Vraiment je vais commencer à m'inscrire sur meetic.fr pardon, les hommes que je vois là, sont des anesthésistes. Même docteur Semega à l'époque à Paul Igamba n'était pas aussi efficace avec son anesthésie au 7eme étage (c'est là que se trouve le bloc opératoire).
Ehhhh pardon, je ne suis pas folle, si vous me voyez entrain de parler seule et en marchant, et bien sachez juste que la vie me dépasse. Mais je vous jure qu'aujourd'hui là, hiii (le bruit de l'ongle sous la dent lorsqu'on jure là), Sylvain va me sentir. Il va savoir qui est « mabolantongo » ce soir.
Han ?
Quoi ?
Ce n'est pas mon nom oh, pardon, mabolatongo c'est un truc là (oui, je ne sais pas ce que c'est) qu'on appelle pour faire peur aux petits la nuit au village.
C'est comment encore ?
Han ? Que je vous dise mon nom ?
Bon je suis Ossamepa Nkorouna Marie-Christine et j'ai 25ans. Ne me demandez pas le pourquoi des prénoms aussi lourds. Apparemment, monsieur mon père, dans son immense désir de me bêtia (donner le nom de) sa mère, il m'a donné son gros nom qui commence par « O », et en bonus, j'ai eu droit à ses jolies prénoms aussi qui datent de son baptême depuis kala-kala à la mission Ste Anne. Bref, on m'appelle plus « titine » sinon, donc vous aussi, faites comme tout le monde .
Donc je disais queeeeee, je vais faire la peau à cet enc*lé de Sylvain là.
Quoi encore ?
Vous voulez savoir qui est Sylvain ? Mais vous êtes pointus hannnnnnn ? N'est-ce pas Sylvain c'est le couillon avec qui je sors depuis près de 1 an maintenant ? Le bon monsieur, au lieu de me dire qu'il est fiancé même, comme ça je devais savoir à quoi m'en tenir avec lui, rien. Il me fait miroiter un presque foyer. A base de je vais passer les weekend chez lui et tout, je range la maison, je fais les courses, on nous voit dans la ville que collés-collés, ayè ni bosso, myè ni nyuma (lui devant, moi derrière) , tout ça pour apprendre un an plus tard que monsieur est déjà engagé avec quelqu'une , donc je suis même souvent assise chez lui là, je dors même avec lui, sans savoir que monsieur est entrain de préparer son mariage.
Je crois que les philosophes là ont oubliés une définition majeure de l'Homme : l'Homme est un sorcier !
C'est bon aussi, cela m'apprendra. Pourtant Papa nous dit toujours de ne pas croire quelqu'un qui n'est pas encore venu se présenter à lui, parce que cela prouve que cette personne ne veut rien de sérieux. Tu parles ! Comme je suis moi, madame chef des rebelles, qui fait toujours tout le contraire de ce qu'on lui dit, voilà pourquoi je me retrouve dans cette situation.
Mamohhhhhh mon nom dans la bouche des gens de Port-Gentil ohhhhhhh ?
Le type avec qui je me baladais dans la ville là, que comme le drapeau, nè c'est pour moi, il va faire le tour de ville avec quelqu'un d'autre ohhhh ?
Pitié de moi juste quoi. Je vais me cacher d'abord pendant un bon moment, histoire que les gens m'oublient un peu.
Les ba nous autres là qui sommes fans du congossa, ranga (n'est-ce pas) les autres aussi nous attendent au rebond ?
Comment je découvre même les choses de ce connard là ? c'est Facebook !
Hum, le bon monsieur il m'avait dit non, il ne veut pas que l'on soit amis sur Facebook, parce que c'est un truc qui crée souvent des incompréhensions, des disputes dans les couples. Moi aussi, ro mbia y'onomé (avec le goût de l'homme), n'est-ce pas j'ai laissé ? Erreur, c'est la même il me couillonait, et bien....
Voici je me pavanais ce matin sur Facebook, c'est quand même vendredi, au boulot tout est relaxe. Eagle oyéééé.
Donc, au niveau du fil d'actualité, je tombe sur une photo que l'une de mes collègues avec qui je suis amis su a commenté (jusque là je ne sais pas pourquoi). Voilà moi aussi qui clique sur la photo pour aller voir (ne me regardez pas oh, on fait tous ça sur Facebook là). Hummmm bienvenue en enfer. Je vous parle d'une photo de mon Sylvain hannnn, bon mon futur ex, comme légende il y a écrit : « je t'aime mon homme ». Le commentaire de ma collègue disait : « ne nous complexez pas oh, nous qui n'avons pas d'homme « et la proprio de la tof de répondre : « c'est parce que je suis comblé que je crie déjà ... »
1er choc !
Je me dis ahhhhhh, c'est peut-être une de ses sœurs et tout.
Je vais donc sur le profil de la fille en question. Bien joué, son mur n'est pas sécurisé. Jessica Mouity. Photo de couverture là-bas, gros flirt entre elle et Sylvain.
2eme choc.
Le cœur veut s'emballer, mais rien. Je jure qu'il doit y avoir une autre explication. Mais quand je suis allée dans ses infos, c'était la fatale. « Relation : fiancé€ à Sylvain Nkombé Mintsa.
Mais si ce n'était pas que j'étais au boulot, j'allais juste pleurer et bien à la minute.
Les albums photos là-bas c'était pas la peine .
Donc quand monsieur m'a dit le mois passé qu'il allait aux States en mission, que c'est Shlumberger qui l'envoie, sambo wé, il est allé rendre visite à madame. Oui, j'ai bien vu l'album qui est intitulé « visite surprise de mon homme à Boston ».
Hum, les choses de mon corps.
Voilà pourquoi je me retrouve à marcher comme un soldat dans la cité Sassec là pour arriver chez lui.
D'abord même , je vais juste récupérer mes affaires et je dégage. Je vais aller faire la folie que ça va me rapporter quoi ? Rien.
J'arrive donc devant sa maison, et je fais sortir les clés pour ouvrir la porte.
Vraiment pitié ehhhhh. Avant quand je faisais cela, c'était avec toute la fierté du monde, que je suis chez moi. Mais là, en ce moment , je suis juste honteuse ohhhh. Il a même la chance de ne pas être là...
Je vais directement dans la chambre pour récupérer mes affaires. Oui oh, mieux je pars déjà avant qu'un matin de bonheur, on vienne me faire déguerpir d'ici comme une sans-abris.
Je prends mes quelques fringues et chaussures qu'il y a ici, direct dans un sachet que je met ensuite dans le sac de course Casino.
Ne riez pas oh, on fait avec les moyens de bord...
Je prends le cadre où se trouve ma photo, direct dans mon sachet.
Je vais dans la douche, je récupère tout ce qui m'appartient. Je vous dis que même ikoussa (le gratte-corps) je ne laisse pas. Il ne doit pas rester une seule trace de mon passage dans cette maison.
Clac ! Clac !
Et merde ! Moi qui voulait sortir de cette maison incognito, sans faire de scène, c'est raté. Je crois bien que monsieur est là.
Et puis quoi même ? Je Finis ce que je suis venue faire et je me casse.
-Sylvain : Titine ma chérie c'est toi dans la chambre ?
Tchonda ! La bouche comme chérie. Tchrrrrrr
-Sylvain : ma puce je suis là...
Oui gué, la puce qui va te donner la chique aujourd'hui là, tu sauras. Rigolo.
-Sylvain : Titine chérie tu ne... Han ? Qu'est-ce que tu fais là ?
-moi : Je déterre mon grand-père de sa tombe gué, ça ne se voit pas ? Tchhhhrrrr
-Sylvain : sois sérieuse un peu , je pose la question parce que je te vois entrain de ranger tes choses comme si tu me quittais...
-moi : ahhhh donc tu as les yeux han ? Bien, continues à me regarder alors, tu comprendras ce que je fais.
-Sylvain : ehhhh Christine, tu sais bien que je n'aime pas le manque de respect, donc calmes-toi, et dis-moi ce qui se passe !
-moi : manque de respect y'otoli (du c**), tu as besoin d'un dessin pour comprendre que je me tire de ta vie ?
Il me regarde avec ses gros yeux là, on dirait je parle en chinois.
-Sylvain : ah oui ? Je peux savoir pourquoi tu te tires ?
-moi : je vais faire court et te dire un seul prénom : Jessica.
-Sylvain : quoi Jessica ?
-moi : tu as besoin que je te rappelle le prénom de ta fiancée ?
-Sylvain : ...
-moi : oui, regardes-moi bien avec tes yeux comme les billes d'Okoumé....
-Sylvain : qui t'a parlé de ça ?
-moi : kikiriki le vieux coq de l'Amérique. Tchhhrrrrrr comme je suis ta bonne maboule, voilà pourquoi jamais je ne devais découvrir ça nonnn ?
-Sylvain : viens t'asseoir , on va discuter...
-moi : discuter de quoi ? Je suis désolée, l'heure n'est plus à la discussion, moi je me casse d'ici, et en vitesse.
-Sylvain : tu n'iras nulle part tant que nous n'aurons pas discuté.
-moi : mais toi tu bois l'huile je t'assure. Je dégage d'ici et à la minute même !
-Sylvain : j'ai dit viens, on va parler...
-moi : « viens » c'est le nom de qui ? Ou bien tu as rêvé déjà que tu étais Nkorouna Georges (mon père) pour que je m'exécute quand tu ordonnes ?
Je prends mes affaires, et je veux me diriger vers le salon. Mais il me stoppe net au niveau de la porte de la chambre.
-Sylvain : ne me pousses pas à employer la force avec toi, j'ai dit restes là, on va parler.
Oh oh oh, c'est que l'enfant là il ne m'a connu que dans la douceur han ? Il ne sait pas que moi je suis la réincarnation de la rébellion sur terre ?
Je force le passage avec mes afounda (baluchons) aux bras , et là, je me suis senti soulevée et jetée sur le lit. Il se place au dessus de moi tout en bloquant mes bras et mes jambes...
-Sylvain : Titine je t'aime,
-moi : pardon pardon, n'insultes pas ma mère , vas loin avec tes paroles, espèce de menteur. Sniffffff
On te parle des larmes qui sont déjà la que bien bien.
-Sylvain : je ne mens pas, et je ne te mentirai jamais. Jessica c'est personne, c'est toi que j'aime...
-moi : hannnnn, voilà pourquoi c'est elle qui est ta fiancée et pas moi non ? Snifff lâches-moi, je veux rentrer chez moi, snifff salaudddddd
Pour toute réponse, il commence à m'embrasser.
Je tente de me débattre et tout, mais rien. Est-ce que j'ai même une chance de le repousser ?
Et puis il faut savoir que le cœur et la chair sont faibles, le cerveau est une éponge, mieux je me plie à ce qui doit se passer. Après tout, si je prends mon pieds avant de partir pour de bon, qu'est-ce que ça change ?
Je me laisse aller au rythme de ses caresses si expertes, je vibre encore et encore entre ses doigts magiques...
Je vis juste le moment...
2h de temps plus tard, je suis entrain de sortir de cette maison comme une voleuse. Sylvain dort, et je ne veux pas qu'il vienne me mentir encore avec ses belles paroles...
Je prend bien soin de laisser mes clés en évidence sur sa table, pour qu'il comprenne que je n'ai pas l'intention de revenir ici, que sa performance majestueuse de tout-à l'heure n'a pas réussit à me faire changer d'avis....
Je tire la porte derrière moi, et alors que je me dirige vers la route, mon cœur se serre, des larmes me picotent les yeux.
Mais je me refuse à faire marche-arrière. Si il y a bien une chose que je refuse de faire, c'est partager un homme. Surtout lorsque j'ai le rôle de la maîtresse, de la voleuse. Je ne veux pas vivre dans cette virtualité où chaque matin je vais me lever en espérant qu'il la quitte pour moi...
Désolé, cette vie n'est pas pour moi, et j'ai aussi compris que cet homme n'est pas le mien...
Je me dirige presqu'en courant à la recherche d'un taxi, direction Salsa chez ma grand-mère. Je ne peux rentrer comme ça chez moi au risque de subir l'interrogatoire du capitaine Nkorouna et son Sergent, madame ma mère. Mais surtout, j'ai besoin d'un endroit pour pleurer...
Eh mon père oh, si je t'écoutais souvent , je ne serais pas là à pleurer dans le taxi avec mes sachets. Sniff snifff
Il faut que je vous dise, moi je suis la dernière d'une famille de 4 enfants. L'aîné, Christian, il a 40 ans, marié depuis kala, il vit avec sa femme et ses deux enfants à Gamba. La deuxième Sandra, 37 ans, mariée aussi et maman de 3 bambins. Elle c'est déjà une Librevilloise. Rodrigue le troisième, mameh mameh, lui là même on se demande si il n'a pas été adopté. Façon il fuit la stabilité, bientôt 35 ans, que les copines debout-debout, 5 enfants avec 5 filles différentes. Mais lui c'est mon bon grand des ways. Moi je suis l'enfant de la vieillesse de tonton coco (mon père) et maman antou (ma mère), le bébé de tout le monde en quelque sorte.
En général, les weekend je les passes chez ma grand-mère parce que au moins là, j'ai le loisir de sortir comme je veux sans tout le protocole de chef Nkorouna. Hummm je vous explique, dans la maison de mes parents, tant que tu vis encore là-bas, quelque soit ton âge et ta taille, il faut toujours que la personne qui te fasse sortir de la maison vienne se montrer et laisser ses coordonnées à mon père. Là encore vous direz que c'est normal. Bon maintenant, si tu sors et que tu n'es pas encore rentré à 21h, heure à laquelle le couple s'en va dormir, saches déjà que tu dors dehors. Si par magie, Dieu à toucher le cœur de coco et antou, et puis ils t'ont laissé sortir de chez eux à minuit pour aller en boite de nuit, saches déjà que tu ne dois pas venir les déranger avant 9h pour t'ouvrir la porte. Si tu oses aussi aller dormir ailleurs en sortant de la boite, juste parce que tu n'as pas envie de glander à la terrasse seule jusqu'à 9h, saches déjà que c'est chez cette personne tu habiteras pendant au moins une semaine. Et j'en passe...
Moi qui suis allée vivre ma vie de la joie à Accra pendant 4 ans, vous croyez que je vais encore revenir en liberté conditionnel chez mes parents ?
Jamais !
Mieux je reste chez mon dina. Au moins là-bas, je peux disparaître comme je veux, je peux faire ce que je veux, sans me soucier de venir signer une décharge avant de rentrer dans sa maison à Bac Aviation. Krkrkrkrkr
Non, moi je comprend le boss han, juste que 25 ans après, il doit quand même changer ses méthodes.
Mais je dois quand même avouer que si je n'avais pas tant voulu contredire ses choses là, jamais je n'aurais rencontrer ce Sylvain qui me fait pleurer comme pas possible en ce moment.
Mamohhhhh j'ai mal ohhhhh snifffff oyooohhhhhh ...
-moi : c'est bon ici.
Je tend un billet de 2.000fcfa au taximan et je descend avec mes paquets. Chef Ossamepa Senior (oui oh, moi je suis Ossamepa Junior) est assise devant la porte entrain de kora itako (sniffer le tabac en poudre). Je me demande même quel plaisir les vieux ont avec ce truc. J'ai essayé ça une fois, ce jour là, j'avais commencé à danser la lambada comme pas possible. Façon ça pique là ? Hummmmmmm
-mémé : na vé ehhhh ? (Tu vas où)
-moi : hum pardon oh, il faut me laisser, snifff
-mémé : a wa kombizo (on t'a chassé) ?
-moi : je me suis chassée moi-même de chez Sylvain.
-mémé : ohhhhhwwww, owanto éré denda yeno, tchô wa pa kombizo, wa wongue yomi yô. Orunda (une femme ne fait pas ça , si on ne te chasse pas, tu ne prends pas tes affaires. C'est défendu)
-moi : avec toi tout c'est orunda. (défense). Tu crois aussi que je vais rester dans une maison où un matin le proprio viendra me mettre dehors comme une mal-propre ?
-mémé : wa ramba myè fala mpolo-mpolo si missionnaire (ne me parle pas le gros français des missionnaires).
-moi : donc il ne faut pas parler aussi les choses qui te dépassent.
-mémé : krkrkrkr ihhhh wa wenda na miè ngani (ne te fâches pas avec pauvre de moi)
Regardez la vieille la qui veut me serrer ?
Pardon, chacun ses problèmes ici là. Je me dirige vers la chambre et, je jette mes affaires dans un coin. Après tout, la vie ne s'arrête pas seulement là....
Je m'allonge sur le lit et je mets de la musique sur mon téléphone . Et là juste parce que le téléphone aussi est contre moi, comme j'ai mis « lecture aléatoire », voilà pourquoi j'ai droit à « pas sans toi » de M.Pokora.
Oui ohhhh , je me rappelle aussi du jour où je l'ai vu ohhhhhhhh, sniffffff ohhhhhh qui aurait pu imaginer que le destin me jouerait ce sale coup ohhhhhhh ?
Ah quoi encore ? Je ne peux plus pleurer en paix ?
Han ? Je ne vous ai pas encore raconter comment je l'ai connu ?
Attendez, je vous fais le flash-back souvenir-souvenir.
.......1 an plus tôt ................
Je rentre fraîchement du Ghana, avec mes tonnes de valises. Mais surtout, je suis libre comme l'air. D'abord je n'ai jamais vraiment eu d'attaches, juste qu'à un moment donné de la life, on commence à penser à se stabiliser, à fonder un foyer (dans le « on » là, je n'inclus pas mon frère Rodrigue. Lui il fait tout le contraire...)....bref !
Nous autres qui vivons dans les familles très élargies là, c'est compliqué. Quand tu arrives comme ça, il faut que tu fasses le tour chez chaque tante et oncle pour spécifier que tu es arrivé. Les choses....
Aujourd'hui là, c'est chez tonton Claude à Sassec que je passe ma journée. Lui vraiment c'est le digne frère de papa. Moi je ne sais pas , on dirait que mon grand-père était même dans l'armée comme ça, sinon comment expliquez-vous que dans la maison de simples citoyens, il y a autant de règles que chez les Marins ? Bondolo wéhhhh (pardon ohhhh).
Bien qu'étant seule avec tonton Claude et sa femme, j'ai passé une excellente journée. La partie où il gaspille souvent c'est quand à 15h il me dit :
-Tonton Claude : Titine ? Maman ?
-moi : oui tonton !
-Tonton Claude : il faut faire tu vas déjà rentrer. Il ne faut pas que la nuit te trouve en route.
Il est même sérieux celui-là ? Il n'est que 15h, le soleil équatoriale et sauvage est encore là que bien tapant, il voit la nuit où ? C'est à quel moment même ces vieux vont me considérer comme une adulte ?
-moi : ok tonton
La partie que j'aime le plus, c'est lorsqu'il met la main dans sa poche pour me donner l'argent du taxi...
-Tonton Claude : tiens maman, c'est pour le taxi. Tu prends 2000fcfa pour qu'il te dépose direct à la maison. Il ne faut pas traîner en route.
Je compte d'abord mon petit butin , 60.000fcfa. Su su su, les affaires commencent très bien. Avec un peu de chance, ce soir je suis en boîte.
-moi : merci oh, tonton. Je vais d'abord dire au revoir à tantine Anina dans la cuisine.
Dans la cuisine encore même , elle me farote un petit 30.000fcfa. Ehhhhh la joie. Quand on vous dit souvent de porter le nom de la mère et la belle-mère des gens, eh bah, ça donne ça.
Je sors de là toute joyeuse, et je marche en direction de la route pour attendre un taxi. Mais les amis, pour ceux qui ne savent pas, attendre un taxi à la cité Sassec, Hum quand ce n'est pas ton jour de chance, il est fort probable que tu ais le temps de fonder une famille au bord de la route avant qu'un taxi avec au moins une place à son bord et surtout, qui va dans la même direction que toi ne te prenne. Et on dirait bien que cet après-midi j'aurais du laver le corps avant de sortir attendre le taxi. Le soleil là me gifle seulement , paf paf, aller-retour, je ne vois que des rayons. Taxi viarana keh (passes aussi), rien. C'est là même douske (lol), je vois seulement une Audi Q7 qui se gare devant moi...
Je regarde à côté de moi, il n'y a personne. Derrière moi, pareille. Pardon, mon père m'a toujours dit de ne pas monter dans les voitures des gens en désordre, au risque de me faire pava (découper). Papa keh n'aramb'imè (papa aussi avec ses choses)...
- : bonsoir mademoiselle. Je peux vous déposer quelque part ?
Hummmmmm j'aime bien la voix là. J'aime aussi la personne que je vois. Bon du moins, le buste et la tête avec des lunettes que je vois déjà . Mais pardon, le diables est toujours beau. Et puis, mon papa défend que je parle aux inconnus...
-moi : non merci, ça ira.
-lui : je veux juste vous avancer quelque part où il sera plus sûre que vous trouvez un taxi rapidement. Croyez-moi, ici vous en aurez encore pour longtemps, à moins que vous marchiez jusqu'au carrefour des Douanes. Avec ce soleil, ce n'est pas une bonne idée...
Ouaissss mon frère, le soleil du Ghana a déjà finit de torturer ma peau, je refuse de me faire souffrir d'avantage ici. Papa il faut m'excuser oh, mais si tu ne veux pas que je monte dans la voiture des gens, et beh, achètes-moi une voiture....
Je suis montée quand même.
-lui : Sylvain, enchanté, et vous ?
-moi : euh, Marie.
-Sylvain : et c'est où que je dépose Marie ?
-moi : au carrefour Léon Mba même, je vais me débrouiller une fois là.
-Sylvain : je peux savoir où vous allez ?
-moi : bac aviation.
-Sylvain : bon, je vous laisse au Château alors, c'est plus proche.
-moi : merci bien.
-Sylvain : on peut se tutoyer au moins pour le reste du chemin qu'on doit effectuer ensemble ?
-moi : pas de soucis !
-Sylvain : alors serait-il possible d'en savoir un peu plus sur toi Marie ?
Mon frère attends tout de suite, tu vas te wazze...
-moi : je suis la fille de Nkorouna Georges et de Adombet Antoinette, des clans...
-Sylvain : wow wow wow, du calme. Je demandais juste ce que tu fais dans la vie, comment tu passes tes journées, tu vois le genre ?
-moi : mais il faut bien poser les questions. « En savoir un peu plus » là, renferme plusieurs paramètres je crois.
-Sylvain : ce n'est pas faux... Mais bon, laisses-moi reformuler ma question, que fais-tu dans la vie ?
-moi : rien pour l'instant, je suis en attente d'un job. Je rentre à peine d'Accra.
-Sylvain : mais c'est super ça, et que fais-tu en général les samedi soir ?
-moi : rien de particulier, je vais danser, ou manger quelque part, sinon je suis à la maison.
-Sylvain : et monsieur ?
-moi : quel monsieur ? Je ne savais pas que tu connaissais mon père ou un de mes anciens professeurs !
-Sylvain : très drôle krkrkrkr. Je demandais par là si il n'y avait pas un petit ami, un fiancé dans les parages ?
-moi : malheureusement, non. Je suis seule.
-Sylvain : et heureusement pour moi, alors si je t'invite à sortir ce soir , il y a de fortes chances que tu dises oui ?
-moi : effectivement oui, et cela juste parce que je suis enfermée chez moi depuis mon retour.
-Sylvain : c'est mon jour de chance alors
-moi : si tu le dis...
-Sylvain : je l'affirme...
Il se gare au niveau de la SEEG du Château, et je m'apprête à descendre...
-Sylvain : puis-je te demander ton numéro de portable ?
-moi : bien sûre, 0751****
-Sylvain : on se dit à ce soir alors ? Je te communiquerai l'heure un peu plus tard.
-moi : hum très bien, à plus tard.
Je descends de sa voiture, et je m'avance un peu pour me mêler à la foule qui attendait les taxis aussi...
J'arrive à la maison, et comme toujours, le couple est là barou (assis) devant la tv.
-moi : mbolwani (salutations)
-eux : hiiiiiiii, Mbolo.
-maman : a wa bia anka (tu es venue seule) ?
-moi : oui,
-papa : Claude éré bié na wè (n'est pas venu avec toi) ?
-moi : non oh, il m'a donné l'argent du taxi, j'ai pris la course.
-maman : toi là je sens que tu es revenue avec beaucoup d'argent , viens on va partager !
-moi : mame le rêve d'Antou ce soir ohhhh ? L'argent que mon fils m'a donné ? Barré !
-maman : hannnn, n'est-ce pas tu fais le bruit tous les jours ici là parce que tu as le nom et les prénoms de ta grand-mère ?
-moi : hummm Antou pardon, laisses ça, je ne partage rien avec toi. Mon argent c'est pour sortir ce soir.
Papa me regarde seulement du coin de l'œil...
-moi : mon Coco Georges, ce n'est pas la peine de me lorgner oh, tu as bien entendu ce que j'ai dit...
-papa : mon problème il est où dedans ? Toi-même tu sais juste qui va t'ouvrir la porte le matin.
-moi : je vais dormir chez mémé, c'est tout.
-maman : hummm au lieu de passer tes nuits en boîte, tu ferais mieux de nous rapporter un mari. Moi à ton âge j'étais déjà mère de 3 enfants.
-moi : kôkôlô (pardon), ce n'est pas moi la fille de Coco tu as vu aujourd'hui là , krkrkrkrkr
Je vais dans la chambre arranger un petit sac, histoire de ne rien oublier. Je mets deux tenues, chaussures, sac, maquillage, parfums etc...
Je les laisse là dans leur love à l'ancienne, et je file prendre un taxi en direction de Salsa, chez mémé.
Je mange la carpe frite avec le manioc et le citron pimenté puis, je vais dormir un peu.
C'est la sonnerie de mon portable qui me sort de mon sommeil.
-moi : allô ?
Avec la voix que bien gazée, quand tu écoutes ça, tu sens que j'ai la bouche encore bien pâteuse, limite ça sent.
-Sylvain : oui allô, bonsoir Marie.
Mamohhh la voix que sucrée et mielleuse .
-moi : kossoh kossoh (quoi ? Je tousse un peu pour arranger aussi ma voix). Bonsoir Sylvain.
-Sylvain : je te dérange ?
-moi : non non, du tout...
-Sylvain : c'était juste pour te dire que je passerai te prendre vers 1h. Ça te va ?
-moi : c'est parfait !
-Sylvain : bien, à tout-à l'heure alors,
-moi : ok.
Je regarde l'heure, 21h. Je vais d'abord emmerder mon dina dans sa chambre, puis à 23h, je vais me préparer.
Eh eh eh la fille de coco fais son malin ce soir. Allez, porte bien ta robe. Tu laisses tes jambes comme la gazelle là dehors. Krkrkrkr.
J'attrape bien mon chignon au milieu de ma tête. Parfait. Vous savez dans la maison de mon père c'est interdiction formelle de mettre tissages et mèches. Avec le temps, je me rends compte que cette habitude m'est restée...
Petit maquillage discret aussi. Papa dit que ce sont les femmes laides qui mettent la peinture au visage. Krkrkrkr
Pardon, le fou là il m'a trop traumatisé, mieux je le laisse à côté, et je me concentre sur ma soirée.
00h45, appel entrant de Sylvain.
-moi : allô !
-Sylvain : salut ! Alors , je peux passer te chercher ?
-moi : oui oui, je suis déjà prête. Je suis à Salsa.
-Sylvain : j'avais cru entendre que tu habitais bac aviation ?
-moi : je suis sans domicile fixe !
-Sylvain : eh beh, je te prends chez moi quand tu veux !
-moi : non , merci. Je me sens bien comme ça.
-Sylvain : ok ok ok, euh alors où exactement à Salsa ?
-moi : juste au tournant, après le ckdo. Je serai là.
-Sylvain : bien, disons à dans 5 minutes.
-moi : ok alors !
Clic !
Bon , je prend mes clés et je ferme la maison d'autrui de Marie-Christine, et je sors vers la route.
On te parle du samedi soir à Salsa. Wa zeva (ne t'amuses pas). Tout le monde est dans le show.
Quelques minutes plus tard, Sylvain se gare devant moi. A base même qu'il descend m'ouvrir la portière. Matsotsè, la galateurie (galanterie).
-Sylvain : tu es très en beauté ce soir Marie !
-moi en montant : donc tout-à l'heure j'étais en laideur ? Merci tout de même !
-Sylvain : pourquoi tu interprètes toujours ce que je dis ?
-moi : peut-être parce que je suis une emmerdeuse de première classe krkrkrkrkr
-Sylvain : je vois alors, le Millenium, cela te va ?
-moi : du moment qu'on y danse, ça me va.
On passe le trajet à faire plus ample connaissance. Je regarde en même temps le type toujours dans ses lunettes, jolie chemise verte, bien ceintrée dans un pantalon noir. Amuses-tu. Il est quand même pas mal han. Beau teint noir, très propre. Ça va hein !
On arrive donc au Millenium night-club, on rentre et on va s'installer. Tranquillement, la soirée commence. Lui dans un verre de whisky-coca, moi dans un Orangina.
On balance le son, moi je vais un peu bouger sur la piste, et je reviens m'asseoir.
Un peu de quand même vous aussi, je ne vais pas montrer que je suis la reine du tchoukoussa le premier jour comme ça.
Voilà comment à un moment donné, on nous balance un grand morceau, direct, j'ai compris qu'il fallait que je danse.
-Sylvain : tu sais danser la Patchanga ?
-moi : et comment que oui, c'est moi qui devais même te poser la question. Ça c'est la danse des grands.
Ehhhhhhhh quand le type m'entraîne sur la piste là, que une fois. Il bouge les pieds comme si il avait le courant dans le corps. Heureusement que c'est quand même mon papa qui m'a appris à danser ça, donc moi aussi j'ai les grandes bottes.
Nous avons dansé au moins sur 3 chansons avant que le Dj ne change de registre. Ah mais je crois que c'était suffisant pour briser la glace entre nous. Je me suis même permis un verre de Martini Rosé par la suite.
C'est la même l'histoire a commencé.
Le matin j'avais droit à des sms de « bonjour ». Midi c'était « bon appétit''. Le Soir , direct c'était l'appel pour se raconter nos journées et dire « bonne nuit ».
Un peu après, il m'a énoncé ses grandes théories sur le coup de foudre, moi aussi, je suis tombée dedans. Comme il va souvent sur site, j'ai eu droit aux clés de son appartement pour tout gérer. C'est là même que je décide de passer tous les weekends chez mémé, histoire de bien vivre ma nouvelle vie de femme presqu'au foyer......
......Revenons ici là............
Quand je pense que le salaud se foutait de moi parce que je venais chez lui toujours comme une souris de peur de croiser tonton Claude, il a même osé me dire que bientôt je n'aurais plus à faire tout ce cinéma parce qu'il viendra se présenter chez mon père ohhhhh oyoooohhhh moi aussi je l'ai cru ohhhhhh sniffffffff ayooohhh le maboulisme de l'amour ohhhh tout n'était que mensonge ohhhhhh mon cœur saigne.
Han ? Attendez d'abord, on dirait que quelqu'un est au salon...
Non, non, il n'a pas osé ? Nonnnnn,
C'est aujourd'hui là même que je vais retrouver tous mes gris-gris de la sauvagerie. Neno , ediuw'anara, e dek'anara (aujourd'hui , certains mourront, d'autres resteront)....
Attends-moi là , j'arrive !
J'ai même pitié de moi han ?
Je suis entrain de m'échauffer anka (seule) dans la chambre, quand je vais arriver devant lui, je ne pourrai même pas dire tout ça.
Quoi ? Je préfère vous dire déjà comment sont les choses avant que vous ne me traitez de mougou, de peureuse, quand j'irai juste croiser les bras devant Sylvain.
Que je vous dise déjà , je n'ai pas peur de lui. Juste qu'il est ce genre de personne toujours polie, et qui inspire le respect, du coup, on réfléchit à 30 fois avant de faire la sauvagerie devant lui oh.
On s'est toujours respecté. Même moi qui suis diplômée de Harvard en impolitesse, quand je suis avec lui, je mesure bien les mots que je fais sortir, et ce, surtout lorsque nous nous trouvons en public.
Il m'a toujours répété qu'il avait horreur d'être exposé devant les gens , d'être le centre des regards dans le sens négatif. Sa vie il peut la gérer sans y mêler les pointus et faire la une des commérages de la ville.
Donc, calmos d'abord. Peut-être il n'est même pas venu pour moi. Après tout, Il a l'habitude de venir voir la vieille là même quand je ne suis pas ici.
On sent juste que dès qu'il a ouvert les yeux, il s'est préparer , direct il venu ici. Je sais qu'il était gazé, il sortait du boulot. Et normalement, il ne se serait pas levé du lit avant 21h au moins. Là il est 19h à peine, et il est là. Hummm ibouta s'owanto (la recherche de la femme).
Bon, je vais quand même verser de l'eau au visage histoire de me rafraîchir un peu, enlever les colosses que j'ai déjà à la place des yeux à force de pleurer.
Ce n'est pas parce que lui et moi c'est fini (bon , je crois ....) Que je vais me présenter devant lui on dirait une go qui porte tous les soucis de la terre. Je suis quand même la prolongation du swagg, ou bien ?
Mon Syl me dit toujours qu'il aime bien mon style, que même à la maison je suis toujours op.
Eh pitié de moi. Je dis mon Syl même alors que c'est pour quelqu'une d'autre.
Depuis là je me demande même à quel moment je n'ai pas suivi.
Pourtant il n'y avait, sinon il n'y a rien qui puisse me faire douter de sa sincérité envers moi :
-je parle avec son père et sa mère souvent au téléphone .
-il m'a déjà présenté à son grand frère qui vit aussi sur Port-Gentil.
-je parle souvent avec sa petite sœur au téléphone aussi.
-A ses collègues il m'a présenté comme étant sa futur femme.
-j'ai le droit de répondre à son portable à n'importe quel moment, jamais je n'ai vu des sms bizarres dedans. Rien. Bon pour Facebook il m'a dit qu'il n'y va presque jamais.
-qu'il soit à Port-Gentil ou bien sur site, toujours je débarque chez lui sans prévenir, jamais je n'ai vu un truc suspect.
Bon dites moi un peu à quel moment la situation m'a échappé ?
-mémé : Titine ehhhh ?
Bon la je crois quand même qu'il est venu pour moi.
Je ne vais pas mentir aussi, je suis contente.
-mémé : ah Titine ihhhhh ?
Ah vite vite , il faut que je me change. Euhhh juste une jolie robe en pagne toute simple, un peu de gloss...
-mémé : Ossamepa a zélé ro nkala mè wô (n'est pas dans cette maison) ?
-moi : ma bagwi wehhhh (j'arrive).
Oh vraiment la vieille là aime crier hannnn ? Après c'est pour dire oh, la tension. Hum !
Bon mes jolies babouches, un peu d'oyombô (parfum), allons-y à la rencontre de ce cher Sylvain.
Je sors de la chambre et me dirige vers le salon.
Celle-là comme je savais, elle est encore entrain de mettre son tabac au nez. Sylvain est assis, tout serein, ses clés de voiture en main.
Voici la personne même contre qui je voulais venir faire la folie. Le type éré vô (il est là), imperturbable.
Je n'ai jamais compris comment il fait pour être aussi calme même dans les situations stressantes.
Je vous dis que si je sortais là en criant c'est moi qu'on devait prendre pour la folle. Pardon oh.
-moi : Bonsoir Sylvain. Mémé tu criais mon nom comme ça pourquoi ?
-mémé : a wéré dien'orenda wa bia ro bala wè (tu ne vois pas que tu as de la visite) ?
-moi : hummmmm voilà pourquoi tu criais comme si tu m'appelais depuis 30 ans ?
-mémé : ah loubwa (quittes là)...
-moi : Sylvain je te sers quelque chose à boire ?
-Sylvain : non ça ira, je suis venu te chercher en fait.
Nous tous nous adoptons la zen-attitude. Ce n'est pas parce que zain est de venu Airtel qu'il faut déjà s'envoler dans les airs en désordre.
-moi : mais il fallait me le dire je devais m'apprêter...
-Sylvain : tu es bien comme ça , ne t'en fait pas. On va juste faire un tour.
Hummmm tourrrrr ? Il ne faut pas que me traînes jusque chez toi où tu sais que tu vas me gagner encore. Bon jdcjdr...
-moi : ok alors. Attends que je prenne mes clés dans ce cas.
Je vais dans la chambre soulever mon trousseau de clé et je reviens au salon.
-moi : on peut y aller Syl. Christine j'arrive
-mémé : ehhhh (oui)
-Sylvain : mémé je m'en vais.
-mémé : ohhh, il ne faut pas oublier de me regarder l'huile de boa partout là r'ekorwa wè (quand tu sors) ohhhh ?
Ahhhhh non la vieille là me blaze grave quoi. C'est à qui même tu demandes de te chercher l'huile de boa, Sylvain ? Krkrkrkr quelqu'un qui n'a même pas le temps pour aller à la SEEG , c'est le temps pour chercher dans la ville l'huile de boa qu'il aura ? Je suis même sûre qu'il ne sait pas ce que c'est.
-Sylvain : sans problème mémé. Bon, à la prochaine.
-mémé : ohhhhh !
Nous voici donc entrain de nous diriger vers sa voiture. Comme monsieur ne change pas ses habitudes, le voilà entrain d'ouvrir la portière pour moi. Hummmm.
N'est-ce pas lorsque je veux monter comme ça , il me tire d'abord vers lui ?
Je me retrouve bien collée à son torse et entrain de recevoir un jolie baiser.
Ehhhh la femme amoureuse c'est vraiment une maboule. Là mon cœur est seulement comme un steak qu'on vient de retourner dans la poêle.
Quand il me lâche, je suis là encore sur mon petit nuage sur lequel il m'a fait monté, avec le sourire plaqué sur le visage...
-Sylvain : bonsoir Chérie !
-moi : ohhh ? Mais on s'était déjà dit bonsoir non ?
-Sylvain : tout-à l'heure tu as dit bonsoir à Sylvain , pas à moi, ton mari. Tu as vu même que j'ai répondu ?
Hummmm ce type ne manque jamais une occasion pour me témoigner de la tendresse ou encore, me rappeler que je suis sa femme.
C'est même là où il me tue seulement. Et je crois que toute femme aime se savoir être le centre d'attention de son homme. Voilà même pourquoi l'idée de le partager avec une autre me rend folle. Mieux je commence déjà à chanter « parles-moi d'elle » de Jocelyne Labyll, histoire de savoir si il lui fait les mêmes choses qu'à moi sniffffffff. Ce soir là, je dois tirer cette histoire au clair. Si je l'ai pour moi tout le temps, c'est à quel moment même cette Jessica l'a ? Hannnnnn ? Il faut me dire ohhhhhh ah réra. Bref !
-moi : désolé oh, j'avais pas fait attention.
-Sylvain : quand tu dis « désolé » là, il faut que ça soit sincère, il faut montrer que tu l'es vraiment....
-moi : oh ? Mais je suis vraiment désolée je t'assure !
-Sylvain : je ne crois pas. Si tu étais vraiment désolée tu m'aurais embrassé déjà 10 fois pour me le montrer...
-moi : vraiment tous les moyens sont bons juste pour que je t'embrasse. Bon attends je te montre combien de fois je suis désolée...
Je l'attire vers moi par le col de sa chemise et je soulève légèrement les pieds pour atteindre sa bouche. Je commence à jouer avec ses lèvres et tout, tu sens juste que le gars il est déjà bien loin. Façon il me tient par la taille d'une main, et il a placé l'autre juste contre la voiture histoire de s'y appuyer, hum on te parle de sensations fortes.
-Sylvain : là je reconnais mon trésor Titine dans son infini douceur... Allez montes avant que je ne te fasse des trucs pas bien ici même ...
-moi : krkrkrkrkr encore toi-même, on te connaît déjà dans le métier, krkrkrkrkr.
-Sylvain : montes seulement, tu vas me redire ça en face à l'intérieur...
Je monte dans la voiture, il referme la portière et, fais le tour pour y monter à son tour.
Moi je me cache juste le visage avec les mains.
-Sylvain : donc tu disais quoi déjà, on me connaît dans le métier ?
-moi : non oh, j'ai rien dit...
-Sylvain : regardes-moi quand tu parles sinon je te mets ma main dans le slip.
-moi : ahhhh tu es fouuuuuu krkrkrkrkr
-Sylvain : oui, donc tu disais ?
-moi : rien, je disais que je vais juste te manger la bouche.
Là je m'approche de lui et je me remets à l'embrasser.
-Sylvain : hummm je me plaignais que je n'avais pas reçu de baisers de ta part en ce jour mais là, je suis juste bien comblé. J'ai pas dit rassasié. On va continuer après. Bougeons d'abord d'ici.
-moi : à vos ordre chef.
Comme à chaque fois qu'il se trouve au volant, il prend ma main et la dépose sur le levier de vitesse, de telle sorte qu'il puisse toujours me toucher. Et à chaque feu rouge, j'ai droit à un bisou sur le dos de la main.
Aramba ma kwè-kwè (les bonnes choses).
Ne croyez pas que le problème est fini oh ? Ça c'est juste histoire de se relaxer. Syl ne discute jamais quand il est énervé ou quand je suis énervée. Moi, pareille. On préfère se parler calmement, et se dire tranquillement ce qui ne va pas sans pour autant se crier dessus. En général, je suis celle qui transgresse toujours ça. Parfois , comme cet après-midi, la bouche chauffe tellement qu'il faut que je déverse un peu d'acide (lol). Mais lui il ne me suit jamais dedans.
-moi : on va où ?
-Sylvain : je pensais à t'emmener prendre une pizza avec un verre au Flamingo. Maintenant si tu as une autre suggestion,
-moi : ouuuhhhh, si tu crois que je vais te dire allons à la maison, tu as tiré au sol. J'ai bien faim même .
-Sylvain : mais est-ce qu'il n'y a pas la bouffe au réfrigérateur ?
-moi : non, je ne veux pas passer en cuisine ce soir. Allons au Flamingo.
-Sylvain : femme paresseuse ! Tchrrrrr
-moi : mari accablé krkrkrkrkrkr.
Nous sommes arrivés à Léon Mba, au Flamingo. On a passé nos commandes et tout, on continue à se charrier là. On mange, on rigole bien.
Vers 21h, nous sommes entrain de faire le chemin dans le sens contraire. Retour à Salsa.
On arrive et il se gare comme d'habitude. Je sens juste que le temps de parler est venu.
Il défait sa ceinture de sécurité et se tourne vers moi. Il fait pareil avec mienne et me tient les mains.
-Sylvain : Marie, pourquoi es-tu parti de la maison avec tes affaires ?
-moi : quand tu es arrivé je t'ai dit que je partais non ?
-Sylvain : tu ne pouvais pas attendre que je me lève et qu'on discute ?
-moi : après tu allais encore me mettre une clé 14 pour que j'oublie l'histoire ? Non. Faire l'amour sur des malentendus, c'est bien. Mais parfois ce n'est pas suffisant.
-Sylvain : tu sais que je t'aime Titine. Tu es ma joie, ma paix. Tu es mon tout. Tu sais que je ferai toujours tout ce que je peux pour te le prouver. Si j'ai voulu que tu restes c'est parce que je voulais qu'on en discute calmement. Tu sais que je n'aime pas te voir pleurer. Pire encore si c'est à cause de moi.
Eh eh eh on vous parle d'une histoire d'amour. Une histoire de...
La chanson ''Icôle'' d'Olivier N'goma résonne, c'est le portable de Sylvain qui sonne sous mes fesses.
Je le récupère et le lui montre. C'est marqué numéro privée.
-Sylvain : décroches. Peu importe qui c'est, je ne suis pas là.
-moi : allô ?
- : allô , je veux parler au propriétaire de ce numéro.
-moi : euh pour commencer d'abord, bonsoir. Et ensuite, je suis le co-propriétaire de ce numéro donc, vous pouvez me parler. A qui ai-je l'honneur svp ?
- : j'ai dit je veux parler à Sylvain.
-moi : euh Sylvain n'est pas disponible pour le moment. Un message ?
- : toi je ne sais même pas à quoi tu joues han, mais je vais régler ton cas . Il faut dire à Sylvain que sa « FEMME », Jessica a demandé de la rappeler et vite.
Bam ! Prends ça dans ta gueule Ossamepa.
Mais comme il faut toujours sortir d'un conflit la tête haute, laissez, je vais répondre.
-moi : si je prend la peine de vous vouvoyer , c'est bien pour vous témoigner du respect. Je vous en serai gré de faire de même. La partie où vous vous dites femme de Sylvain je ne sais pas trop, pour le moment sachez juste que je suis celle qui détient ce titre. Dans tous les cas, soyez assuré que je lui transmettrai votre message vu qu'il est juste en face de moi.
-Jessica : je dis...
Clic !
Est-ce que c'est mon amie et puis je vais rester à me chamailler avec elle au téléphone ? Non oh,
Je pose le portable doucement sur lui. Je récupère mes clés, je remets bien mes babouches.
-Sylvain : où vas-tu Titine ?
-moi : je vais aux funérailles de mon chien gué, ça ne se voit pas ? Ta femme Jessica a dit de la rappeler.
J'ouvre la portière et je veux descendre lorsqu'il me retient par la main,
-Sylvain : si je suis là c'est pour qu'on parle ma puce, ne pars pas je t'en prie.
Qui ? Moi ? Je vais descendre même et bien.
-moi : tu disais quoi déjà tout-à l'heure ? Que tu n'aimes pas me voir pleurer non ? Surtout lorsque tu es la cause de mes larmes han ? Regardes-moi bien ce soir là, tu vois ces larmes dans mes yeux non ? (Deux larmes coulent aussi que doh doh), saches que c'est toi qui les fait couler. Notes aussi que toi et moi nous n'avons plus rien à nous dire.
Je tape un speed jusqu'à la porte de la maison que j'ouvre et je referme à la vitesse du vent. Je sais qu'il ne viendra pas cogner, ce n'est pas son genre. Par contre, mon phone a commencé à sonner...
Je l'ai juste éteint, et je me suis glissé sous les draps pour laisser échapper toute ma peine...ma déception.