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Ne Me Quitte Pas

Ne Me Quitte Pas

Auteur:: Les écrits de sènan
Genre: Romance
Élias Morel pensait que son mariage avec Cassandre Vautrin ne serait qu'une simple formalité. Une union arrangée, scellée par leurs familles influentes, un contrat sans sentiments où chacun y trouvait son intérêt. Mais il ne s'attendait pas à ce que cette femme au regard brûlant et au caractère indomptable s'immisce dans son cœur. Leur relation, d'abord froide, s'était peu à peu transformée. Cassandre, malgré sa réticence initiale, avait fini par croire en eux. Elle l'aimait. Jusqu'au jour où Élias lui tendit des papiers de divorce, pensant qu'il lui rendait sa liberté. Il croyait bien faire, persuadé qu'elle méritait mieux qu'un mariage fondé sur des accords familiaux. Cassandre partit sans un mot. Des années plus tard, Élias, rongé par le manque et l'amertume, la retrouve. Mais cette fois, elle n'est plus seule. À ses côtés, un homme tient sa main, et un enfant aux yeux familiers le regarde avec curiosité. D'une voix rauque, il murmure : - Cassandre, je t'en supplie... Reste avec moi. C'est toi que j'ai toujours aimée. Mais peut-on réparer un amour que l'on a soi-même brisé ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Chapitre 1

Élias s'assit, les yeux rivés sur les papiers posés devant lui. Un document. Un simple document. Quelques signatures et la vie de Cassandre, comme la sienne, serait tracée pour toujours. Rien n'était jamais simple, pas pour des gens comme eux. Ce mariage n'avait rien à voir avec de l'amour, ni même avec un quelconque compromis. C'était une nécessité. Une formalité. La promesse entre deux familles influentes, une garantie de stabilité pour l'avenir. Mais, en dépit de la froideur de cette transaction, il ressentait cette étrange sensation de vide. Comme si, au-delà de l'encre qui allait marquer ce contrat, il se noyait dans un océan de non-dits, de réticences et de choix qu'il n'avait jamais voulu faire.

Cassandre leva la tête, ses yeux verts pleins de défi, presque une provocation. Elle ne supportait pas cette situation, elle ne supportait pas qu'on lui dicte sa vie de cette façon. Elle avait été poussée ici, poussée à accepter cet arrangement comme si elle était une marchandise. Une pièce d'échec sur un échiquier bien plus grand que ce qu'elle pouvait saisir. Elle aurait voulu s'échapper, fuir ce mariage arrangé, mais elle savait aussi que fuir ne servait à rien. Il n'y avait pas d'échappatoire. Pas pour elle. Pas pour lui.

Elle prit un stylo. Les mains tremblantes. Mais elle savait. Si elle signait, c'était pour quelque chose d'inéluctable.

« Tu sais ce que je pense de tout ça, » dit-elle d'une voix qui trahissait son agacement.

Élias ne répondit pas immédiatement. Il détestait ce qu'il voyait en elle. Cette révolte, cette colère qu'elle ne dissimulait pas. Elle n'aurait pas dû avoir à vivre cela. Mais il était là, obligé de jouer son rôle, de s'aligner avec un système qui n'avait jamais été le sien. Pas plus que le sien n'avait été le sien à elle.

« Je ne te force pas à m'aimer, » répondit-il, la voix calme, mais avec une touche de frustration. « Tu peux haïr tout ce qui nous a menés ici. Mais ce contrat, il est signé. Et ça, Cassandre, tu le sais aussi bien que moi. »

Elle haussait les épaules, l'air las. « Je déteste chaque minute de cette mascarade. »

Elle signa d'un geste brusque, jetant l'encre sur le papier comme si elle voulait laisser une marque indélébile. Le poids de cette signature, ce qu'elle signifiait, lui écrasait la poitrine. Mais elle n'avait pas le choix. Son monde ne lui offrait plus de possibilité. Pas dans ce contexte. Pas dans ce mariage.

Elle tourna son regard vers lui, cherchant dans ses yeux une trace de quelque chose. Elle ne savait pas quoi. Mais elle espérait un fragment d'humanité. Un éclair de vérité. Un peu de tendresse. Mais tout ce qu'elle vit, c'était l'indifférence tranquille d'un homme pris au piège de ses propres démons. Il ne semblait même pas perturbé par la situation.

« Tu ne m'aimes pas, » dit-elle, la voix brisée par la frustration.

Élias la regarda longuement, puis, d'un mouvement, tourna la page et signa lui aussi. C'était fait.

« Non, » répondit-il avec une froideur presque clinique, « Je ne t'aime pas. Mais je ne te ferai pas de mal. Je te le promets. »

Elle éclata de rire, un rire amer. « Tu te fous de moi. »

Il leva les yeux, comme pour capter quelque chose qu'il n'avait pas vu auparavant. Il avait cru que cette union serait comme une autre. Un simple papier, des mots qu'on prononçait pour accomplir un devoir. Mais il y avait quelque chose dans la manière dont elle le regardait qui le troublait. Il n'avait jamais vraiment pris la mesure de son regard. Ni de la force qu'il y avait derrière.

« Si tu t'attends à ce que je t'offre des fleurs, des déclarations enflammées et des mots doux, tu te fourres le doigt dans l'œil, » dit-il, avec une lueur de sincérité dans la voix. « Je ne suis pas ce genre d'homme. Et tu ne m'attends pas à être celui-là. »

Elle le fixa, un mélange de rage et de douleur dans les yeux. Elle s'attendait à tout, sauf à ce qu'il avoue une vérité aussi brutale. Mais en même temps, elle en avait assez de cette hypocrisie. De cette mascarade qu'ils s'imposaient tous les deux.

« Je ne veux pas de cet amour. Pas de ton amour. » Ses mots frappaient l'air comme des coups de poing. « Je ne veux même pas être ici, avec toi. »

Élias la regarda sans cligner des yeux. Il ne pouvait pas la forcer à changer d'avis. Ni lui faire comprendre que ce mariage, aussi détestable soit-il à ses yeux, n'était qu'un moyen de garantir la survie de ses intérêts. Il y avait trop en jeu. Ils étaient tous deux pris dans un enchevêtrement de promesses et d'accords bien au-delà de leur volonté. Il n'y avait pas de place pour les sentiments.

Mais il y avait une part de lui qui, en la voyant, se demandait si ce qu'il ressentait était de l'indifférence pure. Ou si, au fond, il cherchait quelque chose qu'il ne parvenait pas à comprendre. Un besoin de la garder près de lui, même si c'était pour la détester. Parce qu'il savait, au fond de lui, qu'elle finirait par le haïr. Et qu'il serait là, dans son ombre.

Le silence s'éternisa entre eux. Un silence lourd, désagréable, marqué par les non-dits. Il aurait voulu la retenir. Elle aurait voulu crier. Mais aucun d'eux n'agissait. Aucun d'eux n'osait franchir la ligne invisible qui les séparait. Le contrat était signé. La promesse d'un avenir qu'ils n'avaient pas choisi se dessinait devant eux.

Mais tout était encore flou. Flou comme l'impression d'être dans un rêve dont ils ne pourraient jamais sortir.

Ils se levèrent, se tenant face à face. Aucun mot n'était nécessaire. La situation parlait pour eux. L'accord avait été scellé. Mais aucun d'eux ne savait ce qu'il allait en faire. Aucun d'eux ne savait ce que l'avenir leur réserverait. Ils étaient à l'aube de quelque chose d'inédit, d'incertain. Et pourtant, cette tension entre eux ne demandait qu'à exploser.

Chapitre 2 Chapitre 2

Chapitre 2

Cassandre posa son dernier bagage sur le sol de la chambre. Un sentiment étrange la traversa. Elle n'était pas chez elle. Et cela, elle le savait depuis le début. Elle ne s'y ferait jamais. Ni à la froideur des murs, ni à l'odeur de l'air, ni à l'absence totale de chaleur humaine. Ce n'était pas sa place. Mais c'était là qu'elle devait être, là où on l'avait forcée à être.

Les gens parlaient d'elle. Elle entendait les murmures, les éclats de voix. Cassandre Vautrin, la fille des Vautrin, une héritière d'un empire. Un mariage arrangé avec Élias Morel, un homme d'affaires aussi insensible qu'un morceau de marbre. Et pourtant, tout le monde parlait d'elle comme si elle n'avait pas de volonté, comme si tout ça ne la concernait pas, comme si elle était une simple marionnette prête à suivre les ordres. Mais Cassandre n'était pas une marionnette. Elle se haïssait pour avoir accepté cette cage dorée. Mais il était trop tard. Tout était trop tard.

Elle fixa son reflet dans le miroir. Ses yeux étaient fermes, pleins de résistance. Elle savait ce qu'elle devait faire. Elle n'allait pas se laisser engloutir par cette mascarade.

Le bruit des pas se fit entendre dans le couloir. C'était lui. Elle l'avait senti. Il n'avait jamais eu besoin de frapper à la porte. Elle savait qu'il allait entrer sans même y réfléchir. Il était comme ça. Comme un fantôme imposant sa présence dans son espace. Elle se tourna lentement vers la porte. Et il entra.

« Il est temps de dîner, » dit-il, sans un sourire, sans un regard.

Cassandre ne répondit pas tout de suite. Elle avait sa propre dignité, et il était hors de question qu'elle l'abandonne en arrivant ici. Elle prit son temps avant de poser les yeux sur lui. « J'ai bien compris, » dit-elle finalement, d'un ton qu'elle espérait indifférent.

Il la scrutait comme s'il cherchait à lire ses pensées. Mais elle ne lui offrait rien. Pas même une bribe de ce qu'il pouvait espérer. Elle n'était pas là pour lui plaire, ni pour jouer à la femme docile qu'il attendait. Elle allait jouer son rôle, bien sûr. Mais ce rôle-là, elle le jouerait à sa manière.

Ils descendirent sans échanger un mot. Ils s'assirent à la table, face à face. Le dîner était déjà servi, soigneusement arrangé, mais aucun des deux ne semblait pressé de goûter. Le silence régnait, lourd, inébranlable. Les éclats des couverts sur les assiettes, les bruits trop nets de l'air qui passait. Rien d'autre. Rien d'humain.

« Alors, » commença-t-il enfin, brisant l'atmosphère avec une froideur glacée, « tu t'es installée. Tout va bien ? »

Elle leva les yeux vers lui, le fixant quelques secondes avant de répondre. « Ne me parle pas de 'bien'. Ce n'est pas une question de confort. C'est une question de survie. »

Il haussait les épaules. Un geste dénué de toute émotion. « C'est une question d'ordre. » C'était tout. Toujours aussi simple. C'était une question d'ordre. Et c'était là tout le problème, non ? Elle n'était pas un pion. Pas une simple pièce dans le grand jeu des Morel.

« Je ne suis pas là pour me fondre dans tes règles, Élias, » dit-elle, une froideur dans la voix, mais quelque chose de plus perçant dans le regard. « Je suis là parce qu'on m'y a contrainte. Mais il y a des limites. »

Il la regarda, un éclat indéfinissable traversant ses yeux. Il savait qu'il devait garder un certain contrôle. Mais il ne pouvait pas ignorer cette flamme qui brillait dans ses prunelles. Cette flamme qui refusait de s'éteindre. Comme un défi.

« Qu'est-ce que tu veux, Cassandre ? »

Elle posa ses couverts, laissant une légère marque sur la nappe. Elle releva la tête et planta ses yeux dans les siens. « Je veux que tu comprennes une chose : je ne suis pas là pour être docile. Je ne suis pas là pour faire semblant que tout va bien. Je ne suis pas ta propriété. Je n'ai pas besoin de ton approbation. Je veux qu'on vive ici en respect mutuel. Que tu me laisses ma liberté. Et que tu cesses de jouer à ce petit jeu. »

Le silence se fit. Il l'étudiait. Il savait que son indépendance le dérangeait. Mais au fond, cela l'intriguait aussi. Cette femme, cette cassure dans l'ordre qu'il s'efforçait de maintenir. Il n'avait jamais vu quelqu'un comme elle. Aussi détestable que fascinante.

« Tu veux qu'on vive séparés ? » dit-il finalement, ses mots lents, mesurés.

« Je veux qu'on vive séparés. Mais sous le même toit, » répondit-elle. « Je veux mes espaces, mes moments, mes règles. Pas de faux semblants. »

Il sourit légèrement. Pas un sourire chaleureux. Plutôt un rictus, comme un avertissement, une reconnaissance d'un défi qui venait d'être lancé. « Tant que tu comprends que tes règles n'entrent pas en contradiction avec les miennes. »

Elle n'eut pas de réponse immédiate. La tension qui s'était installée entre eux était palpable. De son côté, elle savai » que son idée d'indépendance serait difficile à maintenir dans cet endroit. Mais elle n'avait pas le choix. Et elle savait que si elle cédait maintenant, elle perdrait tout.

Il se leva brusquement, les bras croisés. Il semblait réfléchir à ce qu'elle venait de dire, pesant chaque mot, chaque parole. Puis, il s'éteignit dans le silence.

« Je te préviens, Cassandre, » dit-il d'un ton plus ferme. « Je ne jouerai pas à tes jeux. Tu crois pouvoir tout contrôler. Mais ici, tout est sous contrôle. Et il y a des limites à tout. »

Elle le fixa, impassible. « J'ai compris. Mais il n'y a pas que des limites pour moi. Il y a aussi des choix. Et si je fais des choix, tu n'y pourras rien. »

Les yeux d'Élias la transperçaient, et il resta là, à l'observer, sans rien ajouter. À cet instant, ils se rendaient tous les deux compte que la partie venait de commencer. Mais personne ne savait qui allait remporter la bataille.

Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

Les soirées mondaines étaient un exercice de façade, une danse hypocrite où chacun arborait son masque, son rôle, et où les sourires ne se voulaient pas sincères mais simplement performatifs. Élias avait appris à naviguer dans ce monde dès son plus jeune âge. Les galas, les réceptions, les sourires forcés et les poignées de main, il n'y avait rien de nouveau pour lui. Mais ce soir-là, quelque chose était différent. Cassandre avait décidé d'accepter l'invitation à ce gala, et il le sentait.

Elle n'était pas là pour s'incliner devant les attentes des autres, pour jouer le rôle de la jeune femme docile qu'il pensait l'avoir épousée. Il la regarda une première fois, un regard furtif, presque distrait. Elle était d'un calme glacé, mais elle n'avait pas l'air de vouloir s'adapter à l'ambiance. Elle ne s'efforçait pas de plaire. Et ça, ça le dérangeait. Parce qu'il l'avait attendue, cette soumission. Pas qu'il en ait besoin, mais elle aurait dû en faire partie. Elle n'était pas de ces femmes qui se couchaient sous les exigences d'un regard, pas de celles qui acceptaient d'être des ombres dans la lumière des autres. Elle avait quelque chose d'indomptable, quelque chose de fragile et de dangereux à la fois.

Elle ne se fondait pas dans la foule. Elle les observait plutôt de loin, avec ce regard perçant, froid, celui d'une spectatrice plus qu'une participante. Mais ce qu'il ignorait encore, c'était que sous cette carapace de froideur, elle était prête à les surprendre. Cassandre savait exactement comment manipuler les gens, comment se faire remarquer sans trop en faire, comment rester au centre de l'attention tout en donnant l'illusion d'être absente. Il la voyait se frayer un chemin parmi les invités, saluant les uns, ignorant les autres, jetant quelques répliques pleines de sous-entendus. Elle n'avait pas besoin d'être bruyante pour être entendue. Chaque mot qu'elle prononçait portait un poids, une force qu'il n'avait pas encore saisie.

Elle arriva près de ses parents, et Élias l'observa de loin. Un sourire se dessina sur ses lèvres sans qu'il ne puisse rien y faire. Cassandre, sans faire d'efforts, avait capté l'attention de tout le monde. Elle savait exactement où placer ses mots, comment faire naître des sourires, comment échapper à l'ennui. Elle n'avait pas l'air de vouloir être là, mais en réalité, elle contrôlait chaque échange, chaque geste, comme un marionnettiste invisible. Même ses parents, qui avaient toujours maintenu une distance froide et polie avec elle, semblaient sous son charme. Elle était l'alpha, sans en avoir l'air, et il y avait quelque chose de déstabilisant dans cette maîtrise.

Il n'était pas naïf. Il savait qu'il ne pouvait pas la sous-estimer. Mais ce soir-là, pour la première fois, il sentit que quelque chose se passait. Elle n'était pas cette petite chose fragile qu'il imaginait. Elle n'était pas la personne qu'il pouvait manipuler à sa guise. Cassandre avait ses propres armes, ses propres stratégies. Il se demanda, pour la première fois depuis leur mariage, s'il était encore maître de cette situation.

Les minutes passèrent, et il la regarda, plus intensément cette fois. Son visage, pourtant impassible, dissimulait une agilité intellectuelle qu'il n'avait jamais vu. Elle était brillante, oui, mais elle n'en avait pas l'air. Elle ne se mettait jamais en avant de manière évidente, mais chaque geste, chaque mot semblait calculé pour laisser une impression. Elle ne faisait pas que suivre les règles du jeu, elle les redéfinissait.

Le gala s'étendait autour d'eux, les conversations allaient et venaient, mais Élias ne pouvait plus détacher son regard d'elle. Il l'observait se mouvoir avec une facilité déconcertante parmi des gens qu'elle ne connaissait même pas. Elle se tenait droite, sûre d'elle, sans jamais se départir de ce petit sourire en coin qui faisait d'elle une énigme. Ce n'était pas juste une question de beauté. Ce n'était pas juste son allure ou son apparence. C'était cette chose indéfinissable, ce pouvoir silencieux qu'elle exerçait sur ceux qui l'entouraient.

Puis, au moment où il s'y attendait le moins, Cassandre se tourna brusquement vers lui, comme si elle avait ressenti son regard peser sur elle. Il n'eut pas le temps de détourner les yeux. Elle avait deviné, et elle n'allait pas laisser ça passer. Un simple sourire, presque moqueur, se glissa sur ses lèvres.

- Tu te sens bien dans ce rôle de spectateur, Élias ?

Sa voix, calme et précise, résonna dans l'air, bien plus forte que tous les autres bruits autour d'eux. Il n'eut pas le temps de répondre qu'elle s'éloigna déjà, rejoignant un groupe d'invités. Ce geste, ce simple déplacement dans la pièce, captura à nouveau l'attention de tout le monde. Elle savait jouer de cette ambivalence. Elle était là, mais elle n'était pas là. Elle parlait, mais elle ne disait rien. Elle dominait la pièce sans effort.

Les minutes s'étiraient dans l'indifférence générale, mais pour lui, chaque seconde qui passait semblait plus pesante. Ses parents l'observaient aussi, un regard que lui-même reconnaissait bien. Ce regard qu'on lui lançait quand on pensait que tout allait dans la bonne direction. Mais il n'était pas dupe. Il voyait bien. Cassandre n'était pas cette image qu'il avait en tête. Elle n'était pas la femme docile qu'il imaginait, celle qui accepterait son rôle sans chercher à comprendre pourquoi elle y était. Non. Elle avait pris la place. Elle avait pris la scène. Et lui, il se retrouvait là, presque effacé, à regarder ce qu'il croyait maîtriser lui glisser entre les doigts.

À la fin du gala, alors que la soirée touchait à sa fin, il la chercha dans la foule. Elle était déjà en train de se préparer pour partir, comme si cette soirée n'avait été qu'un autre moment dans son emploi du temps. Pourtant, il savait qu'elle avait laissé une empreinte. Ses parents, eux, n'avaient cessé de lui poser des questions, de lui faire des remarques sur l'impression qu'elle avait laissée. Une impression marquante. Ils ne s'étaient pas attendus à ça.

En la rejoignant, il n'eut pas un mot à dire. Elle l'observa un instant, son regard perçant fixant le sien sans ciller. Puis elle se tourna et s'éloigna vers la porte.

- Tu m'impressionnes, Cassandre, murmura-t-il, à peine audible. Mais tu as encore du chemin à faire.

Elle ne se retourna même pas. Juste un petit sourire en coin, comme un défi qu'il n'avait pas encore su relever.

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