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Prise au piège par le vieux PDG

Prise au piège par le vieux PDG

Auteur: Ayana
Genre: Milliardaire
Prise au piège par le vieux PDG raconte l'histoire de Priya et Kabir, deux amoureux qui ont grandi ensemble et qui, après de nombreux sacrifices, ont réussi à construire leur vie et leur avenir côte à côte. Mais leur bonheur bascule lorsqu'un puissant PDG, Rohan, entre dans la vie de Priya. Derrière son influence et son apparente maîtrise se cache un passé mystérieux qui semble étrangement lié à la famille de la jeune femme. Rohan impose à Priya un choix impossible et menace de détruire tout ce qui lui est cher si elle refuse de se plier à ses exigences. Alors qu'elle cherche désespérément à comprendre les véritables raisons de son acharnement, elle découvre peu à peu que certaines vérités familiales ont été soigneusement dissimulées pendant des années. Entre amour, chantage, secrets, trahisons et dangers, Priya devra faire preuve de courage pour protéger ceux qu'elle aime. Mais plus elle s'approche de la vérité, plus elle réalise que le piège dans lequel elle est tombée est bien plus complexe qu'elle ne l'imaginait. Qui est réellement Rohan ? Quel secret lie son passé à celui de Priya ? Et jusqu'où devra-t-elle aller pour retrouver sa liberté ? Pour le découvrir, nous vous invitons à lire le roman chapitre après chapitre. Ne vous fiez pas uniquement au résumé : les véritables révélations, les émotions et les nombreux rebondissements se dévoilent progressivement au fil de l'histoire. Chaque chapitre vous rapprochera un peu plus d'une vérité que vous n'êtes peut-être pas prêt à découvrir.
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Chapitre 1 Le poids d'un secret

bureau de Priya se vidait toujours à dix-huit heures, mais ce soir-là, personne n'avait pris la peine de lui dire au revoir, et elle avait laissé la porte entrouverte pour ne pas entendre le silence, qui était entré malgré tout, lourd et presque vivant, pour s'installer dans chaque recoin de la pièce vitrée qui dominait la ville.

Elle regardait les lumières s'allumer une à une derrière la baie sans les voir, tandis que sur son écran restait affiché un rapport qu'elle avait relu quatre fois sans en retenir une seule ligne, et ses doigts tremblaient si fort sur le clavier qu'elle dut les serrer l'un contre l'autre, comme on retient un oiseau qui voudrait s'échapper.

Depuis trois semaines, Priya ne dormait plus vraiment, car dès qu'elle fermait les yeux à côté de Kabir et qu'elle écoutait sa respiration régulière, son cœur se mettait à cogner avec une telle violence qu'elle craignait de le réveiller. Le matin, elle souriait, préparait le café, nouait son écharpe et embrassait son mari sur la joue, et personne dans cette maison ne se doutait qu'elle jouait la comédie du bonheur avec une perfection qui lui faisait honte.

La journée avait été un supplice : en réunion, elle avait entendu la voix de son patron sans en comprendre les mots, dans le couloir, elle avait sursauté au moindre pas, et lorsque Diya, sa collègue et amie, lui avait demandé si elle allait bien, elle avait répondu par un sourire qui n'avait convaincu personne. Elle avait failli tout lui avouer, mais la peur d'entraîner quelqu'un d'autre dans cette histoire lui avait fermé la bouche.

Son téléphone vibra sur le bureau et, même si elle savait déjà de qui venait le message, elle prit l'appareil pour lire ce qu'il affichait :

« Vous avez une belle carrière, madame Priya, et il serait dommage qu'un vieux scandale de famille vienne la salir. Nous en reparlerons bientôt. R. »

Elle reposa le téléphone avec précaution, comme s'il pouvait exploser entre ses mains, car derrière cette initiale se cachait Rohan, l'ami de son patron, qui trois semaines plus tôt était entré dans ce même bureau pour une simple signature et qui avait souri trop longtemps, regardé trop lentement et laissé traîner des compliments qui ressemblaient à des questions. Elle lui avait répondu poliment qu'elle était mariée, et il lui avait répondu que cela ne l'avait jamais arrêté.

Depuis ce jour, les messages s'étaient succédé, d'abord des invitations à dîner qu'elle avait déclinées, puis des cadeaux qu'elle avait renvoyés, et enfin, la semaine précédente, cette phrase glissée à la fin d'un appel d'un ton presque aimable : « Votre père, Arjun, était un homme très débrouillard, à l'époque. » Depuis cet instant, elle n'arrivait plus à respirer normalement.

Priya se leva et s'approcha de la vitre, où son reflet lui renvoya l'image d'une femme de trente ans en tailleur impeccable, au regard éteint, et elle se demanda où était passée la jeune fille qui riait dans la cour du lycée, un cahier sous le bras, pendant qu'un garçon maladroit lui tendait une orange en prétendant l'avoir trouvée par hasard.

En pensant à Kabir, elle ferma les yeux, car ils avaient tout traversé ensemble, les nuits de révision, les repas partagés sur un banc faute de mieux et les rendez-vous où il n'avait pas de quoi payer le bus, tandis qu'elle marchait à ses côtés sans jamais se plaindre. Il avait travaillé le jour, cherché des petits contrats le soir et vendu tout ce qu'il pouvait pour que ses frais de scolarité soient payés jusqu'au dernier centime, et quand elle avait enfin décroché son premier poste, c'était à son tour de tenir la promesse : elle avait financé sa formation en informatique et l'avait soutenu jusqu'à ce qu'il ouvre son propre centre, puisqu'ils s'étaient juré d'avancer ensemble, jamais l'un sans l'autre.

Comment pourrait-elle lui dire que l'ombre de son père menaçait de tout détruire, elle qui avait grandi auprès de cet homme qui lui avait appris à marcher droit et qui lui offrait des livres à chaque anniversaire ? Lorsqu'elle avait posé des questions sur les rumeurs d'autrefois, deux semaines plus tôt, dans le salon de la maison familiale, il avait détourné les yeux, et au nom de Rohan il avait pâli très vite avant de se reprendre :

« Oublie cet homme, ma fille, car ce qui est passé est passé. »

Pourtant il tenait sa tasse à deux mains et le thé avait tremblé, et ce tremblement la hantait plus que n'importe quelle menace.

Elle retourna s'asseoir, ouvrit un tiroir et en sortit une photographie encadrée où elle riait aux éclats avec Kabir, le jour de leur mariage, sous une pluie de pétales, puis ses yeux s'embuèrent et elle serra le cadre contre sa poitrine en laissant enfin couler les larmes qu'elle retenait depuis des jours. Elle pleura sans bruit, la bouche fermée, comme on l'apprend quand on ne veut déranger personne, et ces larmes étaient de peur, mais surtout de honte : honte de se sentir déjà coupable d'une faute qu'elle n'avait pas commise, honte de protéger son mari en lui mentant, honte de ne pas savoir si son silence était de la force ou de la lâcheté.

Il y avait trois chemins possibles, et aucun ne lui laissait la paix. Tout dire à Kabir ? Il était courageux et généreux mais aussi entier, incapable de laisser une injure sans réponse, et elle murmura : « Il ferait quelque chose de fou. » Se taire ? Alors Rohan gagnerait un peu plus de terrain chaque jour, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à défendre, et céder, rien que d'y penser, lui retournait l'estomac.

Elle essuya son visage et redressa les épaules, décidée à ne pas céder mais consciente que, pour résister, il lui faudrait comprendre quel secret son père cachait et pourquoi cet homme le détenait.

Le téléphone fixe sonna, le cadre glissa sur le bureau tandis qu'elle sursautait, et le numéro de la réception s'afficha sur l'écran.

« Madame Priya, excusez-moi de vous déranger si tard, mais un monsieur vient d'arriver dans le hall et dit qu'il a rendez-vous avec vous. »

« Je n'ai aucun rendez-vous ce soir », répondit-elle.

« Il insiste, madame, et il dit que vous savez très bien qui il est : il s'appelle Rohan. »

Le sang se retira de son visage, car dix-huit étages plus bas un homme attendait, patient, sûr de lui et pourvu de tout le temps du monde, et Priya comprit que les trois semaines de messages n'avaient été que le prélude.

Chapitre 2 Le nom de son père

Priya aurait pu refuser. Elle aurait pu demander au gardien de raccompagner cet homme dehors, prétexter un malaise, rentrer chez elle et se blottir contre Kabir. Mais fuir ce soir ne ferait que repousser la même peur au lendemain, plus grosse et plus habile.

« Faites-le monter », dit-elle enfin. Sa voix lui parut étrangère, aussi ferme que celle d'une autre femme.

Elle raccrocha, lissa sa veste et rangea la photographie dans le tiroir. Puis elle alluma toutes les lumières du bureau. Elle ne voulait aucune ombre, ce soir.

L'ascenseur mit quatre minutes à atteindre l'étage. Elle les compta. Lorsque les portes s'ouvrirent sur le couloir désert, elle entendit d'abord les pas : lents, réguliers, sans hâte, ceux d'un homme qui n'a jamais couru après rien.

Rohan apparut dans l'encadrement de la porte. Il avait largement dépassé la soixantaine, les cheveux argentés peignés en arrière, un costume sombre qui tombait à la perfection sur des épaules restées larges. Il portait une canne à pommeau d'argent qu'il n'appuyait presque pas sur le sol, davantage un bijou qu'un soutien. Son regard était celui d'un homme habitué à voir les autres baisser les yeux devant lui.

« Madame Priya. Quelle joie de vous trouver encore au travail. Les gens qui réussissent ne rentrent jamais tôt. »

« Monsieur Rohan. Nous n'avons pas de rendez-vous. »

« Vraiment ? Je pensais que nos échanges de ces derniers jours en tenaient lieu. »

Il entra sans attendre d'invitation et referma la porte derrière lui d'un geste tranquille. Priya la rouvrit aussitôt de quelques centimètres. Il sourit.

« Vous avez peur de moi. »

« Je veux simplement que mes collègues sachent que cet entretien est professionnel. »

« Alors parlons affaires. »

Il s'installa dans le fauteuil réservé aux visiteurs, croisa les jambes et posa sa canne en travers de ses genoux. Elle resta debout derrière son bureau, les mains à plat sur le bois pour qu'il ne voie pas leur tremblement.

Elle le regarda longtemps. Il avait la patience des prédateurs et la politesse des gens qui n'ont jamais eu à demander deux fois. Chaque détail de sa tenue, de la montre au boutonnier, disait une puissance qu'elle avait longtemps admirée chez les autres et qui lui parut soudain obscène. Elle comprit qu'il avait préparé cette visite comme on prépare une négociation, en pesant chaque mot, chaque silence, chaque réaction possible.

« Je vais être direct, car le temps est précieux à mon âge. Je vous trouve remarquable. Votre intelligence, votre façon de tenir une salle de réunion, votre dignité. Depuis trois semaines, je ne pense qu'à vous. Je suis un homme seul, et je peux vous offrir ce que peu d'hommes peuvent offrir. »

« Je suis mariée, monsieur. J'aime mon mari. »

« Je sais. Kabir, n'est-ce pas ? Un gentil garçon, avec un petit centre de formation qui vivote. » Il prononça le prénom avec une douceur méprisante. « L'amour est une belle chose, madame Priya, mais il ne paie pas les loyers. »

« Il a payé les miens pendant des années. Je ne vous permets pas... »

Il leva la main, sans se presser, et ce geste suffit à la couper.

« Je vous ai laissée refuser trois fois. Trois fois, c'est beaucoup de courtoisie de ma part. » Il se pencha, et sa voix devint presque tendre. « Alors je vais vous parler d'un autre sujet. D'un homme que j'ai connu autrefois. Arjun. »

Le nom tomba dans la pièce comme une pierre dans un puits, et Priya en entendit l'écho longtemps après.

« Mon père n'a rien à voir avec cela. »

« Votre père a tout à voir avec cela. » Rohan caressa le pommeau de sa canne. « Il était jeune, à l'époque. Ambitieux. Il a fait des choix, certains discutables. Il en est sorti indemne, contrairement à d'autres. Aujourd'hui, il est respecté, entouré, il conseille les plus jeunes dans son quartier. »

« Où voulez-vous en venir ? »

« Ce respect repose sur une histoire que peu de gens connaissent. Une histoire que je garde précieusement depuis trente ans. » Ses yeux ne quittaient plus les siens. « Je peux continuer à la garder. Ou la raconter. Tout dépend de vous. »

Priya sentit le sol se dérober. Elle s'accrocha au bureau.

« Vous n'avez aucune preuve. »

« Je n'ai que des preuves. »

« Vous me menacez. »

« Je vous propose un arrangement. Une femme intelligente sait faire la différence. » Il attendit un instant, savourant le silence. « Vous quittez Kabir. Vous devenez ma femme, publiquement, avec tout ce que cela suppose. En échange, le passé de votre père restera enterré. Sinon, je le déterre, et toute la ville saura qui il est vraiment. »

Quelque chose se brisa en elle, mais ce ne fut pas la peur. Ce fut la colère, chaude, soudaine, presque bienvenue.

« Jamais. Vous m'entendez ? Jamais. »

« Ne répondez pas ce soir. Les décisions prises dans la colère sont toujours mauvaises. » Il se leva sans effort et s'appuya, enfin, sur sa canne. « Je vous donne trente jours. Trente jours pour comprendre que je suis la meilleure chose qui puisse vous arriver. Et ne cherchez pas à me nuire : je connais tous ceux qu'il faut connaître dans cette ville, et beaucoup me doivent bien plus que de la gratitude. »

Il alla jusqu'à la porte, se retourna à moitié.

« Bonne nuit, Priya. Vous voyez, je vous appelle déjà par votre prénom. »

Les pas s'éloignèrent, lents et réguliers, jusqu'à l'ascenseur. Priya resta debout longtemps après le tintement des portes. Ce fut seulement quand le silence revint que ses jambes cédèrent et qu'elle se laissa tomber dans son fauteuil.

Trente jours.

Elle pensa à Kabir, à son père, aux employés de l'entreprise, à toutes ces vies qui reposaient sur sa réponse. Puis elle pensa à elle-même, et à la femme qu'elle deviendrait si elle cédait. Une chose au moins était claire : cet homme ne lui laisserait aucun chemin propre.

Son téléphone s'illumina. Un message de Kabir : « Je t'attends pour dîner, mon amour. J'ai préparé ton plat préféré. » Elle fixa l'écran, et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, elle ne sut pas quoi répondre.

Chapitre 3 Trente jours

Elle dîna avec Kabir comme on marche sur un fil tendu au-dessus du vide. Il avait cuisiné son plat préféré, allumé deux bougies, mis la table avec le soin maladroit qu'il réservait aux occasions qu'il jugeait importantes. Elle mangea, elle rit aux bons endroits, elle répondit à ses questions sur sa journée par des phrases vagues et souriantes.

« Tu es pâle, dit-il en lui servant de l'eau. »

« Un dossier qui m'a épuisée. Rien de grave. »

Il posa la main sur la sienne, la garda un instant. Elle eut envie de lui hurler la vérité, et elle se contenta de retourner sa paume pour serrer ses doigts. Cette nuit-là, elle ne dormit presque pas. À l'aube, elle ouvrit son agenda et écrivit, en haut de la première page vide, un chiffre : 29.

Il lui restait vingt-neuf jours pour trouver une porte de sortie.

Elle passa la fin de la nuit à dresser la liste de ce qu'elle possédait : quelques économies, des relations, une réputation solide, une amie fidèle. Cela lui parut dérisoire face à un homme capable de faire trembler un patron. Mais elle ne se laisserait pas écraser sans se battre.

Elle arriva au bureau à sept heures et demie, avant tout le monde, avec la ferme intention de frapper à la seule porte qui pouvait encore la protéger : celle de son patron.

Monsieur Malhotra dirigeait l'entreprise depuis plus de vingt ans. Il l'avait recrutée à la sortie de ses études, l'avait formée, promue, défendue quand certains doutaient d'elle. Elle le considérait comme un mentor. Elle attendit qu'il ait posé sa veste et sa tasse de thé, puis elle referma la porte de son bureau derrière elle.

« Priya. Vous avez une mine terrible. Asseyez-vous. »

« Monsieur, il faut que je vous parle de Monsieur Rohan. »

Elle vit le sourire de son patron se figer, à peine, comme une vitre qui se voile.

« Rohan ? Qu'a-t-il fait ? »

Elle avait préparé ses mots toute la nuit. Elle parla de messages insistants, de cadeaux non désirés, d'une visite tardive dans son bureau et de propos déplacés. Elle ne dit rien du secret de son père, ni du chantage : cette porte-là restait fermée, à double tour. Elle dit seulement qu'elle ne se sentait plus en sécurité et qu'elle souhaitait ne plus avoir affaire à lui.

Monsieur Malhotra l'écouta jusqu'au bout, les doigts joints sous le menton. Quand elle eut fini, il soupira longuement.

« Priya, je vais vous parler comme à une fille. Rohan est un homme à l'ancienne. Il est expansif, un peu excessif, il s'enthousiasme facilement pour les personnes brillantes. Je suis certain qu'il n'a rien voulu de mal. »

« Il m'a fait des avances alors que je lui ai dit que j'étais mariée. »

« Il a peut-être mal interprété votre amabilité. Vous êtes charmante avec les clients, c'est ce qui fait votre talent. » Il se leva et alla à la fenêtre, le dos tourné. « Vous savez ce que représente son groupe pour nous ? Quarante pour cent de notre portefeuille. Quarante pour cent, Priya. Si Rohan se fâche, ce sont des centaines d'emplois qui vacillent. »

Elle remarqua la sueur légère à ses tempes et son regard qui fuyait vers le téléphone. Il avait déjà parlé à Rohan. Elle en était certaine.

Priya comprit alors, dans un vertige glacé, qu'elle n'avait jamais eu de mentor. Elle avait eu un patron, et les patrons choisissent toujours ce qui les fait vivre.

« Vous me demandez de me taire, dit-elle doucement. »

« Je vous demande de faire preuve de discernement. » Il se retourna, le visage plus dur. « D'ailleurs, j'allais justement vous appeler. Rohan a demandé que vous soyez son interlocutrice exclusive sur le prochain contrat. À partir de lundi, c'est vous seule qui gérez son dossier. »

Elle eut l'impression qu'on lui retirait l'air de la pièce.

« Je peux refuser ? »

« Vous pouvez tout refuser. » Il croisa son regard sans ciller. « Mais je serais obligé d'en tirer les conséquences dans votre évaluation annuelle. »

Elle sortit sans savoir comment. Dans le couloir, elle s'appuya contre le mur, le souffle court, les mains glacées. Un pas se rapprocha, et une voix chaude l'appela.

« Priya ? »

Diya se tenait devant elle, un dossier contre la poitrine, l'inquiétude dans ses grands yeux. Elles s'étaient connues dès le premier jour dans l'entreprise, avaient partagé des cafés brûlants, des fous rires interdits et des nuits de bouclage.

Diya était probablement la seule personne, hors de sa famille, qui la connaissait vraiment.

« Tu as vu un fantôme, dit-elle à mi-voix. »

« Presque. »

« Viens. Pas ici. »

Elle l'entraîna dans la petite salle de réunion du fond, referma la porte. Priya s'assit, les épaules affaissées. Elle sentit que les mots montaient en elle, prêts à déborder.

Elle en laissa passer quelques-uns : un homme puissant, un client important, une pression qu'elle ne pouvait pas nommer. Elle ne dit ni le nom de Rohan, ni celui de son père.

« Tu ne peux pas me dire, c'est ça ? »

« Pas encore. »

Diya lui prit les mains, serra fort.

« Alors je ne poserai pas de questions. Mais si tu as besoin de quelqu'un dans ton dos, Priya, tu m'as, moi. Quoi que ce soit. »

Les larmes revinrent, sans bruit. Priya hocha la tête, incapable de parler.

Le soir, dans son bureau, elle relut le message que Rohan lui avait envoyé pendant la journée : un simple bouquet de fleurs blanches, accompagné d'une carte. Vingt-huit jours, disait la carte, de son écriture fine et élégante. Il comptait, lui aussi.

Elle déchira la carte en petits morceaux, un à un, comme si elle pouvait ainsi déchirer le temps. Puis elle ouvrit son agenda, barra le chiffre 29 et écrivit 28 en dessous, d'une main qui ne tremblait plus. Elle ne trouverait aucune aide au sein de l'entreprise. Il lui restait un seul endroit où chercher des réponses : la maison de son père.

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