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Nos souvenirs

Nos souvenirs

Auteur:: SKORE
Genre: Aventure
Nous avons eu une soirée très arrosée hier, Jacques fêtait un contrat qu'il venait de décrocher avec la présidence de la République. Il a bien sûr, été pistonné par un de ses cousins. Il devra couvrir les événements people, lorsqu'il y aura des fêtes ou lorsque les enfants de ces gens auront des événements d'ordre social, des galas et j'en passe. Nous avons réellement fait du chemin.

Chapitre 1 01

Zelda Malonda Obiang...

Nous avons eu une soirée très arrosée hier, Jacques fêtait un contrat qu'il venait de décrocher avec la présidence de la République. Il a bien sûr, été pistonné par un de ses cousins. Il devra couvrir les événements people, lorsqu'il y aura des fêtes ou lorsque les enfants de ces gens auront des événements d'ordre social, des galas et j'en passe.

Nous avons réellement fait du chemin.

Après cette soirée, il n'était nullement question pour nous de nous lever tôt, non, j'avais concocté tout un programme pour féliciter mon homme et lui faire prendre conscience de ma présence malgré toutes ces années. Je lui suis restée loyale, au-delà de tout, même de ses incartades quand l'argent a commencé à couler à flot.

J'étais en train de passer ma main sur le corps de Jacques en une caresse langoureuse quand j'ai entendu la sonnerie retentir avec insistance. Qui avait l'outrecuidance de déranger les gens de très bonne heure comme ça ? j'ai décidé d'ignorer et j'ai gobé à pleine bouche jusqu'à la garde le membre de mon mari, on avait encore le droit de se faire plaisir, après tout on avait que la quarantaine et il était important d'avoir une sexualité épanouie jusqu'à notre vieillesse. Mon corps répondait encore, je n'allais donc pas me gêner.

Jacques grognait de plaisir et avait imprimé à ma tête un mouvement et la cadence afin de lui procurer ce plaisir dont moi seule avait le secret.

Je l'ai laissé se déverser dans ma bouche avant de me décider de faire une pause et voir ce qui se passait, en plus, il semblerait que le gardien cognait, il y avait peut-être une urgence.

Je me suis saisie d'un de mes vêtements légers, un kimono et j'ai brosser mes cheveux. J'avais en effet pour règle de toujours être mise, je n'avais pas le droit de me faire voir en débraillé, j'avais une réputation à maintenir.

Quelle n'a pas été ma surprise de trouver assis à ma terrasse William Owanlèlè et une belle jeune femme. J'étais tout de même intriguée et surprise, qu'est ce qu'il pouvait bien venir faire chez nous de bon matin ?

- William ? qu'est-ce que tu fais chez moi aussi tôt ?

- Je veux voir ton mari et toi bien sûr pour une affaire importante.

Son ton était sans appel, j'avais bien l'impression que quelque chose le contrariait, mais je ne pouvais pas savoir quoi.

Je n'ai plus eu des nouvelles de William depuis notre divorce et franchement, il était le cadet de mes soucis, on s'était quitté sur une note douloureuse et très longtemps après la perte tragique de notre fille, j'ai eu une dent contre lui.

Il était la dernière personne a avoir été en sa présence et lorsque les soupçons se sont portés sur lui, j'ai vu rouge, mon enfant ! j'avais plein de défauts mais je ne pouvais pas laisser quelqu'un faire du mal à ma fille et être toujours avec lui, c'est comme si j'avais moi-même participé.

Quelques minutes plus tard, après moi, mon mari est sorti nous rejoindre.

Je suis incapable de vous dire exactement ce qui s'est passé, tout s'est déroulé tellement vite, devant mes yeux et ceux des personnes présentes.

William venait de mettre des coups de poings rapides à Jacques, comme s'il était à l'entrainement d'une séance de boxe et qu'il devait taper rapidement sur le punchingball. Jacques titubait après l'avalanche des coups de poings qu'il avait reçu, il était étourdi. Je me suis mise à crier :

- Mais ça ne va pas William, tu débarques chez les gens et tu les agresses, ça ne va pas se passer ainsi

- Je m'en fou Zelda, toi aussi tu étais sa complice. Dis-moi tu étais avec lui lorsqu'il noyait ma fille ?

- Mais de quoi parles tu ? Jacques n'a jamais fait une chose pareille et tu le sais. C'est toi qui avait été vu en dernier avec elle.

- Monsieur Sortez de chez moi, je ne vous permets pas de venir m'insulter à domicile, non. Jacques venait apparemment de reprendre ses esprits

- Je ne vous insulte pas, vous avez tué ma fille. il n'a même pas honte de dire chez lui

- Je ne sais pas de quoi tu parles

- Tu le sauras au poste de police. Commandant, vous pouvez l'embarquer, il répondra de son acte.

Je ne voyais vraiment pas de quoi il parlait et Jacques qui lui aussi donnait de la voix, j'étais quelque peu perdue. William parlait de la mort de notre fille et accusait Jacques. Mais qu'est ce que c'était cette histoire ? Jacques, faire du mal à ma fille ? mais où allai il chercher de telles idées? Jacques n'aurait pas pu faire du mal à Wildya, il n'était même pas là, il avait juste trouvé l'enfant dans les bras de son père, je ne comprenais donc pas d'où sortais cette histoire.

Ce n'était pas juste de venir réveiller le souvenir de notre enfant parti trop tôt.

Des hommes en uniforme venaient d'entourer Jacques et je crois d'ailleurs que c'est exactement à ce moment que j'ai pris conscience de leur présence chez nous.

J'étais perdue.

- Appelle un avocat Zelda, ils racontent n'importe quoi, ils veulent me coller une histoire vieille de plusieurs années que je ne connais même pas. Tu as toi-même tué ta fille, toute la ville est au courant des sacrifices demandés par ta secte.

- William pourquoi le fais-tu alors que tu sais que ce n'est pas lui ?

- Comme je sais que vous étiez marié alors que tu vivais avec moi dans ma maison et que tu m'as fait prendre ton mari comme chauffeur. Dis, qu'est-ce que vous avez fait d'autres dont je n'étais pas au courant ?

J'ai perdu de ma superbe lorsque j'ai entendu ce qu'il venait de dire. Seigneur, comment a-t-il fait pour le savoir ? personne n'était censé être au courant.

J'ai posé mon regard sur Jacques, je ne pouvais regarder ailleurs, j'avais besoin de réfléchir et de comprendre ce qui nous arrivait.

La journée avait si bien commencé, je serai normalement entrain de me faire prendre vigoureusement par mon mari, son coup de rein du sud serait entrain de me faire parler le meilleur fang de ma vie.

- Tais-toi Zelda, il ment. Oui on était marié et alors ? Jacques défiait William du regard.

- Alors, ça te faisait mal de savoir que je prenais ta femme dans toutes les positions et que le matin tu venais la récupérer alors qu'elle était pleine de moi

- Et alors, je l'ai moi aussi prise sur votre lit et j'ai aimé le faire en me disant que je te faisais un doigt d'honneur. C'est ma femme, elle l'a toujours été, tu n'étais que notre moyen de parvenir vers l'argent et tu nous as bien servi ton argent, sale idiot

- En attendant, je suis heureux avec femme et enfants et toi tu iras vivre dans la pisse avec les gens de ton espèce

- Vous n'avez rien contre moi

Le jeune dame qui accompagnait William, à ce moment a pris la parole pour répondre à Jacques

- Oh que si, nous avons quelque chose où on te voit noyer la petite, et on voit comment elle se débattait.

Non ce n'est pas vrai, ça ne pouvait pas être vrai ce qu'ils disent, Jacques n'avait pas pu me faire ça, tuer mon enfant ?

- Oh, ce n'est pas vrai, seigneur pourquoi venir l'accuser. Jacques dis-moi que c'est faux, tu n'as pas osé quand même le faire ?

- Tu n'avais pas le droit de lui faire un enfant. Ce n'était pas les termes de notre arrangement, non tu n'avais pas le droit, le seul qui devait te donner des enfants c'était moi et tu le savais mais tu n'as pas tenu parole et tu as donné un enfant à cette espèce d'homme qui bavait devant toi, comme si avant il n'avait jamais vu une paire de sein

- Tu as tué ma fille Jacques ? tu l'as tué ?

- Et je t'ai donné deux autres filles et un magnifique garçon qui font notre fierté. Ne sommes-nous pas heureux ? nos enfants font des merveilleuses études, une travaille déjà, pourquoi veux tu pleurer une qui n'est plus ?

Il s'est tourné plein de haine vers William et lui a dit « j'ai pris plaisir à appuyer sur sa tête dans l'eau et me dire que c'était toi, sale idiot."

Oh non ce n'était pas possible, toutes ces années je dormais avec l'assassin de ma fille ? Jacques, non il ne pouvait pas me faire ça, il n'avait pas le droit.

Je me suis laissé tombé au sol en me prenant la tête entre les mains, mes larmes étaient un torrent et je n'arrivais pas à arrêter cette crise de larme « oh mon Dieu, oh seigneur, dites-moi que ce n'est pas vrai »

Jacques, non pas lui, nous avons tellement vécu tant de choses ensemble, nous avons tellement construit une vie et de penser qu'il ait pu poser un tel acte était impossible pour mon cerveau...

Chapitre 2 02

Chapitre 2...

Zelda Obiang.

Mon Dieu, Jacques...

Si on m'avait dit que l'endroit où je cachais mon cœur était plein de reptiles, je ne l'aurai jamais cru. Mon homme, celui là, avec qui j'étais passée de la galère à la stabilité venait de me donner un coup en plein cœur.

J'ai laissé mon esprit se balader vers ces années là qu'on avait eu avant aujourd'hui, le cœur serré et meurtri par ce qui venait de se passer et se dire devant moi...

Je venais d'être réveillée par les cris des voisins, ces deux là devaient encore être entrain de se battre. La vie dans les quartiers sous intégrés étaient infernales, bon après vous me direz que je n'ai connu que ça mais il m'arrive de temps en temps d'aller flâner du côté des gens pleins aux as, aucun bruit ne filtre, c'est même le genre d'endroit où on t'agresse et le voisin n'est pas au courant, mais ici, ce n'est pas la peine, toute la ville est au courant de ce qui se passe dans ta maison.

J'ai traîné mon corps jusqu'à la douche externe, heureusement qu'hier j'avais déjà rempli les seaux et les fûts, entre la douche et notre petite maison, le couple se donnait en spectacle.

Madame avait tenu très fort le pantalon de son homme et lui disait « aujourd'hui tu ne sors pas, ce sera ton pied mon pied » et lui la regardait méchamment, certainement se demandant ce qu'il devait lui faire pour la mettre K.O, hors d'état de nuire à sa liberté. Dans leur bousculade ils sont venus me pousser, faisant tomber mon seau plein d'eau, j'avais vraiment la rage

- Mais enfin voisin et voisine, gênez-vous un peu, dans tout le quartier c'est toujours vous, vous venez de me faire perdre tout un seau d'eau. C'est quel amour furieux vous vous vouez ?

- Ah voisine, je m'excuse, vraiment, demain je m'arrangerais à t'apporter un seau d'eau.

Il avait à peine prononcé ces paroles que sa dame se mit à vociférer

- Quel seau d'eau tu vas apporter ? dis seulement que tu veux aussi te la faire, tu crois que je ne vois pas les œillades que tu fais lorsqu'elle passe ? elle ne va pas nous faire le bruit pour un seau d'eau, papa a un puit, lorsque la pompe ne crache pas l'eau tout le monde se ravitaille dans notre puit, donc non, il n'y aura pas de seau d'eau que tu apporteras ici demain.

J'ai pris ma serviette de la tôle où elle était accrochée avant de m'engouffrer dans ce qui nous servait de douche. J'ai bien calé la planche qui servait de porte et j'ai pris ma douche, laissant les malades là se battre comme les chiffonniers qu'ils étaient.

J'avais une invitation en fin d'après-midi, aujourd'hui je n'avais pas eu un seul marché. Je faisais du repassage chez des particuliers, cinq à 10 milles la bassine et j'avoue qu'il y avait des périodes où ça donnait bien et des périodes sans. Ce n'est que la semaine prochaine que je serai booké, cette semaine était libre et Jacques était pris lui aussi sur des essayages pour un mariage.

J'ai nettoyé notre pièce principale, on avait une très grande chambre qu'on avait divisé en deux à l'aide d'un rideau, une partie servait de salon et une de chambre et je ne m'en plaignais pas tant que j'étais avec mon homme.

Fanny, une de mes amies du lycée vivait avec un blanc, les militaires français du camp de Gaulle et c'est elle que j'allais rejoindre au cactus en fin d'après-midi, elle avait quelque chose à nous annoncer.

J'ai pris mon temps pour me préparer, j'allais quand même en ville, il fallait donner le change, tout le monde n'était pas obligé de savoir que Zelda Obiang vivait dans un coin perdu d'Atong-Abè. J'ai pris un taxi et j'ai rejoint mes amies en ville, il y avait Fanny, Natacha et Valérie, on avait toutes été élèves à Mabignath et après le bac chacune s'est cherchée, je ne me suis jamais trouvée. Mes parents n'avaient pas les moyens pour me faire sortir du pays, j'ai "cartouché" en science éco et j'ai abandonné, depuis je fais des remplacements ça et là et repasse. Jacques dit que si je m'organise bien je peux faire du repassage une structure bien organisée qui pourra après muter en pressing, mais où sont les moyens ?

Les filles étaient déjà là, je les ai salués avant de prendre place.

- Obiang comment vas-tu ? ça fait longtemps hein ? qu'est-ce que tu deviens ?

Le genre de question que je n'aime pas venant de certaines personnes, tu sens la question pour mettre en place le baromètre de ta vie et savoir si tu as évolué, si tu mérites d'être vu avec elle où si tu dois être à ses côtés juste pour tenir ses sacs. Valérie avait posé la question, Natacha ouvrait bien grand ses oreilles tel un rat, les soupapes en action. J'ai plaqué mon sourire le plus fake avant de répondre

- Oh je suis là, c'est tranquille, on ne se plaint pas

- Tu as déjà trouvé quelque chose depuis le temps ? ou bien toujours derrière ton kiosque du PMUG ? (pari mutuel, la vente des tickets de courses des chevaux)

Cette fille ce n'était pas la peine, depuis son retour

d'Abidjan, elle avait été pistonné par sa famille pour un poste dans une maison de téléphonie, où elle n'était même pas cadre, Madame se prenait pour le summum

- Je ne suis plus au PMUG, je suis à mon propre compte et je ne me plains pas.

Je n'en dirai pas plus et il faut dire qu'elles étaient plus les copines à Fanny que les miennes, on se tolérait, mon ami c'était Fanny, pas ses pimbêches des pk. Fanny m'a lancé un coup d'œil, je crois qu'elle avait compris que ses copines m'agaçaient déjà, elle a donc coupé court au questionnaire

- Oh, oh, les mises à jour c'est bien mais je ne vous ai pas fait venir ici pour ça. Vous aurez tout le temps, on est toutes à Libreville, personne ne va fuir. Elle nous a demandé de commander, ce qu'on a toute fait et elle nous annoncé la bonne nouvelle

- Stéphan et moi allons nous marier en comité restreint à son Consulat, on viendra faire le mariage à la coutume plus tard et j'ai franchement besoin que vous soyez là.

Je me suis levée pour aller l'embrasser et la féliciter, c'était une très bonne nouvelle. Nous avons papoté et je voyais bien le regard insistant des deux autres sur Fanny, elle devait se demander comment elle avait fait pour se faire épouser. Je n'avais pas fini que Madame Valérie à lancer

- Oh Fanny au moins toi oh, tu vas être appelé Madame, il faut nous dire comment tu as fait nous aussi on veut la bague.

J'ai tourné les yeux et soufflé bien fort pour qu'elle entende. - Obiang s'il te plait, ne tourne pas des yeux ici, je m'adresse aux femmes capables, celles qu'on épouse, pas à toi qui ne sait même pas ce que demain te réserve.

J'ai préféré ne pas relever, parce que si je le faisais, on allait finir ici en laisse, laisse, j'aller bien la rosser et on allait encore dire que les fangs sont sauvages entre temps Mademoiselle manquait d'éducation.

Le serveur est venu avec une autre tourné et nous a dit que c'étaient les Messieurs assis au comptoir qui offraient et qu'un voulait mon numéro.

J'étais moi-même étonnée, devant les filles sophistiquées là c'est moi Obiang sapé de mes habits de moutouki (friperie) qu'il a vu ? j'ai montré mon étonnement

- Moi ? vous êtes surs que vous ne vous êtes pas trompés ?

- Non Mademoiselle, il m'a bien montré la demoiselle qui l'intéressait et m'a bien décrit vos habits

- Obiang, s'il te plait ne joue pas la difficile, voici un homme capable, pas ta chose là que tu ne veux pas quitter, je ne sais pas pourquoi tu restes avec un fauché

- Ah Fanny pardon, laisse-moi mon chéri, je ne critique pas tes choix, j'attends la même chose venant de toi

- Hé le punu là t'a attaché ou quoi ? toi aussi hein

Et la même demoiselle, comme si on lui avait demandé quelque chose a pris la parole à la suite de Fanny

- Hum les gens ne veulent pas évoluer hein, c'est vivre dans la pauvreté qui est bon pour eux. On te demande ton numéro, un vrai homme. Tu le regardes seulement, tu sais qu'il a balles, ça transparait, toi tu veux jouer la belle. Si tu ne veux pas, moi je donne mon numéro.

- Hé Valérie, c'est comment avec moi ? on t'an envoyé ? pardon je vais donner mon numéro, pas la peine d'envoyer le tien, le Monsieur ne t'a même pas remarqué, tu a été transparente.

-

Hormis ces quelques pics on a passé un bon moment, planifiant tout ce qu'i y avait à faire pour le futur mariage qui aura lieu dans trois mois.

Nous nous sommes séparées en nous promettant de nous voir dans deux semaines, cette fois ci ce sera chez Fanny au haut de guégué.

J'étais debout à la grande route, essayant d'avoir un taxi lorsqu'une voiture s'est arrêtée à mon niveau et le Monsieur qui nous avait offert une tournée était le chauffeur.

- Bonjour Mademoiselle, je peux vous avancer, dites-moi de quel côté vous allez

- Merci c'est gentil, mais je vais prendre un taxi

- Il y a beaucoup de monde, vous risquerez de trop attendre, venez je vous dépose, je vous promets de ne pas vous mangez.

Je n'ai plus insisté et ne me suis pas fait prier plus que ça, en quelques minutes j'étais déposée à la station engen d'Atong Abè et j'avais accepté de lui remettre mon numéro.

je jouais la fille pas du tout intéressée mais tout au fond de moi, je priais que ça morde et qu'il m'appelle réellement. seigneur fais que mon numéro n'aille pas orner son téléphone.

Chapitre 3 03

Chapitre 3

Fanny et son mari avaient confié toute la partie animation de leur mariage à Jacques, c'était donc lui qui s'était chargé de faire les propositions des artistes, de les contacter et discuter du prix des cachets. Il avait lui-même fait le MC et le mari de Fanny lui avait donné un bon cachet pour ses services.

Sur ce coup j'avais remercié Fanny, elle ne portait pas trop Jacques dans son cœur, elle estimait que je pouvais trouver mieux et qu'il ne me méritait pas, mais bon les gens aiment juger en pensant qu'on doit tout faire comme eux. Je voulais bien des strass et des paillettes mais avec l'homme que mon cœur aimait.

Le Monsieur de la dernière fois, William m'appelait de temps en temps. Il avait la conversation facile et me faisait quelque fois oublier mon quotidien, je n'avais donc pas effacé son numéro, ni refusé ses appels et hormis la fois où il m'avait déposé, on s'était revu déjà deux fois autour d'un verre dans des beaux endroits de la capitale.

Cette semaine j'avais suffisamment de clients pour les vêtements à repasser, il arrivait que certains viennent me les déposer directement ici, mais la plupart du temps j'allais à domicile faire mon travail. Je m'appliquais car j'avais compris que c'est ainsi que j'allais agrandir mon réseau, une cliente satisfaite m'amenait d'autres clientes, ainsi de suite. Il pouvait donc m'arriver dans une journée d'aller dans trois endroits différents en essayant de caller deux à trois heures de travail pour chacun.

Ce soir-là, j'étais profondément éreintée, je ne sais pas depuis combien de temps la femme là n'avait pas repassé, mais les bassines d'habits que j'ai eu à repasser mon casser, je n'avais qu'une envie dormir.

Je me suis arrêtée, sur le chemin du retour prendre des saucisses de Toulouse braisées et du riz à la tomate, je n'aurais qu'à mettre dans les plats et poser à table, ce n'était pas possible dans l'état de fatigue où j'étais de rentrer à la cuisine faire quelque chose.

Je somnolais devant le petit écran lorsque j'ai entendu Jacques entrer en sifflant. Il m'avait apporté quelque chose, une centrale à repasser.

- Mais il ne fallait pas Jacques, où as-tu eu d'ailleurs cet argent ?

- Laisse-moi d'abord prendre une douche s'il te plait et je répondrai à tes questions.

Il est allé dans la partie qui nous servait de chambre, avant de ressortir une serviette autour des reins, le petit seau de beurre contenant nos grattes corps, savons, savonnettes et pate dentifrice.

J'ai profité de réchauffer les plats pendant qu'il était à la douche. Après être à nouveau passer à la chambre et s'être changé, je lui ai proposé de passer à table.

- Voilà je t'ai pris cette centrale parce que je crois qu'elle peut t'aider dans ce que tu fais. C'est ce qu'utilise les propriétaires de pressing

- Merci beaucoup d'être à l'écoute de mes besoins et d'aller même au-devant d'eux. Avec ça je suis tranquille pour un temps, même si j'avoue que pour le transporter ce ne serait pas commode et pratique

- On trouvera une solution. J'ai pris l'argent dans le cachet offert pour mes prestations au mariage de ta sœur Fanny

- Ah ok, je comprends maintenant. Tu es donc un homme plein en ce moment

- Même pas, je voulais justement te demander ce qu'on fait avec

- Il te reste combien ?

- Quatre cent cinquante mille, ils m'avaient donné 650 000

- On peut nous aussi, nous marier, depuis le temps, c'est peut-être le bon moment

- Mais on n'a pas d'argent

- Et ce que tu as, comment l'appelle-t-on ?

- Mais c'est insuffisant pour un mariage ?

- Pas quand tu as tes parents et tes témoins, c'est ce qu'il y a de plus important. Le reste on gère

Je l'ai tellement bassiné durant les semaines qui ont suivi qu'il a capitulé et m'a laissé gérer tout ça.

On allait se contenter de la mairie dans un premier temps, mettre tout le monde sur le fat accompli et enfin poser une date pour la dot. On est donc parti dans cette organisation, je suis allée à la mairie de la campagne prendre toutes les informations et débuter les formalités.

Un mois après cette discussion nous étions unis par les liens du mariage. On avait pris Fanny et son époux comme témoin et quelques minutes plus tard après la mairie, nous sommes allés célébrer toute la grande joie dans un restaurant de la place à Louis.

Fanny avait boudé longtemps ma décision

- Mais Obiang, on peut être têtue comme ça ? tu peux trouver mieux que ce Jacques toi aussi, avec tout ton potentiel là ? tu gaspille le matos pour le punu là, toi aussi, sois un peu ambitieuse

- Je l'aime et je sais qu'on s'en sortira, on nous enviera aussi

- Ah, là-bas c'est encore loin, il y a même un ami à mon mari qui a flashé sur toi, mais depuis que je te le dis, tu ne demande même pas à savoir qui c'est

- Mais je n'ai pas envie de le savoir, mon cœur est déjà occupé, je ne veux pas faire perdre du temps à la pauvre personne.

- Ah toi aussi hein, en tout cas, qui suis-je pour t'imposer quelque chose ? je me dis juste qu'à nos âges mieux vaut être réaliste, il nous faut du pragmatisme. L'amour ne suffit pas dans un couple, il faut de tout.

Pour moi elle était contre mon bonheur et voulait certainement être la seule à avoir un anneau briller sur ce doigt là, hé ben moi aussi je l'avais.

Quelques mois plus tard, j'avais multiplié mes marchés et j'avais pu mettre de côté une bonne somme d'argent. J'ai donc proposé à Jacques d'aller demander officiellement ma main pour la dot.

Je lui ai remis toutes mes économies pour pouvoir m'honorer chez les miens.

J'avais déjà travaillé maman au corps à corps pour que ses frères ne soient pas là nombreux et que ceux qui seront là acceptent le montant qui sera donné.

Ce n'était pas la peine de vouloir nous vider complètement en demandant des grands montants et venir plus tard nous solliciter lorsque vous aurez des problèmes ou des maladies ou un quelconque besoin.

Maman a bien fait son travail. Jacques et quelques membres de sa famille sont venus chez nous et avec sept cent mille tout était plié.

J'avais pris tout ce que je mettais de côté pour rendre cette dot possible.

Je vois les personnes s'offusquer et me dire que la dot on ne la donne pas, qu'on ne pouvait m'épouser avec mon propre argent, l'essentiel ce n'était pas de bâtir ensemble quelque chose ? son argent ou le mien ne change rien, vu qu'à la fin on vivra ensemble et mettrons tout en commun.

On l'a fait et on est heureux ensemble. Je me suis juste abstenue de donner tous ses détails à mon amie Fanny ou encore à maman, c'est une affaire entre Jacques et moi, c'est notre cuisine interne.

Quatre mois après le mariage...

Depuis le matin je n'arrête pas de courir d'un coin à l'autre et le soleil ne m'aide pas.

Il était 16 heures, lorsque j'ai fini chez une cliente à rénovation.

J'ai flâné dans les rayons de centr'Affaires, rêvant à comment serait chez nous lorsqu'on aura une vraie maison. Il faisait chaud et mes doigts avaient tendance à s'enfler dans les moments de chaleur, impossible donc pour moi de garder sur moi des bagues. J'avais donc dû enlever mon alliance et la mettre dans mon sac, je savais déjà que ça allait être sujet à dispute avec Jacques, il m'accusera encore de dissimuler mon état et prétendre que si je le faisais c'est parce que j'étais intéressée par d'autres hommes et que je cherchais à plaire à l'extérieur.

J'ai marché au centre-ville, entrant çà et là, visitant, et devant score, j'ai vu cette voiture s'arrêter, la même qui m'avait accompagné l'autre fois, je savais déjà que c'était William.

On a papoté et il m'a invité prendre un verre à la paillote avant le feu de la banque UGB. On était entrain de rire lorsque j'ai vu Fanny faire son entrée. Elle s'est arrêtée nous saluer, a pris des boissons à emporter et est venu nous dire aurevoir.

Je me suis excusée auprès de William et j'ai accompagné Fanny jusqu'à sa voiture.

- Je vois que tu commences par comprendre, je n'ai donc pas parler en vain

- Ce n'est pas ce que tu crois, c'est un ami

- Tu as des vrais amis alors. Ma petite, ce Monsieur fait partie des jeunes prometteurs de ce pays. Il a une structure qui marche de feu, avec lui, ta vie change radicalement, comme disent les jeunes de là à là. Tu n'auras plus besoin d'aller de maison en maison faire du repassage. Tu ne comptes plus jamais reprendre tes études ?

- J'ai quel moyen ?

- Mais ton repassage, tu peux vivre avec quelques repassages et sacrifier aussi d'autres en faisant des économies.

Je ne pouvais pas lui dire que toute mon épargne était parti pour mon mariage à la coutume, non, je ne pouvais pas lui dire que c'est mon argent qui avait payé ma dot. Je reprenais tout à zéro et ce n'est pas maintenant que j'aurai à nouveau un gros montant de côté. Quelques fois lorsque tu entends certaines personnes parler, tu as l'impression que pour eux tout est facile. Ils ne savent pas qu'il arrive des moments où tu n'as rien de chez rien à manger et aucune pièce quelque part et dans les moments pareils à quoi sert une épargne ? c'est sans hésiter que tu sors les derniers sous en priant Dieu que demain soit meilleur.

Nous nous sommes dit aurevoir et je suis allée rejoindre mon ami.

Nous sommes restés encore trente minutes et il a proposé de m'avancer comme la dernière fois. Je suis descendue à la station et pas très loin, Jacques était là avec quelques jeunes du quartier, il m'a donc vu descendre de cette voiture, je savais que ce soir ce sera la guerre.

J'ai longé le chemin et je suis tranquillement rentrée à la maison, me suis déshabillée et c'est là que le bon Monsieur a trouvé bon de faire son entrée.

- Sale pute, Obiang tu ne me la fera pas, on ne me trompe pas, non ça jamais. Tu as voulu être marié avec moi, respecte tes engagements. Il venait de m'assener une gifle, c'était la première fois et je n'en revenais pas

- Mais qu'est ce que tu as Jacques ? m'as-tu attrapé en flagrant délit ? c'était un ami qui a juste proposé de me raccompagner

- Qu'est ce qui me dit que tu ne mens pas ?

Il s'est approché de moi, a soulever la robe que je portais et à insinué sa main en dessous, cherchant ma féminité. Je voulais résister, fermer mes jambes et l'envoyer paître mais il se faisait insistant et il a caressé ma cuisse insistant sur l'aine. Il savait que c'était un de mes poings faibles. Je me suis laissée faire, ses doigts m'ont fouillé, faisant naitre en moi des sensations que lui seul savait me procurer.

Il s'est arrêté un instant, ouvrant sa ceinture et ses boutons pour ensuite retirer son pantalon et il s'est courbé vers ma féminité pour la manger. Je gesticulais, appuyait sur sa tête, lui demandant plus et j'ai eu pour mon compte.

Alors qu'on était dégoulinant de sueur et que le ventilateur nous renvoyait de l'air chaud plus que tout autre chose, une idée à germer dans mon esprit. ..

Fanny m'a bien dit que cet homme était parmi les jeunes prometteurs de ce pays, et si je le séduisais vraiment pour qu'il m'aide à sortir de la précarité ? Après tout, j'avais des atouts qui semblaient l'intéresser, je devais donc jouer de ça.

Le plus dur restait à convaincre Jacques de me suivre dans ce nouveau challenge. C'était mon homme, on était complice mais je ne sais pas comment il allait prendre cette proposition. Je ne lui dirai pas que le Monsieur était celui qui m'avait raccompagné, je sais comment je lui présenterai la chose. Obiang, à toi de jouer, sors ça et sors ça bien.

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