Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Orphée d'amour
Orphée d'amour

Orphée d'amour

Auteur:: Xavier
Genre: Romance
Orphée d'amour est une histoire qui présente deux mondes différents: l'un modeste et l'autre riche. Entre ceux deux réalités qui s'opposent, le destine jouera sa partition en croissant deux innocents jeunes qui tomberont farouchement amoureux. Comme un déclic, des circonstances aussi lourdes et terrifiantes naîtront. Entre l'amour, la haine, la jalousie, le doute et la trahison, le triomphe du destin sera sans discussion.

Chapitre 1 L'âme sœur

La lave de sueur coulait tout au long de ces jeunes corps. Corps d'une grande souplesse qui répondait à l'ivresse de la vingtième année à peu près. Sur les têtes emballées d'un foulard cendre, était posée une montagne de bois de chauffe. Des bras gardant la margelle de la bassine et les autres vacillant dans tous les sens selon l'ambiance de la conservation qui s'animait entre Azoumi, Arikè et Abba, trois jeunes filles en mode africaine portaient sur leurs têtes des bois de chauffe pour la ville où elles faisaient leurs commences de bois.

En dépit du lourd poids qui tordait leurs cous, elles se réjouissaient dans leurs éclats de rire comme ceux des nuits nuptiales. On ne savait pas exactement sur quoi elles papotaient depuis leur départ dès l'aube de la campagne pour la ville. Elles trouvaient quand même quelques choses pour ne pas taire leur bouche de jeune fille. Mais en tout pour tout, Azoumi était celle qui parlait le moins. Elle se constatait juste à sourire quand il le faut et à parler quand il le fallait. Mignonne jusqu'à la dernière partie de son atomique, Azoumi est une fille de teint claire, ayant des yeux marrons qui reflètent comme l'éclaire d'une étoile. Poitrine ceinte par un pagne, le regard du monde pouvait se poser délibérément sur ce ventre plat ayant un creux pour l'ombrine. À sa hanche, des perles brillantes claquaient au rythme de sa démarche ensorcelante. Un même pagne de même nature ceint à la poitrine, enveloppait ces cuisses sans doute douces comme un velours. Ce pagne s'arrête tout juste au-dessus des genoux qui détenaient toujours la marque de l'Afrique. Elle était en réalité la grande marque de L'Afrique. Arikè et Abba avaient les mêmes ressources corporelles qui influençaient le monde masculin. Elles étaient aussi mignonnes comme leur camarade. Aujourd'hui était le jour du marché de la grande ville. Il fallait qu'elles y se rendent pour la vente de leur bois et faire les achats. Après deux heures d'une marche farouche et animée dans un commérage rituel, elles atteignent le marché, lasses par la longue distance. Une fois-là, deux femmes viennent pour décharger les filles. Azoumi n'ayant pas eu d'aide pour décharger sa marchandise, restait debout, espérant que la décharge des autres finisse afin qu'elle ait satisfaction. Pendant que les autres se tordaient à déposer leur charge, Azoumi vit subitement dans le champ de sa vision un jeune homme qui avait ses mains levées vers la bassine. Azoumi avait compris l'intention du jeune homme et se décide de se laisser aider. Le jeune le fit tout en criant :

- Mes ancêtres, bon Dieu, tu veux te tuer avec ta charge ?

Le jeune déposa avec peine la bassine tout en criant la grande lourdeur de la charge. Azoumi laissa son joli sourire qu'elle avait suite aux mots du jeune homme. En voulant retirer sa main, le doigt de ce dernier heurta un fagot qui laissa dans la peau une épine comme cadeau. Cela lui fit pousser un cri de douleur.

- Aï il m'a eu ton bois.

- Hô doucement. Attends je vais t'aider à l'enlever disait tendrement Azoumi avec sa douce et belle voix.

Elle retire l'épine du doigt du jeune homme tout en essayant le sang qui émanait de la blessure.

- Voilà c'est bon maintenant acheva Azoumi.

- Mais veux-tu tordre ton cou ? Ne rend pas célibataire un homme qui devrait en réalité croiser ton destin afin qu'il soit heureux.

- Merci pour l'aide dit timidement Azoumi tout en feignant ne point entendre les dernières kyrielles du jeune homme.

- Je t'en prie.

- Perrrrrccccéééééé bon de Dieu tu n'as pas encore fini ton fantasme ? Je veux rentrer cria une voix de l'autre côté.

- J'arrive maman. Il faut que j'aille et gare à toi si un jour, je te vois te tuer avec ta charge. À bientôt.

- Au revoir dit Azoumi toute souriante.

Le jeune homme partit rejoindre sa mère qui s'empressait de partir. Azoumi avait ce don de sourire angélique qu'elle expose sans répit à chaque fois même dans les situations les plus acerbes. Elle retourne son foulard et croise ses mains sur sa poitrine. Elle se rappelle de ses amies qu'elle avait laissées il y a quelque temps rien pour cause que son esprit était emporté par la présence du jeune homme. Quand ses yeux croisaient le regard moqueur de ses amies, elle cria :

- Quoi ?

- Tu as fini de marivauder avec ton prince charmant ? Demanda malicieusement Abba.

- J'espère que tu es devenu folle et que tu radotes ? Demanda Azoumi

- Et pourtant cela n'atteint pas à la naissance des écumes de colère dit Arikè.

Ses amies s'éclataient dans un fou rire qui fait aussi rire Azoumi. Le trio s'était connu depuis l'enfant, jouant dans le sable jusqu'au seuil de la vivifiante jeunesse de leur vie. Elles partageaient leur quotidien ensemble et l'on avait l'habitude de les appeler des jumelles au village. Aujourd'hui étant le jour marché et comme d'habitude, elles savaient qu'un devoir les appelait, elles ne se furent pas priées deux fois pour qu'elles prennent le chemin de la ville. En moins de deux heures, elles réussirent à ventre leur marchandise à bon prit et s'engouffrent au cœur du marché pour les achats. Elles passèrent toute une demie journée à se promener ici et là, exposant les yeux sur toutes les étagères avec la plus grande envie de ramasser tout ce qui brillait. La femme est un être très sensible à la beauté, elle s'en difficilement indemne quand ses yeux se posent sur toute chose qui amplifiera sa clarté. Après être amusés comme toujours, elles reprirent le chemin du retour dans un débat ayant pour titre : Azoumi et le prince charmant. Arikè et Abbase moquait de Azoumi sous tous les angles possibles afin de l'influencer. Ayant une bonne sérénité en son sein et son sourire qui laisse difficilement entrevoir la sauveur humeur, Azoumi s'entremêlait dans les commérages de ses copines. Une fois à la maison, chacune d'elle s'en allait dans sa maison. Azoumi alla et courut pour s'agenouiller auprès de son père qui s'était affalé dans son fauteuil fait en bambou.

- Bonsoir père.

- Tu es bien revenue du marché ?

- Oui père.

Azoumi se lève et va chez sa mère en faisant les mêmes actions. Toute jeune fille en ce village honorait ses parents comme des dieux. Bref la tradition connaissait et battait son plein en cette période du vingt-unième siècle. Après avoir exposé l'achat qu'elle avait fait, elle remit la somme restant à sa mère. Celle-ci attache solidement la somme au bout de son pagne. Azoumi alla prendre son bain dans une douche faite en terre cuite de l'autre côté de la maison. Elle revient fraîche et se lance dans le ménage. C'est en ces actions monotones que se résumait la vie de Azoumi pendant les vacances. Après le dîner, elle sortait comme toutes les filles de son âge à profiter de la belle clarté de la lune à la grande place publique du village. Pendant ces moments de détente, toutes les filles dévoilaient leur talent en danse. Et quand le tambour vrombissait sous les doigts sculptés du batteur, elles laissent au rythme du son la candeur de leurs corps influencés par le sang de la jeunesse. Là, elles s'envolaient loin de la réalité de la vie, elles partaient ainsi au fin fond de la vie traditionnelle exprimer leur réjouissance d'appartenir des archives qui détiennent les reliques d'un passé lointain. Et ce soir, différents des autres soirs, Azoumi dansa comme elle ne l'avait jamais fait, son corps étrillait avec douceur contre le doux vent et le sable fin. Quand le tambour s'arrêta subitement à un grand geste de Azoumi qui s'agenouilla simultanément, des torrents d'applaudissement retentissaient l'écho. Azoumi sortit du cercle de danse avec des pleurs abondants tout en courant vers un arbre et s'assit. Arikè et Abba la rejoignent ahuris par son comportement alors qu'elle venait de battre le record de la danse de ce soir. Les pleurs de Azoumi étaient-elle des pleurs de joie ? On ne saurait le dire.

- Azoumi pourquoi pleures-tu demanda Arikè.

- Tu as merveilleusement bien dansé ce soir. Pourquoi ces lamentations alors demanda aussi Abba.

- Mes sœurs, il est des vérités qu'on ne peut comprendre que si l'on n'est point victime de ces vérités.

- Nous sommes là pour compatir à ta douleur dit Arikè en la prenant dans ses bras.

- Je ne minimise pas vos différentes aides que vous ne cessez de m'apporter chères sœurs. Mais en ce moment précis, je courbe ma nuque et subitement cette peine qui m'assaille car mon destin me montre un chemin à suivre et les réalités de la tradition me montrent un autre. Rien n'est de pire embarrassant que l'opération d'un choix entre deux propositions qui marquent et marqueront soit négativement soit positivement notre vie. Ainsi, un mauvais choix qu'on ne devrait pas faire nous rendra vulnérables pour toujours. Mais le bon nous donnera un large sourire plein de bonheur et d'extase qu'on ne regrettera pas.

- Pourquoi es-tu énigmatique Azoumi demanda perplexe Arikè.

- Je le suis parce que ce qui se passe au fin fond de moi est énigmatique. Je ne sais plus où j'en suis. Excusez-moi les filles, je veux être seule.

Azoumi se lève et part dans un silence pathétique, les mains croisées à sa poitrine jusqu'à une montagne sur laquelle elle se laisse choir. Elle sirota le délectable silence de la nuit et de son vent merveilleux. Azoumi soupire et se sentit vivre, vivre sans la montre peine qui viendra neutraliser ce bonheur que lui offrait le cosmos. Elle laisse ses pensées au génie du vent invisible qui ondoyait son esprit. Au zénith de sa détente, elle ne voyait que le bonheur lui sourire et l'amadouait. Là, outre les situations malveillantes qui l'entourent, elle était libre.

De l'autre côté de la ville, Percé venait de se jette au lit. Après avoir passé comme toujours un bon moment avec sa famille, il alla s'enfermer dans sa chambre. Il avait l'habitude de se jeter sur les documents pour acquérir de nouvelles connaissances mais hélas, cette fois-ci, il trouva confortable le lit que les documents. Un retour dans un passé récent, dans ce passé où pour la première fois, il avait vu une créature du sempiternel avec toutes les merveilles emblématiques qui composaient son essence. Il revit la douceur des mains de cette déesse qui cajolait la sienne. Et le visage envoûtant l'apparut dans un firmament étoilant. Le beau sourire qui étanchait les peines des hommes, lui s'offrait dans son imagination et fantasme. Il soupire et lança en fin de compte :

- Bon Dieu, qui est-elle ?

Percé ne put répondre à cette question et se contentait de vivre pour l'instant les fruits de son imagination qui lui offrait en film les événements récents dont il a été acteur. Il s'évadait dans les délices de l'imagination qui permettait de rêver comme l'on veut. Pendant que les pensées imaginaires fulminaient son âme, de l'autre les pensées taraudaient une fille.

Azoumi venait de franchir le seuil de la clôture de sa maison. Quand on parle de clôture, il n'y a rien de semblable comme les clôtures modernes. Cette clôture était faite de maisons construite en telle sorte qu'elles y laissent un passage pour l'entrée dans la concession. De loin, Azoumi pouvait voir la lueur des lampes à pétrole qui éclaireraient les visages de certaines personnes en dehors de ses parents. Elle s'approche et pouvait entendre les murmures :

- Nous souhaitons que tout se passe dans la paix dit une voix.

- Je n'en disconviens pas car il faut cela même pour ma fille. L'âge avance et il faut prévoir un avenir meilleur disait le père de Azoumi.

- Je demande votre clémence chers hommes, vous qui gardez la saveur de nos us durant des années, j'implore votre sagesse à avoir l'avis de ma fille avant toute décision disait la mère de Azoumi en baisant la tête.

- Femme avez-vous oublié que l'avis des jeunes gens ne rime pas avec les décisions de nos coutumes ? D'ailleurs on ne négocie pas avec la tradition. Soit c'est elle soit c'est autre chose disait un vieux barbu.

- Dans moins de deux lunes, la famille fera les premières grâces. Préparez-vous à les recevoir avec cordialité. Et essai de conseiller les pensées de ta femme Mouttou car elle commence par perdre le nord des traditions.

L'assemblée se dissout à ces propos qui ont vexé l'âme de Azoumi, malingre au verdict qui vient d'être tranché, elle n'avait que ses pelures pour compatir à sa douleur. Les paroles qu'elle venait de ouï sont le piment de sa vie. Elle court et s'engouffra dans sa chambre où elle suffoqua d'amertume. Que faire face aux jugements de la tradition. L'obéissance à ses normes est bénédiction, bonheur, paix, tout de bon. Mais Azoumi ne se voyait pas encore apte à répondre de cette mission d'égérie que veulent l'imposer cette assemblée. D'ailleurs aucun coin de son cœur n'avait pas encore été éclairé par l'aube des sentiments. Elle avait lu cette écrivaine sénégalaise du nom évocateur de Mariama Bâ qui disait que le mariage n'est point une contrainte mais un choix que chaque conjoint fait... Dehors, la concession était plongée dans un mutisme de l'obscurité. Sur la natte, la mère de Azoumi était assise, la main à la tempe telle une jeune veuve.

- Appelle-moi ta fille ordonna Mouttou à sa femme.

La mère de Azoumi obéit sans se faire prier deux fois. Ici, quel qu'en soit le consentement d'une femme, elle est appelée à l'obédience aux normes de son mari. C'est dans cette obéissance qu'elle alla retrouver sa fille qui, ayant entendu les pas de sa mère, s'était vite essuyée le visage pour échapper au questionnaire de sa génitrice. Cette dernière lui fit part que son père souhaitait lui parler. Elle s'empressa d'y aller et se mit à genoux en face de son père en disant :

- Père vous m'avez demandée.

- Oui ma fille. La colonie d'homme qui vient de quitter notre demeure est venue de la part du roi.

- Mais père sous votre indulgence, ma curiosité n'a pas soif de leur arrivée.

- Je le sais ma fille mais néanmoins, elle devrait être assoiffée car leur arrivée te concerne. C'est justement pour cela que je t'appelle. Ils sont venus de la part du roi. Au fait, le prince a jeté son dévolu sur ton charme et il demande ta main. Dans moins de deux mois, les procédures commenceront. C'est un honneur pour moi qu'un prince décide d'apporter une attention particulière à ma progéniture. Voilà ce que je voulais te faire part.

- Père votre clémence peut-elle m'offrit ses fruits de sagesse à ma bouche ?

- Elle t'écoute ma fille.

- Les normes nous enseignent que l'obédience à la tradition est tout le bonheur de l'univers. Mais ne serait-ce pas une honte que la cour royale décide de jeter son dévolu sur une pauvre fille comme moi ?

- Le monde évolue ma fille et l'homme est convenu de mouvoir à son rythme.

- Ce changement du monde n'a-t-il pas pour ambition de donner le choix aux filles dans les grandes décisions comme celle qui fait écho sur moi ?

- Pour l'instant, les réformes n'ont point atteint ce seuil. Sois sûre ma fille que nous ne pouvons faire autrement.

- Mon âme peine à vivre père. Je suis libre comme le vent mais je suis la plus grande esclave de l'univers. Père pourquoi moi ? Il y a tant de fille plus Belle que moi. Je ne suis pas digne du trône, je suis loin de porter le joug que vous êtes sur le point de me faire porter disait Azoumi en allant dans sa chambre avec les pleurs.

Sa nuit fut le deuil du silence. Les yeux grandement ouverts dans un vide, le sommeil ne vint point. Elle broyait le noir et les larmes en une rivière, coulaient sans relâche. Elle déverse ses peines ayant pour émanation cette décision délirante qui emprisonne sa jeunesse et la viole précocement. Non ! Azoumi se voyait loin de cette campagne, elle se voyait elle, mûrie d'idée pensante, gouverner sa vie sans déboires. Mais le sort en a décidé autrement. La hardiesse l'avait enivrée de fuir cette campagne afin d'échapper à la sentence du prince. Mais fuir sera synonyme de l'arrêt de mort de ses parents. Ces parents étaient la seule famille qui lui restait. Elle n'était donc pas prête à mettre la guillotine à leur cour. Que faire alors ? Se soumettre à la volonté du prince en dépit de son cœur aride de sentiment ? Autant de questions fulminaient l'âme de Azoumi.

Le soleil venait de lever. Il brandissait ses éclairs sur la terre gouvernée par les hommes. Ce matin, Percée venait de se lever dans une mauvaise humeur comme s'il avait connu l'amertume d'une nuit comme celle de Azoumi. Il alla rejoindre sa famille à table pour voir si cette humeur pouvait se dissiper d'elle-même. Mais ce fut peine perdu et vaine entreprise car, au lieu d'apaisement, elle connaissait une croissance incommensurable. Tous les regards qu'il connaissait depuis son tendre enfance lui sont étrangers et lui sont très déplaisants. Il essayait de se contrôler mais il ne put garder son sang-froid après avoir ouï les paroles habilement considérées comme blagues de sa sœur Rabi qui avait dit :

- Mais l'homme mythologique ne veut-il pas avaler quelques choses ce matin.

- Toi aussi fille mythologique cria Percé.

- Hooo mais ce n'est pas la troisième guerre mondiale lança Diane.

- Personne ne t'a sonnée fille délirante.

- Mais à quoi tu joues aujourd'hui. Tu te crois dans une mythologie ici ? Demanda avec un ton sévère Corine.

- Non je me crois dans un conte de fée où tu pavanes ici et là comme si c'est toi la créatrice de l'univers.

- Mais Percé pourquoi parles-tu ainsi à tes sœurs ?

- Mais maman...

- Point de mais qui existe Percé. Tu dois présenter des...

- N'y compte même pas maman. D'ailleurs je ne sais pas ce qui me retient encore dans cette maison.

- Percé reviens ici immédiatement cria sa mère.

- Laisse le y aller. On ne se réveille pas toujours sur un bon pied dit avec sagesse le fondé de la famille.

Percé partit tout en claquant la porte dernière avec une immense colère. La famille resta ébahie à la réaction de Percé. Cette mauvaise humeur était de trop aujourd'hui et ils ne comprenaient pas d'où elle émanait. Percé s'engouffra dans sa voiture et démarra en trombe. En effet, Percé était le benjamin de la famille. Il était le seul garçon de la famille. Depuis la naissance successive des trois filles, il était celui qui avait enfin plus donné le sourire à ses géniteurs. La famille était riche, immensément riche si bien qu'il ne manquait de rien. Corine était la plus âgée des filles et s'en suit Diane puis Rabi. Elles se dépassaient chacune de trois ans. Corine embrassait ses vingt-sept ans et se baignait dans ses fiançailles, Diane avait vingt-quatre et Rabi en avait vingt-un. Ce fut alors le tour de Percé que le couple avait décidé d'aller au galop pour tenter d'avoir un garçon qu'ils ont tant cherché. Percé avait ses dix-neuf ans et était déjà en deuxième année d'étude en administration. Tellement intelligent, il n'avait jamais connu d'échec durant tout son cursus scolaire. Il brillait tel un génie si bien qu'on le faisait sauter de classe. Dans la famille, la place qu'occupait Percé était importante. Ce matin, après avoir quitté son domicile, il alla se réfugier dans son école. Cette dernière le consolait apparemment.

Chapitre 2 Amour naissant

Dans la campagne, Azoumi avait toujours l'amalgame d'une tristesse profonde et d'un avilissement de la liberté. À son réveil, elle alla faire tout ce qui était considérée comme son devoir. De cœur ou à contre cœur, elle se mêlait au rythme de la journée qui était comme tous les autres jours. Une fois à la fontaine pour garnir les jarres d'eau, elle retrouve ses copines Arikè et Fanny.

- Bonjour les filles.

- Bonjour Azoumi. Bien réveiller ?

- Oui dis tristement Azoumi.

- Je ne crois pas puisque tes yeux sont encore lourds.

- Lourd ou léger, qu'importe ? Je suis là comme tous les jours et c'est cela même l'essentiel.

La plupart des jeunes filles présentes à la fontaine en ce jour étaient déjà rentrées. Il ne restait que les trois amies inséparables qui discutaient attentivement. Elles étaient là quand Arikè détourne sa tête d'un autre côté et aperçut une troupe d'homme. Cette dernière s'avance et quand Azoumi et Fanny virent le regard intéressant de leur copine, elles fixent à leur tour vers la direction que gardaient les yeux de Arikè. Elles se rendirent compte de la présence de la troupe. Ayant compris de qui il s'agissait, elles mirent à genoux en disant :

- Bonjour mon prince, future roi de notre terroir.

- Bonjour jeunes filles. Levez-vous répondit le prince. Fixez-moi de vous yeux ordonna le prince aux filles.

Seule Azoumi ne fit ce que le prince avait ordonné. Elle avait toujours sa tête baissée. Le prince trouva cela incohérent et s'avance vers les filles. Il reste juste à deux pas de Azoumi et lui demanda :

- Pourquoi as-tu toujours baissé ta tête alors que je vous ai ordonnées de les lever.

- Mon prince, les coutumes nous enseignent que les jeunes filles ne doivent pas fixer les jeunes garçons et surtout un prince parce que cela n'honore pas leur éduque et mettent en cause la morale de leurs parents.

- Et pourtant je te l'ai ordonnée.

- Et je ne l'ai pas fait parce que je veux honorer mon éducation et ne point être la risée qui mettra en cause la morale de mes géniteurs.

- Azoumi voilà l'un des caractères épatant que tu as et qui me donne l'ardeur de t'avoir comme épouse. Au moins pour ma première fois je sais que je ne me trompe pas. Tu es ma destinée. Veux-tu être ma femme ?

- Ma pudeur n'as point cette audace à vous répondre mon prince.

- Apparemment les mœurs ancestrales font de toi la tradition elle-même. Je n'aurai jamais cru qu'une telle légende existera en ce vingt-unième siècle.

- Je serai honorée si la tradition me fait tradition. En dépit de la mondialisation galopante, nous devons savoir préserver les bonnes choses de nos traditions de peur de les perdre à jamais.

- Je ne saurai quoi dire acheva le prince en partant avec ses hommes.

Bien évidemment, lecteur, le prince ne saurait quoi dire. Car la mentalité d'une fille ayant le même âge qu'un garçon diffère toujours. Pendant que le garçon tâtonne pour retrouver le chemin de la raison, la fille, surtout instruite comme le garçon en a déjà trouvé le trajet et l'empruntait. Le prince ne pouvait dire autre chose parce que d'abord Azoumi le dépassait en réflexion et elle était plus mature et âgée que le prince. Pendant que Azoumi flottait sur ces dix-neuf ans et s'apprêtait à déboucher sur ses vingt bougies, le jeune prince consommait ses dix-sept ans. Si la maturité des hommes se donnait par la gabarie, lecteur, Azoumi allait être la troisième sœur du jeune prince qui n'avait que dix-sept ans. L'audace vient parfois de l'abus du pouvoir. Qui aurait cru qu'un jeune homme de dix-sept ans demanderait en mariage une jeune fille de dix-neuf ans ? Et pourtant, le jeune prince du nom de Kabir avait fait ce que la plupart des hommes auraient pu avoir peur de faire. Et rien qu'avec le pouvoir, le jeune prince gambadait dans l'ivresse de son jeune âge en demandant en mariage, la plus docile et Belle fille du village. Avoir cela sur la conscience tourmentait Azoumi qui se voyait humilier par cet impudique mariage. Elle était apte à se soumettre à tout homme conscient de lui-même sans se faire prier deux fois. Mais savoir qu'elle se soumettra à un petit frère si l'on veut bien le dire, rien pour cause qu'il est le prince et donc ayant droit sur tout, restait pour Azoumi l'amère saveur de la vie. Et comme pour laisser son impression qui roucoulait son âme à l'univers, Azoumi mordit sa lèvre avec sa blanchâtre denture. Elle remue la tête pleine de pensées. Elle ne pouvait comprendre qu'une telle audace puisse venir de la cour royale. Saurait été ailleurs, l'on pouvait comprendre mais venir du prince est vraiment audacieux. Pendant qu'elle se raffolait dans ses pensées, Arikè et Fanny se réjouissaient lamentablement de n'être point à la place de Azoumi pour en profiter de cette opportunité fortuite et goûter au pouvoir. Elles sautillaient telles les filles ayant la candeur de la puberté qui gouvernait leurs veines.

- Mais dit quelque chose ma chérie.

- Que veux-tu que je dise ? Demanda Azoumi à Abba.

- Donc tu ne te réjouis pas alors que le prince a l'intention de t'épouser ?

- La réjouissance d'une fille qui sait qu'elle veut se marier ne vient pas de l'intérêt qu'elle aura suite à ce mariage. Cette réjouissance vient de son cœur parce qu'elle se sent apte à accomplir la mission d'égérie qu'à laisser sa mère en elle.

- Donc tu n'es pas encore prête pour ça demanda perplexe Arikè.

- Il vous a fallu deux siècles avant de le lire dans les yeux.

- De toutes les façons, on ne refuse pas les volontés de la cour royale. Tu as intérêt à courir au galop pour rejoindre ton pince charmant. Sinon...

- Ne te gêne pas Abba. Je te l'offre, va, court et vole pour saisir ta chance. Parce que cela ne ronde pas ma tête.

Azoumi prit sa bassine remplie d'eau et partit. Ses amis la regardaient toujours avec des yeux ahuris. L'ambition de Azoumi était grande, si grande qu'elle ne rêve pas pour le moment à s'emprisonner sous les affres de la maternité. Au cours de son cursus scolaire, elle a connu d'image féminine exemplaire dont elle s'est promis d'emboîter les pas. Rien n'est plus crucial que l'honneur de l'homme dans sa société. L'honneur fait grandir un petit et offre la force à un faible. Non Azoumi voyait son rêve se dissoudre dans le sable de l'amertume avec cette situation qui gambadait la campagne. Azoumi est en effet la seule fille de ses parents. Dès son inscription au cours primaire et secondaire, elle avait donné une grande fierté à ses parents qui ne regrettent jamais de l'avoir eue. Aujourd'hui, en ces vacances où elle espère les résultats du baccalauréat, son unique vision est de goûter aux notions du supérieur. Au village, elle était celle que toutes les imitations reflétaient. Elle est copiée de l'intérieur comme de l'extérieur de son existence. Mais une imitation, quel que soit sa perfection, ne connaîtra jamais la vraie perfection de l'original. Tout homme est unique en son genre, on naît et vit différemment même en étant de frères et sœurs communiant le même sang. Azoumi était vraiment différente des autres...

Azoumi venait de se faire décharger une femme. Elle soupire après que la lourde charge accablait le sol et non son cou. Après son devoir ménager accomplis, sa mère lui fit part dans la condition précaire de leur situation pécuniaire. Elle ne réfléchit pas deux fois en prenant la hache pour fendre avait une beauté les bois de chauffe. Elle s'en charge et partit seule pour le marché. Elle était là quand une cliente vint :

- Jeune fille à combien je pourrai prendre tes bois ?

- À deux mille francs madame. C'est toujours le même prix.

- Non ces bois n'atteignent pas deux milles. Laisse ça à mille franc.

- Impossible madame. Les bois sont une denrée en ces temps-ci. Il nous faut risquer nos vies dans les abysses des forêts pour en trouver.

- Cela ne m'intéresse pas jeune fille. Je prends tes bois à mille franc car il fait nuit et tu n'auras pas de chance pour ventre ta marchandise disait la dame en enlevant les bois de la bassine.

- Madame augmentez au moins...

- Madame je suis prêt à prendre ses bois à quatre mille francs. Laissez ces bois si vous ne voulez pas les prendre au prix donné par la marchande lança une jeune voix.

- Qui es-tu pour me dire cela.

- Je suis un client tout comme vous madame. Maintenant, si vous voulez bien de ces bois, prenez-les au prix normal et cesser d'exagérer dans l'achat.

- D'ailleurs je n'achète plus. C'est mon argent et je l'utilise comme je veux.

- Et ce sont ses bois et elle doit les vendre comme elle veut madame.

La dame partit sous une pluie torrentielle d'injure qu'elle préférait à son élément modificateur qui venait de mettre à l'eau son plan. Elle était sur le point de gagner. Il y a des clients qui ne compatissent pas à la souffrance des marchands qui, par manque d'une vie stable, se torrent à des travaux malheureux et se couchent sous le point de l'humiliation. Ne savant à quel saint se vouer, les marchands et marchandes balaient du revers de la main tout le calvaire connu et de cœur ou à contre cœur, acceptent le maigre salaire qui ne vaut pas sa souffrance endurée pendant des heures de lassitude. Azoumi et bien d'autres venants des campagnes étaient des victimes de ses clients scrupuleux qui n'attendent rien pour perdre quand il s'agit de leur intérêt. Azoumi regardait sa cliente qui était sans doute la dernière partit. Elle était sur le point d'accepter. Si cette voix ne s'était pas mêlée à son marché, elle aurait pu vendre sa marchandise et serait dans doute sur le chemin du retour. En son sein, elle était en colère car cette voix avait intervenu dans une affaire qui ne la concernait pas.

- Vous venez de me faire perdre mon dernier client cria Azoumi.

- Je viens de te sauver de la ruse de ta cliente sans scrupule répliqua la voix audacieuse.

- D'ailleurs qui vous a interné dans mon commerce.

- C'est le bon Dieu.

- Alors dit à ton bon Dieu de venir acheter mes bois car le crépuscule se retire dans sa cave et je dois coûte que coûte vendre cette marchandise.

- Ne t'inquiète pas car je ferai la propagande de ta marchandise.

Cette voix audacieuse venait d'un jeune homme. Ce jeune n'est rien d'autre que Percé qui avançait de quatre pas et s'immobilise sur le passage tout en criant de venir acheter les bois d'une princesse qui boude depuis deux siècles. Il criait si fort que les quelques passants souriaient à sa propagande. Azoumi riait aussi par les propos du jeune homme et se sentait à la fois honteuse. Elle a beau faire des signes de mains pour arrêter la propagande exagérée du jeune mais ce fut peine perdue. Bien au contraire, il augmenta de tension dans sa besogne. Ayant compris où il voulait en venir, Azoumi croise ses bras tout juste au-dessous de sa ferme poitrine tout en laissant son sourire merveilleux qui donnait vie. Au bout d'une demi-heure, las de crier, il avance vers Azoumi feignant d'être un client ordinaire en disant :

- Bonsoir jeune fille. Je viens d'entendre la propagande sur ta marchandise. Il parait qu'elle fait cuire rien qu'à son regard.

- C'est cela même répondit Azoumi sous le même ton que Percé.

- J'aimerai alors en prendre dit-il faisant sortir son portefeuille.

- La marchandise est seulement à deux mille francs.

- Mais deux mille c'est peu avec tout ce que vous endurer dans les bois, cette marchandise ne peut être vendue à deux mille.

- C'est le prix normal dit Azoumi en riant à la petite blague. S'il vous plait laissez-moi dans mon commerce. D'abord, vous me faites perdre ma dernière cliente, ensuite vous me donnez une honte en criant sur les toiles pour faire la propagande de ma marchandise et enfin vous vous faites prendre comme un client qui s'intéresse aux choses des femmes.

- Je suis sérieux. Je veux en prendre.

- Pour les mettre où demanda perplexe Azoumi qui ne comprenait plus le jeune homme. Êtes-vous sérieux dans cela ?

- Sérieux plus que jamais.

- Non j'espère que vous radotez.

- Du tout pas. Je suis très sérieux.

- Voyons voir où cela en viendra enfin de compte.

- Bon tu vas m'aider à transporter ta marchandise chez moi. Je te payerai aussi le transport ne t'inquiète pas. Mais il faut que je diminue ta charge dit Percé en enlevant les bois.

- Mais je ne vous ai pas dit que je suis incapable de porter cette marchandise jusqu'à votre maison puisque je fais plus que ça.

- Je n'en disconviens pas jeune fille impétueuse. Mais je ne veux pas avoir sur ma conscience cette horrible charge sur ta tête.

Percé et Azoumi prirent une quelconque direction. La famille de Percé n'avait pas besoin des bois de chauffe. Immensément riche jusqu'à la dernière goutte d'eau, les bois de chauffe n'étaient pas inscrits dans leur vie. Non où étaient passées les nouvelles méthodes modernes qui ont remplacé peu à peu l'homme pour qu'ils usent des bois de chauffe pour la cuisine ? Il sera débile que Percé prenne ces bois pour la maison. Et bien évidemment, il n'avait pas l'intention d'amener ces bois à la maison. Après la marche d'une dizaine de minutes, il dépose ses bois à la devanture d'une maison et décharge Azoumi. Il alla échanger avec une quinquagénaire qui se tardait dans un fauteuil fait en bambou. Il revient, souriant et fit entrer les bois à l'aide de Azoumi. Pendant qu'ils déversaient les bois, la vieille dame vint à leur côté toute souriante. Quand ils finirent, elle se rapproche plus d'eux et dit :

- Que Dieu vous bénisse mes enfants. Que les mânes de nos ancêtres vous protègent durant toute votre vie.

Au début des bénédictions de la vieille, Azoumi s'était déjà mise à genoux, connaissant la grande valeur qu'a la bénédiction d'une personne âgée. Elle était là pensant que Percé allait faire de même mais elle fut étonnée de voir que ce dernier ne faisait que sourire à la vieille. Elle était obligée de tirer la main de Percé pour lui dire de se mettre à genoux. Celui-ci comprit et le fit tout en étant perplexe. La dame continua ses prières et bénédictions :

- Que Dieu vous unisse davantage, qu'il vous donne beaucoup d'enfant, qu'il vous donne la sagesse et l'amour du cœur. Allez maintenant dans la protection des dieux car vous venez de sauver une vieille orpheline de famille. Allez mes enfants, rejoignez votre maison avant la tombée totale de la nuit.

- Merci beaucoup disaient Percé et Azoumi simultanément.

Ils quittèrent la vieille dame dans un mutisme opaque. Ils ne disaient rien d'abord. On aurait dit qu'ils méditaient les paroles de la vieille. Percé avait ses pensées ailleurs. Il se demande pourquoi tailler d'importance aux remerciements d'une personne jusqu'à s'agenouiller. Il ne laisse pas longtemps sa curiosité dans le tourbillon des questions. Il lança après avoir retenu Azoumi par le bras.

- Pourquoi se mettre à genoux à cause des remerciements ?

- Vous les gens de la ville, vous avez oublié la signification de ce qu'a fait la vieille dame. Ce sont des bénédictions et rien n'est plus cher et honorable que la bénédiction des personnes âgées. Il fait toujours les recevoir avec politesse parce que tout ce qui sort de la bouche de ces genres de personne se réalise toujours.

- Donc si je comprends bien, toi et moi aurons beaucoup d'enfant ?

- Pourquoi pas ? Ne souhaitez-vous pas avoir d'enfant avec une femme ?

- Si mais je demande si toi et moi aurons ensemble d'enfants.

- Ne rêvez pas les yeux ouverts. D'ailleurs, je vous laisse ici maintenant payez moi. Je dois rentrer.

- Tiens dit Percé en remettant cinq mille francs à Azoumi.

- Bon de Dieu ! Où vais-je trouver la monnaie.

- Tu peux la garder jeune fille. La monnaie sera ton payement pour le transport.

- Depuis quand avez-vous vu le prix du transport de la marchandise dépasser celui de la marchandise ? D'ailleurs je ne veux que mes deux mille. Ma mère m'a enseignée de ne jamais prendre au-dessus de ce que je mérite de peur de laisse se corrompre ma morale.

- Alors débrouille-toi pour la monnaie dit Percé en allant s'asseoir à même le sol.

- Mais vous allez vous salir les habiles.

- Ce n'est rien dit Percé. Maintenant j'attends ma monnaie jeune fille.

- Vous l'aurez dans quelques minutes dit Azoumi en allant de l'autre côté de la voie.

Percé se lève et la suivit. Ils entrent ici et là dans les boutiques à la recherche de la monnaie. Mais ils n'en trouvaient pas. Après une dizaine de boutiques parcourues, Percé eut une idée de prendre quelque chose afin d'avoir la monnaie. La situation se règle après l'achat des biscuits à cinq franc. Azoumi trouva cela exagéré et une fois hors de la boutique, elle lança :

- Qu'allez-vous faire avec tout cela. C'est le diabète qui vous guette.

- Non c'est le diabète qui nous guette parce que je ne serai pas le seul à prendre ces biscuits dit Percé en mettant la moitié des biscuits dans la bassine de Azoumi.

- Je ne suis pas habituée à manger ces trucs.

- Pour la première fois, oublié tes comportements villageois et mange ça.

- Merci beaucoup pour la morale mon citadin. Maintenant il faudrait que je rentre. À ...

- Pas question que je te laisse seule dans cette nuit prendre le chemin. Quelque chose pourrait t'arriver.

- Nous n'avons pas des méchants gens dans les campagnes.

- Oui je le sais. Mais je veux bien te raccompagner. Dis-moi est-ce comme ça les jeunes villes de ton village s'habillent.

- Oui il tu y a-t-il quelque chose de mauvais ?

- Du tout pas. Je trouve cela vraiment beau.

- Au moins vous avez une fois apprécié quelques choses venant de la campagne.

- Jeune fille, je ne suis pas contre la campagne pour ton l'information. Je compatis même à leur enthousiasme.

- Tant mieux pour vous.

- Parle-moi de toi.

- Mais mère m'a dit que je ne dois pas parler de moi à un étranger.

- Quoi ? Je suis maintenant étranger après tout ce temps que nous avons passé ensemble ? Et même les bénédictions de la vieille qui disait que Dieu fasse que toi et moi ayons beaucoup d'enfant ensemble ?

- Oui vous l'êtes. Et rectificatif monsieur ! Elle n'a pas dit vous et moi ensemble.

- C'est bien alors dit Percé avec un ton triste qui fit rire Azoumi. Si c'en est ainsi, parle-moi de ton village.

- Peut-être là, tu auras une chance dit Azoumi en riant.

Elle prenait un grand plaisir à parler de son village. Elle en parlait avec enthousiasme qu'il suffit de le constater, rien qu'à l'écoute de sa douce voix. Elle laisse parler son amour pour ce village qui l'a vue grandir. Azoumi réveillait toutes les histoires possibles qu'elle connaissait depuis son tendre enfance. Elle parlait avec une telle facilité que la plupart des jeunes filles de ce village n'avaient pas. Le chemin fut ambiancé par le papotage entre les deux jeunes. À l'entrée du village, Azoumi s'arrête et fit face à Percé tout en baisant sa tête :

- Je suis maintenant à mon village.

- Ha voilà le fameux village que tu ne cesses de chanter de toutes les louanges. Laisse-moi aller et découvrir de mes propres yeux et profiter connaître chez toi.

-N'exagérez pas. Je vous envoie merci pour votre service. Je suis hors du danger et je préfère que vous arrêtiez ici.

- Tu me chasses ?

- Non ne prenez pas mal mes propos. Vous devez savoir que c'est immoral qu'une jeune fille se fasse accompagner ainsi...

- Oui oui j'ai compris. La tradition de l'interdit.

- C'est exact. Merci pour votre gentillesse et bonne route à vous dit Azoumi en voulant partir.

- Attends jeune fille. Je m'appelle Percé et toi ?

- Je m'appelle Azoumi. Il faut que j'aille maintenant.

Chapitre 3 L'angoisse de Azoumi

Elle partit sous le regard assoiffé de Percé qui perdit la notion du temps en regardant ce miracle de Dieu s'en aller. Quand elle eut quitté son champ de vision, Percé rebrousse chemin dans un enthousiasme mélangé de la nostalgie de Azoumi. Il avait pris goût à la présence de la jeune fille et ne souhaiter que rester avec cette dernière aussi longtemps que la vie pouvait le lui permettre. Pendant qu'il divaguait dans ses pensées, Azoumi était confrontée à une atmosphère cinglant de l'autre côté.

En effet, après une bonne distance qui la séparait de Percé, Azoumi fut arrêtée par le prince et ses acolytes.

- D'où est-ce que tu viens demanda avec véhémence le prince.

- Je viens du marché mon prince répondit avec docilité Azoumi.

- Viens-tu réellement du marché avec un homme qui te suivait ?

- C'était juste un ami qui m'a raccompagnée.

- Quel genre d'ami est-il pour toi continua le prince avec un ton haussant.

- Veillez m'excusez mon prince. Je ne peux répondre à toutes vos questions. Vous êtes mon prince mais cela ne fait pas de vous mon père ou ma mère pour cette remontrance dont vous fait preuve à mon égard.

- Sais-tu à qui tu adresses la parole ?

- Veillez m'excuser mon prince si mes kyrielles vous ont vexé. Mais si la sagesse ne trahit pas votre morale, vous me donnerai raison. Il faudrait que je rentre, ma mère m'attend pour l'aider dans sa tâche ménagère.

Azoumi contourna le prince et sa troupe qui était ébahi par le langage audacieux de la jeune fille. Azoumi est cette fille qui a connaissance de la disposition de sa langue dans les moments particuliers où besoin se fait entendre. Elle voue à tout le monde tout le respect mais elle devient méconnaissable quand le degré de certaine situation déborde les limites de la raison. Son caractère restait écœurant quand la justesse dans la raison emprunte le chemin de la démence, de désorientation. Elle passe sous silence mante choses mais à un prix de patience qui devient une denrée quand tout va de trop.

Elle venait de franchir le seuil de la maison. Elle alla vers la place habituelle de son père mais ce dernier n'était pas là. Dans la cuisine battue en terre cuite et couverte de chaume, une gigantesque fumée sortait. La mère s'activait comme toujours dans ses travaux. Elle alla la saluer poliment comme d'habitude en s'inclinant.

- Où étais-tu durant tout ce temps ? Tu m'as fait une drôle peur.

- Je m'excuse mère. J'étais en effet...

Et elle narra toute sa mésaventure qui la fallut son arrivée tardive. Elle en parlait avec toute une liberté que sa mère fronça les sourcils rien qu'à l'écoute minutieuse de son histoire dont elle prenait le grand plaisir de narrer. La mère la fixa aussi profondément comme pour discerner une anomalie pas trop grave dans les propos de sa fille. Et bien évidemment à elle trouva une chose étrange dans les yeux et les paroles de sa fille. Les mères sont comme des inquisitrices qui lisent dans les pensées de leur fille.

- Aaaazoouuummiiiii !

- Oui mère répondit perplexe Azoumi qui savait correctement que la discussion prendra une nouvelle voie.

- Ce jeune te plait-il ?

- Bon de sang mère. Pourquoi as-tu ces idées radotées ? Nous ne nous connaissons qu'en ce moment dit Azoumi en riant.

- Ce n'est pas la réponse à ma question.

- Mère non ce jeune ne me plait pas. Tu peux être rassurée maintenant.

- J'ai peur d'avoir la conviction en ta réponse. Les situations de cœurs se cachent rarement au bon moment. Intérêt soit-il que rien de ce que je pense n'éclabousse nos vies. Jeune fille sache que toute liberté ne t'est plus attribuée.

- Mère j'ai bien conscience de ce que je dis.

- J'espère croire à ta conscience.

La discussion entre mère et fille s'acheva en ces termes et Azoumi quitta la cuisine pour la douche où la douceur de l'eau appliquait sur son jeune corps la sensation la plus folle de la vie. Elle se lava dans un enthousiasme, souriant à la belle étoile qui flamboyait grâce à la lune. La nature pouvait sentit en ce moment précis le battement du cœur de Azoumi. Pour une fois depuis l'annonce de son mariage avec le prince, elle se sentait libre comme depuis toujours. Une immense joie l'abondait sans limite...

Percé venait de franchir le seuil de la grande et vas maison. Il était rentré vers les environs de vingt heures trente minutes. Il trouva sa famille à table. Depuis sa sortie du matin, il ne remettait pieds à cette heure précise. Pendant que la famille était perplexe, le jeune homme se vautra dans un enthousiasme qui ne connaissait pas son nom. Percé alla et appliqua sur les deux joues de la famille des bisous. Il en fit de même à la domestique qui comme tout le monde, était hébétée de son geste accompagné d'un large sourire.

- Alors monsieur a finalement trouvé le chemin de la bonne humeur demanda Corine, la plus grande de la descendance.

- C'est normal non demanda ironiquement Percé.

- Je crois que le jeune dieu a consulté ses autres pères-dieux qui lui ont fait finalement voir la vérité des choses lança Diana.

- Oui aller faite votre aubaine ce soir, c'est votre chance.

- Je ris seulement à voir vos visages quand le grand sanglier Percé vociférait sur vous son amertume de la mauvaise nuit passée ricana Rabi.

- Petite fille reste un peu dans ta coquille car ta langue, j'ai souvenance de sa mission volcanique sur les hommes.

Toute la famille se mit dans un fou rire. Voilà exactement comme elle était connue depuis des années. L'ambiance amplifiait à chaque fois que tout le monde répondait présent. Un mutisme naquit subitement et c'est la voix de la matrone qui retentit l'écho.

- Percé....

- Oui je le sais. J'ai mal agit et je m'en excuse. Ce matin, je me suis réveillé avec une mauvaise humeur comme si j'avais connu la tristesse à la veillée. Je m'excuse si mes mots vous ont vexés tous ici. Ce n'était pas mon intention.

- Très bien dit la mère. Voilà comment je veux que mes enfants se comportent.

- Dis-moi Percé, quel est ce sourire que tu as demanda le père de la famille.

- C'est le sourire que j'ai eu dans le silence des bois. En effet, je me suis rendu dans une forêt pour une communication directe avec les esprits de la forêt. Ils sont adorables je vous assure.

- Tu commences par me faire peur là laissa avec terreur Rabi.

- T'inquiète sœurette c'est moi le Dieu des dieux.

- Un dieu qui deviens monstre oui lança Diane.

- Bon la petite famille. Je vous laisse pour rejoindre ma retraite. Passez une bonne nuit.

- Je pensais que tu allais nous faire sortir ce soir pour t'excuser cria Rabi.

- Même pas dans vos rêves. Contentez-vous de ma verbalisation et souffrez si elle ne vous suffit pas disait Percé en se dirigeant vers les escaliers.

Il se retrouva dans sa chambre et prit une bonne douche avant de se jeter dans le lit. L'image de Azoumi lui revint et il sourit à toutes les choses dites pendant leur rencontre. À voir son regard suspendu dans le plafond de sa chambre, tout porte à croire avec fermeté que sa nuit sera longue en imagination...

Le tam-tam vrombissait sous les doigts de son maître. La chanson s'esclaffait dans le battement des mains pour joindre un rythme harmonieux, très agréable à l'oreille. Au cœur d'un cercle bien rond, le corps de la jeune fille moulait avec ardeur les multiples pas de danse. Tantôt elle sautait ici et là, tantôt elle resta sur place et faisait vibrer tout son corps qui faisait roucouler de plaisir à tous les hommes. Ces derniers n'avaient que ces moments si précieux de la danse des nuits pour contempler à la dérobée l'immense caverne d'atouts emblématiques de ce corps. Et les seins tendus sous l'influence de la jeunesse laissaient apparaître les mamelons pointus sans le stimulus de la concupiscence. La hanche tendre, molle et velouté divaguait ici et là, soutenue par deux saillies rondes, potelées et fermes qui répondaient sans caprice à mouvoir quand une jambe de délice meut. Lecteur, il faut le dire, même les impuissants ne pouvaient retenir la perte de la notion de leur troisième et humble pied. Ce corps appartenait à Azoumi qui se plaisait bien dans ce spectacle à travers lequel elle suscite, décuple, séduit inconsciemment ses prétendants qui convoquent la tombée de la nuit alors que le jour venait juste de se lever, pour siroter, pour assouvir ne serait-ce un tant soit peu leur soif du désirer. Désirer cette fille est normal, elle ne laisse indifférent aucun homme après son passage. Et voir son corps mouvoir au rythme du tam-tam est ensorcelant. Quand elle finit de danser, elle sortit et laissa la place à une autre fille qui a décidé de la défier.

- Qu'as-tu mangé ce soir ma chère lança Arikè.

- Tu n'as pas besoin de demander puisqu'elle commence par sentir sa dignité dans la cour royale dit Abba.

- Ais seulement ces genres d'idée radotée. Je danse parce que la danse me soulage.

- À part le prince, il y a un autre prince qui t'a...

- Hô mes pauvre filles vous êtes pathétiques. Laissez-moi respirer avec vos différents types de prince que vous énumérez.

- Ta danse de ce soir est très différente de celles précédentes. Elle émane d'une immense joie qui t'anime notifia Arikè.

- Pour la première fois, tu as vu juste. Car selon les propos de ma mère ce soir, je suis très heureuse mais je suis comme je suis.

- Haaa il faut être toi pour ne pas comprendre que tu es plus qu'heureuse ce soir lança Arikè.

- Moi je connais la source de cette dance. Je dis et je répète que c'est le prince qui l'enivre comme cela dit Abba.

- Allons-y les filles ! Prouvez-moi la candeur de vos corps dit Azoumi en tirant ses amies dans le grand cercle.

Et la danse continua sous le ciel étoilé et éclatant. Elles dansèrent toute la nuit et ne rentrèrent que tard dans la nuit. Au cours du retour, des randonnées prenaient vie. Des couples assis sur un tronc d'arbre, adossés à un mur, debout, se chuchotaient des mots doux. C'était cela l'ambiance de la campagne car par pudeur, les rencontres amoureuses se font uniquement dans la nuit. La journée se passait dans de brèves litanies de bonjour et bonsoir. Mais la nuit était le moment opportun pendant laquelle l'obscurité voile la honte des visages. Azoumi et ses amies rentrèrent comme d'habitude et en cours de chemin, chaque prétendant venait voler une minutieuse minute à sa promise. Arikè et Fanny furent retenues par leur conjoint et Azoumi continua quand elle entendu :

- Azoumi ! Azoumi ! S'il te plait je veux te parler.

- Aziz si c'est pour répéter les mêmes choses, il vaut mieux que tu me laissés tranquille.

- Prends au moins la peine d'écouter ce que j'ai à te dire. Tu sais, j'ai compris ton message et je m'envoie désoler car ce n'est de ma volonté que viennent mes sentiments que j'éprouve pour toi. Tu es Belle, plus que le mot, je le sais. Je reconnais ma laideur qui te pousse loin de moi.

- Ne dis pas ça Aziz car personne n'est ni beau ni laid. Je comprends effectivement le martyr qui t'assaille quand je ne prête pas attention de tes paroles. Je...

- Qu'est ce qui t'empêche de me donner une chance. S'il a un défaut qui t'affaiblit, dis-le-moi et je ferai de mon effort pour me corriger. Rappelle-toi de nos moments partagés en cour de route pour l'école, je t'aimais et je voulais attendre le meilleur moment. Je me suis battu pour travailler à l'école pour t'impressionner. Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour que tu m'acceptes.

- Aziz tu es beau, honnête, travailleur, gentil et aucun défaut ne me contraint à rester sur ma position. Le grand défaut c'est moi. Je ne suis pas encore prête à tout cela. Au fond de moi Aziz, je t'aime bien et cet amour que j'ai pour toi est différent. Tu es comme un frère que je n'ai pas eu. Je me réjouis de t'avoir eu en ma vie. L'amour que tu me réclames est loin d'être ce que je ressens pour toi. Je ne veux pas te blesser en jouant avec ton cœur. La vérité, même si elle est amère, a raison d'être parfois dite. Et pour ton information, le prince court derrière moi ces temps-ci. Et tu n'es pas un métèque pour comprendre ce qui m'attend et ce je dois subir.

- Quoi ? Cet enfant ose te demander en mariage ?

- Alors comprends la frustration qui me règne Aziz. Il y a certaines réalités de notre vie qui doivent être toiletter car elles vont parfois contre la dignité humaine.

- Je n'avais gré de cela. Et moi j'augmentais tes peines avec mes insistances sans fin.

- L'insistance est une arme puissante dans la conquête d'une fille. J'admire ton courage et je pourrai sourire sur ma natte en ayant sur la conscience qu'un bel homme a succombé sous mon charme. Aziz, l'échec n'est pas la fin de la réussit. Bien évidemment, c'est une opportunité qui jauge nos capacités et les forge. Il y a de nombreuses filles ici et tu pourras trouver une qui t'appartiendra,

- C'est juste mais le choix du cœur d'un homme ne s'efface pas rapidement en son âme.

- Viens mon grand.

Azoumi prit Aziz dans ses bras et offrit son corps ensorcelant avec ses atouts de jeune fille à celui du jeune homme. Aziz ne pouvait profiter que de ces minutes pleines d'extase dans une débordante et grande douceur de ce corps. Azoumi se sépare de lui et s'en alla dans un silence peu de temps après. Aziz, n'ayant pas encore étanché la soif de son désir, la regarda dans l'avalement de sa salive. Il pouvait enfin se faire une conclusion : il vient de perdre sa dulcinée.

Dans le tumultueux silence de la maison, Azoumi alla dans sa chambre et se coucha. Elle poussa un grand soupir, satisfaite d'avoir écarté un prétendant. Oui elle considère Aziz comme un frère qu'elle n'a jamais eu. Ses parents n'avaient pas pu concevoir depuis sa naissance. La ménopause avait eu raison sur leur âge et leur corps. Ils ne pouvaient plus concevoir et ils s'acharnaient depuis toujours à mettre la vie de leur unique fille sur la droite ligne de la bonne morale et d'une meilleure éducation. La frustrante situation avait fait effet sur eux mais au fil du temps, la raison prit possession d'eux et la certitude de la vraie réalité fut un dogme. La consolation leur donna la saveur de la vie et l'espoir de rendre leur fille la plus docile des filles. Et Azoumi fut chérie dans tous les sens dans la moralité. Étant la seule, elle était encadrée par les yeux de sagesse de ses parents qui, expérimentés, ne faillent pas à leur mission de précepteurs. La nuit se glissait dans son lustre et laissa les esprits pavaner dans tous les sens.

Ce matin, dès le lever de l'aube, des pas brutaux furent irruption dans la concession de Azoumi et ses parents. Machinalement, la mère et le père de Azoumi furent embarqués par les serviteurs du roi. Malingres jusqu'à la moelle épinière, les parents de Azoumi ne firent preuve d'aucune résistance. Ils se laissaient faire car dans le bon vieux temps, la sagesse leur avait appris qu'aucune quiétude ne se fonde sur la brutalité. Mieux et digne est de conjuguer la paix pour un parfait des choses. L'embarquement était si rapide et elle fut propagée par dame rumeur dans tout le village. Azoumi était, tout comme la plupart des filles du village à la fontaine. Chargée de sa bassine, Azoumi resta interloquer en écoutant à bon escient les commérages de la fontaine. Quand elle apprit la triste vérité concernant l'arrestation de son père, elle laissa tomber dans un fracas brouillant sa bassine et détala vers le village avec des pleurs. Il faut le savoir lecteur qu'une arrestation n'a jamais été de bon augure dans ce village. C'était la mort qui s'en suivait surtout quand l'ordre d'arrestation venait de la part du roi. Pour s'édifier, Azoumi alla fouiller dans les chambres de ses parents et ne vit personne. Elle retourne chez elle, laissa tomber sa camisole ceinte à la hanche offrant ainsi une partie de son intimité à la chambre. Elle se vêtit d'une autre camisole d'immenses prix. Elle décupla le nombre de perle autour de sa hanche, attacha autour de sa tête, ses bras, son tibia des perles de cauris. Elle jette un coup d'œil sur le mur et prit la queue blanche d'un cheval, symbole de noblesse, de considération. Elle s'embaume d'une poudre blanche entre sa poitrine et son cou. Elle soupire et sortit de la chambre avec les larmes. Il fallait faire quelques pour la suivie de ses parents. Elle est leur dernière chance de rescousse. Elle était bien consciente de ce pourquoi ses parents avaient été arrêter. Pas plus qu'hier, elle avait désobéi aux exigences de son prince en partant le laisser seul avec ses serviteurs. Le prince était le grand protéger du roi et toucher à un fil de cheveux du prince est synonyme du manque de respect envers le roi. Alors les représailles se font jour et il faudrait assumer leur sentence. Azoumi marchait dans un mutisme opaque vers le cœur du village sous les yeux interrogateurs, perplexes et médusés de la population.

Pendant ce temps, dans la cour royale, le père et la mère de Azoumi était à genoux, les mains ligotées comme des voleurs. Ils étaient dans le jugement du roi et de ses conseillers.

- Donc vous voulez me dire que vous n'êtes pas informés que votre fille m'a manqué de respect cria le roi.

- Sa majesté, nous vous considérons comme la première autorité de ce village et nous n'inculquerons jamais de mauvaises conduites à notre fille à plus forte raison lui dire de vous manquer de respect.

- Donc tu mets en doute mes paroles.

- Pas du tout sa majesté. Si vous le nous reprochez cela, il est irréversible de mettre en doute vos reproches. Nous les acceptons en effet avec honte mais nous ne savons pas exactement ce qu'a fait notre ville.

- Elle ose laisser son prince quand ce dernier lui parlait. L'avez-vous réellement inculquée les bonnes mœurs car son geste vis-à-vis du prince ne témoigne guère d'une bonne éducation.

- Nous implorons votre clémence sa majesté car nous ferons de nos faillites et de vos reproches nos priorités dans l'éducation de notre fille. Nous lui parlerons pour qu'elle vienne répondre de ses actes.

- Ne va pas au galop car la bonne ou la mauvaise conduite d'un enfant émane toujours de ses parents. Vous répondrez de vos actes en choisissant la pendaison ou la guillotine. C'est la règle des choses.

- Depuis longtemps, la femme n'a point droit à la parole quand les hommes parlent. C'est pourquoi depuis longtemps, sa majesté, j'ai ma bouche cousue mais veillez-vous nourrir plus de clémence et donnez-moi cette faveur de me prononcer implora la mère de Azoumi.

- Femme je l'écoute et soit rapide.

- Ce n'est par orgueil que je dirai que ma fille a ses raisons en agissant par des faits qui vont à l'encontre du prince. Elle est docile et j'ai la ferme conviction qu'elle ne serait guère en mesure de quoi que ce soit sans ses propres raisons.

- Voilà la raison pour laquelle la femme n'a pas droit à la parole dans les assises. Garde décapitez moi la tête de cette femme qui n'assure pas l'éducation de sa fille.

Au moment où les gardes étaient en mesure de prendre la mère de Azoumi pour répondre aux desiderata du roi, un tambour retentit au seuil de la cour royale. Les yeux se rivent immédiatement vers le son du tambour. Là, un spectacle passait en filme.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022