Il est 18 heures et je me retrouve bloquée dans les embouteillages au niveau du pont de colobane. Heureusement que je n'ai pas ouvert mes fenêtres. L'air est juste irrespirable avec toute la fumée noire que dégagent les pots d'échappement des différents taxis, car rapides et consorts. Il n'y a que ma mère pour me mettre dans des situations pareilles, un samedi en plus.
Attendre une semaine avant la tabaski (L'aïd ou fête du mouton) pour m'envoyer au marché lui acheter son tissu sous prétexte qu'elle a mal au dos alors qu'elle est en congés depuis une semaine maintenant, c'est me gâcher ma journée de repos cadeau. Son histoire de mal de dos, je n'y crois pas vraiment vu qu'on est parties courir ensemble seulement hier. J'ai l'impression qu'elle a le même âge que moi tellement elle fait jeune. OK elle est jeune. Elle a juste15 ans de plus que moi. Elle est tombée enceinte de son petit ami de l'époque, un arabe venu passer ses vacances à Dakar et qu'elle avait rencontré sur l'île de Gorée. Quand maman lui a annoncé sa grossesse il était déjà retourné à Rabat. Dès qu'il a su, il a coupé tout contact avec elle. Maman a dit alors à mes grands parents qu'elle ne connait pas qui est l'auteur de sa grossesse. Mon grand père était furieux mais il a fini par pardonner à ma mère à ma naissance. Plus petite, ce sont mes grands parents que j'appelais papa et maman et ma mère par son prénom . Ils m'ont éduquée puisque maman était trop jeune pour le faire et elle devait partir terminer ses études à l'étranger et ne pouvait m'amener avec elle. Je porte le même nom que maman et j'en suis fière.
Quand je sors avec elle ,les gens nous prennent pour des sœurs. Ma mère fait tout pour rester jeune. Elle s'habille comme moi, plus osé que moi. Elle a un corps de rêve, pas comme moi. C'est impensable pour elle de mettre un foulard sur sa tête. Elle a 40 ans mais elle en fait 30, voire moins. Elle s'est mariée une fois avec un riche homme d'affaires français venu investir chez nous. Ils n'ont pas eu d'enfant ensemble et, quand il est mort, maman a hérité de toute sa fortune. Déjà que mes grands parents étaient très aisés mais avec ça maman est devenue millionnaire. Elle a vendu l'entreprise de mon beau père et s'est lancé dans le commerce. Aujourd'hui elle voyage beaucoup et possède plusieurs magasins de vente de meubles et d'électroménager. Elle est une business woman sexy et aguerrie comme elle aime le dire. Elle a plein de prétendants mais elle refuse de se remarier. Elle sort avec des hommes de mon âge, des aventures sans lendemain, ce qui me déplaît fortement. Quand je lui dis elle ne m'écoute pas donc j'ai arrêté de lui en parler. La seule condition que j'ai posée est qu'elle ne les amène plus à la maison. Entendre sa mère crier de plaisir au milieu de la nuit, ce n'est pas très réjouissant. Brrr rien que d'y penser j'ai envie de vomir. Si papi était au courant elle allait se faire tirer les oreilles.
J'ai passé trente pénibles minutes dans ces foutus bouchons avant de rejoindre le VDN. Dakar est une horreur entre 17 heures et 18 heures. Tout le monde se donne le mot pour sortir à ce moment on dirait. J'ai baissé la climatisation avant d'insérer un CD de Youssou Ndour pour changer des informations que j'écoutais jusque là. Sa voix merveilleuse a rempli l'habitacle. Je me suis mise à fredonner Seven seconds avec lui jusqu'à ce que la sonnerie de mon téléphone me dérange. J'ai à peine décroché que je suis tombée nez à nez avec un policier qui bien sûr m'a fait signe de me garer. Jai raccroché. Je me suis exécutée avant de baisser ma vitre. Le dit policier s'est penché pour pouvoir bien me parler
-madame savez vous qu'il est strictement interdit de téléphoner au volant d'une voiture tonna-t-il
-Oui monsieur l'agent. Je n'avais pas l'intention de tenir le téléphone à la main. Je voulais juste déclencher le haut parleur.
-hum papiers du véhicule svp
J'ai sorti le tout de la boîte à gants avant de les lui tendre. Il les a vérifié en me jetant des coups d'œil de temps en temps. Il cherche la petite bête pour me soutirer plus d'argent mais mes papiers sont en règle donc il me fait juste perdre mon temps.
-il y a un problème monsieur l'agent ? Demandai-je sarcastique
-Tout est en règle sauf pour le téléphone bien sur
-On peut s'arranger pour ce petit problème n'est ce pas ?
Je lui tendis un billet de dix mille francs qu'il prit en souriant avant de me rendre mes papiers, Tchrr que des voleurs ces policiers!!!
-Bonne soirée mademoiselle dit il tout sourire
Je m'abstins de répondre. Je démarrai avant de rappeler ma mère et de mettre en route le haut parleur
-Allô
-Oui maman. Je me suis faite arrêtée par un flic tout à l'heure raison pour laquelle j'ai raccroché
- Ah je suppose que ton argent y est resté
-J'ai payé avec le tien maman. C'est doublement de ta faute si je me retrouvée dans cette situation
-Dis plutôt que tu cherchais un moyen de me racketter, chipeuse d'argent
-Ah maman avec tout l'argent que tu as c'est sur un malheureux billet que tu te plains la taquinais-je
-Ta bouche sur mon argent hein.
-Et pourquoi. Tout sera mien quand tu mourras non
-Safroulaye. Je vais taper sur ta bouche tu vas voir, me répondit-elle
Je pouffai de rire. Je ne comprends pas cette peur bleue que ma mère a de la mort. On va tous y passer toute façon. Avec elle même en parler est tabou. Sa peur conditionne son obsession de vouloir rester coûte que coûte jeune
-Tu es consciente que tu n'es pas immortelle quand même maman.
-Arrête de parler de ces choses. Tu as acheté ce que je t'ai demandé ?
- Oui et je l'ai déposé chez le tailleur comme tu m'as demandé
-Tu lui as bien expliqué le modèle que je veux
-Bien sûr maman dis-je en roulant des yeux
-Très bien. Tu peux me prendre un tissage de cheveux naturels avant de rentrer
-Maman vraiment tu exagères. Je suis presque arrivée à la maison là. Je n'ai pas envie de replonger dans les embouteillages
- S'il te plaît mon bébé. Juste un petit détour qui m'évitera de sortir demain insista-t-elle la voix mielleuse pour me convaincre
-Tu fais rien de tes journées là maman. Tu peux sortir un peu non. Je suis de garde dimanche soir alors tout ce que je demande c'est un peu de repos en plus j'ai quelque chose de prévu ce soir rouspétai-je
-Tu es déjà dehors alors ça va te faire quoi de me rendre ce service ? On ira se faire une journée bien être demain à mes frais pour te détendre.
- Humm ok mais je n'irai pas autre part. Je te préviens de suite.
-D'accord mon bébé. Prends moi un Indian Beach Wave 18 pouces
-Je ne comprends pas comment tu peux mettre les cheveux d'autrui sur ta tête ? Si ça se trouve ils les prennent sur des cadavres.
-Pourquoi tu aimes gâcher les affaires des autres ? Remercie moi d'avoir fait de toi une métisse avec de longs cheveux ?
-Parce que toi tu n'as pas de longs cheveux ? Répliquai-je.
-Ce n'est pas pareil. Et ça n'empêche pas de mettre des tissages si on veut. Tu parles trop mademoiselle. Vas faire ma commission et rentres.
-Tu aimes trop la jeunesse maman.
-Qui déteste ça ? Achète le dîner en venant tant qu'on y est.
- Qu'est-ce qui m'étonne ? Bon à tout à l'heure
***
Il était 20 heures passées quand je me suis affalée sur le confortable canapé du salon, épuisée par la journée passée à faire les courses de ma mère. Je vais devoir annuler la sortie en boîte avec mon chéri. Je suis trop épuisée pour aller me trémousser des heures sur une piste de danse. Il va se fâcher mais bon je ne peux plus me permettre. Il faut que je sois en forme pour attaquer la garde du dimanche. J'ai donc pris mon téléphone pour l'appeler
-Bonsoir mon ange
Mon ange est mielleux dans sa bouche ou ce sont mes oreilles qui modifient ces deux mots pour me faire du plaisir ?
-Bonsoir chéri. Comment vas-tu ?
-Mieux maintenant que j'entends ta douce voix. Tu me manques bébé. J'ai hâte de te serrer dans mes bras
Je frissonnai rien que de l'entendre dire que je lui me manque
-En parlant de ça, j'aimerai qu'on remette la sortie à une autre fois stp
-Quoi ? Encore. Tu te fous de moi ? S'énerva-t-il
-Comprends moi loulou. Je suis de garde demain et je suis épuisée en ce moment. J'ai grand besoin de dormir et sortir avec toi ne fera que me fatiguer encore plus
-Et mes besoins à moi ? Tu crois être la seule en à avoir des besoins?
-Je suis désolée
-Je m'en fous que tu sois désolée. Tu n'es pas la seule femme dans cette ville et ni la seule qui puisse me satisfaire
-Cela veut dire quoi ? M'enquis je la peur dans la voix
- Cela signifie ce que tu y entends, répondit-il avant de raccrocher
Je réessayai de le rappeler mais en vain. Je jetais le téléphone sur le lit las. ça ne sert à rien d'insister puisque je sais qu'il ne va pas décrocher. Je le rappellerais demain quand il sera calmé. Je vis dans l'incertitude avec cet homme. Il faut faire ce que lui veut point. C'est à force de menaces que j'ai fini par coucher avec lui. Je l'aime et j'ai peur de le perdre et il est en conscient. Il en joue et ça me tue quand il me dit des choses pareilles puis refuse de me parler. Je refuse d'envisager qu'il puisse être avec une autre que moi. C'est moi qu'il aime et il n'osera pas me tromper. Jamais il ne fera ça. J'étais en pleine réflexion quand me mère me trouva là plus rayonnante que jamais. Elle s'assit à côté de moi en me dévisageant
- C'est quoi cette petite mine me questionna-t-elle ?
- Rien d'important maman répondis-je en esquissant un petit sourire pour qu'elle lâche l'affaire
- C'est encore à cause de ce garçon que je n'ai toujours pas vu d'ailleurs. Cette relation ne te mènera nulle part chérie.
- Merci de me mettre encore plus bas
- J'essaie juste de te faire voir ce que toi tu ne persiste à ignorer. Il t'a encore menacé ?
- Il est juste énervé. Il dit ça juste comme ça mais il n'ira pas voir une autre
- Tu crois qu'un homme qui t'aime vraiment te menacera à tout bout de champ de partir avec une autre?
- Il ne le fait pas même s'il le dit. C'est sa façon de me dire qu'il n'est pas content
- Et tu cautionnes ça ? Tu dois vraiment être folle de ce garçon dit-elle en me regardant avec quiétude
- Oui. Je l'aime
- Penses-tu que c'est réciproque ?
- Oui. ça va faire presqu'un an qu'on est ensemble alors ce n'est plus une question à poser
- La durée n'est pas synonyme de sentiments bébé. Ce n'est pas parce qu'on reste avec quelqu'un qu'on en est forcément amoureux
- Il m'aime maman
- Il te l'a dit ?
- Oui oui, bien sûr
- Pourquoi ne vient-il pas me voir alors depuis le temps que je veux le rencontrer ?
- Il est occupé maman.
- Occupé au point de ne pas trouver une petite heure pour rencontrer la mère de la femme qu'on aime ? Ali tu devrais discuter avec cet homme juste pour être fixée. Il ne me semble pas très sérieux
- Tu ne le connais même pas
- Justement. Après une année de relation je devrais pouvoir dire c'est lui le petit ami de ma fille or je ne sais à quoi il ressemble. Et puis en quoi il peut être occupé au point de ne pas trouver du temps pour me rencontrer. Tu m'as bien dit qu'il était au chômage
- Il cherche du boulot et ça lui prend du temps
- Tu es sûre qu'il cherche chéri, Pourquoi chercherait-il d'ailleurs puisque tu lui donnes tout ce qu'il veut. Depuis que vous êtes ensemble il doit te devoir plus d'un million. Pourquoi chercher du travail alors qu'on a quelqu'un qui nous donne de l'argent gratuitement ?
- C'est juste une dette. Il va me rembourser. Tu ne vas pas me reprocher de vouloir l'aider
- Non je te reproche d'être sourde et aveugle et de ne pas voir qu'il profite juste de toi. Il t'a enchainée j'ai l'impression. Tu es devenue son instrument, chérie. Cet homme te manipule comme si tu étais sa marionnette. Regarde toi à chaque fois que tu lui parles tu deviens morose. L'amour est censé nous rendre heureux et pas le contraire.
- Maman laisse tomber répondis-je exaspérée. Je sais qu'elle a raison mais mon cœur ne veut pas l'accepter. C'était tellement bien au début. Il était doux, prévenant. Je me sentais aimée. Mes désirs étaient des ordres. Il ne vivait que pour me faire plaisir mais tout a brusquement changé. Il a commencé à me demander de l'argent et je lui en donnais parce qu'il n'a pas de travail et je lui en donne toujours. J'ai tenté d'en discuter avec lui en lui disant que je ne pourrais pas l'entretenir éternellement mais à chaque fois je sors de cette discussion en culpabilisant. Il me dit que c'est parce que je suis née avec une cuillère d'argent dans la bouche que je me permets de lui jeter sa pauvreté à la figure. Que je ne sais pas ce que c'est de galérer pour trouver un boulot. A la fin je finis par me dire que c'est parce que j'ai de l'argent que je pense que tout le monde devrait en avoir aussi et que je suis injuste avec lui. Il me boude pendant des jours en me menaçant comme à chaque fois de pouvoir trouver une femme qui l'accepte comme il est et ça me tue à petit feu de l'imaginer avec une autre. Je ne suis de nouveau tranquille quand il daigne me rappeler. J'ai l'impression de mendier son amour tellement je m'accroche à lui. Il a instauré en moi la peur de devoir vivre sans lui et en use pour me mettre à sa merci. Un jour il est le plus formidable des hommes et un autre il me traite comme si j'étais de la merde. J'ai osé lui dire que je partirai s'il continuait à se comporter ainsi avec moi. Il m'a répondu que jamais je ne pourrai le quitter et le pire c'est qu'il a raison. J'ai peur de le quitter et la raison de cette trouille n'est autre que mon manque de confiance en moi. Je suis emprisonnée dans cette relation qui finira par me détruire un jour. Je l'aime mais je suis sa victime et lui mon bourreau. Je dépends de lui
- Il t'a présenté à sa famille ou à un ami ? Continua-t-elle
- Maman...
- Ok. Je suis sure que non. Sors toi de cette relation toxique bébé. Tu mérites tellement mieux. Tu es belle et tu es quelqu'une d'exceptionnelle. Tu peux avoir tous les hommes que tu veux alors pourquoi lui ?
- Parce que c'est lui que j'aime
- Tu couches avec lui ?
Ma mère est très ouverte d'esprit comme vous avez dû vous en doutez. Elle s'en fout que je sois vierge ou pas. Elle m'a juste dit de me donner à celui qui le mérite selon moi, que ce serait mieux que je la garde mais que ce soit à moi de décider. Au début je me suis dit que j'allais rester vierge comme toutes les filles et attendre sagement celui qui m'épousera mais il a réussi à me convaincre de me donner à lui, chose que j'ai fini par accepter bien sur. Je ne peux rien lui refuser de toute façon. Le il dont je parle depuis tout à l'heure s'appelle Salif.
- On peut parler d'autre chose stp ?
- Si tu veux mais ne sois pas la seule à donner. Une relation ne doit pas être à sens unique
- C'est bon, maman. Parlons d'autre chose stp dis-je agacée qu'elle insiste et qu'elle ait raison sur toute la ligne
- Je te conseille juste, pas la peine de t'énerver. Bref je peux voir ce que tu m'as pris ?
Je lui tendis le sachet contenant ses paquets de cheveux naturels. Elle les sortit du sac puis de leurs paquets pour les étudier
- Tu as bien choisi. Tu crois que je devrais les porter bouclés ou raides?
-Je n'en sais rien. Tout te va à toi de toute façon répondis-je envieuse
-C'est quoi ce genre de propos. Je croyais t'avoir dit d'arrêter de te rabaisser de la sorte. Tu es belle ma chérie
-On sait tous les deux que tu es beaucoup plus belle que moi. Je ne ressemble à rien à côté de toi. Mon corps est complètement difforme alors que toi tu es parfaite!
-Ce sont tes formes qui te dérangent ? Tu manques cruellement de confiance en toi néné touti (surnom affectueux donné à ses enfants). Tu crois que minceur est synonyme de beauté. Je ne vois pas ce qu'il y a de difforme dans ton corps. Tu es magnifique. Regarde toi. Tu n'as pas de ventre, tu es des hanches à damner un sain et un joli visage que te faut-il de plus ? C'est ta différence qui fait ta force
-Tu dis ça juste parce que je suis ta fille maman. Les autres ne me voient pas de cette façon et je le sais. Quand on est ensemble c'est sur toi qu'on se tourne, pas sur moi. Combien d'hommes tombent à tes pieds ? Aucun homme ne s'intéressera à moi
-C'est ce qu'il te dit ? Que si tu le quittes aucun autre ne voudra de toi? Tu te rends compte de l'ascendance que cet homme a sur toi? Il te fait perdre ton estime de toi-même. Je ne te savais pas ce mal être avant que tu ne le connaisses.
- Cela n'a rien à voir avec lui, mentis-je. Il m'accepte comme je suis sinon il ne sortirait jamais avec moi.
-Alors pourquoi as-tu subitement si peu de valeurs devant tes propres yeux. Tu n'es pas grosse bébé si c'est ce qu'il te dit. Tu es juste pulpeuse. Je t'envie tes formes si tu veux tout savoir. Je ressemble à une planche à pain comparée à toi
Je souris à cette remarque. C'est bien la première fois que j'entends ma mère parler d'elle négativement. J'aimerai avoir sa force et cette haute opinion qu'elle a d'elle même
-J'ai une idée qui te montrera que tu es une belle femme ma chérie
-De quoi s'agit-il ?
-Tu prends tes congés quand ?
-Mercredi prochain
-Je vais nous organiser une séance photo. Des professionnels s'occuperont de nous et tu auras des photos pour te montrer à quel point tu es magnifique et comme ton corps est harmonieux
-Je ne suis pas sure que ce soit une très bonne idée
-Si ça l'est. Je nous programme ça le jeudi une journée rien que toi et moi. On va se faire pomponner
-Si tu insistes
- J'insiste. Bon ma chérie je ne vais pas pouvoir manger avec toi. J'ai un rendez-vous très important
-Rendez-vous à près de 22 heures. C'est avec un jeune encore ? Ça ne te dérange pas ?
-Pourquoi ça me dérangerait. On se rend service mutuellement alors où est le problème ?
-Je n'approuve pas tout ça moi. Tu n'as plus vingt ans maman
-Il n'y a pas que les jeunes demoiselles qui ont le droit de passer du bon temps ma chère.
-Pourquoi tu ne sors pas avec les hommes de ton âge ?
-Parce qu'ils ne pourront pas me donner ce qu'il me faut ma chérie. J'ai besoin de vigueur, d'un homme à la fleur de l'âge pas d'un vieux datant d'avant la première guerre mondiale. J'y vais là. A tout à l'heure néné touti ajouta-t-elle avant de se lever et de se diriger vers la sortie en faisant claquer ses talons aiguilles
J'ai roulé des yeux avant de me lever à mon tour et de me trainer jusque dans la cuisine le moral dans la chaussette. Je me suis levée de bonne humeur aujourd'hui pourtant mais il lui a suffit de moins d'une minute pour tout foutre en l'air
J'ai lancé la micro-onde pour réchauffer le diner que j'avais acheté. J'ai mis celui de ma mère dans le frigo sachant qu'elle reviendra affamée. Une fois chaud j'ai mis tout dans un plateau lit avec un yaourt et une pomme avant de m'installer devant la télé. J'ai rappelé Salif même si je ne devrais pas le faire et je suis tombée directement dans la boîte vocale. Je lui ai laissé un message
- Bébé je suis désolée. Je te promets de nous trouver du temps dans la semaine, une journée pour nous deux. Rappelle moi. Bisous
Tu es pathétique ma vieille me jeta mon subconscient en secouant la tête. Je me secouai la main devant le visage pour effacer cette voix. Je pris mon téléphone pour appeler Mariama. Elle décrocha après quelques sonneries
-Il t'a encore puni c'est ça me dit-elle comme bonsoir
-Yama
-Don't Yama me stp. Tu ne me connais que quand ce connard te jette. Tu crois que c'est ça l'amitié?
-Je t'interdis de l'insulter. Tu ne le connais même pas. J'étais obligée d'aller avec lui la dernière fois. Je ne pouvais faire autrement
-Regarde toi Ali tu n'as plus de vie. Tu as calqué tout ton temps libre sur ce salopard. Depuis combien de temps tu n'es pas sortie avec nous ? A chaque fois qu'on te propose c'est Salif ci Salif ça. Est-ce que Salif est ton père pour décider quand et avec qui tu dois sortir. Tu vis pour et par lui. Tu trouves ça très sain toi cria-t-elle?
-J'ai le droit de passer du temps avec mon mec quand même dis-je calmement
-Tu as le droit oui sauf que tu vas te retrouver bientôt seule sans plus aucun ami. Si tu trouves que ce mec mérite que tu perdes les personnes qui t'aiment réellement alors soit mais ne viens pas pleurer devant moi quand il t'aura transformée en loque!
-Pourquoi tu me sors ces méchancetés ? Je croyais qu'on était amies
-Je le croyais aussi mais il a suffi d'un sale mec pour que tu me relègues au second plan.
-Tout ça parce que j'ai refusé de sortir deux ou trois fois avec toi pour pouvoir passer du temps avec lui. Tu sais que mon boulot me prend beaucoup de temps alors excuse moi de lui accorder le peu qui me reste m'énervai-je
-Tu sais quoi ? ça ne sert à rien qu'on en parle parce que ce sera toujours lui, lui et lui. Accorde lui ton temps, tout ton être et même ton âme tant que tu y es. Quand tu ne seras plus rien n'oublie pas de penser que Yama t'avait prévenu hurla-t-elle avant de me raccrocher au nez.
Je regardai le téléphone cherchant à comprendre ce qui n'a pas marché. On s'entendait tellement Yama et moi. C'était ma meilleure amie et maintenant c'est limite si on peut se parler quelques minutes sans que ça vire à la dispute. Je l'ai encouragée quand elle sortait avec son mari alors elle pourrait en faire de même pour moi. J'ai quand même le droit de passer du temps avec Salif autant qu'elle en passe avec son mari. Pourquoi les gens ne peuvent pas comprendre que j'aime cet homme et que j'ai besoin de lui ?
********
-On est d'accord
...
-Bien sûr. Ne vous inquiétez pas. Je suivrai moi même l'avancée de tout ceci
...
-Très bien. Je vous enverrai le contrat d'ici la fin de la semaine
....
-Et on fera tout pour vous satisfaire entièrement
....
-Bonne journée M. Séne
Je raccrochai le sourire aux lèvres. Tout se passe très bien. Le poste de directeur des marketing est à moi si tout se passe bien avec ce client et je suis à peu près sur que ce sera le cas. Cette année est la mienne, c'est celle de ma consécration. Déjà elle a bien commencé. J'ai épousé mon amour de toujours, la seule femme que j'ai connu. On s'est mariés ça va faire un an. Elle est mon monde et je l'aime comme un dingue. Je veux réussir pour elle, pour lui offrir la meilleure vie qui soit. Mon boulot paye bien comme je suis chef de projet et je ne me plains pas mais je pourrais avoir plus de responsabilités et gagner beaucoup plus si j'obtiens ce poste. J'ai terminé puis vérifié le contrat avant d'appeler mon assistante. Elle a fait son entrée dans mon bureau quelques secondes après
-Envoie ça par courrier à M. Séne stp. As-tu eu des nouvelles du fournisseur
-Oui. Il demande que tu le rappelles pour faire le point
Cela fait un an que je travaille avec elle donc j'ai estimé que ça serait plus simple qu'on se tutoie
-D'accord. Merci Sarah
-Tu as besoin de moi cet après midi?
-J'ai un rendez-vous dehors donc pas spécialement non.
-Puis-je prendre mon après midi ? Dit-elle d'une voix tremblotante
Je levai enfin les yeux pour la regarder. Elle n'a pas l'air très en forme. Elle a les yeux rouges comme si elle avait pleuré.
-Oui oui bien sûr dis-je en souriant. Je te l'offre, pas besoin de le poser comme congés
-Merci dit-elle reconnaissante
-Tout va bien ? Je lui demande
-Une mauvaise passe me répond elle
Je n'insiste pas. Après tout je ne suis que son chef. Ce n'est pas à moi qu'elle viendra parler de ses problèmes personnels
- N'hésite pas si tu as besoin de quelque chose. Tu peux partir après avoir envoyé le contrat. Je me débrouillerai le reste de la matinée
-Merci. C'est gentil. Bonne journée
-Toi aussi Sarah. Prends soin de toi
Elle m'a fait un timide sourire avant de sortir. Je me suis replongé à la tâche que j'effectuais avant son arrivée. J'ai ensuite appelé le fournisseur. J'étais en pleine négociation avec lui quand ma hantise de ces derniers temps est entrée dans mon bureau sans y être invitée. J'ai continué ma conversation l'ignorant royalement. Elle s'est mise à faire des va et vient avant de s'arrêter devant moi. Elle s'est mise à baisser les bretelles de sa robe avant de le laisser glisser le long de son corps pour finir par terre. Elle se retrouva en sous vêtements. Elle enjamba sa robe avant de venir se mettre à califourchon sur moi. Cette fille est complétement folle, oui folle à lier. Elle a entrepris de déboutonner ma chemise mais j'ai pris ses mains pour la stopper. J'ai abrégé ma conversation pour pouvoir la dégager au plus vite de mon bureau avant que quelqu'un la voit et s'imagine des choses. J'ai lâché ses mains après avoir raccroché
-Je veux que tu te lèves tout de suite et que tu sortes d'ici au plus vite dis-je d'une voix dure
-Ce que tu vois ne te plait pas ? demande-t-elle en souriant
-Je t'ai dit de te lever criai-je
-Mais tu es tendu bébé. Tu devrais me laisser te faire du bien, un petit coup vite fait ajoute-t-elle avec un sourire salace dirigeant en même temps sa main vers mon pantalon
Je me levai brusquement de ma chaise l'entrainant avec moi. Je la mis debout et loin de moi. Mais que diable me veut-elle ?
-Remets ta robe et sors de mon bureau Kadia. Je ne veux pas me répéter
Elle commence vraiment à m'énerver celle-là. Ce n'est pas parce que j'essaie de ne pas la brusquer qu'elle doit se croire tout permis ou bien elle croit que parce que je bosse pour son père ça lui donne le droit d'entrer et sortir de mon bureau et de venir m'y faire son strip-tease de surcroît
-Pourquoi me repousses-tu de la sorte Maël ? Me demande-t-elle avec sa voix de petite fille
-C'est Ismaël pour toi. Parce que je suis un homme marié. Combien de fois dois-je te le répéter avant que tu le comprennes ?
-Je m'en fous que tu sois marié, tu entends. Je t'aime et je te désire plus que tout. Tu ne seras pas le premier ni le dernier à tromper sa femme.
-Tu sors ou je te jette dehors en sous-vêtements dis-je très énervé par le ton qu'elle emploie
-Vas y mon cher. Ne te gènes pas. Cela me facilitera bien les choses que ta femme sache qu'il y avait une femme à moitié à poil dans ton bureau, me répond elle effrontément
J'ai commencé à la regarder d'un oeil mauvais. Ce n'est pas dans mes habitudes de faire du mal aux fem demes mais celle-là j'ai envie de la baffer tellement elle me sort de mes gonds. Suis-je le seul homme sur cette foutue terre pour qu'elle fasse une fixation sur moi ? Elle s'est rhabillée heureusement sinon je ne répondais plus de moi. Elle est venue se placer devant moi puis a planté ses yeux dans les miens
-Je n'en ai pas fini avec toi bébé. Je te veux et je t'aurai. Soit en sur dit-elle l'air déterminé avant d'effleurer mes lèvres avec les siennes.
Je la suivis des yeux, ébahi par son audace. Elle s'arrêta devant la porte pour m'envoyer un bisou puis sortit en souriant. Je ne sais même pas quoi penser de cette femme. Cela fait plus d'un mois qu'elle me harcèle. Au début elle me draguait à petite dose et je lui ai gentillement fait comprendre que j'étais un homme marié. J'ai cru qu'elle lâcherait l'affaire mais on dirait que connaître ma situation a accru son intérêt envers moi. Elle a commencé à être plus audacieuse du genre de ce qu'elle a fait toute à l'heure, à me sauter dessus à tout moment, comme si je l'obsédais. Oui ça doit être cela sinon je ne vois pas d'autres explications à son comportement. Elle m'a même dit que si j'acceptais de coucher avec elle, elle me garantit la promotion que je cherche à avoir. J'ai failli l'étrangler le jour où elle m'a proposé ce marché immonde. Pour qui me prend elle ? Je l'ai bien insultée et elle a fini par s'excuser avant de bouder un certain temps parce qu'elle s'attendait à ce que je m'excuse aussi de l'avoir insulté. J'étais tranquille pendant ce moment mais elle est vite revenue à la charge. Je cherche un moyen de me débarrasser d'elle définitivement et dans la paix. J'étais en pleine réflexion quand mon téléphone personnel s'est mis à sonner. Il s'agit de la sonnerie que j'ai attribuée à ma femme donc j'ai décroché sans attendre
-Bonjour chérie
-Coucou bébé. Ça va depuis ce matin ?
- Très bien. Tu fais quoi ?
-Je suis en pleine séance de pédicure. Je t'appelle pour te dire que je passe la journée chez ma mère et tu sais comment elle est donc je risque de rentrer tard
-Je trouve que tu vas trop chez ta mère ces temps-ci dis-je légèrement agacé
-C'est elle qui m'appelle. Que veux-tu ? Que je lui dise que je ne viens pas alors que je ne fais rien de mes journées ? Et puis elle se sent seule à la maison depuis le décès de papa ?
- Hum ok.
-Tu es fâchée bébé demande t-elle d'une voix douce
-Non. Pourquoi le serai-je ? Répond je
-Je ne sais pas. Enfin que dirais-tu de m'y rejoindre après ton travail ?
- J'aimerai bien mais je ne vais pas pouvoir. Je ne sais pas à quelle je vais terminer et comme j'ai des rendez-vous dehors je risque d'être fatigué, j'ajoute pour ne pas qu'elle insiste
-Ne fuirais-tu ma mère toi par hasard ?
-Mais non. C'est absurde de penser ça
-Je dis ça parce tu vas rarement chez elle et quand elle vient tu te débrouilles pour ne pas être à la maison
-Je suis pris par le boulot, tu sais bien. Je suis sûr que ta mère en est consciente aussi répliquai-je pour me défendre
-Mouais. Je vais faire semblant de te croire dit-elle en rigolant
Elle a raison. Je n'aime pas aller chez sa mère. Cette femme ne jure que par les billets de banque. Tu rentres chez elle avec un portefeuille rempli de billets il en ressort vide. Non pas que je sois radin ou autre chose de ce genre mais elle, son amour pour l'argent est trop. Ça m'étonnera toujours. Elle ne travaille pas pourtant le jour où de notre mariage j'avais l'impression qu'elle avait braqué une banque. Elle distribuait des billets à qui en voulait. Elle m'avait certes demandé une importante dot mais ça ne suffisait pas à combler toutes les dépenses et offres qu'elle a faites. Vous voyez le genre. En plus je lui en donne à chaque fois que j'y vais mais elle a tout le temps une facture à payer ou une ordonnance à acheter. J'entretiens ma femme et sa mère donc oui je l'évite parce que sinon je ne pourrais jamais acheter ma maison. Je vis dans une aile de ma grande maison familiale en attendant de trouver un bon terrain. Ma mère ne veut pas que je parte mais il faut bien que je le fasse un jour. Ce qui me désole c'est que ma femme est comme elle niveau boulot. Elle refuse de bosser. Ça ne me dérange pas de subvenir à ses besoins mais bon je ne comprends pas qu'elle puisse préférer passer ses journées à ne rien faire. Je ne pourrais pas faire ça. A chaque qu'on en discute elle se fâche donc j'ai laissé tomber l'affaire
-Je passerai récupérer les habits chez le tailleur pour remettre à ma mère le sien et pour voir s'il y aura bien de retouches pour ton trois pièces. Tu iras acheter le mouton là quand ? J'aimerais t'accompagner.
-Je ne sais pas on est mardi donc j'irai sûrement demain. Je finis tôt demain. Pourquoi tu veux venir déjà ? Je croyais que l'odeur des enclos t'insupporteait?
-Tu crois juste mais je veux t'aider à choisir un bon gros mouton pour ma mère. Il faut bien que le quartier sache que malgré que mon père soit mort elle ne manque de rien, surtout les commères qui habitent en face.
Je ne comprends pas ce désir de s'exhiber mais ça aussi c'est sujet de dispute donc je préfère ne rien dire. Mon père est décédé aussi pourtant j'écris pas devant ma porte que je m'en sors bien.
-Comme tu veux. Je passerai à la maison avant d'y aller de toute façon. Il faut que j'y aille bébé. A ce soir
-Bisous mon amour. Je t'aime
-Moi aussi je t'aime dis-je avant de raccrocher. J'ai mis dans un portfolio les dossiers dont j'aurai besoin avant de sortir
***
Je suis arrivé tard à la maison et épuisé. C'est dur de négocier un contrat. Tout ce dont j'aspire en ce moment c'est d'une douche puis de dormir. Je suis néanmoins passée par le salon dire bonjour à ma mère qui était sur la canapé entrain de regarder une émission de variétés
-Tu es seule à la maison ?
-Ta femme est sortie depuis ce matin sans nous dire où elle se rendait et elle n'est toujours pas de retour, Aïda (ma petite sœur) est partie il y a une heure avec ses copines
-Rougui est allée chez sa mère. Elle m'a appelé ce matin pour me prévenir.
-C'est ce qu'elle te dit mais Dieu seul sait où elle est.
-Maman ! Tu ne vas pas recommencer. Pourquoi faut-il toujours que tu doutes d'elle ?
-Parce que je connais ce genre de filles. Je n'ai jamais été d'accord pour que tu l'épouses mais tu en as fait qu'à ta tête. J'espère que tu ne le regretteras pas
Je n'avais pas envie de rediscuter encore de ça avec ma mère. Elles ne s'entendent pas Rougui et elle, une de raisons pour lesquelles je veux déménager aussi. Elles font semblant quand je suis là mais je sais qu'elles ne s'apprécient pas. C'est la guerre des fois ici et ça me déplaît fortement. J'ai essayé d'arranger les choses mais rien donc j'ai fini par laisser tomber
-Ce que je vous ai donné a suffi pour les courses de la tabaski
-Oui on a pu tout acheter ta soeur et moi même si c'était à ta femme là de le faire. C'est elle qui est mariée pas nous mais bon mon pied la route chaque jour. Elle connaît le nombre de poteaux qu'il y a dans Dakar à force de passer son temps dehors au lieu de s'occuper de son mari et de sa belle famille. Après ça se dit être une femme digne
-Maman stp laisse la tranquille. Bon je vais prendre une douche et me coucher après. Je suis fatigué
-Sans manger ?
- J'ai dîné déjà dehors. A demain maman si je ne ressors pas
-Bonne nuit mon fils
Je suis allé prendre ma douche avant d'enfiler mon bas de pyjama et de rejoindre mon lit douillet. Ma femme n'était toujours pas rentrée. J'ai essayé de l'appeler mais ça a sonné dans le vide donc j'ai laissé tomber. Je me suis endormi très vite tellement j'étais épuisé. A un moment j'ai senti ma femme se coller à moi et me chuchotait bonne nuit. Je me suis rendormi immédiatement. On discutera de l'heure à laquelle elle est rentrée demain. J'ai eu une matinée très chargée le lendemain entre les rendez-vous de négociation, le compte rendu à mes supérieurs et en plus gérer Kadia. Cette fille va me rendre dingue. Je revenais d'une présentation avec son père quand je l'ai trouvée allongée sur mon bureau en lingerie fine. Est ce qu'elle connaît le mot vergogne ? Elle est belle pourtant alors pourquoi se vend elle aussi vulgairement de surcroît à un homme marié ? Elle pense me séduire mais tout ce qu'elle fait c'est de perdre un peu plus mon estime tous les jours
-Je vais sortir pendant quelques minutes et quand je reviendrai je veux que tu sois partie
-Arrête de lutter contre toi même. Je sais que tu en as envie. Je t'offre tout ce dont un homme rêve sur un plateau d'argent et tu fais façon.
-Tu te trompes. Te voir là faisant la pétasse me laisse de marbre et tu sais pourquoi ? Parce que j'ai beaucoup mieux chez moi, une femme de valeur. Ne me force pas à être méchant.
Elle est descendue de mon bureau pour venir se planter
-La pétasse ? Pétasse est un bien grand mot tu trouves pas. Tu crois que m'insulter fera que je laisse tomber. Laisse moi te dire que tu te trompes. Je n'aime pas quand on me résiste surtout si je suis très intéressée. J'obtiens toujours ce que je veux et toi Maël je te veux. Je te laisse encore quelques opportunités d'accepter. Si tu t'entêtes à me repousser je serai obligée de procéder autrement
- Tu te crois en position de me menacer dis je d'une voix coléreuse?
-Je ne te menace pas mon chéri. Je te préviens juste. C'est différent. Tu sais à quel point c'est frustrant de désirer quelque chose sans pouvoir l'obtenir
-Dégages de mon bureau en vitesse.
Elle est allée se rhabiller pendant que je remettais mes affaires qu'elle a déplacées sur mon bureau avant de m'installer devant mon ordinateur. S'il y a une chose que je déteste c'est qu'on me menace. Elle croit que parce qu'elle est née riche elle peut se permettre de dicter sa loi. Elle peut me forcer à être avec elle si je ne le veux pas elle pense. Tchrr j'ai envie de l'étrangler cette connasse. J'ai tendu l'oreille mais toujours pas de porte refermée. J'ai levé la tête un moment pour voir ce qui l'empêche de partir
-Tu veux peut être que je t'accompagne jusqu'à ton bureau
-Pourquoi pas ? Oh pour info Samira ne sera pas disponible la semaine prochaine donc c'est avec moi que tu iras au séminaire
-Quoi ? C'est absolument hors de question
-Pourquoi ? Ça ne te plait pas de passer quatre jours en ma compagnie ? Je suis enchantée et j'ai hâte d'y être. Bonne après midi
Depuis quand les stagiaires vont en séminaire ? C'est vraiment le top d'être la fille du patron. On peut avoir ce qu'on peut. Je vais quand même vérifier ça.
-Bonjour Ismaël.
-Bonjour Karim. Je viens d'apprendre que je pars en voyage avec Kadia
-Oui elle a insisté pour finir son stage avec vous histoire d'avoir une autre approche pour son rapport et après mure réflexion j'ai été d'accord. Donc elle vous accompagnera comme Samira ne peut pas et à votre retour elle s'installera avec vous
C'est une grosse blague n'est-ce pas ? La supporter le temps d'un séminaire encore je peux accepter mais pendant encore plus de 4 mois ça ne va juste pas être possible. Elle va me pourrir l'existence plus qu'elle le fait. Non ce n'est vraiment pas faisable
-Ismaël vous êtes toujours là
-Oui oui. Euh c'est à dire que je...
-Cela vous dérange de travailler avec ma fille Ismaël ?
Soit je refuse et je vois mes chances de décrocher ma promo baisser soit j'accepte et je serais sûr que Kadia tentera plus de choses. Déjà qu'elle me harcèle alors si je dois me la coltiner tous les jours...
-Ismaël entendis-je au bout du fil, ce qui me fit sortir de mes pensées
-En fait je ne vois pas ce que je peux lui apprendre. Il serait préférable qu'elle reste avec vous. Vous savez sûrement plus de choses que moi dans ce métier
-Ah je vous fais confiance pour ça. Vous êtes compétent donc ça ne peut être qu'une bonne expérience pour ma fille. Je suis sur que vous serez un bon tuteur n'est-ce pas ?
-Oui oui. J'essaierai en tout cas
-Très bien. N'hésitez pas à la recadrer si nécessaire. Elle a la sale habitude de n'en faire qu'à sa tête
Il ne croit pas si bien dire. J'ai abrégé la conversation car mon téléphone personnel s'est mis à sonner et il s'agissait de ma femme. Je l'ai rappelé une fois avoir raccroché avec le chef
-Je suis en bas bébé
-D'accord. J'arrive dans quelques minutes
- Ne tarde pas trop. Il fait chaud
-Oui. Donne moi deux petites minutes
-OK dit-elle avant de raccrocher
- Je mis les dossiers qui trainaient dans le tiroir que je fermai à clé puis j'éteignis l'ordinateur avant de sortir. Sarah n'étant pas là aujourd'hui, j'ai averti l'assistante d'un de mes collègues de me contacter en cas d'urgence. J'ai rejoint Rougui cinq minutes plus tard et elle s'est plainte bien sûr du temps que j'ai mis en s'installant dans la voiture que j'avais empruntée à l'entreprise pour transporter les moutons.
-Comme tu te plains je vais m'y mettre aussi. A quelle heure es-tu rentrée hier ?
-Je sais mon amour. Minuit c'est tard mais maman ne voulait pas me laisser partir et insistance sur insistance j'ai finalement pu partir vers 23h30. Elle voulait que j'y passe la nuit mais j'ai refusé bien sur.
-Il faudrait que je parle à ta mère, qu'elle sache que tu es ma femme maintenant et qu'il est normal que tu passes plus de temps avec moi qu'avec elle.
-Bonne chance pour lui dire. Tu connais ma mère non ?
-Je ne veux plus que tu rentres aussi tard. Débrouille toi pour être à la maison avant moi
-C'est à cause de ta mère que tu te plains. Elle ne s'est pas gênée de parler derrière mon dos à ce que je vois
-Laisse ma mère en dehors de cette discussion. Je veux juste retrouver ma femme à la maison en rentrant du travail. Est ce trop demandé ?
- Non. J'essaierai
-Bien. Comment va ta mère ?
- Très bien. Elle te passe le bonjour et demande à ce que tu l'appelles plus souvent
-Je l'appellerai demain
Je suis passé me changer à la maison parce que connaissant Daral(Grand marché de bétail à Dakar) mieux vaut y aller avec des chaussures auxquelles on ne tient pas. Ma mère a insisté pour venir au grand malheur de Rougui. C'était le calme dans la voiture mais les histoires ont commencé quand il a fallu choisir
-Ce bélier est parfait pour ma mère. Ça se voit qu'il a été bien nourri. Regarde bébé comment il est en forme dit Rougui très enthousiaste
-Quoi ? Tu vas acheter un bélier à sa mère ? Avec tout l'argent qu'elle récolte sur les autres là elle peut pas s'acheter son propre bélier fit remarquer ma mère
-En quoi cela te dérange qu'on lui achète un bélier ? Quoi tu veux le tien aussi ? Si ce n'est pas jalousie ça. On ne peut pas s'empêcher d'être une envieuse lui répond Rougui
-Est-ce que je suis ton égal pour que tu me parles sur ce ton impolie là ?
-C'est toi qui as commencé hein. Je ne fais que défendre ma mère
-Bon ça suffit vous deux. Rougui j'aimerai que tu respectes ma mère comme je respecte la sienne. Suis-je clair ?
-Humm dit-elle en tournant son visage ailleurs
-Je n'ai pas entendu
-Oui c'est bon
-Et toi maman si tu pouvais éviter de parler mal de sa mère ça évitera bien des soucis. Maintenant j'aimerai pouvoir acheter en paix si vous voulez bien.
-C'est bien mon fils. Un vrai homme doit s'imposer face aux femmes ajouta le vendeur qui avait suivi notre petite discussion
C'est un gros Tchip de la part de ces femmes qui accueillit ses propos. J'ai souri avant d'entamer une négociation avec lui. Comme il m'a fait un bon prix j'ai acheté mon second bélier chez lui. Il en avait des gros donc c'était bien. Une autre dispute a éclaté entre ma mère et Rougui sur qui va choisir le bélier de chez nous. Ma mère estimait qu'elle devait le faire et Rougui disait que c'est son droit étant ma femme. Je ne comprends pas qu'on puisse se disputer pour des choses aussi futiles. Je les ai laissé se crêper le chignon et j'en ai choisi un moi-même. Elles ont continué jusque dans la voiture à s'envoyer des piques donc pour mettre fin à tout ça j'ai mis la radio à fond une fois qu'on s'est installés dans la voiture pour les forcer à se taire. J'en ai vraiment assez de leurs disputes de petites filles. Les femmes vraiment
***
-Tu es beau mon amour dans ce "3 pièces bazin" me complimenta-t-elle depuis le lit où elle s'était assise en tailleur
-Merci bébé. C'est vrai que je suis bien dedans répondis-je en me regardant dans ma tenue de la tabaski. Tu as bien choisi. Merci
-Mais de rien. Je sais ce qui te va et je ne connais pas le vilain. La preuve j'ai accepté de devenir ta femme
-Dois-je prendre ça pour un compliment ? dis-je amusé
-Oui. Cela signifie que tu es bel homme mon mari chéri
-Tu n'es pas mal toi non plus
-Je sais bébé. Je sais ajouta-t-elle fière
-J'aime ta modestie mon amour dis-je en enlevant mes vêtements
-Je connais ma valeur c'est tout. Oh il y a ton téléphone qui vibre
-Tu peux regarder s'il te plait
Elle a pris le téléphone pendant que je finissais d'enlever mes habits neufs. Elle s'est levée du lit pour venir se planter devant moi et me mettre le téléphone devant les yeux
-Tu peux m'expliquer ce que ça signifie ? Tu me trompes Ismaël demanda-t-elle très énervée
ISMAËL AÏDARA SALL
Je lui ai pris le téléphone pour regarder de plus près. C'était un MMS avec une photo de Kadia encore en lingerie de couleur rouge vive. Oh mais que me veut-elle à la fin et comment a-t-elle eu mon numéro ? J'ai lu le message qui accompagnait la photo sous le regard accusateur et interrogateur à la fois de Rougui. ça disait : "Je sais que tu aimes me voir en lingérie fine donc j'ai choisi celle-là en pensant à toi. Hâte que tu me vois dedans. Je t'embrasse mon amour. A demain". Cette femme est complétement dingue. Je crois qu'une discussion en bonne et due forme s'impose avec elle.
-Je t'ai posé une question Ismaël ?
-Tu crois que je te trompe
-C'est ce que ce message laisse penser en tout cas. Que veux-tu que je crois en lisant un truc pareil à part que tu as une maîtresse
-Tu demandes ou tu accuses ? Parce que là tu as l'air sûre que j'en ai une
- Si jamais tu me trompes Ismaël répond elle menaçante, je te jure que...
-Que quoi ? Tu vas faire quoi ? Tu crois que je te laisserai regarder mon téléphone si j'avais des choses à cacher?
-Je n'en sais rien. C'est peut être pour me faire croire le contraire justement
-Tu es sûre que ça va ?
- Je vais bien Ismaël, oui je vais très bien. Tu passes tes journées à regarder les filles en sous-vêtements ou à cou...
- Attention à ce que tu vas dire Rougui
-Tu n'as qu'à me dire toi dans ce cas. Je n'attends que ça depuis toute à l'heure
-Kadia est une stagiaire dans l'entreprise et elle s'est mise en tête de me séduire. Je lui ai fait comprendre que je suis marié mais ça ne l'arrête pas. Elle me harcèle avec ça et se montre en sous-vêtements dans mon bureau depuis quelques temps en pensant que ça l'aidera à me faire plier. Voilà toute l'histoire
-Bravo Ismaël. Qu'elle joli scénario! Tu as bien réfléchi à ta défense à ce que je vois. Tu crois que je vais te croire aussi facilement. Comment elle a eu ton numéro personnel ? Ismaël tu me prends vraiment pour une imbécile ou c'est marqué "Grosse débile" sur ma tête cria-t-elle
-Tu me saoûles Rougui. Je vais te laisser retrouver tes esprits
-Reviens ici Ismaël. Je n'ai pas terminé. Tu vas la rejoindre c'est ça ? Ismaël ?
J'avais fini de m'habiller entre temps donc j'ai pris mes clefs et je suis parti. Je n'ai aucune envie de me donner en spectacle avec elle devant ma mère et ma soeur. Qu'est-ce que c'est que cette merde ? Lui ai-je déjà donné une raison de croire que je la trompe pour qu'elle y croit à la première occasion. Et la confiance dans un couple ? Je n'ai jamais douté d'elle alors de quel droit se permet-elle de douter de moi ? Pff
Je me suis rendu chez mon meilleur ami. Je ne sais même pas s'il est chez lui. J'aurai peut être du l'appeler. J'ai monté les escaliers avant de toquer à sa porte. Une minute après il m'ouvrait la porte
-Hey Iso( Ismaël).
-Bonsoir Salif. Je ne te dérange pas j'espère
-Tu me déranges jamais mon pote. Vas y entre. Tu tombes bien j'allais lancer un petit thé
Il s'est décalé et m'a laissé entrer dans sa garconnière. Salif et moi on s'est rencontrés pendant la première année au Lycée Limamou laye. On était dans la même classe en seconde S. Contrairement à moi il avait beaucoup de mal avec les matières. Malgré que j'ai essayé de l'aider en l'amenant reviser avec moi à chaque fois il n'a pas eu une bonne moyenne en fin d'année scolaire et on l'a viré en première l'année qui a suivi. On a continué à se voir néanmoins et on est restés les meilleurs amis jusqu'à aujourd'hui.
-Comment va ta famille me questionna-t-il ?
-Tout le monde va bien répond-je. D'ailleurs ça fait longtemps tu n'es plus passé à la maison
-J'évite à cause de ta mère. Elle parle trop la dame là et elle ne peut s'empêcher de me demander quand je compte travailler à chaque fois que je passe chez toi. Elle n'a pas une dent contre moi par hasard ?
-Mais non. Ma mère est comme ça avec tout le monde. Ce n'est absolument pas contre toi. Elle dit la même chose à Rougui
-Il faudrait qu'elle laisse les gens respirer un peu. Comment vas ta charmante femme ?
-Elle va bien. On vient de se disputer un peu
-Tu veux qu'on en parle ? me demanda-t-il intéressé
Pourquoi pas ? Il trouvera peut être une solution me permettant de maîtriser Kadia une bonne fois pour toute. Je lui fis un résumé de toute l'histoire. Il m'écouta jusqu'à la fin sans m'interrompre
-Eh bien dis donc. Ta vie est bien remplie. Moi qui pensais que tu passais ton temps à remplir de la paperasse mais ton travail est très intéressant.
-Salif pourquoi faut-il toujours que tu plaisantes sur tout ? C'est très sérieux et là elle est allée un peu loin. J'aimerai vraiment qu'elle arrête
-Excuse moi mec. Je ne sais pas quoi te conseiller. Il y a deux solutions dans ce genre de cas
-Ah oui. Lesquelles ?
-Soit tu l'ignores et tu la laisses dans son délire soit tu lui donnes ce qu'elle veut c'est-à-dire tu la sautes ni vu ni connu
-Quoi ? Tu blagues là non de me conseiller l'adultère
-Rougui croit que tu la trompes alors que ce n'est pas le cas autant faire en sorte qu'elle ait raison, tu ne crois pas ?
-Mais tu es sérieux Salif ? C'est ce que tu fais avec les femmes toi ?. Plusieurs en même temps ?
-Moi ? Non du tout. Ok je m'excuse. C'était bête comme idée. Ignore la. Elle finira par se lasser ou bien fais en sorte qu'elle sache que ta femme existe bel et bien. Invites Rougui à ton travail un de ces jours. Peut être que la voir en chair et en os lui fera prendre conscience que tu es vraiment marié
-C'est une idée dis-je pensif. Merci je vais essayer. Je n'ai rien à perdre de toute façon
-Et ne tinquiètes pas pour Rougui. Elle va retrouver ses esprits. C'est la jalousie qui parlait. Tu connais les femmes, trop impulsives et toujours à se faire des scénarios tirés par les cheveux dans leurs têtes
-Je vais la gérer. Je la laisse juste se calmer
-Bon les histoires de tes femmes étant réglées je vais chercher le matos pour le thé me dit-il avant de me donner une tape dans l'épaule et de se diriger vers la cuisine.
Je parcourus la pièce des yeux: écran plat, grosse chaine Hi-Fi, des fauteuils en cuir et j'en passe. ça me choque à chaque fois que je viens ici surtout que Salif ne travaille pas. Où trouve-t-il l'argent pour acheter tout cela ? Je me demande même dès fois s'il n'est pas trempé dans la vente de drogue. Il est revenu une minute plus tard avec tout ce qu'il faut. Il a allumé la mini bouteille de gaz avant de poser la cafetière rempli d'eau sur le feu
-Tu as trouvé un emploi lui demandai-je ?
-Je cherche toujours mec mais tu sais comme c'est dur de trouver un travail dans ce pays. Personne ne recrute et même si c'est le cas on est mal payé à moins d'avoir ta chance
-Tu crois que j'ai eu mon boulot par chance ?
-Non tu es doué ça c'est sur mais tu as eu la chance d'être intelligent et de pourvoir avoir un bon boulot contrairement à moi. Je perds espoir d'en trouver un jour
-Hum. Pour quelqu'un qui n'a pas de travail je te trouve bien loti
-Ah ça c'est des cadeaux reçus de gauche à droite
-Par qui ?
-Des amis, des femmes !
-Tu fais de la prostitution alors
-Wow. Cela ne va pas chez toi ?
-Tu couches avec elle à ce que je sache. Elles ne vont pas te donner tout ceci par pur bonté de coeur.
-On n'appelle cela une relation donnant donnant
-De la prostitution quoi
-Iso tu commences vraiment à me souler hein.
-Ok c'est ta vie après tout. Si tu veux changer la définition de prostitution ça n'engage que toi
-Tu es venu pour qu'on passe un bon moment entre potes ou pour me faire la morale ? On se débrouille comme on peut dans la vie. On n'a pas tous la chance d'être payé à chaque fin du mois ni d'être né dans une famille de riches.
-Oh c'est bon. On peut avoir tout ce qu'on veut quand on s'en donne les moyens. Toi tu es juste paresseux. Tu cherches de l'argent facile point
-Tu vas sortir Iso. Continues et je te jette dehors
-D'accord je me tais. On laisse tomber cette discussion.
-C'est mieux pour toi.
-Tu ne veux pas de mon avis ? lui demandai-je
-Tu ne donnes pas ton avis, tu juges.
-Je te conseille juste en tant qu'ami. Tu crois vraiment pouvoir vivre sur le dos des femmes toute ta vie ? A un moment donné,tu seras un père de famille. Il faudra bien que tu arrêtes et que tu trouves un métier respectable; bien sûrr si je considère ce que tu fais comme un métier.
-La ferme Ismaël. J'y penserai quand je voudrais me marier mais pour l'instant ce n'est pas dans mes plans me répond il en me tendant une tasse de thé.
-Merci dis-je en avalant une gorgée du breuvage chaud
La discussion se porta sur le foot et autres sujets de discussion et je finis par prendre congés quelques minutes plus tard. J'étais dans mes pensées en descendant les escaliers, ce qui fait que j'ai failli rentrer dans une jolie jeune femme qui montait
-Je suis vraiment désolé. Je ne vous avais pas vue. Vous n'êtes pas blessée au moins ?
-Non, tout va bien. Je vous ai évité de justesse
-Encore désolé insistai-je
-Ce n'est pas grave
-Bon ben Bonne soirée mademoiselle
-Merci. Bonne soirée à vous aussi
On se sourit puis elle poursuivit son chemin. "Très belle femme" pensai-je en repartant à mon tour pour aller affronter celle qui m'attendait à la maison
ALIMATOU SADIYA CAMARA
"Très bel homme" pensai-je en disant au revoir à l'homme qui a failli me rentrer dedans il y a quelques secondes. Je grimpai le reste des marches et toquai à la porte de Salif. Il m'ouvrit quelques secondes après et me laissa plantée là sans un bonjour. Au moins il a laissé la porte ouverte. J'entrai dans l'appartement. Je posai mon sac sur le canapé et le suivis dans la cuisine où il s'était dirigé. Depuis Samedi dernier jusqu'à mercredi aujourd'hui il n'a pas répondu à mes appels ni contacté en retour. C'est comme si j'essayais de discuter avec un mur. J'ai annulé notre rendez-vous deux ou trois fois mais est-ce une raison de m'ignorer comme il le fait?
-Bonjour Salif
C'est le silence qui me répondit
-Salif bébé c'est à toi que je parle
-...
-Salif ?
-Tu veux quoi Alimatou ?
-Je suis venue pour qu'on discute
-De quoi ?
-De nous deux.
-Tu me soules Alimatou, tu le sais. J'en ai marre que tu me dises "réserves moi ton samedi" pour ensuite me planter là. Tu crois que je suis ton clown ? cria-t-il
-Pas du tout. Je suis désolée Salif. Combien de fois veux-tu que je te le répète ? Je ne pouvais me permettre de sortir cette nuit-là. Je ne te refuse rien alors tu peux être compréhensif un peu quand j'ai besoin de repos.
-Je m'en contrefiche. Quand on fait une promesse on l'a tient
-Parce que MONSIEUR SE CROIT PARFAIT. Tu crois quoi toi ? Que tu es le seul à décider de ce qui est bien ou pas dans notre relation, de ce que je dois accepter ou pas ? Je ne suis pas venue de supplier si c'est ce que tu penses. Je commence en à avoir vraiment marre de ton comportement. Parce que je laisse tout passer tu te donnes le droit de me faire marcher et de me traiter comme une moins que rien. Je suis ta copine pas ta chienne. Tu sais quoi ? va te faire foutre sale connard là !
Il me regardait bouche bée comme si c'était invraisemblable que je puisse lui tenir tête. OK je n'aurai jamais crié sur lui en temps normal mais son manque de compréhension me sidère. Comme si lui n'avait jamais annulé un de nos rendez-vous. Il s'est même permis de me poser un lapin un jour où on devait dîner dehors. Est-ce que j'en ai fait tout un plat ?
-Oh mademoiselle s'est faite pousser des ailes à ce que je vois dit-il une fois la surprise passée en me prenant le bras. D'abord tu oses me crier dessus et en plus me traiter de connard? DE QUEL DROIT TU ME PARLES DE LA SORTE ? Cria-t-il
Je sentis la peur m'envahir et mon coeur battre anormalement vite. Humm Alimatou tu n'as pas dit tu peux pensais-je, maintenant tu es dans la merde jusqu'au coup. Je fis quand même des efforts pour contenir ma peur pour ne pas qu'il s'en rende compte
-Lâche moi tout de suite Salif. Tu me fais mal dis-je
-Où est passée ton assurance ? Tu as eu le courage de me crier dessus, maintenant aies le courage d'en assumer les conséquences
-Arrêtes. Tu me fais mal.
-C'est le but madame. Allez viens là dit-il en me tirant pour me sortir de la cuisine.
Je me mis à hurler et à le frapper pour qu'il me lâche mais il a continué à me traîner jusque dans sa chambre.
-Lâche moi espèce de salopard
Il s'est stoppé quand j'ai dit ça. J'ai cru qu'il avait compris. Quelle ne fut ma surprise quand il m'attribua une gifle d'une violence inouïe. C'était tellement violent que ça m'a aveuglée. Tout ce que j'ai fait c'est le regarder avec de gros yeux. Jamais on ne m'avait frappée jusqu'à aujourd'hui
-Répète voir. C'est qui le salopard hein ?
-Il m'attrapa les cheveux avant de me jeter brutalement sur le lit. C'est à ce moment que mon esprit m'est revenu. Je me remis à crier à l'aide et à le griffer. Salif n'osera quand même pas me violer ???
- Je vais te montrer ce qu'est être un salopard sale garce
Quand il s'est mis à se déshabiller, j'ai arrêté de pleurer. Il faut que je le distrais pour m'en sortir sinon je suis morte
-Laisse moi partir Salif stp sniff. Je suis désolée sniff
-Il fallait y penser avant de venir me crier dessus chez moi. On avait établi des règles.
-Je... excuse moi. Je t'en supplie. Je ferai tout ce que tu veux si tu me laisses partir
J'ai profité du fait qu'il réfléchisse pour lui donner un coup dans le ventre et de descendre vite du lit et de courir hors de la chambre. Il m'a rattrapée au moment où j'ouvrais la porte et m'a giflée encore une fois de toutes ses forces, ce qui m'a fait tomber et cogner le mur.
-Tu penses pouvoir m'échapper si je ne le veux. C'est moi que tu frappes dit-il avant de me donner un coup au ventre.
Je me tordis de douleur puis j'essayai de me protéger avec mes mains
-Que Dieu me vienne en aide suppliai-je en silence.