******BOURY******
Penda : la chanceuse han
Je souris en secouant la tête, alors que les flashs viennent de partout.
Mon homonyme : oh baraka ma fille, que ce mariage soit une lumière dans ta vie, tu le mérites.
Moi : merci !
Tout le monde est présent, je veux dire ma famille, ils sont tous là aujourd'hui pour célébrer ma journée de mariage.
Maman : limoy tarrou djiguène seuy rekk (voilà la fierté d'une femme, le mariage)
Je hoche la tête, cette phrase, je l'entends depuis que je suis née. Est-ce que j'ai déjà réfléchi dessus... non pas vraiment. Tout ce que je sais, c'est que je dois être d'accord avec ça.
Et je suis d'accord, la fierté d'une femme c'est le mariage et voilà je suis mariée. Et je suis fière, je me gonfle même d'orgueil quand je nargue mes amies et cousines encore célibataires.
Moi : vous attendez quoi pour vous marier ?
Hadja lève les yeux au ciel, signe d'exaspération, je l'agace, elle est ma meilleure amie mais aussi ma confidente. Hadja est dans une fratrie de quatre enfants, elle est la seule fille de ses parents et pour elle pas question de penser au mariage avant d'avoir trouvé le bon.
Et quand elle parle de bon, elle ne fait pas référence à un homme riche loin de là, ce genre elle en côtoie presque tous les jours dans son milieu. Mais un homme mature qui voit la vie à deux comme une question de complémentarité plus qu'une de supériorité.
Je lui répète toujours qu'elle rêve, nous sommes dans une société misogynes, ici les hommes ont tous les droits. Et si une femme essaie de quelques manière que ce soit de changer quelques choses, elle sera vite taxé de 'féministe ' en premier lieu par ces femmes qu'elle essaie de défendre, tout ça pour bien se faire voir dans la société.
Bref...
Hadja : ce n'est pas le rêve de tout le monde de finir esclave.
Lol, qu'est-ce que je disais déjà ?
Esclave ? Pourquoi une femme mariée serait taxé d'esclave ?
Pff je souris en secouant la tête.
Nogaye : je ne sais pas qui risquerait de devenir ton mari Hadja mais il n'aura pas de chance.
Hadja : tempi, en tout cas, il faut que vous arrêtiez de penser que le but de toute les femmes c'est de s'entendre appeler madame.
Raissa : oh ! Arrête de dire des bêtises Hadja, c'est quoi d'autres alors ?
Hadja : il ne sera pas aisé de discuter avec vous.
Nogaye : tu manques seulement d'arguments.
Raissa : être marié, c'est plus qu'une fierté, tu vois toi-même comment la société te met au piédestal.
Hadja : et pourquoi on veut nous référer inférieur aux femmes mariées ?
Nogaye : tu as ta réponse, elles sont mariées.
Hadja : baliverne, il est temps de réfléchir autrement. Avant c'était compréhensible parce que nos mamans n'avaient pas cette chance que nous avons mais maintenant on peut changer tout cela.
Raissa : ce n'est pas une question d'ancienneté Hadja, c'est notre culture et la religion.
Hadja : pff, va apprendre mieux ta religion.
Moi : haha même le jour de mon mariage vous ne pouvez vous empêcher de vous chamailler.
Nogaye : c'est toujours Hadja, elle se croit trop occidentalisée
Hadja : regarde encore où tu amènes le sujet, donc vouloir vivre sous de meilleures jours fait seulement partie de la culture d'occidental ?
Raissa : en tout cas tu as intérêt à changer de mentalité sinon tu finiras vieille fille.
Hadja : et ? tu crois que le mariage est une fin en soi ? Lol
Nogaye allait répliquer mais ma mère passa la porte au même moment.
Maman : vient Boury, ta belle-famille est venue te saluer.
+++QUELQUES TEMPS APRÈS ++++
Je descends du bus avec mon sac de boulot puis un sachet de ravitaillement. Je regarde ma montre et voit qu'il est déjà dix-neuf heures.
Je suis fatiguée, en plus Elimane va sûrement bientôt m'appeler. Il doit même m'avoir laissé des tonnes de messages. Je souris heureuse, j'ai tout ce dont j'ai toujours rêvé, un bon mari qui m'aime, une belle-famille qui m'accepte. En plus pour couronner ce bonheur mon mari sera bientôt de retour au pays depuis notre mariage.
Oui j'ai épousé un immigré, un mariage d'amour, on s'est toujours aimé depuis le jeune âge étant d'anciens voisins.
J'arrive à la maison, sourire aux lèvres, l'air nostalgique. Plus qu'une semaine pour voir mon prince charmant, mon bonheur à moi, mon bien-aimé.
Et voilà mon téléphone qui sonne dès que je l'allume.
Moi : bébou !
Lui : ma chérie comment tu vas ?
Moi : pas bien puisque tu te retrouves loin de moi.
Lui : humm je te manques tant ?
Moi : tu le sais aussi bien, afin que cette semaine passe vite.
Lui : coquine
J'éclate de rire, même entendre sa voix fait palpiter mon cœur de bonheur.
Moi : il te reste quoi ?
Lui : au fait, je dois passer au boulot ce soir.
Moi : ah bon, pourquoi ?
Lui : ils ont eu un problème avec une machine et je dois les aider.
Moi : ils ne peuvent pas appeler un technicien pour ça ?
Lui : si mais je vais juste y jeter un coup d'œil, c'est le patron lui lui-même qui m'a appelé.
Moi : ils t'ont donné ton congé alors ils doivent te laisser en paix.
Lui : je ne vais pas durer, je ferai juste un saut, promis.
Moi : je n'aime pas ça.
Lui : je sais ma douce, je t'aime.
Ça réchauffe automatiquement mon petit cœur fragile.
Moi : je t'aime aussi.
Je l'entends rire à l'autre bout du fil.
Lui : je n'ai pas bien entendu.
Moi : je t'aime Elimane Faye.
Lui : haha je le sais Boury Dème.
On papote jusqu'à tard dans la nuit même quand on m'appelle pour le dîner du soir, je prétexte n'avoir pas faim juste pour ne pas couper la liaison avec mon cher mari. Il me taquine pour me dire de me préparer pour le grand Combat et qu ' il va me battre à plat ventre. Je lui rétorque que j'ai déjà fini avec mon lot d'arsenal en tant que pure sénégalaise avec les perles de tailles ainsi que les pagnes trouées. Il me dit que ça, ce n'est rien. Je lui apprend que ça a déjà terrassé des lutteurs plus féroces que lui.
Aucun d'entre nous deux ne veut flancher pour la bataille de la nuit de noce. J'ai hâte mais avec beaucoup d'appréhension, ça ne sera pas ma première fois avec lui puisque je lui ai fait ce cadeau la veille de son départ mais même je sais que je vais finir dos au sol même avant les préliminaires.
On parle jusqu'à près de deux heures, on arrive au moment où je ne comprends même plus ces mots tellement je somnole. Il me dit de me coucher et qu'on reparlera le lendemain. Je ne voulais pas mais j'ai fini par couper la communication en lui rappelant combien je l'aime et tout ce qu'il est pour moi.
PARTIE 1
LE LENDEMAIN
Samedi, c'est mon jour de repos, je travaille en tant que serveuse dans un restaurant en ville. Je n'ai jamais été doué pour les bancs de l'école donc j'ai fini par abandonner. Mon rêve, c'est de tenir un salon et ce depuis un an. Mon mari me paye une formation pour y obtenir un diplôme. Il m'a promis de m'ouvrir mon institut dès l'obtention de mon diplôme alors j'ai hâte.
En train de faire le linge, je n'entends pas quand Kalsoum vient me donner mon téléphone qui sonne.
Moi : ce doit être mon époux.
Elle me passe le téléphone et me tourne le dos.
Je réponds assez vite sourire aux lèvres.
Moi : mon cœur
Alima : Boury
C'est ma belle-sœur, la femme du grand frère d'Elimane.
Moi : oh belle-sœur.
Elle attend un moment avant de me répondre.
Elle : tu es où ?
Je bats des cils perplexes.
Moi : je suis chez moi, pourquoi ?
Au même moment, je vois deux hommes passer la porte de notre concession. Je reconnais très vite Samad, le meilleur ami de mon mari.
Je sursaute en me dirigeant vers eux. Mon père nous rejoint très rapidement après les pas précipités de ma mère. Mon interlocuteur parle mais je n'entends plus rien, j'ai l'impression que quelque chose s'est passé avec ma belle famille. J'espère au fond de moi que ça ne soit pas mon beau-père qui ai rendu l'âme avec son AVC qui ne lui laissait plus le pouvoir de jouir de ses membres depuis l'été dernier.
La voix de ma mère vient souffler près de mon oreille.
Elle : ma fille vient
Moi : il se passe quelque chose ?
Samad qui avait toujours hâte de me taquiner à une mine bien triste aujourd'hui, je viens enfin de reconnaître celui qui l'accompagne, il s'agit d'un cousin de Elimane.
Papa : va avec ta mère.
Moi : mais...
Maman : viens ma chérie.
Elle me tire avec elle jusqu'au salon ou elle me fait asseoir et voilà les autres qui nous rejoignent.
Je suis troublé, perdue, je ne comprends pas ce qu'il se passe.
Moi : pourquoi vous me regardez ainsi ?
C'est mon père qui prend la parole.
Papa : qui vit, mourra ma fille.
Voilà c'est ce que je disais, mon beau-père. Oh, j'ai tellement mal pour Elimane, il va être anéanti quand il l'apprendra. Lui qui avait précipité sa venue pour pouvoir voir son père même pour une dernière fois.
Je ne sais pas comment je vais pouvoir le lui annoncer.
Moi : je comprends papa.
Maman : tu ne méritais pas ça, ma fille.
Elle disait cela en retenant un sanglot, elle doit être touchée par le décès de mon beau-père. C'est normal après tout il était beaucoup aimé dans notre communauté, un homme humble, simple et bien généreux. Sa perte va se ressentir dans le quartier.
Papa : ainsi va la vie, nous appartenons tous à Dieu et nous retournons tous un jour à lui.
Je ressens un pincement au cœur pour lui, c'est son ami aussi qui est parti.
Samad : que Dieu apaise ton cœur.
Je hoche doucement la tête mais celle que l'on doit chercher à consoler ce n'est pas moi mais ma belle-mère, elle doit être dans tous ces états.
Maman : te retrouver à cette âge veuve, personne ne l'aurait souhaité...
Je tique au mot veuve en me tournant vers ma mère.
Moi : veuve ? Tu parles de quoi ?
Elle fixe les autres qui sont surpris par ma question.
Papa : euh, ma fille...
Au même moment, Nogaye passe la porte en criant.
Nogaye : woyy Elimane demna (oh ! Elimane est parti)
J'ai l'impression de perdre mes ondes auditives tellement mes oreilles sifflent, elle continue à crier en venant se jeter à mes pieds.
Nogaye : oh ma chérie, perdre ton mari doit être si dévastatrice.
Je la repousse de toutes mes forces en entendant ses mots.
Moi : de quoi tu parles ?
Maman : ma fille....c'est Elimane....
Mon cœur rate un battement, j'ai l'impression que l'air manque à mes poumons. Je commence à trembler d'une manière incontrôlable. L'endroit se met à tourner et je ne perçois plus que des bruits lointains.
Papa : il a eu un accident et il n'a pas survécu.
Pas survécu.
Je vacille en perdant pied, ils se précipitent tous vers moi.
Moi : Elimane
Je dis son nom comme s'il se trouvait en face de moi.
Samad : crois en Dieu, c'est sa volonté.
Enfin, je semble avoir compris ce que l'on essaie de me dire depuis tout à l'heure. Je laisse sortir un cri strident avant de perdre la notion du temps en s'écroulant au sol.
******
DEUX JOURS APRÈS*
Je n'ai envie de rien ni de voir personne. Je veux rester seul et ça personne ne semble l'avoir compris. Après mon évanouissement, j'ai essayé de joindre le numéro d'Elimane refusant de croire ce qui se racontait mais la voix qui m'avait répondu n'était pas la sienne.
Je pleure depuis deux jours, et je sais que je n'ai pas fini de pleurer. On voulait me conduire hier chez ma belle-famille mais je ne pouvais pas, mon corps refusait de faire n'importe quel mouvement. Je n'ai ni goût ni force, tout ce que je demande c'est que l'on me ramène mon Elimane rien de plus.
Je veux mon époux.
*****
Ma mère m'arrange le voile sur la tête alors que nous arrivons devant la maison familiale de ma belle-famille. Les regards de pitié à mon égard se mêlent de partout, mais je ne veux pas les voir ni les entendre.
Je passe la porte en traînant les pieds, mes tantes et cousines derrière moi.
Tous ceux que je rencontre expriment leur profonde douleur en me présentant leurs condoléances. Je vois très vite ma belle-mère assise dans une natte avec le layou posé à côté d'elle d'où les gens déposent l'argent en présentant leurs condoléances.
Je me laisse tomber sur le sol ne pouvant plus me tenir debout. Les gens se précipitent autour de moi et un plus grand sanglot s'élève dans l'air.
Belle-mère : qu'est-ce que vous faites là ?
L'assemblée se tut alors que l'on me relève.
Belle-mère : vous faites quoi ici Astou Camara ?
Certaines à côté essayent de la retenir, mais elle se dégage en venant nous faire face.
Belle-mère : je l'avais prévenu, j'avais prévenu mon fils, j'avais prévenu mon enfant que le listikhar était formel, ce mariage n' augurait rien de bon mais il ne m'a pas écouté et voilà où n...
Elle est tirée en arrière par une femme de son âge, mais encore une fois. Elle arrive à le repousser.
Belle-mère : laissez moi, elle a tué mon fils
Je tique en sentant combien mon corps tremble.
Belle-mère : le marabout avait raison, tu n'as pas une bonne étoile. J'ai essayé de dissuader mon fils mais il n'a pas voulu m'écouter (sniff) ohh mon fils.
Moi : mama...
Belle-mère : ne m'appelle plus ainsi, je n'ai jamais...
Maman : je comprends ta douleur Adji Fama. Mais réfléchissez à ce que vous dites.
Belle-mère : je ne dis que la vérité, sortez de chez moi.
Moi : mais...
Elle me tire le bras de force alors que son voile est en train de lui tomber de la tête. Les gens autour sont estomaqués mais personne n'ose rien dire. Ma famille essaye de me protéger mais je me retrouve déjà au pas de la porte, avant qu'elle ne me repousse et que je tombe sur les fesses.
Belle-mère : va au diable et ne remets plus tes pieds chez moi.
*****
Mon mari a perdu la vie dans des circonstances surprenantes. Parti pour aider ses collègues avec une machine, il s'est retrouvé coincé par l'appareil qui lui est tombé dessus.
Je n'arrivai pas à y croire, que l'homme auquel j'avais parlé le soir. C'est retrouvé sous terre le lendemain.
C'est incompréhensible et inacceptable. Veuve à juste vingt ans, je ne l'aurais souhaité à mon pire ennemi. J'ai terriblement mal, j'ai la sensation de n'avoir plus de raison de vivre. Elimane était tout pour moi, mon ami, mon confident, il était tout ce dont j'ai toujours rêvé dans ma vie alors le perdre dans ses circonstances je ne peux pas l'accepter.
C'est dans ce mélanome que ma sœur vient me retrouver.
Adji : quand est-ce tu vas arrêter ?
Moi : ...
Je n'ai pas envie de discuter avec qui que ce soit. Les autres semblent avoir trop vite oublié alors que moi non.
Adji : cela fait même six mois qu'il est parti et tu veux passer le restant de ta vie à te morfondre.
Moi : laisse moi.
Adji : si cela te touche autant, meurs et rejoins le.
Je tique en sursautant.
Moi : tu t'entends parler Adji ?
Adji : quoi ???
Moi : c'est ton problème si je me morfonds ?
Adji : je m'en fous personnellement, mais tu gâches l'ambiance de la maison. On ne peut même plus rire à haute voix parce que ça risque de déranger madame.
Moi : je n' interdis personne de vivre comme il l'entend.
Adji : tchip !
Elle sort et au même moment maman apparaît.
Maman : n'écoute pas Adji, elle est encore jeune.
Moi : t'inquiète pas maman.
Elle vient s'asseoir près de moi
Maman : tu as réfléchi chérie ?
Moi : à propos de quoi ?
Elle détourne un instant le regard.
Maman : de Samad, il....
Je l'interrompt
Moi : s'il te plaît, je lui ai déjà donné ma réponse. Il n'est pas question de quelconque relation avec lui, même s'il dit qu'il le fait pour la mémoire de son défunt ami.
Maman : mais il est quelqu'un de gent...
Moi : respecte ma décision, je ne veux pas me remarier ni aujourd'hui, ni demain.
Maman : je crois que l'on doit te donner du temps.
Moi : je veux rester seule.
Elle hoche la tête avant de sortir de ma chambre.
*******SIX ANNÉES S'ÉCOULENT******
Raïssa : je suis venu t'annoncer mon prochain mariage.
Je souris heureuse pour mon amie, elle qui en rêvait depuis tellement d'années.
Moi : suis heureuse pour toi ma puce.
Hadja aussi la félicite, j'en suis où je suis aujourd'hui grâce à leur aide. Elles sont venues me tirer de mon état de détresse pour me redonner goût à la vie. Oh non ma belle Hadja n'a toujours pas changé de direction, elle clame haut et fort être féministe. Mais bien sûr elle a fait la rencontre avec l'homme de sa vie, celui avec qui elle partage la même vision de la vie, les mêmes convictions, depuis madame vit le bonheur dans son foyer.
Moi, la vie n'a pas beaucoup changé, je ne fais rien de mes journées à part rester à la maison. Et il y a quelques mois, ma sœur Safy s'est mariée. Depuis Adji ne tient en place. Elle aussi veut se marier coûte que coûte. Madame du haut de ses dix-huit ans croit qu'elle est assez mature pour s'unir à un homme.
******
Yacine (avec un sourire mesquin) : oh grande sœur toi aussi qu'est-ce tu attends pour te caser ?
Je souris timidement en voyant que tous les regards viennent de converger sur ma personne.
Ma mère (tirant la bouche) : eh ne me parle pas de cette fille, bientôt six ans et même pas un simple prétendant dans l'ombre.
Je baisse les yeux en triturant mes doigts, je devrais avoir l'habitude de ce genre de remarque. Mais je me rends compte que c'est toujours aussi dure de les entendre, toujours aussi salaces.
Yacine : eh en passant j'ai rencontré ton ancienne camarade de classe Betty, elle était avec ses deux enfants
Moi : hum
Yacine (soupirant) : elle a demandé après toi mais je lui ai juste dit que tu étais toujours là.
J'ai envie de me lever pour partir mais je sais que ça ne changera rien à la situation donc je reste là, à supporter leur remarque et moquerie même si j'aimerais un jour que ça cesse.
Maman (à moi) : comme tu es toujours ici, lève toi et va annoncer à ta tante Soukey qu'on aura la visite de la future belle famille de Yacine après-demain .
Moi : mais...
Maman : eh évite de me sortir des excuses comme tu n'as pas honte de voir tes sœurs se marier, tchip
Elle se tourne vers la prochaine reine de la maison.
Ce n'est pas de ma faute, je pensais pouvoir vivre seule. Mais depuis quelque temps j'ai envie de reconstruire ma vie même si je n'ai pas oublié Elimane, jamais je ne l'oublierais.
Maman : eh qu'est-ce tu attends pauvre fille ?
Je me lève à contrecœur pour sortir de la maison en me dirigeant vers la maison de ma tante, la sœur de mon père. Durant tout le long du chemin des questions se bousculent dans ma tête. Pourquoi je n'arrive pas à trouver chaussures à mon pied de nouveau? Pourquoi les autres arrivent à trouver leur moitié, vivre heureux et moi non ? Pourquoi Dieu ne me fait pas don de cette grâce de vivre dans un nouveau foyer? Des pourquoi et pourquoi jusqu'à n'en plus finir.
****
Moi : bonjour ma tante
Elle : bonjour ma fille, comment vas-tu ?
Moi : je vais bien ma tante
Elle : et toi alors quand elle est-ce que tu viendras m'annoncer que tu vas te remarier ?
Moi : hum
Elle : l'horloge biologique tourne deh, tu n'es plus une petite fille. Toi-même tu vois qu'il ne reste que la petite dernière chez vous.
Moi : je suis là à propos d'elle
Elle : hé Dieu non, pas encore Boury. Tes parents ne peuvent tolérer cette affront qu'à même.
Je ne sais pas si elle se lamente pour mon sort ou bien si elle joue de la comédie, mais elle réussit à me mettre plus bas que terre. Je lève pourtant les yeux pour lui dire.
Moi : maman m'a envoyé t'annoncer que la famille du copain de yacine viendra après-demain.
Elle (la main sur la bouche) : lahila !
Moi : je vais y aller
Il faut que je sorte d'ici sinon je vais finir par craquer. Déjà c'est comme si ma vie de célibataire était une maladie dangereuse pour mon entourage, je n'y comprend rien là.
Elle : hé, ton père ne peut pas laisser, cette fille de dix-huit ans ne peut pas se marier avant toi.
Moi : j'y vais.
******
J'ai parfois l'impression de porter le poids du monde sur mes épaules. Je ne croyais pas que ce serait si difficile de vouloir refaire ma vie des années passées. j'ai eu à rencontrer d'autres hommes mais il n'était jamais Elimane, je cherchais son amour, son humeur, ses mimiques dans chaque homme que j'ai eu à rencontrer. ils finissaient par en avoir marre. Finalement, j'ai choisi de rester seule et ça n'a rien arrangé parce que depuis, aucun homme ne m'a assez intéressé.
++++++DES JOURS PLUS TARD +++++
Portable à la main je suis en train de défiler dans mon fil d'actualité jusqu'à ce que je tombe sur un titre qui attire ma curiosité.
'je cherche une deuxième femme pour avoir des enfants'
je cligne des yeux perdus, c'est quoi ce titre, je dois lire ce qui s'en suit
*Bonjour, je cherche une seconde épouse pour avoir des enfants. Je suis un homme et je serai bientôt dans la quarantaine.Ma femme et moi ne parvenons pas a avoir d'enfants après des années de mariage.On nous propose une mère porteuse et je crois que c'est la seule option que nous avons. L'adoption est une solution mais ne plait pas trop à madame.Nous avons décidé, que je prenne une seconde épouse comme le permet la religion ,de plus on prend de l'âge. je préfère vous prévenir, j'aime éperdumment ma femme. Donc , si vous avez entre 25 et 35 ans et que vous voulez une relation sérieuse qui va aboutir rapidement au mariage contactez moi.
Merci !
Ps: Envoyez-moi un message sur hlal98327@gmail.com.
Je tombe des nues, donc ce monsieur cherche à avoir une deuxième femme pour combler les désirs de sa femme?
D'un côté je trouve cela touchant mais peut-être aussi qu'il ment. quelle femme serait folle pour forcer son homme a en épouser une autre même s'il est question d'avoir des héritiers? je suis tenté de copier son email mais je me demande ce que je ferais avec. Pourtant je suis curieuse de savoir qui se cache derrière ce profil.
que devrais je faire, lui envoyer un message?
bon je n'ai rien à perdre, je copie l'email et le colle sur ma messagerie*
à: hlal98327@gmail.com
objet: Candidature mère porteuse
bonjour, je viens de voir votre message sur la page 'A la recherche'. je suis une jeune femme de vingt-sept ans prête à accepter de vous donner un enfant.
j'appuis sur 'envoyer' lol je suis sérieusement folle dérangé en plus je suis sure de ne meme pas avoir de retour mais je voulais vraiment savoir qui se cache derrière ces fantaisies. je ne sais pas si j'aurais accepté si il ou elle me répondait.
je dépose le téléphone après avoir lu les commentaires. il va surement demander à l'admin de supprimer son anonyme parce que les gens le traitent de tous noms
''tu crois que la femme est une objet...
''lol une commande à la express.
''non mais n'importe quoi
''Mr dite la vérité au lieu d'impliquer votre femme
''qu'est-ce qui nous prouve que ce n'est pas vous qui avez des problèmes?
Des commentaires plus salaces viennent s'ajouter, je ris jusqu'à me tordre les côtes. c'est sur cette ambiance que mon père vient me trouver dans la cuisine.
Papa : bonjour ma fille
moi: bonjour papa
Papa : et la journée?
moi: cava
Papa: tu as entendu la nouvelle ?
moi: oui
Papa : d'accord je te ferai plus tard un virement pour que tu accompagnes faire tes achats.
moi: merci mon oncle.
Il sourit avant de sortir, c'est au même moment que mon téléphone signale l'arrivée d'une notification, un email, je clique dessus pour voir.
De : hlal98327@gmail.com
bonjour madame, vous avez surement oublié de vous présenter, pour plus de renseignement votre nom, prénom, âge, taille et profession ainsi qu'une photo entière de vous.
merci
Je lis encore le message et j'ai envie de tchiper bien fort, non mais allo quoi pourquoi ne pas demander mon poids et mes mensurations. culotté en plus ne manquez plus qu'à envoyer ma photo à un inconnu.
Je soupire avant de me reposer, il va attendre longtemps pour recevoir une réponse de ma part.
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