- Tu vas faire ce que je te dis ! Et tu as intérêt à bien le faire ! Venait, de dire méchamment la voix de cet homme.
- Ne peux-tu pas envoyer quelqu'un d'autre à ma place ? Avais-je dit la voix tremblante ; quelqu'un de plus, expérimenté que moi ?
Il s'approcha rapidement de moi, et m'attrapa l'arrière de la tête en empoignant fortement mes cheveux dans sa main.
- Tu feras ce que je te dis est-ce que c'est bien clair ! Avait-il dit dangereusement, en tirant encore plus fort sur mes cheveux. Faisant encore plus partir ma tête en arrière.
Et pour seule réponse, j'avais retenu mes larmes et secoué la tête.
- Il ne me semble pas avoir entendu quoi que ce soit ! EST-CE QUE C'EST CLAIR !? Avait-il hurlé
- Oui...Oui, très clair, avais-je répondu avec difficulté.
Un sourire mauvais venait d'étirer ses lèvres, sa domination sur moi était quelque chose qui lui plaisait énormément.
Ça, et me faire souffrir était ces deux passe-temps favoris.
Après avoir entendu ma réponse très clairement cette fois-ci, il relâcha violemment mes cheveux et ma tête me faisant ainsi vaciller.
- Quand dois-je partir ? Dis-je les yeux baissés pour éviter son regard mauvais sur moi.
- Dans une semaine, prépare donc tes valises !
- Qui vas s'occuper des filles ?
- Gloria le fera en ton absence, me dit-il sèchement ; maintenant, dégage de ma vue.
Sans un mot de plus je me dirigeait donc vers la sortie de son bureau, mais avant que je ne puisse franchir totalement la porte, je l'entendis me dire :
- Peu importe ce que tu devras faire une fois là-bas ! Si tu dois te battre ou bien tuer ou même encore donner ton cul, pour récupérer ce qu'il me faut, tu le feras. J'espère avoir été assez clair !
- Bien, avais-je simplement répondu avant de quitter pour de bons ce maudit bureau.
Regagnant ce qui était ma chambre enfin si on pouvait appeler ça une chambre, c'était plus une petite pièce qui devait plus servir de débarras de base. Mais elle m'avait été attribuée.
Pourquoi ?
Bien que ce soit une grande villa, les chambres étaient réservées pour les invités. Il m'avait interdit de m'installer confortablement dans l'une d'entre elle comme si j'étais « une princesse » disait-il.
Si je voulais rester ici, ça se méritait m'avait-il toujours dit. Et pour ça, je devais travailler, pas bien loin, car il voulait toujours avoir un œil sur moi. Je travaillais donc ici même au sein de la villa, comme bonne à tout faire quatre jours par semaine. Les trois autres jours, je m'occupais des filles.
Mes tâches étaient variées, je faisais le ménage comme la cuisine ou encore l'entretien du jardin ou de la piscine en bref « bonne à tout faire » était vraiment le terme exact. Vu que je touchais à tout.
Je n'avais pas de salaire, mais en contre partie, j'étais nourri et loger. Mes journées commencées à sept heures du matin et elle finissaient souvent dans les alentours de vingt-et-une heures. Une fois, le repas du soir finit et toute la vaisselle nettoyée et rangée.
Le week-end, c'était pire comme il recevait beaucoup de monde, les journées paraissaient interminables et les nuits très courtes.
Mais comme il me le répétait depuis toujours, je n'étais pas à plaindre, j'avais un toit au-dessus de la tête, et de quoi me nourrir. Et il avait raison beaucoup n'avait pas cette chance et vivait dehors sans pouvoir se nourrir correctement. Alors je ne devais pas me plaindre de ma situation.
Et puis de toute façon valait mieux sinon, il me ferait passer l'envie de me plaindre à nouveau et croyait moi ça n'a rien d'agréable !
Le maître, comme il voulait que je l'appelle, n'aimait pas que je le contredise ou que je ne fasse pas exactement ce qu'il m'avait dit de faire. Et lorsque ça se produisait, il me battait jusqu'à ce que je comprenne la leçon et que l'envie de lui désobéir ne me reprennes plus.
J'essayais donc le plus possible de ne jamais aller à l'encontre de ce qu'il souhaitait. C'était bien mieux ainsi, après tout, c'était ma vie et je le méritait alors valait mieux accepté, c'était plus simple ainsi.
Heureusement que ça rester une villa, donc toutes les pièces étaient bien plus grande que dans une maison ou un appartement classique. Ce qui m'avait permis de pouvoir installer un petit matelas une place dans mon petit débarras qui me faisais office de chambre.
Certes, ça n'était pas très grand mais suffisant pour moi, la seule chose qui me manquait était, je dois le reconnaître une fenêtre. N'étant pas une vraie chambre, cette pièce n'en disposait donc pas. Mais j'aurais tellement aimé, pouvoir admiré les le ciel durant la nuit. Parfois, je sortais en cachette pour me rendre au jardin, pour admirer les étoiles.
Ça avait quelque chose de très relaxant, j'aimais me perdre dans cet immense infini qui offrait tellement de possibilités et en même temps tellement rien.
Après tout que sais ton réellement, de l'espace ?
Si ce n'est, qu'il est infini...
Vous, vous rendez compte que ça veut tout et rien dire à la fois !
À cette simple pensée un sourire, naquit sur mes lèvres. Comme j'aimerais pouvoir être en ce moment en train de me perdre dans cette pluie étoilée.
Mais hélas la réalité me rattraper vite, en pensant que, dans une semaine, j'allais quitter chez moi pour une terre inconnue.
Une terre bien trop dangereuse.
Une terre qui peut-être serait la dernière chose que je verrais dans ce monde.
Car oui, le maître m'offrait un aller, sûrement sans retour dans l'entre, du diable...
- On recommence ! Et cette fois-ci mettez-y plus d'énergie Mesdemoiselles ! C'est fade ! Tonnais-je.
- Allez. 5,6,7 et 8 !
- Et 1,2,3,4, je tourne !
- 5,6,7, j'ondule !
- 8,9, et 10, je bloque ! Terminais-je.
- C'est, bien les filles, c'est mieux, mais pas tout à fait ça encore, certaines ne sont pas dans les temps ça rend le tout pas très harmonieux !
- Mais vous avez encore le temps de vous entraîner, la représentation est dans deux mois d'ici là, il vous faudra répéter tous les jours pour être au top.
Toutes les filles acquiescèrent de la tête.
- Bien, maintenant, allez vous étirez, ensuite faites vos séries et c'est bon.
Des souffles venaient de se faire entendre elles étaient fatiguées après cette répétition, mais c'était ainsi qu'on se perfectionnait la réussite n'attendait pas. Encore moins dans ce domaine.
- Sia, s'il te plaît, on ne peut pas simplement rentrer, on est fatiguée nous ! Râlait Britanny une des danseuses.
- Très bien, vous voulez rentrer ? Alors allez-y ! Mais lorsque que Riley, me demandera pourquoi votre présentation était si peu incroyable
- Je lui expliquerais que vous étiez fatiguée et que vous avez préféré rentrer après les séances.
Je vis leurs têtes paniquées totalement à la simple évocation de ce prénom Riley...
Riley étaient leur patron, le mien par la même occasion et il n'était pas connu pour être un être des plus tendre. Il ne laissait jamais la place à l'erreur ou à la médiocrité. Et si les filles n'étaient pas opérationnelles et parfaites pour chaque représentation alors c'était couru d'avance qu'elles en prendraient pour leur grade et moi par la même occasion.
Utiliser la peur sur elles n'étaient peut-être pas le meilleur moyen d'un point de vue extérieur, mais croyait moi, je préférais encore qu'elles aient peur et qu'elles s'en sortent indemnes plutôt qu'elle laisse la fainéantise les gagner et risquer de ne plus jamais les revoir...
Car oui, c'était arrivé à plus d'une, que Riley les fassent disparaître après les avoir torturé puis tuer.
Riley était un homme d'affaires qui baignait, dans des trafics illégaux. Je sais qu'il est en relation avec plusieurs chefs mafieux, il n'en fessait pas partie, mais il avait toujours rêvé d'en être. Sauf qu'on n'entre pas comme ça dans la mafia.
Alors, il utilisait ses entreprises pour blanchir l'argent de certains de ces mafieux. Riley est un homme à l'ego surdimensionné, bien qu'il ne soit plus tout jeune, il a toujours espoir qu'un jour la mafia veuille de lui. Et ses rêves de grandeur le poussent à croire qu'un jour, il dirigera même le plus grand réseau de la mafia de notre pays.
Un rêve bien trop ambitieux pour l'homme qu'il est ! Ces mafieux n'en n'ont que faire de lui, ils l'utilisent juste, profitant ainsi de son argent et de son nom.
Car malgré tout, il reste Riley Miller, un homme d'affaires américain qui a plutôt bien réussi sa vie. Mais personne ne sait que dans l'ombre, c'est bien un tout autre homme qui se cache derrière ce nom réputé.
Riley m'a sorti de l'école, alors que je n'avais que treize ans. Il a dit que je devais servir à quelque chose et lui ramener de l'argent.
Je fais de la danse depuis que je suis en âge de tenir sur mes pieds, et j'adore ça la danse est plus qu'une passion pour moi. C'est un exutoire le moment où je suis enfin libre d'être entièrement moi, sans me cacher ou jouer le rôle d'une autre. Lorsque je laisse la musique me transporter, je suis juste moi...
La semaine est passée à toute vitesse, moi qui pensais avoir encore le temps avant de quitter les États-Unis pour ce pays inconnu, je m'étais trompé.
C'était déjà l'heure du départ, j'avais déjà préparé toutes mes affaires en amont. Et me voilà déjà devant l'aéroport après qu'un chauffeur m'y a déposé.
Le maître ne m'a pas fait de grand adieu ni de recommandations sur les dangers que pouvait abriter ce pays, non, il s'était seulement contenté de me dire qu'une chambre dans un petit hôtel avait été réservée pour moi le temps que je trouve une solution pour arriver à mon but.
Ses dernières paroles me laissèrent un goût amer lorsque j'y repensais.
« Tâche de me ramener ce que je t'ai demandé, il en va de ta survie dans ce monde.»
Voilà les dernières paroles que m'avait balancées mon géniteur avant de m'envoyer, direction, l'entre du Diable.
La seule chose qu'il avait eue l'intelligence de faire était de me prendre une chambre d'hôtel là-bas. En même temps, il ne me versait pas de salaire alors j'aurais eu beaucoup de mal à payer une chambre d'hôtel pour plusieurs jours.
Au fil des années, j'avais essayé d'avoir mon argent par mes propres moyens, mais dès qu'il s'en apercevait, il me frappait et prenait l'argent que j'avais réussi à avoir.
J'ai donc dû me faire plus discrète, ce qui me limitait davantage à avoir de l'argent.
Comment est-ce que je faisais ?
Et bien, c'est simple comme toujours, j'utilisais ma passion pour m'aider, beaucoup de filles souhaitaient améliorer leurs chorégraphies ou leur façon de danser. Elles savaient que plus elles étaient performantes lors des shows publics ou privés et plus elles récolteraient de l'argent.
Comme beaucoup d'hommes, ceux qui fréquentaient le Fire, adorer voir des femmes exécutées parfaitement ce genre de show. Et beaucoup donnaient d'énormes pourboires aux filles lorsqu'ils étaient satisfaits de leurs performances.
Alors quand j'ai compris que je pouvais moi aussi trouvé le moyen d'avoir un peu d'argent, j'avais accepté de donner des cours privés à certaines en échange d'une rémunération.
Les filles étaient déjà payées par le Fire, mais en plus elles amasser d'énormes pourboires. Alors, elles pouvaient bien me payer un peu pour les cours supplémentaires qu'elles me demander !
Je n'avais pas beaucoup d'argent de côté, parce que je ne demandais pas énormément pour ces cours particuliers. De plus, il fallait que je m'achète tout ce qui constitue la vie d'une fille.
Car ça n'était sûrement pas le maître qui se souciait de ce dont j'avais besoin. Entre les produits hygiéniques et mes vêtements de tous les jours, je devais me débrouiller toute seule pour me les procurer.
Bien que Riley soit un homme d'affaires à la tête de plusieurs entreprises, son mépris pour moi lui avait complètement fait oublier qu'une fois par mois, j'avais ce qu'on appelé des menstruations et que pour ça, j'avais besoin de choses bien spécifiques qu'il ne m'achetait pas.
Alors les premières années, j'avais simplement dû mettre plusieurs couches de papier toilette, que je devais aller changer presque toutes les demi-heures tant le papier n'était pas fait pour ça...
Une fois, j'avais essayé de lui demander de l'argent pour pouvoir aller m'acheter des serviettes, j'avais quinze ans. Il m'a foutu une claque tellement forte qu'il m'a ouvert la lèvre et laisser un bleue pendant plusieurs jours sur la joue.
Il m'avait hurlé que « j'étais qu'une petite merde qui cherchait déjà à le plumer, mais que je n'aurais jamais un cent de sa part ! », après ça, je ne lui ai plus jamais redemandé de l'argent.
Je dois avouer que j'étais quelque peu mal à l'aise qu'il avait réussi à lire en moi aussi facilement.
D'habitude, j'arrivais toujours à cacher mes émotions. Cacher la vérité. Mais cet homme semblait voir au-delà de ce que le commun des mortels voyait.
- La femme avec son bébé, dis-je mal à l'aise ; où est-elle passée ?
- En première classe. Me répondit-il simplement.
Devant ma mine incrédule, il poursuivit.
- J'étais en retard lorsque je suis monté à bord. En entrant dans l'appareil, la première chose qui m'a accueillie et ce bébé qui ne cessait de pleurer.
- La mère semblait plutôt dépasser, et pas très à l'aise à sa place avec un bébé.
- J'ai pensé qu'ils seraient plus à l'aise en première classe que dans ce tout petit espace. Termina-t-il d'un ton neutre.
J'étais très surprise, c'est vrai que le bébé avait commencé à pleurer depuis un bon moment déjà. Mais j'étais bien trop absorbée par mes pensées, et j'avais le visage rivé sur le hublot. Je n'avais donc même pas remarqué leur échange.
- Oh, je vois. Vous êtes donc une de ces âmes charitables, dis-je avec un petit sourire ; je suppose que je dois donc vous remercier ?
L'homme arqua un sourcil.
- Pour m'avoir épargné un voyage, accompagné de pleurs d'un bébé.
Une lueur étrange traversa son regard.
- Une âme charitable, je ne sais pas. Je ne pense pas. Dit-il toujours sur ce ton neutre qui le rendait très énigmatique ; j'ai juste fait un constat. Et agit en conséquence.
Modeste, pensais-je
- Par contre, je reconnais que vous pouvez me remercier de vous avoir sauvé des cordes vocales de ce bambin.
- Il semblait avoir une sacrée puissance, me dit-il avec un sourire en coin.
- Je sais, soufflais-je amusé
- Vraiment ? Dit l'homme avec toujours un sourcil en l'air ; vous ne sembliez même pas entendre ses hurlements lorsque je suis entré dans l'avion.
- Vous donniez l'impression d'être perdue. Ailleurs, complètement déconnecté de la réalité. Si bien que vous n'avait, même pas remarqué que j'avais pris place à vos côtés.
Je tournai ma tête pour regarder l'homme dans les yeux, mais je me rétractai rapidement. Soutenir son regard, azur semblait vraiment difficile.
- C'était le cas, dis-je simplement ; mais contrairement à vous, je ne suis pas arrivée en retard. Mais en avance.
- Et croyais-moi, j'ai eu bien assez le temps pour profiter de ses merveilleuses cordes vocales.
J'entendis l'homme glousser rapidement.
- Je vois, comment est-ce que vous vous appelez ?
- Anna, répondis-je en le regardant droit dans les yeux cette fois ; et vous ?
- H. me dit-il en me regardant à son tour ; mademoiselle Anna ?
J'avais bien compris qu'il attendait la suite, mais je n'étais pas sûr de vouloir être Anna Miller en dehors de chez moi. Là-bas, je n'avais pas le choix que d'être elle.
Alors qu'aujourd'hui, ici. Loin de l'emprise du maître, je pouvais être juste moi.
- Juste Anna. L'homme leva de nouveau son sourcil, sûrement intrigué par ma réponse ; et vous ? H, Hein ? Comme la lettre ? Fis-je amuser
- Des endroits à me conseiller ?
Lui dis-je en espérant éteindre l'anxiété qui s'était créée en moi.
H, me regardait toujours avec cette même lueur étrange dans les yeux. Il prit un temps pour réfléchir avant de m'énumérer, plusieurs choses à faire à Moscou.
J'essayais tant bien que mal de retenir tous les noms et endroits qu'il était en train de me citer. Mais je dois reconnaître, que je n'en avais retenu que deux ou trois à tout casser.
- Évite « La Tour » me dit-il d'une voix grave. Ce qui ressemblait fortement à une mise en garde.
- La Tour ? Qu'est-ce que s'est ?
Dis-je l'air vraiment perplexe.
- Un club. Un des endroits les plus huppés de Moscou. En revanche, c'est aussi un endroit dangereux, où une fille comme toi n'a rien à y faire. Termine-t-il l'air très sérieux.
À ces paroles, j'avais froncé machinalement les sourcils. Une fille comme moi ? Qu'est-ce qu'il insinuait, par là ?
- Une fille comme moi ? Répétais-je plutôt mal à l'aise ; et quel genre de fille suis-je ?
H, émit un petit sourire en coin avant de me répondre :
- Le genre innocente. Prononce-t-il sans rien ajouté d'autre.
- Oh, je vois. Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? Dis-je d'un air de défi.
C'est vrai comment il pouvait savoir ce genre de chose après tout ? Bon, ok, je n'étais pas une fille très dangereuse. Mais ça, lui n'en savait rien !
- C'est mon rôle de savoir ce genre de chose, Anna. Fit-il en me fixant cette fois du regard ; rien qu'à ton attitude corporelle, je peux déjà affirmer que tu ne représentes aucun danger.
- Je peux également le lire dans tes yeux. Tu es sûrement ce qu'on appelle une « âme pure », il émit une pause ; et ce genre d'âme n'a rien à faire, dans un endroit comme la Tour.
- À t'entendre, on dirait que ce club est l'entre du diable, dis-je en rigolant.
Mais quand je vis que H, ne m'avait pas suivi dans mon rire, je venais de comprendre que je n'étais peut-être pas loin de la vérité.
- Et si c'était le cas ? Dit-il toujours de cet air impassible ; la Tour, est peut-être un club en apparence. Mais il s'y passe bien des choses là-bas.
- Et crois-moi, tu n'as pas envie de connaître les entrailles de l'enfer.
À ces mots, j'avais légèrement tressailli.
Je dois reconnaître que ces paroles m'avaient légèrement, quelque peu, un tantinet fait flipper !
Je savais, que la Russie abritait des endroits plutôt dangereux. Mais de l'entendre de la bouche d'un de ces ressortissants. Ne m'inspirait pas confiance.
Et dire que j'avais été envoyé ici, dans le but de commettre quelque chose de complètement dangereux ! Il y a pas à dire, le maître m'avait très clairement envoyé en mission, suicide, pendant que lui se prélasser tranquillement au manoir.
- Les apparences sont souvent trompeuses, dis-je avec le peu d'assurance qu'il me restait.
L'homme me regarda à nouveau, et semblait intrigué par ma réplique. Ce qui lui avait valu de hausser un sourcil, et de pencher la tête légèrement sur le côté.
Il attendait que j'en dise plus.
- Tu me juges sur une apparence, mais parfois, elles ne sont qu'un leurre. Si je devais te juger sur ma seule et unique première impression. Et bien, j'aurais fait une belle erreur.
Ça faisait maintenant presque une semaine que j'étais en Russie. Et pour être honnête, j'étais assez perdue dans ce grand pays.
Tout d'abord, l'hôtel que le maître m'avait pris craignait pas mal. Le soir, j'entendais souvent des cris assez étranges ou des bruits plus que douteux. Ce pourquoi, j'évitais le plus possible de sortir de ma chambre.
De plus, je n'avais pas vraiment beaucoup d'argent, alors que pouvais-je bien faire ?
J'avais eu Riley au téléphone le deuxième jour de mon arrivée. Il m'avait demandé si j'avais avancé dans ma mission, et m'avais hurlé dessus quand je lui avais dit que je venais à peine d'arriver et que je n'avais pas pu encore passer à l'action.
Mais sérieusement que croyait-il sincèrement ? Qu'en à peine quarante-huit heures dans ce pays inconnu, j'allais lui dire que j'avais ce qu'il attendait de moi ?
Heureusement qu'il m'avait fourni un téléphone plutôt récent qui avait accès à Internet, pour pouvoir faire certaines recherches. Car sans ça, je ne sais vraiment pas comment j'aurais fait !
Car ça n'était pas avec mon vieux dinosaure, que j'allais pouvoir faire quoi que ce soit !
Un peu plutôt ce matin, j'avais reçu un appel du maître. Il m'avait informé qu'il allait m'envoyer, des informations importantes pour la suite. Selon ses dires, j'allais pouvoir enfin avancer dans ma mission.
Après avoir reçu un message, en cliquant mon corps, s'était figée face au nom que j'étais maintenant en train de lire...
« La Tour »
Voilà, le lieu qui allait soit disant, m'aider à atteindre mon objectif. Ce même lieu, que H, m'avait formellement mis en garde, contre le fait de ne pas m'y rendre.
Me voilà maintenant obligé de devoir m'y rendre...
Malgré les plusieurs mises en garde du Russe, je crains que j'allai bien devoir explorer les entres de l'enfer !
Et je sentais déjà que j'allais me rendre tout droit dans la gueule du loup !
J'avais lu et étudié toutes les informations que j'avais reçu. Apparemment, je devais me rendre dans un des bureaux du dernier étage qui se trouvait au sommet de la Tour.
Je ne sais même pas déjà, comment j'allais juste rentrer dans le club, alors investir la partie supérieure de ce lieu semblait être encore plus compliqué.
J'avais déjà recherché sur Internet ce qu'était « La Tour » et H, n'avait pas menti. Il s'agissait bien du club le plus huppé, de Moscou.
Toutes les personnes les plus influentes du pays s'y rendaient, ainsi que les célébrités. Mais pas seulement d'après ce que j'avais pu lire. Le club recevait aussi, les hommes les plus dangereux du pays. Notamment beaucoup d'hommes de gang, et d'hommes de la mafia !
La Tour, avait plusieurs envers. Il s'agissait bien d'une boîte de nuit. Mais pas seulement, de ce que j'avais pu lire, il y avait aussi un club privé, réservé à certains membres.
Pour accéder à ce club en revanche, tout le monde n'y avait pas accès. Il fallait en être membre. Et il n'y avait aucune indication, pour savoir comment en devenir un.
Je pense que tout le monde n'entrait pas aussi facilement, et que pour y avoir accès, il fallait être quelqu'un de très influent.
Ce soir, j'allais donc me rendre dans le centre de Moscou, en espérant, pouvoir rentré dans la Tour, du moins dans la partie boite. Si j'arrivais déjà à y entrer ça serait un miracle !
Face à ce lieu Le Fire, ressemblait toujours à ce vieux endroit miteux qu'il était avant.
Des hommes étaient en train de me regarder avec impatience, j'en ai vite déduit qu'il s'agissait de leurs boissons que je tenais dans les mains.
J'avais inspiré un bon coup et affiché ce sourire de façade qui me connaissait si bien, et je m'été dirigée vers eux. Dès que j'étais arrivée, ils avaient cessé de parler comme si leur conversation était secrète.
J'avais rapidement trouvé quel verre appartenait à qui, et je les avais servis et étais aussi vite répartie.
Il fallait maintenant que je trouve un moyen d'accéder aux bureaux maintenant. Et ça n'était certainement pas avec l'ascenseur que je venais de prendre que j'allais y parvenir.
J'étais maintenant, en train de parcourir le club privé, un couloir m'avait intriguée et je m'étais laissé tenter. Tout au long de ce couloir se trouvaient plusieurs portes. Toutes en velours, mais aux différentes couleurs.
Qu'est-ce que ça pouvait bien signifier ?
J'avais collé mon oreille à une des portes dans l'espoir d'entendre quelque chose qui m'indiquerait ce qui s'y trouvait derrière. Mais rien pas un bruit.
En revanche au moment où je m'étais redressé, pour m'éloigner de la porte. Quand tout d'un coup, elle s'était brusquement ouverte, laissant une femme d'âge moyen, topless seulement vêtue d'un string.
J'avais ouvert grand les yeux, et la bouche. Je crois que je n'avais plus de doute sur ce qui s'y passait dans ces chambres.
- Tu cherches quelque chose ma belle ? Me dit la femme d'une voix aguicheuse.
- Oh, non, non ! Fis-je rapidement ; je...je cherchais juste des clients qui souhaitent passer commande au bar.
La femme semblait avoir mordu à l'hameçon. Je lui avais offert un petit sourire avant de vite tourner les talons. Et pendant que j'avançais pour m'éloigner, j'entendis à nouveau la voix de la femme me dire :
- N'hésite pas à revenir chérie si tu as une petite pause...
Je rêve où elle était en train de me draguer ?
Non, je ne rêvais pas, c'était bien ce que cette femme aux seins nus était en train de faire.
Une raison qui m'avait fait encore plus accélérer le pas, pour partir loin d'elle et de ces chambres !
À un moment dans une intersection, j'avais pu y voir une petite porte, ne sachant pas comment faire pour sortir de cet étage, je l'avais prise. Et à mon plus grand bonheur, il s'agissait d'une issue de secours.
J'étais maintenant dans une cage d'escalier, passant ma tête par-dessus les rambardes. J'avais pu voir qu'il y avait énormément d'escaliers encore.
Je crois que j'avais enfin trouvé un moyen d'accéder à ce que je cherchais !
J'avais décidé d'enlever les talons, pour les porter à mes mains. D'après les informations que j'avais reçues de Riley, le bureau que je devais investir se trouvait tout en haut de la tour. Ce qui voulait dire que j'allais devoir monter toutes les marches de ces escaliers.
Et en talons ça n'est pas très pratique, ça m'aurait fait perdre du temps et pire encore, j'aurais pu me tordre la cheville dans la précipitation.
Après avoir monté le plus de marché possible, j'avais foncé dans la première porte que j'avais vue, et j'avais atterri dans une espèce de grand salon.
Ça ressemblait beaucoup à salon privé comme on peut le voir dans les grandes entreprises. Le sol était fait en moquette, et c'était très agréable pour mes pieds nus.
J'étais aux États-Unis depuis quelques heures déjà, dans un patelin paumé. Une ville du nom de Hudson, je crois. Je venais tout juste de sortir de la petite fête des Hariston.
Et le moins, que l'on puisse dire, c'est que cette soirée avait été très divertissante. La fausse blonde que Nate Hariston, s'apprêtait à épouser n'était qu'une arriviste, menteuse et manipulatrice.
Un peu comme la plupart des femmes de ce monde. Encore plus dans ce genre de cercle.
J'aurais bien participé à la petite fête pour y rajouter ma petite touche, mais quelqu'un m'avait glissé à l'oreille qu'on n'avait pas le temps. Et il avait raison.
Je n'étais pas de retour aux États-Unis, pour le plaisir, bien au contraire. J'avais dû venir en urgence, avec les nerfs à vif, par ce que j'avais appris qu'une de mes cargaisons avait mystérieusement disparu !
Généralement, je ne me déplace jamais pour ce genre de soucis, je laisse mes bras droits régler les problèmes. Mais là, il fallait que je me déplace moi-même.
Plus de deux millions et demi de dollars étaient en jeu.
Oui, cette cargaison d'armement, était les dernières armes à peine sorties des usines de fabrications. La crème de la crème, de la technologie de pointe. Une petite cargaison, pour que nos acheteurs les testent avant de passer les vraies commandes.
Et dans nos acheteurs y figurer plusieurs gouvernements de plusieurs pays différents. Il fallait donc absolument que ces armes soient en Russie, prêt à être envoyés à nos clients !
Une cargaison de ce genre ne se perdait pas, ce qui voulait forcément dire qu'on nous l'avait volé. Et pour cet affront, je frémissais déjà à l'idée de m'imaginer en train de me venger.
Une fois dans la voiture, j'entendis la porte de droite s'ouvrir et se refermer.
Je fis signe de la main à mon chauffeur de démarrer.
- Des nouvelles ? Me dit cette voix grave à ma droite.
- Oui, ils ont réussi à attraper un des gardes avant qu'il ne passe la frontière canadienne, fis-je la mâchoire serrée.
Si ce petit con tenté de fuir le pays, c'est qu'il était sûrement au courant de quelque chose. Et sa fuite ne voulait dire qu'une seule chose.
Qu'il avait participé au vol de ma cargaison.
Et pour ça, je le saignerais !
- Que comptes-tu faire ?
Je tournais mon regard vers lui avant de lui répondre :
- Que crois-tu que je vais faire hein ? Joué à la dînette avec lui, voyons !
Il émit un grognement.
- Ne joue pas au con Leonid, me dit-il ; laisse-moi lui parler avant de le tué. Il faut qu'on sache qui est derrière tout ça.
- Toi arrêtes de jouer au con ! Si tu crois que je vais le laisser respirer tranquillement une fois en face de moi !
Il souffla bruyamment.
Après ma petite séance, je dois reconnaître que j'étais un peu plus détendue. Mon sourire était revenu aussitôt les premiers cris qu'avait poussés ce bon vieux Jim.
Le garde, qui me l'avait mis à l'envers et qui avait aidé à ce qu'on vole ma cargaison.
Je n'avais pas voulu entendre ce que Garett, avait réussi à en tirer de lui. J'avais besoin de me défouler avant, et puis de toute façon, je savais, qu'il avait réussi à avoir des infos.
Je m'apprêtais, maintenant à jouer à mon jeu préféré : les fléchettes.
J'étais en train de nettoyer et préparer mes fléchettes. Quand mon cousin m'avait rejoint.
- C'est bon, tu es plus apte à la discussion maintenant ? Fit-il d'un ton nonchalant.
- C'est exact, répondis-je sans détour ; parle. Que t'as t'il dit ?
- Un certain Tommy, l'a payé et lui as donnait les instructions à suivre pour détourner la cargaison.
- Un nom ?
- Non. Jim, dit qu'il ne lui a donné que son prénom. Et que c'est ce Tommy, qui est venu à lui. Il a été payé à l'avance.
- Une première partie avant, et le reste une fois la cargaison volée.
Un grognement sourd, était sorti de mes lèvres.
Ce Tommy, semblait plutôt bien organisé pour un homme qui agissait seul. Et qui venait de me voler deux millions et demi de dollars.
- Des complices ? Demandais-je les dents serrées.
- D'après Jim, Tommy était seul. Pas de signe d'un ou d'une complice. Dit-il le regard sévère ; mais si tu veux mon avis, il est impossible qu'il ait agi seul.
Il pensait donc la même chose que moi.
- On ne vole pas une cargaison aussi importante en agissant seul. Encore plus lorsqu'elle appartient au Petrov.
- Pire encore, à toi. Finit-il en me regardant droit dans les yeux ; je pense que ce Tommy n'est pas le réel commanditaire.
- Je le pense aussi. Des pistes pour le retrouver ?
- Pas encore. Mais ça ne serait tardé. Jim, a dit qu'il ne s'agissait pas d'un étranger. Ce qui veut dire que ce Tommy, est Américain. Et doit sûrement vivre ici.
- Bien. Je me tournai cette fois-ci complètement vers lui ; je sais que d'habitude tu ne t'occupes très peu de nos affaires. Nous avons un accord, et je le respecte.
- Mais pour cette fois-ci, j'ai besoin de toi Garett. Je sens qu'il se trame quelque chose dans mon dos. Et cette cargaison, n'est que le commencement.
- J'ai besoin que tu te charges personnellement de retrouver ce Tommy. Je ne vais pas pouvoir rester aux États-Unis très longtemps. Et je n'ais confiance en pratiquement personne.
- Je comptais déjà m'en charger Leonid. Me répondit-il aussitôt ; je suis d'accord avec toi. Quelqu'un en a après toi. Et après notre famille. Cette attaque est ciblée et bien préparée.
- Nous avons un accord. Mais il s'agit de notre famille. Plus encore de toi. Alors tu peux compter sur moi. Je retrouverai ce Tommy.
J'avais simplement hoché de la tête.
Ma façon de lui dire merci.
J'attrapais ma première fléchette et la lancer sur la cible. J'en attrapais une deuxième et réitérais mon geste.
Un peu mécontent d'avoir loupé ce deuxième tir.