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Mon Tableau, Son Mensonge Amer

Mon Tableau, Son Mensonge Amer

Auteur:: Elara Reed
Genre: Romance
C'était notre dixième anniversaire de mariage, et j'attendais Sophie avec un dîner que j'avais passé l'après-midi à préparer. Il était vingt-deux heures, et elle n'était toujours pas là. Je me suis dit que c'était pour sa carrière, pour « notre » avenir, elle qui disait avoir une surprise pour moi. En ouvrant Instagram, une photo de Sophie avec son jeune assistant Marc m'a glacé le sang : derrière eux, mon tableau « Notre Amour », que je lui avais peint, était accroché dans un bureau luxueux que je ne connaissais pas. La légende disait : « Bravo Marc, tu mérites cette reconnaissance. Un chef-d'œuvre pour un esprit brillant. » Puis j'ai remarqué sa main, nue, sans alliance. Mon téléphone a vibré, c'était elle. « Pierre ? Désolée, je suis encore à la galerie, on fête un énorme succès avec Marc. » J'ai vu. J'ai vu le tableau. « Ce n'est qu'un tableau. C'est du business. Et puis, c'est ma galerie, c'est moi qui prends les décisions. J'ai gagné cet argent, je l'utilise comme je veux. » Chaque mot était un coup de poignard. Une notification : Marc, posant fièrement devant « Notre Amour », avec un sourire narquois. « Alors, on est un peu contrarié ? Il faut savoir laisser la place aux gens qui ont du vrai talent. » La rage a submergé la tristesse. J'ai raccroché. Après dix ans à la soutenir, à me sacrifier, j'ai décidé de reprendre ma vie en main. Cette nuit-là, je me suis endormi d'un sommeil profond, la douleur transformée en un moteur de vengeance.

Introduction

C\'était notre dixième anniversaire de mariage, et j\'attendais Sophie avec un dîner que j\'avais passé l\'après-midi à préparer.

Il était vingt-deux heures, et elle n\'était toujours pas là.

Je me suis dit que c\'était pour sa carrière, pour « notre » avenir, elle qui disait avoir une surprise pour moi.

En ouvrant Instagram, une photo de Sophie avec son jeune assistant Marc m\'a glacé le sang : derrière eux, mon tableau « Notre Amour », que je lui avais peint, était accroché dans un bureau luxueux que je ne connaissais pas.

La légende disait : « Bravo Marc, tu mérites cette reconnaissance. Un chef-d\'œuvre pour un esprit brillant. »

Puis j\'ai remarqué sa main, nue, sans alliance.

Mon téléphone a vibré, c\'était elle. « Pierre ? Désolée, je suis encore à la galerie, on fête un énorme succès avec Marc. »

J\'ai vu. J\'ai vu le tableau.

« Ce n\'est qu\'un tableau. C\'est du business. Et puis, c\'est ma galerie, c\'est moi qui prends les décisions. J\'ai gagné cet argent, je l\'utilise comme je veux. »

Chaque mot était un coup de poignard.

Une notification : Marc, posant fièrement devant « Notre Amour », avec un sourire narquois. « Alors, on est un peu contrarié ? Il faut savoir laisser la place aux gens qui ont du vrai talent. »

La rage a submergé la tristesse.

J\'ai raccroché.

Après dix ans à la soutenir, à me sacrifier, j\'ai décidé de reprendre ma vie en main.

Cette nuit-là, je me suis endormi d\'un sommeil profond, la douleur transformée en un moteur de vengeance.

Chapitre 1

C'était notre dixième anniversaire de mariage, et j'attendais Sophie.

La table était mise, les bougies allumées, et le dîner que j'avais passé l'après-midi à préparer commençait à refroidir.

Elle avait dit qu'elle rentrerait tôt, qu'elle avait une surprise pour moi.

Il était vingt-deux heures, et elle n'était toujours pas là.

Je sentais une boule se former dans mon estomac, un mélange familier de déception et de solitude. Ce n'était pas la première fois. Depuis que sa galerie d'art avait décollé, ses retards étaient devenus la norme.

Je me suis toujours dit que c'était pour sa carrière, pour notre avenir. J'ai mis ma propre carrière de peintre entre parenthèses pour la soutenir, pour utiliser mes contacts et mon expertise afin de l'aider à construire son empire.

Je me suis levé et j'ai commencé à débarrasser la table. La nourriture était froide, immangeable. J'ai tout jeté à la poubelle, le cœur lourd.

Par habitude, j'ai pris mon téléphone pour vérifier mes e-mails. En ouvrant Instagram, une photo a immédiatement attiré mon attention.

C'était une publication de Sophie.

Elle souriait, une coupe de champagne à la main. À côté d'elle, son jeune assistant, Marc, affichait un sourire triomphant.

Mais ce n'est pas ça qui m'a glacé le sang.

Derrière eux, accroché au mur d'un bureau luxueux que je ne reconnaissais pas, se trouvait mon tableau.

Pas n'importe quel tableau. "Notre Amour". Une œuvre que je lui avais peinte pour notre cinquième anniversaire, le symbole de tout ce que nous avions construit ensemble. Une pièce de ma collection privée, que je lui avais offerte comme preuve ultime de mon dévouement.

La légende sous la photo disait : "Pour récompenser un coup de génie marketing, rien n'est trop beau. Bravo Marc, tu mérites cette reconnaissance. Un chef-d'œuvre pour un esprit brillant."

Mon souffle s'est coupé.

Elle avait donné notre tableau. Notre symbole. À son assistant.

J'ai zoomé sur la photo, mes mains tremblaient. J'ai remarqué un autre détail. La main de Sophie, celle qui tenait la coupe de champagne, était nue. Il n'y avait plus d'alliance. Juste une légère marque plus claire sur sa peau, là où l'anneau avait reposé pendant dix ans.

Au même moment, mon téléphone a vibré. C'était elle.

J'ai décroché, le silence pesant dans la pièce.

"Pierre ? Désolée, je suis encore à la galerie, on fête un énorme succès avec Marc."

Sa voix était légère, enjouée, comme si de rien n'était.

J'ai réussi à articuler, ma voix rauque :

"J'ai vu. J'ai vu le tableau."

Un silence. Puis un soupir agacé de sa part.

"Oh, ne commence pas avec ça. Ce n'est qu'un tableau. Marc a fait un travail exceptionnel, il a décroché un contrat énorme pour la galerie. Il fallait le récompenser."

"Ce n'était pas 'qu'un tableau', Sophie. C'était notre tableau."

"Arrête d'être si sentimental, Pierre. C'est du business. Et puis, c'est ma galerie, c'est moi qui prends les décisions. J'ai gagné cet argent, je l'utilise comme je veux."

Chaque mot était un coup de poignard. Elle me rabaissait, me traitait comme un enfant capricieux.

Pendant qu'elle parlait, une notification est apparue sur mon écran. Un message de Marc.

Je l'ai ouvert sans réfléchir. C'était une photo de lui, posant fièrement seul devant "Notre Amour", avec un sourire narquois. Le message disait :

"Alors, on est un peu contrarié ? Il faut savoir laisser la place aux gens qui ont du vrai talent. Merci pour le cadeau, indirectement."

La rage a submergé la tristesse. La trahison, l'humiliation. C'était trop. C'était le coup de grâce.

Sophie continuait de parler au téléphone, justifiant son geste, me reprochant mon manque d'ambition. Je n'écoutais plus.

J'ai répondu à Marc, froidement.

"Profites-en bien. Les choses que l'on obtient facilement se perdent tout aussi vite."

Puis, je l'ai bloqué.

J'ai reporté le téléphone à mon oreille. La voix de Sophie était devenue stridente.

"... et tu pourrais au moins me répondre quand je te parle ! Tu m'écoutes, Pierre ?"

J'ai raccroché.

Son numéro s'est immédiatement affiché à nouveau. J'ai appuyé sur le bouton rouge. Encore. Et encore.

Après la cinquième tentative, j'ai éteint mon téléphone. Un silence bienfaisant a envahi l'appartement.

Pour la première fois depuis des années, je me sentais léger. La décision était prise. Le doute avait disparu, remplacé par une certitude froide et dure.

Je suis allé dans la chambre, je me suis couché et je me suis endormi presque instantanément, d'un sommeil profond et sans rêves. La douleur était toujours là, mais elle était maintenant un moteur.

J'avais passé dix ans à nourrir un serpent dans mon lit. Il était temps de lui couper la tête.

Chapitre 2

Je me suis réveillé le lendemain matin au son de coups violents frappés à la porte d'entrée.

J'ai regardé l'heure. Sept heures du matin.

Je me suis levé calmement, j'ai enfilé un t-shirt et je suis allé ouvrir. Sophie se tenait sur le palier, l'air furieux.

"Enfin ! Ça fait dix minutes que je sonne ! Pourquoi tu ne répondais pas au téléphone ? J'ai oublié mes clés."

Elle est entrée en trombe, jetant son sac à main sur le canapé.

"J'ai éteint mon téléphone. Je voulais dormir."

Ma voix était plate, sans émotion.

Elle s'est retournée, surprise par mon ton. D'habitude, j'aurais été inquiet, je lui aurais posé mille questions.

"Tu as éteint ton téléphone ? Et si j'avais eu un problème ?"

"Tu étais avec Marc. J'ai supposé que tu étais en sécurité."

Elle a plissé les yeux, sentant que quelque chose avait changé.

"Écoute, Pierre, pour hier soir... On en reparlera plus tard. J'ai besoin de toi. Le client Vacheron vient de m'appeler, il a des questions très techniques sur la provenance des sculptures. C'est ton domaine, tu dois l'appeler tout de suite."

Elle parlait comme si de rien n'était, comme si elle donnait un ordre à un employé. Elle avait déjà oublié ou choisi d'ignorer la raison de notre dispute. Pour elle, seul le business comptait. Et j'étais son outil le plus fiable.

Je l'ai regardée droit dans les yeux.

"Non."

Le mot est sorti, simple et définitif.

Elle a eu un hoquet de surprise.

"Quoi ? Comment ça, non ? C'est Vacheron, Pierre ! C'est le plus gros contrat de l'année !"

"C'est ta galerie, Sophie. Tes contrats. Tes décisions. Tu m'as bien fait comprendre hier que tu étais indépendante et que tu gagnais ton propre argent. Alors, débrouille-toi."

Je me suis retourné et je suis allé dans la cuisine me servir un café, lui tournant le dos.

Je l'entendais respirer bruyamment derrière moi, luttant visiblement pour contenir sa colère. Elle savait qu'elle avait besoin de moi pour ce client. Mon expertise et ma réputation dans le milieu étaient la garantie que les collectionneurs les plus sérieux exigeaient.

"Pierre, ne sois pas ridicule. Arrête ce caprice. C'est notre avenir qui est en jeu."

"Non, Sophie. C'est ton avenir."

Je me suis assis sur une chaise et j'ai sorti mon téléphone, que je venais de rallumer. J'ai ignoré les dizaines de notifications de ses appels manqués et j'ai lancé un jeu.

La voir ainsi, désemparée et furieuse, ne me procurait aucune satisfaction. Juste un vide immense. Je réalisais à quel point j'avais été aveugle, à quel point je m'étais effacé pour une femme qui ne voyait en moi qu'une ressource.

Elle s'est approchée, sa voix tremblante de rage contenue.

"Tu vas vraiment tout gâcher pour une stupide peinture ?"

Je n'ai pas relevé la tête de mon jeu.

"Oui."

Ça a été la goutte d'eau. Elle a explosé.

"Espèce d'artiste raté ! Sans moi, tu ne serais rien ! Tu passerais tes journées à peindre dans ton coin sans jamais rien vendre ! J'ai fait de toi ce que tu es !"

Elle a attrapé une boîte posée sur le comptoir, un cadeau d'entreprise qu'un fournisseur nous avait envoyé, une boîte de gâteaux de lune. Elle me l'a jetée à la figure.

La boîte m'a heurté l'épaule sans me faire mal, mais le geste était d'une violence inouïe.

J'ai levé les yeux de mon écran, mon regard était glacial.

"Un tableau d'une valeur inestimable contre une boîte de gâteaux. L'échange ne me paraît pas très équitable, tu ne trouves pas ?"

Mon calme l'a déstabilisée. Elle a reculé d'un pas, à bout d'arguments.

"Tu es... Tu es insupportable ! Je m'en vais !"

Elle a fait demi-tour et a claqué la porte d'entrée si fort que les murs ont tremblé.

Je suis resté assis, le silence retombant sur l'appartement. J'ai gagné ma partie. Un petit "VICTOIRE" s'est affiché sur l'écran.

Un sourire amer a étiré mes lèvres. Elle pensait que j'étais un artiste raté. Elle avait oublié que j'avais arrêté de vendre mes œuvres par choix, pour ne pas lui faire de l'ombre. Elle avait oublié que la plupart de ses "gros clients", comme Vacheron, étaient à l'origine mes contacts, des gens qui me faisaient confiance bien avant qu'elle n'ouvre sa galerie.

Mon téléphone a sonné. Ce n'était pas Sophie. C'était un numéro inconnu. J'ai hésité, puis j'ai décroché.

"Pierre ? C'est Antoine Vacheron. J'espère que je ne vous dérange pas. J'ai eu votre numéro par un ami commun. J'ai quelques questions et, pour être honnête, je préfère m'adresser directement au maître plutôt qu'à l'intermédiaire."

Un vrai sourire, cette fois, s'est dessiné sur mon visage. Le vent commençait à tourner.

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