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Notre chambre froide

Notre chambre froide

Auteur:: promotion
Genre: Romance
Deux hommes se rencontrent et tombent amoureux mais leur vie de couple se transforme rapidement en cauchemar. Infidélités, mensonges, trahisons, addiction au sexe vont meubler leur relation. Seulement, à l'aube de leur séparation, la mort rôde. Qui, des deux, survivra à cet amour sanglant ? À PROPOS DE L'AUTEUR Après avoir lu Edgar Allan Poe, Charles Baudelaire et bien d'autres auteurs, l'écriture s'est imposée tout naturellement à David Volli. Écrire une histoire et transmettre un message sont pour lui de véritables sources d'épanouissement.

Chapitre 1 No.1

À toi.

Juste une lettre morte,

à toi et pour toi.

Toi qui m'as toujours défendu d'écrire sur toi, sur nous.

Du même auteur

L'ombre de mon antre, éditionsElzévir, Paris, avril 2011.

Avant-propos

J'ai toujours essayé de ne jamais me censurer à travers mes écrits. L'idée de censure me révulse au plus haut point. Je sais que beaucoup de passages, certains mots, surtout dans mon premier roman ont pu choquer certaines personnes. Cependant, je crois que les non-dits m'ont toujours empêché de vivre pleinement. J'ai toujours essayé d'accepter les choix de vie de mon entourage amical et familial sans jamais juger quiconque. Chacun doit pouvoir vivre sa vie comme il le souhaite ! Je n'ai jamais mis de couteau sous la gorge de quelqu'un pour être accepté ou être aimé.

Je sais déjà par avance que ce roman autobiographique sera jugé dès les premiers mots. Alors à ceux, et je sais qui, qui critiqueront ce dernier, tout comme pour mon premier roman, je veux juste leur dire que je ne suis pas « UN FOU » ni « UN PD », je suis juste un HOMOSEXUEL qui vit au travers de vos actes hypocrites et de votre morale qui n'est certainement plus d'actualité ! Je sais à quoi vous pensez lorsque vous êtes malheureusement en ma présence, je le lis dans vos regards qui s'abaissent en me voyant. (C'est vrai, j'ai toujours eu de belles chaussures !)

Rien n'est provocation chez moi, j'ai juste une réalité affirmée !

Et du fond du cœur, je vous emmerde !

Je vous souhaite le trépas douloureux et lent !

***

L'idée de censure, même « auto-censure » me révulse. S'interdire les choses n'est pas une solution. Les tabous, les non-dits ont toujours empêché d'avancer, d'aller de l'avant...

Mylène Farmer

***

Aux mondes invisibles

Divins frères

Aux hommes qui espèrent

Intimité où règne l'unité

Quitter mon âme

Quitter mon ombre

Si tu le souhaites

Je peux te les confier...

***

Mon amour,

Tu ouvriras une nouvelle porte sur une autre chambre. Tu y verras qu'il y sera question du ciel. Le ciel de l'enfer. Tu y retrouveras la noirceur de mes pages. Tu retrouveras le feu de mes mots princiers conçus dans nos nuits d'amants. Tu reconnaîtras, dans l'immensité sombre de cette nouvelle chambre, l'attente de la possibilité d'une venue. Tu y retrouveras la froideur du royaume de la nuit.

Tu y attendras un nouveau prince...

Dans cette chambre, je te souhaite d'y trouver la mort !

***

Sur des cieux tourmentés par la foudre

Des corps se tordent de douleur

Les âmes emportées dans les ténèbres

Spectres aspirés dans les abîmes

L'enfer, Dante Alighieri

***

Et la mer devint comme le sang d'un homme mort. Et tout ce qui, dans la mer, avait souffle de vie, mourut.

Apocalypse, saint Jean

Chapitre 2 No.2

Jusqu'ici, tout va bien...

Je te cherche dans mes souvenirs, et pourtant tu es là, ton âme est là, face à moi, me regardant t'écrire ce livre.

J'aimerais tant pouvoir te dire ce que je ressens dans cette obscurité. Te dire que le temps qui nous a séparés reste le maître de notre relation. Ce temps, joueur avide, qui gagne à coup sûr. Comme cette vie qui me reste et qui cependant s'en va. Je fais vivre ton absence. Ce manque de toi, qui jamais ne me quitte.

Je n'ai plus de corps. Effacement, déchirure. Je n'ai plus de visage. Je suis un anonyme de plus dans ton sillage. Dans ton existence, tu m'as estompé peu à peu. Notre image de couple devient floue lorsque je me regarde. Parler, écrire, exister parmi les autres, en étant à l'écart de toi, dépasser notre histoire et pourtant, je vais la raconter sans fiction.

Je ne veux pas te prendre par surprise, ou te momifier dans ce texte, ou nuire à ce que tu tiens tant. Je veux et je vais essayer de te préserver. Je vais essayer de nous raconter en secret, car j'ai conscience qu'une simple phrase peut détruire une vie. Il me suffit, là, que je nous livre, que, cessant de te protéger, je nous dévoile. Une image, la tienne, qui s'est imposée et ne me quitte plus depuis ces quelques mois. Elle m'accompagne, m'aide à traverser cette horreur impensable de la rupture, elle est là avec moi, toujours émerveillante.

Tu m'avais entraîné dans un labyrinthe amoureux, comme dans une course contre le temps. Toi, qui as fait de notre couple un mensonge, un secret pour les tiens. Toi qui m'avais appris que le mensonge pouvait surgir du réel.

Tu admettais de moi bien aisément mes silences, peut-être comme une gêne. Et puis sans toi, je ne suis rien et rien à côté de toi.

On nous a pris parfois en pitié, où alors on attendait qu'on nous congédie. Tu continuais de ne rien dire. Je crois qu'il ne me revenait pas de parler en premier, je me suis tu.

Combien de temps demeurerons-nous ainsi dans ce silence mondain, je l'ignorais ? Je ne comptais pas. Je ne trouvais pas ça long.

Je savais que ce silence n'était pas long, mais il était là. Entre-nous et je devinais que dans cet interminable silence, c'était autre chose qui se jouait. C'était notre relation qui se mettait à exister, à prendre forme. C'était un lien qui ne s'inventait pas. Et ce silence devenait comme une intimité, un aveu. C'était d'évidence un merveilleux silence.

Je me souviens

Je lève les yeux, je te vois m'esquisser un sourire. Tu es joyeux d'avoir triomphé de ce silence, d'en avoir fait une chose palpable, signifiante. Les autres, ceux qui nous regardaient, se mettaient à comprendre eux aussi.

Ils pensaient : « Voilà ça vient de se produire sous nos yeux, ces deux hommes viennent de se rejoindre. Amoureux, ils le sont. »

Sans un mot, sans un geste, nos cœurs battaient à l'unisson. C'était saisissant, ça s'était fait, ça s'était construit en quelques regards dans le silence. C'était un silence des plus sensuels, celui qui disait tout sur ce que nous étions, ce qui nous avait réunis, et surtout ce qui nous attendait.

Mais qui pouvait savoir ce qui se passait dans notre chambre à part toi et moi ?

Lorsque nos corps en sueur se reposaient enfin, comme des cadavres brûlants. Je formule à nouveau pour moi-même cette promesse :

Tant que je le pourrai, je ne parlerai pas. J'écrirai.

Les jours décroissent, les nuits augmentent. Je savais que même avec ta lassitude, c'est moi que tu désirais, et que tu désires.

Laisse-moi revenir pour que je puisse me loger à nouveau dans ta petite mort, ce vide qui t'est indifférent.

L'écriture sur toi me ramène à l'inacceptable de notre relation morte. Tu pouvais être si loin, et pourtant si proche.

Je ressentais entre nous un lien qui ne passait ni par la raison ni par l'imaginaire, c'était comme un fil invisible qui reliait nos âmes.

Parfois, quand je retombe dans l'obscurité, je ressens encore ce lien fragile aujourd'hui, mais si présent quand je pense à toi.

Tout comme aujourd'hui, avec l'épreuve de la page blanche que je noircis pour refaire exister plus fort notre lien à tout jamais perdu.

À travers ce livre, je te parle, je nous parle.

Si tu veux tout oublier, laisse ma main te guider. Tu as choisi de faire une forme de résistance à l'aube, à nos vies que tu as décidé de rendre solitaires. Tu mêleras ton sang à celui d'autres hommes que tu condamneras plus tard.

Tu as fait de moi et malgré moi, le complice de ta rupture et je devrais m'en vouloir, me sentir coupable et éviter de me poser ces questions sans réponses et qui resteront à jamais lettre morte sur notre relation.

Tu me feras certainement la tête, ou pire, une colère quand je te donnerai ce livre achevé, vu que tu n'as jamais apprécié mon écriture, et surtout que tu m'avais toujours interdit d'écrire sur toi, sur nous.

Je sais que je prends le risque, peut-être de te perdre définitivement, à te balancer ce récit comme ça du jour au lendemain sans prévenir, mais je le fais tout de même, car c'est mon cœur qui me l'a dicté.

J'ai conscience que tu trouveras absurde que je t'offre ces quelques lignes, mais j'ai besoin de remplir ce vide qui surgit dès que je pense à toi.

J'aurais aimé me glisser dans tes fêlures, être ton unique obsession. Où que tu sois, où que tu ailles, être là, que tu ne puisses plus fermer ou ouvrir les yeux sans que je t'apparaisse.

C'est une déchirure pour moi de me confier à toi de cette façon. J'ai le sentiment de m'arracher de toi pour ne plus souffrir. J'avance doucement dans ce manuscrit, je pense, pèse et ressens tous les mots que je souhaite t'offrir, tout en cherchant à ne pas te froisser.

C'est un chagrin d'amour dont je ne sais pas exactement quand je vais m'en remettre. Et puis un matin, je m'étonne que ce poids terrible ait disparu. Le mal-être s'est enfui, et pourquoi à ce moment-là ? Pas avant ? Pas après ? Je ne cherche plus d'explication concrète, car un beau matin, ce poids revient !

Aujourd'hui, je suis sans besoin sauf celui de te voir, je ne suis ni commencement ni fin...

Je suis...

Tous ces mois, ces années, à t'aimer où tu mettais ma vie en scène, le premier rôle que tu me donnais, lorsque dans tes bras l'amour m'était sans fin. Mais tu m'as laissé là, je n'ai plus de rôle, je suis sans existence. Comme on dit « Rideau ! ».

Chapitre 3 No.3

Parfois, ce n'est qu'en quittant la scène que l'on peut savoir quel rôle on a joué.

Jerzy Lec Stanislaw

***

Lorsque tu m'as quitté, j'ai ressenti comme l'effet d'un canon posé sur ma tempe, laissant traverser ta rupture telle une balle de part en part de ma tête. Je devenais léger comme le souffle du vent. J'étais léger comme les baisers que tu me donnais quand tu m'aimais, léger comme une étreinte lorsqu'elle fait mal, comme ta présence lorsque tu étais là, léger comme tout mon corps l'était en marchant à tes côtés. Je te voyais comme un cadeau qui n'avait pas de prix, un cadeau qui me pesait lourdement. L'amour que je t'ai porté, que je porte pour toi, m'est lourd. Tu étais mon cadeau qui modifiait les couleurs de mon ciel, de mes mondes invisibles à tes yeux. Tu étais un cadeau empoisonné qui a remis en question toute ma théorie sur l'amour.

Plus rien de tout cela demeure, plus rien de nous ne subsiste. Ma vie est de l'autre côté maintenant, dans ton absence, dans la douleur, la souffrance de t'avoir perdu.

Tu as prôné notre rupture comme exemple, tu as prôné l'abandon telle une victoire dans l'affranchissement de nos péchés. Comme si cela te permettait d'échapper à la culpabilité.

Depuis quelques jours déjà que tu m'as quitté, ce ne sont que des jours de peines et d'effroi. Des jours pas comme les autres. J'ai essayé de tout changer, j'ai changé de travail, de ville puisque tu m'as éjecté de l'appartement de Nantes.

J'ai changé quelques amis aussi.

Je pensais que changer de tout, et tout changer me ferait t'oublier, mais rien ne s'est produit comme je le souhaitais. Tu es toujours dans mon cœur. Tu obsèdes mes pensées.

***

Deux amants tranquilles, je vois nos cernes.

Nos cœurs vont renaître, ou disparaître.

J'accélère nos rythmes cardiaques.

Des médicaments aux effets secondaires, pharmaceutiques, psychotiques...

Le plafond de notre chambre, mensonge à lui-même...

***

J'ai voulu tout reprendre à zéro. En fait, c'est comme si j'avais tout repris à zéro, mais que le zéro n'est rien. Le néant !

Tout recommencer à zéro, impossible, en dessous du zéro trop de négatif. Mon corps, mon âme ne sont plus qu'une chambre froide négative à moins de quarante degrés Celsius qui n'arrivent plus à fonctionner en mode « dégivrage » et ainsi faire fondre la glace qui m'emprisonne.

Mon désir n'a maintenant ici plus la même forme que dans l'état amoureux, je ne jouis plus de ton corps désiré. Entre plaisir et déplaisir, j'essaye de m'apaiser, j'essaye d'accéder à cette nouvelle liberté, celle qui dépasse souffrance et solitude.

C'est notre relation que j'aimerais glisser dans l'écriture. Trouver par l'énergie des mots comment pénétrer secrètement, docilement ton âme, sans acte, sans discours, j'aurais voulu reposer en éternité au fond de ton corps.

***

Par ton glaive

Ainsi tu achèves

S'abat une vie

La mienne

...

***

Aujourd'hui, je m'aperçois que dans tous les livres que j'ai pu lire, il y a toujours des chapitres.

Des chapitres pour bien séparer les moments, pour montrer que le temps passe et que les situations évoluent. Des chapitres aux titres prometteurs, tels que : la rencontre, la passion, l'espoir, la rupture, la chute... C'est écrit comme des tableaux en expos dans une galerie. Mais je me suis aperçu que dans la vraie vie, il n'y a pas de chapitre, pas d'indication, pas de panneaux qui indiquent

« Attention danger », ou en encore « Risque d'éboulements », « Désillusions ». Pas de chapitre entre nous deux, juste un début et une fin. Je croyais qu'aimer quelqu'un, ça voulait dire tout partager, même ce qu'on ne peut pas comprendre de l'autre. Partager même le plus sombre de nos âmes.

Une rupture est le pire qui rejoint l'évidence d'un couple. Plus rien ne paraît possible, plus rien ne paraît tranquille, et dans mes insomnies, je découvre les faces devenues sombres et vides de mon imagination. Dans mes insomnies, je reconnais ces heures secrètes et noires, où on espère qu'au réveille, qu'une nouvelle journée effacerait ces mauvais souvenirs. Mais la nuit annonce et révèle la seule vérité, que les choses ne seront plus jamais ce qu'elles ont été !

Je suis sans doute dans l'entre-deux, incapable à me résoudre et incapable à me défaire de toi.

Je tangue navigue d'un bord à l'autre, je nage à contre-courant dans l'espoir de retrouver tes terres. Je suis en manque, de toi. Pire qu'un drogué. Et comment ça se domine le manque ? Comment je fais ? Comment je vais arriver à ne plus penser, chaque jour, chaque heure, à toi ?

Comment mes souvenirs vont-ils résister à des détails insignifiants, une musique, un endroit, un parfum, un geste, une odeur qui me renverront à toi ?

J'ai beau essayer de m'occuper l'esprit, mais toujours tu reviens, tel un boomerang, ou comme un rhum en hiver.

***

Ta volonté de solitude, c'était sûrement une pulsion morbide.

Tu avais excusé cette rupture, ta rupture, par le fait que tu voulais être seul. Comment et pourquoi pouvais-tu rompre sur cette simple excuse ? Savais-tu la suite pour nos vies ? Avais-tu quelqu'un d'autre dans ta vie ?

Je me suis retrouvé dans le dédale des souvenirs, je cherche à savoir exactement à quel moment de notre vie de couple nous avons perdu notre trace. Comprendre ce qui s'est passé, cassé. J'aimerais faire ressurgir le passé, le vrai comme le faux, le réel et l'imaginaire sans en faire le tri. Savoir et comprendre le silence de la fatalité.

Me laisser aller à ma boîte aux secrets qui me pousse à dire ce qui ne se dit pas. Comme si écrire était indécent.

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