atténuent lentement. Une femme est jetée dans la cage à côté de moi, suivie, une heure plus tard, par une autre.

Aucune ne parle. Nous échangeons un bref regard, sans un mot. Non pas par indifférence, mais par prudence. Un mot, un mouvement de trop, et un Alpha pourrait le prendre comme une provocation.

Le silence est pesant. Un mélange d'attente et de résignation flotte dans l'air.

Puis, finalement, les Alphas finissent par se dire au revoir. Le "marché" est clos.

Les cages s'ouvrent une à une. Chacune est tirée, traînée ou poussée vers son "nouveau maître".

Quand vient mon tour, Escanor me saisit sans douceur et attache mes poignets à ceux des deux autres femmes avec une corde rêche.

- « Dépêchez-vous. » grogne-t-il, en nous tirant vers une voiture aux vitres teintées.

Nous sommes poussées à l'intérieur comme du bétail, entassées à l'arrière sans un mot.

L'odeur de cuir et de parfum capiteux envahit mes narines. Une odeur trop forte, trop raffinée pour un monstre comme Escanor.

La porte du passager s'ouvre, et une silhouette élancée et prédatrice prend place à l'avant.

Je n'ai pas besoin qu'il parle pour comprendre.

C'est son Bêta.

Aussi beau et suffisant qu'Escanor, mais avec quelque chose de plus traître, plus sournois. Ses traits sont fins, élégants, mais son regard doré brille d'une malveillance carnassière.

- « On roule toute la nuit ou on s'amuse un peu avant ? » demande-t-il d'un ton faussement détaché.

Mes muscles se tendent. Un sentiment de panique me broie la poitrine, mais je me force à garder un visage impassible.

Escanor souffle, contrarié.

- « Pas le temps, Eros. Ils nous attendent demain. »

Eros claque la langue, visiblement frustré.

- « Dommage... »

Un sourire en coin étire ses lèvres. L'assurance d'un homme qui sait que son plaisir n'est que retardé, pas annulé.

Le moteur vrombit. La route s'étire à l'infini.

La fatigue me gagne peu à peu, malgré la peur qui pulse en moi comme une bête aux aguets.

Puis, lentement... je sombre.

- « Reste en alerte. » murmure Skadi dans un souffle lointain.

Je ne lui réponds pas. Je ne peux plus lutter.

Le sommeil m'emporte.

La violence du choc me réveille.

Je n'ai pas le temps de comprendre. Mon corps s'écrase contre le sol rocailleux.

Un gémissement m'échappe malgré moi.

Les portes claquent. Des pas s'approchent.

- « Debout. » ordonne Escanor, sa voix froide et tranchante.

Je lève lentement la tête, mes membres engourdis par le sommeil brutalement interrompu.

Autour de nous, l'air du matin est encore chargé d'humidité. Le ciel s'illumine doucement, teinté de rouge et d'or par le soleil naissant.

Un autre jour. Une autre prison.

Escanor nous surplombe, son expression est satisfaite. Il aime nous voir ramper, il aime la soumission.

- « Mes chères petites louves... » souffle-t-il, amusé. « Il est temps de faire honneur à votre nouvelle vie. »

Il claque des doigts, et Eros s'avance à son tour, un sourire carnassier aux lèvres.

- « Mon Bêta va vous amener à la mise en beauté. » reprend Escanor, un éclat cruel dans le regard.

Un frisson d'angoisse me traverse.

- « Ce soir, vous devrez être resplendissantes pour notre banquet de bienvenue... » continue-t-il, se régalant de chaque mot.

Banquet? S'amuser ?

Ma gorge se serre. Je sens déjà où tout cela mène.

- « On doit bien vous sublimer avant qu'ils puissent se délecter de vous... et jouer un peu. »

Un ricanement d'Eros vient ponctuer la sentence.

Mon cœur cogne violemment contre ma poitrine.

Ils comptent faire de nous leur divertissement.

Je ravale ma peur.

Il va falloir trouver une issue, et vite.

Eros nous fait entrer dans une pièce austère, aux murs de pierre froide et sans fenêtres. Une seule porte en bois massif nous sépare du couloir.

- « Restez ici. » ordonne-t-il d'un ton détaché.

Il referme la porte derrière lui, nous laissant seules.

Le silence est pesant.

Aucune de nous ne parle, trop conscientes du danger. Nous sommes en territoire ennemi.

Soudain, la porte s'ouvre de nouveau et Eros revient, son regard vissé sur moi.

- « Toi. » lâche-t-il. « Quel est ton nom ? »

Je le fixe sans répondre. Pourquoi veut-il savoir ?

Il penche légèrement la tête, un sourire amusé aux lèvres.

- « Pas très bavarde, hein ? »

Toujours rien.

Je refuse de lui donner ce qu'il veut.

L'amusement dans ses yeux disparaît en une fraction de seconde. Son regard s'assombrit.

Sans prévenir, sa main s'abat lourdement sur mon épaule. Il m'empoigne violemment, me forçant à me lever.

- « Très bien. On va régler ça ailleurs. »

Il me traîne hors de la pièce et referme la porte derrière lui. Les autres restent enfermées, silencieuses.

Je suis poussée dans une autre salle, plus petite. Une table massive trône au centre.

Eros me jette dessus comme un vulgaire sac de grain.

La douleur explose dans mes côtes, mais je ravale un gémissement.

- « Écoute-moi bien. » Sa voix est basse, glaciale. « Quand on te pose une question, tu réponds. »

Il se penche au-dessus de moi, son souffle brûlant effleurant mon oreille.

- « Tu feras tout ce qu'on te demande sans broncher. »

Je serre les dents, chaque muscle tendu par la rage.

Jamais.

Un bruit sec résonne dans la pièce.

Un claquement.

Je tourne la tête juste à temps pour voir Eros retirer sa ceinture.

Un frisson glacé me traverse la colonne vertébrale.

Non.

Non, non, non.

- « Qu'est-ce que tu vas me faire... ? » ma voix est rauque, contrôlée, mais mon cœur tambourine dans ma poitrine.

Je tente de me retourner, mais il me plaque brutalement contre la table.

- « Reste tranquille. »

Un premier coup de ceinture s'abat violemment sur ma fesse droite.

Je me fige, interdite.

Je m'attendais à tout... mais pas à ça.

Un autre coup claque sur ma fesse gauche.

Puis un autre.

Et un autre.

Je n'ai pas mal.

Pas encore.

Eros siffle doucement.

- « Tu veux être forte ? » murmure-t-il, moqueur. « On va voir jusqu'où tu tiens. »

Les coups s'enchaînent, plus rapides, plus brutaux.

Ma peau commence à brûler sous l'assaut, mais je garde le silence.

Je ne pleurerai pas.

Skadi hurle en moi, prête à bondir, à lui arracher la gorge.

« Contrôle-toi ! » lui ordonné-je, le souffle court.

Nous ne savons pas où nous sommes.

Nous ne savons pas combien ils sont.

Si je cède à la rage, nous mourrons ici.

Eros gronde, frustré que je ne cède pas.

Les coups deviennent plus violents, plus précis.

La douleur devient une lame rouge, tranchante, cuisante.

Puis...

Ma peau se fendille.

Le sang perle.

Et la douleur explose.

Un sanglot m'échappe.

Je n'arrive plus à le retenir.

- « Arrête... ! » je halète. « Je... Je m'appelle Freya ! »

Le silence retombe.

Eros s'arrête enfin.

Je tremble, le front plaqué contre le bois de la table.

Il pose sa main sur mon visage, caressant ma joue avec une douceur écœurante.

- « Bonne fille. »

Mon estomac se soulève.

Il attrape mon menton et me force à lever les yeux vers lui.

- « Maintenant, tu as compris les règles. »

Son sourire s'élargit, satisfait.

- « Et ne t'en fais pas... Je vais personnellement m'occuper de toi. »

Chapitre 3 Les Ombres Félines

Freya se redresse difficilement, chaque muscle hurlant de douleur.

Eros l'attrape par le bras et la tire violemment vers une autre pièce. L'air humide et chaud sature l'espace, des volutes de vapeur s'élevant du bassin en pierre au centre. Un bain bouillant.

Avant qu'elle ne puisse protester, il la soulève et la balance sans ménagement dans l'eau brûlante.

La brûlure est immédiate.

Ses fesses à vif hurlent sous l'impact de l'eau trop chaude, la douleur se répandant comme une vague de feu.

Elle serre les dents, refusant d'émettre un son, mais son corps tremble sous le choc.

Eros, appuyé contre le chambranle de la porte, rit de bon cœur.

- « Tu devrais être reconnaissante, on prend soin de toi. »

La porte s'ouvre, laissant entrer une femme d'une quarantaine d'années. Ses cheveux noirs sont noués en un chignon serré, son visage est fermé, marqué par des années de servitude.

Elle s'approche du bain sans un mot et commence à frotter Freya vigoureusement, sans ménagement.

Ses mains sont rudes, précises, méthodiques.

Freya serre les dents, supportant l'assaut sans broncher.

Eros siffle doucement, amusé par sa résistance.

- « Rien ne t'échappe, hein, Freya ? »

Son nom sonne comme une moquerie dans sa bouche.

La femme continue son travail, lui lavant chaque centimètre de peau avec une minutie mécanique. Il n'y a aucune tendresse dans ses gestes, seulement de l'efficacité.

Une fois propre, elle attrape un petit pot en verre et en applique le contenu sur ses fesses meurtries.

Un baume froid, à l'odeur médicinale.

La douleur s'apaise légèrement.

Mais tout se passe trop vite.

Freya n'a pas le temps d'absorber la situation qu'elle se sent de nouveau soulevée, jetée sur l'épaule d'Eros comme un simple fardeau.

- « J'aime quand tu ne fais pas d'histoires. »

La rage bout en elle.

Skadi gronde dans son esprit, prête à bondir.

- « Pas encore. » murmure Freya intérieurement.

Eros la transporte jusqu'à une autre pièce et la balance au sol comme un sac de patates.

La pierre froide la ramène brusquement à la réalité.

D'un geste nonchalant, il ouvre une armoire et en sort un tissu fin et transparent.

Il le lui jette au visage.

- « Enfile ça. »

Freya attrape la robe et ses yeux s'écarquillent.

Un voile à peine opaque, si léger qu'il ne cache pratiquement rien.

Ses seins, ses fesses, son intimité... Tout sera visible.

Son estomac se serre.

- « Et... mes sous-vêtements ...? » dis-je dans un souffle.

L'air change instantanément.

Le bruit sec de l'armoire qui se referme me fait tressaillir.

Je relève les yeux.

Eros tourne lentement la tête vers moi.

Son sourire s'élargit.

- « Tu vas pas commencer à me les briser... »

Il avance.

Lentement.

Son ombre s'étire autour de moi comme un loup qui joue avec sa proie.

Je reculerais si je pouvais.

Mais je suis acculée contre le mur.

En un instant, il est sur moi.

Sa main m'attrape violemment la mâchoire.

Il se penche, son souffle chaud contre mon oreille.

- « Si tu continues à l'ouvrir... »

Sa voix tombe, glaciale, implacable.

- « J'enfoncerai bien ma bite dans ta gorge... »

Mon cœur rate un battement.

- « Tellement profondément que tu t'étoufferas. »

L'air quitte mes poumons.

- « Je te défoncerai la gorge... »

Mes membres tremblent.

Il resserre son étreinte sur ma mâchoire.

- « Et tu finiras agonisante... »

Un silence suspendu.

Je retiens mon souffle.

Ne dis rien.

Ne fais rien.

- « ... sous mon jus. »

L'horreur me frappe en pleine poitrine.

Un haut-le-cœur violent me prend.

Je vais vomir.

Je veux vomir.

Je veux disparaître.

Il voit mon malaise.

Et il aime ça.

Son regard brille de satisfaction malsaine.

Il boit ma peur comme du nectar.

Je dois survivre.

Je ravale la bile qui me remonte dans la gorge, le cœur battant à tout rompre.

Et...

Je baisse les yeux.

- « Je suis désolée... »

Un ricanement.

Eros caresse ma joue, presque doucement.

- « Voilà. »

Sa voix est un murmure satisfait.

- « Tu commences à comprendre ta place. »

Il se redresse comme si rien ne s'était passé.

Puis ouvre la porte.

- « Suis-moi. »

---

La pièce est déjà occupée par les deux autres jeunes femmes.

une brune élancée aux longs cheveux ondulés et aux courbes généreuses, porte une robe au décolleté si profond qu'il frôle son nombril.

L'autre, une petite blonde fine et délicate, est vêtue d'un ensemble de porte-jarretelles qui la laisse presque entièrement nue.

Elles ne me regardent pas.

Elles baissent les yeux.

Eros sourit, satisfait.

- « Parfait. »

Il recule et referme la porte derrière lui.

Le bruit du verrou tournant résonne dans la pièce.

Nous sommes enfermées.

Le silence est pesant.

J'essaie de contrôler ma respiration, d'ignorer la sensation du tissu transparent contre ma peau. J'ai l'impression d'être nue.

Les minutes passent.

Eros est parti. Nous sommes seules.

Je tourne les yeux vers les deux filles enfermées avec moi.

La brune est grande, élancée, avec des courbes marquées. Son regard de chat, perçant, est difficile à lire.

L'autre est si frêle.

Petite, blonde, pâle.

Une gamine.

Son visage est encore empreint d'une douceur enfantine.

Elle serre ses bras autour de sa poitrine, comme si elle pouvait se cacher derrière sa propre peau.

Je prends une inspiration et brise enfin le silence.

- « Vous avez une idée de ce qu'ils comptent nous faire ? »

Ma voix semble résonner trop fort dans la pièce close.

La brune me lance un regard rapide, ses prunelles d'un brun profond me toisent un instant... puis elle détourne les yeux.

Elle ne répond pas.

À ma droite, la petite blonde relève timidement la tête.

- « J'ai peur... » murmure-t-elle.

Sa voix tremble.

- « Je veux rentrer chez moi... »

Elle semble sur le point de pleurer.

À sa façon de parler, à la candeur dans ses mots... Je comprends immédiatement.

Elle est jeune.

Beaucoup trop jeune.

Mon estomac se tord.

La brune, jusque-là silencieuse, tourne cette fois un regard calculateur vers la petite.

Elle la jauge.

De haut en bas.

Puis, avec un rictus amer, elle pivote de nouveau vers moi.

- « On va être violées. À quoi tu t'attends... ? »

Le mot claque dans l'air comme une lame froide.

Je me crispe.

Elle hausse un sourcil et désigne la gamine d'un geste du menton.

- « L'autre a l'air vierge. »

Son ton est tranchant, brutal.

- « J'espère que c'est pas ton cas. Parce que je te promets que ça va faire mal. »

Mon cœur cogne.

La petite blonde, Elya, blêmit.

Je sens sa respiration s'accélérer.

La peur irradie de chaque pore de sa peau.

Je tourne un regard furieux vers la brune.

- « Pourquoi tu es aussi antipathique ? On est toutes dans la même merde. »

Elle ne cille même pas.

Son expression reste dure, froide, implacable.

- « Parce que je me prépare. »

Sa voix est un mur de glace.

- « Si tu préfères te voiler la face, vas-y. Moi, j'essaie de survivre.

Son regard accroche le mien.

Pas de haine. Pas de colère. Juste une détermination brutale.

Une bête acculée qui sait ce qui l'attend.

Un poids s'installe dans ma poitrine.

Je comprends.

Elle ne veut pas être cruelle.

Elle veut être prête.

J'inspire longuement.

- « Moi, c'est Freya. »

Elle me scrute un instant, puis ses traits se détendent à peine.

- « Leyna. »

Son ton reste neutre, mais elle me donne son prénom.

C'est déjà un pas.

Nous nous tournons toutes les deux vers la petite blonde.

Elle hésite, se mordille la lèvre.

Puis chuchote d'une voix tremblante :

- « Elya... »

Le silence est de retour, le temps semble s'être arrêté.

Elya est recroquevillée sur elle-même, le regard fixé au sol.

Leyna, elle, observe la porte verrouillée avec un calme inquiétant.

Puis, soudain, elle pivote vers moi et brise le silence.

- « T'es de quelle meute ? »

La question me surprend.

Je fronce légèrement les sourcils.

- « Pourquoi ? »

Elle hausse les épaules, nonchalante.

- « Curiosité. »

Je déteste répondre à cette question.

Mais je n'ai pas d'autre choix que de jouer le jeu.

- « Meute des Griffes Sombres. »

Les mots me laissent un goût amer.

Leyna réagit à peine.

Elle semble prendre note, comme si elle classait l'information dans un coin de sa tête.

Puis, elle finit par dire simplement :

- « Moi, je viens de la Meute des Ombres Félines. »

Les Ombres Félines ?

Je hausse un sourcil.

Un nom pareil... ça évoque des prédateurs furtifs, agiles.

Des félins.

Je plisse légèrement les yeux.

- « Attends... c'est une meute de... Chats-Garous ? »

Leyna ricane doucement.

- « Un problème avec ça ? »

Je l'observe un instant.

Grande. Élancée. Un regard acéré, perçant. Une posture souple, presque trop féline pour être naturelle.

Un instant, l'idée me frappe de plein fouet.

- « Putain... mais ça existe vraiment ? »

Elle croise les bras, amusée.

- « T'as cru que seuls les loups avaient le monopole des transformations ? »

Ma mâchoire se serre.

Évidemment.

J'ai toujours su que j'étais une anomalie.

Trop grande. Trop puissante.

Ma louve n'a rien d'ordinaire.

Sa taille dépasse de loin celle des autres, et sa fourrure...

Personne d'autre n'a jamais eu cette teinte unique.

Une nuance profonde, étrange, presque irisée.

Pas juste rousse.

Avec un reflet surnaturel violet qui m'a toujours isolée.

Et voilà que maintenant, je découvre que même parmi les métamorphes, je ne sais rien.

Leyna me regarde plus intensément.

Puis, lentement, elle plisse les yeux, comme si quelque chose la dérangeait.

Je ressens une tension dans l'air.

- « Quoi ? » demandé-je.

Elle tapote du bout des doigts contre le mur, l'air songeuse.

Puis, finalement, elle lâche doucement :

- « Freya, hein... »

Son regard se plante dans le mien.

- « C'est drôle. Je connaissais quelqu'un qui portait le même prénom. »

Mon souffle se suspend un instant.

- « Et bizarrement... elle était rousse aussi. »

Un frisson me traverse la colonne vertébrale.

Je n'aime pas ça.

- « Mais... »

Elle me fixe un long moment.

Puis, elle secoue légèrement la tête.

- « Tu ne viens pas de ma meute. »

Elle sourit en coin, comme si l'information ne lui plaisait pas vraiment.

Comme si quelque chose clochait.

Et pour la première fois...

J'ai l'impression qu'elle me regarde vraiment.

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