Je suis mort noyé dans la Garonne, l'eau boueuse emplissant mes poumons.
La dernière chose que j'ai vue était le visage triomphant de ma femme, Éléonore de Courcy, et le ricanement de son fils, qui n'était pas le mien.
Pourtant, me voilà, de retour au palais de l'Élysée, face à Brigitte Macron qui me présente les dossiers des plus belles jeunes femmes de France.
C'est ce jour-là que j'avais fait le pire choix de ma vie, obsédé par Éléonore, cette reine de la haute société parisienne qui m'avait conduit à une mort humiliante.
J'avais tout donné pour elle, mais elle n'avait vu en moi qu'un « toutou » de la Première Dame, me rejetant et me brisant.
Comment le destin pouvait-il être si cruel après une telle trahison ?
Mais cette fois, alors que le nom d'Éléonore trône au-dessus des dossiers, je le sais : je ne referai pas la même erreur.
Je suis mort noyé dans la Garonne, l'eau boueuse remplissant mes poumons.
La dernière chose que j'ai vue, c'était le visage triomphant d'Éléonore de Courcy, ma femme, et le ricanement de son fils, qui n'était pas le mien.
Pourtant, me voilà.
Je suis au Palais de l'Élysée, dans le bureau de Brigitte Macron. La lumière du soleil parisien traverse les hautes fenêtres.
Elle me sourit, sa bienveillance habituelle dans le regard.
« Julien, mon chéri. Il est temps de penser à ton avenir. À ta famille. »
Sur la table basse en acajou, elle a posé plusieurs dossiers reliés en cuir. Les noms des jeunes femmes les plus en vue de France y sont inscrits.
C'est ce jour-là. Le jour où tout a commencé. Le jour où j'ai fait le pire choix de ma vie.
Dans ma vie passée, j'ai ouvert ces dossiers avec un cœur battant. Mon choix était déjà fait. Éléonore de Courcy. La femme que j'admirais depuis l'enfance, la reine de la haute société parisienne.
Ce choix m'a conduit à dix ans de solitude et à une mort humiliante.
Brigitte, qui me considère comme son propre fils depuis la mort de mes parents, attend ma réaction. Mon père, un diplomate, est mort en service. Ma mère n'a pas survécu à son chagrin. Brigitte était sa meilleure amie. Elle m'a recueilli.
« Tu sais que je ne te forcerais jamais, Julien. Mais une alliance solide est importante. Pour toi, pour ton bonheur. »
Son bonheur. Elle y croyait sincèrement.
Je regarde les dossiers. Le nom d'Éléonore est sur le dessus. Je ressens une vague de nausée.
Je me souviens de ses mots, juste avant ma mort.
« Un mariage forcé ? C'est toi qui as supplié la Première Dame de me choisir. Tu as ruiné ma vie, Julien. »
Elle avait raison. J'étais obsédé.
Cette fois, je ne referai pas la même erreur.
Je prends une profonde inspiration, l'air de l'Élysée me semble soudain plus frais, plus réel.
« Brigitte. »
Ma voix est stable, plus que je ne l'aurais cru.
« Je ne peux pas choisir. C'est trop de pression. »
Elle fronce les sourcils, inquiète.
« Que veux-tu dire, mon chéri ? »
« Laissons le destin décider. Faisons un tirage au sort. »
Le silence dans le bureau de Brigitte est total. Elle me regarde comme si j'avais perdu la tête.
« Un tirage au sort ? Julien, ce n'est pas un jeu. C'est ta vie. »
« Justement, » je réponds calmement. « Je ne veux plus essayer de la contrôler. »
Je vois le doute dans ses yeux, mais aussi une certaine indulgence. Elle a toujours eu un faible pour moi. Elle finit par soupirer.
« Très bien. Si c'est ce que tu souhaites. »
Elle demande à son assistante d'écrire les noms de chaque candidate sur un morceau de papier. Elle les plie elle-même et les dépose dans une coupe en argent.
Mon cœur bat à tout rompre. Pas d'excitation, mais de peur. Et si le destin était cruel et choisissait à nouveau Éléonore ?
Brigitte plonge la main dans la coupe. Elle déplie le papier.
« Chloé Lambert. »
Je ne connais pas ce nom. Je regarde le dossier correspondant. Chloé Lambert, ancienne judokate, médaillée d'or olympique. Une photo la montre sur le podium, le visage rayonnant. Une autre, plus récente, la montre avec une attelle au genou, le regard vide. "Retraitée suite à une grave blessure. Considérée comme une gloire passée."
Brigitte n'a pas l'air convaincue.
« C'est une femme admirable, bien sûr, mais... elle est brisée, Julien. Son avenir est incertain. Refaisons un tirage. Pour être sûrs. »
J'hésite. Mais je veux donner toutes ses chances au destin.
« D'accord. Une deuxième fois. »
Elle replonge la main dans la coupe, mélange les papiers avec plus de vigueur cette fois. Elle en tire un autre.
Elle le déplie lentement. Son visage se fige.
« Chloé Lambert. »
Un frisson me parcourt. C'est impossible. Une coïncidence ?
Brigitte est visiblement contrariée.
« C'est absurde. Il doit y avoir une erreur. Une dernière fois, Julien. Et nous accepterons le résultat, quel qu'il soit. »
Je hoche la tête, la gorge sèche.
Elle ferme les yeux, comme pour prier, et tire un troisième papier. Le silence est pesant.
Elle l'ouvre. Ses lèvres tremblent légèrement.
« Chloé Lambert. »
Le destin a parlé. Trois fois. Je me lève.
« Mon choix est fait. J'épouserai Chloé Lambert. »
Le visage de Brigitte est un mélange de stupéfaction et d'inquiétude profonde. Elle pense que je viens de ruiner mon avenir.
Moi, je sais que je viens de le sauver.