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OPPOSéS

OPPOSéS

Auteur:: siriellesara
Genre: Moderne
Liés par... Dieu ? Évelyne McMillan, Bryan Hayden. Deux personnages complètement différents, à l'opposé. Elle, est chrétienne et a décidé mettre sa vie au service de Dieu. Lui, ex-prisonnier et SDF, renie totalement la possible existence d'un être surnaturel au dessus de tout. Mais pourtant, le grand barbu majestueusement assis sur son trône en a décidé autrement. Ces deux aux chemins opposés, sont loin de se douter de la destinée qui les attend. Une destinée liée ? Oui une destinée. Mais l'ennemi ne lâchera pas l'affaire. Et jusqu'à la dernière minute il tentera tout au tout, de séparer ce que Dieu à uni...

Chapitre 1 1- Émeute

Ma mère dit souvent : << on possède très souvent des talents cachés qu'on a tendance à ignorer jusqu'à ce qu'on se retrouve aux tréfonds de notre vie.>>

Sa manière de le dire, tendre et maternelle, m'avait donné l'impression d'avoir saisi la quintessence de ces paroles. Mais pourtant....

...avais je songer un jour après avoir réussi haut la main mes formations d'expert comptable et de gestionnaire en marketing, que je serai secouriste et médecin dans la même soirée ? Non je ne crois pas. Et même si on me l'avait dit j'aurais tout simplement pris ça pour un bon petit délire.

Formation aux gestes de premiers secours ; presque tous les enfants du pays y passent. Si on enlève bien évidemment, les sans abris, les délinquants errants et les cas particuliers comme moi. À Minnetonka, ville du Minnesota d'à peu près cent mille habitants où j'ai grandi, c'etait soit être au soin des tout petits avec une bonne formation de babysitting où vous êtes chouchouter par toutes ces monitrices aux gestes maternels qui vous rassure, où alors subir le traitement féroce et rigoureux imposé par la lourde artillerie humaine qui constituait la caserne de pompiers de l'époque. En gros vous comprenez que le choix était très vite fait. Hors de question de passer ses vacances à la caserne. Et voilà où j'en suis aujourd'hui. Je me souviens juste de quelques préliminaires reçus pendant un camp d'été à mes dix ans.

Née et grandie dans une famille chrétienne dédiée au service du Seigneur, j'ai toujours su que Jésus est le grand médecin et que par le simple impact de sa puissance, un malade ou un grand blessé pouvait recevoir une guérison instantanément sans connaître la couleur des portes de l'hôpital. Ce qui n'est pas faux. Et je crois fermement à ça. Sauf que, parfois notre Dieu tout puissant et inégalable que nous connaissons bien, aime bien passer par des mains humaines pour opérer des miracles.

- Ne restez pas là madame !! me hurle un policier avant de brandir son arme, un pistolet de calibre...euh je sais pas moi.

Je me mets à courir telle une forcenée en marmonnant des paroles presque inaudibles inspirées par le Saint Esprit. Je porte mon bras à mon visage, et par le creux de mon bras je cache mon nez pour éviter d'inaler les odeurs de gaz lacrymogène qui fusent de partout. La rue est en pleine effervescence. C'est la débandade totale. Les gens courent dans tous les sens. Les cris stridents qui retentissent à même temps que les coups de feu, sont à briser les teimpants. Certains sont affalés aux sols, d'autres recroquevillés sur eux-mêmes blessés crient à l'aide, tandis que pire encore d'autres sont...m...morts.

Le spectacle est ahurissant, cauchemardesque. Il n'y a pas de mot pour décrire ce sinistre qui se passe là, sous mes yeux. Mais quoi ? En tant que citoyenne américaine, j'ai très souvent été confronté à ce genre de spectacle. Il faut être préparé à tout ici. Ça peut dégénérer à n'importe quel moment.

Des enfants pleurent, agrippés à leurs mamans, de frayeur. Certaines personnes pas très chanceuses sont prises à partie par des policiers. Mon Dieu je dois faire quelque chose ! C'est tellement horrible ce qui se passe. Des hommes se font arrêter plus loin, blancs et noirs confondus. Certains gens réussissent tout de même à porter secours. Mon Dieu j'aimerais être comme eux. Je sais que vous pensez. Au moment où chacun cherche à sauver sa peau, moi je veux aider. C'est comme ça que je suis. Y a-t-il un mal à ça ? Les manifestants quant à eux, responsables de l'émeute en premier rang, sont violemment rabroués par des hommes en tenue bleue nuit, armés jusqu'aux dents. Plus précisément ceux de la cellule anti-émeute.

Des manifestants ? Oui des manifestants. Des républicains pour la plupart, qui réclament le départ et la démission du maire actuel, démocrate, accusé de corruption et d'alimenter un vaste réseau de prostitution incluant des mineurs. Vraiment moche comme dossier. Arrivé à la tête de l'institution il y a deux ans, J. True Thompson n'a pas vraiment fait l'unanimité dès le départ. Mais au moins il était respecter de tous les habitants de Minneapolis... enfin presque tous. Mais après les révélations de ces dernières semaines faites par des sources inconnes, la quote de popularité de Monsieur le Maire a bien régresser. Il n'est plus fiable et la population ne veux clairement plus de lui et est déterminé à le faire savoir. Et ah j'oubliais, un autre fait très grave qui vient alourdir le dossier déjà peu reluisant de notre cher maire. Accusé d'être un grand défenseur de la suprématie blanche, en accordant des faveurs parfois imméritées à ses

frères de race où purebred brothers comme on le dit ici, au détriment des minorités raciales fortement représentées et majoritairement noires. Ce qui a value un ralliement massif des populations noires ( d'habitude pro démocrate ) aux partisans pro républicains pour réclamer le départ de True Thompson. Et voilà où nous en sommes.

Une grenade explose et vient me sortir brutalement de ma rêverie. Je traverse une route visiblement déserte, où plane encore les affres de la "guerre": des projectiles, lance-roquettes, grenades, gourdins et même pistolets abandonnés, sans oublier du sang répandue un peu de partout sur la chaussée. Je traverse une seconde route aussi vite que je peux pour éviter d'être repérée par qui que ce soit,tout en me couvrant le nez comme toute à l'heure. J'arrive dans une petite ruelle de North Loop, et m'avance prudemment. Les émeutes couvrent toute la zone.

Mon cœur bat la chamade. Il va sortir de ma cage thoracique. Mes mains sont subitement molles et mon corps semble vouloir s'écrouler sous le poids de mes tremblements et je prends appui sur le mur d'un mini shop pour marcher convenablement. Je ne peux m'empêcher de jeter des coups d'oeil furtifs autour de moi, car l'on est jamais à l'abri d'une attaque surprise. Finalement je reconnais la maison au bout de la rue. C'est la mienne. Comme voir la lumière au bout du tunnel, je sautille presque de joie de ce que cette épreuve soit enfin terminée. Son grand toit bleu, son petit garage en coin typiquement américain, sans oublier sa petite allée parsemée de haies de fleurs des deux côtés. Ça y est ! Je suis enfin chez moi. Juste la route à traverser et quelques pas à fa...

BANG !!!

Un coup de feu. Je sursaute et m'arrête de suite, portant ma main droite sur mon cœur qui manque de s'arracher.

Seigneur garde moi je t'en prie de cette horreur. Maintient moi vivante, sinon prends mon âme et surtout console ma famille, qu'ils ne souffrent pas trop après mort. Que ta volonté soit faite et non la mienne, au nom de Jésus, je réussis à marmonner toujours la main tremblante sur le cœur, alors que des larmes ruissellent déjà sur mes joues.

BANG BANG !!!

Puis s'en suit de nouveaux coups de pistolet. Je suis inerte, mais toujours vivante. Je me retourne et manque de foncer dans un corps coucher par terre d'où jailli une marre de sang. Un autre était étalé en dessous de ses pieds. Mon Dieu quelle horreur ! Je me sens refroidir. Les tremblements sont de plus en plus intenses. Mes yeux écarquillés et complètement sortis de leurs orbites, pourraient faire fuir n'importe qui même un hibou. Je suis pétrifiée. Mon sac à main accroché à mon bras manque de se décrocher pour atterrir sur le sol. Il n'y a personne dans la rue. Pas de policiers pour assurer une quelconque sécurité, et encore moins un passant qui pourrait m'aider à me resaisir. Subitement quelqu'un me bouscule dans le dos. Je reste inerte. Le geste se répète et je me retourne brusquement pour voir ce qui se passe. Deux hommes. Celui juste à côté de moi à les main levées, il se recule de plus en plus arrière. Je n'ai pas le temps de voir son visage. L'autre en face tient une arme, près à tirer. Il faut agir. C'est maintenant où jamais.

J'essaie de m'interposer entre les deux mais en vain. L'homme à côté de moi, celui que j'essaie pourtant de sauver m'en empêche. Je ne comprends pas. Je tente alors un nouveau moyen, la communication. Convaincre rapidement celui d'avance.

- Non ne tirez pas je vous en supplie. Faites pas ça, fais je plus où moin calme

L'homme en face ne me regarde même pas. Son doigt fait claquer la gâchette. Je sens que ça mal finir, et tente le tout pour tout pour éviter le pire.

- NOONNN NE TIREZ PAS!!!!

Mais trop tard. Celui qui est à côté de moi s'écroule, m'entrainant avec lui dans sa chute.

Chapitre 2 2- Chirurgienne improvisée

Conversation par appel

vidéo.

Dr Barnes:

Ok, vous êtes prête ? Je suis à vous maintenant. Est ce que vous avez tout ce que je vous ai demandé ?

Moi:

Se laver les mains, oui. Porter des gants, oui. Des ciseaux, une pince, une aiguille, du fil, du matériel désinfectant,oui. Tout est là.

Dr Barnes :

Ok. L'opération peut commencer.

Un long frisson me parcours le corps. Mais je fais de mon mieux pour rester zen. J'appelle même le Seigneur à l'aide comme j'ai l'habitude de faire quand je suis stressée. Aide moi, aide moi Seigneur je t'en supplie. Je sais une chose, je n'ai pas droit à l'erreur. Soit je le guéri, soit alors je le... Non. Interdiction de penser à une chose pareille.

- Allé, tu peux le faire, je m'entends dire.

Dr Barnes :

Tout d'abord vous allez essayer de vous frayer un chemin en écartant soigneusement les différents tissus à l'aide de votre pince. En d'autres termes, ouvrir un peu plus la plaie pour avoir accès à la balle.

- Ok c'est parti, je soupire.

Je regarde la plaie en face de moi. Des bouts de chaire éclatés sous la pression de la balle pendent. La plaie est toute rouge... enfin rouge par endroits et noircie sur d'autres. Elle est profonde. Normal la balle a perforé la cuisse du pauvre monsieur. Et elle saigne un peu de partout. Bref c'est tout sauf jolie à voir.

Je bénie intérieurement le ciel pour le caractère de dure-à-cuir que j'ai. Je ne suis pas du genre à s'évanouir après avoir aperçu de une goutte de sang où une plaie qui relèverait du dernier film d'horreur après Châtiments bien sûr. Je suis plutôt passive. Ce genre de choses ne fait ni chaud ni froid. Pourtant quand il s'agit de jouer la chirurgienne improvisée...

Flashback.

Après avoir traîné l'inconnu qui s'est pris une belle sous mes yeux, jusqu'au bout de la rue où se trouvait ma maison. J'ai appelé le 911, numéro d'urgence qui m'a répondu tout simplement qu'ils étaient trop surchargé et ne pourrait rien faire pour moi, et de surcroît la route menant à ma maison était barrée suite à l'émeute de toute à l'heure. Par conséquent on m'a mise en contact avec un médecin urgentiste pour me guider durant mon intervention.

Dr Barnes :

Je suis désolé mais nous ne pourrons prendre votre blessé en charge.

Mon blessé ? Non mais je rêve. Tu l'as bien secouru non? Bon oui mais...

Dr Barnes :

Nous sommes plus que débordés et il n'y a plus assez d'espace pour accueillir qui que ce soit.

Et que dois je comprendre par là ? Je regarde furieuse l'écran de mon smartphone qui affiche la tête guindée du fameux Dr Barnes.

Moi :

Ok. Et que se passera....

Je n'ai pas le temps de terminer ma question que le médecin me coupe sans scrupules. Sa phrase m'assomme en plein visage.

Dr Barnes :

Vous allez devoir l'opérer pour extraire la balle.

Moi:

COMMENT ????

Jusque là tout ce passait bien. J'ai réussi à ramener ce blessé à l'abri de toutes rafales de balles qui n'a montré cette fois ci aucun signe de résistance. Cause: il est toujours inconscient. Ma sœur est en voyage donc je peux disposer de la maison comme bon me semble et jouer les apprentis secouristes. Mais là, jouer la chirurgienne improvisée ? Hors de question.

Dr Barnes :

Je suis navré mais on a pas de choix. À moins que vous ayez une autre solution.

Moi:

L'évacuation !

Je réponds comme un petit enfant ayant une illumination soudaine. Tellement je veux échapper à cette situation. Comme si quelqu'un m'avait dit de le ramener chez moi.

Dr Barnes :

Impossible. Toutes unités d'urgence sont plus que saturées. Et les équipes sont bloquées au sol, alors...

Il ne montre aucun signe de compassion à mon égard, même pas de la pitié. Ce médecin est juste...mieux je ne parle pas de peur de dire quelque chose qui me fera culpabiliser après et attristera le Saint-Esprit. L'espoir que j'avais donc d'échapper à cette situation s'évapore aussi rapidement qu'il est venu.

Moi:

Je ne suis ni secouriste, ni aide soignante encore moins...chiru....

Où alors j'ai un talent caché de chirurgienne que j'ignore ? Qui sait ? Sait on jamais. Je me remémore les paroles de ma mère. On possède très souvent des talents cachés qu'on a tendance à ignorer....

- Jusqu'à ce qu'on se retrouve aux tréfonds de notre vie, je termine.

Dr Barnes :

Vous allez vous décider, oui ? C'est question de vie ou de mort !

Le médecin furieux, pourrait décider de me lâcher à n'importe quel moment. Déjà qu'il n'est pas très gentil...si je l'énerve encore... Je regarde la plaie béante de l'inconnu que j'ai essayé tant bien que mal de stopper les saignements. L'amener jusqu'ici pour le laisser succomber après serait complètement stupide de ma part. Voir même méchant. Bon ok Évelyne il va falloir y aller.

Moi:

Bon ça y est. J'y vais.

Dr Barnes :

Enfin décidée. Il vous faudra un certain matériel pour cette intervention. Vous en avez mis du temps madame.

Fin du flashback.

Je saisis la pince comme l'a dit le docteur et je réussis à entrouvir la plaie. Cela ne suffit pas. Je presse les extrémités à l'aide de mes doigts manucurés, pour permettre à la balle de remonter en surface.

Dr Barnes :

Faites très attention madame, à ne pas sectionner les vaisseaux où encore une quelconque veine. Cela pourrait entraîner une hémorragie où pire la mort de l'individu car vous ne saurez comment vous y prendre après.

Très réconfortant le docteur...of. Je suis attentivement les instructions du Dr Barnes, malgré le stress et la peur qui m'envahissent. Je ne vois toujours pas cette foutue balle et je commence à flipper.

Dr Barnes :

La balle fait environ 9mm. Elle est dotée avec un bout arrondi noir. Bref c'est ce qu'on a pu extraire de la plupart des patients ici, donc je suppose que c'est la même. Selon les experts elle proviendrait d'un Colt M1911, pistolet généralement utilisé par l'armée. Il est très puissant donc il faut faire extrêmement attention. À se demander comment un civile aurait fait pour se procurer un tel outil.

Bah c'est simple. Un ancien militaire reconverti en criminel des rues, tirant sur des innocents... où presque. Sincèrement je ne saurais dire si cet homme devant moi est un innocent où pas. En tout cas si on s'en tient à son physique, pas du tout. Bref je n'ai pas le temps d'observer mon "patient", j'ai mieux à faire.

Je me reconcentre sur la plaie et pour la première fois depuis tout à l'heure j'aperçois quelque chose. On dirait un petit point noir qui n'a clairement pas sa place là. Soudain je sens mon patient légèrement bouger. Oh oh. Il faut faire vite.

J'insère la pince et essaie d'atteindre le point noir. L'odeur du sang commence à me monter à la gorge et c'est pas du tout agréable. Nouveau geste de la part de mon patient. Je panique.

Du calme Évelyne, du calme. Je prends une profonde inspiration pour me calmer et l'odeur du sang envahit mes voies respiratoires. J'ai vécu pire que ça en tout cas.

Dr Barnes :

Vous devriez déjà l'avoir eu bon sang ! J'ai pas tou....

Moi:

Je l'ai !!!!!

Je m'éccrie heureuse, comme si je venais de trouver un petit trésor.

__ Pardon ?? Non mais qu'est ce que vous foutez à mon pied PUTAIN ??!!!

Oh oh.

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Hello les amis, bienvenue dans cette nouvelle histoire qui s'intitule "OPPOSéS". J'espère vivement qu'elle vous plaira .

N'hésitez pas à voter, commenter et partager. Je vous aime et que Dieu vous bénisse.

À très bientôt.

Chapitre 3 3- Monsieur grognon.

Une vingtaine de minutes plus tard, je termine de fermer la plaie ouverte à l'aide d'une aiguille désinfectée au préalable, sur les cris stridents et les jurons de mon patient. À croire que je n'aurais pas pu secourir meilleur personne que lui.

- Putain, fait chier ouais, hurlait-il de douleur.

- Si vous pouviez éviter de bouger, ça m'éviterait de piqué l'aiguille n'importe comment, grinçais je entre les dents.

Après vingt minutes de dur calvaire, je vins à bout de cette couture rocanbolesque. Je fis un grand pansement pour couvrir la plaie de potentiels microbes qui pourraient l'infecter.

Dr Barnes :

Bravo madame. Je dois avouer que vous avez plutôt fait du bon travail. Le patient devra faire un tour à l'hôpital dans les prochains jours pour une meilleure prise en charge. Sinon...

- Je ne viendrai pas dans votre putain d'hôpital, lance brutalement l'inconnu en se levant comme furie me bousculant au passage, alors que je viens de refermer sa plaie.

Gentil le monsieur hein.

Dr Barnes :

Monsieur je le dis c'est pour votre bien, certainement pas par pure plaisir !

L'inconnu saisi violemment mon téléphone adossé contre le panier de fleurs sur la table basse, qui affiche encore la tête agacée du docteur. Il a l'air très en colère. Seigneur qui est ce que je viens d'introduire chez moi. Je tremble presque.

- Hey c'est mon téléphone. Pas touche ! Je riposte tout de même.

Peine perdue. Il me lance un regard furtif et m'ignore complètement.

- Je vous ai dit, espèce de vieux chauve (j'avais même pas remarqué qu'il était chauve) je ne mettrai même pas le bout de mon orteil dans votre hôpital de malheur, est ce clair ???

Le docteur pousse un soupir. Cette fois ci il est plutôt désemparé et tente vainement de rassurer le patient... l'inconnu... brutal...bref je sais même plus comment l'appeler.

Dr Barnes :

Je comprends que vous ayez des appréhensions, mais je vous ass...

L'inconnu :

Au revoir docteur.

Puis il raccroche sans aucun scrupule. Je reste sans voix, la bouche entrouverte, aucun mot ne sort. Je le vois manipuler encore mon smartphone mais je n'ai pas la capacité de le reprendre.

- Tiens. Il me tend le téléphone et détourne son visage du mien. J'ai supprimé le numéro.

- Q...qu...quoi ??? Je demande dépassée.

- J'ai dit, j'ai supprimé le numéro.

Je récupère mon téléphone encore dépassée par ce qui vient de se passer et me dirige vers la cuisine.

- Pétasse, murmure-t-il.

- Pardon ?? Je me retourne instantanément comme piqué au vif.

L'inconnu regarde à travers la fenêtre. Je ne peux voir ni son visage ni l'expression de celui-ci. Je rêve où il vient de me traiter de...

- Je ne m'adressais pas toi, répondit il simplement.

Les battements de mon cœur baissent et je réussis à me calmer. Heureusement c'était pas moi... mais à qui ? Nous sommes bien deux dans cette maison non? En tout cas je crois que je l'aurais viré direct de chez moi s'il s'agissait de moi. Mais maintenant que j'y pense, je crois que je ne devrais pas tarder à le faire.

Je me remets à marcher vers la cuisine mais avant que je ne puisse y pénétrer, je tiens à me rassurer.

- Je vais faire...un peu de café, ça te dirait ? Je demande anxieuse.

Il ne me répond pas. Peut être qu'il n'a pas suivi ?! Vue la manière dont je parlais. Alors je réitère ma demande.

- Euh je vai...

- Sans sucre et sans lait, me coupe-t-il brutalement. C'est comme ça que je le prends.

Sa voix est rauque et froide. Il ne me regarde même pas.

- Ok sans sucre et sans lait.

Je marche à reculons et cogne l'arrière de mon crâne sur le seuil de la porte.

- Aïe, je gémis de douleur avant de me retourner pour voir où je marche.

Je prépare rapidement les tasses de café. Le soir est arrivé et il fait de plus en plus froid. Pour le café de monsieur je le fais sans sucre et sans lait comme demandé. Je met le tout dans un plateau accompagné de petits biscuits préparés la veille. Je ramène le tout au salon, sur la table basse.

Je prends place sur des fauteuils en face de la table, tandis que l'inconnu s'assoit gaillardemment sur le sofa. Il faut croire qu'il y a certaines personnes à qui on n'a pas besoin de dire faites comme chez vous, qu'ils ont déjà saisi tout le sens de la chose. Génial. J'avale une gorgée ainsi qu'un biscuit, ne quittant pas le jeune homme des yeux, car on ne sait vraiment pas à quoi s'attendre avec lui.

Il porte sa tasse à ses lèvres et me lance un regard que je peine à déchiffrer. Je baisse les yeux gênée, puis les relève pour voir si il va boire son café. Il me regarde toujours. Bon sang ! Il va boire se café oui où non???

Finalement il se décide à le faire. Sauf que, il recrache immédiatement la gorgée qu'il vient de prendre. Surprise, je dépose ma tasse et me précipite vers lui. Peut être qu'il s'est étouffé en voulant boire...moi je sais pas.

- Euh tout va bien ? Je demande.

Il relève la tête vers moi et me transperce d'un mauvais regard. J'en ai froid au dos.

- Tu as mis de la guimauve dans mon café ? Gronde-t-il.

- Bah je me di....

- PUTAIN ! ça a du sucre ! Qu'est ce que tu n'as pas compris dans café S-A-N-S--S-U-C-R-E ??

Ah bon ? J'y ai même pas pensé. Où avais je la tête aussi.

- Désolée...j'y avais pas pensé, fais je en récupérant sa tasse. Sincèrement désolée, je grimaçe.

- En plus il est très chaud. Je le prends tiède mon café.

Comme quoi... je lève les yeux au ciel.

- Bah il fallait me le dire, je m'énerve.

- Vous êtes juste bonne à rien, murmure-t-il.

Je m'arrête subitement. C'est à moi qu'il s'adresse là ? Certainement pas j'espère.

- Je te demande pardon ?? ( Je sens la colère m'envahir, je ne peux plus me retenir. Seigneur pardonne moi mais je dois ouvrir les yeux à cet ingrat ) Qui t'a amené ici quand tu t'es pris une balle dans la cuisse ? Qui c'est occupé de toi, a appelés les hôpitaux de toute la ville, un médecin en pleine angoisse ? Qui s'est improvisé secouriste, chirurgienne pour sauver la vie d'un ingrat comme toi ?

Je sens les larmes me monter aux yeux mais je l'ai refoule du mieux que je peux. Il a touché là où ça fait mal. Juste bonne à rien ?

- Tu dev...

- Un ingrat comme moi ? Me coupe-t-il ( Il se rapproche dangereusement de moi et je recule prise de peur ) T'aurais dû me laisser crever tu ne penses pas ? Pourquoi est ce que je t'ai empêché de prendre la balle à ma place à ton avis.

Prendre la balle à sa place ? Je n'avais pas pensé à ça quand j'ai voulu m'interposer entre les deux hommes. Je me disais juste que ça aurait pu stopper l'autre dans son acte... enfin il n'aurait pas pu... Maintenant qu'il le dit, je me dis que sûrement l'autre n'aurais eu aucun scrupule de tirer sur moi. Et tout ça pour qui ? J'ai été idiote.

- Peu importe je me suis quand même soucié de toi! Je grommele. Et monsieur tout ce qu'il trouve à faire c'est de grogner par ci, grogner...

- Et ben tu N'AURAIS PAS DÛ !! me coupe-t-il comme il en a l'habitude. Tu n'aurais pas dû te soucier de moi, comme tu l'as fais. Je n'en vaut pas la peine de toute façon !

Je m'apprête à répliquer mais je me ravise. Comment ça il n'en vaut pas la peine ? Je le regarde fixement. Mon cœur s'adoucit inconsciemment, pour cet inconnu que je ne connais que depuis quelques heures.

- Je.... je...p..

- Tu m'as bien regarder, je ressemble à un ange peut être ? Me demande-t-il froidement.

Grand, noir, teint mât plus précisément ; plutôt velu. Des dread locks en guise de coiffure ; sans oublier les tatouages en tout cas j'en aperçoit un petit bout au niveau de son cou, côté gauche. Pantalon jeans destroy, veste cuire avec des inscriptions telles que hell is not heaven. Il est loin de ressembler à un ange. Mais quand même est ce à dire qu'il n'en vaut pas la peine.

- Comment ça tu n'en vaut pas la peine ? Je pose tout de même, de ma voix la plus calme possible.

- Ce sont pas tes affaires de toutes façons, me répond il froidement.

Ok monsieur n'est sans doute pas d'humeur à se taper la causette avec moi. Il se dirige vers la porte d'entrée et m'inquiète. Où compte-t-il aller dans un état pareil ? Hey mais pourquoi j'ai encore de la peine pour lui? Il ne veut pas que je l'aide il me l'a bien fait comprendre.

- Où tu vas comme ça ? Je demande d'une voix presque tremblante.

- Je m'en vais. Ça se voit non? Me lance-t-il furieux.

Il presse la poignée. Dois je le laisser partir ? Je songe. Il n'a pas été gentil mais quand même. Mais pourquoi est ce que je veux aussi le retenir ? Pourquoi ? Alors que je tourne à rond, creusant ma cervelle pour trouver une réponse à cette question, la porte s'ouvre. Je sens mon cœur, comme lorsqu'une mauvaise intuition me parcours l'esprit. Je me précipite vers la porte et le saisit par le bras.

- Ta b.. blessure, je bégaye. Je ne peux pas te laisser partir.

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Hello Hello, j'espère que ça vous a plu. Merci déjà pour vos réactions. Ça me fait chaud au cœur ❤️. N'hésitez pas à voter, commenter et partager.

Merci encore et à bientôt pour un nouveau chapitre 🤗💕

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