La musique du restaurant chic résonnait doucement, mais dans ma tête, c'était un vacarme assourdissant.
J'étais de retour à mes fiançailles, le jour qui avait signé mon arrêt de mort.
Mon fiancé, Brandon, souriait à la caméra pour ses followers, pas pour moi, tandis que ma meilleure amie, Carole, son assistante, complice et maîtresse, ajustait l'angle, un triomphe dans les yeux.
Dans ma première vie, j'étais une fleuriste naïve, une idiote qui croyait aux contes de fées, piégée par un « prince charmant » qui n'était qu'un escroc.
La bague un faux, la « dot » une liasse de billets de cinéma, tout n'était qu'un mensonge pour me voler, me piéger.
Après avoir découvert leur liaison et la supercherie, j'avais été publiquement accusée de vol, ma réputation ruinée, ma vie brisée.
J'avais fini poignardée dans une ruelle par un de ses fans fanatiques.
Je ne comprenais pas comment j'avais pu être aussi aveugle, aussi bête, tombant si facilement dans leur piège mortel.
Cette fois, les larmes seraient pour eux. J'ai saisi mon téléphone, le numéro de mon frère Alan déjà composé, et mon cœur battant d'une rage froide et déterminée.
La musique du restaurant chic résonnait doucement, mais dans ma tête, c'était un vacarme assourdissant. J'étais de retour. De retour au jour de mes fiançailles, le jour qui avait signé mon arrêt de mort.
« Mes chers abonnés, aujourd'hui est un grand jour... »
La voix suave de Brandon Larson, mon fiancé, s'échappait de son téléphone, posé sur un trépied pour son direct Instagram. Il souriait à la caméra, un sourire parfaitement étudié pour ses dizaines de milliers de followers.
Il ne souriait pas pour moi. Il souriait pour eux.
À côté de lui, ma meilleure amie, Carole Green, ajustait l'angle du téléphone, son visage rayonnant d'une excitation qui n'était pas pour moi non plus. Elle était son assistante, sa complice, sa maîtresse. Je le savais maintenant.
Dans ma première vie, j'étais une idiote. Une fleuriste naïve qui croyait aux contes de fées. J'avais hérité de la petite boutique de mes parents dans le Marais après leur accident, et je vivais seule, mon frère Alan travaillant à Londres depuis des années. Brandon était apparu comme un prince charmant, un "entrepreneur" à succès, issu d'une riche famille de Bordeaux.
Un mensonge. Tout était un mensonge.
La bague qu'il allait me présenter n'était pas un saphir de Ceylan, mais un morceau de verre. La valise pleine de billets de 500 euros, sa "dot" pour impressionner le monde, n'était qu'une pile de papier pour le cinéma, avec une seule liasse de vrais billets sur le dessus.
La dernière fois, j'avais tout accepté avec des larmes de joie. Le lendemain, j'avais découvert sa liaison avec Carole dans notre futur appartement. J'avais rompu. Il avait exigé la "dot", je la lui avais rendue. Puis il m'avait accusée publiquement d'avoir volé l'argent, ruinant ma réputation, ma vie. J'avais fini poignardée dans une ruelle par un de ses fans fanatiques.
Cette fois, les larmes seraient pour eux.
Je me suis levée, mon cœur battant d'une rage froide et déterminée. J'ai pris mon téléphone.
« Excusez-moi une seconde, mon amour. »
Je me suis dirigée vers les toilettes, le sourire le plus doux possible sur les lèvres. Une fois la porte verrouillée, j'ai composé le numéro de mon frère.
« Alan ? »
« Juliette ? Tout va bien ? C'est rare que tu m'appelles. »
Sa voix, calme et posée, était comme une ancre dans la tempête de mes souvenirs.
« J'ai besoin d'un service. Fais des recherches sur Brandon Larson. Absolument tout. Ses finances, sa famille, ses dettes. Tout. Et j'en ai besoin rapidement. »
Un silence. Alan ne posait jamais de questions inutiles.
« Considère que c'est fait. Je te rappelle. Sois prudente, Juliette. »
J'ai raccroché. En me regardant dans le miroir, j'ai vu une nouvelle femme. Fini la fleuriste crédule. Place à la survivante. La fête ne faisait que commencer.
Je suis retournée dans la salle, le cœur étrangement calme. Brandon terminait son monologue pour ses followers, vantant notre "amour pur et authentique". Carole le regardait avec une adoration feinte, mais je pouvais voir la lueur de triomphe dans ses yeux. Elle pensait que le piège était parfait.
Brandon s'est tourné vers moi, a pris mes mains. Son regard était intense, mais je savais qu'il jouait la comédie pour la caméra.
« Juliette, mon amour, tu es la plus belle fleur de mon jardin, la lumière de ma vie. »
Il a sorti la valise noire, l'a posée sur une table et l'a ouverte. La liasse supérieure de billets de 500 euros brillait sous les lumières du restaurant. Les commentaires sur le direct explosaient. Des "OMG", des "Tellement riche !", des "Elle a trop de chance !".
J'ai souri, mais mon sourire ne cachait plus la naïveté. C'était un sourire de prédatrice.
Puis, il a mis un genou à terre. Le moment que j'avais tant redouté et tant chéri dans ma vie passée. Il a ouvert un écrin en velours bleu. Le faux saphir scintillait, pathétique.
« Juliette Fowler, veux-tu m'épouser ? »
Tous les regards étaient sur moi. La caméra d'Instagram était braquée sur mon visage, attendant ma réaction extatique.
J'ai hoché la tête, un large sourire aux lèvres.
« Oui. »
Un soupir de soulagement a parcouru l'audience. Brandon a voulu me passer la bague au doigt, mais j'ai retiré ma main. J'ai pris délicatement l'écrin.
Puis, je me suis tournée vers Carole, qui se tenait juste à côté, jouant le rôle de la meilleure amie émue.
« Carole, » ai-je dit d'une voix forte et claire pour que tout le monde entende. « Tu sembles l'admirer tellement. Je te l'offre. »
Je lui ai tendu la bague.
Le silence est tombé d'un coup. La musique semblait s'être arrêtée. Les visages étaient figés dans l'incompréhension. Carole m'a regardée, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte. Elle était complètement prise au dépourvu.
« Juliette, qu'est-ce que tu racontes ? » a-t-elle balbutié, son sourire crispé.
Brandon s'est relevé, son visage passant de la confusion à l'irritation.
« Mon amour, ce n'est pas le moment de plaisanter, » a-t-il dit, essayant de garder un ton léger pour ses followers.
J'ai ignoré sa tentative de reprendre le contrôle. J'ai insisté, poussant la bague vers Carole.
« Prends-la. Vraiment. Après tout, tu la mérites peut-être plus que moi. »
Chaque mot était un coup de poignard pour elle, une accusation voilée que seule elle et Brandon pouvaient comprendre. Son visage a pâli. Elle a reculé d'un pas, comme si la bague était un serpent.