Ngonda « Lune »
Première partie
Chapitre 1
Bandundu «République Démocratique du Congo »
Nounga (victoire)
Moi : bébé na nga, nani abeti yo ?? Loba na nga, nakend'ozongisa. Tangu mususu otutani na mur ya ndako'ooo. Bébé oh ! Bébé oh ! (une berceuse en lingala : mon bébé qui t'a frapper ?? il faut me dire la personne que j'aille la frapper aussi. Peut-être tu t'es cogner sur le mur de la maison). Une berceuse qui a bercé notre enfance, c'était la préférée de notre mère. Ngonda ne veut pas dormir, ni boire le lait que j'ai mis pour elle dans le vieux biberon que la sœur Matondo m'a donner. Elle travaille à la paroisse et lorsqu'elle a appris que Zola et moi nous allons avoir un enfant, elle a appelé une de ses cousines qui habite à Kinshasa l'épouse d'un riche homme pour quelle puisse m'envoyer les affaires de sa fille qu'elle n'utilise plus.
Tima (le cœur/ ma voisine) : ebwe??
Moi : ebwe (bonjour en kikongo) inki mambu ??(Comment tu vas ?? quels sont les nouvelles)
Tima : mambu ikele ve (pas des nouvelles, bonnes nouvelles).
Moi : Dieu merci, tu sors au champ ??
Tima : si bientôt je peux faire la récolte de maïs.
Moi : ah ça, je suis content pour toi. Comme tu vois c'est impossible pour moi de me rendre au champ avec l'enfant.
Tima : demain je passerai ici la journée, tu peux y aller et me la laisser.
Moi : tu peux faire ça ??
Tima : bien sûr toi aussi. D'ailleurs il faut me la donner je vais la prendre un peu.
Moi : et bizarrement lorsque tu la prends elle cesse de pleurer.
Tima : haha il faut laisser l'enfant tranquille peut être que c'est toi qui ne sais pas bien la bercer.
Moi (me levant): je vais prendre ma douche vite fait puis je reviens la prendre.
Tima : vas-y.
Je suis partie prendre ma douche en me dépêchant, je ne dois pas non plus abuser de la gentillesse de Tima. Tima c'est ma voisine et nous avons grandi ensemble. Elle vit avec son père, sa mère est morte depuis des années déjà. Une fille courageuse, travailleuse. Elle voulait faire des longues études de médecine mais malheureusement à cause du manque de moyen elle s'est arrêtée en classe de deuxième secondaire. Elle a deux frères : un c'est un enseignant à l'école catholique et l'autre c'est un menuisier. Ils sont tous mariés mais ils ont construits sur le terrain familial. Moi je suis l'enfant unique de ma mère, je n'ai jamais eu la chance de connaitre mon père parce qu'il m'avait abandonné.
Heureusement que ma mère avait économisé les sommes colossales que mon géniteur lui donnait, lorsqu'elle s'est rendue compte que le monsieur l'avait abandonné avec la grossesse, elle a achetée des terres où elle faisait des travaux champêtres. Ma mère a travaillait durement dans ses champs pour me scolariser mais malheureusement elle était aussi morte d'une maladie mystérieuse.
Mes deux grands parents ont continues à prendre soin de moi et au fur et en mesure que les habitants devenaient de plus en plus nombreux, le champ a été transformé en une parcelle. C'est ce terrain sur lequel je vis. Je me suis arrêté en classe de quatrième des humanités littéraires lorsque mes deux grands parents sont morts dans un accident en sortant à Matadi. Je suis resté dans leur maison mais bon comme ma mère était l'enfant que ma grand-mère a eu avant de se marier avec mon grand-père, mes oncles et tantes m'ont chassé dans leur maison.
Grâce à des petits bricoles et cours du soir que je donne souvent aux enfants j'ai pu construire cette maison de deux chambres, salon et une petite cuisine à l'extérieur. La sœur Matondo m'a beaucoup aidé pendant cette période. Je dormais à la paroisse et chaque matin je partais faire de petit boulot ici et là puis le soir je donnais les cours du soir en bas du manguier qui est au milieu de la cour de la paroisse.
Moi : j'ai fini Tima, elle est où ??
Elle : allongée sur la natte dans la maison, elle s'est endormie.
Moi : ah okay laisse-moi la prendre, merci encore Tima.
Elle (souriant): je t'en prie.
Je ne savais pas qu'un jour j'allais devoir prendre soin de ma fille seul. Zola cette fille que j'ai aimé et continu d'aimer de tout mon cœur. Un jour je suis partie faire la lessive a la rivière, il était déjà 15 heures par là et je ne pouvais pas attendre que mon linge sèche pour partir. Ce n'est pas bien de rester à la rivière jusqu'au coucher du soleil. J'ai mis mes habits dans une bassine que j'ai posée sur ma tête en remontant tout doucement la petite pente qui mène sur la grande route.
Flash-back
La vie au village n'est pas du tout facile même si je n'ai jamais vécu en ville mais je sais que là-bas les gens ne se rendent pas aux champs, qu'ils ont de l'eau et l'électricité dans leurs maisons. Qu'ils ne cuisinent pas sur le feu du bois et n'ont pas besoin de se rendre à la rivière pour puiser de l'eau ou faire la lessive. J'espère qu'un jour j'irai à Kinshasa à l'aventure même si je n'ai pas un niveau d'étude élevé, je suis intelligent et m'exprime bien en français. Je peux chercher un petit travail même de domestique pour subvenir à mes besoins et faire des économies. Comme ça je peux retourner au village construire une maison sur mon petit terrain que mes parents m'ont laissé et passer les examens d'état dans un centre d'autodidacte.
J'ai un petit téléphone itel que la sœur Matondo m'avais ramené lors d'un voyage à Kinshasa et une carte mémoire dedans que m'avait laisser un ami d'enfance parti vivre en ville depuis des années. Il m'a envoyé plusieurs chansons de Koffi, Fally, Lwambo Makiadi, le grand Kalé et certains artistes américains, français, etc. J'ai même les chansons de deux fils du vieux Djuna Djanana Gim's et Dadju. Ils vivent en France et font de la musique d'après ce que mon ami m'a dit. J'ai fini de faire la lessive et plier mes habits encore mouillés que j'ai posé dans ma bassine que je compte mettre sur la tête. Monter la pente avec la bassine dans une main et avec mon téléphone dans une autre main ne seras pas du tout évident.
Moi (chantonnant) : nakokufa liwa ya ngungi, ya nyoka ba betaye balembe te, nani amiboma pona yesu, toyoka te ooo. Ebele bamiboma kaka se pona bolingo eh si je savais ça.
(Une chanson du grand Madilu qui parle d'amour.) Son titre c'est si je savais ça.
Moi : moyi ebimaka se pona batu nionso
Basusu bako profiter na ngambo oh oh !
Liboke ya moninga osombela ngo kwanga soki oza na mwa ndambo ya espoir oh...
Je chantais à tue-tête en tenant ma bassine d'une main et de l'autre main mon petit téléphone lorsque j'ai aperçu une jeune fille se faire agresser par deux hommes. J'ai fait descendre ma bassine en mettant mon téléphone dans ma chaussette. Je me suis approché d'eux pour savoir ce qui n'allait pas.
Moi (en kikongo): qu'est ce qui ne va pas ici ?? Pourquoi vous brutalisez la pauvre fille ??
Eux : passe ton chemin sinon tu vas être tabassé à sa place.
Moi : lâchez-là je vous dis.
Eux : sinon tu vas nous faire quoi ??
L'un d'eux s'est approcher de moi avec une machette, j'ai été rapide, j'ai tordu sa main et lui ravissant sa machette. Il a hurlé de douleur, son ami est venu à sa rescousse mais il a reçu un coup de tête qui l'a propulsé au sol. Il s'est levé le nez en sang en courant la poussière rouge sur son pantalon blanc.
L'autre : s'il te plait lâche moi tu risques de me briser les os.
Moi : et c'est ce que je compte faire.
Lui : s'il te plait grand frère.
Moi (lâchant sa main): vas t'en mais tu as intérêt à ne plus recroiser mon chemin.
*
Moi (à la jeune dame): ça va ??
Elle (tremblants, les larmes et la morve mélangés sur son jolie visage): oui merci beaucoup. Je n'imagine même pas ce qu'ils allaient me faire si tu n'allais pas passer par ici.
Moi : ça va lève-toi s'il te plait.
Elle s'est levée en époussetant sa jupe.
Moi : tu le connais ??
Elle : non mais je les ait entendus dire qu'ils sont du village voisin.
Moi : tu sors à la rivière ??
Elle : si, ils ont même brisé ma calebasse. Koko (grand-mère) ne va pas être contente.
Moi : tu vis avec ta grand-mère ??
Elle : si.
Moi : ah d'accord je m'appelle Nounga.
Elle : et moi Zola. Enchanté.
Moi : je ne t'ai jamais vu dans le village.
Elle : je viens de Kinshasa, ma mère m'a amener vivre ici parce qu'elle a trouvé un mundele (blanc) du coup elle est venue m'abandonner chez ma grand-mère parce qu'elle ne pouvait pas partir avec moi et son mundele ne devait pas savoir qu'elle a une grande fille.
Moi : oh lala je suis désolé et tu as quel âge ??
Elle : 19 ans et toi ??
Moi : j'ai 25 ans et tu faisais quelle classe à Kinshasa ?
Elle : quatrième des humanités et c'est parce que j'ai chaumé pendant deux ans. Ma mère était à Lubumbashi et m'a laisser chez sa copine mais comme elle n'envoyer plus l'argent, j'ai arrêté les études.
Moi : elle vit où ta grand-mère ??
Elle : à côté du marché.
Moi : ah je connais ta grand-mère, c'est ma Kanzumba n'est-ce pas ??
Elle : si c'est elle.
Nous sommes partis voir sa grand-mère et je devais aussi expliquer à cette dernière pourquoi sa calebasse s'est briser. Elle a maudit ses voyous et elle a aussi tiré les oreilles de sa petite fille qui est parti à la rivière avec une robe courte, fleuri qui selon elle a attiré les regards de ces voyous.
Moi : koko je vais vous laissez, je dois partir étaler mon linge.
Elle : ah mon fils tu ne restes pas un peu ?? J'ai préparé le dongo-dongo (gombo) et le fufu de manioc. J'ai fait aussi un bon plat de mpiodi (Thomson).
Moi : je veux bien rester mais je dois y aller koko.
Elle : dans ce cas laisse-moi te servir dans une assiette. Tu viens de sauver ma petite fille, tu le mérites.
Elle m'a servi puis a dit à sa petite fille Zola de m'accompagner. Nous avons échangé les numéros parce qu'elle a un téléphone mais un smart phone, qui prends les photos et vidéos et on peut se connecter avec sur les réseaux sociaux.
Je crois que ce téléphone coûte une fortune parce qu'ici au village tu peux entrer dans toute les maisons et tu ne vas pas trouver deux ou trois personnes qui ont un smart phone. Même les villageois à qui leurs membres de famille qui vivent en ville offrent de gros téléphone ; ils les vendent et achète la marchandise, achète les bétails de fois même un bout de terrain sur lequel ils cultivent. Sérieusement moi-même je ne peux pas utiliser un téléphone qui coûte une fortune pourtant avec cet argent je peux investir dans un business rentable qui peut me rapporter une petite fortune chaque fin du mois.
Un jour j'ai vu à la télévision de la sœur Matondo dans une émission, une dame qui a un téléphone qui coûte 1500 dollars. J'ai failli tomber à l' envers sérieusement un téléphone de 1500 dollars ?? Ce téléphone peut appeler au paradis ?? Tsuiips.
Chapitre 2
Retour au présent
J'ai allumé le feu de bois avec Ngonda attaché sur mon dos. Elle est très belle ma fille, elle ressemble de plus en plus à sa mère. Sa bouche pulpeuse, ces jolies yeux revolvers et son gros front. Le reste c'est moi.
Tima : tu cuisine quoi comme repas ce soir ??
Moi : les spaghettis que la sœur Matondo m'a rapporté en ville et la viande de Canard.
Tima (souriant): je sens que ce soir je vais être ton invitée.
Moi : toi tu es une grosse gourmande. (Prenant un air sérieux) ce soir je ne veux pas des visiteurs.
Elle : ah ce que tu vas cuisiner ton repas du début jusqu'à la fin assis devant ta casserole. Je dis ça je ne dis rien.
Moi (mort de rire): tu veux devenir une voleuse à cause de la nourriture de blancs??
Elle : mais c'est toi qui dis que tu ne vas pas me donner.
Moi : mais tu connais le chemin de la paroisse non ?? Qu'est ce qui t'empêche de demander à la sœur Matondo un carton aussi.
Elle (pouffant): tu parles comme si tu ne connais pas ton élément. Un jour je suis partie demander à la sœur juste quelques feuilles de leurs avocatiers, papa m'avait dit que l'eau de ses feuilles bouillies augmente le sang. Elle m'a dit qu'elle ne peut pas me laisser couper les feuilles, elle ne peut pas abimer son arbre juste parce que la villageoise que je suis ne veut pas se rendre à l'hôpital acheté les médicaments appropriés à cette tâche.
Moi : tout le village dit qu'elle est radine mais moi je sais que c'est une personne généreuse.
Elle (tapant dans ses mains) : tu sais que les sœurs aussi ont des sentiments non ?? (Essuyant sa bouche) en tout cas je n'ai rien dit moi.
Moi : je sais que tout le monde pense que je couche avec elle mais non elle est comme une sœur pour moi.
Elle : bon assez parlez de maboko makasi (les mains durs : expression qui désigne une personne chiche, radine) Matondo et si tu me montre comment cuisiner les spaghettis.
Moi : d'accord laisse-moi prendre tous les ingrédients puis je viens te montrer.
J'ai fait descendre Ngonda de mon dos lorsqu'elle voit Tima elle ne veut plus de moi. Une traîtresse cet enfant.
Elle : en tout cas c'est très bon mais dit-moi comment je vais savoir que j'ai bien appris si tu ne me donnes pas aussi un paquet que j'aille aussi essayer chez moi.
Moi : il faut partir acheter à la boutique du centre, toi tu veux qu'on te donne la chèvre et le fil pour l'attacher ??
Elle : mais je vais enlever où cet argent toi aussi Nounga ??
Moi (grattant ma barbe): ah est ce que moi je sais ??
Elle (jouant avec Ngonda): Ngonda tu vois les choses de ton père ?? À force de côtoyer la sœur Matondo, il commence à copier son comportement.
Moi : toi aussi Tima, tu sais bien que je blague.
Elle : oh mais moi je croyais que tu étais sérieux dans te dire.
Moi : non je vais te donner 2 paquet t'inquiète. Elle m'a amené tout un carton, je ne peux pas tout finir seul.
Elle : merci beaucoup.
Elle est partie une fois Ngonda endormi. Je dors avec ma fille sur un petit lit en bois d'un mètre quarante avec un matelas très épais au-dessus. J'ai mis deux nattes en bas parce que je commençais à avoir mal aux côtes.
*
*
Elle est venue chez moi, nous nous sommes assis sous l'arbre de manguier qui est dans ma cour. Elle m'a parlé de la vie en ville. Comment elle passait par la fenêtre la nuit pour partir danser dans les boites de nuit et le matin elle rentrait toujours sans se faire attraper jusqu'à ce qu'un jour elle rentre le matin et trouve la fenêtre fermée de l'intérieur.
Zola : j'ai essayé d'ouvrir la fenêtre plusieurs fois mais elle était fermée de l'intérieur pourtant je l'avais laissé ouverte.
Moi (ma tête appuyer sur ma paume de main): damne et qu'est-ce que tu as fait ??
Zola : j'ai su que ma mère allait faire ma fête, je suis restée assise devant la porte de la cuisine même le pagne que je laissais souvent sur la corde pour faire genre je me suis réveillée tôt même si on m'attrape n'était pas sur la corde.
Moi (mort de rire): je n'imagine même pas la peur que tu avais ressentie ce jour-là.
Zola : je me suis assise en pleurant, ma mère s'est réveillée à 9 heures et elle m'a bastonné comme si j'étais un voleur.
Moi : et tu as dit que tu étais où ??
Zola : j'ai été obligée d'appeler mon petit copain de l'époque, il est venu se présenter à ma mère et s'excuser. Ma mère lui a dit qu'il ne veut plus voir sa tête chez elle et si nous continuons à nous voir en cachette, elle ira me déposer chez ses parents.
Moi : ici les jeunes profiter de s'éclipser lorsqu'il y'a une cérémonie de danse le soir autour du feu sans que les parents ne s'en rendent compte mais bon de fois nombreux oublient qu'a x temps la cérémonie prends fin et que chacun doit retourner à son domicile.
Zola : toi tu n'aimes pas la danse ??
Moi : si mais je n'aime pas le faire en public, je suis un grand timide moi.
Zola : en tout cas moi j'aime danser malheureusement ici il n'ya pas des boites de nuits.
Moi : si il y'a un mais c'est à Bandundu centre.
Zola : un jour tu vas m'y amener.
Moi (grattant ma tête) : euh si ta grand-mère te donne la permission, ça va être aussi ma première fois.
Zola : mais on peut aussi partir sans rien dire, tu sais grand-mère elle est vielle jeu. Elle n'acceptera jamais.
Moi : oui mais je ne préfère pas qu'on y aille sans demander sa permission, le lieu est un peu éloigné d'ici et on ne sait jamais.
Zola : d'accord dans ce cas tu viendras demander la permission pour nous deux.
*
*
Retour dans le présent.
Moi : tu vas la faire prendre son bain vers neuf heures, elle déteste aussi l'eau très chaude donc fait attention, là tu as son lait et ses habits de rechanges.
Tima : mais c'est moi la femme Nounga, tu n'es pas obligé de me sortir un long discours juste parce que tu veux partir au champ et me laisser ta fille. T'inquiète je vais prendre soin d'elle.
Moi (blagueur): ne boit pas le lait de ma fille oh ! Il y'a une dame à qui on laissait l'enfant au lieu de faire boire le lait à l'enfant c'est elle qui le faisait.
Tima : kiekiekie et si je bois tout ??
Moi : tu ne peux pas faire ça. (Mettant mon panier sur le dos) bon moi je m'en vais.
Je suis partie en chantonnant une chanson de
papa Wemba # phrase.
Soki yo te nde l'amour na nga ekoma ah
Neti phrase etonda
Ba faute ebele
Ya solo tokomi mosika...
*
*
Je suis arrivé au champ, il faisait encore un peu noir. J'ai planté des tomates et oignons et à ce que je vois, cette saison je vais me faire assez d'argent parce que les insectes n'ont pas attaqué mes plantes et tout ça grâce à Matondo.
Elle m'avait apporté des engrains à versé dans les champs pour éviter les insectes qui bouffées les plantes.
Je n'ai pas grand choses à faire, juste enlevé les plantes mortes et cueillir les tomates qui sont déjà un peu mur.
Kanda : le revenant, lelo oye kosala bilanga ?? (Aujourd'hui tu es venu au champ)
Moi : nayaka lisusu mikolo nionso te po naza na mutu yokotikela mwana te. (Je ne viens plus tous les jours parce que je n'ai plus personne à qui laisser l'enfant.)
Lui : ah d'accord je comprends. Tu es vraiment courageux, ce n'est pas tous les hommes qui peuvent s'occuper seul d'un bébé.
Moi : tu sais on dit souvent dans la vie qu'il ne faut pas dire jamais tant que tu es encore en vie. Moi-même je ne savais pas que j'allais un jour prendre soin seul de ma fille.
Lui : moi je te conseille de prendre une autre femme comme ça elle va t'aider à élever ta fille.
Moi : non hein pour le moment je n'ai pas envie de me remettre en couple et puis qui sait ?? Peut-être sa mère va revenir un jour.
Lui : c'est pour cette raison que nous préférons épouses les filles du village parce que celles de la ville mon frère elles ont les mœurs légères.
Moi : oui mais tu sais on ne choisit pas souvent de qui on tombe amoureux.
Nous avons bossé jusqu'à 12 heures puis nous avons partagé le repas. 30 minutes après chacun avait repris sa houe. Le soir nous sommes rentrés ensemble, je n'avais qu'une seule envie, retrouver ma fille et la serrer fort dans mes bras. Ngonda ma lune, elle éclaire mon destin ma fille.
Tout le monde au village ne se gêne pas de me dire qu'ils m'ont prévenus mais je n'ai pas voulu entendre, oui je sais que me mettre en couple avec une fille de ville qui ne connait pas la galère du village allait avoir tôt ou tard des répercussions sur moi mais ne dit-on pas que l'amour croit en tout, supporte tout.
Comment est-ce que j'allais savoir qu'un jour elle m'abandonnera avec l'enfant en plus?? Même si elle allait me dire de partir avec elle en ville, j'allais me jeter à l'aventure qu'est-ce que je n'étais pas prêt à faire pour elle. Mais bon Dieu ne fait rien pour rien. Puis je ne l'en veux pas trop, elle est partie mais au moins elle m'a laissé un trésor précieux ma lune, ma fille ce petit être qui me donne la force de me lever même lorsque tout ne vas pas, ce petit être qui me donne tous les jours la force et l'envie de réussir.
Ma mère était tombée enceinte de moi à l'âge de 16 ans, mon père c'était un monsieur de la ville qui était venu superviser un projet de construction des routes au village. Ils ont eu une aventure en cachette pendant toute une année et les fruits de cette aventure c'était moi. Lorsque le monsieur avait appris pour la grossesse, il a promis à ma mère de l'épouser et partir avec elle en ville mais malheureusement le monsieur a disparu du jour au lendemain et ma mère ne savait pas par où commencer pour le retrouver.
Les personnes qui travaillaient avec lui ont refusé de donner l'adresse du monsieur à ma mère parce qu'il était un homme marié, cette histoire à créer de sérieux problèmes dans le foyer de ma grand-mère parce que ma mère c'était un enfant qu'elle avait faite avant d'épouser mon grand-père. Tout le monde disait que le fruit n'était pas tombé loin de l'arbre, que ma mère avait suivi les pas de ma grand-mère.
Mon grand-père maternelle c'était un homme avec un grand cœur et plein de sagesse, il a dit que même si il était déçu de ma mère, il ne va pas la rejetée parce qu'elle a commise une erreur. A cet époque tomber enceinte dans la maison familiale c'était une malédiction mais grand père n'a pas chasser ma mère, pour lui c'était sa fille au même titre que ces autres enfants que celui qui se sentait contraint par sa décision n'avait qu'à ne plus mettre ses pieds chez lui pour ne pas croiser ma mère. Que leurs âmes reposent en paix.
Chapitre 3
Retour dans le passé
Après ce jour-là rien n'était plus pareil, elle m'accompagnait au champ, à la rivière, elle commençait à aimer la vie au village qu'elle détestait comme la mort au début.
Zola (me montrant des photos): regardes c'était les jours de mon anniversaire, l'année passée.
Moi : waouh mais tu es très belle, c'est où ici ??
Zola : à Kinshasa, chez le copain d'une cousine à Lemba, nous avons demandées la permission de son copain pour que la fête se passe chez lui au lieu de partir louer une salle.
Moi : franchement c'est très beau, j'imagine que ça a coûtée toute une fortune.
Zola (fière): oui presque 1000 dollars.
Moi (surpris): quoi ?? 1000 dollars mais où est ce que tu as trouvé cette argent ??
Zola : ma cousine avait créé un groupe whatsApp et a invitées ses amies et connaissances dedans, ils ont tout organisé moi j'ai mis juste 200 dollars.
Moi : mais c'est une forte somme d'argent, avec mille dollars tu as une parcelle, tu peux ouvrir une grande ferme avec cette argent. Non en ville les gens sont dépensiers.
Zola : oui c'est pour cette raison que je compte rentrer a tout pris à Kinshasa, la vie ici est dure et il y'a pas l'argent en circulation.
D'ailleurs ma cousine m'avait conseillée de rester avec elle mais c'est moi qui n'ai pas voulue l'attendre.
Moi : et tu allais rester chez qui ??
Zola : chez elle, la maison de son copain.
Moi : heureusement tu es venue, sinon je n'allais pas savoir comment se passe la vie en ville et avoir une si précieuse amie comme toi.
Zola : donc tu me vois juste comme une simple amie ??
Moi : si tu es ma meilleure amie.
Zola (se levant en époussetant sa robe nerveusement): mais moi je ne veux pas juste l'amitié entre nous Nounga. Il n'existe pas d'ailleurs une amitié entre deux sexes opposés.
Moi : Zola attend s'il te plait.
Elle est partie en courant, je suis resté debout les mains sur la hanche. Mais qu'est-ce que j'ai dit de mal ??
*
*
Moi : Tima ! Tima !
Elle : pourquoi tu cries mon nom comme ça ?? Tu veux que les sorciers du village m'appellent pendant la nuit.
Moi : mais où est ce que tu sors encore cette histoire ??
Elle : ah bon hein donc toi tu ne sais pas que les sorciers appellent les gens la nuit ??
Moi : s'il te plait arrête tes histoires là pardon.
Elle : un grand monsieur comme ça qui as peur.
Moi : elle est où Ngonda ??
Elle : dans la maison, elle est juste allongée mais elle ne dort pas. (Me suivant dans la maison) toi aussi Nounga pourquoi tu n'as pas appelé la petite directement Lune dans la langue de blanc ?? Nounga ça fait vieille.
Moi : pardon laisse-moi, c'est une Africaine pourquoi je vais la faire porter le prénom de blanc ??
Elle : toi tu as la même mentalité que feu maréchal Mobutu haï en tout cas moi mes enfants ne porteront pas les prénoms en langues.
Moi (soulevant ma lune): bah si tu épouses un homme de la ville peut être.
Elle : ah oui tu as raison.
Moi : merci beaucoup Tima, je pars prendre une douche et voir quoi préparer ce soir.
Elle : j'ai cuisiné les feuilles de manioc et le manioc avec la viande de brousse. Laisse Lune ici, va te laver puis tu viens on partage le repas ensemble.
Moi (la donnant Lune): il faut penser à faire aussi tes propres enfants hein.
Elle : ah katuka ! (quitte ici !)
Je suis partie prendre une douche rapide, j'ai fait passer l'huile palme sur mon corps puis je suis partie rejoindre Tima et Ngonda. Elle cuisine merveilleusement bien cette petite.
Tima : et ta journée ca été ??
Moi : fatigante mais au moins je sais que je vais bientôt faire une entrée d'argent et je peux finir les travaux de la maison.
Tima : moi aussi je pense faire changer les tôles de la maison après la vente de me récolte. Lorsqu'il pleut on a l'impression d'être dehors.
Moi : achète juste les tôles, je vais le mettre moi-même.
Tima : ah bon ?? Je ne savais pas que tu étais menuisier.
Moi : tu me sous-estime trop ma petite, je suis un homme à tout faire.
Tima : Yaya m'a demandé une grosse somme d'argent juste pour faire ce petit travail hum en tout cas demain matin j'irai lui dire que je n'ai plus besoin de lui.
Moi : attention hein il ne faut pas partir dire à ton frère que c'est moi qui vais le faire, il risque de me scier avec sa scie.
Elle (morte de rire): non il ne peut pas faire ça.
Nous avons fini de manger puis je suis partie chez moi, faire prendre son bain à Ngonda et préparer ma journée de demain. J'ai des élèves qui sont en classe de sixième primaire et veulent que je leurs aides à réviser les cours avant les examens de Tenafep (test national de fin d'études primaires).
*
*
Je suis partie le même jour chez ma Kanzumba, Zola était assise dans son coin et ne me calculez même pas.
Ma Kanzumba : bienvenue mon fils, tu as bien fait d'être passée par ici. S'il te plait tu peux monter sur le manguier et m'aider à cueillir quelques mangues. Celle qui est ici avec moi a grandi en ville et ne peut pas monter sur un arbre.
Moi : tu veux que je cueille plusieurs Ma' ??
Elle : si tu peux mon fils sinon le petit voyou du quartier vont venir faire la fête avec mes mangues la nuit. Je préfère le cueillir et le vendre.
Je suis montée sur l'arbre avec mon panier sur le dos, j'ai cueilli plusieurs mangues et ma m'a donnée un panier plein comme remerciement. Elle a dit à Zola de m'accompagner et transporter le panier. Je jubilais de l'intérieur lol je vais voir comment elle compte partir avec moi alors qu'elle ne veut pas me parler.
Moi : c'est quoi le problème Zola ??
Zola :
Moi : qu'est-ce que j'ai dit de mal hier??
Zola : écoutes moi je ne veux pas juste une simple amitié avec toi, tu es un homme, je suis une femme et je vois très bien que tu es aussi attirée par moi.
Moi : mais non moi je te vois juste comme une sœur.
Zola (posant le panier sur le sol): justement moi je ne veux pas que tu puisses me voir juste comme une sœur, je veux plus.
Moi : tu veux dire que tu m'aimes ??
Elle : si, ce n'est pas le cas pour toi ??
Moi : allons d'abord chez moi, ce n'est pas bien de discuter au milieu de la route.
Moi : tu sais Zola il est vrai que je ressens aussi des sentiments pour toi mais je suis juste un simple villageois et après tout ce que tu m'as raconté sur ta vie en ville, je ne pense pas que je te mérite. Je ne peux pas t'offrir même un dixième de cette vie.
Elle : Nounga lorsqu'on aime on ne compte pas, je t'aime malgré ta pauvreté et puis tu es un jeune qui se débrouille correctement.
Moi (soupirant): et ta grand-mère ?? Qu'est-ce qu'elle va penser de moi ??
Elle : mais rien nous sommes deux adultes.
Moi : le samedi je vais venir demander la permission à ta grand-mère de me mettre en couple avec toi. Si elle est d'accord nous allons nous mettre ensemble.
Elle : c'est comme cela que ça se passe ici ??
Moi : si.
Elle : et si elle dit non ??
Moi : elle ne dira pas non.
Nous nous sommes séparées sur ses mots ce soir, le samedi est si vite arrivé.
Moi : bonjour ma.
Elle : bonjour mon fils comment tu vas ??
Moi : ça va Ma' et vous ??
Elle : ah mon fils malgré la vieillesse on est là.
Moi : Ma' j'ai apporté ce panier pour toi, un canard, une poule, le plantain et une calebasse de vin de palme.
Elle (esquissant quelques pas des danses) : merci beaucoup mon fils que les dieux tes bénisses.
Moi : Amin Ma'. Ma si je suis venue ici c'est parce que je veux te demander la permission
Elle (ne me laissant pas finir) : de te mettre en couple avec ma petite fille.
Moi (baissant la tête): oui Ma'.
Elle : tu as ma permission Nounga, tu sais je te connais depuis tout petit et tu as toujours était un enfant calme, polie et serviable. Je ne peux pas te dire non.
Moi : merci ma.
Notre relation a été officielle depuis ce jour-là. Je partais avec Zola au champ, à la rivière. Je l'apprenais beaucoup des choses et c'était une bonne élève parce qu'elle mémorisait vite.
Il n'y avait pas de sexe entre nous, on se voyait chez moi ou soit chez sa grand-mère et souvent on partait à la rivière se baigner dans l'après-midi parce qu'à ces heures-là il n'y avait pas souvent beaucoup de monde juste les couples. Les autres garçons du village me jalousaient, comment se fait-il que c'est moi qui puisse me mettre avec une fille fraichement sorti de la ville pourtant il y'a de plus beau, plus stable financièrement que moi. Tous ces paroles me passé sur le corps comme l'eau sur le dos du canard. Je n'ai pas des comptes à rendre à qui que ce soit.
J'étais encore chaste malgré mes 25 ans parce que lorsque les autres jeunes de mon âge s'amusaient à jouer à papa et maman moi je donnais de cours du soir ou faisait de petits boulots pour subvenir à mes besoins.
Zola : c'est vrai tu n'as jamais rien fait ??
Moi : si jamais et toi ??
Zola : moi je ne suis plus vierge et t'inquiète pas je vais t'initier.
Nous sommes assis sur le seul divan dans mon salon, une chaise de je commence la vie sans coussin au-dessus que la sœur Matondo m'avait donné et une petite table lorsque j'ai emménagé seul.
Moi : tu sais que ce n'est pas du tout bien de le faire avant le mariage. C'est ce qu'on nous enseigne à l'église tous les dimanches.
Zola : oui mais moi je ne suis plus vierge et chaque fois lorsque j'aurais besoin de faire l'amour explique-moi comment je vais faire.
Moi (dépassé): je ne veux pas forniquer Zola.