Pour 2000 euros, j'ai vendu cinq ans de ma vie et l'amour de Brandon Larson.
Ma grand-mère était mourante, l'opération coûtait une fortune, et mon oncle, qui avait volé mon héritage, refusait de m'aider.
Acculée, j'ai accepté l'argent du petit ami de ma cousine Darlene en échange d'un faux témoignage pour le couvrir après un accident.
Mais la scène a été photographiée : moi, sortant de la voiture du coupable, une liasse de billets à la main.
Brandon, l'homme que j'aimais plus que tout, m'a vue.
Il n'a pas cru mes balbutiements, aveuglé par ce qu'il pensait être ma vénalité.
Quand je lui ai dit : « C'est vrai, Brandon. J'ai besoin de beaucoup d'argent », il m'a regardée avec dégoût, comme une étrangère.
Cinq ans plus tard, devenue une parfumeuse renommée à Paris, je le retrouvais, mais il était au bras de Darlene, qui avait tout manigancé.
Il m'a accusée de me vendre, et Darlene a rajouté que j'avais abandonné ma grand-mère.
L'homme que j'avais aimé, pour qui j'avais tout sacrifié, me croyait capable du pire, et me traitait comme une traînée.
La douleur était insupportable, exacerbée par leur annonce de fiançailles.
Alors, j'ai décidé de partir, très loin, pour une nouvelle vie à Dubaï.
Mais mon oncle, craignant que je ne gâche leur faux bonheur, a tenté de m'acheter mon silence.
Et Brandon m'a de nouveau humiliée, me traitant de vendue.
Puis, Darlene, la vipère, m'a attirée dans un piège mortel.
Elle m'a enfermée dans une cave, sachant ma claustrophobie, et m'a tendu une manipulation sordide.
Quand j'ai essayé de révéler la vérité, Brandon a balayé mes accusations, me traitant de menteuse invétérée.
Sa famille, sa haine, la folie de Darlene : tout s'acharnait contre moi.
J'ai hurlé, mais personne n'a écouté, personne n'a vu.
Pourquoi ai-je été ainsi trahie et abandonnée par ceux que j'aimais ?
Comment pouvais-je survivre quand le monde entier semblait conspirer à ma perte ?
Alors, j'ai décidé que j'en avais assez, et que la vérité, enfin, devait éclater.
Pour 2000 euros, j'ai vendu cinq ans de ma vie et l'amour de Brandon Larson.
Ma grand-mère gisait sur le lit d'hôpital, son souffle faible, son visage pâle. Le médecin a dit que l'opération du cœur ne pouvait plus attendre. Le coût : 2000 euros. Une somme qui, pour nous, était astronomique.
Mon oncle, le frère de mon père, a ricané au téléphone. « Juliette, ta grand-mère n'est pas ma mère. Pourquoi devrais-je payer ? »
Pourtant, c'est lui qui avait volé l'héritage que mes parents m'avaient laissé.
Acculée, je n'ai eu d'autre choix que d'accepter l'argent du petit ami de ma cousine, Darlene. En échange, je devais témoigner en sa faveur, dire que c'était moi qui conduisais lors de l'accident qui avait failli tuer un homme.
J'ai signé les papiers, pris l'argent et couru à l'hôpital. J'ai payé l'opération. En sortant, j'ai vu Brandon.
Il se tenait là, sous la pluie fine de Marseille, son visage habituellement doux, tordu par la douleur et la colère. Il tenait dans sa main une photo. C'était moi, sortant de la voiture de luxe de l'homme pour qui j'avais menti, une liasse de billets à la main.
« Juliette. » Sa voix était rauque. « Dis-moi que ce n'est pas vrai. »
Je ne pouvais pas. Le petit ami de Darlene m'avait menacée. Si je parlais, il s'en prendrait à Brandon, un simple étudiant en architecture sans défense. Je ne pouvais pas risquer sa vie.
J'ai avalé mes larmes et j'ai dit les mots qui nous ont détruits. « C'est vrai, Brandon. J'ai besoin d'argent. Beaucoup d'argent. »
Son visage s'est décomposé. Il a lâché la photo, qui est tombée dans une flaque d'eau. Il m'a regardée comme si j'étais une étrangère, une chose sale.
« Je ne te connais plus. »
Il s'est retourné et est parti sans un regard en arrière. C'était la dernière fois que je le voyais à Marseille.
Cinq ans ont passé.
Cinq ans pendant lesquels j'ai quitté Marseille, étudié la chimie des parfums à Grasse, et gravi les échelons jusqu'à devenir la parfumeuse en chef et directrice du marketing international pour Maison de Rêves, une prestigieuse maison de parfum parisienne.
Brandon, lui, était devenu une star de l'architecture, le nom sur toutes les lèvres à Paris. Son entreprise, héritée de sa famille qu'il avait retrouvée, dominait le marché.
Un matin, un e-mail est arrivé. L'expéditeur : Brandon Larson. Le message était court et froid : « Juliette, je suis à Paris. Retrouvons-nous à l'Hôtel Impérial, suite 2101, ce soir à 20h. Nous devons parler. »
Mon cœur a bondi. L'espoir, ce vieil idiot, s'est réveillé. Peut-être qu'il avait compris. Peut-être qu'il voulait s'excuser.
Je me suis préparée avec un soin méticuleux. J'ai choisi une robe simple mais élégante, un maquillage discret, et une touche de « Souvenir de Marseille », le premier parfum que j'avais créé en pensant à lui.
À 20h précises, j'ai frappé à la porte de la suite 2101.
La porte s'est ouverte. Brandon se tenait là, immense, plus imposant qu'avant. Il portait un simple peignoir de bain en soie, les cheveux encore humides. Le luxe et le succès lui allaient bien, mais ses yeux étaient plus froids que jamais.
Il m'a regardée de haut en bas, un sourire méprisant aux lèvres.
« Cinq ans... » a-t-il commencé, sa voix chargée de sarcasme. « Paris te va bien. Ou devrais-je dire, les hommes riches de Paris te vont bien. Dis-moi, Juliette, combien factures-tu maintenant ? 2000 euros, c'était juste le début, n'est-ce pas ? »
Chaque mot était un coup. J'ai senti le sang quitter mon visage. La douleur était si vive, si familière.
« Brandon, je... »
« Ne prononce pas mon nom. »
Une voix douce et féminine a flotté depuis l'intérieur de la suite. « Brandon, chéri, qui est-ce ? »
Et puis, elle est apparue, se glissant dans ses bras, vêtue d'un peignoir assorti. Ma cousine, Darlene Lloyd. Son visage était un masque d'innocence et de surprise feinte.
« Oh, Juliette ! C'est toi ! Quelle coïncidence ! »
Mon monde s'est effondré. Brandon et Darlene. Ensemble.
Brandon a resserré son étreinte autour de Darlene, son regard fixé sur moi. « Ce n'est pas une coïncidence. Je l'ai invitée. Après tout, elle doit bien vouloir assister à notre fête de fiançailles demain soir, n'est-ce pas ? »
Fiançailles. Le mot a résonné dans le vide de ma poitrine.
« Tu te fiances... avec elle ? » ai-je réussi à articuler.
« Pourquoi pas ? » a continué Brandon, cruellement. « Darlene est pure. Elle ne se vendrait jamais. Contrairement à d'autres. »
J'ai essayé de me défendre, de lui expliquer pour ma grand-mère. « Brandon, les 2000 euros... c'était pour l'opération de grand-mère ! Elle allait mourir ! »
Darlene a immédiatement pris un air affligé. « Oh, Juliette... ne mens pas. Mon père t'a donné bien plus que ça, il t'a donné 50 000 euros pour que tu puisses t'installer et prendre soin de ta grand-mère. Brandon, elle a pris l'argent et a abandonné sa grand-mère, qui est morte seule quelques mois plus tard. »
Un mensonge. Un mensonge si monstrueux que j'en ai eu le souffle coupé. Ma grand-mère avait survécu grâce à l'opération et était morte paisiblement deux ans plus tard.
Le visage de Brandon s'est durci, le dégoût se lisant clairement dans ses yeux. « Dégage. Je ne veux plus jamais te voir. Ton existence même me répugne. »
Mon téléphone a vibré dans mon sac. C'était un message d'Alan Moore, mon patron et l'héritier de Maison de Rêves. « Juliette, le contrat avec le prince de Dubaï est signé. Prépare-toi, nous partons la semaine prochaine pour établir notre nouvelle filiale. C'est ta chance de conquérir le Moyen-Orient. »
Une porte de sortie. Une échappatoire.
J'ai relevé la tête, blessée mais pas brisée. J'ai regardé Brandon droit dans les yeux, un sourire amer aux lèvres.
« Ne t'inquiète pas, Brandon. Je pars. Très loin. Je ne viendrai pas à ta fête. Mais je vous souhaite tout le bonheur du monde. Vous le méritez bien. Tous les deux. »
Puis, je me suis retournée et je suis partie, sans regarder en arrière, laissant derrière moi les ruines de ce qui avait été notre amour.
Je suis sortie de l'hôtel, le dos droit, la tête haute. Ce n'est que dans le taxi que je me suis permis de m'effondrer, les larmes coulant en silence sur mes joues. Le chauffeur, un homme bienveillant, m'a tendu un mouchoir sans un mot.
À peine arrivée devant mon appartement, deux silhouettes massives en costume noir ont bloqué mon chemin.
« Mademoiselle Lloyd. Votre oncle souhaite vous voir. »
Je n'ai pas résisté. À quoi bon ? Je savais que ce moment viendrait. Ils m'ont conduite au manoir familial en banlieue parisienne, une prison dorée que je détestais.
Mon oncle, Philippe Lloyd, m'attendait dans son bureau opulent, un verre de whisky à la main. Ma tante était à ses côtés, son visage pincé par le mépris.
« Alors, la petite parfumeuse est de retour, » a-t-il commencé, sa voix suintant le sarcasme. « Tu as bien réussi, à ce qu'on dit. Mais tu n'es toujours qu'une Lloyd. Et tu ne m'appelles toujours pas 'oncle'. »
« Vous n'êtes pas mon oncle, » ai-je répondu froidement. « Vous êtes juste le frère de l'homme dont vous avez volé l'héritage. »
Il a soupiré, feignant la lassitude. « Juliette, Juliette... Toujours si agressive. Je voulais juste m'assurer que tu comprenais la situation. Darlene va épouser Brandon Larson. C'est une alliance importante pour notre famille. »
« Notre famille ? » J'ai ri amèrement. « Je ne fais pas partie de votre famille. Vous vous en êtes assurés il y a bien longtemps. »
Il a posé son verre, son expression changeant pour une fausse bienveillance. « Je sais que nous avons eu nos différends. J'ai peut-être été dur avec toi après la mort de ton père. J'avais mes propres enfants à élever... »
« Épargnez-moi vos faux remords, » l'ai-je coupé. « Allez droit au but. »
Il a souri, un sourire qui ne cachait pas sa cupidité. « Très bien. Je veux que tu quittes Paris. Définitivement. Ne reviens jamais. En échange de ta coopération, pour ne pas gâcher le mariage de Darlene, je suis prêt à te donner... disons, un million d'euros. »
Un million d'euros. Le prix de mon silence. Le prix pour que je disparaisse de leur vie. La douleur était une vieille amie, mais elle trouvait toujours de nouvelles façons de frapper.
J'ai souri, un sourire provocateur. « Un million ? C'est tout ? Pour quitter Paris et laisser ma chère cousine épouser l'homme qu'elle m'a volé ? Je vaux bien plus que ça. Disons... dix millions. »
Je savais qu'il refuserait. Je voulais juste voir son visage se tordre de colère.
Mais à ce moment précis, la porte du bureau s'est ouverte. Brandon et Darlene sont entrés. Brandon avait entendu ma dernière phrase.
Son visage était un masque de glace. « Dix millions. » Il a prononcé le chiffre avec un dégoût infini. « Tu ne changes jamais, Juliette. Toujours à vendre. Tu as vendu ton corps pour 2000 euros, et maintenant tu vends ton silence pour dix millions. Y a-t-il quelque chose que tu ne monnayes pas ? »
L'injustice m'a suffoqué. Je me suis tournée vers Darlene, qui se cachait derrière Brandon avec un air innocent.
« Et toi, » ai-je craché, « tu oses te montrer ? Tu oses m'inviter à ton mariage ? »
Darlene a fait un pas en avant, feignant la gentillesse. « Juliette, s'il te plaît... Je sais que tu es en colère, mais... »
« Ne m'appelle pas Juliette ! » ai-je crié, la repoussant violemment. « Tu n'es rien pour moi, sale vipère ! »
« ASSEZ ! »
La voix de mon oncle a tonné. Avant que je puisse réagir, il a attrapé le lourd cendrier en cristal sur son bureau et l'a projeté vers moi. L'objet m'a heurté au front. Une douleur fulgurante m'a traversé le crâne, et j'ai senti un liquide chaud couler sur mon visage.
« Espèce de garce ingrate ! » a-t-il hurlé, son visage rouge de fureur. « Comment oses-tu parler comme ça à ma fille ? Darlene est un ange ! Toi, tu n'es que la fille de ton bon à rien de père ! »
Je suis restée debout, chancelante, le sang coulant dans mes yeux. J'ai regardé Brandon. Il n'a pas bougé. Pas un muscle de son visage n'a tressailli. Il a simplement regardé, comme si je n'étais qu'un spectacle dérangeant.
J'ai ri, un rire brisé et sanglant. « Vous avez volé ma maison. Vous avez volé mon héritage. Darlene a volé mon amour. Et maintenant, vous essayez de me tuer. Vous êtes une belle famille. »
Je me suis retournée et j'ai quitté le bureau, laissant une traînée de sang sur le tapis persan.
Je me suis dirigée vers la sortie, mais Darlene m'a suivie près de la piscine extérieure.
« Juliette, attends ! » a-t-elle crié.
Je me suis arrêtée. Elle s'est approchée, son visage tordu par une haine triomphante.
« Tu sais, » a-t-elle murmuré, « Brandon ne t'a jamais vraiment aimée. Il était juste fasciné par ton côté "pauvre fille courageuse". Mais au fond, il a toujours su que tu ne valais rien. C'est pour ça qu'il m'a crue si facilement. »
Puis, elle a fait quelque chose d'impensable. Elle m'a attrapée par le bras et s'est jetée dans la piscine, m'entraînant avec elle.
« AU SECOURS ! BRANDON ! ELLE ESSAIE DE ME NOYER ! »
L'eau glacée m'a enveloppée. Ma tête a heurté le fond. Quand j'ai refait surface, haletante, j'ai vu Brandon courir vers nous. Sans une seconde d'hésitation, il a plongé et a nagé directement vers Darlene, qui se débattait et criait.
Il l'a sortie de l'eau, l'enveloppant dans ses bras. Il ne m'a même pas jeté un regard.
Pendant ce temps, ma jambe s'est prise dans le câble du robot nettoyeur de la piscine. Il m'a tirée vers le fond. L'eau a envahi mes poumons. Le monde est devenu noir.