1ère Partie : Changement rapide
(Avant tout sachez que meunolène nameu, malène ko dakk fouff. Damako doundou si pet rek. On y va pour une nouvelle aventure...)
Pour commencer, j'pense avoir été un bon grand frère. J'ai toujours été exemplaire sur toutes les lignes. Ma seule préoccupation était mes études. J'ai instauré cet amour des études à mes frères et sœurs mais si l'une de mes sœurs était plus concentrée sur les coiffures. Bref, j'ai très su qu'elle voulait se concentrer sur la beauté. J'ai parié que tôt ou tard, elle allait suivre son rêve qui était de coiffer et de maquiller. Hormis elle, les autres ont réussi dans les études. Chaque jour, nous sortions ensemble de la maison tôt le matin pour revenir le soir. Avec le temps, j'étais le premier à finir les études. J'étais très brillant. Mes parents étaient fiers de moi. J'étais très proche de papa et maman. Mes frères me prenaient comme leur idole. J'ai toujours veillé sur eux. Mon passe temps était la lecture, la prière et mes discussions avec mes parents. Mais comme vous le savez, au Sénégal le boulot n'est pas tout le temps basé sur le CV mais plutôt sur les connaissances. J'ai toujours rêvé d'être un architecte. L'architecture a toujours été mon rêve premier. J'ai déposé dans les grands cabinets mais sans succès. J'faisais des stages sur stage. J'avais fini par me lasser et rester à la maison. J'faisais des petits boulots, genre vendre des cartes de crédit, tantôt, j'allais prendre des parfums sur la femme d'un de mes ex professeurs qui était si proche de moi. Ce monsieur m'aimait beaucoup et m'appréciait à ma juste valeur. Mon chômage lui faisait si mal. Heureusement sa femme était une grande commerçante. Elle vendait des parfums, des tissus, bref, elle faisait des allers et retours en Chine. De temps en temps, si les cartes ralentissent, j'pars récupérer des parfums que j'plaçais. Je n'avais pas le choix, il me fallait bouger pour ne pas rester à dormir et me réveiller. Je n'avais qu'un seul ami, les sorties et les dragues n'étaient pas mon fort. Même si ce sera difficile à croire, durant mon cursus scolaire, je n'ai jamais eu une copine. Malgré l'intérêt de certaines filles, j'étais préoccupé que par ma réussite et mes études. J'gagnais petit à petit ma vie. Je n'avais pas des bénéfices extraordinaires mais j'avais de quoi donner à mes parents, juste des sommes symboliques. Maman priait pour moi et papa avait pitié de moi. Ils m'ont toujours soutenu. Certes nous avions un train de vie normale mais papa n'avait plus que 5 mois à travailler avant de prendre sa retraite. Il était pensif et commencé à perdre du poids. Il pensait surement à la relève de la famille. J'suis l'ainé et je n'avais pas encore trouvé un solide boulot. A chaque fois, j'essayais de le rassurer mais comme à chaque fois, il me rassurait à son tour que ce n'était rien de grave et qu'avec l'âge, c'est normal qu'il maigrisse. Les mois passèrent vite et papa avait pris sa retraite. Mes frères ont du arrêter leurs études faute de moyens. Leurs formations étaient chères. Notre vie se basait pour le moment sur la pension de papa. Vu que Dieu existe pour tout le monde, un de mes frères a trouvé un bon boulot. Il a commencé à travailler avant d'intégrer mon autre frère. Ils ont fait la gestion et ils étaient brillants. J'étais trop content pour eux. Ils gagnaient très bien leur vie. En un temps record, ils sont véhiculés. Ils ont même réussi à ouvrir un salon pour ma sœur et modifié la maison. L'autre sœurette continuait ses études.
Mais comme on le dit parfois le bonheur ne vient jamais seul. Leur réussite a poussé mes parents à changer de comportement à mon égard. Maman était devenue une autre personne, elle a même entrainé papa dans ses agissements. Du jour au lendemain, j'suis devenu l'incapable, le fainéant etc. Je n'arrivais pas à entendre un mot doux, réconfortant de maman. Tout ce que j'obtenais en elle, c'était des insultes, des humiliations, que des termes qui font mal. Je me suis dit que c'était passager, surement, si j'retrouve un bon boulot, j'retrouverai ma place d'ainé. Je n'avais plus droit à la parole. On ne m'avertissait en rien. J'étais devenu un étranger dans ma propre famille. Mes frères je ne leur en veux pas. Ils sont encore jeunes et faciles à influencer. La personne qui me surprenait le plus, était mon père. Comment il a pu tomber si bas. Il est le capitaine du bateau. Il n'avait plus de parole dans la maison. Maman décidait sur tout et en tout. Mes frères lui donnaient de l'argent. Ils lui couvraient de cadeau, de l'or, des tissus. Chaque cadeau reçu est une nouvelle occasion de me traiter de tous les noms « Vous êtes vraiment des enfants que toute mère aimerait avoir. Vous me rendez fière. Je ne regrette vraiment pas de vous avoir mis au monde. Vous êtes ses genres de fils qui ne nous rappelle pas notre grossesse, ni le douloureux accouchement. Vous n'êtes pas les ainés vous vous comportez comme des vrais adultes. Contrairement à certains fils, qui ne font qu'augmenter les charges. Depuis leur naissance, tu continue à leur nourrir, habiller etc... Niak diom ba déééé. Tchiiim. Manger, coucher et dormir ».
C'est tout ce que j'recevais de maman sous l'œil de papa et mes jeunes frères. La cadette Amina était restée toujours elle-même. Elle me témoignait toujours sa gratitude et ne me manquait jamais de respect. Avec mes frères une distance s'est installée et j'peux parier que maman n'y est pas étrangère. Qu'importe, ils resteront toujours mes petits frères. Avec eux, c'était bonjour et bonsoir. Le moment choisit par maman était l'heure du repas, pour lancer ses piques. J'continuais mes petits business malgré tout. Si j'revenais avec une somme d'argent, j'essayais de le donner à ma mère mais elle refusait maintenant en me disant « tu veux que j'attrape le tétanos avec ses pièces. Tu n'as pas vu que maintenant, j'plie des billets. Garde tes maudites sommes pour toi. Essaie de te trouver de nouveaux caleçons ». Et si je me tournais vers mon père, il répliquait « Tu n'as pas entendu ta mère ».Les mots étaient durs mais je me devais de vivre avec. J'étais limité dans la maison. Si j'tardais à manger, j'étais obligé d'attendre le prochain repas. Si mes frères descendent, c'est la fête. C'est maman qui les sert à manger et les donne à boire. Et c'était à moi de préparer le thé pour eux. Et oui vous ne rêvez pas. J'étais le boy de la maison plus l'ainé. Et le pire, j'devais aller moi-même à la boutique pour acheter le thé. A mon retour, j'devais rendre la monnaie à mes frères. Ça ne me faisait pas si mal que ça parce que j'avais l'habitude de faire le thé pour les membres de la famille. Mais la façon dont se passent les choses. C'est comme si j'étais leur esclave mais Dieu est grand. Après chaque normaux, j'devais frapper chaque porte de la chambre de mes frères pour leur remettre leur tasse de thé. C'était devenu mon quotidien. Mon seul endroit où je me sentais à l'aise, c'était dans ma chambre. Même m'assoir devant la porte de ma chambre n'était plus facile. Chaque passage de maman était une occasion de me lancer des piques.
Avec le temps, même ma relation avec notre cadette a changé négativement. Elle me répondait à peine. J'ai compris qu'elle a attrapé le virus. Ça ne pouvait plus continuer. J'ai pris le risque d'aller voir papa pour m'expliquer. J'ai attendu un jour après le diner pour discuter avec mon papa.
Sora : Papa, j'veux te parler seul à seul si possible.
Ma mère : Depuis quand cette maison a des secrets. Si tu veux parler vas-y on t'écoute.
Sora : Papa ? J'attends votre réponse.
Mon papa : Sora tu as bel et bien entendu ta maman. Y'a pas de secret dans cette famille. Si tu as quelque chose à dire vas-y nous t'écoutons.
Mes frères et sœurs se sont levés et sont sortis du salon. Maman a essayé de les retenir mais sans succès. Ils ont dit qu'ils étaient fatigués et ils devaient terminer quelques travaux avant d'aller au lit. Cette dernière phrase inspire à nouveau maman pour me lancer des pierres « J'avais oublié que vous avez des responsabilités et que vous n'avez pas trop de temps à polémiquer. Que Dieu vous bénisse mes fils adorés ». Ils sortirent et me laissent avec papa et maman.
Sora : Ok Papa, j'aimerai savoir ce qui se passe. Pourquoi subitement ce changement ? J'suis l'ainé de cette famille et j'pense que je ne vous ai jamais manqué de respect. Mon seul but était de vous épauler et de prendre la relève. Mais l'homme propose, Dieu dispose. S'il ne s'agissait que de moi, j'serai le premier à avoir un boulot et aider mes frères. Dieu en a décidé autrement et j'respecte sa volonté. Tu m'as toujours éduqué dans la foi et tu m'as toujours dit d'accepter les décisions du Bon Dieu. De ne jamais envier personne, ni prendre le bien d'autrui, de ne jamais me presser et d'attendre mon heure. Mes frères et sœurs ont su trouver de bon boulot mais ils resteront toujours mes petits frères et petites sœurs. Les destins ne sont pas pareils, mais à chacun son heure de gloire. N'oublie pas, j'suis encore jeune et j'ai l'avenir devant moi. Tout peut arriver du jour au lendemain.
Maman : (Elle éclate de rire). Non papa ne répond pas. J'vais le faire à ta place. Tu demandes pourquoi le changement ? Tu dis que tu voulais prendre la relève ? Tu es fou ou quoi ? Tu attends ton heure tu dis. Est-ce qu'elle n'est pas passée ? Que ce soit la première et la dernière fois que tu oses te comparer à tes frères qui te donnent à manger. Grâce à eux la situation de la maison a changé. C'est comme ça que tu comptes prendre le relais. Manger, coucher et dormir. Mansour ne nous emmerde pas et ne joue pas aux victimes. Tu es un incapable, heureusement que nous n'avions pas un seul enfant sinon, nous allions manger un de ses quatre du sable. Ton papa n'a pas le temps de polémiquer avec un gamin impoli. Donc c'est à cause de tes paroles à la con que tu as dérangé et chassé mes dignes enfants du salon. Hey lèves-toi et sors du salon indiscipliné (en m'indiquant la porte de sortie).
Je n'ai pas répondu à maman, je l'ai juste regardé en attendant qu'elle termine ses insultes pour attendre la réponse de papa. Mais c'est peine perdue, j'pense que papa a été marabouté. Je ne reconnais plus ce papa qui avait le contrôle de sa maison. Aujourd'hui papa n'est qu'une simple marionnette qu'on manipule comme pas possible. J'attendais une réponse de lui mais à ma grande surprise après une énième question de moi.
Sora : Merci maman. Mais j'parle avec papa. Stp, papa j'veux ta réponse.
Papa : Que veux-tu entendre de plus ? Ta maman t'a répondu. Je n'ai plus rien à ajouter.
Sora : Donc si j'ai compris tu es du même avis que maman.
Il hoche la tête en guise de confirmation. Je me suis levé et j'ai regagné ma chambre. Cette nuit même si j'avais mal au plus profond de moi, je n'ai pas pleuré. J'ai décidé depuis ce jour d'être fort et de prendre mon avenir en main. Le lendemain, je me suis levé très tôt que d'habitude et j'suis parti déposer mon CV dans certains cabinets de la place. J'ai fini mon parcours vers les 11h du matin. Je n'oublierai jamais ce jour. En rentrant à la maison, j'ai vu une grande maison en construction. Je me suis rapproché du chef de sentier pour lui demander s'il peut me prendre comme journalier. Il était étonné de me voir avec mon habillement correct.
Le chef de sentier : Tu es quoi ??? Qu'est-ce que tu sais faire ? Et si je te prenais tu n'as pas de tenu de travail. J'pense que tu as un problème de transport. Je t'offre ses 2.000F et rentre. Tu n'es pas fait pour le métier de maçon. Si je ne me trompe pas tu es un étudiant qui vient de terminer ses études et qui peine à trouver un travail.
Sora : Oui père tu as vu juste. Mais stp, j'veux travailler. Manœuvre, j'peux aider les autres en leur donnant du sable, de l'eau etc. Je ne sais pas moi mais stp, fais moi le plaisir de me laisser travailler.
Le chef de sentier : J'salue ton courage. Si tu insistes. Vas-y tu peux commencer à travailler. Je m'appelle Abdoulaye NDIAYE mais on m'appelle père NDIAYE maçon.
Sora : Moi c'est Mansour mais SOra pour les proches.
Je le remercie avant de soulever mon pantalon et retrousser les manches de ma chemise. C'était la chose la plus difficile que j'venais de faire dans ma vie. Respect à tous les maçons. Mon premier jour était difficile. J'apportais de l'eau pour qu'il gaze le ciment. J'faisais en même temps le thé. J'ai tué une journée et à ma descente, le chef de sentier en l'occurrence père NDIAYE me tend un billet de 5.000F avant de me dire « on paie 3.000F pour vous mais toi, j'préfère te donner 5.000F. Tu pars dans qu'elle direction ? J'réponds. Ça faisait le compte, il partait dans cette direction. Il avait un pick-up et il rentrait avec ses trois enfants qui travaillaient avec lui. Il m'a déposé presque chez moi. Avant de me dire « si tu comptes continuer, tu peux nous attendre chaque jour ici à 7h du matin ». J'accepte avant de lui remercier à nouveau. Il suffisait que j'marche moins de 10mn pour arriver chez moi. Je me rappelle le sourire moqueur de maman, lorsqu'elle m'a vu entrer avec mon état. Je l'ai salué respectueusement.
Maman : (Hahahaha). Regarde-moi cet incapable. On a payé toute cette somme pour tes études et qu'es-tu devenu, un maçon. Non plutôt un "manœuvarre" comme le dit les sénégalais. Niak diom. Tu fais honte à la famille.
J'ai continué mon chemin et ouvert ma chambre. Je me suis déshabillé et j'suis ressorti pour prendre ma douche. Après mon bain, j'suis sorti et j'ai demandé à la bonne si y'avait quelque chose à manger. Maman est sortie de sa chambre pour me répondre.
Maman : Tu avais laissé quelque chose ici. Pourquoi tu es osé ? Y'a rien pour toi. Le repas qui restait, j'ai dit à Fatou qu'elle le donne aux talibés. Le repas qui reste est destiné pour les fiertés de cette maison. Normalement tu étais au travail, forcément, tu es payé parce que c'est comme ça que ça se passe avec un "manoeuvarre". Pousse ici et n'embête pas Fatou.
J'ai regagné à nouveau ma chambre. Avant de ressortir après une 20taine de ma chambre pour acheter du pain fataya parce que j'avais si faim et que je ne pouvais pas attendre le diner. A mon retour, maman était encore dans la cour, elle riait toujours à chaque fois qu'elle me voyait. Après avoir mangé mon pain, je me suis couché pour me reposer. J'étais tellement fatigué que je ne me rappelle pas quand est-ce que je me suis endormi. J'étais réveillé par Fatou qui m'appelait pour le diner. Je n'avais pas faim et j'en ai profité pour aller saluer papa et mes frères. Parce qu'on ne s'était pas vu de la journée. J'ai regagné ma chambre pour me coucher parce que demain, j'devais me réveiller tôt pour aller au boulot. Je ne voulais en aucun cas, être en retard, parce que NDIAYE maçon ne fait que m'aider. Je me suis déshabillé pour me coucher avant que maman revienne frapper à ma porte et me tend de l'argent « Va acheter du thé. Tes frères n'en ont pas bu aujourd'hui. Fais vite, ils doivent se coucher car, ils se réveillent tôt pour aller travailler ». Sans broncher, j'prends l'argent en prenant la direction de la porte, Fatou m'intercepta.
Fatou : STP, donne j'vais acheter pour toi. Va ranger les matériaux de thé.
Elle était toujours respectueuse à mon égard. Elle se sentait mal de la manière où j'étais traité par mes parents. Elle voulait vraiment me rendre service. Maman ne l'a pas laissé faire. Elle avait vu la scène avant qu'elle ne crie.
Maman : Fatou tu te fiches de moi ou quoi ? Tu as fini de laver la vaisselle. Sauvage, tu as ton propre travail et tu te mêles des autres choses. J'attends que tu sortes de la maison et tu verras. Satan. Je ne sais pas ce qui se passe entre vous, mais s'il t'enceinte, que tes parents ne viennent pas se plaindre. Idiote.
Cette parole m'a surpris et m'a fait trop mal. Comme d'habitude, j'ai avalé avant de remercier Fatou de son geste et de lui demander d'aller faire son travail. Je l'ai présenté des excuses à la place de maman. La phrase de maman l'avait vraiment gêné mais elle a fait semblant. J'suis parti moi-même à la boutique. A mon retour, je ne sais pas comment mais j'ai trouvé tout le nécessaire dans ma chambre. Inutile d'aller chercher loin. C'est l'œuvre de Fatou. J'ai commencé le thé malgré le sommeil et la fatigue. J'ai servi le léweul, comme d'habitude, j'faisais le tour des chambres pour servir. J'ai entamé le second avant de terminer, ils étaient déjà couchés. Quand j'ai frappé 2 fois à la porte d'un de mes frères, maman est sortie « tu es fou ? Tu ne peux pas deviner qu'ils se sont couchés. Ne les dérange pas et tu fous le camp avec ton thé. La prochaine fois, sois plus rapide » Je me suis retourné et j'ai rangé les bagages avant de me coucher. On se capte à plus tard.
2ème Partie : Après la pluie le mauvais temps
Quand j'ai frappé 2 fois à la porte d'un de mes frères, maman est sortie « tu es fou ? Tu ne peux pas deviner qu'ils se sont couchés. Ne les dérange pas et tu fous le camp avec ton thé. La prochaine fois, sois plus rapide » Je me suis retourné et j'ai rangé les bagages avant de me coucher.
Le lendemain, je me suis levé à 6h du matin pour faire ma prière avant de porter mon accoutrement pour le travail. Vers les 6h45mn du matin, en sortant de ma chambre, j'ai croisé mes frères qui allaient au boulot en même temps. Ils étaient surpris de me voire avec ce tenu. Ils n'ont rien dit mais leur visage montrait leur étonnement. On s'est salué comme à nos habitudes. Avant que chacun ne prenne son chemin. J'me suis pointé au lieu convenu. Après 10mn d'attente, la voiture de NDIAYE maçon s'est garée à mes pieds. J'regagne l'équipe et nous partons ensemble. A chaque fois que j'faisais des efforts, j'pouvais voir le visage triste de mon patron. J'ressentais dans son regard une pitié à mon égard. Il ne disait rien et me donnait des pauses de temps en temps. Tantôt c'est Sora, va gérer le thé, tantôt promènes-toi un peu. J'pouvais voire la solidarité de mes collègues si j'peux les appeler ainsi. Y'a pas de doute, le monsieur m'a pris juste pour m'aider. Chaque descente, il me remettait 2.000F et les 3.000F il me les garde jusqu'à la fin de la semaine.
J'ai travaillé 2 semaines avant de tomber malade. J'avais tout le corps qui me faisait mal, des courbatures, de la diarrhée etc (NAndité : Da nga toyyone frère kel, bouy ak bissap moci gaw. Massa) C'est surement du au travail, car je n'avais pas l'habitude. NDIAYE est venu me voir à la maison, il m'a payé toutes les ordonnances et m'a offert 30.000 F. Il était étonné de la manière dont maman l'avait accueilli lorsqu'il est venu me rendre visite. Il n'est pas né de la dernière pluie. Il a remarqué qu'il se passait quelque chose.
Ndiaye : Tu as un souci avec ta maman. On dirait que ma venue dans cette maison ne lui fait pas plaisir. En plus, pourquoi tu veux réellement travailler comme maçon. Je ne pense pas que tu sois dans ce grand besoin. En apparence, votre situation n'est pas si difficile. Tu as des problèmes familiaux. Tu peux me faire confiance, je te considère comme mon fils donc tu peux tout me dire. Si ça te plait bien sur. Tu n'es pas obligé de tout me raconter mais si tu en as envie, j'te prêterai une oreille attentive.
Sora : Merci père NDIAYE. Vous avez parfaitement raison. En apparence, cette maison ne manque de rien. Juste que les travailleurs sont les chefs. J'suis l'ainé de la famille mais je n'arrive pas à trouver du travail. Du coup, j'ai perdu tous mes droits et mes petits frères sont les adultes. On ne peut pas tout dire mais sachez que j'souffre au plus profond de moi. Si j'accepte de travailler comme maçon, c'est pour fuir les attaques que j'subis chaque jour venant de ma mère et d'avoir le minimum pour subvenir à mes petits besoins. Mais Dieu est grand.
NDIAYE : Je ne suis pas un enfant et j'comprends très bien ce que tu veux dire. Je te jure que j'vais t'aider. Désormais, j'suis ton parrain. Tu peux tout me demander. Et rétablis-toi vite et on verra ce qu'on pourra faire ensemble. Tu es un homme, sache que ce n'est autre qu'une épreuve de la vie. Y'a deux côtés, un côté négatif et un côté positif. Ça peut te forger pour un avenir meilleur, ou te déstabiliser à vie. Toute façon tu n'auras pas le choix. J'serai là pour te rendre meilleur avec cette expérience que tu traverses. J'vais rentrer. Allez portes-toi bien.
Il s'est levé avant de me quitter. J'pouvais voir la colère et la déception sur le visage de NDIAYE. Durant ma maladie, maman n'en avait rien à cirer. Elle ne m'avait jamais demandé comme j'allais. Son seul souci était le bien-être des frères. Malgré ma maladie, elle me forçait à faire le thé pour mes frères. J'ai tenu bon et j'réussissais toujours à gérer la situation. Fatou préparait des trucs en cachette pour moi. J'étais obligé de l'arrêter sinon, elle risquait de perdre son travail à cause de moi.
Heureusement, après une dizaine de jour, j'ai retrouvé mes capacités et NDIAYE ne voulait plus que j'travaille comme maçon. Il m'a amené dans un autre de ses grands chantiers pour que j'pointe les journaliers et les autres. Mon boulot consistait à pointer les gens, à faire les commandes des matériaux et à superviser les travaux. J'ai fait l'architecture donc je m'y connais un peu même si je n'ai jamais pratiqué. Le paiement a augmenté un peu. A la fin du mois, il m'arrivait de me retrouver avec 150.000F. Vu que mes besoins étaient limités, j'offrais 25.000F à Fatou. Le reste je le gardais dans ma valise. J'faisais très bien le travail et NDIAYE était fier de moi. Il ne ménageait aucun effort pour me mettre à l'aise. Le chantier a duré 7 mois et je me suis fais beaucoup d'argent. Je me rappelle que la fin de ce chantier avait coïncidé avec la Tabaski. J'ai parlé à NDIAYE de ma volonté d'acheter un mouton pour ma famille. Il était très content de mon initiative. Il m'a toujours conseillé de ne pas suivre mes parents sur leur voie, car ils sont et seront toujours mes parents. Il m'a appuyé sur ma décision.
NDIAYE : J'suis soulagé de t'entendre parler de la sorte. C'est normal, tu es maintenant adulte et que tu dois sacrifier un mouton. J'vends aussi des moutons, tu peux venir, je te vendrai à bon prix.
Nous sourions ensemble. En comptant l'argent épargné durant mes mois dans les chantiers de NDIAYE, je me suis retrouvé avec la somme de 680.000F. J'étais surpris de tout cet argent. Je ne savais pas que j'avais épargné toute cette somme. A 15 jours de la fête, j'suis parti chez le vieux. Il m'a vendu un gros mouton à 200.000F. J'sais qu'il m'a fait un prix maison. J'ai laissé le mouton dans son enclos, parce que je ne voulais pas l'amener à la maison si tôt. Il m'a mis en rapport avec son tailleur, ce dernier a pris mes mesures et tout avant que je ne choisisse un Bazzin riche tout blanc. J'ai offert 100.000F à Fatou pour qu'elle prépare sa fête. Elle était surprise de cet argent. Mais je l'ai vite rassuré que ça venait du fond du cœur. Je l'ai expliqué tout et même du mouton. J'savais que j'pouvais lui faire confiance. Elle mérite tout ce qu'elle aura de moi. Maman ne savait pas mes intentions. Elle ne cessait de me lancer des traques comme ses habitudes.
Maman : Thiey yalla, les dignes fils sont préoccupés par la préparation de la fête. Ils ne dorment plus et ne mangent plus, tellement ils ont de la vergogne et leur seul rêve est d'acheter un mouton pour leurs parents. Mais les incapables n'attendent que leur frère ou père achète pour qu'il mange. Que Dieu préserve à toute femme ce genre de fils.
Après chaque parole, Fatou me lançait un regard. J'répondais par un sourire. Elle était triste pour moi. Le lendemain, en l'absence de maman, elle est venue dans ma chambre.
Fatou : STP, amène le mouton pour que ta maman sache que t'as acheté un mouton comme tout le monde. C'est ta maman certes, mais elle exagère. Tu ne mérites pas tout ce qu'elle te fait subir. S'il ne s'agissait que de toi, tu allais être le premier à travailler. Tu as un grand cœur et j'peux jurer que tu réussiras. Indil sa khar.
Sora : (En riant) Je n'ai pas acheté ce mouton pour me venger, je l'ai fait parce que c'est un droit à tout musulman de faire ce sacrifice si les moyens lui sont permis. Les réactions de maman ne m'affectent plus. Le mouton viendra la veille de la fête. Ne te soucie pas pour moi. J'sais tes souhaits envers moi. Dieu exaucera tous nos vœux. Continue à prier pour moi.
Elle ressort de ma chambre, un peu soulagé. A une semaine de la fête j'ai récupéré mon tissu. Ce dernier a vraiment assuré, depuis ma naissance, je n'avais jamais eu ce genre de modèle. 2 jours avant la fête, vers 22h, maman est venue dans ma chambre.
Maman : Hey viens et suis nous.
Sans broncher, j'suis sorti de la chambre. Elle était accompagnée de mes 2 frères. Ils ont pris leur voiture, c'était la première fois que j'ai mis mes pieds dans l'une de leur voiture. C'était facile à deviner, ils allaient acheter un mouton et comme j'suis le boy de la maison, c'est à moi de me charger des moutons. Nous sommes partis et nous avons fait le tour de quelques points de vente. Après avoir marchandé, chacun a acheté un mouton de 350.000F mais j'vous jure que mon mouton est plus costaud. Ils ont payé et maman s'est retournée vers moi, devant tout le monde, elle me lance.
Maman : Qu'est-ce que tu attends ? Dooré wo, féyou wo, gadoul li. En plus, tu as vu la voiture de tes frères, les moutons ne peuvent pas entrer sinon, ils vont la salir et la fête est proche. Ils ont payé 350.000F, je ne t'apprends rien, toi malgré ton incapacité, khana tu peux avoir au moins de quoi payer un taxi. Ce n'est plus une demande, tu vas te débrouiller pour ramener les moutons. On rentre.
Ils se tournent et regagnent la voiture (thiey aduna mo meuneu diayaté). Après leur départ, un gars qui était à côté de nous m'a dit « Frère, attends que j'paie mon mouton, j'vais te déposer ». Je m'assois sur le banc, certains me regardaient d'un air pitié. Moins de 3mn, le gars m'a dit « on y va ». Il avait un gros 4x4 trop beau même. J'ai fait monter les moutons avec son aide. Sur la route, je l'explique chez moi et il prend le chemin sans broncher. J'ai posé des questions.
Sora : Merci frère. C'est Mansour et Sora pour mes proches. J'espère que je n'ai pas dérangé et que tu partais sur la même direction.
Le gars : Non t'inquiète ça va. Nous n'avons pas le même chemin mais ça ne me coûte rien de te déposer. Je m'appelle Ndiaga. J'ai entendu les paroles de cette dame et j'avais des pincements au cœur. Quelle est cette dame ?
Sora : C'est ma propre mère.
Ndiaga : (il freine brusquement). Ta maman, non ça ne peut pas être. Une maman ne ferait jamais ça à son fils. Elle t'a adopté ou c'est elle qui t'a mis au monde ?
Sora : C'est difficile à croire mais elle m'a mis au monde. Juste que j'suis l'ainé de la famille et je ne travaille pas. Du coup, elle ne me supporte plus. Mais bon c'est la vie.
Ndiaga : J'suis vraiment désolé pour toi. Tu as fait des études ???
J'profite de cette occasion pour lui dire mon cv, il n'en croyait pas à ses yeux. Nous étions arrivés, il me tend sa carte de visite avant de me demander de l'appeler après la fête. A notre arrivée, j'fais monter les moutons sur la terrasse. En descendant les escaliers, j'croise maman.
Maman : Enfin, tu te pointes. Fait un léweul vite fait, tes frères ne pourront pas attendre tout le thé.
Elle me tourne le dos. J'exécute sans piper mot. J'fais un léweul et j'sers à mes frères. Chacun me dit, inutile de me servir le second, j'vais me coucher. N'empêche que j'ai terminé le second et nous avons bu avec Fatou et mon père qui était au salon. La veille de la fête, un de mes frères est venu me donner un sachet. Il avait acheté des habits pour moi. J'ai pris et je l'ai remercié. Vers les 22h, j'suis sorti et j'suis parti récupérer mon mouton. Fatou était la seule à savoir où est-ce que j'allais. Après une 30taine de minute d'absence, j'suis revenu avec mon mouton. En entrant à la maison, y'avait toute la famille qui était dans la cour. Ce n'était pas dans leurs habitudes de s'assoir dans la cour. J'étais surpris lorsque je les ai vus. Lorsqu'ils m'ont vu, ils se sont regardés d'un air surpris.
Maman : Nous n'avons pas de la place pour garder un mouton pour qui que ce soit. Rend le mouton à son propriétaire. Li ngey wané té seytané. Mansour meuno yém lakalé nga.
Sora : Non maman, personne ne m'a confié son mouton, c'est le mien.
Maman : (Elle ouvre grand les yeux avant de rire). Toi avec un mouton. Je te jure si la police vient te chercher, j'serai la première à te dénoncer. Je ne t'ai jamais demandé d'aller voler. Tu as vu ce mouton ? Comment tu peux acheter ce mouton ? Tu ne peux même pas acheter du thé et tu veux acheter ce gros mouton. Parle d'autre chose.
Je ne réponds pas, j'continue mon chemin tranquillement. Je fais monter le mouton sur la terrasse avant de redescendre. J'avais payé aussi 4 cartons cannettes à la boutique et j'suis parti les récupérer avant de les ranger dans la cuisine. Personne ne disait rien. Ils étaient juste spectateurs de la scène. J'ai pris le matériel de thé avant de regagner ma chambre pour faire mon travail. Quelque temps après, Fatou est venue en me tapant la main.
Fatou : Bilahi, j'suis contente. Tu as créé un débat dans cette maison. Ta sœur a répondu aujourd'hui à ta maman ainsi que ton plus jeune frère. Ils l'ont carrément dit qu'elle n'avait pas le droit de te parler de la sorte après tant d'effort. Et que tu pouvais bel et bien acheter un mouton parce que tu as travaillé plus de 7 mois et personne n'a vu ton argent. Donc normal que tu puisses te procurer un mouton. Si elle n'a pas confiance, elle n'a qu'à attendre de voire la police débarquait pour te dire quoi que ce soit.
Sora : Il ne fallait pas nak. Diarouko wone nak. Je te jure que je ne concurrence pas, ni me venger. Je ne voulais même pas qu'ils voient ce mouton aujourd'hui mais plutôt demain. Mais pourquoi ils se sont assis dans la cour ? Ce n'est pas dans leurs habitudes de faire ça.
Fatou : Tu me connais. J'ai tout mijoté. Quand tu m'as dit que tu allais prendre ton mouton, j'ai fait exprès de sortir ta maman pour qu'on discute sur quoi faire. J'ai proposé d'éplucher les oignons pour lancer la fête et ta sœur qui venait d'entrer dans la maison a appuyé. Nous avons ris ensemble, chacun commençait à raconter une anecdote. J'ai sorti les chaises et nous nous sommes installés. Tout ce que j'voulais, c'était qu'ils voient ton entrée.
Sora : Tu es complètement folle Fatou. Aduna amoul solo. Sors vite de la chambre avant que la lionne ne te voit.
Elle rit et sort. Elle ne changera jamais. Pas de doute, elle est de mon côté. Malgré les paroles, je ne suis pas affecté, j'sais qu'en âme et conscience que ce mouton est la sueur de mon front. L'ambiance de la fête régnait dans la maison. Ma sœur avait son salon, elle a passé des nuits là-bas. Le lendemain, tôt le matin, après mon bain, j'ai porté mes 3 pièces Bazzin blanc, les frères étaient les premiers à sortir. J'entendais la voix de maman qui chantait leur louange « niak dieurignou wawaw, aduna ni leu. Mashallah sama doom yi yalla boulène thiat topp. Goor bala matt goor sou lambé pocham dadj, demlène diouli té déloussi ak diameu ». Quand j'suis sorti à mon tour, Fatou a crié sans le faire exprès.
Fatou : Lahila, Sora li lanela Mashallah. J'dirai même Aladji Mansour. Quel est ton tailleur ?
Maman lui fixait du regard. Même notre cadette ne pouvait plus se taire « Sora franchement tu es au top. On dirait un millionnaire. Tu as dominé tes frères. Nexoul ba nexoul mais nanane nga ». Mes frères n'ont pas pipé mot, juste des regards d'étonnement. Je leur remercie poliment avant de sortir pour me diriger au lieu de prière. Heureusement que ce n'était pas loin. Les autres ont pris chacun sa voiture, Papa est monté dans la voiture de mon plus jeune frère. Personne ne m'a invité à entrer dans sa voiture, donc j'ai marché. Le lieu de la prière n'était pas loin. Après la prière, j'suis revenu sans tarder pour les moutons. Papa a tué tous les moutons, pour le reste, nous avons payé un boucher pour qu'il s'en charge. Chacun a présenté ses pardons même si maman ne m'a pas répondu jusqu'au moment ou j'vous parle. Fatou s'est chargée de la grillade. Elle m'a servi un bon plat de foie.
Fatou : C'est le foie de ton mouton. Tu as le droit de t'en procurer comme tout le monde. Mange et digère en paix.
J'avais commencé le thé. Y'avait les amis cathos de mes frères et 2 de leurs collègues ivoiriens qui étaient venus passer la fête avec nous. Franchement, nous avions passé une très bonne fête. Le soir, j'ai appelé Ndiaga pour le déwéneuty avant de partir rendre visite à NDIAYE maçon. Il était très content de me voir dans cet état. Leur fête s'est terminée plutôt que prévu, parce que ses deux fils devaient voyager en Europe le même jour. J'suis resté là-bas, jusqu'à 22h, parce qu'ils avaient vol à 1h. A mon retour, y'avait mes sœurs qui étaient avec leur copain. Elles étaient dans le salon. A mon arrivée, celle qui a le salon me demande de faire du thé pour leur copain et que l'un de mes frères est dans sa chambre avec sa copine. J'ai juste lancé le sourire avant d'accepter. De toute façon, j'voulais faire du thé. Fatou m'avait dit qu'elle allait sortir avec son copain pour se promener. J'ai commencé le thé. Ça a duré plus longtemps que prévu, quand j'suis sorti pour les servir leur thé, j'ai frappé en premier dans la chambre de mon frère, celui-ci n'a pas ouvert, il m'a dit merci c'est bon. J'suis entré au salon et n'y avait que la sœur cadette et son copain. J'ai demandé l'autre, on me dit qu'elle est dans sa chambre avec son copain. Quand j'suis venu pour leur donner le thé, je les ai trouvé entrer de s'embrasser comme pas possible « c'est quoi ça ? Coumbis tu es folle ou quoi ? Qu'est-ce que tu fais là ? » Sa réponse était sans pitié. On se capte.
3ème Partie : Bouffée d'air
Quand j'ai demandé l'autre, on me dit qu'elle est dans sa chambre avec son copain. Quand j'suis venu pour leur donner le thé, je les ai trouvé entrer de s'embrasser comme pas possible « c'est quoi ça ? Coumbis tu es folle ou quoi ? » Sa réponse était sans pitié. J'préfère l'appeler Maï
Maï : C'est quoi cette façon d'entrer dans la chambre des autres sans frapper ? Et puis pourquoi tu me cries ? Tu es qui pour me crier de la sorte ? Sors de la chambre avec ton thé. Je n'en veux plus. Incapable.
Sora : J'vais te casser la gueule si tu me reparles de cette manière. Idiote. Tu oses faire ce genre de choses sous ce toit.
Maï : Ce n'est pas à toi de me dire ce que j'dois faire. Tu n'es rien pour donner des conseils.
J'ai levé la main pour la gifler mais je me suis retenu à temps. Son mec s'est excusé de son côté « frère, j'suis désolé, c'est de ma faute. Je n'ai pas le droit de le faire ici. J'comprends ta réaction, parce que si c'était ma sœur, ça n'allait pas me plaire. Mais je te promets que ça ne se reproduira plus. Tu as ma parole ».
Maï : Hey ne t'excuses. Il n'est rien. Sora sort de ma chambre. Tu dégages d'ici, avant que je n'appelle maman.
Avec le bruit et tout, maman est sortie de sa chambre avec mon autre frère Habib, pour savoir ce qui se passait, coïncidant avec le retour de Fatou.
Habib : Qu'est-ce qui se passe ??? Pourquoi ce bruit ???
Sora : Non rien. Ce n'est plus important. C'est bon excusez du dérangement.
Maï : Quoi ? Tu vas parler. Pourquoi tu fuis ?
Maman : Maï lanela ? QU'est-ce qui se passe ?
Maï : Cet incapable s'est caché pour m'espionner pendant que j'étais avec mon mec. Nous étions assis sur le lit, alors que nous rions, nous nous sommes enlacés et Sora est entré dans la chambre avant de me crier. Prétextant que nous étions en train de faire l'amour dans cette maison. Est-ce que tu m'as éduqué de cette manière ?
Maman : Bilahi Sora tu déranges. Même s'ils faisaient l'amour, quel est ton problème la dessous ? louci sa yone ? Au moins, elle s'est trouvée un bon mec respectueux et bien éduqué. Un homme qui subvient à ses besoins et parfois aux miens. Sora tu ne peux pas rester à ta place. Que ça soit la première fois et la dernière fois que tu espionnes ta sœur. Elle est majeure et vaccinée. Elle fera tout ce qu'elle veut. Je ne t'ai jamais demandé de la surveiller, d'ailleurs, si on doit surveiller quelqu'un ici, c'est bien toi. Regardes comment tu as dérangé ton frère. Je te jure la prochaine fois, ce ne sera pas facile pour toi.
J'ai juste lancé un sourire avant de regagner ma chambre. Je ne suis pas sorti le restant de la nuit. Vers les 0h, Fatou est venue dans ma chambre.
Fatou : Je n'étais pas présente mais j'sais qu'elle ment. Mais Sora, tu sais que ta maman ne sera jamais de ton côté. Il ne fallait pas t'augmenter plus de problèmes. J'ne sais pas ce qui s'est passé mais ça doit être grave pour que tu réagisses de la sorte.
Sora : Je te jure que je n'ai pas espionné qui que ce soit. Qu'est-ce que j'aurai à gagner en faisant cela. J'voulais leur servir du thé. D'ailleurs, c'est elle qui m'avait commandé ce thé. Quand j'suis venu pour leur servir, ils étaient entrain de se rouler comme pas possible sur le lit. Je l'ai juste dit qu'elle n'avait pas le droit de le faire dans cette maison, même son mec a reconnu leurs erreurs avant de s'excuser. Mais elle n'a pas pu digérer les excuses de son mec. Elle a commencé à crier jusqu'à alerter les autres. Avant de créer ses mensonges. Mais bon j'ai entendu maman et tu peux croire, je ne me mêlerai plus jamais de leur vie. Elles peuvent coucher même dans la cour, je ne piperai pas mot.
Surement, le mec de Maï est rentré. Maman pensait que j'dormais, alors que j'étais toujours dans la chambre avec Fatou. J'ai entendu leur conversation.
Maman : Hey, on peut tout reprocher à Mansour sauf d'être un voyeur. Je ne sais pas le fond de l'histoire mais tu es fautive. Ton explication de tout à l'heure n'a ni tête, ni queue. Tu étais entrain de faire quelque chose avec ton mec dans la chambre. Je ne chercherai pas à savoir toute la vérité mais que ça ne se reproduise plus dans cette maison.
Maï : Maman j'ne suis plus une gamine. J'sais le bien et le mal. J'veux la paix.
Elles se sont séparées. Fatou a tout entendu tout comme moi. Elle en a profité pour me répéter ses conseils « tu as entendu. Elles sont ensembles. Ta maman ne lui dira rien. Son mec est un avocat d'après les infos. Il couvre parfois ta maman de cadeau. Donc tu ne seras pas au dessus ».
Elle est ressortie de ma chambre vers les 1h du matin. Heureusement que personne ne l'a vu sinon, ils allaient encore créer. Le lendemain de la fête, son mec est venu passer la journée à la maison. Il est venu avec des trucs en guise de "NDEWENEUL". Maman était séduite. Thiey allalou Aduna. J'ai assuré le thé comme d'habitude. Le soir vers les 20h, les copines de mes frères sont venues à la maison. Maman les accueille à bras ouverts. Chacune d'entre elle a rejoins la chambre de son copain. Sous l'œil complice de papa. Je ne sais pas quelle heure, elles sont rentrées. En tout cas, jusqu'à mon sommeil, elles ne sont pas sorties.
5 jours après la fête de la Tabaski, j'ai contacté Ndiaga, l'homme qui m'avait aidé avec les moutons. On s'est salué avant qu'il ne me reconnaisse. Il me met en rapport avec une dame qui gère un cabinet d'architecture. J'contacte la femme et elle me donne une adresse email où j'devais envoyer mon cv. Je n'ai pas tardé, j'ai envoyé directement mon CV. 3 jours après, j'reçois un appel d'un numéro fixe et c'était la femme qui me donne rendez vous le lendemain à 9h pour un entretien. Elle m'explique le cabinet. Je me suis levé à 7h du matin pour ne pas être en retard. Je me suis bien habillé. J'ai croisé Fatou qui balayait la devanture de la maison.
Fatou : Waouh tu es élégant ce matin. Fo dieum ? (Tu pars où ?)
Sora : Prie pour moi. J'ai un entretien dans un cabinet de la place.
Fatou : Tu auras cette place j'en suis sure. Dieu ne dort jamais. Pars en paix. Que le Bon Dieu t'accompagne.
J'ai pris un taxi pour ne pas arriver en retard. J'me suis pointé à 8h45mn. J'ai entendu presque une heure avant qu'on ne me fasse entrer. J'ai vu une femme extraordinaire. Elle était plus que belle. Pour la première fois, j'ai vibré pour une fille. Je n'ai jamais connu ce genre de sentiment mais je ne devais pas confondre les choses. J'suis venu pour un entretien d'embauche. Elle s'est bien comportée, elle se présente comme Mme SENE avant de commencer à me poser des questions. Nous avions échangé un long moment. Elle me promet de me rappeler, si c'est ma chance, parce que nous étions nombreux à postuler. On s'est dit au revoir. J'étais confiant et je ne pensais plus au travail mais plutôt au sourire de cette belle dame. A mon retour à la maison, le soir, à l'heure de la descente, j'ai contacté Ndiaga pour l'expliquer.
Ndiaga : Je te promets de faire de mon mieux pour que t'obtiennes ce travail. Je t'avoue les paroles de Mme SENE. (Cette dernière te trouve beau et séduisant). Si tu restes 2 ou 3 jours sans appel de Mme SENE essaie de l'envoyer un sms de salutation, histoire qu'elle se rappelle de toi. Et pourquoi ne pas tenter ta chance si tu n'as pas de copine.
Sora : Tu es fou NDIAGA. Tu me conseilles de draguer la femme d'un autre.
Ndiaga : Tu me vois capable de te conseiller de draguer la femme d'un autre. J'pense que c'est la Madame qui te fait penser à ça. Elle n'est pas mariée. C'est juste par respect qu'on l'appelle ainsi. Tente ta chance c'est mieux.
Il rit avant de raccrocher son téléphone. Comme prévu, 3 jours après l'entretien, j'suis les conseils de Ndiaga. J'contacte Mme SENE.
Sora : Bonsoir Mme SENE, j'espère que vous allez bien. C'est Mansour, l'envoyé de Ndiaga. C'était juste pour vous remercier de votre accueil lors de mon entretien. Tu es vraiment sympa malgré votre statut. C'est rare de nos jours de voir une fille si simple avec cette responsabilité. Ne change jamais (elle me rappelle automatiquement. Pour dire vrai, j'ai hésité avant de décrocher parce que j'avais peur. J'ai pris mon courage à deux mains avant de décrocher). Hello Mme SENE.
Mme SENE : Bonsoir Mansour. J'ai vu ton message. Merci c'est gentil de ta part mais je ne fais que mon travail. Y'a rien d'extraordinaire. Pour la première fois, depuis que j'exerce ce métier, que j'ai reçu ce genre de message reconnaissant. Merci en tout cas.
Sora : Surement les autres avaient peur de le faire. Parce qu'hormis ton statut, ta beauté n'est pas facile à affronter. Oups pardon, je ne devais pas le dire à une femme d'autrui.
Mme SENE : Rire. Tu es vraiment rigolo toi. Pour ton info, je ne suis pas mariée. Les hommes ont peur de moi. Certainement, c'est mon statut qui les fait fuir. La madame que tu entends c'est juste par respect. Bon sortons de ce sujet, ton profil est intéressant mais pour le moment, nous n'en avons pas besoin. Mais je te promets de te mettre en rapport avec un autre cabinet.
Sora : Merci. Peut-être ce n'était pas ma chance. Je t'en serai éternellement reconnaissant si tu réussissais à me trouver du travail. J'vis des moments difficiles et ce boulot me sera d'une grande utilité.
Mme SENE : Ok. J'ferai de mon mieux. Merci pour cet appel. Je m'ennuie trop à la maison. Je n'ai pas à qui parler mais je ne vais pas abuser de ton temps.
Sora : C'est pareil pour moi. J'passe ma longueur de journée à faire le thé et à lire. Parfois, j'sors m'entrainer ou me promener à part ça, je ne fais rien de spécial.
Mme SENE : Arrête, tu m'as parlé de tout sauf de ta copine. Comment tu peux t'ennuyer alors qu'elle est ta moitié.
Sora : Maybe tu ne me croiras pas mais c'est la pure vérité. Je n'ai jamais eu de copine de ma vie.
Nandité : Mais Sora est-ce que tu fonctionnes ??? Jamais de copine ??? T'es un vrai ange si tu fonctionnes.
Mme SENE : (Elle éclate de rire). Merci pour la blague. Tu penses que tu me feras croire ça. Pourquoi les hommes n'acceptent jamais d'avoir une copine lorsqu'ils parlent à une autre fille ou de dire tout le temps qu'ils sont dans une relation compliquée.
Sora : Je te jure sur ma vie que je n'ai pas de copine. Bon tu n'es pas obligée de me croire mais si tu me fréquentais, tu sauras que j'ai raison.
Mme SENE : Assez ris. Je te laisse bonne fin de soirée.
Elle raccroche son téléphone. J'ai pu comprendre que ce travail n'était pas fait pour moi. Ce qui est sur, c'est que j'garderai le contact avec cette femme si elle le veut bien sur. Les jours passèrent un samedi après midi, en faisant le thé avec Fatou devant la porte de ma chambre. J'reçois l'appel de Mme SENE.
Mme SENE : Comment va mon nouveau comédien ?
Sora : (J'ris d'abord). Salut madame sans mari ou femme incrédule ? Naka sa samedi ?
Mme SENE : J'pref Madame sans mari. Le samedi est trop ennuyeux. On verra aujourd'hui si tu n'as pas de copine. Je t'invite au restau le soir.
Sora : J'suis disponible ce sera un grand plaisir. A quelle heure ???
Mme SENE : Ok marché conclu. Ce soir à 20h30mn. Tu m'expliques chez toi et j'passerai te prendre ce sera beaucoup plus facile.
Sans tarder, je l'explique l'adresse où Ndiaye maçon venait me récupérer. Après ma discussion avec elle, Fatou riait avant de me parler.
Fatou : On dirait que tu t'es trouvée une copine. D'ailleurs, où en est ton entretien ?
Sora : Je ne me suis pas trouvé une copine mais j'aimerai bien que cette fille devienne ma copine. En parlant de l'entretien, c'est cette fille qui le faisait. Malheureusement, mon profil n'était pas sollicité. Nous avons gardé le contact d'ailleurs, c'est elle qui m'invite.
Fatou : C'est bien. J'suis contente pour toi. Cette fille ne t'invite pas juste pour tes beaux yeux. Elle est intéressée. J'suis une fille et j'sais de quoi j'parle.
Sora : Amine. J'donnerai tout pour que ce soit le cas.
Nous rions ensemble avant que je ne termine le travail. J'comptais les heures et j'étais plus que pressé. J'ai sorti l'artillerie lourde. Je ne travaillais pas mais j'ai toujours pris soins de moi. Je me suis habillé à l'italienne mon habillement favori. J'suis sorti chez moi à 20h10mn et j'ai croisé Fatou qui a apprécié comme toujours. J'me suis pointé au lieu de rencontre. Vers les 20h35mn, une belle voiture s'est garée à mes pieds. J'venais de reconnaitre que c'était Mme SENE. Elle déverrouille la porte et j'monte dans la voiture. Elle m'embrasse en guise de salutation. Oh quel parfum agréable, je n'avais jamais senti une si belle odeur. Elle démarre la voiture vers une destination inconnue. Après une heure de route, elle se gare devant un lieu chic. Je n'avais jamais connu ce genre de milieu. Elle est une habituée des lieux, vu la manière dont elle a été accueillie par certains des employés. Une des servantes ne s'est pas gênée de la taquiner « enfin, Mme SENE est accompagnée. Elles rient ensemble. Nous nous installons dans un coin nommé VIP. C'était vraiment calme et le son sortait doucement du lieu. Nous avons fait notre commande avant de commencer à discuter. Elle voulait savoir tout de moi. D'ailleurs, elle était étonnée de me voir toujours chômeur malgré mon riche CV. Parle-moi de toi Mansour. J'ris avant de demander (qu'est-ce que tu veux savoir Mme SENE ?)
Mme SENE : Avant tout, mon vrai nom c'est Anna Maréme SENE mais tu peux m'appeler Choubi comme mes proches. Khana tu es paresseux parce qu'avec ton CV, tu ne devrais pas chômer comme ça. Sur ton CV, je n'ai vu que des stages. Comme ça s'explique.
Sora : Nous sommes au Sénégal. Malgré mes études avancées, mes nombreux diplômes, j'ai chômé plus de 3ans. Mais c'est la vie, mes 2 petits frères ont trouvé du travail, juste après leur formation, une de mes sœurs aussi a su se faire une place dans le milieu de la coiffure. Tu vois le destin est ainsi fait. Mon heure n'a pas encore sonné. Au début, ça me faisait mal mais j'ai compris que chacun aura sa part du gâteau. J'suis loin d'un paresseux. Même si ce sera difficile à croire, je faisais de la maçonnerie y'a 2 mois en arrière. J'étais un manœuvre.
Choubi: (Elle ouvre grand les yeux). Tu es sérieux ???
Sora : Il me fallait faire quelque chose pour subvenir à mes besoins. J'ai réussi d'ailleurs, parce que j'ai pu préparer ma fête de la Tabaski.
Choubi: Tu es vraiment un vrai homme. Mashallah. Beaucoup ne ferait pas la même chose que toi. J'respecte ce geste. Et avec ta famille ça se passe comment ???
Sora : STP, ne parlons pas de ça. J'vis tranquillement avec elle. Avec le temps, tu comprendras. Assez parlé de moi. Qu'est-ce que t'attends pour te trouver un homme ? D'après ce que j'ai pu entendre tu n'es jamais accompagnée d'un homme.
Choubi : Difficile que cela puisse paraître, les hommes me regardent mais ne me disent rien. Contrairement à toi, j'ai eu 2 hommes dans ma vie mais nous avions fini par se séparer parce que je n'avais pas trop le temps de sortir avec eux. J'ai toujours rêvé d'avoir un travail que de me concentrer sur une relation. Je ne voulais pas dépendre des hommes. Et depuis que j'ai commencé à travailler, je ne reçois jamais de déclaration même si j'sens certains regards. Mais bon, je ne me prends pas trop la tête pour ça.
Sora : Je ne vais pas rater cette occasion. Choubi, j'veux découvrir avec toi ce que signifie réellement une relation amoureuse.
Choubi : Est-ce que je peux le considérer comme une demande ???
Sora : Oui. Choubi, j'ai envie de sortir avec toi. Excuse la maladresse de ma déclaration, c'est pour la première fois que j'prononce ce genre de chose. L'essentiel est que tu saches que je te veux comme ma copine et pourquoi pas la future maman de mes enfants si ma situation change bien sur.
Pour sa réponse, on attendra la prochaine fois. On se capte.
NB : Nandté avec le temps, tu sauras si j'fonctionne...