Chapitre 1
Téa Erine prit une profonde inspiration avant de pénétrer dans la grande salle de réunion. Les voix résonnaient déjà autour d'elle, créant une ambiance électrique, mélange de discussions intenses et de quelques éclats de rire. Elle chercha des yeux une place discrète, espérant passer inaperçue. Après tout, elle n'était là que pour écouter, observer et apprendre, pas pour se faire remarquer.
Mais alors qu'elle avançait, elle sentit quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. L'air autour d'elle sembla se charger d'une énergie différente, presque écrasante. Et en levant les yeux, elle aperçut la source de cette présence magnétique : Nicolas Piel, le fils de l'Alpha. Grand, les cheveux sombres en bataille, un regard perçant et un sourire en coin qui semblait défiant et assuré à la fois. Téa sentit son cœur s'emballer malgré elle, et une légère rougeur monter à ses joues. Elle s'efforça de détourner les yeux, mais c'était déjà trop tard.
Elle continua de marcher, fixant obstinément le sol, espérant que personne n'avait remarqué son trouble. Mais alors qu'elle passait près de lui, une voix, chaude et teintée de moquerie, se fit entendre.
« Alors, on se perd en chemin, mademoiselle Erine ? » lança Nicolas, son ton plein d'assurance.
Téa s'arrêta net, tentant de dissimuler son embarras. Elle leva les yeux et croisa son regard, défiant malgré elle son sourire narquois.
« Pas du tout, Piel, » répliqua-t-elle d'un ton sec. Elle aurait voulu que sa voix soit plus assurée, mais elle savait qu'il avait capté son hésitation, ne serait-ce qu'un bref instant.
Nicolas haussa un sourcil, semblant amusé. Il avait ce genre de regard, celui qui donnait l'impression de lire en vous, de voir au-delà des façades que l'on essayait si durement de maintenir. Elle n'aimait pas ça. Elle n'aimait pas que ce loup arrogant, sûr de lui, puisse avoir cet effet sur elle.
« Oh, vraiment ? Alors pourquoi tu as l'air si tendue ? » demanda-t-il, en croisant les bras d'un air détaché. « Je te fais peur ? »
La question était posée avec un tel amusement que Téa sentit la colère monter. Peur ? Non, il ne lui faisait pas peur. Mais il l'agaçait, profondément. Elle s'efforça de garder son calme, de ne pas lui donner cette satisfaction.
« Écoute, » répondit-elle en plantant ses yeux dans les siens, « je suis ici pour assister à cette réunion, pas pour jouer à tes petits jeux. »
Elle s'attendait à ce qu'il réagisse, qu'il réplique quelque chose d'encore plus agaçant, mais au lieu de cela, il éclata de rire, un rire chaleureux, surprenant et sincère. Ce son la déconcerta. Elle s'attendait à de l'arrogance, pas à cela. Elle détourna le regard, perturbée, tentant de comprendre pourquoi ce rire avait un tel effet sur elle.
« Très bien, très bien, » dit-il en levant les mains en signe de capitulation. « Ne t'inquiète pas, je ne mords pas... pas tout de suite en tout cas. » Son sourire narquois refit surface, et il l'observa en silence, comme s'il jaugeait sa réaction.
Téa serra les dents, refusant de se laisser emporter par ses provocations. Elle détourna la tête, préférant ignorer cette énergie magnétique qui semblait émaner de lui. Mais elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil, juste un bref instant. Et ce qu'elle vit la troubla davantage. Derrière cette façade arrogante, il y avait quelque chose d'autre dans son regard. Un éclat... un mystère peut-être. Elle n'aurait su le définir, mais elle savait que cela la perturbait.
La réunion débuta peu après. Téa prit place, concentrée sur les discussions qui s'entamaient autour d'elle. Mais, malgré elle, elle sentait le regard de Nicolas sur elle de temps à autre. Il ne disait rien, mais elle savait qu'il la regardait. Cette présence invisible mais bien réelle l'irritait autant qu'elle la captivait.
Au fil des discussions, elle essaya de se concentrer, de ne pas penser à lui, de ne pas ressentir cette étrange tension qui la tiraillait. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Chaque fois qu'elle sentait son regard se poser sur elle, elle se sentait étrangement vulnérable, comme si ses pensées les plus secrètes pouvaient être devinées d'un simple coup d'œil.
Puis, après un moment, elle sentit un mouvement à côté d'elle. Nicolas s'était rapproché, visiblement avec l'intention de lui parler.
« Alors, qu'est-ce que tu penses de tout ça ? » demanda-t-il en murmurant, un sourire toujours accroché à ses lèvres.
Elle tourna la tête vers lui, un peu déconcertée. Il lui parlait sérieusement maintenant, sans moquerie apparente. Ce changement d'attitude la surprit, et elle se sentit, pour la première fois, un peu déstabilisée.
« Je pense que tu ferais mieux de te concentrer sur ce qui est dit au lieu de me distraire, » répondit-elle finalement, avec une pointe de défi dans la voix. Elle ne voulait pas montrer qu'il la troublait.
Nicolas haussa un sourcil, amusé. « Intéressant... Mais je crois que c'est toi qui es distraite, Téa. » Il prononça son prénom d'une manière qui fit frémir son cœur. Elle tenta de reprendre contenance, refusant de laisser ce loup dominateur lire en elle.
« Je ne suis pas distraite, » répondit-elle froidement, croisant les bras. « Je suis ici pour des raisons professionnelles, et c'est tout. »
Il sembla réfléchir un instant, puis un sourire espiègle étira ses lèvres. « Professionnelles, hein ? Intéressant... J'espère que ça va rester aussi professionnel la prochaine fois qu'on se croisera. »
Il se leva, la laissant seule avec ses pensées troublées. Ce n'était pas la première fois qu'elle rencontrait des loups arrogants, mais Nicolas était différent. Son assurance n'était pas simplement une façade ; elle semblait être ancrée profondément en lui, tout comme son charme magnétique, et elle savait que cela le rendait dangereux, trop dangereux. Elle soupira, se demandant comment elle allait pouvoir gérer cette attirance inexplicable.
Chapitre 2
Téa n'en revenait pas. En dépit de son apparente désinvolture et de son attitude bad-boy, Nicolas Piel n'était pas seulement un membre important de la meute : il était son futur dirigeant. Le fils de l'Alpha en personne. Elle avait entendu des rumeurs à son sujet, bien sûr, mais elle n'avait jamais pensé qu'elles puissent être fondées. Un fils d'Alpha devait être exemplaire, digne... alors pourquoi ce loup arrogait-il à lui seul toutes les règles de respect et de discipline qu'elle s'était imposées de suivre ?
Alors qu'elle effectuait sa première ronde en sa compagnie, elle repensait à la réunion de la veille, à sa façon de la regarder, comme s'il s'agissait d'un simple jeu pour lui. Elle tentait de se concentrer sur sa tâche, scrutant les sous-bois, la moindre ombre, mais Nicolas ne semblait pas intéressé par l'idée de rester silencieux.
Il marchait à ses côtés, un peu trop près, ses pas mesurés mais détendus, comme s'il s'agissait d'une simple promenade de santé. Finalement, il rompit le silence d'une voix basse et suave qui se faufila dans l'esprit de Téa comme une brume envoûtante.
« Alors, ça te plaît de marcher au côté d'un futur Alpha ? » lança-t-il d'un ton moqueur.
Téa soupira intérieurement. La tentation de répondre sèchement était forte, mais elle savait qu'elle devait garder le contrôle. Elle fixa droit devant elle, décidant d'ignorer ses provocations.
Mais Nicolas ne semblait pas vouloir lâcher prise. Il continua à avancer, sans se presser, comme s'il profitait de chaque instant pour l'observer en silence, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus faire semblant de l'ignorer. Enfin, elle tourna la tête, le regard furieux.
« Si tu penses que je vais me mettre à tes pieds juste parce que tu es le fils de l'Alpha, tu peux tout de suite abandonner cette idée, » répondit-elle, d'une voix tranchante.
Un éclat de rire s'échappa des lèvres de Nicolas, surprenant Téa. Il semblait réellement amusé, comme si sa réponse l'avait comblé.
« Ah, voilà ce que j'attendais, » dit-il, un sourire provocateur aux lèvres. « Une femme qui ne tremble pas face à moi. Intéressant. »
Elle serra les dents, sentant la chaleur monter à ses joues. Cet homme la rendait folle. Comment pouvait-il se permettre une telle attitude, alors qu'ils étaient en mission ? C'était comme s'il se moquait de tout cela, comme s'il n'avait aucun respect pour les responsabilités qu'ils partageaient.
« Tu devrais peut-être commencer à prendre cette patrouille au sérieux, » dit-elle d'un ton sec. « Ce n'est pas un jeu. »
Il lui lança un regard de côté, le sourire toujours présent, mais son regard se fit légèrement plus sérieux, perçant.
« Et toi, tu devrais peut-être te détendre un peu, » répondit-il, une lueur de défi dans les yeux. « Tu verras, ça te ferait du bien. »
Elle se mordit la lèvre pour ne pas répondre, sentant l'agacement l'envahir. Il jouait avec elle, c'était évident. Chaque mot, chaque regard, tout était calculé pour la déstabiliser. Elle respira profondément, décidant de le prendre au mot. Elle n'allait plus réagir, elle n'allait pas lui offrir le plaisir de voir son trouble.
Mais cela s'avérait plus difficile que prévu. Au fil de leur marche, elle sentait son regard peser sur elle de temps à autre, comme s'il l'observait, la jaugeait, sans jamais se départir de cette attitude tranquille. Quand il posa la main sur son bras pour l'arrêter, elle faillit sursauter, surprise par ce contact soudain.
« Regarde, » dit-il, en pointant quelque chose du doigt dans les fourrés.
Elle fixa l'endroit indiqué, mais ne vit rien de particulier. Elle se retourna vers lui, méfiante, et se rendit compte qu'il la regardait toujours avec ce même sourire énigmatique.
« Tu ne vois vraiment rien ? » demanda-t-il, feignant l'innocence.
« Je vois que tu perds mon temps, » répliqua-t-elle, agacée. Mais intérieurement, elle sentait son cœur battre plus fort. Pourquoi ce sourire la troublait-il à ce point ?
Il haussa les épaules, comme si cela n'avait aucune importance, puis reprit sa marche en avant, sans un mot. Téa le suivit, ses pensées en désordre. Elle s'était juré de rester professionnelle, de ne pas céder à ses provocations. Mais pourquoi alors se sentait-elle ainsi perturbée chaque fois qu'il la frôlait, chaque fois qu'il croisait son regard ?
Elle tenta de se raisonner, de se rappeler que Nicolas était juste un loup parmi tant d'autres, qu'il n'avait rien de spécial. Mais, chaque fois qu'elle le regardait, elle se retrouvait à fixer ce sourire insolent, cette nonchalance qui la déconcertait.
Enfin, elle finit par parler, incapable de garder son calme.
« Pourquoi tu te comportes ainsi ? » demanda-t-elle, ses yeux lançant des éclairs. « Tu crois que tout tourne autour de toi ? »
Nicolas s'arrêta, la fixant avec un air légèrement surpris, puis, comme s'il avait attendu ce moment depuis le début, il se rapprocha, jusqu'à se tenir à quelques centimètres d'elle.
« Peut-être que oui, » dit-il doucement, son regard devenant intense. « Peut-être que j'aime voir ce que ça provoque chez toi. »
Elle resta figée, incapable de répondre. Son cœur battait à tout rompre, et elle ne savait plus si elle avait envie de le gifler ou de l'embrasser. Tout dans son attitude, dans son regard, semblait lui lancer un défi, et elle sentait qu'il s'attendait à ce qu'elle y réponde.
Mais elle refusa de céder. D'un geste brusque, elle se dégagea de lui et reprit sa marche, le cœur toujours battant.
« Ça ne marchera pas, Nicolas, » dit-elle d'une voix qu'elle voulait ferme, sans vraiment savoir si elle se parlait à elle-même ou à lui. « Je ne suis pas intéressée. »
Il resta silencieux, la regardant s'éloigner avec cet air indéchiffrable, puis, après un instant, un sourire réapparut au coin de ses lèvres.
« On verra bien, » murmura-t-il, comme une promesse lancée dans l'air.
Téa fit de son mieux pour ignorer ces paroles, mais elles résonnèrent en elle bien après qu'ils aient quitté la forêt. Elle s'était promis d'éviter ce loup insupportable, de ne pas laisser ses provocations et son charme la détourner de ses objectifs. Mais, malgré elle, elle se demandait combien de temps elle pourrait tenir.
Chapitre 3
Téa en avait assez. Depuis qu'elle avait croisé Nicolas pour la première fois, son esprit était en perpétuelle agitation. Son attitude condescendante, ses petites piques lancées avec un sourire moqueur, tout cela la mettait hors d'elle. Elle passait de longues heures à ruminer leurs échanges, se demandant pourquoi il la traitait ainsi, pourquoi il ne semblait jamais la laisser tranquille.
Aujourd'hui, cependant, elle se promit que les choses allaient changer. Elle ne savait pas encore comment, mais elle allait lui montrer qu'il ne pouvait pas continuer à la provoquer impunément. Elle le vit arriver vers elle, avec son air suffisant habituel, et elle se prépara mentalement. Il ne la surprendrait pas cette fois.
« Salut, Téa, » lança-t-il d'un ton décontracté, les mains enfoncées dans les poches de son manteau. « On dirait que tu ne peux vraiment pas te passer de moi, toujours dans les parages... »
Téa respira un grand coup pour maîtriser la colère qui montait en elle. Elle décida qu'elle n'allait plus esquiver ses piques ou faire comme si cela ne l'atteignait pas. Cette fois, elle allait répondre.
« Peut-être que c'est toi qui me traques, » répliqua-t-elle, les bras croisés. « Après tout, tu sembles bien plus préoccupé par ce que je fais que l'inverse. »
Il haussa un sourcil, légèrement surpris, mais un sourire amusé s'étira sur ses lèvres. Il semblait apprécier cette nouvelle réplique.
« Touché, » répondit-il, un éclat de malice dans le regard. « Je ne pensais pas que tu étais capable de riposter. »
« Et moi je ne pensais pas que tu avais une si haute opinion de toi, » rétorqua-t-elle sans se démonter.
Il rit, mais son rire manquait de la nonchalance habituelle. Pour la première fois, il semblait déstabilisé, même si ce n'était qu'un bref instant. Puis il se rapprocha, réduisant la distance entre eux de manière intentionnelle, presque menaçante.
« Je crois que tu commences à comprendre, Téa, » murmura-t-il, son regard braqué dans le sien. « Je n'ai pas besoin de faire d'efforts pour attirer l'attention des autres. »
Leur proximité la déstabilisa un instant, mais elle refusa de céder. Elle sentait le regard des membres de la meute autour d'eux, observant la scène avec intérêt. C'était probablement la première fois qu'ils voyaient quelqu'un tenir tête à Nicolas. Elle prit une grande inspiration, puis recula d'un pas, un sourire méprisant aux lèvres.
« Peut-être, mais avec moi, ça ne marche pas, » dit-elle fermement, sa voix claquant comme un fouet.
Elle aurait juré voir un éclair passer dans le regard de Nicolas, un mélange d'agacement et de défi. Avant qu'il ne puisse répliquer, un murmure s'éleva dans la meute autour d'eux. Les loups s'étaient arrêtés pour les observer, murmurant entre eux, curieux de ce qui se passait. C'était un spectacle inhabituel, et Téa sentait le poids des regards peser sur elle. Elle n'était pas vraiment à l'aise d'être au centre de l'attention, mais elle refusait de se laisser impressionner.
« Vous deux, dans mon bureau. Immédiatement. »
La voix de l'Alpha résonna dans l'air, imposante. Téa et Nicolas se tournèrent d'un même mouvement pour voir l'Alpha les regarder, les bras croisés, un regard dur fixé sur eux. La tension était palpable, et Téa savait qu'ils n'avaient pas le choix. Elle échangea un dernier regard avec Nicolas avant de suivre l'Alpha, la mâchoire serrée, prête à affronter ce qui l'attendait.
Une fois dans le bureau de l'Alpha, ils se retrouvèrent debout, côte à côte, face à lui. Il les scruta un moment en silence, son regard passant de Nicolas à Téa, comme s'il analysait la situation. Puis il prit la parole d'un ton grave.
« J'ai observé vos querelles depuis un certain temps, et cela commence à poser problème dans la meute, » dit-il. « Vos petites rivalités nuisent à l'harmonie du groupe, et cela ne peut pas continuer. »
Téa baissa les yeux, un peu honteuse. Elle savait que leur attitude n'était pas idéale, mais elle ne pensait pas que cela irait jusqu'à attirer l'attention de l'Alpha lui-même.
« C'est pourquoi je vais vous assigner une mission ensemble, » continua-t-il. « Peut-être qu'en travaillant en équipe, vous comprendrez l'importance de la cohésion et du respect mutuel. »
Téa sentit son estomac se nouer. Travailler en équipe avec Nicolas ? Elle n'était pas sûre de pouvoir le supporter. Elle osa un regard vers lui, mais il semblait parfaitement calme, presque amusé par la situation. Bien sûr, il trouvait cela drôle. Il adorait la provoquer, et l'idée de passer du temps avec elle devait lui plaire.
L'Alpha poursuivit sans leur laisser le temps de protester.
« Vous partirez demain à l'aube. Votre mission consiste à patrouiller dans les terres frontières, pour vérifier qu'aucune menace ne s'approche de notre territoire. Vous ne reviendrez qu'une fois que vous serez capables de travailler ensemble sans vous disputer. »
Téa sentit son cœur s'accélérer. C'était donc une mission de longue durée. Elle n'avait pas prévu de passer autant de temps seule avec Nicolas, et encore moins dans un cadre aussi isolé. Elle ne pouvait protester, mais elle sentit son regard s'assombrir, les mâchoires serrées.
« D'accord, » finit-elle par murmurer, résignée.
Nicolas hocha la tête en silence, sans un mot de plus. L'Alpha les congédia, et ils quittèrent son bureau ensemble, un silence lourd planant entre eux. Ils marchèrent en silence un moment, jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment loin des autres membres de la meute. Enfin, Nicolas se tourna vers elle, un sourire narquois au coin des lèvres.
« Alors, tu es prête pour notre petite escapade ? » lança-t-il d'un ton amusé.
Téa lui lança un regard noir, serrant les poings pour se maîtriser. Elle refusait de lui donner le plaisir de voir à quel point cela la dérangeait.
« Ce n'est pas une escapade, c'est une mission, » répondit-elle froidement. « Et je te conseille de prendre cela au sérieux. »
« Bien sûr, mademoiselle parfaite, » répliqua-t-il avec un sourire moqueur. « Je ferai de mon mieux pour être à la hauteur de tes standards. »
Elle soupira d'exaspération, accélérant le pas pour le distancer. Mais il la suivait, sans se presser, comme s'il se délectait de chaque seconde passée à la voir lutter contre son agacement. Elle se promit intérieurement de ne pas céder à ses provocations durant cette mission. Si elle devait passer du temps avec lui, elle le ferait en gardant son calme et sa dignité.
Le lendemain matin, alors que l'aube pointait à peine, elle se retrouva devant l'entrée du territoire de la meute, équipée et prête pour leur mission. Nicolas l'attendait déjà, appuyé nonchalamment contre un arbre, les bras croisés. Il avait l'air parfaitement détendu, comme s'il partait en promenade.
« Prête ? » demanda-t-il, un sourire en coin.
Elle lui lança un regard dur, sans un mot, puis commença à marcher en direction de la frontière. Il la suivit en silence, et ils marchèrent ainsi un long moment, chacun perdu dans ses pensées. Malgré elle, Téa sentait son esprit divaguer, songeant à cette étrange alchimie qui semblait les lier. Elle ne comprenait pas pourquoi il l'irritait autant, mais elle ne pouvait nier que sa présence éveillait en elle des émotions qu'elle avait du mal à contenir.
Au bout d'un moment, Nicolas brisa le silence.
« Tu sais, tu es la première personne à ne pas me traiter comme le fils de l'Alpha, » dit-il, d'une voix étrangement sérieuse.
Elle tourna la tête vers lui, surprise par ce changement de ton. Pour la première fois, elle voyait en lui autre chose qu'un simple provocateur. Il semblait sincère, presque vulnérable.
« Peut-être parce que je te vois tel que tu es, Nicolas, » répondit-elle doucement.
Il la regarda, surpris, et un léger sourire apparut sur son visage, cette fois dépourvu de moquerie. C'était un sourire honnête, qui fit battre le cœur de Téa un peu plus fort. Elle se détourna rapidement, perturbée par ce bref instant de complicité. Elle se promit de ne pas se laisser troubler. Mais, au fond d'elle, elle savait que cette mission serait tout sauf ordinaire.