À M. Nizeri et M. Shmorr, mes inoubliables professeurs de Français et d'art plastique, auxquels je dois d'avoir connu, à 10 ans, mes premières émotions esthétiques à l'origine de ma passion d'écrire, dynamisée par mon imagination en éveil depuis ce temps-là, grâce à eux.
À mes parents pour leurs encouragements et la bienveillante attention qu'ils m'ont toujours accordée.
Le Bosphore survolé, l'appareil eut tôt fait de gagner l'aéroport d'Istanbul à l'architecture aussi surprenante que féerique, au regard des Occidentaux.
La plupart des passagers avaient reconnu au passage quelques joyaux de l'art byzantin, en particulier ceux du quartier de la Basilique Sainte-Sophie, avec à l'horizon les six minarets si caractéristiques de la célèbre mosquée bleue dont les coupoles étagées dessinent d'élégantes cascades.
Ainsi s'achevait le long vol qu'avait emprunté ce couple étrange qui allait être à l'origine de la série des événements qui attireront notre attention pour encore très longtemps
Istanbul le 08/07/84
Chapitre 1
Le secret du sarcophage
À leur sortie de l'aéroport, monsieur et madame Bohler se mettaient nonchalamment à la recherche d'un taxi. Les chauffeurs de taxi attendaient calmement leur tour dans leur emplacement. Soudain, un homme trapu fonça en direction des deux touristes et leur passa les menottes. Ces derniers n'avaient pas eu le temps de réaliser ce qui venait de leur arriver.
En fait, l'homme en question faisait partie de la CIA. Il avait été envoyé à Istanbul par ses supérieurs dans le but précis d'arrêter monsieur et madame Bohler, brigands de leur état.
En effet, chaque fois que dans le monde, il se produisait la découverte d'un trésor, monsieur et madame Bohler se trouvaient là comme par enchantement.
Ce jour-là, ils avaient été dénoncés par leur majordome, un dénommé Peter Livingston qui allait bientôt montrer son vrai visage. Les Bohler ne savaient pas que leur majordome était en réalité un tueur au service de la police turque.
En effet, les forces de police turques voulaient absolument s'entourer d'un maximum de précautions afin de préserver un certain sarcophage des bavardages du public, de la presse et du vol.
Bien entendu, ce fameux sarcophage datait de plusieurs siècles, d'où sa très grande valeur, tant sur le plan artistique que sur le plan économique.
Dans la voiture blindée qui les conduisait à la prison centrale, les époux Bohler s'indignaient avec véhémence et montrèrent leur surprise suite à la dénonciation de l'un de leurs proches.
Tout à coup, la voiture de police stoppa net devant un terrible obstacle, mais quel était donc ce barrage ?
Eh bien, cet imprévu était tout bonnement une voiture de l'ambassade anglaise arrivée par hasard sur cette autoroute.
Donc, lorsque les passagers de la voiture de marque japonaise arrivèrent derrière le véhicule de l'ambassade ils lui firent un signe de reconnaissance, marque évidente de complicité au regard des époux Bohler.
En fin de compte, le casse du siècle aurait bel et bien lieu en temps, et en heure, les autorités pensaient pouvoir stopper ce vol, mais devant des impératifs financiers la bonne volonté n'est pas suffisante.
Ces personnes, au début inconnues, allaient les aider à s'échapper de la souricière tendue par les hommes de la police turque et leur complice Peter Livingston
Le changement de voiture s'opéra, et John Savage joua son rôle à la perfection celui du brave type complètement dépassé par les événements.
Pendant ce temps, les précautions autour du sarcophage semblaient redoubler d'importance de jour en jour, tant était grande la peur que l'on veuille dérober ce fameux trésor.
Malheureusement, maintenant que monsieur et madame Bohler se dirigeaient vers la route du retour, le sarcophage demeurait réellement en danger.
Bien que des vigiles armés avec des chiens se plaçaient en faction toutes les nuits, les voleurs ne se décourageaient pas pour autant
Certains eurent l'idée d'escalader le mur principal du commissariat, car le sarcophage tenait dans l'emplacement qui servait de bureau au commissaire, ce qui n'arrêtait nullement nos intrus du moment.
Mais nos « as de la voltige » ne s'attendaient pas à un piège de dernière minute, monté de main de maître par les autorités compétentes qui avaient mis en place une deuxième alarme, beaucoup plus perfectionnée que les précédentes, au cas où cela s'avérerait nécessaire.
Cette précaution avait été mûrement réfléchie par le biais d'un échange entre les services secrets et la police ordinaire qui ne pensait pas vraiment que le tandem Bohler puisse les semer ou leur « fausser compagnie » au moment de l'arrestation.
Et pourtant, en moins de deux minutes, la crainte des cerveaux fut confirmée, tandis que le plus comique de cette histoire fut de découvrir que le sarcophage si jalousement gardé paraissait ne dater que de deux ou trois années au maximum.
D'ailleurs, l'incroyable génie créateur de ce sarcophage avait réussi en un tour de magicien à berner tout le monde, y compris les spécialistes experts chargés de l'évaluation historique des sarcophages Égyptiens, bien qu'ils aient été Turcs.
Cette œuvre d'art avait donc fait l'objet d'un examen attentif de la part d'une multitude de personnages qualifiés dans ce domaine, et toujours selon leurs supputations, il s'agissait bien d'un trésor datant de l'épopée des pharaons !
Du moins, nous ne pouvons assurer qu'en ce chaud et torride après-midi de juin, les gens ne fassent pas attention à ce qui va, sans tarder, se produire sous leurs yeux.
Alors que quelques minutes s'étaient écoulées, un coup de feu éclata, rompant le lourd et inquiétant silence qui s'était installé.
Évidemment, ce bruit détourna l'attention des personnes dans la rue, c'était justement ce que désirait l'auteur du coup de feu.
Or, au même moment, à quelques lieues d'ici, devait se dérouler un événement primordial, le vol du faux sarcophage.
Mais pourquoi quelqu'un prendrait-il le risque de dérober un objet sans valeur marchande, excepté s'il était lui-même le créateur de l'objet ?
Et voici comment l'histoire de ce mystérieux sarcophage allait provoquer une énorme mise en mouvement générale de tous les organismes d'espionnage des pays attachés à l'OTAN, ou amis de cette organisation.
Malheureusement, ni le M.I.5 ni la CIA, et encore moins les services secrets turcs ne pouvaient deviner l'ampleur de ce complot monté de toutes pièces par un riche industriel, par jeu, ou par désœuvrement.
C'est pourquoi l'énigme résolue par la police parallèle turque révéla le fin mot de l'histoire, mais non le coupable, véritable caméléon changeant sans interruption d'identité et d'apparence.
Le seul indice qui pouvait nous faire découvrir l'homme sans visage et sans nom, c'était le sarcophage en lui-même car celui-ci contenait un indice qui permettrait de remonter à son propriétaire légitime.
Dans la vie il existe une marque unique nous reliant de manière invisible au fil d'Ariane dans la légende du souterrain.
En pénétrant au milieu de cet imbroglio, les hommes de la police aboutirent à l'hôtel où l'homme séjourna en compagnie de monsieur et madame Bohler, de Peter et de John Savage, l'agent de la CIA.
Finalement, toutes ces personnes, y compris l'artiste, ne voulaient que reprendre le sarcophage afin de pouvoir, en le négociant, en retirer un meilleur prix chez un brocanteur bien incapable au premier abord de déjouer la supercherie.
Le tout, bien que la population considéra ce sarcophage comme atout national alors qu'il n'était que pure imitation, ce qui semble d'usage courant sous les latitudes orientales, et bien qu'en apparence, au moins les autorités ne badinassent point avec l'art national authentique, ou du moins, supposé tel.
Le faussaire allait être bien malgré lui le jouet d'enjeux colossaux au sein même des officines secrètes alors que ces dernières utilisent leurs agents comme d'autres placeraient des pions sur un échiquier gigantesque tout en faisant attention à ne pas perdre la face devant les adversaires toujours plus nombreux.
Istanbul le 09/07/84
Chapitre 2
Le choc
Lors de leur voyage qui était presque secret, Gloria et Maxime Forestier durent rester une heure dans les embouteillages afin de poursuivre leur long périple qui durait depuis près de deux ans.
Soudain, Gloria demanda à son compagnon les raisons pour lesquelles ils étaient obligés de rouler jusqu'à la prochaine ville, alors qu'à cet instant, Maxime Forestier commençait à perdre patience dans les files de voitures qui n'en finissaient plus de s'allonger.
L'énervement mis à part, le stationnement prolongé d'une demi-heure dans la « range rover turbo » sans avancer d'un mètre attira l'attention du conducteur d'une voiture de police qui se gara sur le côté de la route, et vérifia scrupuleusement les cartes d'identité de chaque passager.
Toutefois, l'un des policiers se mit à sourciller en lisant le nom de Gloria, la coéquipière de Maxime.
C'est la raison pour laquelle Gloria expliqua à ce policier qu'elle se trouvait en voyage à Istanbul avec monsieur Forestier afin de conclure des transactions financières.
De toute évidence, l'explication n'avait pas satisfait le policier qui força Maxime à se garer sur l'accotement.
Or, le geste déplut souverainement à Gloria qui houspilla le policier qui lui faisait face.
Toutefois, la réaction du second agent de police surprit au plus haut point Maxime, car il ne se mit point en colère contre les deux touristes.
En une autre circonstance, il les aurait embarqués manu militari au centre régional de la police.
D'ailleurs, peu de temps avant sur le même tronçon de route, des étrangers avaient été arrêtés par les forces spéciales du Maharadja
Leur interrogatoire allait commencer dans exactement cinq heures, l'heure, à laquelle les notables boivent leur thé à la menthe, tapis dans un coin de fraîcheur relative d'un riche appartement gagné par la torpeur qui monte des ruelles avoisinantes inondées de chaleur.
Ainsi, dans cette moiteur, nos deux espions trouvaient le temps long comme si ce temps s'était arrêté, et que cet état des choses datait de deux cents ans, ou plus.
Pourtant, le temps dans ces régions s'écoule vite pour les autochtones, mais pour les voyageurs pratiquant le tourisme, une journée peut comptabiliser d'innombrables heures, même si le soleil se couche à l'horizon.
Mais Gloria ne bougeait plus malgré l'arrivée d'une bise soudaine et bienfaitrice.
En fait, elle semblait paralysée par un sentiment d'insécurité qui se transforme en angoisse morbide, le tout ponctué par des frissons, et des sueurs froides qui annonçaient une nouvelle et interminable nuit d'insomnie.
Maxime lui tenait la main dans ces moments-là, quand ils étaient à bout, ils trouvaient toujours une auberge pour les accueillir celle de A n'était pas loin d'ici, s'il le fallait notre conducteur était prêt à y aller avec elle.
Sa compagne était très morose ces derniers temps, elle craignait quelque chose mais quoi au juste ? . Maxime essayait de la faire parler mais en vain, Gloria ne lui avouera jamais sa dernière escapade amoureuse, elle avait trop peur de sa réaction.
Ils entreprirent de suspendre leur mission pour faire une pause bienvenue chez un dénommé A leur chef de section. Ce très bel homme était la courroie de transmission des agents en perdition à Istanbul.
Sa femme était quant à elle la meilleure espionne qui soit elle travaillait pour une autre officine que le M.I.5 elle surveillait les espions tout comme elle jetait un coup d'œil à leur mission.
Ce fut lors de l'un de ses repérages qu'elle comprit tout de suite qu'il y avait anguille sous roche à propos de Gloria, et Maxime, et que Sire Lyndon jouait double jeu en les envoyant tout droit dans la gueule du loup.
Elle prévint Alex du danger, ce dernier l'enfant prodigue du M.I.5 envoya le code 222, c'était le départ d'un changement d'identité imminent pour un agent entrant dans l'œil du cyclone
Les secrétaires ne perdent jamais leurs accréditations très longtemps, car au fil du temps elles se voyaient confier d'autres missions toujours plus intéressantes les unes que les autres, et elles laissaient leurs places à d'autres, moins expérimentées, ou mises au rencard pour faute lourde.
Alex se posait des questions existentielles tout en fouillant dans ses archives personnelles, tout à coup le prénom de Daphnée lui sauta aux yeux, il se souvenait de cette charmante fille qui avait connu la carrière la plus courte chez les secrétaires.
Elle était tombée sous le charme vénéneux d'un tenancier de bar ami d'un certain monsieur R, d'un certain X, et d'une certaine Alara, mais ceci ne pouvait être la solution du moins pour le moment se dit-il à voix basse.
Istanbul le 10/07/84
Chapitre 3
La séparation des deux complices
Bon gré, malgré, l'aspect idyllique de la journée ne procurait aucune sensation de bien-être à Maxime qui redoutait intérieurement le pire pour lui, et sa complice de toujours.
Car depuis leur atterrissage, la chance leur avait ouvert la « voie Royale ».
Maxime arriva chez A il fut accueilli avec joie par son grand ami, ce dernier savait que le code 222 avait été mis en place, il se doutait que cela ne concernait pas Maxime mais Gloria, mais là encore il ne fit aucune remarque.
Maintenant, l'excès de tranquillité dégageait des ondes négatives que Maxime ressentait au plus profond de lui-même.
Ainsi, le déplacement des informations à propos des agissements du gouvernement Turc ne se déroulait pas comme prévu, car selon les dires de Maxime, quelqu'un avait à coup sûr renseigné un des protagonistes servant d'intermédiaire entre des personnalités, et des hommes politiques particulièrement influents.
Ils prirent leur quartier à l'auberge comme convenu, ils se reposèrent loin de tout, ils purent enfin prendre une douche, dormir, faire l'amour, et manger. Maxime ne se doutait pas une seconde que ce moment allait être le dernier de leur histoire.
Ils ne partirent pas tout de suite nos deux amants ne pouvaient se passer l'un de l'autre comme les oiseaux qui se nomment à juste titre les inséparables.
Ils quittèrent leur nid douillet qu'au début de la nuit, la fraîcheur leur permit de reprendre des forces, et les ravitaillements en eau et en nourriture ne furent pas de trop.
Ils quittèrent la cour de l'auberge, et se remirent en route vers leur mission. Sa crainte à peine dissipée, la catastrophe prit l'aspect d'un camion devenu en apparence fou.
Tandis qu'ils roulaient correctement, le chauffeur du camion à côté d'eux fit une manœuvre délibérée, il visait la portière de Gloria, mais au moment où il allait frapper une main invisible l'en empêcha.
Heureusement, pour elle, au moment de l'impact, le monstre d'acier finit par s'encastrer dans la rambarde de sécurité, et alla s'écraser contre un rocher, dans le renfoncement du ravin où il avait été projeté d'une manière violente.
Finalement, il explosa, projetant des centaines de débris dont certaines atteignirent la chaussée en fracassant au passage des pierres de haute taille, et de dimension gigantesque.
Et pendant que les conducteurs voisins portaient secours aux occupants de la voiture, d'autres s'assuraient qu'aucun blessé n'était à déplorer lorsqu'ils feraient appel aux héros du feu, et à la police qui réclamerait maintes explications afin de noircir les pages de son rapport.
Justement, suite à cet incident, Gloria qui était la plus maligne des deux partenaires pensait avoir reconnu le visage du chauffeur du camion incontrôlable, et elle en profita pour faire appel à sa mémoire.
« J'ai formellement reconnu le garde du corps de Karl Berti ! », dit-elle à Maxime. Il a tenu sa promesse celle de nous faire la peau car la dernière fois nous avons pris monsieur la main dans le sac avec la fille qui était avec le portier de l'hôtel à Rio lors de ma dernière mission avec Alex.
Je suis intimement persuadée que c'est lui qui a voulu nous tuer ajouta-t-elle soudain n'oublions pas que c'est son chien de garde lorsqu'il faut effectuer pour monsieur les sales missions de dernière minute.
Ordinairement, les réflexions de Gloria attiraient toujours l'attention de Maxime, mais ce fut l'inverse cette fois-ci, étant donné qu'il était à l'heure actuelle dans les bras de Morphée, ce qui vexa son amie pour tout le reste de la soirée.
Après une partie de la nuit éreintante que Gloria et Maxime avaient passée dans la voiture, les fenêtres grandes ouvertes, Gloria allait connaître une seconde tragédie par l'intermédiaire d'un bruit de fusillade venant de l'extérieur, le matin du 11 juillet 1984.
Inquiète, elle se retourna, mais eut la désagréable surprise de ne pas découvrir Maxime à ses côtés, son homme, son roc avait rejoint les limbes tout seul avec uniquement sa main dans celle de sa compagne, et ce pour toujours malgré les remarques acides d'Alex envers Gloria.
Normal, l'homme qui venait de tomber sous les balles des tueurs n'était autre que Maxime Forestier, appelé « FAFA » par l'agence spéciale des renseignements, sorte de groupement interne au sein d'une brigade d'intervention rapide, et vraiment bien organisée.
Or, Gloria réalisait douloureusement que son Maxime adoré avait négligé le danger environnant en laissant le choc lui dicter sa conduite à venir.
La seule question que Gloria se posait restait sans aucune réponse pourquoi Maxime avait-il pris le risque insensé de rester dans les vapes pendant que ses ennemis veillaient à la bonne exécution de leur plan le concernant.
Maxime avait emporté son dernier secret avec lui dans l'au-delà en laissant Gloria esseulée, et sans réponse.
Toutefois, après s'être confiée à l'une de ses amies journaliste au Daily Mirror qui, seule, connaissait maintenant la vérité à propos du Maharadja troisième du nom, Gloria se fixa un nouvel objectif, s'introduire auprès du terrifiant homme.
Pendant ce temps, à l'intérieur du palais tout proche, la domesticité, et la cour au complet se préparaient pour la fête finale.
Là, durant le mois de juillet 1984, les gens du ménage ressemblaient à une multitude de fourmis fébriles dans l'attente de leur souverain.
Et dans tout ce remue-ménage, un seul avait conservé son calme. Il avait abattu ses cartes tel un chien de guerre.
Il se prénommait Morave, « la taupe », c'est lui qui avait trahi Maxime, et Gloria.
Cet homme d'aspect inquiétant, livide, et velu avait trahi pour de l'argent, et pourtant, il devait se douter qu'il ne toucherait peut-être jamais cette récompense.
Dans l'esprit du Maharadja, il était déjà condamné, ou à la mort, ou à l'exil à vie, sans aucune chance de retour chez lui, à moins que ce ne soit en prison.
Pendant ce long laps de temps, restée seule, sans ressources, et ne comptant sur l'aide de personne notre agent avait déjà pris sa décision elle préférait devenir une traîtresse bien vivante plutôt qu'une espionne morte pour sa patrie.
Décidément, malgré leur résistance le gouvernement Turc les avait bien vaincus Maxime, et elle, maintenant Gloria n'avait guère le choix elle devait aller à la rencontre de son plus grand cauchemar.
Mais, ce qu'elle ignorait, c'était que le seigneur le plus despote de la Turquie allait mourir, car un de ses fidèles compagnons allait l'assassiner pour mettre la main sur le gigantesque trésor qui irait rejoindre son tombeau.
Insidieusement, l'atmosphère de ce jour dégageait une impression de froideur tant dans l'air, que parmi les gens au service du grand Maître.
Même celui-ci faisait grise mine, si bien qu'il ne supportait même pas la présence de sa femme, escortée des intimes du souverain, tous habillés de pied, en cape, cérémonie oblige.
Parfois, une femme prête à tout dissimulait son trouble pour accéder à ses fins sans pour autant se faire refouler par les gardes.
À première vue, Gloria semblait d'attaque pour sa confrontation avec le gardien des enfers, Ce personnage usurpateur de titre se faisait appeler Adis.
Notre aventurière usa de tout son charme. Les gardes la laissèrent accéder à la chambre royale. Une fois, l'entrée dégagée, Sedia un des redoutables serviteurs reconnut Gloria, et l'interpella brusquement, ce qui contraria le propriétaire du palais qui, d'un regard courroucé lui demanda expressément des explications.
Immédiatement après cet avertissement, Sedia comprit sa bêtise, il garda le silence devant le tyran. Mais Adis insistant, il lui raconta une histoire insipide concernant la ressemblance de Gloria avec une autre personne.
Malheur à Sedia qui n'avait pas su convaincre le despote en place, du moins, c'était l'avis de Gloria.
Celle-ci dansait comme les femmes qui exécutent à merveille la danse du ventre, les hommes sont sous le charme de ces déesses d'un autre temps, ils n'écoutent plus la raison mais le cœur.
Toutefois, un autre danger rôdait dans ce lieu, il ne portait pas Gloria en haute estime, pour lui Maxime s'était fourvoyé avec cette fille, elle ne lui attirerait que des ennuis.
Le dictateur le considérait comme son digne héritier, Gloria ne représentait rien pour ces deux-là, une femme même belle doit se plier aux bons vouloirs de la gent masculine.
Ses supérieurs l'avaient formé dans ce but séduire les hommes les plus intéressants pour leurs missions, et les affaires inhérentes à celles-ci.
Gloria était un joli pot de fleurs qui s'épanouissait de plus en plus sous le joug du faux détenteur de ce titre de Maharadja
Alex n'en perdait pas une miette lui aussi admirait ce corps parfait lors de leur mission à Rio il n'avait pas pu s'en rendre compte car Gloria était toujours dans les bras de couples plus ou moins en rapport avec leur mission première.
Elle rendait fou tout le monde, la chaleur semblait la suivre pas à pas telle une représentante du sexe faible mais pas si naïve que cela.
Les recruteurs de Gloria avaient-ils mesuré les conséquences de leurs actes, Alex savait pertinemment que non ils s'étaient contenté de la prendre à l'essai deux, ou trois jours alors que les autres agents femmes devaient au minimum faire l'affaire pendant au moins quinze jours.
Avant de renvoyer Gloria au simple titre de secrétaire, Alex la laissa faire tout en pensant au moment où tout s'arrêterait pour elle, et ce de manière définitive, mais s'il avait pu soupçonner une partie de l'avenir il se serait ravisé à son sujet.
Ankara le 11/07/84