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Passion explosive

Passion explosive

Auteur:: BIJOURO
Genre: Romance
La jeune Flora Marchand est heureuse, elle a trouvé un poste d'assistante personnelle pour le grand et énigmatique Thomas Duvier PDG de la mégalopole la plus prestigieuse au monde. Un homme glacial et dur mais à la beauté à vous couper le souffle. Comment réussir dans son travail sans succomber au charme ravageur de son patron sachant qu'elle est déjà fiancée à Walter?

Chapitre 1 Retour aux sources

Le soleil d'été de la ville de Port-Royal filtrait à travers les rideaux de lin immaculés, dessinant des zébrures de lumière sur le parquet fraîchement ciré. Flora Marchand s'arrêta, laissant tomber un carton estampillé « SOUVENIRS D'ENFANCE » avec un bruit sourd. Le silence de l'appartement, vaste et baigné de lumière, résonnait d'une promesse douce et neuve. C'était un silence bien différent de la cacophonie nerveuse de la capitale qu'elle venait de quitter.

Port-Royal n'avait rien perdu de son charme. C'était une ville d'eau et de pierre grise, où le modernisme audacieux des gratte-ciels du quartier des affaires se heurtait harmonieusement aux vieilles bâtisses en brique du port historique. C'était la ville de ses dix-huit premières années, le lieu où ses rêves s'étaient tissés, puis envolés, avant de la rappeler à lui.

Flora sourit. À vingt- huit elle était de retour, non pas vaincue, mais récompensée. Sa détermination, son efficacité presque clinique et son diplôme avec mention lui avaient valu une place convoitée : assistante personnelle du PDG de Charpenter Tech.

Elle s'approcha de la fenêtre et inspira profondément. Sous elle s'étendaient des rangées de petits cafés et de librairies indépendantes. L'air sentait le sel de mer et le jasmin. Elle se sentait entière ici, ancrée.

Elle se pinça légèrement le bras, comme pour vérifier la réalité de ce nouveau départ. Sa vie était ordonnée, cartographiée. Son travail à Duvier Tech Corp était une étape de carrière phénoménale. Son mariage imminent avec Walter était la cerise sur le gâteau.

Walter...

Un sourire étira ses lèvres, teinté d'une nuance de culpabilité. Walter représentait la stabilité, la clarté. Il était avocat d'affaires, un homme blond, impeccable, prévisible. Ils se connaissaient depuis l'université et leur relation, sans être volcanique, était un havre de paix, une entente parfaite d'ambitions et de respect mutuel. Il n'avait pas pu l'accompagner pour l'emménagement – une affaire cruciale à l'autre bout du pays – mais il était censé la rejoindre le week-end suivant.

Elle attrapa son téléphone, qui affichait un message de lui : "Appelle-moi quand tu auras vaincu le dernier carton. Hâte de te serrer contre moi, mon amour. Je t'ai commandé des sushis pour ce soir. W."

Un petit geste attentionné. Toujours parfait, Walter.

« Dis-donc, ma biche, tu comptes déballer ces briques ou faire la statue devant la fenêtre ? »

La voix résonna dans le hall. Flora se tourna et rit. Bertrand, son ami d'enfance, son roc, son compagnon de déménagement attitré, venait de terminer de monter le canapé. Bertrand était tout ce que Walter n'était pas : exubérant, vêtu d'une chemise hawaïenne bien trop colorée pour un vendredi après-midi, et d'une honnêteté parfois brutale.

« Merci d'être là, Bertie. Je crois que mon cerveau est déjà en mode classement et rangement, il n'arrive plus à ordonner mon corps. »

Bertrand s'essuya le front.

« C'est normal. Tu es en train de réaliser que tu as décroché le Graal. Être la main droite de Thomas Duvier ce n'est pas rien. C'est le Saint-Sacrement de la vie professionnelle. »

Flora haussa les épaules.

« C'est un travail, Bertrand. Un très bon travail, oui. Mais j'espère surtout qu'il n'est pas aussi... légendaire que sa réputation le laisse entendre. »

« Ah, la réputation. Tu veux dire le génie autodidacte de la tech qui a créé un empire à vingt-cinq ans ? Ou l'énigme sociétale qui ne sourit jamais, sort avec personne et vit comme un ermite dans son penthouse de verre ? »

Flora attrapa un classeur.

« Je parle du PDG. Mon devoir est de gérer son emploi du temps, pas sa vie sociale. »

« Bien sûr, ma chérie. Mais tu vas passer tes journées à côté d'un homme qui est, selon les magazines, l'homme le plus beau, le plus riche du monde et le plus inaccessible. C'est une combinaison dangereuse. Walter est à deux mille kilomètres. Fais attention à toi. » Bertrand lui lança un regard insistant. « Cet homme-là est fait de glace et d'électricité. Ne te brûle pas. »

Flora sourit, rassurante.

« J'aime le feu, moi. Et j'aime Walter. Mon cœur est bien scellé. Thomas Duvier est mon patron, rien de plus. Et maintenant, aide-moi à monter cette étagère ou je ne te paye pas ta part de sushis. »

L'anxiété de la veille s'était muée en une excitation concentrée. Le lundi matin, Flora arriva devant l'immeuble de Duvier Tech Corp en tenue de combat : tailleur bleu marine impeccable, coiffure stricte, attitude professionnelle inébranlable.

Le hall était un chef-d'œuvre d'architecture minimaliste et froide : marbre blanc, lignes épurées. Tout ici parlait de réussite et d'efficacité. Elle fut accueillie par Sarah, l'assistante de direction qui l'avait recrutée.

« Bienvenue, Flora. J'espère que vous êtes prête. Monsieur Duvier est... très exigeant. » Sarah ne souriait pas. « Votre bureau est adjacent au sien. Discrétion absolue, efficacité maximale. »

Flora fut conduite dans son nouveau royaume. C'était une pièce lumineuse, dotée d'une baie vitrée offrant une vue plongeante sur la baie. Mais ce qui captiva son regard, c'était la porte massive qui menait au bureau de Thomas Duvier. Une porte de bois sombre et lourd, symbole de la barrière qui séparait le monde de l'homme.

« Vous commencez par la paperasse de base. M. Duvier a deux réunions ce matin. À 14 heures, il vous verra. Il a besoin que vous maîtrisiez le dossier sur l'innovation de la micro-puce d'ici là. »

Sarah la laissa seule avec une pile de documents vertigineuse. Le projet de la micro-puce.

Thomas Duvier était PDG, mais il était avant tout un génie de l'ingénierie médicale. Ce projet était sa passion, sa grande œuvre : une puce capable de lire et de corriger les traumatismes crâniens au niveau neuronal. Un travail qui pourrait sauver des millions de vies, un travail qui justifiait la pression.

Flora s'immergea dans les dossiers, oubliant l'heure. Elle travailla avec une concentration totale, absorbant les chiffres, les noms des chercheurs, les dates de dépôt de brevets. Quand l'horloge afficha 13h55, elle avait assimilé l'essentiel.

Un léger « Toc-Toc » sur la porte massive, et Flora retint sa respiration.

« Entrez, Mademoiselle Marchand. »

La voix était profonde, légèrement rauque. Une voix d'autorité, qui résonnait dans l'immense bureau.

Flora entra. L'espace était encore plus impressionnant que le sien. Une table de conférence longue comme une piste d'atterrissage, des œuvres d'art minimalistes sur les murs, et au centre, face à la baie vitrée, Thomas Duvier.

Il était plus qu'impressionnant ; il était une force de la nature au repos. Vêtu d'un costume anthracite coupé sur mesure, ses cheveux noirs étaient coiffés en arrière, et ses yeux gris, presque argentés, la fixaient avec une intensité qui désarmait instantanément. Sa beauté était en effet celle des magazines, mais en personne, elle était rehaussée d'une aura de pouvoir et d'une mélancolie subtile qui donnait l'impression que le monde entier reposait sur ses épaules.

« Asseyez-vous, Mademoiselle March »

Il désigna la chaise en face de lui sans la moindre chaleur.

« Merci, Monsieur Duvier. »

Flora s'assit, notant la distance qu'il imposait entre eux, à la fois physique et émotionnelle.

Il ne perdit pas une seconde.

« J'ai lu votre dossier. Impressionnant. Vos anciennes références soulignent votre discipline. Mais j'ai besoin de plus que de la discipline. »

Ses yeux, ces yeux d'argent, se posèrent sur elle. « Je travaille entre soixante-dix et quatre-vingts heures par semaine. Je n'annule jamais de réunions, jamais de vols. J'ai un projet en cours, la micro-puce. Il ne tolère aucune erreur, aucun retard, aucune divulgation. Si vous commettez une erreur qui met ce projet en péril, vous serez renvoyée avant la fin de la journée. »

Le ton était plat, sans menace, mais l'effet était celui d'une décharge électrique.

« Je comprends, Monsieur Duvier. Je suis consciente de l'enjeu. »

Flora maintint son regard, refusant d'être intimidée.

Un micro-sourire, si fugace qu'il aurait pu être un tic nerveux, effleura les lèvres parfaites de Thomas.

« Bien. Parlons du planning de la semaine prochaine. »

Pendant l'heure suivante, ils plongèrent dans les détails. Flora était brillante, anticipant ses besoins avant qu'il ne les exprime. Thomas était un patron impitoyable mais juste, reconnaissant ses compétences. La tension n'était pas due à un conflit, mais à une attraction invisible qui se formait dans le silence entre leurs mots.

Au moment où la réunion touchait à sa fin, Thomas s'appuya sur son fauteuil, ses mains croisées sur le bureau.

« Mademoiselle Marchand. Le secret professionnel est essentiel. Mais il y a une chose que je déteste par-dessus tout. »

Il fit une pause, l'observant avec une intensité déconcertante.

« C'est le mensonge. Surtout le mensonge des émotions. »

Flora cligna des yeux. La remarque était trop personnelle pour le contexte.

« Je ne crois pas mentir, Monsieur Duvier. »

« Non. Mais vous vous voilez la face. Je ne vous connais pas, mais je sais lire les gens. Vous êtes ici pour fuir quelque chose. Ou pour vous prouver que vous êtes capable de résister à quelque chose. »

Il se leva, dominant la pièce et Flora.

« Tenez-vous-en aux faits, Mademoiselle Marchand. Les faits professionnels. C'est la seule chose qui vaille. »

Il avait atteint la limite de son acceptation. Il l'avait mise en garde.

« Vous pouvez disposer. Préparez la note pour le conseil d'administration, je veux la lire à 20 heures. »

Flora se leva, le cœur battant à tout rompre. Elle s'était attendue à de l'intimidation professionnelle ; elle avait trouvé une complexité émotionnelle fascinante.

De retour à son bureau, elle envoya un texto rapide à Walter : « Je t'aime. J'ai hâte de te voir. Tout est sous contrôle ici. »

Un mensonge réconfortant. Rien n'était sous contrôle. Le PDG avait regardé droit dans son âme et elle sentait déjà son ordre vaciller.

Elle s'attaqua à la note du conseil, tentant d'ignorer la présence invisible, mais écrasante, de Thomas juste derrière la porte.

L'horloge afficha 19h30. Flora n'avait pas bougé. Elle relisait la note pour la dixième fois. La porte s'ouvrit sans prévenir.

Thomas apparut. Il avait retiré sa veste et déboutonné son col. Il paraissait épuisé, la cravate desserrée. Un homme, pas un mythe.

« Mademoiselle Marchand. Laissez la note. » Il se dirigea vers la machine à café dans le coin.

« Vous n'avez pas dîné. »

Ce n'était pas une question.

« Non, Monsieur Duvier. J'ai commandé quelque chose qui devrait arriver. »

« Annulez. »

Il revint avec une tasse de café noir et une deuxième qu'il posa devant elle.

« Je n'ai pas le temps de manger. Mais vous, si. Et vous ne quittez pas ce bâtiment tant que nous n'avons pas bouclé cette note. »

Il ne l'avait pas invitée ; il lui avait donné un ordre. Et pourtant, il y avait quelque chose de protecteur dans son ton.

« Bien, Monsieur Duvier. »

Ils travaillèrent encore une heure, Thomas debout derrière elle, la tête penchée, commentant chaque paragraphe. L'air était devenu électrique, chaque respiration, chaque mouvement se percevant de manière amplifiée. À 20h45, le travail était terminé.

Flora se leva, épuisée et nerveuse.

« C'est tout pour moi ce soir, Monsieur Duvier. »

Thomas resta silencieux. Il la regarda, vraiment cette fois. Sans aucune distance. Ses yeux gris semblaient scanner sa culpabilité, son anxiété, son attirance.

Il fit un pas. Deux pas. Il était juste devant elle, son odeur de bergamote et de concentration l'enveloppant. Flora ne pouvait plus bouger, ni parler.

« Walter n'est pas là, Flora. »

Sa voix était un murmure, le prénom dit pour la première fois avec une intimité choquante.

« Je... je sais. »

« Je vous avais prévenue. Je déteste le mensonge des émotions. »

Il posa ses mains, chaudes et fortes, de chaque côté de son visage. Le temps se suspendit. Elle sentit le cœur lui battre dans les tempes. Elle aurait dû reculer, le frapper, fuir. Mais elle resta, prisonnière du désir soudain et violent qui la submergeait.

« Vous mentez à vous-même, Flora. Et moi, je ne mens jamais sur ce que je veux. »

Et puis ses lèvres étaient sur les siennes. C'était un baiser dominant, urgent, qui prenait tout ce qu'elle pouvait donner. Il n'y avait pas de douceur, juste l'explosion de l'interdit. Dans les secondes qui suivirent, Flora ne fut plus l'assistante, ni la fiancée. Elle n'était qu'une femme consumée par le feu et l'électricité de Thomas Charpenter.

Il la souleva, l'entraînant vers la porte qui menait à son bureau, sans la quitter des lèvres. L'acte était en cours avant même qu'elle n'ait pu opposer la moindre résistance.

Le contrat était rompu. Le travail, le mariage, la stabilité : tout s'écroulait dans la seconde où elle répondait à son patron. Et elle répondit.

Chapitre 2 La théorie du compartiment

Flora Marchand se réveilla dans un silence assourdissant, un silence qui n'appartenait qu'aux lieux où les secrets étaient enterrés. Le luxe de l'endroit était une agression sensorielle. Elle n'était plus dans son petit bureau immaculé, mais dans l'espace privé du PDG.

La lumière du petit matin filtrait à travers d'immenses baies vitrées, révélant un appartement spectaculaire perché au sommet de l'immeuble de Duvier Tech Corp. Le sol était recouvert d'un marbre sombre, les murs portaient des œuvres d'art minimalistes dont la valeur devait dépasser le revenu annuel de sa famille, et elle était allongée sur un lit dont les draps de soie étaient froissés, odorants, témoins silencieux de sa chute.

Son cœur se mit à battre la chamade, une percussion frénétique qui résonnait dans ses tempes. Elle n'avait aucun souvenir précis d'avoir traversé la porte de la chambre ; le temps, après le baiser initial, n'avait été qu'une série de sensations brûlantes, de soupirs étranglés, et d'une force animale qui l'avait anéantie.

Elle se redressa brusquement, tirant le drap sur sa poitrine. L'air était froid, mais une chaleur persistante dans son ventre et sur sa peau lui rappelait la violence de sa trahison.

Walter.

Le nom de son fiancé la frappa comme un glaive. Elle s'était promis la stabilité, l'honnêteté, la simplicité. Et en l'espace de quelques heures, elle avait tout jeté par la fenêtre de ce penthouse, succombant à un homme qu'elle connaissait à peine, mais dont le charisme et la froideur avaient allumé en elle une étincelle d'imprudence qu'elle ignorait posséder.

Elle balaya la pièce du regard, cherchant ses vêtements. Ils étaient négligemment posés sur un fauteuil, un tas indécent qui ne pouvait plus être repassé.

Thomas Duvier n'était pas là. C'était à la fois un soulagement et une humiliation. Il avait dû se lever pour travailler. Un homme comme lui ne s'attarde pas sur les accidents de parcours, fussent-ils charnels.

Flora se leva, chancelante, et s'habilla à la hâte. Chaque geste était une tentative de se débarrasser du parfum de l'autre homme, de l'empreinte de ses mains. Elle se sentait souillée, coupable, mais paradoxalement, une partie d'elle-même se sentait éveillée. Une partie qu'elle devait absolument enfermer.

Elle trouva une petite salle de bains attenante à la chambre, se passa de l'eau sur le visage, coiffa ses cheveux du doigt et tenta de retrouver l'image de l'assistante irréprochable.

« Fuir est la réaction habituelle. »

La voix grave et calme de Thomas Duvier déchira le silence derrière elle. Il se tenait dans l'encadrement de la porte, vêtu d'une chemise de soie noire et d'un pantalon de costume, impeccable. Il tenait une tasse de café fumant. Il n'y avait aucune trace de regret, aucune passion excessive, juste un calme absolu, presque dédaigneux.

Flora sentit le sang lui monter aux joues.

« Monsieur Duvier, je... »

Il l'interrompit d'un geste de la main, indifférent à sa panique.

« Inutile de prononcer des phrases toutes faites, Flora. Le temps est précieux. »

Il fit un pas dans la pièce. Sa proximité était immédiatement écrasante.

« Je pense qu'il est préférable d'appliquer la théorie du compartiment. »

Thomas prit une gorgée de son café.

« L'événement de cette nuit ne s'est pas produit. Il reste dans ce penthouse. Il n'a aucune influence sur nos relations professionnelles. »

Flora le regarda, stupéfaite par son sang-froid. Il lui offrait exactement ce qu'elle voulait : l'oubli. Mais son regard, lui, disait tout le contraire. Ses yeux gris l'évaluaient de haut en bas, une lueur de satisfaction muette et prédatrice dans les pupilles.

« Je... c'est ce que je voulais dire, » parvint-elle à articuler, saisissant l'opportunité. « C'était une erreur. Une erreur due à la fatigue, à la pression. Cela ne se reproduira pas. »

Thomas hocha légèrement la tête.

« Bien. Mais sachez une chose, Flora. Je ne fais pas d'erreurs. Et je ne regrette jamais ce que je prends. »

La phrase, prononcée avec cette arrogance tranquille, était une revendication. Il ne regrettait pas ; il prenait possession.

Il s'approcha du bureau attenant au salon.

« Maintenant, retournez dans votre bureau. J'ai un rendez-vous avec le Dr. Keller à neuf heures. J'ai besoin du plan de financement pour la prochaine phase de la micro-puce, optimisé selon les derniers chiffres du marché. Vous avez deux heures. »

Il lui tourna le dos, se plongeant dans une tablette. Le renvoi était clair. L'épisode charnel était terminé ; le travail reprenait le dessus. Mais le jeu de pouvoir ne faisait que commencer.

Flora s'éclipsa du penthouse sans un mot.

Elle traversa les couloirs luxueux du dernier étage, puis l'ascenseur privé, se sentant nue sous son tailleur froissé. Elle n'avait qu'une idée en tête : fuir et se laver de Thomas Duvier.

Arrivée à son appartement, Flora se rua sous la douche. Elle frotta sa peau avec une violence presque punitive, comme si l'eau chaude pouvait effacer la mémoire de la veille. Devant le miroir embué, elle fixa ses yeux. Ils étaient rougis, non par les larmes, mais par la veille et le manque de sommeil. Il n'y avait pas de trace physique de l'acte, mais une brillance nerveuse qu'elle n'arrivait pas à dissimuler.

Elle enfila une nouvelle chemise, plus stricte, un tailleur gris austère. Son armure.

Le téléphone sonna. C'était Walter.

Elle hésita, puis décrocha. Sa voix était douce, faussement légère.

« Mon amour, tu es réveillée ? J'espère que tu as dormi comme un bébé après ton grand jour. »

La culpabilité la submergea, la rendant physiquement nauséeuse.

« Oui, Walter, très bien. J'ai terminé tard le travail, Thomas Duvier est très exigeant. »

« Duvier. L'homme parfait. Tu sais, j'ai vu des articles sur lui. Un célibataire endurci, il paraît. Ne laisse pas sa froideur te faire douter de toi, ma chérie. Tu es la meilleure. »

« Je sais, Walter. Il est... juste très professionnel. Je suis sur le point de repartir au bureau. Je t'appelle ce soir, d'accord ? »

« Bien sûr. Je t'aime, mon amour. »

« Je t'aime aussi. »

Le mensonge était amer, mais nécessaire.

Raccrochant, Flora se jura de ne plus jamais céder à l'impulsion. Thomas Duvier était un poison, mais Walter était son antidote. Elle devait se concentrer sur son mariage, sur sa vie stable, et reléguer Thomas Duvier dans le compartiment "Patron Exigeant" pour toujours.

De retour à Duvier Tech, Flora s'installa à son bureau, se forçant à regarder les chiffres, les contrats. Son bouclier était son professionnalisme. Elle devait être parfaite, irréprochable, afin que Thomas ne puisse jamais la prendre en défaut, ni au travail, ni sur le plan moral.

Elle se lança corps et âme dans l'optimisation du plan de financement de la micro-puce. Les chiffres s'empilaient, la complexité était immense. Ce projet, leur projet, était désormais la seule chose qui justifiait leur proximité.

À 8h50, la note était prête. Elle laissa son esprit s'éteindre, ne se concentrant que sur les termes techniques. Traumatisme crânien, nanofibre, bio-compatibilité.

La porte du bureau de Thomas s'ouvrit. Il sortit, l'air frais et dominant.

« Mademoiselle Marchand. La note ? »

« Elle est prête, Monsieur Duvier. » Elle lui tendit le dossier sans croiser son regard.

Il le prit, ses doigts effleurant les siens. L'effet fut immédiat : un frisson parcourut le bras de Flora. Elle recula imperceptiblement.

Thomas, ses yeux d'argent rivés sur son visage, la regardait. Il vit le recul, la panique. Et il sourit. Non pas le sourire de l'homme heureux, mais le sourire de l'homme qui sait qu'il a gagné une manche.

« Excellent. J'ai besoin de vous pour la réunion avec le Dr. Keller. Et ce soir, nous avons un dîner d'affaires avec les investisseurs potentiels. Ils sont exigeants ; nous avons besoin de la personne qui maîtrise le dossier à la perfection. Vous. »

« Un dîner ? »

« Oui. Dix-neuf heures. Je veux que vous soyez à la hauteur. Robe de cocktail. Et ponctuelle. »

Il lui donnait un ordre à la fois professionnel et intime. Il lui imposait une proximité sociale après la proximité physique. Il refusait de la reléguer au bureau.

« J'ai un engagement... avec mon fiancé. »

La phrase était une arme, une barrière qu'elle levait désespérément.

Le sourire de Thomas disparut. Son regard se durcit, mais il resta parfaitement calme.

« Je suis le PDG de cette entreprise, Mademoiselle Marchand. Votre engagement prioritaire est ici. Walter devra attendre. »

Il prononça le nom de Walter avec un dédain à peine voilé.

Il ne lui laissa pas le temps de protester. Il ajouta, sur un ton soudainement plus doux, mais infiniment plus dangereux :

« Venez dans mon bureau. J'ai besoin de vous expliquer le rôle du Dr. Keller dans l'équipe. »

Flora pénétra à nouveau dans l'antre de Thomas. Il s'assit à son bureau, l'air concentré. Il lui expliqua le travail du Dr. Keller, un neurochirurgien renommé, pilier du projet de micro-puce.

« Le Dr. Keller a une défiance naturelle envers l'argent. Il ne veut qu'une chose : sauver des vies. Vous devez lui montrer que nous sommes les plus efficaces, pas les plus riches. »

Thomas continua de parler du projet, mais Flora avait du mal à suivre. Elle était obsédée par un détail : Thomas n'avait fait aucune mention de la nuit passée. Il l'avait traitée de manière plus froide et plus exigeante que la veille, mais cette froideur était désormais un masque, un jeu.

Elle se concentra sur le docteur.

« Je vois. Il faut le rassurer sur l'éthique du projet. »

« Exactement. Et vous êtes la meilleure personne pour cela. Vous avez cette innocence, cette lumière. Il faut en jouer. » Il la regarda de nouveau, cette fois d'un œil analytique. « J'ai besoin de vous à mes côtés pour ce dîner, Flora. Pas seulement pour vos compétences en affaires, mais pour votre... humanité naturelle. »

L'éloge, subtil et détourné, l'atteignit en plein cœur. Il ne l'utilisait pas seulement pour son travail, mais pour son essence.

Il fit signe à une assistante de salle de réunion d'amener le Dr. Keller.

« Restez, Flora. Écoutez. »

Pendant la réunion, Thomas fut brillant. Il parlait avec une autorité incontestable, mais aussi avec une passion pour la médecine qui était palpable. Il n'était pas un simple homme d'argent ; il était un visionnaire. Flora était fascinée. Elle voyait l'homme que les rumeurs décrivaient : un génie blessé.

À la fin de la réunion, le Dr. Keller était conquis. Il serra la main de Thomas.

« Votre assistante est remarquable, Monsieur Duvier. Une vraie perle. »

Thomas posa sa main sur l'épaule de Flora, un geste de propriétaire devant le docteur.

« Je le sais, Docteur. C'est pourquoi elle est indispensable. »

Le geste dura une fraction de seconde de trop. Un contact anodin pour le docteur, mais un message privé pour Flora : Tu m'appartiens, et je ne te laisserai pas partir.

La journée passa dans une intensité croissante. Flora envoya un message à Walter, s'excusant pour le dîner.

« Walter, je suis désolée, mais le PDG a décrété un dîner d'affaires imprévu avec des investisseurs importants pour la micro-puce. C'est crucial pour mon avenir ici. Je suis vraiment désolée, mon amour. Je t'appelle dès que je rentre. »

La réponse de Walter fut immédiate : « Bien sûr, mon cœur. Le travail avant tout. Je te ferai confiance les yeux fermés. Amuse-toi bien ! »

Sa compréhension était parfaite. Trop parfaite. Il était trop facile de lui mentir, de le repousser. Cela ne fit qu'accentuer la culpabilité de Flora.

À 18h30, Flora quitta le bureau, le cœur lourd, pour se préparer au dîner. Elle avait une heure pour transformer l'assistante irréprochable en une femme séduisante et professionnelle. Elle se doutait que le dîner serait une autre étape du jeu de Thomas. Il ne la laisserait pas s'en tirer si facilement. Il voulait qu'elle lutte, qu'elle se débatte, mais surtout, qu'elle soit là, à ses côtés.

Dans le taxi la menant au restaurant chic, Flora révisait les chiffres, tentant de se convaincre que son esprit était à l'abri, dans le compartiment de la logique et des données. Mais la vérité était plus brûlante : elle anticipait avec une peur mêlée d'un désir effrayant le moment où Thomas Duvier poserait de nouveau son regard d'argent sur elle.

La théorie du compartiment était une noble idée, mais Thomas Duvier venait de prouver qu'il était le seul maître à bord de son navire. Et il se préparait à la faire naviguer à sa guise, loin des rivages sûrs de son engagement. Le secret, l'attirance, le mensonge : le triangle était posé, et le PDG était le seul à en tirer les ficelles.

Chapitre 3 L'Électricité du Dîner

Le restaurant « L'Archipel » était une symphonie de verre et d'acier, perché au sommet d'un autre gratte-ciel du quartier des affaires, offrant une vue vertigineuse sur les lumières scintillantes de Port-Royal. L'ambiance était feutrée, imprégnée d'une élégance discrète et coûteuse. C'était le genre d'endroit où les décisions d'un milliard de dollars se prenaient entre deux gorgées de grand cru.

Flora Marchand, vêtue d'une robe fourreau noire - son choix le plus sobre pour l'occasion - se sentait à la fois puissante et terriblement vulnérable. Elle n'était pas là pour séduire, mais pour se fondre dans le décor, une professionnelle irréprochable. Pourtant, elle savait que son costume d'assistante était devenu poreux depuis la nuit précédente.

Elle fut accueillie par l'hôtesse qui la conduisit à une table ronde, stratégiquement située pour dominer la salle. Thomas Duvier était déjà là.

Il portait un costume de soirée qui le rendait plus que beau ; il le rendait dangereux. L'air de décontraction qu'il affectait après avoir retiré sa cravate contrastait avec l'intensité glaciale de son regard. Il était au téléphone, parlant avec une assurance tranquille, sa voix grave et maîtrisée.

Il mit fin à son appel, rangea son téléphone et se leva pour la saluer. Ce fut le moment de vérité.

« Flora. Vous êtes ponctuelle. »

Ce n'était pas un compliment, juste un constat.

« J'y veille toujours, Monsieur Duvier. »

Il tira sa chaise, et leurs mains se frôlèrent de nouveau. Il n'y avait aucune malice dans son geste, seulement la courtoisie d'un hôte. Mais le contact fit l'effet d'une décharge électrique, si forte que Flora en eut le souffle coupé.

Thomas, lui, était impassible. Il s'assit, et la foudre cessa, laissant derrière elle une légère odeur d'ozone et le sentiment d'un danger imminent.

« Les investisseurs arrivent d'ici dix minutes, » annonça-t-il, reprenant le contrôle professionnel. « Nous avons besoin d'une approche douce. Je suis l'homme des chiffres, vous êtes l'âme du projet. Ne vous contentez pas de réciter les données. Parlez-leur de la finalité, de la raison pour laquelle cette micro-puce doit exister. »

Il la regarda enfin, un regard long et pénétrant.

« Vous êtes l'humanité que j'ai besoin de projeter. »

Le compliment était à double tranchant. Il reconnaissait son efficacité émotionnelle tout en la réduisant à un outil. Flora sentit une pointe d'agacement.

« Je ferai de mon mieux, Monsieur Duvier. Mais je suis assistante personnelle, pas ambassadrice des relations publiques. »

Thomas eut un sourire mince, presque cruel.

« Vous êtes tout ce que je décide que vous soyez, Flora. »

Le ton était une déclaration de possession. Il ne parlait plus seulement du travail. Il se préparait à la présenter non pas comme une simple employée, mais comme une personne spéciale à ses côtés.

L'arrivée des investisseurs, Messieurs Dubois et Leroy, fut une distraction bienvenue. Deux hommes d'âge mûr, aux costumes coûteux et aux poignées de main fermes.

Thomas fut impeccable. Il dirigea la conversation avec une aisance déconcertante. Flora, initialement en retrait, se vit rapidement propulsée au centre de l'échange.

« Messieurs, je vous présente Flora Marchand, mon assistante personnelle, mais surtout l'architecte logistique de la prochaine phase. Elle maîtrise le dossier de la micro-puce mieux que moi. »

Thomas venait de la surélever aux yeux des investisseurs. Ils se tournèrent vers elle, impatients. Flora prit une profonde inspiration et parla du projet. Elle ne se contenta pas de réciter les chiffres du plan de financement qu'elle avait peaufiné le matin même ; elle parla de la souffrance des victimes de traumatismes crâniens, du potentiel de guérison, de l'espoir que la puce représentait.

Elle fut brillante. Elle sentit le regard de Thomas sur elle, un regard qui n'était plus seulement possessif, mais qui contenait une étincelle de fierté.

À un moment, M. Dubois, le plus audacieux des deux, se pencha vers elle.

« Mademoiselle Marchand, vous êtes l'atout charme de Duvier Tech Corp. Thomas ne nous avait jamais présenté une collaboratrice aussi impliquée, ni aussi ravissante. »

Flora rougit, gênée par l'allusion personnelle. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, Thomas intervint, sa voix coupante.

« Flora est avant tout mon atout cerveau, Monsieur Dubois. Et en affaires, c'est le seul charme qui compte. »

Le message était clair : elle était sous sa protection. Le geste était à la fois dominant et troublant pour Flora. Il la défendait, mais il la gardait aussi pour lui, dressant une barrière contre le monde extérieur.

Le dîner progressa, glissant des affaires au terrain plus personnel. Le vin coulait.

M. Leroy s'adressa à Thomas :

« J'admire votre concentration sur la médecine, Thomas. Vous ne perdez pas votre temps, contrairement à ce que vous faisiez il y a quelques années... » Il fit une pause et jeta un regard discret à Flora. « Vous êtes le célibataire endurci, on dirait. L'époque de Lætitia est bien révolue. »

Lætitia. Le nom frappa Thomas comme un coup de poing. Son visage se figea, sa mâchoire se contracta. Flora remarqua immédiatement le changement d'atmosphère. L'homme de glace venait de se fissurer.

Thomas répondit d'une voix polie, mais mortellement froide.

« Mon passé est sans intérêt, Monsieur Leroy. Mon entreprise, elle, ne l'est pas. »

Le sujet fut immédiatement clos. Mais la graine de la curiosité était plantée dans l'esprit de Flora. Qui était Lætitia ? Et quelle est cette douleur si palpable qu'elle peut encore déstabiliser Thomas Duvier ?

Après le départ des investisseurs, Flora et Thomas se retrouvèrent seuls à la grande table. Le silence était chargé d'électricité résiduelle, celle du travail bien fait et celle du secret partagé.

« Vous avez été remarquable, Flora. » La voix de Thomas était sincère, dénuée d'arrogance.

« Merci, Monsieur Duvier. »

« Arrêtez de m'appeler 'Monsieur Duvier' quand nous sommes seuls, après... la veille. » Il la regarda droit dans les yeux. « C'est inutilement faux. »

Flora se sentit prise au piège. Elle n'était plus dans le compartiment de la logique.

« C'est nécessaire, Thomas. J'ai un fiancé. J'ai... fait une erreur. Je ne veux pas que cela se reproduise. »

Thomas s'appuya en arrière sur sa chaise, un sourire s'étirant lentement sur ses lèvres. C'était un sourire d'amusement, mais teinté de défi.

« Vous avez une excellente mémoire, Flora. Sauf quand il s'agit de vos propres désirs. » Il se pencha en avant, réduisant l'espace entre eux. « Votre théorie du compartiment ne fonctionne pas. Hier soir, vous avez brisé un barrage. Les barrages, une fois qu'ils cèdent, ne peuvent être réparés avec de la bonne volonté. »

Il continuait à parler du secret, refusant de le laisser mourir. Il cherchait à la maintenir dans cet état de tension coupable.

« Je ne peux pas trahir Walter. »

Flora sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle détestait la faiblesse que cet homme faisait naître en elle.

Thomas resta impassible.

« Trahir Walter ? Il me semble que vous l'avez déjà fait. Le vrai problème, Flora, c'est que vous avez peur de vous trahir vous-même. » Il baissa la voix. « Et Walter est une excuse facile. »

« Non ! »

La protestation lui échappa, trop forte pour le lieu.

Thomas se rapprocha encore, si près que le souffle de ses paroles effleura son oreille.

« Demandez-vous pourquoi Walter est si compréhensif, Flora. Un homme qui aime ne laisse pas sa fiancée en plan le soir sans un mot de protestation. Il est trop à l'aise avec la distance. »

C'était une graine de méfiance, plantée avec une précision chirurgicale. Il ne la laissait pas se réfugier dans l'image de Walter comme victime.

Ils quittèrent le restaurant. Il commanda un taxi pour elle, refusant d'être celui qui la ramènerait à son appartement. Il respectait la façade, mais jouait avec les coulisses.

Dans le taxi, seule, Flora fut assaillie par la culpabilité et le doute.

Pourquoi Walter est-il si compréhensif ?

Thomas avait raison sur un point : Walter était trop parfait, trop rassurant, trop lâche. Il n'avait pas même exprimé une petite contrariété à propos de l'annulation.

Elle arriva à son appartement, se sentant épuisée. Elle appela Bertrand.

« Bertie, c'est moi. Je suis rentrée. J'ai besoin de parler. »

« Thomas Duvier a encore frappé ? » demanda son ami avec une lassitude amusée.

« Il... il est fascinant. Et terrifiant. Mais ce n'est pas ça. Dis-moi, Bertrand, Walter... tu le trouves heureux ? »

Bertrand fit une pause.

« Walter est Walter. Il est parfait en apparence. Trop parfait. Pourquoi cette question ? »

Flora inventa une histoire sur la pression de l'entreprise. Elle ne pouvait pas avouer la vérité. Pas encore.

Elle termina l'appel, plus troublée qu'avant. Thomas avait réussi. Il avait transféré une partie de sa propre culpabilité sur Walter, la forçant à douter de son fiancé pour mieux justifier son propre comportement.

Elle se coucha seule, l'odeur du restaurant et du vin masquant à peine le souvenir de la présence de Thomas.

Au milieu de la nuit, elle sortit de son lit. Elle ne pouvait plus dormir. Elle alluma son ordinateur et chercha le nom : Lætitia.

La recherche fut courte. Une image apparut : une femme magnifique, souriante, au bras de Thomas Duvier, il y a des années. La légende : « Lætitia Dubois quitte le PDG de Duvier Tech Corp pour le milliardaire français Gérard Lemoine. » L'article parlait de trahison, de rupture violente liée à l'argent et au pouvoir.

C'était ça. La blessure qui avait fait de Thomas l'homme de glace. Il avait été trahi publiquement pour de l'argent.

Thomas n'était pas seulement un homme énigmatique. C'était un homme brisé. Et en partageant un secret avec elle, en se comportant comme un homme qui la voulait, il lui demandait inconsciemment de panser ses anciennes plaies.

Flora se sentit soudainement moins coupable et plus résolue. Elle avait trahi Walter, mais elle ne trahirait pas Thomas en le laissant tomber professionnellement. Elle voulait se prouver qu'elle était meilleure que Lætitia.

Elle retourna dans son lit, mais le sommeil était loin. Elle se sentait aspirée dans le passé sombre de Thomas, et le danger de l'avenir était déjà là.

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