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Playboy : L'art de la séduction 2

Playboy : L'art de la séduction 2

Auteur:: Smile
Genre: Romance
Kyrell, toujours aussi beau, séducteur invétéré et éternellement distrait, se retrouve au cœur d'une spirale de maladresses qui compliquent ses amours et ses relations sexuelles jusqu'à des extrêmes insoupçonnés. Amoureux de trop de femmes et même de quelques hommes, il peine à trouver un équilibre, tandis que son inséparable Pépito, une prothèse bien particulière, devient à la fois source de plaisir et de danger. Ce sexe mâle, clipsable et vivant, apporte autant de moments d'extase que de situations périlleuses. Entre ses propres désirs et les expérimentations délirantes de chirurgiens aux allures de savants fous, Kyrell doit jongler avec des aventures qui mêlent passion, danger et humour. Une odyssée où le rire et la sensualité côtoient la peur et l'incertitude.

Chapitre 1 Chapitre 1

Sous la lumière douce du matin, un air lourd de mystère flottait dans la chambre où le désordre des draps trahissait les événements de la nuit. Pépito, vigilant et curieux, campait fièrement sur ses pattes arrière, scrutant la pièce d'un regard espiègle. L'atmosphère oscillait entre passion dissipée et tension latente.

Kyrell se pencha vers Jelena, le bruissement des draps se mêlant à la chaleur de leurs corps encore enlacés. Dans ce chaos de peaux nues, Pépito, flairant l'empreinte de l'ivresse amoureuse, avança sans hésiter, explorant les chemins tortueux de leur intimité. Les soupirs et baisers se perdaient dans l'obscurité complice de la pièce, tandis que les mains et les corps exhalaient la promesse d'une union incandescente. Pépito, symbole et messager de cette frénésie, conduisait Kyrell jusqu'à l'extase. Et lorsque le silence retomba, il ne laissa derrière lui qu'un souffle apaisé et quelques rires complices.

Kyrell, les bras alourdis par la fatigue, lança un regard malicieux à Jelena, une ombre de défi dans les yeux.

- Alors, chérie, que penses-tu de l'effet de ma barbe de deux semaines ? fit-il en caressant sa mâchoire rugueuse.

Elle le gratifia d'un sourire moqueur, déposant un baiser audacieux sur son torse.

- Ce n'est pas ta barbe que je retiens de cette nuit, taquina-t-elle. C'est plutôt l'ardeur de ton Pépito, un peu trop empressé à mon goût.

Il fronça les sourcils, jouant la fausse indignation.

- Quoi ? Comment ça, trop rapide ? C'est comme comparer un loup affamé à un chiot ! rétorqua-t-il, une lueur d'orgueil perçant son ton léger.

D'un geste, Jelena ramassa son vêtement abandonné sur le sol et lui lança un regard amusé par-dessus l'épaule.

- C'est bien là le problème, souffla-t-elle en enfilant sa culotte. Un loup sait savourer sa proie. Toi, tu as bondi trop vite, comme un chiot devant sa première gamelle. Et il a même failli rendre tout ça.

Un rire cristallin emplit la pièce, résonnant comme une douce provocation. Kyrell, piqué, se redressa, l'air faussement grave.

- Pourquoi ce surnom, Pépito ? Ça ne t'évoque rien de plus... puissant ?

Elle effleura son nez du bout de son doigt.

- Un chiot réclame sans cesse, et une fois servi, il s'empresse sans savourer. Voilà pourquoi, mon amour.

Kyrell éclata de rire, puis la conversation reprit un ton plus sérieux lorsque Jelena s'assit à côté de lui, une question brûlant ses lèvres.

- Alors, cette histoire de divorce, c'est pour quand ? murmura-t-elle, entre défi et espoir.

Il soupira, l'ombre d'un doute planant sur ses traits.

- Maelis cherche un nouveau logement. Une fois qu'elle l'aura trouvé, ce sera fait. Tu sais que c'est compliqué, elle est une bonne personne, malgré tout.

Jelena hocha la tête, cachant l'amertume qui s'insinuait malgré elle. Elle connaissait Maelis, sa bisexualité, son histoire avec Bianca. La situation était loin d'être simple, mais l'attachement de Kyrell pour sa femme restait une épine dans le cœur de Jelena.

- Sauf que moi, j'ai divorcé, dit-elle, l'ombre d'une pointe acide dans la voix. On ne peut pas tout avoir, n'est-ce pas ?

Un silence se posa entre eux, lourd, puis Kyrell se pencha, embrassant doucement l'épaule nue de sa compagne.

- Je veux vendre mon appart à Lons. Vivre avec toi, pour de vrai.

Mais le doute persistait, laissant Jelena mi-amusée, mi-sceptique.

- Et si c'était trop tôt ? Et Maelis, que dira-t-elle ?

Les mots de Jelena résonnaient, une ultime provocation.

- Toujours ta femme, n'est-ce pas ? Pourquoi pas une grande et heureuse cohabitation avec elle et Bianca ? lança-t-elle, piquée par la jalousie.

Kyrell sourit malgré lui, cherchant à apaiser la tension.

- Tu te souviens de ce que tu disais sur l'amour et la jalousie ? "L'amour doit transcender l'égo, accepter ce qui rend l'autre heureux".

- Alors, ce qui te rend heureux, c'est encore elle ?

Il serra Jelena contre lui, chassant ses incertitudes par la chaleur de ses bras.

- Non, c'est toi. Nous. La liberté de t'aimer sans ombre, dit-il avant de se lever d'un bond, enfilant son caleçon d'un geste rapide.

Elle soupira, résignée, se levant pour préparer le petit-déjeuner. Les rires et murmures amoureux emplirent la cuisine, un moment suspendu avant le retour à la réalité.

Avant de partir, Jelena l'embrassa longuement, un adieu temporaire. Une fois seule, Kyrell saisit son téléphone d'une main tremblante.

- Docteur Choudhury ? Pour notre rendez-vous... au sujet de Pépito.

Le rugissement puissant de la moto résonnait à travers la vallée, la Kawasaki filant à toute allure sur la route sinueuse qui dévalait les montagnes suisses. Sous la lumière douce d'un matin de juillet, Kyrell profitait de la sensation grisante de la vitesse, ses mains fermement accrochées au guidon, son cœur battant au rythme des virages. Le soleil déjà haut l'aveuglait par instants, mais rien n'aurait pu ternir cette liberté retrouvée. Après des mois de patience et d'attente, le docteur Choudhury avait enfin donné son feu vert : plus aucun souci pour remonter en selle, les vibrations de la route n'étaient plus une menace pour son entrejambe.

Le souvenir de l'accident resurgit lorsqu'il s'approcha de la courbe serrée après Saint-Cergues. Un an plus tôt, un vol plané en VTT l'avait laissé mutilé, amputé de son sexe et avec la vie changée à jamais. La suite, c'était l'inimaginable : une opération révolutionnaire à Lausanne et l'installation d'une prothèse qui avait changé sa vie de manière étrange, entre comique et dramatique. Ses pensées, un instant troublées, lui firent ralentir la moto, conscient que sa vie ne pouvait pas risquer un autre saut dans le vide.

Vers dix heures, il arriva enfin dans la cour de l'hôpital. Le moteur se tut, et le silence, pesant, l'enveloppa. Kyrell inspira profondément avant d'entrer, la blancheur froide des lieux lui rappelant trop bien les heures passées ici.

Dans la salle d'attente immaculée, il patientait, scrutant le jeu de lumière des LED sur le carrelage. Une voix retentit enfin, et une femme en blouse blanche, stricte et impassible, l'appela :

- Monsieur Kyrell Rhoades ?

Il hocha la tête, la gorge serrée, et la suivit jusqu'au bureau du professeur Choudhury. Derrière son bureau, le chirurgien, petit mais énergique, leva un regard perçant et souriant. Il se leva pour saluer son patient, lui indiquant de s'asseoir.

- Alors, monsieur Rhoades, comment se porte votre fameux Pépito ? Prêt à être définitivement attaché à vous ?

Kyrell se redressa, un sourire crispé aux lèvres.

- Oh, professeur, je n'attends que ça. Finis les tracas, les peurs que quelqu'un s'empare de mon... bien.

Le docteur sourit avec une lueur d'ironie.

- Oui, bien sûr. Mais, dîtes-moi, tout s'est-il bien passé ces dernières semaines ? Pas de soucis majeurs ?

Kyrell hésita, levant un doigt comme pour demander la parole.

- Juste un détail, professeur. Depuis que ma femme m'a rendu la prothèse, je ressens parfois une douleur en bas du ventre, surtout après l'amour. Finnian m'a dit que je devrais vous en parler.

Choudhury fronça les sourcils, soucieux.

- En effet, il m'en a touché deux mots. Cela pourrait retarder l'opération. Il faudra faire quelques examens, une prise de sang notamment.

Le cœur de Kyrell se serra.

- Ne me dites pas que cela va encore tout retarder, s'il vous plaît !

- Je crains qu'il n'y ait pas le choix, nous devons vérifier. Vous devrez laisser la prothèse ici pour deux jours. Cela prendra juste 48 heures.

Kyrell soupira profondément, déçu.

- Deux jours... soit. Mais pas plus, n'est-ce pas ?

- Promis, Kyrell, et vendredi matin, 10 h 30, nous fixons la date de l'opération. Si tout va bien, ce sera réglé avant mes vacances.

Il quitta le bureau, un poids sur le cœur. L'idée de voir Jelena sans pouvoir lui offrir plus que des caresses lui pesait déjà. Mais, au fond, il se rappela que l'hiver dernier, sans sa virilité, il avait redécouvert une tendresse oubliée avec Maelis.

Il sourit, un peu triste, mais réconcilié avec la patience que demandait sa vie désormais.

Chapitre 2 Chapitre 2

La prise de sang terminée, Kyrell se dirigea vers la salle réservée aux donneurs et vers l'alcôve mauve où l'attendait sa prochaine étape. Le grand vestibule était désert, ce qui lui permit de refermer la porte et de tourner le verrou sans être dérangé. Il ignora les magazines éparpillés sur la table basse et franchit l'entrée de l'alcôve en prenant la télécommande posée sur le rebord. L'écran face à lui s'illumina aussitôt, diffusant des images explicites : deux femmes, l'une blonde et l'autre brune, s'adonnaient à des jeux amoureux.

La blonde ressemblait étrangement à Maelis, sa femme, et la brune, à Bianca, la flamme secrète de celle-ci. Un frisson le traversa tandis qu'il se déshabillait à la hâte et s'allongeait sur le petit lit, l'oreiller calé derrière sa tête.

Gardant son caleçon pour prolonger l'instant, il suivait le ballet des deux femmes à l'écran, leur complicité éveillant en lui un désir familier. Pépito, sa prothèse, réagit aussitôt, se dressant fièrement sous sa main experte. Mais l'excitation fut si soudaine qu'il dut retirer la prothèse avant qu'elle ne se rétracte trop rapidement, sous peine de rester coincée. C'était un des désagréments de cette invention : une fois détachée, Pépito conservait son état, refusant de se relâcher.

Après s'être rhabillé, il plaça précautionneusement Pépito dans une boîte en métal, tapissée de soie blanche. Serrant la boîte contre lui, il quitta l'alcôve, franchit le vestibule et déverrouilla la porte du couloir. Devant lui se tenait une jeune femme à la silhouette élancée, des cheveux blonds encadrant un visage souriant.

- Gianna ! S'écria-t-il, reconnaissant l'infirmière.

Elle esquissa un sourire espiègle.

- Kyrell, cela faisait un moment !

- Un moment ? Vous plaisantez, six mois, c'est une éternité pour revoir quelqu'un comme vous, répondit-il avec un clin d'œil.

Le sourire de Gianna se fit plus ironique.

- Et votre femme, toujours dans votre cœur ? La dernière fois que nous nous sommes croisés, c'était... disons, particulier.

- Oh, vous voulez dire la fois où Maelis et moi avons joué aux exhibitionnistes devant vous ? C'était nécessaire pour réveiller Pépito, vous le savez. Grâce à vous, il a pu être déconnecté et examiné.

Gianna haussa les épaules, malicieuse.

- Je n'ai fait ça que par souci professionnel. Ce n'était pas un loisir pour moi.

- Bien sûr, mais avouez que l'ombre de l'alcôve et ses lumières tamisées rendaient la scène plus... ambiguë, plaisanta Kyrell.

Ils échangèrent un rire complice, et Kyrell, voulant alléger l'atmosphère, ouvrit la boîte pour montrer Pépito. Une perle gélatineuse, dernier vestige de son excitation, restait au bout.

Ils échangèrent un baiser rapide. Puis, d'un geste, Kyrell entraîna Gianna un peu plus loin dans le vestibule.

- Où allons-nous ? Demanda-t-elle, un brin inquiète.

- Pas sur le lit, je vous rassure. Je voulais juste refermer la porte pour un peu d'intimité, répondit-il, son regard devenu plus sérieux.

Il marqua une pause, l'observant intensément.

- Vous m'avez demandé si j'étais toujours amoureux de ma femme... Maelis est bisexuelle, et elle aime Bianca. Elle va bientôt partir vivre à Lons-le-Saunier. Nous nous entendons bien, mais il est temps de prendre des chemins différents.

Gianna resta silencieuse, ses yeux exprimant une pointe de tristesse.

- Je comprends. Mais dites-moi, pourquoi deviez-vous débrancher Pépito aujourd'hui ? Est-ce grave ?

- Non, juste des contrôles avant l'opération qui va le fixer définitivement à mon corps, répondit-il en tendant la boîte.

- Prenez soin de lui, mais pas de jeux avec, d'accord ?

Gianna rougit, sourit et s'éloigna avec la précieuse boîte. Kyrell, conscient de son absence temporaire de virilité, baissa les yeux vers son pantalon, soupira, puis quitta les lieux.

Le moteur de la moto grondait tandis que Kyrell s'attaquait aux lacets sinueux du col de la Givrine. Midi sonnait quand il passa le bourg de Saint-Cergues, une légère brise caressant son visage. Un vrombissement dans sa poche le fit ralentir : son téléphone. Il se gara sur la place centrale et lut le message. C'était l'Hôpital de Lausanne qui confirmait la date de son opération : le 2 août à 7 heures. Un sourire de satisfaction éclaira son visage. Enfin, il allait en finir avec cette prothèse gênante et retrouver une vie normale, sans les déconvenues constantes et les situations embarrassantes que Pépito, sa prothèse, lui avait causées.

Le cœur léger, il reprit la route en direction de Champagnole, profitant des paysages verdoyants, des sapins majestueux et du parfum du foin fraîchement coupé qui flottait dans l'air. À l'approche des faubourgs de Champagnole, il prit à gauche pour se rendre à Cize. Sachant Maelis chez Bianca, il avait décidé de rendre visite à son vieil ami Talon pour discuter un peu. Et avec un peu de chance, il partagerait le déjeuner si Celeste, l'épouse de Talon, était de bonne humeur.

Il arrêta sa moto, la stabilisa sur la béquille, puis monta les marches du perron et frappa avant d'entrer.

- Salut tout le monde ! Lança-t-il dans le hall.

Celeste apparut, souriante.

- Eh, Kyrell ! Quelle bonne surprise de te voir !

Parfait, se dit-il, l'ambiance est au beau fixe. Talon sortit à son tour, un large sourire aux lèvres.

- Kyrell, t'as le don de débarquer pile à l'heure du repas ! Ça tombe bien, il y a de quoi faire, non, Celeste ?

- Oui, oui, pas de souci. Je rajoute une escalope dans la poêle !

La viande grillait sur un lit de pommes de terre dorées pendant qu'ils prenaient l'apéritif dans le salon : Pontarlier anis pour les hommes, Macvin pour Celeste. Kyrell se cala confortablement et saisit quelques cacahuètes, l'air jovial.

- Bonne nouvelle, les amis ! Mon opération est fixée. Le 2 août, on rattache définitivement Pépito. Fini les soucis ! Il paraît que c'est une intervention rapide, juste un système de fixation innovant qui garde tout en place.

- Super ! S'exclama Talon. C'est la fin de tes galères, mon pote !

Celeste baissa les yeux, l'ombre d'une pensée inavouée passant sur son visage. Elle se souvenait encore du jour où elle avait tenu la prothèse entre ses mains, souvenir piquant et secret. Elle finit par murmurer, presque pour elle-même :

- C'est une bonne chose. Maelis et ta nouvelle compagne vont sûrement apprécier.

Kyrell, en buvant son verre, manqua de s'étouffer et reposa brusquement son verre.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là, Celeste ? J'ai quitté Maelis, je ne joue pas sur deux tableaux.

- Pourtant, vous aviez l'air si proches à la fête de la Saint-Jean...

- On peut rester amis sans ambiguïté, non ? Maelis et moi, on a tourné la page. Elle respecte ma relation avec Jelena, et je respecte la sienne. C'est sain, tu vois ?

Talon approuva d'un signe de tête, mais le mot « pourtant » quitta ses lèvres trop vite.

- Nous aussi on s'entend bien, pourtant...

Celeste se leva brusquement.

- Continue, Talon ! Dis-le ! « Pourtant » quoi ? Moi aussi je trompe, moi aussi je vais voir ailleurs ?

Talon tenta de calmer le jeu, posant sa main sur son épaule.

- Calme-toi, ma chérie. Je voulais juste dire qu'on se dispute parfois, c'est tout.

- Ne me prends pas pour une idiote, lança-t-elle en retournant à la cuisine, piquée.

Talon regarda Kyrell, cherchant un soutien.

- Kyrell, dis-lui que je n'ai personne d'autre.

Kyrell sourit maladroitement.

- C'est le genre de truc qu'on ne sait jamais vraiment...

- Tu insinues que c'est possible ?

- Je dis juste que je ne peux rien affirmer.

Le silence s'installa jusqu'à ce que Kyrell change de sujet, désireux de détendre l'atmosphère.

- Une fois mon opération passée, on reprend les sorties VTT. Ça me manque. Mais gare aux descentes cette fois !

Il se leva, feignant la légèreté.

- Bon, je vais vous laisser, on dirait que le déjeuner pourrait être tendu.

- Tu as raison, répondit Talon avec un soupir. À plus tard, mon ami.

Talon le suivit dehors et lui tendit un Tupperware.

- Tiens, ton repas, pour éviter qu'il ne finisse à la poubelle. Quant à moi, je vais tâcher de ne pas enflammer la situation.

Kyrell monta sur sa moto, Talon ajouta, baissant la voix :

- Eh, le 2 août, c'est parfait, on fêtera aussi mon anniv' le lendemain. Et pour marquer le coup, une soirée comme l'an passé... ça te dit ?

- Non, Talon, c'est fini ce genre de truc. Je suis amoureux de Jelena et ça me suffit.

Il démarra la moto, le bruit du moteur couvrant la fin de leur échange.

- Allez, viens quand même pour l'anniv ! Lança Talon.

Kyrell acquiesça d'un signe de tête avant de s'éloigner, un sourire en coin sous son casque.

Les escalopes et les pommes de terre chauffèrent en quelques minutes au micro-ondes. Un quart d'heure plus tard, Kyrell enfourcha sa moto et partit. Lorsqu'il atteignit la porte de l'appartement de Jelena, un détail lui traversa l'esprit : il allait retrouver sa bien-aimée sans qu'ils puissent s'abandonner à leur passion. Il appuya sur la sonnette. La porte s'ouvrit rapidement.

- Coucou, ma belle.

Il se jeta dans les bras de Jelena et l'embrassa longuement, leurs lèvres se cherchant avec ferveur dans le couloir. Bientôt, leurs jambes fléchirent, et Kyrell la souleva pour l'emmener jusqu'au canapé de velours pourpre. Ils s'y laissèrent tomber, reprenant leur baiser. La main douce de Jelena parcourut la nuque de Kyrell, descendant jusqu'à son dos sous la chemise.

- Mon amour, calme-toi. Pas cette après-midi, murmura-t-il en souriant. Pépito est à l'hôpital pour deux jours.

Les yeux de Jelena s'assombrirent un instant tandis qu'elle se redressait légèrement, appuyée sur ses coudes.

- Pépito a encore des ennuis ?

- Non, ce sont des examens de routine avant l'opération. C'est prévu pour le 2 août. Bientôt, tous les soucis liés à ce membre capricieux seront derrière nous.

Elle sourit, rassurée, avant de se lever pour aller chercher une bouteille de champagne au réfrigérateur. De retour, elle déboucha la demi-bouteille et se servit un verre, tendant l'autre à Kyrell.

- On doit célébrer ça, dit-elle, posant ses lèvres sur celles de son amant.

Chapitre 3 Chapitre 3

Assis sur le bord du canapé, ils portèrent un toast à la future intégrité de Kyrell. Bientôt, Pépito ne serait plus qu'une partie de lui, fidèle et contrôlée, et non plus cet organe rebelle. Jelena, la tête légèrement inclinée, se laissa envahir par la chaleur pétillante du champagne. Ses yeux, brillants, s'attardèrent sur Kyrell.

- Si tu ne veux pas divorcer tout de suite, souffla-t-elle, j'accepte... à condition que tu me donnes un enfant.

Kyrell s'écarta légèrement, surpris par les mots inattendus.

- C'est... c'est la première fois que quelqu'un me demande ça, surtout depuis que je porte une prothèse.

- Pourquoi « quelqu'un » ? D'autres femmes t'ont-elles déjà demandé des choses semblables ? Elles ne t'aimaient pas vraiment, je suppose. Elles étaient là pour autre chose.

- Mais non, dit-il doucement. Je voulais dire « toi et Maelis ». Jamais je n'aurais cru que l'une de vous me ferait une telle demande avant que tout soit réglé avec cette opération.

- Les médecins disent que tout ira bien. Mais si tu préfères attendre, je le comprendrai. Cela dit, je tiens à cet enfant.

- Oh, tu sembles pressée d'être maman, sourit Kyrell, un peu nerveux.

- Ne me dis pas que tu vas encore hésiter ? lança-t-elle, plissant les yeux. Parfois, je me demande si tu es aussi amoureux que tu le prétends.

- Pas de disputes, répondit-il, pressant ses doigts contre les siens. Pour l'enfant, je suis d'accord, mais il faut patienter un peu.

- Tu dis toujours « patienter », soupira-t-elle.

Kyrell lui sourit et l'embrassa à nouveau.

Sous un ciel sombre et menaçant, le Scénic roulait sans relâche, Kyrell concentré au volant et Jelena, assise en silence à ses côtés, fixait le paysage défilant. La montée vers le col de la Savine se fit sans encombre, puis le véhicule entama sa descente en direction de la Suisse, la route sinueuse se déroulant sous les roues jusqu'à l'autoroute. À neuf heures précises, ils atteignirent l'hôpital de Lausanne. La pluie, incessante et froide, s'abattait sur eux tandis qu'ils traversaient précipitamment la cour sans parapluie, cherchant refuge dans le hall éclairé de l'établissement.

L'IRM et les examens médicaux programmés devaient débuter à dix heures, laissant au couple une heure d'attente. Kyrell guida Jelena vers la cafétéria de l'hôpital, leur pas résonnant légèrement sur le carrelage humide. En entrant, le regard de Kyrell croisa celui d'une jeune femme blonde, assise seule à une table, devant un café crème et un croissant à moitié entamé. Sans hésitation, il s'avança vers elle, Jelena sur ses talons.

- Bonjour, Gianna, fit-il en souriant et en désignant Jelena. Voici Jelena, mon amie.

Un léger malaise teinta sa voix lorsqu'il ajouta :

- J'ai fini par me séparer de ma femme... Mais tout va bien. Maelis et moi, on a trouvé un terrain d'entente. Notre fils, Larsen, reste souvent avec elle ou sa nounou. Je le vois certains week-ends. Aujourd'hui, il est avec sa mère. Elle commence à emballer ses affaires, elle part bientôt pour Lons-le-Saunier.

Il passa nerveusement une main dans ses cheveux.

- Je ne sais même pas pourquoi je vous raconte tout ça.

Gianna, qui s'était levée pour saluer, se rassit, un sourire compréhensif aux lèvres.

- Vous n'avez pas à vous justifier, Kyrell. Vous êtes ici pour vos examens complémentaires, n'est-ce pas ?

- Oui, et j'ai une petite heure avant de commencer.

- Asseyez-vous donc, je vais vous commander deux cafés-crèmes, et des croissants, bien sûr.

Le couple s'installa, et Jelena observait discrètement Gianna. La jeune infirmière, probablement stagiaire, avait à peine vingt ans. Ses yeux bleus pétillaient de curiosité, et sa longue queue de cheval blonde bougeait doucement à chaque geste. Elle affichait un air enfantin qui tranchait avec le cadre austère de l'hôpital. Les regards échangés entre les deux femmes restaient hésitants, empreints de sourires polis, sans parole. Kyrell, lui, continuait de bavarder, évoquant sa prochaine opération et ses douleurs légères au bas-ventre.

Son monologue fut interrompu par l'arrivée de Finnian, l'adjoint du professeur Choudhury, qui approchait d'un pas assuré.

- Salut, Kyrell ! Bonjour, Jelena. Salut, Gianna.

Finnian demeura debout, les mains croisées.

- J'ai besoin de te parler un instant, Kyrell.

Les deux hommes sortirent sur la terrasse, sous l'abri protecteur, tandis que la pluie battait la cour avec intensité.

- Le professeur n'est pas au courant que tu t'es séparé de Maelis, murmura Finnian. Et vu que tu vas entrer dans son bureau avec Jelena, il serait bon de lui dire la vérité. Explique-lui que tu es heureux avec Jelena, que ton passé est derrière toi, et que Maelis est partie avec une autre. Ça lui donnera confiance, surtout s'il a des projets liés à la réussite de Pépito.

Kyrell sentit un frisson le parcourir.

- Quels nouveaux projets encore ? Il faut arrêter de jouer avec cette histoire.

Finnian posa une main rassurante sur son épaule.

- Ne t'en fais pas. On ne touchera plus à Pépito après ça. Le professeur t'expliquera tout cet après-midi. Pour l'instant, prépare-toi pour l'IRM. Jelena peut rester ici avec Gianna.

Les deux jeunes femmes se retrouvèrent seules, le silence pesant un instant. Puis, Jelena se lança, sa timidité maîtrisée.

- Vous semblez si jeune... Vous êtes infirmière ?

- Oui, en stage. J'ai vingt ans. On me dit souvent que je fais plus jeune, mais je le prends comme un compliment. Et vous ?

- J'étais assistante sociale avant un accident... qui m'a laissé des séquelles et une indemnité conséquente. Pour l'instant, je réfléchis à une reconversion, peut-être dans la décoration d'intérieur.

- C'est un choix passionnant. Vous connaissez Kyrell depuis longtemps ?

- On est ensemble depuis un moment, même si on a attendu que sa situation devienne claire. Dès que son divorce sera prononcé, nous prévoyons de nous marier... et d'avoir un enfant.

- Vous n'avez pas d'enfants de votre premier mariage ?

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