« Bonsoir, soyez les bienvenus et merci d'avoir bien voulu nous honorer de votre présence... c'est par ici, si vous voulez bien me suivre. »
Mes enfants avaient répété ces phrases à peu près une bonne cinquantaine de fois, accueillant et installant les convives les uns après les autres, au fur et à mesure qu'ils arrivaient. Il était sept heures du soir. Pratiquement tous ceux qui avaient accusé réception de l'invitation avaient fait le déplacement. à l'exception de Sabine qui, pour des raisons de santé, n'avait pu se déplacer. Elle était une vieille amie, une relation qui remontait à mes jeunes années d'activités paroissiales : nous faisions partie de la même chorale. Elle n'était pas en mesure de se joindre aux autres, contrainte de veiller sur son mari qui avait frôlé la mort trois jours auparavant, à la suite d'une attaque cardio-vasculaire.
J'avais d'ailleurs eu l'occasion de leur rendre visite la veille, mais elle s'était bien gardée de céder à la tentation de trahir la confidence dans laquelle mes enfants l'avaient plongée. La seule allusion qu'elle avait faite à l'âge, au cours de notre conversation plutôt triste, ne pouvait me mettre la puce à l'oreille. Toutes les phrases mornes qui sortaient de notre bouche étaient désespérément rattachées à l'infarctus de son mari surtout qu'« à nos âges avancés, la cinquantaine nous a fait basculer dans ce versant qui fragilise très vite les organismes », avait-elle dit avec fatalisme. J'avais cinquante ans et j'en étais bien au courant, pourtant cette évocation du « quinqua » m'avait fait un effet qui n'était pas des plus réjouissants.
Ayant vu le mari de Sabine là, immobile dans son lit, pâle comme un mort, je m'étais tout à coup sentie vieille et mourante moi aussi, et la peur de je ne sais quoi m'enveloppa tout entière. J'aurais bien aimé ne pas avoir à rejoindre le « Club 50 » de si tôt ; hélas, j'y étais désormais en plein car la nature me rappelait que la jeunesse n'est qu'un emprunt qui doit absolument être remboursé au terme du contrat et nul ne peut en réchapper. Fêter la vieillesse, célébrer le déclin de la vie, n'était pas tellement ce que j'avais à l'esprit, pourtant mes enfants s'en réjouissaient activement et tous leurs invités étaient au rendez-vous, il ne manquait plus que l'intéressée : Moi.
S'étant concertés, mes enfants avaient confié à Mélanie, la benjamine de la fratrie, la délicate mission de m'éloigner de chez moi le plus longtemps possible afin qu'ils aient le champs libre pour mettre leur projet à exécution. Prétextant qu'elle désirait ardemment revivre l'époque de son adolescence où je l'accompagnais faire ses courses, où nous passions plus de temps à nous contredire sur ses choix qu'à trouver un bon article, où elle jugeait mes préférences trop « glauques » et que je trouvais les siennes trop vulgaires, où les pauvres vendeurs nous sortaient tout ce qu'ils avaient de meilleurs dans leurs stocks sans pour autant que notre choix ne se porte sur un seul article, elle m'avait demandé de l'accompagner faire des courses importantes au centre ville, en soulignant avec ironie que « ton coup d'œil un peu vieillot me serait très utile cette fois.»
J'étais très heureuse de la revoir après un petit moment de séparation ; en réalité, un seul jour sans voir mes enfants me paraît comme une éternité et les revoir me transporte toujours de joie car ils sont ma seule raison de vivre. Sa sollicitude, bien qu'ironiquement formulée, n'eut, tout naturellement, eu aucune difficulté à flatter mon ego. Ignorant que tout ceci n'était en fait qu'une simple diversion, je m'étais jetée dans son jeu et nous voilà au centre ville, comme autrefois, en train de juger telle robe, telle jupe et tel chemisier trop ceci ou pas assez cela. Naturellement, rien n'était assez beau et il fallait continuer la recherche d'articles rares qui puissent trouver grâce à nos yeux à toutes les deux, sachant pertinemment que nous n'avions pas les mêmes goûts vestimentaires et que le contraire n'était pas prêt d'arriver.
Tout était finement pensé pour faire de cette surprise un évènement exceptionnel. Mélanie avait en outre le devoir de ne pas commettre l'erreur de m'informer sur la présence de ses frères et sœurs qui, à cet instant, se trouvaient planqués chez leurs amis.
Un demi-siècle, ça se fête dignement, et on ne lésine pas sur les moyens. Pour mon cinquantième anniversaire, mes enfants avaient prévu de m'offrir un jour inoubliable, un moment grandiose pour me témoigner leur amour et leur soutien dans toutes les épreuves que ma petite vie si mouvementée a traversées et qui, en retour, l'ont façonnée. Ma silhouette de quinquagénaire n'était que le pâle résultat de toutes ces étapes jonchées sur mon parcours et que j'ai dû franchir sans avoir d'autres choix.
Avec l'aide et la complicité de Lydie-Violette, mon amie de toujours, ils avaient méticuleusement préparé cette soirée en sélectionnant les invités parmi les personnes qui m'étaient ou qui m'avaient été les plus proches ou les plus intimes, même si j'avais perdu de vue la plupart d'entre elles au fil des années.
Inoubliable ! Ça l'a été, au point d'avoir radicalement transformé le reste de l'existence d'un des convives.
A sept heures et demie du soir, lessivée par la promenade inutile que ma fille m'avait fait faire à travers la ville dans son interminable quête pour un innommable objet si rare qu'il s'est, en fin de compte, avéré introuvable, je rentrai chez moi complètement éreintée, avec en tête une seule idée : Prendre un bon bain fort relaxant puis me jeter de tout mon poids dans mon lit et m'offrir un repos bien mérité. C'était le jour de mon anniversaire certes, mais y songeais-je ? De toute façon, personne autour de moi ne semblait y prêter attention et pour moi, ce jour se déroulait comme n'importe quel autre jour.
Mais quand j'ouvris la porte, que je faillis être propulsée dans les airs par le brusque soulèvement rauque du chœur baroque qui m'accueillit, je dus à cet instant revoir totalement mon petit projet de relaxation, et mon vieux corps endolori par l'exténuante marche se sentit subitement frappé par cette foudre inattendue. Oh, non ! Ce jour n'avait rien de commun avec les autres. C'était bien le jour de mon anniversaire, le jour de mon demi-siècle d'existence et d'errance désespérée sur terre.
Après la dissipation de l'effroi, je volai de surprise en surprise en revoyant mes enfants, au premier plan, certes pas au grand complet, car deux d'entre eux, Christophe et Sophie n'y étaient pas. J'embrassais du regard ceux que j'avais sous les yeux, avant de leur adresser individuellement une longue accolade émue.
Je vis tour à tour Paula et Paul, à un petit pas de la trentaine, tout sourire, assis côte à côte, leur complicité de jumeaux n'ayant pas changé d'un iota avec l'âge. A la droite de Paul était assise Irina, son épouse qui tentait de maîtriser leur jovial petit Roman qui allait vers sa deuxième année. Après avoir serré très fort Paula, puis Paul et enfin Irina contre moi, je pris le remuant Roman dans mes bras et poursuivis ma tournée avec lui. Je constatai que Fernand, le mari de Paula, n'était pas aux côtés de son épouse, ni leurs deux enfants Guy et Lisa, respectivement âgés de cinq et trois ans. Je tombai dans les bras de Siméon qui était avec sa compagne Aurélie.
Mon petit Siméon, déjà vingt-six ans ! Que le temps passe vite ! Mais il avait toujours ce petit œil scintillant qui trahissait sa joie profonde, et ce rayonnant sourire de petit garçon, illuminant son beau petit visage, me rappelait les jeunes années de mon fils. Un peu plus loin, je vis Lydia et Violaine, mes deux petites perles. Elles étaient égales à elles mêmes, toujours aussi débordantes d'énergie, si communicatives d'enthousiasme, acclamant tout fait de tout cœur. Et cet air juvénile qui scintillait de ma deuxième et précieuse petite paire de jumelles me fit ressentir un frisson de fierté.
Malgré l'épuisement qui me terrassait et cette surprise qui me paralysait, la présence de mes enfants me fortifia et je ne pus cacher ma joie quand je les vis féliciter, avec un enthousiasme de gamins, leur benjamine de sœur pour avoir tenu le secret jusqu'au bout et pour avoir permis de faire de moi la victime de leur petite machination. J'étais même heureuse de l'entendre critiquer mes goûts et rappeler à ses sœurs combien elle détestait faire les courses avec moi. De toute façon, quoiqu'elles eussent pu faire ce jour-là, j'en étais tout simplement fière et heureuse.
Et tous ces visages tout autour ! Toutes ces personnes très familières que je n'avais pas revues depuis des lustres et dont, pour certaines, je n'avais plus aucune nouvelle, mon impardonnable oubli les ayant tout bonnement enfermées dans un compartiment de ma mémoire que je ne consultais plus.
Mais la plus grande des surprises fut la présence de Père Paolo, l'homme pour lequel j'avais dérouté aveuglément mon destin pour le fourvoyer dans le fond d'un nulle part.
Que de blessures ! Que de souffrances endurées ! Que de larmes versées ! Que de nuits d'insomnie ! Que de frustrations ! Ce jour me rappela tous les longs moments douloureux, ainsi que tous les petits instants de bonheur capturés à la dérobée, d'un passé qui, en réalité, n'est jamais resté bien loin de moi. Dès cet instant, la plaie béante que j'avais passé près de trois décennies à tenter de panser se rouvrit. Je me vis soudainement anéantie, mes fragiles garde-fous se brisèrent comme une digue sous la pressante poussée d'un bassin en crue.
J'étais plantée là, impuissante, figée, blême, flageolante et perdue, rattrapée une fois de plus par l'irrésistible vortex de ce passé que je me suis tant et tant de fois démenée à occulter. Décidément, ce jour n'était pas un jour comme les autres. Les crampes douloureuses, traînées toute la journée et que ma brève euphorie essayait de souffler comme du vent chassant les nuages, cédèrent leur place à l'engourdissement et du corps et de l'esprit ; un seul mot trottait dans ma tête pour tout résumer : gâchis.
Mais fort heureusement, un coup de théâtre me sortit momentanément de ce marasme mental qui s'apprêtait à m'engloutir. Décidément, ce jour était pour moi celui des sensations fortes. En effet, au moment où je frisais l'effondrement psychique, Christophe et Sophie dont l'absence m'inquiétait, sortirent de nulle part et m'offrirent la plus éclatante des surprises. Une telle effusion d'émotion jaillit de moi lorsque les deux m'entourèrent de leur affection ! Je ne pus cette fois contenir mes larmes.
« Toi qui es là-haut, Toi qui es ici-bas, Toi qui es en moi, Toi qui es partout et tout le temps à la fois, Toi le Maître des mondes visible et invisible, des mondes perceptible et imperceptible, Toi le Dieu des dieux, Toi l'Ame des âmes et l'Esprit des esprits, Toi la Puissance des puissances, Toi qui créas l'HOMME et la FEMME par Amour, Toi qui les unis et les bénis pour la première fois en leur offrant Ton amour infini, Toi qui me créas FEMME, Toi qui me connus avant même que je ne vinsse au monde, Toi qui me connais mieux que moi-même, écoute ma voix, écoute mon cœur, écoute mes pensées, écoute mes sentiments, écoute ma prière, écoute les cris et les pleurs de mon âme qui se perd dans les méandres de l'inconnu.
Si je suis dans le faux, ramène-moi dans le vrai ; si je suis dans le noir, ramène-moi à la lumière ; si je suis dans le péché, pardonne-moi, si je me suis égarée, ramène-moi à Toi, et si tout ceci n'a rien de ta volonté, alors, mon Dieu, s'il te plaît, manifeste-Toi et dis-moi ce que je dois faire, efface tout ce que je ressens et montre-moi le bon chemin ! »
Telle a été ma prière quotidienne pendant des années. Je ne cessais d'invoquer et de demander au bon Dieu de m'aider à vivre une vie normale et de me guérir de ce malaise chronique qui ressemblait à s'y méprendre à une grave maladie incurable. Je ne suis pas née avec, oh, non !... Je l'ai contractée au détour d'une innocente promenade dans le jardin du bon Dieu, à seize ou dix- sept ans, l'âge dit 'd'or', l'âge où toutes les filles normalement constituées ne rêvent et n'espèrent qu'une chose : l'apparition miraculeuse de l'homme providentiel. Aujourd'hui encore, je suis incapable de dire comment, pourquoi et quand tout ceci commença, ni même ce qui l'eut déclenché.
Il fut même un temps où je ne supportais plus rien de ce monde au sein duquel je me croyais perdue, car j'estimais ne pas y trouver ma place. Et pour tenter de m'en sortir, je dus aller jusqu'à consulter un spécialiste.
- Je me sens atteinte d'une maladie rare Docteur, et je recherche désespérément une thérapie efficace pour en venir à bout.
- Qu'attendez-vous de ces séances ?
- Qu'elles m'aident à faire un bilan constructif pour que j'accepte définitivement tous les faits douloureux qui sont survenus dans ma vie !... Je voudrais sortir de cette impasse, de cette maudite prison qui m'asphyxie.
- Êtes-vous consciente que vous vous êtes laissées enfermer dans cette 'prison' comme vous le dites ?
- Oh, que oui !... J'ai essayé de briser les barreaux pour m'évader de cette prison. J'ai voulu retrouver la liberté qui semblait me sourire de l'autre côté de la vie et qui, je le croyais, me tendait les bras. Mais la liberté m'a jugée trop encombrante pour le moment et pas encore prête à la rejoindre. Elle n'a pas voulu de moi, parce que j'étais encore surchargée de ce passé. Voilà pourquoi j'ai besoin d'une aide qui me permette de me défaire de ce lourd fardeau que je traîne depuis trop longtemps.
- Et avez-vous vraiment envie d'en sortir ?
- Bien sûr ! Je ne serais pas ici autrement !... J'en ai marre, vous savez !... J'en ai vraiment ras le bol ! Je veux m'en sortir, oui, m'en sortir absolument, mais je sais que je ne le pourrais pas par mes propres moyens...
- OK !... Nous allons tenter de nous y atteler... mais... ne vous faites pas trop d'illusions. Je ne suis pas une magicienne. Rien ne se fera d'un simple coup de baguette. Vous ne réussirez cette thérapie que grâce à vos propres efforts. Votre volonté sera le point déterminant du travail que nous tenterons d'entreprendre. Et moi, mon rôle ne consistera qu'à vous accompagner, du mieux que je pourrai, dans votre quête de guérison, car le résultat de vos efforts sera la conséquence de votre profond désir. Il ne vous arrivera que ce que vous espérez sincèrement, on est bien d'accord ?
Loin d'être convaincue d'avoir pris la bonne décision, partagée entre ma réelle volonté de rompre à tout jamais avec cette néfaste liaison fantomatique et mon clandestin désir de vivre éternellement avec ce si bon et pourtant si douloureux sentiment de frustration, je regardai la psychologue, l'air désorienté, complètement égarée dans les vagues mouvementées de mon lointain passé qui m'escortait fidèlement, moi, presque quadragénaire à l'apparence très usée.
Vautrée dans ce canapé qui avait l'air d'avoir offert sa douce hospitalité à toutes les âmes perdues de la ville, j'étais assise face au Docteur De Brillard qui m'auscultait soigneusement du regard, recherchant sans doute le petit geste salutaire ou la moindre réaction salvatrice.
Avec ma tête légèrement penchée vers l'épaule gauche, les mains soutenant fermement par les rotules mes jambes croisées, l'air d'une enfant, je me sentais envahie par un triste sentiment d'impuissance et de désespoir, et aucune pression supplémentaire de mes frêles mains sur mes genoux ne pouvait empêcher mes glandes lacrymales de laisser deux filets de larmes chaudes ramper lentement le long de mes joues.
Le regard toujours fixé sur le Docteur De Brillard et, d'un ton désespéré, je lui demandai :
- Avez-vous déjà été amoureuses, Docteur ?... Euh, je veux dire, réellement et profondément amoureuses, envoûtées, ensorcelées... l'avez-vous déjà été ?
Elle esquissa un sourire amical puis, d'un air décontracté et rassurant, presque ironisant, le Docteur De Brillard me répondit :
- Je n'ai pas encore eu la chance de rencontrer l'élu ni d'éprouver un sentiment d'une telle intensité. Mais cela dit, je ne suis pas pour autant aux abois, j'en ferai l'expérience le moment venu. J'ai tout mon temps, vous savez !
Hochant mélancoliquement la tête, me mordillant nerveusement les lèvres et, toute trempée de larmes, je lâchai doucement, d'une voix totalement inaudible :
- Moi, si... je n'y comprends rien, j'en souffre encore aujourd'hui après tant d'années, j'ai tellement mal que je n'ai parfois plus aucune envie de vivre !... C'est trop dur d'aimer !... Surtout lorsqu'on aime la mauvaise personne...
- Voulez-vous un verre d'eau ? me demanda promptement la psy.
- Non, merci, ça va aller !
- A présent, détendez-vous et nous allons essayer de parler. Considérez-moi comme une amie, une confidente, voulez-vous ?
Haussant négligemment les épaules, je répondis sans enthousiasme :
- Si vous y tenez !
Il était quatre heures de l'après-midi. Le soleil se retirait discrètement pour s'éclipser vers d'autres horizons où sa courte absence paraissait déjà trop longue et où sa rituelle réapparition était, comme toujours, attendue avec la plus grande impatience.
Couchée dans ce moelleux canapé que l'on pourrait qualifier de confident – car les secrets, il dut en entendre des dizaines de milliers
– je scrutai, fixai évasivement le plafond un long moment, écarquillant les yeux, battant les paupières à un rythme inconscient et désordonné pour tenter de repousser la tonne de larmes qui m'inondait les yeux.
Espérant m'échapper de cette terrible souffrance, je me sentis transportée hors de moi et de ce canapé, m'imaginant soudain en femme comblée, prête à rentrer chez moi après une longue journée de travail, et d'y rejoindre mon homme qui m'enlacerait, à qui je raconterais le déroulement de ma pénible ou joyeuse journée, avec qui j'échangerais des confidences, des rires et des regards complices. Plongée dans cette délirante mélancolie, je me laissai franchement aller et me mis à pleurer pour de bon, sans aucune retenue. Le Docteur De Brillard se leva pour aller chercher une boîte de mouchoirs qu'elle revint poser sur la table basse, juste devant moi, en m'invitant à m'en servir.
D'une main tremblante, je pris un mouchoir, m'essuyai les yeux, me mouchai bruyamment et vigoureusement comme pour me vider de tous ces tourments qui me bourraient le crâne, puis envoyai le mouchoir souillé nicher dans le fond d'une corbeille.