Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Milliardaire > Play-boy
Play-boy

Play-boy

Auteur:: Nana90
Genre: Milliardaire
IL avait tout pour lui, excepté.....ELLE. Déçu, meurtri par cet amour inassouvi, il est retombé dans les travers d'une vie de jetsetteur. Entre femmes et soirées interminables, il est redevenu cet homme au coeur inaccessible. Ce qu'il ne savait pas, c'etait que la vie lui reservait une surprise de taille. Tous Droits Réservés

Chapitre 1 TRAILER

***********************************

- dites moi que vous l'avez retrouvée?

- Monsieur.... je .....le correspondant aux etats unis.....

- parlez bordel!

- c'est que .....monsieur....comprenez que........

- hors de ma vue!

- mais laissez moi.....

- hors de ma vue!!!!!!!

Le batiment entier a dû trembler sous la puissance de ce hurlement de colère.

Le detective privé sortit de la pièce precipitamment au moment où des centaines de feuilles quittaient ce magnifique bureau en chêne et valsaient en l'air dans un geste incontrôlable du proprietaire des lieux.

La porte s'ouvrit à ce moment là sur un homme d'âge mûr qui resta interdit, quelques secondes, face au spectacle qui s'offrait à lui.

Il referma la porte avant de se diriger d'un pas sûr vers le fauteuil face au bureau et de s'y installer confortablement.

- Assis toi!

Le ton employé ne souffrait aucune objection et son interlocuteur l'ayant compris, se rassied à sa place s'exhortant au calme.

- Que crois- tu faire Elimane?

- je suis à bout papa Bademba...

- et tu penses que t'enerver résoudra le problème?

- ce bon à rien est comme les autres, tous des incapables! Comment une personne peut disparaitre de la surface de la terre? Hein?

- patience mon garçon, patience..... on n'arrivera à rien si tu ne restes pas concentré. Elle va réapparaître, sois en certain, et ce jour là, nous serons presents

- cette situation commence à.....

- tu la veux pour toi oui ou non?

- tu sais bien que oui. C'est ce que j'ai toujours voulu!

- alors tu l'auras!

- et le batard?

- on avisera le momen venu. Je dois te laisser. J'ai un rdv important.

Ils échangèrent un hochement de tête entendu avant de retourner a leurs occupations respectives.

Cette garce pensait les avoir roulés quand il a débarqué il y a plusieurs mois aux Etats unis suite à l'annonce explosive de sa grossesse.

La nouvelle avait mis la famille sens dessus dessous.

Il a, malheureusement pour lui, dû rentrer bredouille et plus furieux que jamais car elle s'etait comme evaporée dans la nature.

Sa colocataire n'a pas voulu lacher le morceau, et a nié savoir ou elle se trouvait, probablement une bonne menteuse!

Depuis qu'il est revenu, il n'a de cesse de la chercher et a laché plusieurs detectives privés à ses trousses.

Elimane n'avait qu'une obsession en tête : Aisha.

Les enjeux etaient trop importants pour qu'ils la laissent filer de cette manière.

Ils devaient la retrouver d'une façon ou d'une autre et ce, rapidement avant qu'elle ne commette une autre bétise!

*********

- A quoi tu penses Tabara? Je te parle depuis tout à l'heure mais tu ne m'écoutes pas!

- excuse moi Diarra... j'etais ailleurs. Bébé Cathy va mieux?

- oui beaucoup mieux mais toi, dis moi ce qui ne va pas.

- mais rien, qu'est ce que tu crois?

- que tu penses à lui.

- lui? Qui lui?

- khana Ton ombre, ton siamois alias Mr Ndao!

- mais yow ya rew!

( pourquoi tu es impolie?)

Elles eclatèrent de rires à ses mots

- wakhna deugue di! ( je dis la vérité) J'en ai marre que tu me parles de lui sans arrêt! Et que vous soyez tout le temps ensemble.

- serais- tu jalouse? D'ailleurs il faut que tu m'eclaires sur Abdou et toi

- ne va pas sur ce chemin stp....plus serieusement, tu as des sentiments pour lui?

- tu fuis la conversation Diarra et non je n'ai pas de sentiments pour lui

- hum..... je ne te crois pas

- crois ce que tu veux. Viens je veux voir mon bébé

Diarra a évité délibérément le sujet Abdou que Tabara a sûrement dû croiser en sortant d'ici mais elle n'etait pas du tout convaincue par les dires de son amie.

Elle avait tout de même le sourire aux lèvres.

Tabara revivait.

Après l'agression, ses proches ont tout essayé mais elle restait enfermée sur elle même jusqu'à ce qu' un miracle se produise.

Cet homme, lui a rendu sa joie de vivre.

Il a réussi là où tout le monde avait échoué mais leur relation reste un mystère.

***********

A Mermoz, dans un bel immeuble de standing situé dans une zone résidentielle, les voisins devaient se demander d'où venait un tel raffut!

Dans un des appartements du 2 ème etage, les cris fusaient de partout.

Comme si cela ne suffisait pas, de la vaisselle commençait a se fracasser sur les murs.

- mais t'es devenue tarée!

- peut être! Pense ce que tu veux!

Et une autre assiette rejoignit le reste dans un bruit assourdissant!

- mais qu'est ce qui te prend bon sang?

- ce qui me prend? Tu oses me demander ce qui me prend? J'en ai marre que tu me prennes pour une conne! Ta fille est malade? Ta fille est malade? Tu te fous de moi?

Abdou evita de justesse qu'une autre assiette subisse le même sort en la prenant de force des mains de sa femme.

- tu vas te calmer maintenant, tu as compris?

- lâche moi! Sale traitre! Tu as passé toute ta semaine avec ELLE!

- parce que ma fille est MALADE! Qu'est ce que tu ne comprends pas la dedans Oumou?

- que ce n'est qu'un pretexte pour t'attirer dans ses filets et j'en ai marre de son manège. J'en ai marre que tu te laisses manipuler de la sorte, je n'en peux plus...je n'en peux plus

La sonnette d'entrée m'interrompit dans mes pensées me faisant sursauter.

Mon coeur battait à mille à l'heure.

Pourquoi sonnait- il?

Courant vers la porte, pieds nus de peur d'une deuxième sonnerie, j'ouvris celle ci à toute volée avant de rester figée sur place.

- .....?????

Il me devisageait lentement de la tête aux pieds alors que moi, je n'arrivais à sortir aucun son de ma bouche.

- waouhh, si je m'attendais à ça...

- pourquoi tu es là?

- je devais te voir...

- tu as vu l'heure? Rentre chez toi.

- je dois te parler

- non. Mon mari n'est pas là et...

- je sais.

- tu sais? Alors tu sais que je ne peux pas te laisser entrer... et de toute façon je ne comprends pas ta presence ici à 1 heure du matin!

- je n'arrive pas à t'oublier....

- Quoi?????

Chapitre 2 Chapitre 1 Amour impossible

******* 29 ANS PLUS TOT *********

Cette envie.

Envie d'être loin de toute cette effervescence, loin de tous ces gamins immatures.

Pfffff

- Eric! Eloigne toi de ta Naomi et viens voir par ici

- je t'emmerde Cyril

Il ne lui lance même pas un regard et un doigt d'honneur plus tard, il me faisait un sourire magnifique

- vous vous êtes aussi mis à ce surnom débile?

- eux peut être mais moi non. Tu es bien plus belle que Naomi Campbell

- hum..... on va dire que je te crois..... et.... que je suis d'accord avec toi

- Oookkk vive la modestie!

- c'est pour les nuls!

- ah ouais?

Il avança, me faisant reculer et me coinça contre le petit muret.

Je sentais déjà les regards indiscrets nous scruter comme d'habitude, ce qui me saoulait profondément!

- Eric arrête, les gens nous regardent

- et alors?

- et alors???? Je ne veux pas avoir d'ennuis. Je dois aller rejoindre mes amies de toute façon

- ok. A plus dans le bus!

- pourquoi t'es bête?

- tu m'adores, avoue

Je lui tire la langue et voulus m'en aller mais il me tira brusquement par le bras

- j'ai hâte d'être ce soir

- Eric....

- je t'aime Nancy... à tout à l'heure

En rejoignant mes amies, je me demandais comment faire pour sortir de chez moi ce soir comme prévu mais je trouverai un moyen.

Pour le moment, il va falloir faire face à ce prof de maths qui nous rabâche les oreilles avec le bac par ci, le bac par là!

Je suivis tant bien que mal le cours car j'aimais cette matière,..... bizarrement!

Oui, je suis une fille complexe, élue miss de l'école l'année dernière, pseudo mannequin à mes heures perdues, d'où mon surnom de Naomi et j'aime les maths.

Le problème, c'est que je m'ennuie à l'école!

J'avais envie de découvrir de nouvelles choses, pas de vivre cette routine quotidienne et les blagues pourries de mes camarades.

Voir le monde, découvrir de nouvelles sensations, dérégler cette horloge qu'est ma vie, est mon rêve!

Vous me direz qu'à 17 ans j'avais toute la vie devant moi?

Et moi je vous dirai que la vie est courte!

Dans le bus nous ramenant chez nous, heureusement qu'il y avait la bande à steph qui égayait le trajet, se racontant des conneries aussi hilarantes les unes que les autres.

-tu sais que t'es un gamin Steph ?

- ohh lâche moi Durville ! Profites plutôt de ta dulcinée

Toujours à se chamailler ces deux là !

Au moment de descendre, Eric me fit un clin d'œil pour me rappeler notre rdv de tout à l'heure.

23h30.

Je ferai tout pour y être.

Mon petit frère me cherchait du regard pour qu'on descende.

Encore une journée comme une autre où nous retrouvons toujours les mêmes visages lors du ramassage scolaire.

Pensive, je trainais les pieds quand j'entendis mon frère m'interpeller.

- Nancy, tu devrais être plus discrète. On n'entendait que vous dans le bus , comme toujours.

- hé de quoi tu parles Racine?

- tu sais bien de quoi je parle! Eric et Toi! Vous devriez être plus discrets! Me lance- t- il la voix pleine de reproches

- tu n'as que 15 ans et tu veux me dire ce que je dois faire?

- laisse tomber!

Dès que nous pénétrons dans la maison, il courut s'enfermer dans sa chambre après avoir salué notre mère.

Baaba ( papa) n'était pas encore rentré comme d'habitude.

Je fis donc comme mon frère pour éviter toutes les questions de neené ( maman) et allais m'enfermer aussi dans ma chambre.

Le magazine de mode qui était sur mon lit ce matin, m'attendait bien sagement et je me jetais dessus pour terminer l'article que je lisais sur un défilé de mode qui a eu lieu a Milan.

Je pouvais rester des heures et des heures à écumer ces magazines et regarder les derniers modèles de grands couturiers.

Mettant un cd dans mon baladeur, et écouteurs aux oreilles, je plongeais dans mon monde imaginaire.

Un monde où je pouvais m'exprimer sans arrière pensée et sans sentir le regard critique des autres.

Durant plus d' 1 heure, je refaisais le monde dans ma tête avant de me décider à m'acquitter de cette tâche ingrate, je vous laisse deviner?

Les devoirs!

Allez, assez rêver! J'ai un contrôle d'histoire la semaine prochaine et une note en dessous de 15 ne sera pas tolérée par mon patriarche.

Demain on est samedi, je n'aurai donc à réouvrir les cahiers que dimanche et puis cela me donnera bonne conscience vu ce que je m'apprête encore à faire ce soir.

La porte qu'on ouvre à la volée me tire de mes pensées me faisant sursauter.

- viens manger!

Je regarde l'heure et il est déjà 20h30.

- on ne t'a pas appris à frapper avant d'entrer?

- tu as faim ou pas Nancy? ohh

- tu te prends pour qui? Hein? Je te rappelle que je suis ta grande sœur Racine!

Il sort de là comme il y était entré.

Ce petit là, je ne sais pas ce qui lui prend en ce moment? Il va falloir que je lui parle parce qu'il a trop changé.

Je range mes affaires et me dirige au rez de chaussée pour retrouver les autres membres de la famille.

Ma mère était assise sur un fauteuil attendant sûrement l'arrivée de mon père.

Racine était plongé dans un livre tête baissée.

Mon cousin Bademba qu'on appelait familièrement Demba leva les yeux à mon arrivée et me fixa de son œil de lynx.

Je le saluais et m'assied à côté de neené sentant toujours sur moi son regard qui me mettait mal à l'aise.

Demba a été recueilli par mon père alors qu'il était jeune et l'a ramené de la maison familiale de Kolda où vivait encore grand mère Daado.

Il avait le même âge que mon grand frère Fadel qui faisait ses études au Canada.

Mon père avait vu en lui apparemment un potentiel et a décidé de le prendre sous son aile pour lui apprendre un métier et lui trouver une place dans l'entreprise.

Le seul souci c'est qu'il n'excellait pas dans les études donc il a fini par intégrer la société plus tôt que prévu.

Tout le monde savait que mon père avait misé sur Fadel pour prendre sa relève mais le Demba que je voyais évoluer dans cette maison, semblait se positionner en parfait concurrent de mon frère.

Je sais que je n'ai que 17 ans mais je suis très observatrice et j'ai un sixième sens pour détecter les personnes fausses.

Et notre cousin en faisait partie.

J'espère juste ne pas être la seule à le sentir.

- Baaba, vous vous êtes bien reposé?

Je glisse mon regard vers celui là même qui venait de sauter sur ses jambes se mettant presque au garde à vous à l'arrivée de mon père.

Eclater de rires était tout ce dont j'avais envie!

Je me lève et me dirigeais vers mon père pour le saluer en faisant une génuflexion.

- Bonjour Baaba

- bonjour ma fille

- le repas est prêt, nous t'attendions disait ma mère en se levant

Nous nous regroupions alors autour de la table et je regarde ma mère faire son manège c'est à dire, étaler le torchon sur les jambes de son mari et lui en mettre un autour du cou, lui servir une assiette énorme avant de pouvoir enfin s'installer.

Maintenant que le roi est servi, nous pouvons enfin manger.

Vous pouvez penser que je critique cette manière de faire, qui est tout à l'honneur de ma mère, mais vous n'y êtes pas.

C'est juste que je vois les choses autrement.

Je suis certes jeune pour savoir ce que c'est une vie de couple, le mariage, mais ... et ma mère dans tout ça?

A quoi se résume sa vie?

S'occuper de nous, de son mari comme s'il était un bébé?

J'ai eu envie de lui poser la question tellement de fois, savoir ce qu'elle pense de sa vie, si elle avait d'autres envies, d'autres projets qu'elle aurait voulu réaliser?

J'étais encore jeune quand mon père a épousé cette deuxième femme mais je me rappelle.

Je me rappelle des pleurs de ma mère quand elle pensait que personne ne l'entendait ou qu'elle croyait que j'étais trop jeune pour comprendre.

Certes, je ne comprenais pas tout mais je me souviens de sa douleur.

Cette douleur qui a continué quand cette même femme est morte subitement d'un malaise 3 ans plus tard et que toute la famille a accusé ma mère d'en être responsable.

Je l'ai vu souffrir en silence et je peux vous dire que j'ai beaucoup d'admiration pour ma mère mais je me suis jurée que jamais..... jamais, je ne laisserai un homme avoir une telle emprise sur moi.

Je ne perdrai pas mon identité pour le bonheur d'une autre personne car je veux qu'on me traite comme une égale, un partenaire, à part entière.

En attendant, je souriais à ce qui se disait et me laissait distraire

-tiens toi droite Nancy

La voix de mon père me fit sursauter et je me redressais sans tarder.

Vivement ce soir!

23h30 arriva, enfin, et je me faufilais hors de la maison par la porte de derrière où je courus retrouver ma bouffée d'air qui m'attendait dans la voiture de sa mère.

- salut la plus belle

- roule! Il ne faut pas que je me fasse choper!

- quelle peureuse!

- alors ça se passe ou?

- chez Stéphane et y aura toute la bande

- super!

- t'en veux une?

- si tu insistes.

J'allume la cigarette qu'il me tendait et en tirais une bouffée salvatrice avant de le lui souffler à la figure.

Il sourit simplement, et conduisait prudemment.

C'est ce côté que j'aimais chez lui.

Il était jeune certes mais avait une certaine maturité qui me faisait me sentir en sécurité avec lui

Des conneries?

Oui, on en faisait! Y a qu'à voir ce soir! Mais était- ce mal de s'aimer librement?

On retrouva nos amis du lycée français où on était tous inscrits et d'autres personnes que je ne connaissais pas encore.

Eric et la plupart des français dans cette école étaient des enfants d'expatriés de la fonction publique ou du privé française, de militaires ou de diplomates.

Le père d'Eric faisait partie de ce dernier lot et ils voyageaient de pays en pays depuis aussi longtemps qu'il se souvienne.

Je ne sais pas si je pouvais vivre cette vie de nomade mais je crois que cela ne me déplairait pas.

Lui, en tout cas avait l'air de s'y être fait.

Durant des mois et des mois, cela dura ainsi, deux mondes se superposaient dans la vie de Nancy.

Sous l'apparence d'élève studieuse et de fille modèle de la maison, se révélait sa face cachée, entre soirées en cachette et bien d'autres choses car oui, l'amour rend aveugle et imprudent.

Ce sentiment qui nous fait nous sentir unique, est aussi l'ennemi de tous les principes.

C'est ainsi qu'après une soirée parmi tant d'autres, Eric et Nancy commirent l'irréparable à seulement quelques mois du baccalauréat.

A la maison, elle faisait comme de si rien n'était mais ne se sentait pas bien depuis plusieurs jours.

Son frère Racine avec qui elle était très proche auparavant, s'était éloigné d'elle sans qu'elle n'en sache réellement les raisons.

A chaque fois qu'elle avait essayé de parler avec lui, il se mettait en colère et la dernière fois, il s'est carrément mis à pleurer.

Quand la fatigue et les signes se firent plus présents, la mère de Nancy commença à réellement remarquer le changement de sa fille.

Elle n'osait pas croire ce qu'elle soupçonnait, non, elle ne pouvait s'y résoudre.

Pas après tout ce qu'elle avait vécu dans son mariage, non pas maintenant que les choses allaient bien.

Elle priait intérieurement pour que ce ne soit pas le cas mais ne pouvait pas rester les bras croisés.

Il fallait qu'elle sache.

Un soir, elle convoqua Racine dans sa chambre avant que son mari ne rentre.

- je vais te poser une question et tu as intérêt à me dire la vérité

- oui Neené

- est ce que ta sœur a un petit ami?

- quoi? Pourquoi tu me demandes ça à moi?

- c'est moi qui pose les questions et je veux une réponse. Est ce que tu as déjà vu ta sœur avec un garçon?

- oui neené

- c'est son copain?

- oui

- ils se voient seuls?

- comment ça? Qu'est ce que tu veux dire?

- ..........

- neene?

- tu peux y aller...

Elle se leva et se dirigea d'un pas décidé dans la chambre de sa fille qu'elle trouva couchée habillée d'un gros pull alors que les gens crevaient de chaud et lui arracha les écouteurs qu'elle avait aux oreilles.

- lèves toi!

- quoi? Qu'est ce qu'il y a?

- déshabille toi!

- maman...

- tout de suite!

Elle commença à enlever ses habits un à un sous l'œil de sa mère, en pleurant de chaudes larmes.

- enlève tout!

Nancy se sentait humiliée mais n'avait pas le choix et se retrouva toute nue devant sa mère, qui la scruta de haut en bas en relevant tous les changements qu'avaient subi le corps de sa fille.

Ses seins avaient doublé de volume et ne tenaient même plus dans ce soutien gorge qui lui allait encore très bien, il y a seulement 2 mois.

Son ventre ne pouvait pas se voir à ce stade mais sa mère qui avait la confirmation de tous ses doutes lui administra une gifle magistrale qui la plia en deux.

- mauvaise fille! Que n'ai- je fait pour toi! C'est comme ça que tu me remercies?

- maman.... je t'en supplie

- ferme la! Je ne veux rien entendre ! Rien sortant de ta bouche de menteuse

Elle tourna les talons pour sortir alors que Nancy tirait sa couverture pour cacher son corps mis à nu mais sa mère rebroussa chemin à ce moment là.

- en fait si, je veux savoir une chose, quand et ou tu voyais ce garçon

- ..........

- je t'écoute!

- je..... chez lui....

- quand? Tu ne sors jamais de cette maison sauf pour aller l'école alors dis moi quand?

- le ....le ..soir

- quel soir? Tu viens de me dire que tu le voyais chez lui! Le soir? .... tu sortais de la maison? En cachette?

Nancy pleura de plus belle mais sa mère était hors d'elle et ne pouvant plus se retenir, enleva sa chaussure et lui assena des coups plus virulents les uns que les autres ameutant ainsi Racine et Demba qui étaient dans leurs chambres, non loin de là.

Ils vinrent au secours de Nancy en retenant Neené Assi qui ne savait même plus ce qu'elle faisait.

Racine alla couvrir sa sœur qui était dans un état second et ne sentait même plus les coups.

-ne sors pas de cette chambre!

Neené Assi alla dans sa chambre soutenue par les garçons et s'effondra sur son lit.

Sa vie était finie.

Son mari allait la répudier. Tout allait lui retomber dessus, elle le savait.

Que faire?

Cette fille avait ruiné leurs vies.

Comment lui dire?

Oh mon dieu. C'était la pire chose qui pouvait arriver. La famille allait encore la traiter de tous les noms.

Durant 2 jours, la maison était méconnaissable, ayant comme perdue son âme.

Neene Assi n'était plus que l'ombre d'elle même mais savait que cela ne servait à rien de reculer l'échéance.

Nancy n'allait pas à l'école ayant des bleus sur tout le corps et même quelques uns de ses beaux et longs cheveux arrachés.

Sa mère ne l'avait pas ratée et elle prétextait être malade.

Un prétexte plus que vrai car elle ne se sentait vraiment pas bien, inquiétant ainsi son père qui, malgré son côté fermé et inaccessible aimait sa fille qu'il a toujours considéré comme son trésor.

Un bijou si précieux qu'il voulait à tout prix la préserver mais ce qu'il ne savait pas, c'était que la situation était sur le point de changer et ce, à tout jamais.

Ayant longuement insisté pour qu'on amène sa princesse à l'hôpital, Baaba faisait réagir ainsi sa femme qui était tellement terrorisée qu'elle en négligea de faire voir Nancy par un médecin.

Elles allèrent donc à l'hôpital où on leur confirma sans surprise l'état de celle ci.

Le médecin lui prescrit des vitamines et du fer car elle était anémiée et lui donna des rdv pour les visites prénatales.

A l'entente de ces mots, " visites prenatales", neené Assi s'effondra dans le bureau du médecin qui assistait aux prémices d'un drame familial dont malheureusement il ne pouvait grand chose.

En foulant le sol de sa demeure ce soir là, cette mère de famille, savait que leur vie changerait à tout jamais à compter d'aujourd'hui.

Elle pénétra dans la chambre conjugale et se mit a genoux aux pieds de son mari pour tout lui avouer.

Comme elle s'y attendait, il entra dans une colère noire qui se traduisit d'abord par une gifle monumentale administrée à sa femme qu'il traita de tous les noms.

Il lui demanda ensuite d'aller chercher la sale pècheresse.

- qui est le père, fille ingrate?

- baaba....

- quiiiii?

- Eeerrriic....

- répète? Qui?

- Eric .....chuchota- t-elle...

Sa mère avait les yeux qui allaient sortir de leurs orbites et la main sur la bouche car elle se rendait compte qu'elle était à côté de la plaque quand elle pensait avoir atteint la pire chose qui pouvait leur arriver

- suis je en train de rêver? Il est chrétien, c'est ça! Dis moi que c'est ça et que tu ne portes pas un batard blanc?

Mère et fille tremblaient de peur

- dis moi que ce n'est pas vrai disait le chef de famille en se dirigeant vers sa fille qu'il empoigna par le cou et était presque en train d'étrangler

- baaba arrête criait Assi

- parle! Eric quoi? Hein?

La mère tirait de toutes ses forces le bras de son mari qui l'envoya valser au loin

Le cri de celle ci tombant sur la commode alerta la maison et les garçons accoururent.

Il lâcha sa fille qui tomba par terre en toussant bruyamment se faisant aider par Demba alors que Racine allait voir sa mère qui était inconsolable.

Le père furieux se tourna vers sa femme, les yeux lançant des éclairs.

- prépare lui sa valise. Elle s'en va ce soir même pour Kolda. Je ne veux pas la voir à mon retour. Aucun Batard ne naitra dans ma maison

Les cris fusaient de part et d'autre et Racine se mit à crier sur sa sœur

- tout ça est de ta faute! Je t'avais prévenu de ce qui se disait de toi à l'école ! Maintenant regarde ce que tu as fait hein, regarde ce que tu as fait à maman! Je te hais, je te hais

Tout le monde savait que la décision du père ne souffrait aucune objection et qu'il ne leur restait plus qu'à s'y plier.

Kolda?

Trainant sa valise, Nancy se tourna une dernière fois pour regarder cette maison et son regard ne rencontra rien d'autre qu'une porte close.

Le chauffeur lui prit la valise et elle monta sur le siège arrière, laissant libre cours à ses larmes, signes annonciateurs de son inéluctable destinée.

Chapitre 3 Chapitre 2 Coup du sort

Assise sur ce banc, dans cette cour ensoleillée, je regardais sans vraiment voir, ce qui se passait autour de moi.

La maison était animée, loin de l'ambiance à laquelle j'etais habituée.

Des femmes lavaient le linge dans un coin, mes tantes pilaient le mil dans un autre, à un rythme qui m'a toujours impressionné, tandis que des enfants jouaient non loin de là.

La plupart de ces personnes étaient des membres de ma famille.

Cette demeure était un socle commun à toutes ces personnes qui y ont leur vie et leurs habitudes.

Quand j'ai foulé le sol de l'entrée, il y a quelques jours, j'ai compris que ce serait désormais mon quotidien, à moi aussi.

Vous est- il déjà arrivé d'avoir l'impression d' être dans un mauvais rêve et d'attendre, non plutôt d'esperer un reveil brutal qui vous ramènera à la réalité?

Peut- être bien que oui mais si vous n'avez jamais vécu rien de tel, que dieu vous en preserve.

Ma grand mère m'a accueilli assez froidement car mes parents l'ont mise au courant de la situation et elle m'en veut.

Jamais elle ne m'avait traité de cette manière, jamais, mais à quoi pouvais- je bien m'attendre?

Déception.

Ce mot, est le seul qui tourne en boucle dans ma tête.

J'ai déçu ma famille et je sais que j'ai fait une erreur.

Il n'etait pas dans nos intentions d'aller aussi loin.

Qu'est ce qui nous a pris ce soir là?

Ie désir? La tentation? Le goût de l'interdit?

Quoi que ce soit, cela a changé ma vie, notre vie, à jamais.

Eric.

Que doit- il penser?

Il fallait que je trouve le moyen de le joindre.

- hé, Nancy, que crois- tu faire comme ça? Tu crois que tu vas passer la journée à te prélasser au soleil. Lèves toi, on va au marché.

Je soupire avant de me tourner vers cette voix qui m'agaçait au plus haut point.

Koumba.

Qui d'autre?

- allez debout! Ici tu n'es pas la princesse à son père hein. On y va!

Elle se dandina jusqu'à la porte et se retourna pour me toiser.

Je me levais pour la suivre sans un mot.

Kouma est ma cousine et la soeur de Demba et comme vous pouvez le constater, entre elle et moi, ce n'est pas le grand amour.

Elle a toujours été provocatrice mais j'ai toujours pris le parti d'ignorer ses paroles désobligeantes à chacun de mes passages ici.

Le problème, c'est que, cette fois- ci, je ne suis pas seulement .... de passage.

Le trajet jusqu'au marché se fit en silence, du moins de mon côté.

Pendant que je contemplais les grands cailcédrats qui surplombaient le marché, Coumba elle, ne faisait que parler.

" je ne sais pas pourquoi tu es là mais tu es bizarre"

" on dirait que tu as perdu de ta superbe, tu es malade ou quoi?"

" tu es là jusqu'à quand d'ailleurs?"

- coumba peux- tu me laisser tranquille? Faisons ce qu'on est venu faire et allons nous en!

- tchiip tu es tellement impolie! De toute façon, tout se saura un jour ou l'autre. Tiens ça et va chercher des carottes et de la patate douce

Je lui arrachais le billet qu'elle me tendait avant de me diriger vers les étales et acheter ce dont on avait besoin.

Cette situation est inédite pour moi, aller au marché et préparer le repas... qui l'eut cru?

Les seules fois où je l'ai fait c'était en compagnie de ma mère.

Les odeurs, les mouches volant d'étal en étal ne me donnaient pas vraiment envie d'y retourner.

La cuisine? C'etait pas mon fort, je faisais le minimum pour aider ...du moins, jusqu'ici.

La preparation du repas a été pour moi, une vraie corvée.

Entre les allées et venues sous ce soleil ardent, sans compter la chaleur etouffante qui émanait de l'enorme marmitte, je ne donnais pas cher de ma peau.

Une fois, tout ceci expédié, je ne pensais pas pouvoir avaler grand chose vu que les odeurs m'indisposaient au plus haut point.

Plus d'une fois, j'ai cru que j'allais rendre tout ce que j'avais dans le ventre, c'est à dire pas grand chose.

Il a fallu ensuite repasser un coup de balai dans la veranda où nous avons mangé, une fois que tout fut débarrassé.

Pensant en avoir enfin fini et esperant pouvoir retourner dans la chambre que je partageais avec ma très chère Koumba pour une petite sieste, je fus surprise d'entendre grand mère m'interpeller.

Elle me convoqua dans l'endroit qui etait jadis ma pièce preferée dans cette maison: sa chambre.

Cette pièce avait toujours le don de me rassurer mais aujourd'hui, j'aurai tout donné pour éviter d'y pénetrer.

Je m'asseyais à même le tapis en baissant la tête.

- Habibatou Nancy!

Son ton me fit sursauter, ce qui m'obligea à lever la tête aussitôt

- oui...

- je n'ai pas besoin de te dire ce que tu sais déjà car tu n'es plus une enfant. Ce que tu as fait a déshonoré notre famille. Ton père ne m'a jamais désobéi mais vous les enfants d'aujourd'hui n'en faites qu'à votre tête!

-.....

- je ne t'ai rien dit depuis que tu es là pour eviter de te traiter de tous les noms devant la famille mais je n'en pense pas moins. Écarter tes cuisses pour un homme, de surcroit un blanc? A quoi tu pensais petite sotte!

- grand mère......

Mes larmes commençaient à couler et une boule se forma dans ma gorge.

- ton père est dans une telle colère.....

Elle soupira avant de continuer

- sache que ta mère est en train de plaider en ta faveur pour que ton père accepte de te laisser continuer ton année scolaire ici mais...

Je n'en croyais pas mes oreilles, mon coeur battait la chamade

- ... ne te fais pas d'illusion, je ne crois pas qu'il acceptera car pour le moment, il ne veut même pas entendre parler de toi. Tu continueras donc à participer aux tâches menagères et apprendre à faire la cuisine. Même ça, ta mère a été incapable de le faire correctement!

Mon coeur se serra à ces mots en pensant à maman et à tout le tort que je lui causais.

Je sortis de cette chambre, le coeur meurtri et traversais la veranda pour retrouver le silence de la chambre quand je surpris Koumba en train de s'acharner sur ce pauvre petit.

- va jouer de l'autre côté, allez! Tu n'ecoutes jamais ou quoi? J'en ai vraiment marre de toi!

Essuyant rageusement mes larmes, je me dirigeais d'un pas ferme vers eux.

- tu ne peux pas le laisser tranquille? Ce n'est qu'un enfant, il n'a que 3 ans et tu ne lui laisses aucun repit!

- ce n'est pas de ma faute si ce petit a l'air de ne rien comprendre! Mais à quoi peut- on s'attendre de l'enfant d'une folle dingue, hein?

- comment peux- tu être si méchante? Tu crois que c'est de sa faute si sa mère est malade?

- malade? Elle est internée à l'hôpital psychiatrique, je te signale!

Voyant que cela ne servait à rien de discuter avec elle, je la plantais là et allais voir ce pauvre petit qui etait recroquevillé dans un coin et pleurait doucement.

Je m'agenouillais auprès de lui et lui caressais doucement la tête.

- hé, viens avec moi Elimane. Ne pleures pas. Viens tata va te donner du jus de bissap. Tu aimes ça?

Il leva les yeux vers moi et hocha la tête.

Son regard me fendit le coeur.

Je le serrais alors contre moi et lui donnais comme promis du jus bien frais avant qu'il ne parte jouer, le sourire aux lèvres.

Depuis ce jour là, on s'est lié d'affection lui et moi.

La mère d'Elimane etait une femme qui travaillait pour grand mère Daado et qu'elle avait décidé de recueillir car elle avait un handicap mental.

Elle etait venue chercher du travail disant qu'elle se retrouvait seule avec un bébé alors que son mari venait de mourir.

Personne ne voulait l'engager en la voyant avec son enfant sur le dos mais ma grand mère le fit.

Au fil des années, son état avait malheureusement empiré.

Grand mère a fait ce qu'elle a pu pour elle, n'ayant jamais voulu qu'on l'interne à cause du petit Elimane mais elle lui a causé beaucoup de stress, disparaissant parfois durant des jours et des jours.

Elle reapparaissait ensuite ayant faim, soif et dans un état pitoyable.

D'après ce que j'ai compris de l'histoire, sa dernière disparition dura plusieurs mois durant lesquels, la famille l'a cherché partout, faisant des communiqués en tous genres.

Alors que les gens commençaient à perdre espoir, elle réapparut aussi soudainement qu'elle avait disparu.

Sous la pression familiale, grand mère dû se resoudre à céder et la faire interner pour son bien.

Personne n'a jamais su qui etait le père du petit Elimane, ni qui était sa vraie famille mais la question ne se posait plus puisque cet enfant ne connaissait aucune autre famille que la nôtre.

Et moi, où en etais- je?

Au même point.

J'ai essayé de contacter Eric, un jour où je me suis introduite dans la chambre de grand mère et composé à toute vitesse le numéro de son domicile que je connaissais par coeur mais par manque de chance, il n'etait pas chez lui.

Laisser un message?

A part donner mon prénom, que pouvais- je dire d'autre?

Il m'etait impossible de laisser le numero de téléphone de la maison que je ne connaissais d'ailleurs même pas mais à quoi bon de toute manière?

La première personne qui saura que je suis en contact avec lui dans cette maison n'hésitera pas à me dénoncer.

La mort dans l'âme, refusant jusqu'à diner ce soir là, je me refugiais alors auprès de mon meilleur ami, mon baladeur cd.

Ma seule préoccupation, le temps que mon sort soit définitivement scellé, etait d'avoir toujours des piles pour pouvoir écouter de la musique.

Ma deuxième bouée de sauvetage fut l'ecriture.

Je me noyais dans cet ocean de mots qui se bousculaient dans ma tête et qui devait en sortir au risque que je devienne folle.

J'imaginais alors ce que je dirai à Eric s'il était en face de moi, à mon père, ma mère, et même Racine.

Mon grand frère Fadel?

Je n'avais pour le moment pas le coeur de parler de lui.

2 jours après mon arrivée à Kolda, il a appelé du Canada alors que nous étions sur le point de nous coucher.

Dès que Koumba a entendu que c'etait Fadel qui appelait, elle a couru comme une demeurée se saisir du téléphone.

Elle minaudait et faisait des manières en tous genres, oubliant qu'elle était au téléphone et que par conséquent, personne d'autre que moi ne la voyait faire son numéro de charme.

Là où je voulais en venir, c'etait que ce coup de fil etait loin d'être ce que j'esperais.

A peine, le combiné aux oreilles, j'en pris plein la figure et mon grand frère que je croyais plus ouvert d'esprit et auprès de qui je pensais trouver une oreille attentive, me traita de tous les noms.

Cela m'a rendu malade des jours durant.

La surprise à laquelle je ne m'attendais pas par contre, c'etait de voir ma mère et Racine débarquer sans crier gare, quelques jours plus tard.

J'ai couru comme une malade me jeter sur eux de manière spontanée, sans arrière pensée mais l'accueil glacial qui me fut reservé, me ramena brutalement à la réalité.

Moi qui esperait, ne serait- ce qu'un instant qu'ils etaient revenus sur leur décision de me laisser à Kolda, dechantais très vite en voyant qu'ils avaient ramené avec eux des valises.

- ton père a donné son accord pour que tu continues ta scolarité ici. C'est une chance pour toi. Nous t'avons ramené tes cours et tes affaires.

Ma mère avait le visage fermé et me paraissait tellement inaccessible.

Grand mère et elle s'enfermèrent dans la chambre me laissant seule avec mon petit frère.

C'etait l'occasion ou jamais.

- Racine......

Il avait le visage tourné me signifiant qu'il ne voulait pas me parler.

- Racine, stp, je sais que tu m'en veux mais c'est moi Nancy, ta soeur et je suis toujours la même.....

La main posée sur la sienne, je le voyais agité et mal a l'aise signe qu'il voulait quand même m'ecouter

- stp, dis moi si tu as vu Eric....

Il tourna brusquement la tête vers moi en retirant sa main

- c'est tout ce qui t'interesse en fait! J'y crois pas!

- je t'en prie je veux savoir comment il va! Il doit être très inquiet et a dû demander de mes nouvelles, et...

- non il n'a pas demandé de tes nouvelles! Il vit sa vie tranquillement comme avant avec sa bande de potes! Qu'est ce que tu croyais hein? Que tu étais le centre de son univers? Eh bien tu as eu tout faux! Ton Eric se porte comme un charme!

- qu..quoi? Ça ne peut pas être vrai....il a forcément dû....

- dû quoi? Hein?

- attends stp.... peux- tu...

Je courus aussi vite que je pus dans ma chambre pour en ressortir avec un bout de papier que j'essayais de lui remettre tant bien que mal

- mais qu'est ce que tu fais Nancy? Lache moi!

- je t'en supplie Racine, donne lui ça , c'est tout ce que je te demande, je t'en supplie

- non, je ne le ferai pas!

On se debattait, moi voulant lui remettre le papier de force et lui ne voulant rien savoir.

La porte de la chambre de grand mère qui s'ouvrait nous fit sursauter tous les deux et j'en profitais pour fourrer la lettre dans la poche de son pantalon.

- qu'est ce qui se passe ici?

- rien dis- je précipitamment en le suppliant du regard de ne rien dire

Ma mère nous scruta à tour de rôle, puis s'adressa à mon frère

- allons y

Ces mots qui annonçaient leur départ imminent me fit comme un electrochoc.

Leur départ sans moi signifiait pour moi, rester ici, loin de tout, de ma famille, de mes amis, de mon amour....

Dans un acte non prémédité, je me jetais à terre m'accrochant aux pieds de ma mère

- neené je t'en supplie ne me laisse pas ici. Ramène moi à la maison, je

t' en supplie neené, pardonne moi. J'ai fait une erreur mais je ne suis pas une mauvaise fille

Etouffée par mes sanglots, je sentais qu'on me tirait en arrière mais je m'accrochais désespéremment et de toutes mes forces ne pouvant me résoudre à les laisser partir.

Quand mon regard croisa celui de ma mère et que je vis ses larmes couler sur ses joues, la seule chose que je voulais était ...mourir.

- estime toi heureuse d'avoir encore un toit sur la tête. Beaucoup de jeunes filles dans ta situation se sont retrouvées à la rue......

Elle s'essuya le visage, tira le bras de Racine et ils se dirigèrent vers la sortie.

Mes pas me guidèrent à leur suite, sur le pas de la porte où j'assistais impuissante au départ de la voiture disparaissant au loin.

Ces mêmes pas me guidèrent dehors, où ils sillonèrent les rues, les unes après les autres, sans but précis interrompant toute communication avec mon cerveau.

Les regards que je sentais sur moi me laissaient indifférente.

Je me rendais compte de l'évidence qui s'imposait à moi.

Oui, maintenant, j'ai compris.... oui ....j'ai compris que désormais, je ne pourrai plus compter que sur moi même.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022