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Mon Bourreau, Mon Amour Perdu

Mon Bourreau, Mon Amour Perdu

Auteur:: Mare
Genre: Moderne
Antoine Moreau, architecte renommé, menait une vie brillante en apparence, mais son mariage avec Amélie n'était plus qu'une façade, hanté par sa froideur et la présence d'une maîtresse. Il était obnubilé par sa carrière et ses nouvelles conquêtes. Puis, la nouvelle est tombée, abrupte et déniée : Amélie, sa femme, était morte. Morte. Juste un mot, incroyable, impossible. D'abord, un cri de Sophie, l'amie fidèle d'Amélie, accusant Antoine de sa cruauté et de son indifférence. Ensuite, la vision glaçante du corps d'Amélie à la morgue, enfin libérée de la maladie et du poids de leur mariage. Mais le choc ultime fut la découverte de son journal intime. Page après page, Amélie y avait consigné la lente descente aux enfers de leur amour, chaque mot une blessure, un fardeau de sa propre négligence, ainsi que les tortures silencieuses que lui infligeait sa jeune assistante, Chloé. Comment avait-il pu être si aveugle ? Si cruel ? La douleur d'Amélie, sa solitude face à la mort, son ultime regret d'avoir rencontré Antoine, résonnaient désormais en lui comme un châtiment. Son cœur, longtemps de glace, se brisait enfin, mais il était trop tard. Submergé par une culpabilité insoutenable, Antoine se lança dans une vengeance froide contre Chloé, cherchant une justice qu'il n'avait jamais offerte à Amélie. Ce fut le début de sa propre chute, une spirale d'autodestruction dont il ne réchapperait pas.

Introduction

Antoine Moreau, architecte renommé, menait une vie brillante en apparence, mais son mariage avec Amélie n'était plus qu'une façade, hanté par sa froideur et la présence d'une maîtresse. Il était obnubilé par sa carrière et ses nouvelles conquêtes.

Puis, la nouvelle est tombée, abrupte et déniée : Amélie, sa femme, était morte. Morte. Juste un mot, incroyable, impossible.

D'abord, un cri de Sophie, l'amie fidèle d'Amélie, accusant Antoine de sa cruauté et de son indifférence. Ensuite, la vision glaçante du corps d'Amélie à la morgue, enfin libérée de la maladie et du poids de leur mariage. Mais le choc ultime fut la découverte de son journal intime. Page après page, Amélie y avait consigné la lente descente aux enfers de leur amour, chaque mot une blessure, un fardeau de sa propre négligence, ainsi que les tortures silencieuses que lui infligeait sa jeune assistante, Chloé.

Comment avait-il pu être si aveugle ? Si cruel ? La douleur d'Amélie, sa solitude face à la mort, son ultime regret d'avoir rencontré Antoine, résonnaient désormais en lui comme un châtiment. Son cœur, longtemps de glace, se brisait enfin, mais il était trop tard.

Submergé par une culpabilité insoutenable, Antoine se lança dans une vengeance froide contre Chloé, cherchant une justice qu'il n'avait jamais offerte à Amélie. Ce fut le début de sa propre chute, une spirale d'autodestruction dont il ne réchapperait pas.

Chapitre 1

Le médecin a baissé les yeux sur ses papiers, puis m'a regardée.

« Madame Dubois, les résultats ne sont pas bons. »

Sa voix était neutre, professionnelle.

J'ai senti un froid dans ma poitrine.

« C'est un cancer du pancréas, à un stade avancé. Phase terminale. »

Phase terminale. Les mots flottaient dans le bureau silencieux.

Il a continué : « Il vous reste... probablement moins d'un mois. »

Un mois. Mon souffle s'est bloqué.

« Il existe des traitements palliatifs, pour la douleur. La chimiothérapie pourrait vous donner quelques semaines de plus, peut-être. Mais ce serait très lourd. »

J'ai secoué la tête. Non. Pas de souffrance inutile.

« Je ne veux pas de traitement agressif. Juste de quoi ne pas trop souffrir. »

Le médecin a hoché la tête.

« C'est votre droit. Il faudra l'accord de votre mari pour certaines dispositions. »

Antoine. Mon mari. L'accord d'Antoine. Une grimace amère a dû traverser mon visage.

Je suis sortie du cabinet médical. Le soleil de Paris brillait, indifférent.

Mon appartement haussmannien, autrefois un cocon, me paraissait immense, vide. Chaque objet de luxe, chaque meuble design criait une richesse qui ne pouvait rien contre la mort.

Moins d'un mois. C'était donc ça. Pas une simple fatigue, pas un petit souci de santé. La fin.

J'avais imaginé une grippe, un surmenage. La vérité était brutale, sans appel.

Je me suis assise sur le grand canapé en velours, celui qu'Antoine avait choisi. Il était froid, impersonnel. Comme notre vie.

Mes doigts ont trouvé une vieille photo, glissée dans un livre sur la table basse. Antoine et moi, il y a quinze ans.

Nous étions jeunes, serrés l'un contre l'autre dans notre minuscule "chambre de bonne" sous les toits du Marais. Nos sourires étaient immenses, pleins d'espoir.

Il était étudiant en architecture, moi je commençais à peine à vendre mes premières toiles.

On n'avait rien, mais on avait tout. Son bras autour de ma taille, son regard plein d'amour.

J'avais cru en nous, en lui. J'avais mis ma carrière de peintre entre parenthèses pour le soutenir, pour qu'il devienne le grand architecte qu'il était aujourd'hui.

Mes toiles prenaient la poussière dans un coin du grenier.

Ce souvenir heureux rendait le présent encore plus insupportable.

Antoine, l'architecte prospère. Antoine, distant, froid. Antoine, avec Chloé.

Sa jeune et ambitieuse collègue.

Je savais pour eux. Pour la villa qu'il lui avait achetée près de Deauville, avec l'argent que nous avions gagné ensemble.

Notre amour, nos rêves, piétinés.

Chloé était tout ce que je n'étais plus : jeune, pleine de vie, sans scrupules.

Elle voulait ma place, et Antoine semblait prêt à la lui donner.

Il y a quelques semaines, c'était notre anniversaire de mariage. Quinze ans.

J'avais préparé un dîner, espérant un miracle, un retour de l'homme que j'avais aimé.

Il n'est pas venu. Il était avec elle.

Quand il est rentré, tard dans la nuit, l'odeur du parfum de Chloé sur ses vêtements, nous nous sommes disputés.

« Tu aurais pu au moins appeler, Antoine. »

« J'avais une réunion importante. »

Un mensonge. Encore un.

« Une réunion ? Ou tu étais occupé à essayer de faire cet enfant que tu désires tant ? Avec elle ? »

Sa mâchoire s'était crispée.

« Ne commence pas, Amélie. Tu sais que je veux un enfant. Tu n'as jamais voulu, ou pu. »

Ses mots étaient cruels. Il savait que nous avions essayé, sans succès.

J'ai retrouvé l'ordonnance du médecin sur la commode de l'entrée, là où je l'avais laissée tomber en rentrant. Le diagnostic écrit noir sur blanc.

Cancer du pancréas. Phase terminale.

Devais-je le lui dire ? Lui montrer ce papier ?

À quoi bon ? Il s'en ficherait. Ou pire, il y verrait une manipulation de ma part.

Une tentative désespérée pour le retenir.

Il était devenu si étranger, si dur.

La porte d'entrée a claqué. Antoine.

Il est entré dans le salon, son costume impeccable, son air affairé. Il n'a même pas regardé dans ma direction.

Il sentait le parfum de Chloé. Un parfum cher, entêtant. Le même qu'elle portait l'autre jour, quand je l'avais croisée au bureau d'Antoine.

« Tu es là ? » a-t-il lancé, surpris, comme si ma présence était une anomalie.

« Où veux-tu que je sois ? » ai-je répondu, ma voix faible.

Il m'a enfin regardée. Son regard était froid, impatient.

« Tu as une mine affreuse. Encore malade ? Tu te plains toujours. »

Pas un mot de compassion. Juste une accusation.

J'ai voulu me lever, prendre un verre d'eau. Mes jambes étaient faibles. J'ai trébuché, renversant un petit vase sur une console. Il s'est brisé au sol.

Antoine a soupiré bruyamment.

« Incroyable. Tu ne peux rien faire sans tout casser ? Tu deviens maladroite. »

Autrefois, il se serait précipité, inquiet. Il m'aurait prise dans ses bras, m'aurait demandé si j'allais bien.

Cette époque était révolue.

« Je suis fatiguée, Antoine. »

« On l'est tous, fatigués, Amélie. »

Il a sorti son téléphone, a commencé à taper un message. Probablement à Chloé.

« Écoute, Antoine, » ai-je commencé, la voix tremblante. « Je sais pour toi et Chloé. Pour la villa à Deauville. »

Il n'a pas levé les yeux.

« Et alors ? Tu vas me faire une scène ? »

Son téléphone a vibré. Un appel. Il a décroché.

« Oui, ma chérie ? ... Non, je suis juste rentré prendre des dossiers... Oui, j'arrive tout de suite... Moi aussi. »

Sa voix était douce, pleine de tendresse. Une tendresse qu'il ne me réservait plus depuis des années.

Il a raccroché, m'a regardée avec agacement.

« Quoi encore ? »

Les larmes me montaient aux yeux, mais je les ai ravalées. J'étais trop lasse pour pleurer, trop lasse pour me battre.

« Antoine, je veux divorcer. »

Les mots sont sortis, calmes, définitifs.

Il a éclaté de rire. Un rire méprisant.

« Divorcer ? Toi ? Et pourquoi donc ? Parce que je ne passe pas assez de temps à écouter tes jérémiades ? »

Il s'est approché, son visage dur.

« Tu es folle. Tu cherches juste à attirer l'attention. Tu as toujours été comme ça, une manipulatrice. »

Il a attrapé sa mallette.

« J'ai des choses plus importantes à faire que de discuter de tes lubies. »

Il s'est dirigé vers la porte. Sur le seuil, il s'est retourné.

« Tu sais, Amélie, si mourir peut te calmer, alors meurs donc. Ça nous ferait des vacances. »

La porte a claqué.

Je suis restée seule, au milieu des débris du vase. Une douleur aiguë m'a transpercé le ventre. C'était le début. La maladie, la douleur, la fin. Et la cruauté d'Antoine, comme un dernier coup.

Chapitre 2

Le lendemain, j'ai commencé à vider ma vie.

J'ai apporté mes sacs de luxe, mes bijoux, tout ce qu'Antoine m'avait offert au fil des ans, dans un dépôt-vente chic du 8ème arrondissement.

La gérante, une femme élégante, a examiné les objets.

« Votre mari est bien généreux, madame Dubois. Ce sont des pièces magnifiques. »

J'ai souri faiblement. Généreux. Si elle savait.

L'argent de la vente irait à Sophie, ma meilleure amie. Pour mes obsèques. Une pensée absurde.

Quelques jours plus tard, en sortant d'un café, j'ai vu Chloé.

Elle riait aux éclats avec une amie, sur une terrasse ensoleillée.

Elle portait mon sac Hermès, celui que j'avais déposé la semaine précédente. Et à son poignet, le bracelet Cartier qu'Antoine m'avait offert pour nos dix ans de mariage.

Elle paradait avec mes souvenirs, avec les symboles de mon amour trahi.

Elle avait pris ma place, et maintenant, elle prenait mes affaires.

J'ai senti la nausée monter. J'ai tourné les talons, le cœur lourd.

J'ai appelé Sophie.

« Retrouve-moi cet après-midi. J'ai quelque chose à te montrer. »

Je lui ai donné l'adresse. Le cimetière du Père Lachaise.

Elle est arrivée, perplexe.

« Amélie ? Qu'est-ce qu'on fait ici ? Ce n'est pas drôle. »

Son regard était inquiet.

J'ai marché vers le bureau des concessions.

« Je viens choisir ma place, Sophie. »

Elle m'a regardée, les yeux écarquillés.

« Mais enfin, Amélie, pourquoi ? Tu es jeune, tu... »

J'ai choisi une petite concession, sous un vieil arbre. Paisible.

« Je n'ai plus de famille, Sophie. Juste toi. Et Antoine... eh bien, Antoine ne s'en souciera pas. »

Une ironie amère. Dépenser l'argent de la vente de ses cadeaux pour payer ma propre tombe.

J'ai signé les papiers, payé. C'était fait.

Sophie était pâle.

« Explique-moi, Amélie. S'il te plaît. »

Nous nous sommes assises sur un banc, à l'ombre.

J'ai sorti le diagnostic de mon sac. Je le lui ai tendu.

Elle a lu, lentement. Son visage s'est décomposé.

« Oh, Amélie... non... »

Des larmes ont coulé sur ses joues. Elle m'a prise dans ses bras, fort.

« Cancer du pancréas. Phase terminale. Moins d'un mois. »

Les mots étaient plus faciles à dire à Sophie. Elle comprenait. Elle partageait ma peine.

Contrairement à Antoine.

Soudain, une douleur violente m'a pliée en deux. J'ai gémi, agrippant mon ventre.

Sophie a paniqué.

« Amélie ! Qu'est-ce qui se passe ? Il faut appeler un médecin ! »

Elle a sorti son téléphone, cherchant un numéro.

« Non... c'est... c'est la maladie... ça arrive... »

Mais la douleur était insupportable. Sophie a composé le numéro d'Antoine.

« Antoine ? C'est Sophie. Amélie ne va pas bien du tout. Elle souffre horriblement. Viens vite, je t'en prie ! On est au Père Lachaise ! »

Sa voix était pleine de colère et d'urgence.

Elle a raccroché. « Il arrive. Ce salaud. »

Antoine est arrivé une demi-heure plus tard. Il avait l'air contrarié.

« Qu'est-ce qui se passe encore ? J'étais en pleine réunion ! »

Il m'a vue, recroquevillée sur le banc, le visage en sueur.

Mon apparence a dû le choquer un peu, car son irritation a légèrement faibli.

« Tu es malade ? Qu'est-ce que tu as ? »

Aucune once d'inquiétude réelle. Juste de l'agacement.

J'étais trop faible pour répondre.

Une voiture s'est arrêtée derrière celle d'Antoine. Chloé en est sortie.

Elle portait une robe légère, un sourire innocent sur les lèvres.

« Antoine, mon chéri, tu as oublié tes clés. Oh, bonjour Amélie, Sophie. »

Elle feignait la surprise, la préoccupation.

« Amélie, tu n'as pas l'air bien. Que se passe-t-il ? Antoine, tu devrais l'emmener à l'hôpital. »

Sa voix était douce, mielleuse. Une manipulatrice parfaite.

Sophie la foudroyait du regard.

J'ai rassemblé mes forces.

« Arrête ton cinéma, Chloé. Et toi, Antoine... »

J'ai regardé mon mari.

« Vous êtes parfaits ensemble. Deux hypocrites. »

La colère a déformé le visage d'Antoine.

« Amélie, ça suffit ! Tu es hystérique ! »

Chloé s'est approchée de moi, un air faussement compatissant.

« Pauvre Amélie. Tu sais, l'autre soir, quand tu étais sortie, Antoine et moi avons passé un si bon moment dans votre grand lit. Il est très confortable. »

Elle a ajouté, avec un petit rire : « J'ai même essayé tes parfums dans la salle de bain. Celui à la rose te va si bien, mais il est un peu démodé, non ? »

Mon sang n'a fait qu'un tour. Ma maison. Mon lit. Mes affaires. Profanés.

J'ai senti une rage monter, une force insoupçonnée.

J'ai levé la main, j'ai voulu la gifler.

Antoine s'est interposé, attrapant mon poignet avec brutalité.

« Ne la touche pas ! »

Il a repoussé ma main violemment. Puis il a attiré Chloé contre lui, la protégeant.

« Ça va, ma chérie ? Elle ne t'a pas fait mal ? »

Son regard protecteur pour elle. Pour moi, rien que du mépris.

C'était la fin de tout.

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