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Mon Mari, Mon Ennemi, Mon Amour

Mon Mari, Mon Ennemi, Mon Amour

Auteur:: Isolde Frostweaver
Genre: Moderne
Mes propres mots, glaçants, me hantent : "Si l'abstinence te pèse, les bars regorgent de filles faciles." C'était moi, Éloïse, lors du dernier gala d'Angoulême, crachant ces mots ignobles à Raphaël, mon mari. Mon mépris pour cet homme, que je croyais n'être qu'un opportuniste, était infini. Pourtant, peu après, il est mort. Seul. Et ce n'est qu'en découvrant son journal, ses milliers de photos volées de moi, que j'ai percé l'ampleur de son amour fou, silencieux, une dévotion que j'avais si cruellement ignorée. La douleur de cette révélation fut insupportable. De mes propres mains, j'avais brisé son cœur, puis le mien. Consumée par le chagrin et les regrets, je suis morte à mon tour, sur sa tombe, le poids de mes erreurs m'écrasant. Mais soudain, le noir s'est dissipé. J'ai ouvert les yeux, haletante. J'étais de retour. Dans notre chambre, la veille du gala maudit. La même robe, les mêmes invitations. Mon cœur battit la chamade. Un frisson parcourut mon échine. C'était impossible, et pourtant... J'étais revenue, avant le drame, avant nos morts. Une chance. Une unique, précieuse chance de tout changer. Cette fois, je ne répéterai pas mes erreurs. Cette fois, je sauverai Raphaël. Cette fois, je me battrai pour notre amour. Je le jure.

Introduction

Mes propres mots, glaçants, me hantent : "Si l'abstinence te pèse, les bars regorgent de filles faciles." C'était moi, Éloïse, lors du dernier gala d'Angoulême, crachant ces mots ignobles à Raphaël, mon mari. Mon mépris pour cet homme, que je croyais n'être qu'un opportuniste, était infini.

Pourtant, peu après, il est mort. Seul. Et ce n'est qu'en découvrant son journal, ses milliers de photos volées de moi, que j'ai percé l'ampleur de son amour fou, silencieux, une dévotion que j'avais si cruellement ignorée.

La douleur de cette révélation fut insupportable. De mes propres mains, j'avais brisé son cœur, puis le mien. Consumée par le chagrin et les regrets, je suis morte à mon tour, sur sa tombe, le poids de mes erreurs m'écrasant.

Mais soudain, le noir s'est dissipé. J'ai ouvert les yeux, haletante. J'étais de retour. Dans notre chambre, la veille du gala maudit. La même robe, les mêmes invitations. Mon cœur battit la chamade. Un frisson parcourut mon échine. C'était impossible, et pourtant... J'étais revenue, avant le drame, avant nos morts.

Une chance. Une unique, précieuse chance de tout changer. Cette fois, je ne répéterai pas mes erreurs. Cette fois, je sauverai Raphaël. Cette fois, je me battrai pour notre amour. Je le jure.

Chapitre 1

Un flash aveuglant. La soirée de gala à Angoulême. Raphaël, mon mari, titubant, visiblement mal.

Et mes mots, cruels, résonnant encore dans ma mémoire : "Si l'abstinence te pèse, les bars de la ville regorgent de filles faciles prêtes à te consoler."

Je l'avais méprisé.

Ce n'est qu'après sa mort, après avoir découvert son journal, ses milliers de photos de moi, que j'avais compris. Son amour fou, silencieux.

Et j'étais morte de chagrin sur sa tombe, le cœur brisé par mes propres regrets.

Mes yeux s'ouvrirent brusquement.

J'étais dans notre chambre, au Domaine de Valois. La veille du gala. Non, la nuit même du gala.

La même robe de soirée était posée sur le fauteuil. Les mêmes invitations sur la commode.

Comment était-ce possible ?

Un frisson me parcourut. J'étais revenue. Revenue avant le drame. Avant sa mort, avant la mienne.

Une chance. Une unique chance de tout changer.

Je me souvins de cette nuit maudite. Raphaël, drogué par les Lambert, nos rivaux.

Je l'avais trouvé hagard. Au lieu de l'aider, je l'avais accablé.

Il avait passé la nuit sous une douche froide, luttant contre la drogue. Cette douche avait aggravé sa fragilité pulmonaire.

Plus tard, il s'était épuisé à sauver notre domaine de Cognac pendant que j'étais partie faire le tour du monde avec Antoine, inconsciente de tout.

Il était mort seul.

Cette fois, non.

Je me levai d'un bond, le cœur battant. Je devais le trouver. Maintenant.

Je courus hors de la chambre, dévalant l'escalier. Le manoir était silencieux.

Je le trouvai dans la salle de bain attenante à sa chambre d'amis, déjà sous la douche, grelottant.

L'eau était glacée.

"Raphaël !"

Je fermai le robinet, attrapai une grande serviette.

Il me regarda, les yeux fiévreux, surpris par ma présence, par mon ton inquiet.

Il était si vulnérable. La drogue le consumait.

Je l'enveloppai dans la serviette, le frottant doucement pour le réchauffer.

"Éloïse ? Qu'est-ce que tu fais ?" Sa voix était faible.

"Je prends soin de toi," murmurai-je.

Je le guidai vers son lit. Il était brûlant. Je l'aidai à s'allonger.

Puis, sans réfléchir, mue par une urgence que je ne comprenais qu'à moitié, je me glissai près de lui, le serrant contre moi, cherchant à lui transmettre ma chaleur, ma vie.

L'orage grondait dehors, comme un écho à la tempête dans mon cœur.

Son corps frissonna contre le mien. Puis, lentement, il répondit à mon étreinte.

Le désir, mêlé au poison aphrodisiaque qu'on lui avait administré, et à ma propre détermination désespérée, nous emporta.

Ce fut une union intense, presque brutale, mais chargée d'une émotion nouvelle.

Dans ses bras, cette nuit-là, je vis quelque chose que j'avais toujours refusé de voir.

Son regard, même embrumé par la fièvre et la drogue, était fixé sur moi avec une adoration désespérée.

Une tendresse infinie émanait de lui, une dévotion qui me transperça.

Comment avais-je pu être si aveugle ?

Cet homme m'aimait. Il m'avait toujours aimée.

Les souvenirs de la première vie affluèrent, douloureux.

Raphaël dormant sur le canapé pendant des années pour ne pas me déranger.

Raphaël soutenant mon père, gérant le domaine avec un talent fougueux, le protégeant des Lambert.

La petite librairie de mon enfance, qu'il avait rachetée discrètement parce que je l'aimais.

Le carnet où il notait mes goûts, mes aversions, mes moindres désirs.

Les milliers de photos volées, les enregistrements de ma voix.

Sa mort, seul, dans ce grand manoir, après avoir tout sacrifié pour moi, pour le Domaine de Valois.

La culpabilité m'envahit, une vague immense.

Je serrai plus fort son corps contre le mien. Les larmes coulaient silencieusement sur mes joues.

Raphaël, mon Raphaël.

Dans cette vie, je ne te laisserai pas tomber. Je ne te décevrai plus.

Je le jure.

Chapitre 2

Le lendemain matin, le soleil filtrait à travers les rideaux. Raphaël était déjà réveillé.

Il était assis sur le bord du lit, me tournant le dos.

La tendresse de la nuit semblait s'être évaporée.

"Raphaël ?" demandai-je doucement.

Il se tourna. Son visage était impassible, ses yeux froids.

"Merci pour la nuit dernière," dit-il d'un ton neutre. "Mais ne te méprends pas. Ce n'était que... les circonstances."

Mon cœur se serra.

Je me levai, m'approchai de lui, voulant toucher son bras.

"Raphaël, je..."

Il recula légèrement, évitant mon contact.

"Tu n'as pas à faire semblant, Éloïse. Je sais ce que tu penses de moi."

Sa méfiance était palpable, comme une barrière de glace.

"Non, tu ne sais pas," dis-je, la voix tremblante. "J'ai changé. J'ai compris."

"Compris quoi ? Que tu avais pitié de moi hier soir ?" Son ton était amer.

"Ce n'était pas de la pitié ! C'était..." Je cherchais mes mots. Comment lui expliquer ce miracle, cette seconde chance, sans paraître folle ?

"Peu importe," coupa-t-il. Il se leva, s'habilla rapidement.

Je voulais lui dire que je savais pour la drogue, pour son sacrifice. Mais les mots restaient coincés dans ma gorge.

Quelques heures plus tard, il y eut une réunion de famille dans le grand salon. Mon père, Monsieur de Valois, était là.

Raphaël se tenait droit, le visage fermé.

Soudain, il s'agenouilla devant mon père.

"Monsieur de Valois," commença-t-il d'une voix calme mais ferme. "Je demande officiellement le divorce d'avec Éloïse."

Le choc me coupa le souffle. Mon père le regarda, stupéfait.

"Raphaël ! Mais enfin, que se passe-t-il ?"

Je sentis une douleur aiguë dans ma poitrine. Non, pas ça. Pas encore.

Je voulais crier, lui dire qu'il se trompait, que je l'aimais.

Mais comment le convaincre ? Il était si distant, si blessé par notre passé.

"Père, ne l'écoutez pas !" réussis-je à articuler.

Je pris mon père à part un peu plus tard.

"Père, il faut faire attention à la famille Lambert. Ils vont essayer de ruiner le domaine. Une OPA hostile."

Mon père me regarda avec inquiétude, mais aussi avec scepticisme.

"Éloïse, ma chérie, tu es fatiguée. Les Lambert sont des concurrents, oui, mais une OPA ? Tu t'imagines des choses."

Il ne me croyait pas. Personne ne me croirait. J'étais seule avec ce fardeau.

Raphaël quitta le manoir peu après, ses valises à la main.

Je courus après lui, désespérée.

"Raphaël, attends ! S'il te plaît, ne pars pas !"

Il accéléra le pas, montant dans sa voiture.

Je sortis mon téléphone, composai son numéro. Il décrocha.

"Raphaël, je t'en prie, écoute-moi..."

"Éloïse," sa voix était glaciale à l'autre bout du fil. "Je t'ai déjà dit de ne pas te méprendre. Ce qui s'est passé cette nuit-là... c'était une erreur. Tu as toujours voulu ce divorce. Le voilà."

"Mais je ne le veux plus !" criai-je.

"Tu es capricieuse, comme toujours. Hier tu me méprisais, aujourd'hui tu veux me retenir. Je ne suis pas un jouet."

Il raccrocha brutalement.

Son ancien comportement, sa patience, sa dévotion... tout avait disparu. Il était devenu cet homme froid et distant.

Je restai plantée là, le téléphone à la main, les larmes coulant sans retenue.

Ce serait plus difficile que je ne le pensais.

Briser la glace autour de son cœur demanderait plus qu'une nuit.

Mais je ne renoncerais pas. Je lui avais fait une promesse.

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