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Mon Ex Mari Le Cheihk  Est mon Nouveau Patron.

Mon Ex Mari Le Cheihk Est mon Nouveau Patron.

Auteur:: Plume d’or
Genre: Milliardaire
Forcée par la famille de son mari Nathalia a dû se résigner à le quitter. Une séparation qui a été très douloureuse pour elle. Malgré le processus de dépression qu'elle a dû traverser, elle a réussit à se reconstruire et a radicalement changer de vie. Sauf qu'au moment où elle pense que tout va bien, son entreprise fait faillite et est racheté par son ex mari, il revient dans sa vie et cette fois comme son nouveau patron. Perdue entre ses sentiments et ses raison, Nathalia mène un combat contre les deux. Alors qui de la raison ou de l'amour aura raison d'elle ?

Chapitre 1 Prologue

Nathalia.

Trois ans plus tôt

- Nathalia, dépêche toi de monter avec le plateau de la suite royale s'il te plaît.

Je regarde Eloïse ma supérieure interloquée. - Je ne suis jamais montée jusqu'à la suite royale, seul un certain nombre restreint de personnes sont habilitées à monter dans le secteur le plus sélecte de cet hôtel cinq étoile de Dubai.

- Je croyais que je n'avais pas le droit d'y aller lui dis-je suspicieuse.

- Vois ça comme une promotion ma chérie dit-elle d'une voix mieulleuse.

Beaucoup trop gentil pour être vrai. Eloïse n'est pas quelqu'un de gentil, elle est un tyran, elle se fou complètement de tout le monde et ne se soucie que de ses intérêts. Alors que cache cet élan soudain de générosité ? Je croise les mains sur mes hanches et je la regarde.

- Tu crois que je vais avaler ça ? Je n'irai pas à moi que tu me dises la vérité Eloïse.

Son sourire disparaît soudain et elle me regarde avec un regard dur, sévère, si elle pouvait ne tuer avec ses yeux elle le ferait sans doute. Mais là je la retrouve, c'est sa véritable personnalité.

- Depuis quand tu discutes mes ordres ?

- Depuis que tu me donnes des ordres insensés, mon travail se limite uniquement aux chambres normales, les suites et toutes les autres les autres chambres à partir du septième sont sous la responsabilité de certaines personnes et je n'en fait pas partie, alors soit tu me dis ce que tu veux soit je me barre d'ici tout de suite dis-je en tournant le dos.

- D'accord capitule t'elle en me retenant par le bras. Je vais te dire ce qui se passe.

Je me tourne à nouveau pour lui faire face.

- Alors il se passe bien quelque chose ?

- Oui dit-elle d'un air gênée.

J'hausse un sourcil. Eloïse gênée ? Mais rien ne lui dérange jamais celle-là, Annie a même pris l'habitude de là surnommer la sorcière, qu'est-ce qui peut bien lui arriver aujourd'hui ?

- Le client de cette chambre est quelqu'un d'assez difficile à vivre.

- Comment ça ?

- Il n'aime jamais rien, critique tout, c'est la personne la plus intransigeante que je n'ai jamais vu.

- À ce point ? Tu n'imagines même pas dit-elle en levant la main.

- Qui est cet homme ? Non tu sais quoi ne me dis rien, parce qu'il est absolument inutile que je sache quoi que ce soit sur lui, vu que je m'en vais.

- Non dit-elle en me bloquant le passage. Je ferai tout ce que tu voudras.

- Pourquoi est-ce si important pour toi de ne pas t'occuper de ce client et ne t'avise pas de me mentir.

Elle regarde autour de nous, comme si elle s'apprêtait à me révéler un secret d'Etat. Je regarde son chignon hostere et je fais la moue. Pauvres cheveux ! Je ne sais même pas si elle les laisse défaits pour le week-end, Eloïse est une magnifique femme, mais cet air sévère qu'elle arbore à longueur de journée n'est vraiment pas bon pour son visage. Ça lui fait des rides.

- J'ai rencontrée quelqu'un dit-elle en triturant la serviette qu'elle tient entre ses mains.

- Tu as rencontré quelqu'un ? Demandais je en hurlant.

Elle pose sa main sur ma bouche pour me faire taire. Je regarde autour de nous et je vois des visages curieux se tourner vers nous. Je retire la main d'Eloise de ma bouche et je murmure plus bas.

- Tu as rencontré quelqu'un ?

- Oui, et il m'a donné rendez-vous ce soir tu vois, et le client ne pourra pas me laisser partir avant qu'il ne soit couché, et je vais rater mon rendez-vous, ça fais tellement longtemps qu'un homme ne s'est pas intéressé à moi.

- Il est hors de question que tu rates ton rendez-vous ! Dis-je d'une voix résolu, tu peux y aller le cœur tranquille, je m'occupe de ce client récalcitrant.

- Merci dit-elle, tu es la seule assez compétente à qui je peux confier ce travail.

- Ça ne sert à rien d'être lèche bottes, de toute façon je vais t'aider.

- Non vraiment tu es une fille responsable et tu es de loin la meilleure que je n'ai jamais connu.

- Attends je rêve ou tu viens de me faire un compliment ? Laisse-moi sortir mon téléphone que j'enregistre, sinon personne ne me croira.

Elle plisse les yeux et me regarde d'un air sévère. D'accord, mon enthousiasme me pousse à dépasser certaines limites, j'aurais peut-être dû retenir un peu mon engouement.

Mais quand je vois le sourire au coin de ses lèvres, je comprends qu'elle a apprécié, à sa manière, mais elle a apprécié. Elle me donne les ordres à suivre et me remet les clés. Je souris et je sors mon téléphone pour appeler ma meilleure amie Amélie. Lorsque je lui annonce la nouvelle.

- Quoi ? Hurle t'elle comme moi tout à l'heure.

Vraiment ! Elle va à un rencard ?

- Oui dis-je dans un souffle, tu aurais dû la voir rouge de honte.

- Vraiment ? Elle était rouge de honte ?

- Oui quand elle me le demandais, je ne pouvais tout simplement pas lui refuser ça.

- Tu es beaucoup trop gentille Nathalia, j'aurais refusé pour rien au monde je rendrais service à cette harpie !

- Je sais.

- Je te laisse on se voit plus tard je t'embrasse.

- Moi aussi je t'embrasse.

- Fais attention !

- Promis.

Je raccroche et je fourre mon téléphone dans ma poche en souriant. Amélie est ma meilleure amie depuis que nous sommes au lycée, elle la blonde et moi avec un cheveux roux et mes taches de rousseurs, elle beaucoup plus sérieuse et moi beaucoup plus enjouée. Nous nous sommes lancées dans cette aventure ensemble. Nous avons toujours rêvé de Dubai. Le luxe, une beauté irréelle et surtout cette culture arabe qui nous intrigue. Après notre baccalauréat, nous avons pris nos affaires, quitté Londres et sommes venues nous installer ici toutes les deux. Un appartement qui nous convient à toutes les deux, et dans lequel, Amélie ramène chaque soir un nouveau garçon. Nous sommes ici depuis trois ans déjà et parlons très bien l'arabe, une langue magnifique que j'adore. Je suis peut-être joyeuse, mais je suis vraiment coincée, à vingt-deux ans je n'ai jamais rien connu d'autres que quelques baisers chastes et rien d'autres. Pourquoi ?

J'attends le prince charmant !

Non je plaisante ! C'est juste que je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui me donne envie de me laisser aller. Vous savez ce petit truc qui vous fait fondre, je ne l'ai jamais ressenti pour personne. J'arrive à la cuisine et je prends le panier repas avec lequel je monte à l'étage, j'appuie sur le bouton de l'ascenseur et direction la suite royale, le secteur réservé aux clients les plus illustres de l'hôtel. Je n'ai jamais franchit le septième étage et là, je monte tout droit au dix-huitième.

Tu parles d'une promotion. J'arrive devant la porte et je frappe quelques petits coups avant de l'ouvrir. Je pousse mon charriot à l'intérieur de la chambre et je referme derrière moi.

- On ne vous a pas appris à frapper ? Me demande une voix cinglante.

Je sursaute violemment et me retourne pour faire face à une femme dans un hijab de couleur rose pâle, elle est très belle, ses yeux soulignés par du khôl, et un rouge à lèvres couleurs pêche sur la bouche. Ses yeux sont vraiment très beaux, pendant un instant je me demande s'ils sont bien réels. Et d'ailleurs que fait cette femme ici ?

Je croyais que c'était un homme qui devait se trouver dans cette suite ! Lorsque que je constate que je l'ai regardé beaucoup trop longtemps, je me ressaisis.

- Je suis désolée madame mais vous ne devrez pas vous trouver là.

- Et pourquoi donc ?

- Cette chambre a déjà été réservée.

- Comment ? S'offusqua telle. Vous avez réservé notre suite alors que vous avez été prévenu de notre visite à mon frère et à moi ? Vous voulez dire que vous ne me reconnaissez pas ? Demande-t-elle dans un sourire insolent.

Je lui dis non de la tête.

- Quoi ? Comment ça, non ? Je suis là princesse de Mamlakat Aljana ? (Royaume du Paradis) Je suis vraiment désolée mais non je vous connais.

Elle se met à gesticuler dans tous les sens en hurlant au scandale a travers toute la pièce.

- hqan satusabib fadihatan min 'ajl la shay' ealaa al'iitlaqi? ( Tu vas vraiment faire un scandale pour rien du tout ? ) entendis je de l'autre côté de la pièce.

- Comment peut-elle ignorer qui je suis ?

- Elle l'ignore et alors quoi ? Continue la voix. Yasmina va faire un tour je te prie.

Elle lève les yeux au ciel mais obéit et se dirige à l'extérieur. La pièce est sombre et je n'arrive pas à apercevoir l'homme qui a parlé. De toute façon, je ne suis pas venue ici pour le voir si ? Alors je commence à disposer les plats sur la table en silence.

Lorsque je termine, je pousse mon charriot en direction de la sortie, sans avoir vu que les roues se sont coincées sur les épais rideaux, je tire dessus de toutes mes forces, mais je ne parviens pas à les décoincer.

- Pourquoi là où il fait privilégier la douceur, il est toujours question de violence ?

Je me tourne pour faire face à un homme grand, très tres grand. Ses traits sont tellement fins qu'on dirait qu'ils ont été taillés par un sculpteur. Une beauté pareille ne peut pas exister. Je laisse mes yeux s'égarer sur ses bras, une montre à un poignet, est-ce que je vous ai dit à quel point c'était sexy ? Le contraste entre la couleur hâlée de sa peau et le blanc du cuir de sa montre. Mes yeux remontent sur son torse, que j'imagine imberbe de tout poils grâce au deux premiers boutons ouverts, puis enfin mes yeux rencontrent les siens. J'ai l'impression que mon cœur rate un battement. Ses iris sont d'un noir profond, je n'ai jamais vu des yeux aussi beaux. Je crois que j'ai même de la bave qui s'écoule de ma bouche.

- Tout va bien ? Me demande t'il avec un sourire.

Je secoue la tête pour dire oui parce que ma voix refuse de sortir. Eloïse avait raison, mais pas pour les bonnes raisons, ce client est très... Pertubateur...

- Amir dit-il en me donnant sa main.

- Nathalia... Murmurais je.

- Enchanté Nathalia dit-il en me dévorant des yeux.

J'étais loin de me douter à quel point cette rencontre allait changer ma vie.

Chapitre 2 Chapitre 1

Nathalia.

De nos jours...

Perchée sur la balustrade, je regarde la foule qui s'active en bas, le sourire aux lèvres. Ça c'est la vie dont j'ai toujours voulu, je suis à deux doigts de réaliser le rêve pour lequel je me suis tellement sacrifiée. Je pose ma main sur le médaillon autour de mon cou et je ferme les yeux.

Il est accompagné d'une bague à chaque fois que ma main se pose sur elle, mon humeur s'assombrit, cette bague est là pour me rappeler à l'ordre chaque jour, les gens ne sont pas toujours ce que l'on pense d'eux garde le bien en tête. Je me concentre sur le médaillon de mon père pour avoir du courage.

- Tout ça c'est grâce à toi papa murmurais je, si je suis là c'est pour toi.

J'entends les pas d'Amélie derrière moi, elle pose sa main sur le creux de mes reins et m'enlace par derrière.

- Tu vois tout ça ?

Je dis oui en secouant la tête.

- C'est toi qui a réussi à le bâtir n'oublie jamais ça.

- Mais je ne l'ai pas fait toute seule figure toi. J'ai réussi ça grâce à ma super meilleure amie qui m'a aidé à tout mettre en place.

- Mais tu as fait le plus gros du travail, je suis tellement fière de toi Nathie dit-elle en me déposant un baiser sur la tempe.

Qu'est-ce que je ferai sans elle ?

- Merci, moi aussi je suis fière de ce que nous avons accompli.

- Tu te rends compte que nous avons lancé notre propre marque de parfum oriental. Après des années passées à Dubaï c'est le moins que nous pouvions faire. Je suis sûre que nous allons faire un carton.

- Je l'espère vraiment Amélie, on a mis toutes nos économies dans ce projet.

À cette pensée mon cœur se serre, je repense à la maison de mes parents que j'ai dû mettre sous hypothèque pour pouvoir avoir le financement pour ce projet. Et Amélie a dû vendre la voiture qu'elle avait. Nous nous sommes lancées dans ce projet il y'a de cela deux ans.

Après notre retour en Angleterre, j'ai dû faire face à de nombreuses difficultés, j'ai été malade pendant un long moment, je n'avais plus rien excepté mes petites économies, avec lesquelles j'ai vécu. Des économies que je voyais s'amenuiser au fil du temps. Je ne pouvais plus me payer un loyer, j'ai fait une dépression.

Une très longue dépression, j'ai failli y laisser ma vie et quelque chose d'encore plus précieux. Cette période a été très sombre pour moi, l'une des plus difficiles de ma vie. Je ne me nourrissais plus convenablement, je ne faisais plus rien de ma vie, je n'avais plus aucune envie de vivre. J'ai été expulsée de mon appartement quand je ne pouvais plus payer mon loyer, je n'avais plus d'endroit où rester, je ne pouvais convenablement pas aller vivre avec Amélie, elle avait recommencé une nouvelle vie avec son fiancé et je ne pouvais pas partir être la cinquième roue du carrosse. Elle en avait déjà tellement fait pour moi, je ne sais pas ce que je serais devenue sans elle et sans ma mère. J'ai dû retourner chez cette dernière.

Mes parents se sont pliés en quatre pour moi, surtout mon père, il voulait m'aider à me révéler et à trouver un nouveau sens à ma vie. Papa était plus qu'un pilier pour moi, il était mon rempart, ma bouée. Il est mort depuis maintenant trois mois, cancer du foie, lui qui n'a jamais touché à une cigarette de toute sa vie. Je crois que rien ne m'a fait autant de mal que de dire au revoir à jamais à mon père. Ça été l'une des choses les plus horribles que je n'ai jamais vécu. Mais avant de mourir il m'a fait le plus beau cadeau qui puisse être fait. Il a mis sa maison en hypothèque parce qu'il croyait en moi, il croyait en notre projet à Amélie et à moi. J'ai tellement pleuré lorsque le banquier m'a remis les papiers. Amélie me secoue légèrement par l'épaule.

- Tu étais encore sur une autre planète.

- Non dis-je en souriant et en lui faisant face. Je pensais juste à quelle chance inouïe nous avons. On a commencé ce projet nous n'étions que deux et maintenant regarde nous avons près de vingt employés. Je n'aurais jamais cru que nous serions allées aussi loin.

- Je sais ce n'est pas croyable, parfois quand je repense à tout ce qu'on a traversé pour cette société je me dis qu'on a fait un très grand parcours.

- Oui dis-je dans un sourire.

Je jette un regard à ma montre, vingt heures. Mais où est Blanchard ? Il devait arriver à dix-neuf heures avec les échantillons et les produits et les invités commencent déjà à arriver.

- Tu ne trouves pas que Blanchard tarde à arriver ?

Blanchard est notre conseiller financier, il travaille avec nous depuis un peu plus d'un an, c'est quelqu'un en qui nous avons une entière confiance, il ne nous a jamais déçu. D'habitude nous distillons nos parfums nous-mêmes parce que nous n'avons pas encore le matériel nécessaire, mais cette fois-ci, nous avons dû faire appel à une société privée avec laquelle Blanchard nous a mis en contact parce que nous devions sortir plus de dix milles flacons de parfums avant une semaine.

Nous ne pouvions tout simplement pas le faire de façon artisanale, il nous fallait du matériel de qualité en attendant d'avoir le notre. C'est donc ainsi que nous avons confié toutes nos économies à Blanchard et celui-ci s'est chargé d'aller rencontrer la société pour qu'elle nous produise tous ces parfums.

Amélie aussi effectue le même geste que moi tout à l'heure, elle regarde sa montre.

- Je suis sûre qu'il sera bientôt là, ne t'en fais pas.

- Bien sûr que je m'en fais, cette campagne publicitaire est tellement importante, elle nous permettra de nous faire connaître sur le plan international. On a investi tout ce qu'on a dans cette campagne.

- Oui mais nous avons calculé tous les détails, ça devrait nous rapporter gros. Ne t'inquiète pas Nathie, tu réfléchis beaucoup trop.

- Je ne sais pas... On a pas toujours ce qu'on désire dans la vie.

L'horrible pressentiment qui m'oppresse depuis ce matin recommence, j'ai l'impression que quelque chose de grave va arriver. Quelque chose de très grave.

- Quoi qu'il en soit, je l'espère vraiment dis-je, en attendant, allons nous occuper des invités.

Je lisse les plus de la robe de soirée qu'Amélie m'a conseillé d'acheter. À son tour, elle s'occupe de mes cheveux, puis me tient par le menton et lève ma tête.

- Tu es magnifique ! Ça fait tellement longtemps que je ne t'ai pas vu aussi belle.

Je baisse la tête en rougissant, très peu habituée aux compliments.

Nous sommes allées dans une boutique très chic aujourd'hui et Amélie m'a fait essayé cette robe de soirée, d'un blanc cassé et près du corps, elle met en valeur les nouvelles couleurs que je viens de prendre et surtout mes nouvelles rondeurs. Elle était tout simplement somptueuse et beaucoup trop chère pour moi, mais mon amie a beaucoup insisté pour que je la prenne, alors j'ai fini par céder. Mes cheveux bien que courts, ils sont noués dans un chignon sophistiqué, je porte des boucles d'oreilles qui pendent et le médaillon de mon père, le tout sur des escarpins très beaux.

- Je n'imagine même pas toutes les têtes que tu vas faire tourner aujourd'hui.

- Tu dis n'importe quoi dis-je en levant le bras. Je ne vais faire tourner la tête de personne.

- Arrête un peu de te sous estimer Nath. Tu es magnifique.

- Je ne me sous-estime pas dis-je d'une voix dure. Je ne veux plus laisser aucun homme entrer dans ma vie. Pas après ce qu'il m'a fait.

Amélie lève les yeux au ciel.

- Tu continues à penser à lui ? Tu dois continuer ta vie maintenant plus que jamais.

Je sens la rancune grandir en moi.

- Je ne pense pas à lui dans ce sens-là, je pense à lui dans le sens où j'ai envie de l'étriper de mes propres mains. Je le déteste tellement pour ce qu'il m'a fait, pour ce qu'il nous a fait.

- Je sais mais tu dois tourner la page et continuer de vivre.

Je secoue la tête et choisis de ne plus rien dire. De toute façon, que pourrais-je rajouter ? J'ai déjà eu cette conversation des milliers de fois avec Amélie et maman, elles me répètent toutes les deux la même chose. Je dois avancer et oublier le passé.

- C'est tellement facile à dire. Personne mis à part moi, ne sais ce que j'ai enduré là-bas.

- On ne va pas en parler ici, on ferait mieux d'aller voir nos invités et la horde de journalistes qui va arriver.

- D'accord dit-elle en me prenant par la main.

Nous descendons les escaliers main dans la main et allons nous mêler à la foule. Toutefois cet horrible pressentiment ne me quitte pas.

Chapitre 3 Chapitre 2

Nathalia.

Pour la énième fois, j'essaye de joindre Blanchard. Je vais à l'écart des invités et je laisse un message sur son répondeur.

- Blanchard je vous en prie, tous les invités sont déjà là, les journalistes aussi, nous avons vraiment besoin de ces échantillons pour les présenter aux invités. Je vous en supplie dépêchez vous !

Je raccroche et je me tiens par les hanches. Mon Dieu mais que se passe t'il ? Pourquoi Blanchard n'est il pas encore là ? Est-ce qu'il aurait eu un accident ? J'espère bien que non. Où sont les parfums que nous avons commandés ? Y'aurait-il eu un souci lors de la fabrication ? Si c'était le cas, il nous en aurait sûrement parlé n'est-ce pas ?

Je me surprends à me ronger les ongles, signe ultime que je suis en pleine panique totale. Amélie s'avance vers moi, un sourire de façade pour les caméras qui nous prennent en photos. Je vois bien sur leurs visages qu'ils commencent à se poser des questions. Des questions auxquelles nous ne pouvons pas répondre parce que nous non plus ne savons rien.

- Tu te ronges les ongles me murmure-t-elle ça veut dire c'est grave.

- Blanchard ne répond toujours pas.

- Comment ça il ne répond toujours pas ? Où est-il ?

- Tu crois que si je le savais, je resterais ici à me ronger les ongles ? J'irais le déterrer de son trou et je lui frapperais le crâne avec la pointe de cette chaussure.

- Calme-toi Nath.

- Comment peux-tu me demander ça ? Dans un moment pareil ? Tu sais que c'est notre avenir dans les affaires qui se joue à ce moment précis ?

- Oui je le sais et crois-moi que je suis autant inquiète que toi, mais nous disputer en ce moment n'est vraiment pas la solution.

Je baisse la tête, elle a tout à fait raison, nous disputer maintenant ne fera pas apparaître de solution face au problème que nous rencontrons.

- Tu as raison, je suis désolée, le plus important maintenant c'est de retrouver Blanchard et ces fichus échantillons de parfum.

- Là je te reconnais dit-elle en me tenant par les épaules.

Nous sommes rejoints par son mari quelques minutes plus tard, avec deux coupes de champagne.

- Tenez ça va vous faire du bien, on voit jusqu'au bout de la salle vos têtes angoissées. Que se passe t'il ? Demande Tom.

- Il se passe que notre conseiller financier.

- Blanchard ? Lui-même dis-je sarcastique, il doit nous apporter les échantillons de parfums que nous devons présenter aujourd'hui, mais il n'est toujours pas là.

- Et qu'allez-vous faire maintenant ?

- On en a aucune idée chéri, Nath essaye de le joindre depuis des heures mais il ne répond pas. Notre avenir dépend de cette collaboration vois-tu.

- Je sais mon cœur et crois-moi, moi aussi je commence vraiment à paniquer à l'idée qu'il ne vienne pas.

- Génial bienvenue au club dis-je en lui prenant une coupe de champagne des mains et en l'avalant cul sec.

Il met ses mains dans les poches et semble réfléchir.

- Donnez-moi son adresse que je puisse aller voir s'il est chez lui et ce qui ne va pas.

- Vraiment tu ferais ça ? Dis-je en sentant une lueur d'espoir se raviver en moi.

- Bien sûr, je vais juste avoir besoin de son adresse.

- Laisse-moi aller te chercher ça tout de suite.

Je passe devant les invités en souriant comme si tout allait bien. Alors que je suis loin de ressentir toute cette sérénité. Je suis morte de peur. Je monte les marchés une par une et je dois me faire violence pour ne pas les dévaler en courant.

J'arrive dans mon bureau et je m'assois sur mon fauteuil derrière l'ordinateur. J' appuie sur les touchés du clavier, j'entre dans le dossier des employés et tape ensuite le nom de Blanchard dans la barre de recherche pour avoir accès à son dossier complet. Quelques secondes plus tard, j'ai le dossier complet de Blanchard devant moi. Nom, âge, date et lieu de naissance, adresse et toutes les autres informations relatives à Blanchard. Je prends un papier et un stylo et j'y note son adresse avant de me lever pour sortir.

Lorsque que je traverse le bureau de Blanchard, comme mû par une impulsion, je décide de l'ouvrir pour avoir un tout petit indice de l'endroit où il peut être. Lorsque je pose ma main sur le poignet de la porte et que celle-ci pousse, celle-ci ne s'ouvre pas. Je constate alors qu'elle est verrouillée. Mais depuis quand verrouille t-on les bureaux ici ? J'ai l'intention de retourner dans mon bureau pour chercher les clés, mais Amélie m'appelle.

- Nathie, dépêche toi dit-elle en me faisant un geste de la main.

- J'arrive dis-je en tournant la tête vers elle.

Je regarde une dernière fois la porte close du bureau avec un arrière goût amer dans la bouche, puis je décide de rejoindre mon amie. Nous descendons toutes les deux les escaliers et remettons l'adresse à Tom qui à son tour se dépêche de se rendre chez Blanchard pour voir quel est le problème.

Je regarde autour de moi, tous ces regards tournés sur Amélie et moi, je les entends chuchoter dans un coin.

- Ça va aller me dit mon amie en posant une main sur mon épaule. Tout ira bien.

- Non Amélie, rien n'ira bien, regarde les tous, ils parlent de nous, ils sont sans doute entrain de parler de notre manque de professionnalisme, il est presque vingt-trois heures, le buffet est bientôt vide et nous n'avons toujours pas ces fichus échantillons. Si t'écroules maintenant je fais comment moi ?

- J'ai besoin de toi sur ce coup plus que jamais. Je pose la main sur mon front sans rien rajouter, je vais finir par faire un infarctus. Je n'ai jamais eu autant peur de toute de ma vie. Si cette présentation ne fonctionne pas, nous perdons tout.

Notre investissement, nous devenons la risée de tous, ce serait un cauchemar, plus personne ne nous prendrait au sérieux. Pourquoi faut-il que ça nous arrive ? Pourquoi ? Je retourne me mettre au fond de la salle et je reprends encore un autre verre de champagne que je finis d'un trait comme je l'ai fait avec l'autre plutôt. Je déteste me sentir aussi vulnérable, je me suis tellement battue pour ne plus avoir à ressentir cette horrible sensation que ça me donne un arrière goût amer dans la bouche. Assise de l'autre côté de la salle, je la vois se vider petit à petit sous mes yeux.

Je suis assise impuissante, j'ai envie de les retenir, leur hurler dessus pour leur demander de revenir. Mais je sais intérieurement que ça ne va servir à rien. Vraiment à rien du tout. Notre soirée de présentation est tombée à l'eau, nous sommes totalement ruinées, humiliées, détruites.

La salle se vide petit à petit jusqu'à ce qu'il ne reste plus absolument personne. Amélie vient s'asseoir près de moi, elle a les larmes aux yeux. Moi je ne sais même pas comment réagir face à cette situation. J'ai tellement pleuré au cours de ma vie que les larmes ne veulent plus couler d'elles-mêmes.

- Qu'est-ce qui s'est passé Nathie ?

Je me contente de fixer un point devant moi sans pouvoir répondre.

- On avait tout bien préparé, tout était censé être parfait, alors qu'est-ce qui s'est passé ?

Sans lui répondre, je me lève d'un bond et je me dirige à l'étage.

- Nath ? Où est-ce que tu vas ?

Je ne lui réponds pas et je continue de marcher, j'entends ses chaussures claquer sur le parquet, signe qu'elle a commencé à me suivre. J'arrive dans mon bureau et j'ouvre le tiroir et je sors le trousseau de clés qui ouvre toutes les autres pièces, je sors ensuite pour me diriger dans le bureau de Blanchard, je tombe sur Amélia au couloir qui me regarde avec ses yeux inondés de larmes.

Mon Dieu, je déteste la voir dans cet état. Je déteste la savoir aussi triste.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Laisse-moi passer Amélie, s'il te plaît.

Au ton de ma voix, elle comprend tout de suite qu'elle n'a pas le choix, elle se pousse et me laisse passer, je marche tout droit devant la porte du bureau de Blanchard, ensuite j'insère la clé pour ouvrir la porte.

Lorsque j'ouvre la porte, je n'arrive pas à croire au spectacle que j'ai sous les yeux. Amélie entre ensuite derrière moi et j'entends un son etranglé sortir de sa bouche elle se rend compte de la même chose que moi, le bureau de Blanchard est totalement vide.

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