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Mon Mariage Arrangé avec L'Alpha

Mon Mariage Arrangé avec L'Alpha

Auteur:: max htn
Genre: Loup-garou
Imaginez vivre dans une ville où les maîtresses occupent la place la plus importante et où les mariages arrangés sont une tradition profondément ancrée. Dans ce contexte, l'Alpha de la meute doit trouver une femme irréprochable, sans scandales pour entacher sa réputation. Lorsqu'on lui propose d'épouser une jeune femme pure et innocente, il accepte sans hésiter. Pourtant, son cœur est brisé par la trahison de son ancienne fiancée, qui l'a quitté pour un autre homme. C'est alors que Katherine est choisie pour devenir son épouse. Mais pourra-t-elle redonner espoir à cet Alpha endurci ? Sera-t-elle capable d'éveiller en lui des sentiments qu'il croyait perdus à jamais ? Dans ce mariage arrangé, l'amour peut-il réellement éclore malgré les traditions et les blessures du passé ?

Chapitre 1 Chapitre 1

La nuit était tombée sur la ville, enveloppant les montagnes et les forêts d'une obscurité dense. Adrian Valmont, l'Alpha de la meute de Silver Claw, se tenait dans son bureau, les épaules tendues, regardant fixement les flammes vacillantes de l'immense cheminée. La réunion du conseil s'était achevée, mais ses mots résonnaient encore dans son esprit.

« Vous devez trouver une épouse, Adrian. La meute a besoin d'une figure d'autorité stable. Avec tout ce qu'il s'est passé, un Alpha marié est un symbole de stabilité. »

Stabilité. Le mot roulait amèrement sur sa langue. Depuis le jour où Livia, sa fiancée, l'avait abandonné, la stabilité lui semblait un concept lointain, presque ironique. Il n'avait jamais souhaité diriger seul, mais l'idée d'une union arrangée, imposée par son conseil, le révoltait. L'amour, la passion, ces émotions appartenaient désormais à un passé qu'il préférait oublier, rangé derrière une carapace de froideur.

Mais les yeux sévères de ses conseillers étaient inébranlables. « L'ombre de la trahison plane encore, » avait affirmé l'un d'eux, avec gravité. « Si vous ne montrez pas une image forte, les autres meutes penseront que nous sommes vulnérables. » Il avait essayé de leur expliquer qu'il ne voulait pas être poussé dans les bras d'une inconnue, mais en vain. Ils ne l'entendaient pas ainsi, et Adrian savait que la loyauté des siens était précieuse, mais fragile. Alors, il s'était résigné.

Un léger grattement à la porte le tira de ses pensées. Mira, sa sœur cadette, entra en silence, son regard doux mais inquisiteur.

« Ça va ? » demanda-t-elle doucement, en fermant la porte derrière elle.

« Ça irait mieux si le conseil me laissait respirer, » répondit-il, une pointe d'amertume dans la voix.

Mira s'approcha et posa une main réconfortante sur son épaule. « Ils veulent ce qu'il y a de mieux pour la meute, Adrian. »

« Ce qu'ils veulent, c'est me voir ligoté dans un mariage de convenance. Comme si cela allait résoudre tous nos problèmes. »

Mira le regarda avec douceur, puis prit une inspiration profonde. « Peut-être que... peut-être que ce ne serait pas une si mauvaise chose. »

Il se retourna brusquement, les yeux légèrement plissés. « Toi aussi, tu te mets de leur côté maintenant ? »

Elle leva les mains en signe de paix. « Non, je veux seulement que tu considères l'idée. Après tout, je sais combien cette rupture avec Livia t'a blessé. Mais... qui sait ? Peut-être qu'une nouvelle présence pourrait t'apporter un peu de... guérison. »

Il émit un ricanement amer. « Guérison ? Tu penses sérieusement qu'un mariage arrangé va me guérir ? Ce n'est pas un remède miracle, Mira. »

Elle secoua doucement la tête. « Je ne parle pas de miracle, Adrian. Je parle d'une possibilité. Et puis, la femme que le conseil a proposée... »

« Katherine, c'est ça ? » Il prononça le nom comme s'il goûtait un fruit inconnu, méfiant.

Mira acquiesça. « Oui, Katherine. Je l'ai déjà croisée une ou deux fois, lors de réunions avec les autres familles alliées. Elle est... discrète, réservée. Peut-être un peu trop calme pour une future épouse d'Alpha, mais... elle a quelque chose de... pur, d'authentique. »

« Pur, » répéta Adrian, le mot résonnant étrangement dans sa bouche. « Et tu crois que je pourrais m'entendre avec elle ? »

Mira haussa les épaules, un sourire taquin aux lèvres. « Je pense qu'il faudrait d'abord que tu lui parles pour en juger. »

Adrian soupira. L'idée d'une rencontre avec cette jeune femme lui semblait à la fois futile et inévitable. Il aurait préféré que le conseil se concentre sur les véritables défis qui attendaient la meute, mais il savait aussi que refuser serait perçu comme une faiblesse. Finalement, il hocha la tête, résigné.

Le lendemain, la rencontre fut organisée dans la salle de réception de la maison principale. Adrian n'avait pas pris la peine de s'apprêter, préférant se présenter tel qu'il était, comme un rappel silencieux qu'il n'était pas ici par choix, mais par devoir. Katherine entra discrètement, sa silhouette frêle et presque timide paraissant minuscule au milieu de la pièce imposante. Elle portait une robe sobre, ses cheveux foncés tombant en vagues légères sur ses épaules.

Adrian la dévisagea un instant, étudiant chaque détail. Elle n'était pas la beauté flamboyante qui attirait les regards par son éclat, mais il y avait dans son expression quelque chose de tranquille, presque apaisant.

Katherine, visiblement nerveuse, hésita avant de s'incliner respectueusement. « Bonjour, Alpha Valmont, » murmura-t-elle, sa voix douce à peine audible.

« Adrian, » corrigea-t-il d'un ton ferme. « Si nous devons... envisager cette union, autant éviter les formalités inutiles. »

Elle hocha la tête, gardant les yeux baissés, visiblement mal à l'aise. Un silence pesant s'installa, et Adrian sentit une légère irritation monter en lui. Était-elle toujours aussi effacée ? Ou était-ce la pression de la situation qui la rendait ainsi ?

« Alors, Katherine, » reprit-il, cherchant à rompre le silence. « Que penses-tu de tout cela ? Je veux dire... de cette proposition. »

Elle releva timidement les yeux, affrontant son regard avec une sincérité qui le surprit. « Pour être honnête... cela me paraît étrange, » répondit-elle, sa voix trahissant une pointe de nervosité. « Je n'ai jamais envisagé que... ma vie puisse prendre une telle direction. »

Adrian haussa un sourcil. « Tu n'as jamais pensé à te marier ? »

Un léger sourire apparut sur ses lèvres. « Si, bien sûr. Mais pas... ainsi. »

Il y avait dans son regard quelque chose de désarmant. Pas de jugement, pas de prétention, juste une honnêteté simple et directe. Il sentit une part de sa méfiance initiale s'éroder, remplacée par une curiosité inattendue.

« Alors pourquoi as-tu accepté de venir ? » demanda-t-il, un peu plus doucement.

Elle prit une inspiration avant de répondre. « Parce que ma famille pense que c'est ce qu'il y a de mieux. Et je... je veux les rendre fiers. » Son regard baissa à nouveau, et elle ajouta à voix basse, presque pour elle-même, « Et peut-être que... c'est aussi ce qu'il me faut. »

Adrian resta silencieux, absorbant ses mots. Il avait anticipé une rencontre rigide et mécanique, mais ce moment se révélait étrangement différent. Katherine, malgré sa réserve apparente, semblait porter en elle un courage inattendu, une détermination silencieuse qui le désarmait.

Il finit par briser le silence, sa voix se radoucissant. « Je ne vais pas te mentir, Katherine. Ce mariage, pour moi, n'a rien d'attrayant. Mon cœur... a été trahi, et il me semble impossible d'accorder à nouveau ma confiance. »

Elle leva les yeux, plongeant son regard dans le sien, et murmura d'une voix presque inaudible, « Je comprends. Nous sommes tous les deux ici pour des raisons qui ne relèvent pas de l'amour. Mais peut-être... peut-être que l'on pourrait au moins essayer d'apprendre à se connaître. »

Il hocha la tête, surpris de se sentir presque soulagé par ses paroles. Il avait craint qu'elle ne s'attende à un conte de fées, mais Katherine semblait aussi réaliste que lui. Ce constat, contre toute attente, lui apporta une étrange forme de réconfort.

Un mince sourire se dessina sur ses lèvres. « Très bien. Apprenons à nous connaître alors. Mais, je te préviens... je ne suis pas facile à vivre. »

Elle lui retourna un sourire timide, le premier de la soirée, et Adrian sentit son cœur se serrer légèrement. Peut-être, se dit-il, que cette union, aussi improbable soit-elle, n'était pas entièrement vouée à l'échec.

Ils passèrent le reste de la soirée à échanger des banalités, apprenant de petites choses l'un sur l'autre. Katherine lui parla de son amour pour les livres, des promenades qu'elle aimait faire au lever du soleil, de sa passion pour les plantes médicinales. Il découvrit en elle une femme délicate mais résolue, et pour la première fois depuis longtemps, Adrian sentit son cœur s'alléger, ne serait-ce qu'un peu.

Lorsqu'elle quitta la pièce, il resta seul un instant, méditant sur cette rencontre. Un sourire imperceptible effleura ses lèvres. Peut-être que cette union imposée ne serait pas aussi vide de sens qu'il l'avait imaginée.

Chapitre 2 Chapitre 2

La lumière du matin perçait à travers les volets de la grande salle de réception, répandant une douce lueur dorée sur les murs de pierre. Katherine attendait, seule, assise au bord de l'immense fauteuil qui lui semblait étrangement disproportionné, comme si elle-même n'était qu'une intruse dans cette demeure imposante. La veille, elle avait rencontré Adrian pour la première fois, et malgré leurs échanges sobres et polis, un poids pesait sur son cœur. Elle avait vu dans ses yeux une ombre, une froideur si ancrée qu'elle doutait d'y voir un jour autre chose. Mais elle s'était préparée.

Elle savait que l'homme qu'on lui avait choisi ne serait pas celui d'un conte de fées, et elle s'efforçait de mettre de côté ses craintes.

La porte s'ouvrit brusquement, et Adrian entra. Sa haute silhouette se détacha contre le fond de la pièce, immobile un instant. Il portait une expression fermée, presque impénétrable, comme s'il revêtait une armure invisible.

« Katherine, » dit-il, la voix basse, légèrement rauque. Elle hocha la tête, le regard fuyant, nerveuse face à l'intensité de sa présence. Il y avait quelque chose en lui qui la désarmait, une force tranquille mais oppressante qui emplissait l'espace, la rendant consciente de sa propre fragilité.

« Comment te sens-tu aujourd'hui ? » demanda-t-il, cherchant à rompre le silence, mais son ton restait distant, presque mécanique.

« Je... bien, merci, » répondit-elle timidement. Elle ne parvenait pas à dissimuler son malaise face à lui, surtout après les murmures qu'elle avait entendus dans la maison au sujet de ce que le conseil attendait de cette union.

Un raclement de gorge se fit entendre, et elle réalisa qu'un des membres du conseil, Maître Guillemot, s'était glissé discrètement dans la pièce. Il les observait avec un mélange de sévérité et de satisfaction. Il prit la parole, posant un regard dur sur Katherine.

« Mademoiselle Katherine, » commença-t-il, d'un ton autoritaire, « maintenant que cette union est sur le point de se concrétiser, il est important que vous compreniez bien le rôle qui vous incombe. En tant que future épouse de l'Alpha, votre conduite doit être exemplaire. Vous serez constamment sous les regards, et la moindre de vos actions aura des répercussions sur la meute et sur l'image d'Adrian. »

Elle acquiesça d'un geste nerveux, serrant ses mains pour contenir le léger tremblement qui les gagnait. Elle savait que son mariage avec Adrian ne serait pas une union d'amour, mais elle n'avait pas imaginé à quel point il serait réglementé, surveillé, et calculé.

Guillemot continua, énumérant les règles strictes auxquelles elle devrait se plier : aucune sortie en ville sans l'accord du conseil, des horaires de visite stricts pour les membres de sa propre famille, et une interdiction formelle d'adresser la parole aux membres masculins de la meute sans être accompagnée. Chaque parole, chaque geste, serait scruté, jugé. Katherine sentait son cœur se serrer à mesure qu'il parlait, le poids de ces règles écrasant toute idée de liberté.

Adrian, jusqu'alors silencieux, prit enfin la parole. Son ton était glacial, presque détaché. « Vous comprenez, Katherine ? C'est pour préserver notre image, rien de plus. »

Elle hocha la tête, sentant une pointe de tristesse poindre derrière sa nervosité. Elle n'avait jamais eu d'ambitions de grandeur, ni de désirs de gloire. Elle voulait simplement vivre sa vie paisiblement, dans l'ombre. Mais son père, criblé de dettes, avait accepté cette union sans hésitation, voyant là une opportunité de redorer le blason familial. Katherine savait que c'était pour lui sauver la face qu'elle devait s'engager dans ce mariage, et malgré ses doutes et ses peurs, elle ne pouvait se résoudre à lui tourner le dos.

« Oui, je comprends, » murmura-t-elle finalement, les yeux baissés.

Guillemot la jaugea un instant, semblant peser sa sincérité. Puis, satisfait, il tourna son attention vers Adrian. « Il est aussi essentiel qu'il y ait des apparitions publiques régulières, Adrian. Vous devez montrer à tous que ce mariage est solide, que votre autorité reste incontestée. »

Adrian acquiesça d'un signe de tête, sans même jeter un regard vers Katherine. Elle se sentit soudain comme un simple pion dans un jeu bien trop grand pour elle, un rôle qu'on lui avait assigné sans lui demander son avis. Pourtant, elle s'efforça de maintenir un masque impassible, de faire bonne figure. Elle ne voulait pas trahir sa famille par faiblesse.

Guillemot quitta la pièce, laissant Adrian et Katherine seuls dans un silence lourd. Adrian, toujours aussi distant, la fixa un instant avant de rompre enfin le silence.

« Pourquoi acceptes-tu tout cela ? » demanda-t-il, son regard perçant.

Katherine sentit un frisson la parcourir. Elle ne s'attendait pas à une telle question, surtout pas de sa part. Elle prit une inspiration, cherchant ses mots. « Je... je le fais pour ma famille, » avoua-t-elle, la voix à peine audible. « Mon père... il a des dettes. Beaucoup de dettes. Et ce mariage... c'est un moyen pour lui de... d'effacer cette honte. »

Adrian la dévisagea, son expression s'adoucissant légèrement. « Donc tu sacrifies ta liberté pour eux. »

Elle soutint son regard cette fois, y puisant une force nouvelle. « Oui. Tout comme toi, je suppose, » répondit-elle avec une pointe de défi.

Un éclat de surprise traversa le regard d'Adrian, mais il ne laissa rien paraître de plus. Elle n'était pas aussi fragile qu'elle en avait l'air, réalisa-t-il. Peut-être qu'il l'avait sous-estimée. Il détourna les yeux, fixant un point invisible derrière elle.

« Peut-être bien, » murmura-t-il, comme s'il s'adressait davantage à lui-même.

Katherine sentit une vague de chaleur en elle. Cette conversation, bien que brève, lui apportait un étrange réconfort. Il y avait quelque chose dans la solitude et le devoir qui les liait. Peut-être qu'au fond, ils se comprenaient mieux qu'ils ne l'auraient cru.

Adrian, visiblement troublé par cette découverte, se leva brusquement, reprenant son masque d'Alpha impassible. « Je vais te laisser te reposer. Nous devons respecter les exigences du conseil, mais je veillerai à ce que tu sois bien traitée, Katherine. »

Elle hocha la tête, surprise par cette marque de considération. « Merci, Adrian. »

Avant de sortir, il s'arrêta à mi-chemin, jetant un dernier regard dans sa direction. « Si jamais tu as besoin de quelque chose... n'hésite pas à me le dire. » Sa voix se faisait douce, presque vulnérable, l'espace d'un instant.

Katherine hocha la tête, un mince sourire se dessinant sur ses lèvres. « D'accord, je n'hésiterai pas. »

Il la regarda un instant de plus, puis disparut dans le couloir, la laissant seule avec ses pensées. Elle se rendit compte que ce mariage, malgré ses obligations et ses règles strictes, pourrait être bien plus qu'un simple arrangement. Peut-être qu'ils pouvaient, chacun à leur manière, trouver un peu de paix et de compréhension dans cette union forcée.

Chapitre 3 Chapitre 3

Le matin du départ de Katherine était empreint d'une atmosphère d'angoisse et d'espoir mêlés. La maison familiale, habituellement remplie de rires et de souvenirs, semblait étriquée, les murs se refermant autour d'elle comme si elle s'éloignait de sa propre vie. Sa mère, les yeux rougis par les larmes, s'efforçait de maintenir une façade de calme, mais chaque sourire qu'elle offrait était une lutte. Katherine savait qu'elle se débattait avec le chagrin de voir sa fille s'en aller, mais aussi avec la crainte que ce mariage ne soit pas simplement un moyen de sortir de leurs problèmes financiers.

« Maman, je vais bien. Je te promets que tout ira bien, » tenta-t-elle de rassurer sa mère tout en enveloppant un dernier vêtement dans sa valise. Mais elle pouvait sentir la tension dans l'air, palpable et inquiétante.

« Tu es si jeune, Katherine, » murmura sa mère, la voix tremblante. « Ce n'est pas un monde simple, celui des Alpha. Ils sont durs, et le pouvoir... cela peut changer un homme. Je ne veux pas que tu sois blessée. »

« Je sais. Mais je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas ? » répondit-elle, levant les yeux vers sa mère. Elle avait souvent entendu ces mises en garde, mais la réalité des choses pesait lourdement sur son cœur. Elle n'était pas encore prête à affronter la vie qu'elle s'apprêtait à mener.

Son père, quant à lui, avait gardé le silence depuis le début des préparatifs. Il était assis à la table de la cuisine, un air résigné sur le visage, feuilletant distraitement un document. Katherine savait qu'il s'inquiétait pour elle, mais aussi pour la famille. Ce mariage pouvait leur offrir une chance, une nouvelle vie. Et pourtant, cela revenait à abandonner l'innocence de son enfance.

« Papa, » l'appela-t-elle finalement, sa voix douce, presque une prière. « Tu n'as rien à dire ? »

Il leva les yeux, et dans ses prunelles, elle distingua une lueur de fierté mêlée de tristesse. « Tu es une femme maintenant, Katherine. Prends soin de toi et fais ce qu'il faut pour notre famille. »

Ce fut tout ce qu'elle obtint de lui, mais cela lui suffira. Elle l'enlaça avec force, sentant ses épaules trembler légèrement sous le poids des émotions. « Je vais bien, je te le promets, » murmura-t-elle.

Une fois la cérémonie de mariage prévue, Katherine se sentit submergée par un sentiment d'inquiétude. Tout s'accéléra rapidement, et en un rien de temps, elle se retrouva devant un autel sommairement décoré, une toile de fond d'une majesté dépouillée. Adrian, impeccablement habillé, se tenait là, son visage impassible, comme d'habitude. Les membres du conseil se tenaient en arrière, observant chaque mouvement, chaque échange.

« Je ne comprends pas pourquoi tout cela doit être si rapide, » souffla Katherine à Adrian, alors qu'ils s'approchaient l'un de l'autre. « Il devrait y avoir une certaine cérémonie, un peu de temps pour... je ne sais pas, pour rendre cela plus réel. »

Adrian la fixa, un sourcil levé, mais il y avait un léger éclat d'amusement dans ses yeux. « Crois-moi, Katherine, ce mariage est purement arrangé. Je ne suis pas ici pour me marier en grande pompe. Ce que je veux, c'est préserver notre image et aller de l'avant. »

Cela la frappa comme un coup de poing. Même dans cette situation, il avait la capacité de se montrer insensible, comme si leurs vies n'avaient pas de valeur au-delà des attentes des autres. Elle ne pouvait pas se permettre de laisser ses émotions s'emparer d'elle, alors elle se redressa, prenant une profonde inspiration.

« Très bien, faisons cela alors, » déclara-t-elle, déterminée à ne pas se laisser abattre. Elle ne savait pas encore si elle pouvait faire confiance à cet homme qui, elle le craignait, pourrait facilement être son pire ennemi.

Leurs vœux échangés furent brefs, presque ennuyeux. Adrian parla avec un ton distant, comme s'il récitait une formule, et elle suivit son exemple, récitant des promesses qu'elle ne savait pas si elle pouvait tenir. Le conseil, satisfait, applaudit avec une vigueur exagérée, et Katherine sentit un frisson d'inconfort la traverser. Ils étaient là, ces hommes et ces femmes, observant comme des vautours, attendant le moindre faux pas.

À peine la cérémonie achevée, Katherine se sentit déjà prise au piège. La solitude pesait sur elle alors qu'elle se tenait aux côtés d'Adrian, se demandant comment elle pouvait se retrouver dans cette situation. Son cœur battait à tout rompre alors qu'elle se dirigeait vers la salle où une petite réception avait été organisée. Le bruit des conversations et des rires remplissait l'espace, mais elle se sentait incroyablement isolée.

Elle observa la foule, les visages flous des membres de la meute. Les rumeurs murmuraient autour d'eux, et elle ne pouvait échapper à l'écho de ses propres pensées. Puis, une voix familière fit surface dans la mêlée.

« Regarde-la, la petite innocente. Elle pense qu'elle va être la prochaine reine, mais personne ne pourra jamais remplacer Valérie. »

Katherine se retourna brusquement pour voir un groupe de femmes, rassemblées dans un coin. Leur regard moqueur l'atteignait comme une flèche, et elle s'enfonça dans son propre monde, frissonnant à l'idée de ce que cela impliquait. Valérie. C'était le nom qui revenait, le spectre d'un passé dont elle ne connaissait rien.

« Qui est Valérie ? » demanda-t-elle, détournant le regard des commérages pour se tourner vers Adrian, qui semblait encore distant.

Il hésita un instant, puis sa voix se fit aussi froide que d'habitude. « C'était mon ancienne fiancée. » Ses mots résonnaient comme une cloche de tristesse, et Katherine sentit une morsure d'envie et de jalousie la saisir. « Elle... a pris des décisions qui ont mis notre relation en péril. »

Katherine, bien que remplie de curiosité, ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine forme de sympathie pour cette femme dont elle n'avait jamais entendu parler. « Et les gens parlent encore d'elle ? »

« Ils ne savent rien d'autre à dire, » répondit-il, les yeux sombres. « Je ne suis pas ici pour avoir des discussions sur le passé. »

Katherine se sentit désarmé par son ton. Ce mariage était plus qu'un simple arrangement, elle le savait. C'était un symbole des sacrifices qu'ils faisaient, des blessures qui ne guériraient peut-être jamais. Elle désirait que les choses soient différentes, qu'elles soient plus simples, mais tout cela lui semblait maintenant comme une montagne infranchissable.

Alors qu'elle observait les autres invités, elle vit le visage d'une jeune femme apparaître dans la foule. Ses cheveux bruns, ses yeux pétillants de malice. Elle portait une robe d'un bleu éclatant qui contrastait avec le noir des tenues des autres. L'instant d'après, la jeune femme s'approcha d'eux, son sourire éclatant mettant en lumière l'ombre du chagrin qui pesait sur Katherine.

« Adrian, c'est bien toi ! » s'exclama la jeune femme avec une vivacité contagieuse. Elle se tourna ensuite vers Katherine, ses yeux se plissant en une expression amicale. « Et toi, tu dois être Katherine, n'est-ce pas ? Je suis Niamh, une amie d'Adrian. »

Katherine, surprise par son enthousiasme, se sentit légèrement apaisée par sa présence. « Oui, enchantée, Niamh, » répondit-elle, un sourire timide aux lèvres. La convivialité de Niamh était comme une bouffée d'air frais dans cette atmosphère tendue.

« J'ai entendu parler de ton mariage, » continua Niamh, ses yeux brillants d'intérêt. « Je suis si heureuse pour vous deux. Vous allez être un couple formidable ! »

Adrian se mit à rouler des yeux, mais un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Katherine, pour sa part, se sentit encouragée par l'enthousiasme de Niamh, une petite lumière dans cette journée sombre.

« Merci, Niamh. C'est... un peu intense pour le moment, » avoua Katherine, se sentant soudain plus à l'aise.

Niamh lui lança un regard complice. « Je sais ce que c'est. Mais tu verras, avec le temps, tu te feras ta place. Et puis, tu as un bon partenaire. Bien qu'il puisse parfois sembler... distant. »

Katherine acquiesça, un frisson parcourant son échine à l'idée de ce qu'Adrian cachait. « Oui, je suis encore en train de le découvrir. »

« Laisse-moi te montrer les lieux. C'est un bel endroit pour commencer une nouvelle vie. » Niamh attrapa sa main, l'entraînant dans un petit tour de la

Salle. Elle parlait avec passion des traditions de la meute, des lieux secrets où les jeunes couples se retrouvaient pour se connaître. Katherine, bien que fatiguée, trouva un certain réconfort dans ses paroles.

Peu à peu, les tensions commencèrent à se dissiper. Adrian, désormais en retrait, observait la scène avec une expression neutre, mais Katherine pouvait sentir son regard sur elle. Pour la première fois, elle se sentait un peu moins seule, comme si une porte s'ouvrait sur un nouvel avenir. Mais dans le fond, la voix des rumeurs sur Valérie continuait de résonner dans sa tête, et elle ne pouvait s'empêcher de se demander quel rôle cette femme avait joué dans la vie d'Adrian.

La soirée se poursuivit, les rires et les discussions s'élevant, mais dans le cœur de Katherine, une ombre persistait. Le passé d'Adrian, les attentes de la meute, et les promesses qu'ils avaient faites restaient là, suspendues dans l'air, prêtes à exploser à tout moment.

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