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Méli Melo

Méli Melo

Auteur:: YEM
Genre: Romance
Méli Mélo de Maux Prologue Je suis assise au beau milieu de ces personnes, sans pour autant y être. Mon corps est présent mais quant à mon esprit, il est loin, très, très loin. Même dans mes rêves les plus fous, je ne pouvais imaginer vivre ce genre de situation. - N'est-ce pas à toi que je parle Kamila ? Je me suis contentée de poser un regard hagard sur celle qui me sert de génitrice. - Cette fille est une honte pour moi. Une honte pour moi, cria papa, le visage déformé par la colère. - Qu'ai-je fait pour mériter une telle honte ? Pourquoi t'acharnes-tu à nous faire du mal ? Se lamentait maman. À les entendre, on croirait que je suis fautive alors que c'est loin d'être le cas. - Je suis vraiment désolé de son entêtement. Je n'ai pas pu m'empêcher de toiser celui à qui papa parle. Voulez-vous savoir de qui il s'agit ? Eh bien il n'est rien d'autre que mon pseudo mari. Pourquoi pseudo ? Parce que jamais, jamais je ne le considérerai comme tel ! - Je t'ordonne de te mettre à genou à ses pieds et de lui demander pardon ! ordonna papa. - Pardon ? Répondis-je étonnée. Cette question est sortie très difficilement de ma bouche. - Je te demande, ou plutôt je t'ordonne de demander pardon à ton mari et sur le champ ! termina-t-il en me pointant du doigt. - Qu'attends-tu ? Me questionna maman alors que je n'avais pas bougé d'un iota. - Je ne le ferai pas ! La fin de ma phrase et la gifle que je viens de recevoir sur ma joue ont quasiment eu lieu au même moment. Hébétée ? Oui, je le suis ! Car c'est bien la première fois que mon père me porte main. Cela ne fait que décupler la haine viscérale que je ressens déjà pour cet homme. - Tu oses refuser ? S'énerva papa. - S'il vous plait papa, demanda Ali, cela ne sert à rien d'en arriver aux mains. - J'éduquerai cette fille autant de fois qu'il le faudra ! Si je dois la rouer de coup du matin jusqu'au soir pour qu'elle soit correcte, je le ferai. C'est à croire que j'ai failli à son éducation en la gâtant beaucoup plus qu'il ne fallait. Je ne fais que récolter les pots cassés. C'est très difficilement qu'il a réussi à le calmer. Si les yeux pouvaient tuer, maman m'aurait déjà envoyé bouler six pieds sous terre depuis fort longtemps. - Cela te fait plaisir de faire du mal à ton père ? Une mère n'est-elle pas censée soutenir sa fille ? Penser à son bonheur ? L'aider dans les moments difficiles et empêcher qu'une injustice ne s'abatte sur elle ? Alors pourquoi est-ce que ma mère ne me soutient pas ? Pourquoi se ligue-t-elle contre moi alors que je suis la seule fille qu'elle a ? Me déteste-t-elle parce que je refuse d'être l'épouse d'un homme que je n'aime pas ? Parce que si une chose est sûre, c'est qu'il n'est pas question d'argent étant donné que nous avons un train de vie très aisé. Alors pourquoi s'acharnent-ils autant sur moi ? D'ailleurs, le motif de cette réunion est tout ce qu'il y a de plus dérisoire. Dans une autre vie j'aurais sans doute éprouvé de la gêne, mais là il n'y a que du dépit que je ressens.

Chapitre 1 01

Méli Mélo de Maux

Prologue

Je suis assise au beau milieu de ces personnes, sans pour autant y être. Mon corps est présent mais quant à mon esprit, il est loin, très, très loin.

Même dans mes rêves les plus fous, je ne pouvais imaginer vivre ce genre de situation.

- N'est-ce pas à toi que je parle Kamila ?

Je me suis contentée de poser un regard hagard sur celle qui me sert de génitrice.

- Cette fille est une honte pour moi. Une honte pour moi, cria papa, le visage déformé par la colère.

- Qu'ai-je fait pour mériter une telle honte ? Pourquoi t'acharnes-tu à nous faire du mal ? Se lamentait maman.

À les entendre, on croirait que je suis fautive alors que c'est loin d'être le cas.

- Je suis vraiment désolé de son entêtement.

Je n'ai pas pu m'empêcher de toiser celui à qui papa parle. Voulez-vous savoir de qui il s'agit ? Eh bien il n'est rien d'autre que mon pseudo mari. Pourquoi pseudo ? Parce que jamais, jamais je ne le considérerai comme tel !

- Je t'ordonne de te mettre à genou à ses pieds et de lui demander pardon ! ordonna papa.

- Pardon ? Répondis-je étonnée.

Cette question est sortie très difficilement de ma bouche.

- Je te demande, ou plutôt je t'ordonne de demander pardon à ton mari et sur le champ ! termina-t-il en me pointant du doigt.

- Qu'attends-tu ? Me questionna maman alors que je n'avais pas bougé d'un iota.

- Je ne le ferai pas !

La fin de ma phrase et la gifle que je viens de recevoir sur ma joue ont quasiment eu lieu au même moment. Hébétée ? Oui, je le suis ! Car c'est bien la première fois que mon père me porte main.

Cela ne fait que décupler la haine viscérale que je ressens déjà pour cet homme.

- Tu oses refuser ? S'énerva papa.

- S'il vous plait papa, demanda Ali, cela ne sert à rien d'en arriver aux mains.

- J'éduquerai cette fille autant de fois qu'il le faudra ! Si je dois la rouer de coup du matin jusqu'au soir pour qu'elle soit correcte, je le ferai. C'est à croire que j'ai failli à son éducation en la gâtant beaucoup plus qu'il ne fallait. Je ne fais que récolter les pots cassés.

C'est très difficilement qu'il a réussi à le calmer. Si les yeux pouvaient tuer, maman m'aurait déjà envoyé bouler six pieds sous terre depuis fort longtemps.

- Cela te fait plaisir de faire du mal à ton père ?

Une mère n'est-elle pas censée soutenir sa fille ? Penser à son bonheur ? L'aider dans les moments difficiles et empêcher qu'une injustice ne s'abatte sur elle ?

Alors pourquoi est-ce que ma mère ne me soutient pas ? Pourquoi se ligue-t-elle contre moi alors que je suis la seule fille qu'elle a ? Me déteste-t-elle parce que je refuse d'être l'épouse d'un homme que je n'aime pas ? Parce que si une chose est sûre, c'est qu'il n'est pas question d'argent étant donné que nous avons un train de vie très aisé. Alors pourquoi s'acharnent-ils autant sur moi ?

D'ailleurs, le motif de cette réunion est tout ce qu'il y a de plus dérisoire. Dans une autre vie j'aurais sans doute éprouvé de la gêne, mais là il n'y a que du dépit que je ressens.

Flashback

Le déferlement des vagues, ce vent frais, cette proximité que je ressens, je n'échangerai ce moment pour rien au monde. Je me sens bien, je me sens moi, je me sens tout simplement heureuse d'être au côté de cet homme pour qui je donnerai même ma vie s'il le fallait.

- Tu penses à quoi ?

C'est la douce voix de Rayan qui m'a ramené à la terre ferme. Nous sommes présentement à la plage.

- A nous ! J'ai hâte d'être ta femme.

Un large sourire a éclairé son visage.

- Et moi encore plus. Tu es la plus belle chose qu'il m'a été donné d'avoir dans ma vie. Je te le dis et je ne cesserai jamais de te dire que je t'aime ; j'ai hâte de partager mon quotidien avec toi, hâte de te faire l'amour du matin jusqu'au soir, de lire le plaisir dans tes yeux, d'entendre tes gémissements, de te voir porter nos enfants. J'ai hâte que tu sois ma femme devant Dieu, devant les hommes Kamila.

Cette manière qu'il a de prononcer mon prénom, je suis complètement gaga de cet homme. Mon cœur est gonflé d'amour. J'ai l'impression de flotter en plein air tellement je me sens légère.

Comme le dit si bien la citation de Jean-Jacques Rousseau : « l'amour véritable est un feu dévorant ».

Cet amour me dévore, mais de la plus belle des manières : douce, sucré... Lentement, il s'empare de chaque particule de mon corps à chaque seconde qui passe. Comment peut-on aimer à ce point ? Comment ?

- Cela sera peu comparé à la manière dont je m'occuperai de toi. Je ferai de toi l'une des femmes les plus heureuses sur terre. C'est vrai que je suis loin d'être riche, mais ce n'est pas l'argent qui fait une relation, mais plutôt la confiance et le respect mutuel que les conjoints se témoignent.

Vous avez sans doute compris qu'il n'est pas issu d'un milieu aisé, mais cela m'importe peu car notre amour dépasse l'entendement.

Depuis que je connais Rayan, mon monde a changé du tout au tout. Jamais un homme ne m'a regardé avec ces yeux de merlan frit, jamais un homme ne m'a embrassé avec une telle douceur, jamais un homme ne m'a rendu aussi heureuse, jamais un homme ne s'est autant soucié de mon bien être.

Et pourtant, cela ne fait même pas 1 an qu'on se connait. Mais j'ai l'impression de le connaitre depuis toujours !

- Je t'aime Rayan Fall.

Nous avons échangé un baiser des plus sensuels. Plus rien n'a d'importance, mis à part le reflet que je lis dans ses yeux. Je me noierai bien à l'intérieur. Quel délice !

- Marions-nous ma douce ! Marions-nous et concrétisons enfin ce rêve.

Il s'est mis à genou devant moi en emprisonnant mes petites mains dans les siennes.

- Arrête s'il te plait, dis-je timidement.

- Je suis sérieux mon amour. J'ai réussi à assembler une somme, trouver un studio ; pour un début, on s'en sortira. Mes parents sont d'accord, il ne manque que ton aval et ensuite je viendrai me présenter. Épouse-moi Kamila et laisse-moi te rendre heureuse. Je me battrai jour et nuit pour gagner encore plus d'argent. J'ai foi en Dieu et en notre amour, concrétisons et évoluons ensemble je t'en prie.

Que dire ?

- Oui ! Oui, répondis-je à travers mes larmes. J'accepte d'être ta femme, j'accepte de faire ma vie avec toi.

Il m'a serré tellement fort dans ses bras qu'à l'instant, nous ne formions qu'un ! Nous deux dans une même chair, nous deux face au monde, nous deux, nous projetant dans notre avenir.

- Je t'aime trop ! s'exclama-t-il.

On a encore échangé un autre baiser, avant que la sonnerie de mon téléphone ne me tire de ma rêverie.

J'étais bien tentée de laisser sonner, mais si je ne décrochais pas, maman aurait été capable de m'appeler mille fois de suite.

- Allô ? décrochai-je en me raclant la gorge.

Je ne me suis pas encore remise de mes émotions.

- Où es-tu ? Demanda maman. D'ailleurs je ne veux pas savoir où tu es. Je t'attends tout de suite à la maison !

Elle ne m'a même pas donné le temps de répondre, qu'elle avait déjà raccroché.

- Que se passe-t-il ? Me questionna Rayan inquiet.

- Non ce n'est rien ! Maman me demande simplement de rentrer maintenant.

- J'espère qu'il n'y a rien.

- Je ne pense pas. Ce qui me fait mal, c'est de devoir écourter ce moment.

- Des moments, on en aura plusieurs. D'ailleurs c'est l'occasion de lui parler de notre projet de mariage.

- Je stresse mon cœur.

- Tu n'as pas à stresser. Je suis sûr que la suite sera prometteuse pour nous.

- Amen !

Après m'être dépoussiérée, nous avons rangé nos affaires afin de regagner ma voiture.

- Monte que je te dépose ! dis-je à son encontre.

- Oh non, sinon tu feras un détour. Rentre et écris-moi quand tu arriveras ok ?

- Ok !

J'ai passé tout le trajet à rêvasser sur mon futur. Plein de doutes germent dans mon esprit, mais je suis sûre qu'il saura les balayer.

Le sourire qui éclaire mon visage peut illuminer des kilomètres à la ronde.

C'est donc toute émoustillé, que j'ai pressé le bouton de la sonnerie.

Quelques minutes se sont écoulées avant que le portail ne s'ouvre sur la bonne.

J'ai arpenté l'allée me menant au salon, en échangeant des messages avec Asma, ma cousine et meilleure amie pour lui raconter sa demande en mariage.

Du coup, je n'ai fait attention aux personnes assises au salon, que quand j'ai détaché mon regard de l'écran.

Tous les regards convergent vers moi.

- Salam aleykoum, dis-je d'une toute petite voix !

- Waleykoum salam !

- Ah, enfin tu es là ! Viens par ici, me dit maman en me désignant une place à côté d'elle.

Je me suis exécutée sans broncher.

- Kamila, tu connais ton oncle non ? me demanda papa.

- Oui tonton bonsoir !

- Comment vas-tu ma fille ? me répondit le tonton en question.

- Je vais bien et vous ?

- Je rends grâce à Dieu !

- Il est venu avec son fils. Salue-le voyons, insista papa.

Je n'avais même pas pris la peine de le regarder.

- Salam ! le saluai-je.

- Wa salam !

- Il s'appelle Ali ! ajouta papa.

- Enchantée Ali !

Le regard trop pressé qu'il a sur moi ne me plait pas du tout.

- Si ton oncle est ici, continua papa, c'est pour nous faire part de son envie de te prendre comme épouse pour son fils que voici ! Cela fait 5 ans qu'il vit au Canada et s'il est rentré, c'est expressément pour te voir afin de concrétiser.

- Nous sommes vraiment heureux de cette nouvelle ! Dieu ne pouvait pas mieux faire les choses, se réjouit maman.

- J'espère que tu ne seras pas contre cette union, ajouta mon oncle.

Avant même que je n'ouvre la bouche, papa s'est empressé de répondre.

- S'opposer ? Jamais ! Notre fille fait toujours ce qu'on lui demande de faire et je sais qu'elle n'ira pas à l'encontre de cette union qui renforcera sans aucun doute nos liens.

Fin du flashback

- Suis-je celle qui t'as mise au monde oui ou non ? Suis-je celle qui a supporté les contractions et t'as donné le sein ? Qui a veillé sur toi et ton éducation ? Alors pourquoi ? Pourquoi nous fais-tu autant souffrir ? Pourquoi refuses-tu de te donner à ton mari ?

Cela fera bientôt 1 mois que nous sommes mariés mais jusqu'à lors, même mon sous-vêtement il n'a pas vu.

S'il était vraiment un homme, il n'allait pas porter cette discussion devant mes parents. Quelle andouille !

- Je crois qu'il serait mieux pour moi de rentrer et de la laisser ici le temps que les tensions redescendent, dit Ali.

- Tu n'iras nulle part sans ta femme ! s'écria papa.

- Lève-toi, me dit maman en me tirant. Je te donne une nuit, une nuit pour accomplir ton devoir d'épouse sinon je te maudirai à vie espèce de pourrie gâtée !

J'ai ressentis un frisson me traverser tout l'échine, à la fin de sa phrase. Je suis plus éberluée qu'autre chose ! Comment ose-t-elle tenir un tel discours à sa propre fille ?

Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que jamais je ne flancherai devant leurs intimidations, quitte même à ce que je me fasse renier ou vive avec le poids de la malédiction toute ma vie.

Jamais je ne donnerai mon cœur encore moins mon corps à un autre homme que Rayan.......

Chapitre 2 01

Méli Mélo de Maux

Tome 1

Chapitre 1

« On ne peut pas forcer à aimer ; et c'est là précisément l'amour »

Kamila

Les lueurs de l'aube m'ont trouvée allongée dans mon lit, le regard perdu dans le vide. Je n'ai pas pu fermer l'œil de toute la nuit.

Plusieurs sentiments, me secouant et bousculant de partout ont créé un remue-ménage sans fin dans mon esprit.

Je ne fais qu'entendre en boucle les menaces que maman a proférées à mon encontre.

Et je me demande là où j'ai failli ! Pourquoi m'ont-ils forcée à me marier à cet homme alors que je leur avais dit que j'en aimais un autre. Pourquoi n'ont-ils pas pris en compte mes sentiments comme le feraient des parents aimants ?

Je me suis levée paresseusement du lit pour me rendre au toilette, afin d'effectuer mes ablutions.

Je venais à peine de terminer mes zikr, quand mon téléphone a émis un appel entrant et devinez de qui il s'agit ? Eh bien ce n'est personne d'autre que maman.

Elle ignore que mon époux et moi ne dormons pas dans la même chambre.

- Allô ?

- Alors ? C'est fait ou pas ?

- Pourquoi me fais-tu autant souffrir ? Ne suis-je pas ta fille ? Pourquoi me contraindre à vivre ce mariage alors que tu sais pertinemment que je n'aime que Rayan ?

- Ce fils de prolétaire ? Cette fripouille ? Kamila, tu te fous de moi, c'est ça ? Dois-je comprendre par-là que tu n'as pas pris mes menaces au sérieux ?

- Sauf le respect que je te dois, je ne me donnerai jamais à Ali !

Je sais que c'est impoli de ma part, mais je l'ai raccrochée au nez ! J'ai la tête qui cogne tellement fort, que j'ai l'impression qu'elle va se décrocher d'une minute à l'autre.

Comme je m'y attendais, elle a immédiatement rappelé. Mais j'ai laissé sonner jusqu'à ce que je me décide à éteindre le téléphone.

Si je ne dors pas, ma tête explosera ! Mais comment trouver un sommeil paisible face à toute cette pression et cette multitude de questions qui germent dans mon esprit ?

*****

Ce sont les tambourinements sur la porte qui m'ont tirée brusquement de mon réveil. Avant même que je ne comprenne ce qui se passait, j'ai entendu la voix de maman s'élever de l'autre côté de la porte

- Si tu n'ouvres pas cette porte je te tuerai de mes propres mains Kamila ! Ouvre !

J'entendais Ali qui tentait de la résonner, en vain. Sachant que je n'avais pas d'échappatoire, j'ai été contrainte de me lever pour lui ouvrir.

C'est donc en vrac qu'elle est entrée dans la chambre, le visage déformé par la colère.

- J'ai dit à ton mari et je te le redis, que tu te donneras à lui de gré ou de force ; s'il le faut, on t'attachera pour que cela arrive. Mais je refuse que tu te foutes encore de ma gueule, m'as-tu comprise ?

- Ok ! répondis-je simplement.

Je vois bien qu'elle est déroutée par ma réponse. Elle s'attendait sans doute à ce que je riposte, mais je ne le ferai pas.

- Kamila ?

- Je t'ai dit que je le ferai, donc je le ferai.

- Si jamais... commença-t-elle.

- Je n'ai qu'une parole.

Cela semble l'attendrir apparemment.

- Tu sais que je t'aime plus que ma propre vie, n'est-ce pas ? Je ne veux que ton bonheur, laisse ton mari te rendre heureuse. Celui qui suit les conseils de ses parents ne le regrettera jamais, termina-t-elle d'une voix plus douce cette fois-ci.

Ali est en train de suivre toute la scène sur l'embrasure de la porte.

- Tu as raison.

- Donc je peux m'en aller et espérer ton appel ?

- Oui maman !

Elle m'a serré fortement dans ses bras avant de s'excuser et sortir par la suite.

Ali

Ai-je bien entendu ou bien mes oreilles me jouent des tours ?

- Je suis désolée pour tout ce carnage causé à ton encontre, s'excusa ma belle-mère.

- Heu... Non maman ne vous inquiétez pas !

Je n'arrive toujours pas à en croire mes oreilles.

Quand sa mère est partie, elle a posé un regard que je ne saurai décrire, encore moins déchiffré, sur moi.

- Tu es content ? s'exclama-t-elle.

- Pardon ?

- Quel genre de merde es-tu ? Te marier à une fille qui ne t'aime pas, aller se plaindre chez ses parents parce qu'elle refuse de se donner à toi et le plus ridicule, jouer à la victime ! N'as-tu donc pas de dignité ?

- Je préfère ne pas te répondre.

J'étais en train de me diriger vers ma chambre, lorsque j'entendis derrière moi :

- Tu es le pire con que l'humanité porte en son sein. À ta place j'aurai honte de me regarder dans un miroir.

J'ai préféré faire fi de ses dires et continuer mon chemin. Une fois après m'être déshabillé, je suis rentré sous la douche.

Quand je suis sorti de là, je l'ai trouvé assise dans le lit. Et pour une surprise, c'en est une ! C'est bien la première fois qu'elle pénètre dans cette pièce. Vous y croyez-vous ?

Je suis peut-être con d'avoir accepté de l'épouser, mais je ne la forcerai jamais à se donner à moi en sachant qu'elle ne m'aime pas.

Je compte laisser le temps faire les choses et je mettrai tout en œuvre afin qu'elle puisse m'aimer.

C'est papa qui a insisté pour que j'aille le dire à ses parents. Je n'aurai jamais pu de mon plein gré porter une chose aussi intime devant eux. Oui je sais que j'avais le choix, mais papa ne m'en laisse généralement pas !

On s'est échangé un regard qui m'a donné des frissons. C'est fou à quel point je la trouve belle malgré son côté rebelle. Je fais pitié n'est-ce pas ?

- Tu n'as toujours pas terminé de déverser ta langue de vipère sur moi ? Lui demandai-je sur un ton ironique.

- Ecoute, je suis désolée de m'être laissée emporter. Si je suis ici, c'est pour te proposer un deal qui nous sera bénéfique.

Elle ne s'occupe ni de ma nourriture, ni de mes habits et encore moins de la maison. Elle est tout le temps dans la chambre ou hors de la maison.

Vous vous demandez sans doute pourquoi je la laisse faire ? Même moi-même je ne saurai y répondre.

- Pardon ?

- Je ne t'aime pas et je ne t'aimerai sans doute jamais, mais je suis prête à coucher avec toi tout simplement pour ne plus avoir mes parents sur le dos.

Ces mots me touchent énormément malgré le visage impassible que j'affiche.

- Ma patience vient d'atteindre sa limite, tonnai-je en la pointant du doigt. Le premier jour où tu es entrée dans cette maison, tu m'as clairement fait comprendre qu'on vivrait comme des colocataires et je me suis dit qu'il était préférable pour moi de te laisser le temps de digérer ce changement soudain. Tu penses qu'un homme acceptera de vivre sous le même toit que sa femme sans que celle-ci ne s'acquitte de ses devoirs conjugaux ? Et là tu viens me proposer sans ciller un deal ? Tu me prends pour qui au juste ? Sors de cette chambre et sur le champ !

- Cette patience aurait dû être atteinte le jour où tu as su que j'étais contre ce mariage. Mais comme monsieur n'a pas tenu cas de mes sentiments, je ne compte pas être la seule à souffrir de cette situation.

- Que veux-tu Kamila ?

Elle risque de me rendre fou !

- J'accepte de coucher avec toi, on mène la vie de couple que les parents veulent, mais tu me laisses faire ma vie et toi la tienne.

- Ce qui implique ?

- je ne vais pas te faire un dessin non plus. Sors, voyage, drague, fais ta vie mais fiche moi la paix et laisse-moi faire la mienne. Et au bout de quelques mois, on se sépare !

Ma foi, a-t-elle toute sa tête ?

- Tu me demande de te laisser sortir et coucher avec n'importe qui ?

- Non, plutôt de me laisser vivre mon idylle avec l'homme que mon cœur a choisi !

Alors là, je ne sais pas quoi dire.

- Bien ! Me contentai-je simplement de lâcher.

- Tu es d'accord ? Je veux dire, tu acceptes ?

- J'accepte !

Elle a, à la limite, sautée sur moi pour me faire une étreinte.

La proximité de son corps sur le mien m'a fait tressaillir et je crois qu'elle l'a remarqué vu comment elle s'en est vite écartée.

- Merci pour tout, me dit-elle avant de sortir à la hâte de la chambre !

Ali, Ali, Ali mais que diable viens-tu de faire ?

*****

- Donc si je récapitule tout, tu acceptes que la femme que tu as dotée devant Dieu et devant les hommes mène une vie de pute ? Et là je pèse mes mots ? Interrogea Razack.

Razack est mon meilleur ami et je viens de lui raconter ma conversation de ce matin. Nous sommes présentement dans mon bureau.

- Pute serait trop dire !

- Est-ce que tout va bien dans ta tête ?

- Elle ne m'aime pas et c'est elle qui l'a proposé.

- Libère la dans ce cas.

Il s'est levé pour faire des vas et viens dans tout le bureau. Et le voir dans cet état me donne à la limite le tournis

- Mon père m'en voudra à vie si je le faisais, continuai-je. Et tu sais très bien qu'il me déshéritera sur le champ. Sauvez les apparences nous arrangent tous les deux.

- Et tu penses que si cette situation s'ébruite cela ne sera pas plus catastrophique ?

- J'ai envie de lui faire la cour, je veux faire en sorte qu'elle tombe amoureuse de moi mais pour cela, je dois lui donner du temps.

- Et si elle couche avec cet homme entre temps ? Que feras-tu ?

- Elle ne le fera pas parce que si je reste convaincu d'une chose, c'est qu'elle a la crainte de Dieu. Pour moi, elle n'ira pas au bout de ses dires. Et moi j'ai le champ libre pour m'envoyer en l'air avec qui je veux.

J'ai l'impression de tourner un film tellement je n'en reviens pas, dis-je euphorique.

- Et si moi je reste convaincu d'une chose, c'est que tu es en train de te jeter dans une fosse aux lions. Une femme amoureuse est capable de tout. Crois-en mon expérience.

Je tiens à mon héritage, elle tient à son copain ! Ce serait con de ne pas saisir la perche qu'elle me tend. On verra bien jusqu'où cette histoire nous mènera..........

Chapitre 3 03

Méli Mélo de Maux

Tome 1

Chapitre 2

« L'amour commence par un regard, se décide avec un mot, se sent avec un baiser et se perd avec une larme. Des natures différentes naissent l'amour. Dans l'adversité, l'amour donne de la force. Dans la confrontation et dans la transformation, l'amour préserve. »

'' DEUX ANS PLUS TARD ''

Maya

Cela fait une bonne dizaine de minutes qu'Eva me fait des bisous sur le visage, dans le simple but que je me réveille.

Quand j'ai ouvert les yeux, elle a esquissé un sourire qui en ferait fondre plus d'un. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire à mon tour, malgré la fatigue que je ressens.

- Maman, j'ai faim...

- Tu es trop gourmande Eva. C'est pour cela que tu me réveilles ?

- Maman... Lève-toi, me dit-elle avec sa petite voix d'ange.

- Descends et vas voir ta grand-mère mais laisse-moi dormir s'il te plait.

Elle est sortie de la chambre en courant. Je venais à peine de replonger dans mon sommeil, quand j'ai senti des petites mains me caresser le visage.

- Hmm... Tu as mangé mon bébé ?

- Oui maman ! Lève-toi et vas te laver.

- Ok !

N'ayant d'autre choix que de me lever, je me suis saisi de mon téléphone posé sur le chevet du lit. Il y a trois appels manqués d'Ahmed sur mon WhatsApp.

Avant que je n'aille plus loin, sachez que plusieurs changements se sont opérés récemment dans ma vie.

Tout d'abord, je suis définitivement rentrée au Sénégal et je vis présentement chez mes parents. Je me suis trouvé un boulot grâce aux contacts de ma tante dans une grande firme de la place.

André et moi avions rompu ou plutôt j'ai rompu avec lui parce que je me suis rendu compte que je ne l'aimais pas autant que je le pensais. N'empêche, nous avons gardé le contact.

Durant ces deux dernières années, je n'ai eu aucun contact avec la famille du père de la petite, encore moins son père qui est jusqu'alors porté disparu et je dois avouer que c'est tant mieux même si c'est méchant de ma part.

Donc en gros, je suis célibataire et je mène une vie paisible aux côtés de ma famille.

- Allô ?

Je viens de le rappeler.

- Ne me dis pas que tu dormais toujours ? entendis-je à l'autre bout du fil.

Jusqu'alors notre amitié n'a pas changé bien au contraire. Il occupe une très grande place dans ma vie. Et il m'aide énormément surtout du point de vue religieux.

- Je me suis rendormie difficilement après la prière de fadjr. D'ailleurs que se passe-t-il ? Trois appels manqués de ta part ne te ressemblent pas.

- J'aimerais te rencontrer tout de suite.

- Tu me racontes quoi là ?

- Je suis au Sénégal et on doit se voir tout de suite !

- Arrête tes conneries.

- Je ne suis pas en train de plaisanter et si je suis ici, c'est expressément pour toi.

Qu'est-ce que je suis censée comprendre ?

- Tu commences à me faire peur ! Que se passe-t-il ? demandai-je inquiète.

- Tu connais le restaurant chez Katia ?

- Aux Almadies ?

- Oui ! Rejoins-moi dans une heure de temps.

- Ok !

Déroutée, oui je le suis et pas qu'un peu. Mon pauvre cœur est en train de battre à un rythme désordonné et ce qui m'étonne toujours, c'est qu'il soit au Sénégal et qu'il dise y être pour moi. Mais que se passe-t-il encore ?

Kamila

Je n'arrive toujours pas à croire qu'Ali ait accepté ma proposition. Je sais que bon nombre d'entre vous pensent que je suis folle, mais si vous avez vécu l'amour, le vrai, vous saurez que pour moi, mon acte est justifié.

Je suis présentement au bout du fil avec Asma, ma cousine qui tente de me raisonner.

- Tu es complètement en train de perdre la boule. Que ton amour pour Rayan ne te fasse pas perdre la tête. Oublierais-tu que tu es une croyante ? Comment peux-tu proposer une telle aberration ? Et ta crainte de Dieu ? Cet amour que tu ressens mérite-t-il que tu t'attires les foudres de ton créateur ?

- Pourquoi est-ce que mes parents m'ont contrainte à épousé un homme que je n'aime pas ? Qui sait même si lui aussi n'a pas été contraint à cela. En parlant de religion, est ce que les mariages forcés font partie de l'islam ? Non, me répondras-tu mais mes parents n'ont pas tenu compte de cela, alors je suivrai leur exemple.

- Si tu aimes tant Rayan, divorce de cet homme alors mais ne deviens pas une femme adultérine. Cela fait partie des plus grands péchés

- Si c'est la seule issue qui s'offre à moi pour vivre mon amour, je le deviendrai.

Elle a poussé un soupir à l'autre bout du fil.

- Je prie Dieu qu'il t'accorde le discernement avant qu'il ne soit trop tard.

- Amen ! Et toi, ça va avec mon beau-frère chéri ? Et cette putain qui te sert de coépouse ?

- Je ne la calcule même pas. Entre mon mari et moi ça se passe super bien al hamdoulilah !

- Dis-moi, comment était votre première nuit de noce ?

- Vous... Vous allez coucher ensemble ?

- Si je ne le fais pas, maman va me tuer.

Si je vous dis que je ne suis pas stressée, j'aurai menti.

- Passe à la maison s'il te plait. J'aimerais qu'on parle ok ?

- Donne-moi le temps de me préparer dans ce cas.

Je venais à peine de raccrocher, lorsque j'ai vu un message d'Ali : « Hâte d'être à ce soir » suivi d'un émoji qui fait un clin d'œil.

Malgré toute mon assurance, mon cœur s'est mis à battre à tout rompre !

*****

Cela fait déjà une bonne trentaine de minutes que je suis en train de digérer avec une bonne tasse de thé.

J'avais oublié à quel point Asma était un véritable cordon bleu. Son mari a vraiment de la chance.

- J'ai l'impression d'avoir avalé une grosse baleine, dis-je en me caressant le ventre. Cela faisait longtemps que je n'avais pas mangé un plat aussi copieux.

- Je suis contente de l'apprendre. D'ailleurs, est-ce que tu fais la cuisine pour ton mari ? demanda Asma.

Sa question m'a énormément amusée.

- Je ne suis pas sa bonne encore moins sa femme.

- Cela ne te coûte rien de faire à manger.

- Je ne suis pas ici pour des remontrances. Soit tu m'aides, soit je rentre chez moi, répondis-je énervée !

Asma est la fille à la grande sœur à maman. Nous avons grandi ensemble et fait tous nous coups foireux ensemble.

Elle était d'ailleurs la plus chaude d'entre nous. Elle pouvait cumuler 7 rendez-vous par semaine avec des mecs différents.

Qu'est ce qui l'a autant changé ? C'est lorsqu'elle a rencontré son mari. Quand on dit qu'il n'y a que l'amour qui est capable de nous ranger, c'est bien la vérité.

Sinon pour moi, elle méritait mieux. Elle méritait mieux que d'être une deuxième femme et de souffrir d'une coépouse jalouse.

- Est-ce que maman ne serait pas passé par là par hasard ?

- J'aimerais juste que tu me dises si tu te rends compte de ce que tu fais ? Et lui dans tout ça ?

- Qui ça Rayan ?

- N'est-ce pas à cause de lui que tu veux commettre l'irréparable ? Quel sera la suite ? Tu couches avec ton mari et ensuite tu mènes ta petite vie au calme avec Rayan, c'est ça .Tu envisages quoi après cela ? Coucher également avec lui ?

- Pourquoi me parle tu sur un ton de reproche ?

- Merde Kamila, je ne te reconnais plus. Que cet amour que tu ressens pour lui ne t'aveugle pas. Comment une femme mariée peut-elle faire ce genre de proposition à son mari ?

- Oublierais-tu qu'on m'a contrainte à me marier avec lui ? Le mariage forcé existe-t-il en islam ?

- Non mais...

- Il n'y a pas de mais ! Si maman m'avait écoutée lorsque je lui ai dit que je n'aimais pas cet homme, tout ceci n'allait pas arriver. Je refuse que mes parents me volent mon bonheur. Si cet homme en sachant que je ne l'aimais pas n'a pas vu d'inconvénient à cela, et ben moi aussi je ne verrai aucun inconvénient à trouver un moyen de me tirer de là. S'il faut même que je m'enfuis, je le ferai Asma. Tu me connais et je n'ai qu'une seule parole.

- Si tu crois en Dieu, réfléchis et demande-toi vraiment si cet amour mérite que tu perdes ta dignité !

Aucune personne ne m'a demandé mon avis lorsqu'ils s'empressaient de clore cette union. Alors j'en ferai également de même et je me battrai pour mon amour jusqu'au bout. Et dire que si je suis venue ici c'était pour savoir à quoi m'attendre en couchant avec lui, elle vient de m'ôter toute envie................

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