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Monica

Monica

Auteur:: Inaya2
Genre: Histoire
Une vie calamiteuse, une aventure intéressante.

Chapitre 1 Monica

Chapitre 1

*** Monica Evina ***

Je me suis demandé des centaines de fois comment tout ceci avait pu arriver et comment j'avais pu être aussi égocentrique. C'est vrai que l'amour ne nous fait voir que ce qu'on a envie de voir. Et tout ce que j'avais vu, c'était mon bébé. Ce bébé que je désirais de tout mon cœur.

Je me prénomme Monica, orpheline de père et de mère à l'âge de 5 ans. Mes parents et moi avons eu un accident de voiture et ils sont morts sur le coup. J'étais la seule survivante. Une passante m'avait récupérée et conduite dans l'église la plus proche. J'ai donc grandi dans un orphelinat dirigé par les bonnes sœurs jusqu'à mes 18 ans, l'âge de la majorité dans mon pays. Dans cet orphelinat, nous étions soumis à l'apprentissage de tous les métiers possibles y compris l'informatique qui était mon domaine de prédilection.

Deux ans après ma sortie de l'orphelinat, je décroche un poste de secrétaire dans un cybercafé de la place. Ce n'était pas le travail de mes rêves mais il fallait bien que je survive !

Un jour, au moment de fermer, une grosse cylindrée gara en face et de l'intérieur sortit un type très pressé, marchant à pas géants dans ma direction.

- Monsieur, nous sommes sur le point de fermer, seules les impressions sont encore possibles. Lui dis-je en transportant les derniers meubles du call box vers l'intérieur du cyber.

- Pardonnez-moi mais j'ai absolument besoin d'une saisie. Il s'agit uniquement d'une page.

- Toutes les machines sont éteintes. Je ne peux rien faire pour vous.

- Je vous en supplie madame, je serais prêt à doubler le prix.

- Il n'est pas question d'argent. Je dois rentrer chez moi avant la tombée de la nuit.

Je ne vivais pas à la porte d'à côté et l'insécurité continuait de progresser dans ce coin de la ville et j'étais inquiète.

- Je triple le prix. Dit-il l'air désespéré.

Il avait tellement supplié que j'avais fini par plier et fis ses saisies.

Il avait tout le temps les yeux braqués sur moi pendant que je m'efforçais à bien effectuer mon travail. Il ne me quitta pas une seule seconde des yeux. Il fallait que je le réveille de temps en temps pour le suivi de son document. Il n'était plus concentré que sur moi.

- Monsieur, ça va ? Lui demandai-je en pointant l'écran.

- Pardon ? Demanda-t-il perdu.

- Je demande si je peux déjà l'imprimer. Dis-je déjà irritée car le temps pressait.

- Ah excusez-moi. J'étais un peu déconcentré. Oui, vous pouvez l'imprimer. Fit-il sans même le contrôler. Il était comme obnubilé par moi.

J'imprimai le document et le lui remis. Il le récupéra, sortit une liasse d'argent de son portemonnaie et la pressa dans la main.

- Monsieur c'est trop. La page c'est 600 francs.

- Je sais, c'est la récompense pour ton sacrifice et le bon service rendu.

- Non monsieur ! Payez-moi juste ce qu'il faut. Dis-je en repoussant sa main.

- J'insiste ! Dit-il en fermant ma paume de main dans laquelle il avait inséré l'argent.

Je le repoussai à nouveau.

- Vous n'avez pas besoin. Considérez que je vous ai fait cette faveur.

- C'est gentil de votre part. Dit-il accompagné d'un sourire.

- De rien. Parlez de notre cyber à vos amis et connaissances et venez de temps en temps nous faire la recette. Dis-je en rassemblant mes effets.

- Sans faute mademoiselle. Je recommanderai votre cyber. Soyez en sûre.

- C'est l'heure de fermer. Dis-je en regardant ma montre.

La nuit était sur le point de tomber et j'avoue que j'étais un peu inquiète par rapport au taxi car en trouver à cette heure de la soirée n'était pas évident.

- Et si je vous déposais plutôt à destination ? Proposa-t-il.

Je réfléchis pendant quelques secondes. Il avait l'air de quelqu'un de bien mais ne dit-on pas que tout ce qui brille n'est pas or ?

- Ce serait pour la compensation de ton temps. Insista-t-il.

- Je préfère encore cette option. Là on sera quitte tous les deux !

Je n'avais pas l'habitude d'emprunter le véhicule des personnes inconnues mais à cause de l'heure tardive, j'acceptai son offre. Je ne le connaissais pas mais j'avais la foi qu'il ne pouvait rien m'arriver de mal. Mon sixième sens me dit qu'il était inoffensif.

Il me conduisit jusqu'à destination. Pendant qu'on était en chemin, il chercha à en savoir plus sur moi. J'avais jugé ne rien lui dire de bon. Je m'étais limitée à mon prénom. Il se prénommait Xavier.

Il revint le lendemain mais cette fois vers midi au moment même où je m'apprêtais à faire une pause. Il demanda à se joindre à moi. Chose que j'avais trouvé bizarre pour un homme de son rang social de vouloir prendre son repas dans un simple restaurant. En même temps, je n'avais pas la force de rejeter sa proposition parce que mon ventre se faisait déjà entendre.

- Vous ne me laissez pas le choix. Murmurai-je.

- On peut se tutoyer si tu veux bien.

- Ça me va. Lui répondis-je.

Il me suivit dans le petit restau en face de notre cyber.

- C'est moi qui invite hein. Et ne dis pas non. Me dit-il avec le sourire aux lèvres.

- Comme vous voulez.

- On se tutoie Monica. Ne l'oublie pas.

- Oups ! Pardonne-moi Xavier.

- Tu es d'une beauté foudroyante surtout quand tu souris. Lança-t-il.

- Merci. Dis-je gênée par sa drague.

Je n'avais pas lui renvoyer le compliment pour ne pas alimenter ce que je voyais venir.

La dame du restaurant vint sans tarder prendre nos commandes.

Pendant le repas, il se confia à moi. Sa fiancée venait de le quitter et il avait de la peine à surmonter la rupture. Je lui avais parlé de moi et du fait que j'étais seule au monde. Au départ, il ne croyait pas que j'étais orpheline. Il refusa d'y croire parce qu'il me trouvait bien éduquée et selon lui, j'avais l'air d'une fille de riches. Mais quelque temps après, quand il eut confirmation, il changea sa façon de me traiter.

Il devint mon protecteur, mon ami et ce grand frère que je n'avais jamais eu. Il sortait d'une rupture et j'étais comme une sorte de thérapie pour lui. En fait, il m'utilisait pour oublier celle qui l'avait quitté brusquement et je ne pouvais pas me plaindre. Au contraire ça m'arrangeait d'avoir quelqu'un sur qui m'appuyer. Une personne pour me protéger des coups de la vie.

- Je veux que tu rencontres ma sœur.

- Pas de soucis. Ça me fera une connaissance de plus, j'espère qu'elle est aussi gentille comme toi.

- Vous allez bien vous entendre j'en suis sûr.

- Okay.

Sa sœur venait à peine de se marier et attendait un bébé. Exactement le genre de vie que je voulais avoir. Nous nous sommes rencontrées et le courant est très vite passé entre nous. Xavier avait perdu ses parents mais il avait des tantes et des oncles avec qui il était assez proche.

Il m'avait présenté à toute sa famille, qui en très peu de temps m'avait adoptée comme une des leurs.

Je savais qu'il avait un faible pour moi et j'étais un peu comme sa seconde chance mais jamais je n'aurais imaginé que les choses allaient prendre une autre tournure que celle à laquelle j'étais déjà habituée.

Un soir, contre toute attente, il me demanda de l'épouser. J'avoue que j'étais surprise, vu qu'à mes yeux il n'était qu'un ami et il savait pertinemment que je ne ressentais que de l'amitié pour lui.

- Moni, quand je disais que je voulais être là pour toi ce n'était pas une plaisanterie. Je veux faire de toi mon épouse si tu le veux bien.

- Mais Xavier. Fis-je surprise.

- Je suis fou amoureux de toi Moni. Je n'imagine plus ma vie sans toi. Dit-il avec sincérité.

Toute ma vie, je n'avais qu'un seul rêve. Celui de me marier et de fonder une grande famille. Mon rêve était de vivre entourée d'un mari et de beaucoup d'enfants. Ce qui fait que bien qu'étant sous le choc après sa demande en mariage, au lieu de prendre mes jambes à mon cou, je lui dis fièrement OUI !

Il était heureux et sans tarder, nous nous sommes dit oui devant le maire le mois qui suivait dans la capitale du pays.

Xavier se révéla être un mari aimant et dévoué. Il était prêt à tout pour moi. Le seul hic était le fait que je n'arrivais pas à concevoir et le problème venait de lui. Cela m'avait été révélé par notre médecin après plusieurs examens médicaux. Malgré cela, je suis restée à ses côtés en gardant espoir qu'un miracle allait se produire tôt ou tard, surtout que notre médecin m'avait assurée que le traitement qu'il nous faisait suivre allait résoudre le problème.

Trois années se sont écoulées mais il n'y avait pas toujours de cris de bébé sous notre toit. Même pas un retard d'un jour. C'était devenu frustrant et insupportable. Après tout ce temps j'ai perdu tout espoir et dans le désespoir, j'ai posé mes yeux sur un autre homme. Et pas n'importe quel homme !

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Chapitre 2 Monica

Chapitre 2

*** Monica Evina***

Tout commença un soir de mars. Xavier m'annonça qu'il avait enfin décroché un contrat alléchant dans une autre ville bien loin de notre lieu de résidence et qu'on devrait nous y installer définitivement.

- Mais Xavier, comment ça partir d'ici ? Nous ne connaissons personne là-bas ! En plus c'est ici que se trouvent nos médecins. Tu sais bien que nous ne devons pas interrompre le traitement que nous suivons. M'insurgeai-je.

- Écoute ma chérie, ne te fais pas de souci. J'ai beaucoup de connaissances à Dschang. Tiens, mon ami d'enfance Daniel y vit avec son épouse depuis quelques années déjà. J'ai déjà repris contact avec lui. Il n'a fait que les éloges de cette ville. Il pense que c'est une bonne opportunité pour nous.

- Daniel ? Je ne le connais pas mais peu importe. Et qu'en est-il de notre suivi médical ? Tes affaires ? Qui peut les gérer mieux que toi ?

- Ça aussi c'est réglé. J'ai rencontré le Dr. Ken qui nous a recommandé un très bon spécialiste là-bas. Pour ce qui est des affaires, je viendrai ici de temps en temps, voire tous les week-ends superviser les boutiques. Je compte d'ailleurs les fermer d'ici peu.

- Humm ok. Si tu le dis... lançai-je sceptique.

- Tu verras, nous serons très heureux dans cette ville. Dit-il en me secouant par les épaules.

- Une ville dans laquelle je ne connais personne ! Fis-je pas très convaincue.

- Tu te feras de nouvelles connaissances. Je te le promets.

Pour la petite histoire, Xavier n'était pas présent le jour où j'avais appris que notre incapacité à procréer venait de lui. Notre médecin me l'avait soufflé à l'oreille une fois lors d'une visite en son absence. Un secret que j'avais gardé pour moi. C'était en accord avec notre médecin. J'avais continué à suivre le traitement avec lui pour ne pas le décourager afin que nous puissions réaliser mon rêve de devenir maman.

***Xavier Evina***

Je saisis mon téléphone et me mis à chercher le contact de notre nouveau médecin en pensant à la conversation que je venais d'avoir avec Monica. Ce contrat n'était que le côté visible de l'iceberg. En fait, j'étais lourdement endetté et mes créanciers étaient sur le point d'intenter un procès contre moi. L'ordre de saisir mes locaux avait déjà été donné par le juge. Le fameux contrat était venu à pic pour éviter un scandale et la honte. J'étais un homme des grandes villes, j'y étais né et y avais grandi. Jamais je n'aurais quitté Yaoundé la capitale de mon plein gré pour aller m'installer dans une petite ville comme Dschang. Non jamais ! C'est avec beaucoup de regret et d'amertume que j'ai dû tout liquider pour payer ceux à qui je devais de l'argent pour pouvoir quitter en toute quiétude ma ville natale.

Moni, comme je l'appelais affectueusement, ne se doutait de rien. Elle croyait que les choses allaient bien pour nous alors que j'étais au bord de la ruine. Je ne le lui avais pas dit pour ne pas l'inquiéter, pour ne pas l'attrister. Enfin, de peur qu'elle ne me quitte.

Oui, ma femme était restée avec moi juste pour le confort et le bien être que je lui apportais. Et j'en étais conscient. Elle serait partie à cause de notre incapacité à faire des mômes. Mais elle est restée alors qu'elle s'était mariée tout d'abord pour avoir des enfants et non pour faire l'amour matin, midi et soir. Elle me l'avait toujours répété. Elle n'avait qu'un seul rêve : Devenir maman. Elle ne ressentait que de l'amitié pour moi.

Bref !

En parlant d'enfanter, je fouillai mon répertoire pour chercher le contact de mon soi-disant nouveau médecin. Je devais le mettre en garde concernant mon dossier médical plutôt compliqué et du fait qu'il ne devrait jamais en parler avec Moni.

- Allô, répondit-il à l'autre bout du fil.

- Oui, ici monsieur Nonga. Le docteur Ken vous a parlé de mon épouse et moi je suppose.

- Oui, êtes-vous déjà arrivés en ville ? Quand est-ce qu'on se voit ?

- Non, nous ne le sommes pas encore. J'ai encore quelques trucs à régler ici. En tout cas je vous fais signe dès qu'on arrive là-bas.

- D'accord. Répondit-il.

- Une autre chose. Ma femme ne doit jamais savoir que c'est moi la cause de notre incapacité à procréer.

- Pas de souci. Le Dr. Ken m'a déjà tout expliqué. Ici nous sommes soumis au secret professionnel.

- Merci docteur. Je vous rappellerai pour fixer un rendez-vous.

- Ok, ça marche. Dit-il puis raccrocha.

Il y avait des jours où j'avais envie de dire à Moni que son rêve de devenir maman n'allait jamais se réaliser avec moi. Mais pour ne pas lui briser le cœur et courir le risque de la perdre, j'avais décidé de tout garder pour moi, même si cela me coûtait très cher de payer pour un traitement qui n'en valait pas la peine.

*** Monica Evina***

Nous avons fini par aménager au mois d'août à Dschang. Cette ville historique de l'Ouest qui grâce à son centre climatique est devenue une grande destination touristique.

À notre arrivée, une grande maison de cinq pièces avec une grande piscine ouverte sur un immense jardin nous attendait au quartier administratif de la ville. Elle avait été trouvée par Daniel et son épouse qui nous attendaient impatiemment. Ils habitaient non loin de chez nous.

Xavier et Daniel renouèrent immédiatement leur amitié dès notre arrivée en ville. Ils avaient étudié ensemble mais des cursus différents. Xavier avait fait des études de mathématiques et avait terminé comme professeur de lycée, profession qu'il n'avait jamais aimée, raison pour laquelle il s'était d'ailleurs lancé dans l'entreprenariat. Daniel quant à lui avait étudié le droit et occupait le poste de greffier au palais de justice de la place.

- Ne me dis pas que tu sors encore ce soir. Demandai-je outrée.

Il sortait tous les soirs depuis notre arrivée dans la ville, me laissant seule dans la grande maison. C'était devenu une tradition pour lui.

- Tu sais bien que Daniel doit me présenter aux hommes d'affaires du coin. En tant qu'entrepreneur, je dois nouer autant de contacts que possible.

- Tout le temps Daniel par ci, Daniel par là. Qui me dit qu'il ne s'agit pas d'une femme ? Grondai-je déjà à bout.

- Arrête Moni ! Tes propos me blessent. Tu vas jusqu'à douter de ma fidélité envers toi ?

- Je ne sais pas. Qui est cet homme que toi seul peux côtoyer et que tu n'as jamais daigné me présenter ?

- J'aurais voulu que vous fassiez connaissance mais son épouse n'est pas là pour le moment. Tu n'as qu'à venir avec moi si tu as des doutes. Suggéra-t-il, énervé.

- Non, merci. Je ne fréquente pas les circuits et les snacks.

- Ok, je te promets d'en parler avec Daniel. On va voir comment arranger une rencontre à quatre dès que son épouse va rentrer de son voyage.

- Ok, ça marche. Tu peux partir, mais ne bois pas d'alcool. Tu sais que ce n'est pas bon pour le traitement que nous suivons.

- Pas de soucis. Je rentrerai sobre.

- À tout à l'heure alors, ne mets pas long s'il te plait. Je me sens très seule dans cette maison.

- À tout à l'heure chérie. Dit-il en me posant un baiser aux lèvres.

**

*

Xavier à son retour m'avait annoncé qu'on irait chez Daniel le Week-end qui suivait. Pour moi c'était un soulagement, c'était la preuve que mon mari ne menait pas une double vie.

Le week-end arrivé, Xavier m'amena chez les Biloa pour les présentations. Ils vivaient dans une somptueuse villa avec vue sur la ville. Un décor majestueux illuminait le couloir jusqu'au petit salon où le major d'hommes nous avait installés.

Sans tarder, Daniel fit son apparition. C'était un homme grand de taille, habillé de manière plutôt négligée mais tout de même classe. Il se précipita vers nous en arborant un sourire radieux. Ce sourire de bienvenue me mit spontanément à l'aise bien que je ne le connaissais pas.

Xavier se leva et m'empoigna le bras.

- Je te présente mon ami Daniel. On se connait depuis ABC et 123. Lança-t-il comme pour dire qu'ils étaient des amis de longue date.

Tous les deux éclatèrent de rire.

- Bonjour Monica ! Lança Daniel en me tendant la main.

- Bonjour Daniel, enchantée de te connaître. Dis-je en lui serrant la main.

Ce jour-là, quand nos mains s'étaient touchées j'avais senti une décharge électrique me parcourir tout le corps. Ensuite je regardai ses yeux. Ils étaient doux, chaleureux, souriants et profonds. Je compris tout de suite qu'il avait ressenti la même chose.

- Enfin je te vois ! Xavier m'a beaucoup parlé de toi. Lança-t-il.

- En bien ou en mal ? Demandai-je à mon tour pour animer la conversation.

- Bien évidemment en bien. Il ne tarit pas d'éloge à ton endroit et n'a pas menti. Tu es ravissante Moni.

- Humm, je suis flattée. Dis-je souriante en regardant mon époux, croyant qu'il avait remarqué que je venais de flasher sur son ami.

Daniel était suivi par son épouse Lucie. Une femme raffinée, radieuse, et très classe mais qui avait un regard sombre et triste. Elle avait l'air malheureuse.

Nous avons papoté autour d'un dîner fait par les soins de Lucie. J'avais la gorge nouée chaque fois que mon regard croisait celui de Daniel et j'avais envie de le toucher à nouveau, de le serrer contre moi et de sentir son odeur ! J'étais comme ensorcelée par lui.

Chapitre 3 Monica

Chapitre 3

***Moni***

Quelques heures plus tard après la visite chez les Biloa.

- Tu es satisfaite maintenant madame ? Me demanda Xavier en jetant sa veste sur le canapé.

Nous étions déjà de retour à la maison et nous apprêtions à regagner le lit.

- Oui, j'ai été ravie de rencontrer le couple Biloa. Ils sont plutôt sympas. Dis-je en revoyant le visage de Daniel.

- Et surtout très ouverts. Renchérit Xavier. Lucie est une femme très accueillante. Ajouta-t-il.

- Pourquoi Lucie avait l'air aussi triste ? Demandai-je toute curieuse. J'espère qu'elle n'est pas maltraitée. Ajoutai-je.

- D'où sors-tu avec ça ? Elle était sûrement épuisée par le voyage.

- Humm, je ne mettrais pas ce regard triste sur le compte de la fatigue. Insistai-je dans le but de lui tirer quelques verres du nez.

- L'unique chose que je sais, c'est que le couple peine aussi à avoir des enfants et le problème vient de Lucie. Lança-t-il en passant sans davantage de commentaires.

Quand il dit cela, quelque chose sonna dans ma tête. Un sentiment indescriptible que j'avais tout de suite enfoui dans mon subconscient. C'était un sentiment malsain.

Une semaine plus tard le couple nous rendit visite afin de faire ample connaissance et renforcer nos liens d'amitié. C'était toujours un plaisir d'être en leur compagnie. Surtout qu'avec Daniel on ne s'ennuyait pas. Il savait créer une ambiance agréable pour tous. Il avait toujours une intrigue du tribunal á raconter. Des histoires avec lesquelles il nous maintenait animés durant toutes nos soirées.

Daniel et Lucie étaient mariés depuis quelques années déjà. Tout comme moi, Lucie n'avait pas réussi à tomber enceinte. C'est une situation qui nous rapprocha et fit de nous des amis inséparables. On se rendait constamment visite, organisait des escapades les week-ends et plein d'autres choses ensemble. Il m'arrivait souvent de passer la nuit chez eux lors des absences de Xavier. En fait, ce dernier partait me confier à son ami avant de voyager. Pour moi c'était l'occasion de voir Daniel, d'être près de lui et de profiter au maximum d'un bout de lui.

Qui aurait pu imaginer que j'étais attirée par l'ami de mon époux que je venais à peine de rencontrer ? Lucie ne se doutait de rien. Elle était aux petits soins avec moi et m'incluait dans tous ses projets caritatifs. C'était une femme au grand cœur qui œuvrait pour le bien être des démunis et des détenus. Elle avait pour habitude de faire à manger aux prisonniers de la ville toutes les semaines et je l'assistais en cuisine, vu que je ne travaillais pas. Chaque fois que Daniel goûtait mes repas, il en raffolait et en demandait davantage. Avec cette proximité, je commençai à nourrir l'idée qu'il pouvait être le géniteur du bébé que je désirais tant, d'autant plus que le problème de stérilité dans leur couple ne venait pas de lui mais de son épouse.

**

Plus on se retrouvait ensemble, plus je développais des sentiments pour lui. J'étais de plus en plus attirée par lui. Ce n'était plus seulement une histoire de bébé mais d'un amour immense.

Un soir, alors que Xavier était en déplacement et Lucie allée poursuivre pour plusieurs jours son traitement dans une clinique á la capitale, il me vint à l'idée de tenter ma chance en allant chez Daniel avec pour prétexte de lui apporter à manger.

Ce soir-là, j'étais particulièrement belle. J'étais bien coiffée et maquillée. J'étais dans une robe dangereusement décolletée. Il fallait vraiment être un saint pour pouvoir résister à la tentation.

- Entre Moni, dit-il affectueusement en me cédant le passage.

- Merci, lançai-je le sourire aux lèvres et me dirigeai vers la cuisine.

Nous nous retrouvions seuls pour la première fois.

J'avais avec moi des côtelettes de porc sautées accompagnées des frites de plantain mûr et du piment pour remonter le goût. Après avoir mis le couvert, je l'invitai à passer à table. Nous avions diné en tête à tête en bavardant comme un couple. La complicité, l'attirance et l'alchimie sautaient à l'œil. C'était indéniable !

- C'est délicieux Moni. Dit-il les yeux rivés dans les miens.

- Merci Daniel, c'est gentil. Lançai-je toute émoustillée à l'intérieur.

- Tu devrais penser à ouvrir un restaurant. Suggéra-t-il.

- Xavier ne voudrait jamais que j'exerce ce genre de métier.

- Mais pourquoi pas ? Tu as pourtant tout ce qu'il faut pour.

- ça ne passe pas avec ses mœurs. Il me voit plutôt comme une institutrice ou une infirmière.

J'étais encore jeune à cette époque et espérais encore travailler un jour à la fonction publique.

- Je vois. Dit-il et continua à déguster son repas.

Le repas terminé, je me mis à débarrasser la table.

Après avoir tout nettoyé, je lui dis au revoir avec des doigts croisés. C'était dans l'espoir qu'il me retienne, qu'il m'invite à rester. Après tout, ça n'allait pas être ma première nuit chez lui, même si c'était en l'absence de son épouse. Me dis-je.

- Bon, je te laisse, il faut que je rentre me coucher. Dis-je en me tenant au beau milieu du salon.

Il jeta d'abord un coup d'œil sur la pendule murale avant de me regarder l' air stupéfait.

- Tu n'es pas sérieuse ! S'exclama-t-il. Je ne te laisserai pas sortir d'ici à cette heure de la nuit. Ce n'est pas du tout prudent. En plus Xavier n'est pas à la maison.

« Waouh » dis-je intérieurement le cœur battant. Mes prières venaient d'être exaucées.

- Tu as raison. Répondis-je sans me faire prier.

Il récupéra lui-même mon sac entre mes mains et alla avec dans la cuisine.

Pendant ce temps je pris place sur le canapé.

Il ressortit de la cuisine avec une bouteille et deux verres en main.

- Du vin pour digérer ce délicieux repas. Dit-il en me tendant un verre.

- Humm merci, c'est juste pour t'accompagner. Dis-je en récupérant le verre de sa main.

Je n'aimais pas beaucoup les boissons alcoolisées à cause du traitement que nous suivions mais rien que pour faire plaisir à Daniel j'étais prête à vider une bouteille.

Au moment de récupérer le verre, nos mains se touchèrent. Un autre électrochoc me saisit, comme si le courant venait de me frapper. Timidement je baissai le regard de peur de laisser transparaitre ce que je ressentais.

Il remplit mon verre à moitié et se servit à son tour.

Après un verre, s'en suivit un deuxième et ainsi de suite. Nous avons commencé à bavarder sans tabou jusqu'à ce que la bouteille soit vidée. Il me parla de son boulot et des difficultés qu'avait Lucie á tomber enceinte. À mon tour, je lui parlai de l'incapacité de Xavier à m'enceinter. On désirait désespérément la même chose : Devenir parents.

Dans ce moment euphorique, il posa sa main sur mon épaule. Je frissonnai les yeux rivés dans les siens. Il la glissa ensuite jusqu'à ma généreuse poitrine. Des attouchements qu'il fit migrer jusqu'à mes cuisses, m'arrachant des soupirs au passage.

Je le fixai davantage du regard, un regard qui en disait long sur mes désirs de baisers et de caresses. Il succomba et tous les deux, sans refléchir, nous nous abandonnâmes à un baiser langoureux.

- Euh pardonne-moi. Dit-il en essuyant ses lèvres.

- Non Daniel, ne t'arrête pas. Dis-je en le tirant vers moi. Chaque fois que je suis à côté de toi, j'ai envie de te toucher, de t'embrasser. Dis-je le cœur battant la chamade.

- Moni, tu as un effet indescriptible sur moi. Je n'arrive plus à résister. Dit-il d'une voix suave en me caressant la lèvre de sa douce main.

Je pris le devant et l'embrassai avec fougue. Ce moment longtemps attendu était enfin arrivé et je ne pouvais tout simplement pas le laisser passer. Cette proximité, ce baiser tant rêvé était enfin arrivé et j'en avais cruellement besoin.

- Moni, murmura-t-il en m'effleurant la joue.

- Daniel, tu me plais tellement. Fais-moi l'amour s'il te plait. Dis-je en le serrant fort contre moi. Tout mon être le réclamait.

Il continua de m'embrasser en m'enlaçant. Il m'entoura de ses grands bras. Cette étreinte fusionnelle était un grand signal pour moi. C'était comme son invitation à l'amour qui m'avait donnée de l'assurance pendant ce moment unique et je me suis donnée à lui corps et âme. Nous avions oublié qui nous étions réellement l'un pour l'autre. Ce feu de désir qui brulait en moi depuis le jour de notre rencontre s'était enfin consumé. Je le laissai me prendre comme bon lui semblait.

Tout de suite après cet acte, Daniel commença à faire comme s'il éprouvait des regrets.

- Désolé, je me suis laissé emporter par mes émotions.

- Il n'y a pas lieu de regretter. J'ai aimé chaque instant Daniel. Je t'interdis de le gâcher avec cette tête. Souris et embrasse-moi. Dis-je très émue.

- Moni... Murmura-t-il en me caressant le cou.

- C'était magnifique. Avec toi c'est différent, j'ai l'impression d'être en train de renaître.

- Oui, mais ça ne doit plus se reproduire. Dit-il en se levant du canapé où nous étions couchés.

- Pourquoi pas ? Nous sommes deux adultes consentants. Exprimai-je

- C'est de la folie Monica. Nous sommes tous les deux mariés !

Je ne dis rien et lui tournai le dos. Il prit à nouveau place à mes côtés.

- Souviens-toi que ton époux est mon meilleur ami.

- Ca, je n'ai pas oublié. Tu veux dire que ce qui vient de se passer était insignifiant ? J'ai ressenti cette fusion entre nous. Nous ressentons la même chose Daniel, articulai-je.

- Je ne nie pas que tu m'attires beaucoup mais nous ne pouvons pas nourrir ces sentiments. Nous ne pouvons pas continuer. C'est dangereux pour toi et moi. Dit-il d'un air sérieux.

- Je refuse de refouler mes sentiments Daniel. Je ne le pourrais même pas si je le voulais. C'est plus fort que moi. Je suis folle de toi. Dis-je la tête enfouie dans son torse.

Il me regarda ébahi.

- Tu n'es pas sérieuse Moni. Tu oublies que je suis marié ? Me demanda-t-il en me montrant son alliance.

- J'ai des sentiments très forts pour toi Daniel. Et l'amour ne réfléchit pas.

J'étais prête à tout balancer en l'air pour vivre cette liaison avec lui et multiplier mes chances de concevoir un bébé.

- Ecoute, je ne peux rien te promettre. Dit-il braqué.

- Dans ce cas je m'en vais. Dis-je en colère en me levant d'un bon du canapé.

- Non Moni, reste s'il te plait. Ne sois pas aussi têtue.

Je ne dis plus rien et me rhabillai. Il avait réussi à me calmer mais ma colère n'avait pas baissé.

J'avais passé la nuit sur le canapé et lui dans sa chambre.

À son réveil, j'avais déjà apprêté le petit déjeuner. Il vint vers moi dans un air très gêné contrairement à moi. J'étais très calme. Pour moi c'était naturel.

-Huhuh... Fit-il en raclant sa gorge.

- Je t'écoute, dis-je en soutenant son regard.

- Moni, je ne veux pas que tu aies l'impression que j'ai profité de toi. Dit-il en tirant la chaise pour s'installer.

- C'est pourtant ce qui s'est passé. Lançai-je pour le faire davantage culpabiliser.

- Tu m'attires aussi beaucoup mais je suis sûr que ça nous passera. Dit-il pour se défendre.

- Tu crois vraiment que tout ceci n'est qu'une passade ou juste une attirance ? Demandai-je le ton monté.

- Qu'est-ce que tu veux de moi Monica ?

- Je veux tout ! Répondis-je.

- Je suis désolé mais je ne pourrais pas te donner ce que tu veux. Je ne veux pas quitter Lucie. Je l'aime énormément. Dit-il en se levant.

Il était furieux. Il s'en alla finalement sans prendre son petit déjeuner.

Profondement déçue, je rassemblai mes effets et quittai immédiatement sa maison.

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