Dans ma vie antérieure, mon amour d'enfance, Jean-Christophe de Valois, a orchestré ma mort cruelle.
C'était un jour de neige abondante, et je venais de perdre notre enfant.
Le sang de notre bébé coulait le long de mes jambes, écarlate sur le blanc immaculé.
Il m'a traînée hors de la maternité, jusqu'à la tombe de Chloé Martin, son amour de jeunesse, et m'a forcée à m'agenouiller.
"Amélie, excuse-toi. C'est toi qui as pris sa place," a-t-il dit d'une voix glaciale.
Connaissant mon hémophilie, il a pourtant sorti un couteau, lacérant mes bras, mes jambes, mon visage, regardant le sang couler avec un sourire sadique.
Il m'a forcée à assister à la profanation des tombes de mes propres parents.
Chaque humiliation était une torture, chaque blessure une affirmation de son pouvoir sadique.
Je suis morte dans une douleur et une haine insupportables, brisée par sa trahison ultime.
Comment cet homme, le centre de mon univers, avait-il pu se transformer en tel monstre ?
L'injustice de cette fin absurde me rongeait, mon âme hurlant de rage contre mon destin.
Sa cruauté aveugle m'avait tout pris, et ma seule consolation était le désir ardent de le voir souffrir.
Pourtant, je me suis réveillée.
Trois ans en arrière, dans le salon d'une clinique privée à Neuilly-sur-Seine, mon cœur battant d'une détermination nouvelle.
Cette fois, le rôle de la victime était terminé.
Jean-Christophe et Chloé allaient payer.
Mon plan de vengeance, minutieusement élaboré, était déjà en marche.
Dans ma vie antérieure, je suis morte un jour de neige abondante.
Jean-Christophe de Valois, l'homme que j'aimais depuis l'enfance, m'a traînée hors de la maternité.
Il m'a forcée à m'agenouiller devant la tombe de Chloé Martin, son amour de jeunesse.
"Amélie, excuse-toi. C'est toi qui as pris sa place."
Sa voix était froide, sans aucune émotion.
Je venais de perdre notre enfant. Le sang coulait encore le long de mes jambes, tachant la neige blanche d'un rouge choquant.
Il savait que j'étais hémophile.
Pourtant, il a sorti un couteau. Il a fait des entailles sur mes bras, mes jambes, mon visage.
Il regardait le sang couler, un sourire cruel sur les lèvres.
"Tu vois, Amélie ? C'est le prix à payer."
Il a même fait exhumer les corps de mes parents, juste pour les profaner devant moi.
Je suis morte dans une douleur et une haine insupportables.
Mais je me suis réveillée.
Je suis revenue trois ans en arrière, dans le salon de la clinique privée de Neuilly-sur-Seine.
Aujourd'hui, c'est la visite médicale obligatoire pour toutes les "compagnes" de Jean-Christophe.
Je suis assise sur un canapé en cuir, le cœur battant à tout rompre. Dans cette nouvelle vie, je ne ferai pas les mêmes erreurs.
Chloé est assise en face de moi, l'air fragile et innocent, comme toujours. Elle me sourit doucement.
"Amélie, tu n'as pas l'air bien. Tu es malade ?"
Je secoue la tête, un sourire forcé sur les lèvres.
"Juste un peu fatiguée."
L'infirmière nous appelle. Nous devons toutes fournir un échantillon d'urine.
C'est mon moment.
Dans les toilettes, mes mains tremblent, mais ma détermination est inébranlable. Je suis enceinte, réellement enceinte. Mais cet enfant ne doit pas être connu comme le mien. Pas maintenant.
J'ai préparé un petit flacon contenant l'urine de Chloé, que j'ai réussi à obtenir plus tôt. Rapidement, j'échange les étiquettes. Mon échantillon, celui qui prouve ma grossesse, porte désormais son nom.
Je remets le flacon à l'infirmière, le visage impassible.
Le piège est en place.
Nous retournons dans le salon d'attente. L'air est lourd de compétition silencieuse.
Jean-Christophe est là, assis dans un fauteuil, l'air impatient. Son regard passe sur nous toutes, froid et distant, puis s'attarde sur Chloé avec une lueur de tendresse. Il ne me regarde même pas. Pour lui, je ne suis qu'un meuble, une obligation.
Le médecin entre enfin, un dossier à la main. Il a un air sérieux.
Il regarde l'assemblée, puis ses yeux se posent sur Chloé.
"Félicitations, Mademoiselle Martin. Vous êtes enceinte."
Le silence est total. Puis, les murmures commencent. Les autres femmes me lancent des regards moqueurs, pleins de pitié. La rivale pathétique a perdu.
Chloé porte une main à sa bouche, ses yeux s'écarquillant de surprise feinte.
"Oh mon Dieu... Je... je ne peux pas le croire."
Jean-Christophe se lève d'un bond. Son visage, d'habitude si dur, s'illumine d'une joie pure et intense. Il se précipite vers Chloé, la prend dans ses bras et la fait tourner.
"Un enfant... Chloé, nous allons avoir un enfant !"
Il l'embrasse passionnément, sous le regard de tous. Mon cœur se serre, mais je ne laisse rien paraître. C'est exactement ce que je voulais.
Plus tard dans la soirée, lors d'un dîner, il fait une annonce.
"Mes amis, j'ai une nouvelle merveilleuse. Chloé et moi allons nous marier."
Les applaudissements éclatent. Je reste assise, mon verre de vin à la main, applaudissant avec les autres.
Son regard croise enfin le mien. Il y a du mépris, et un triomphe cruel.
Il s'approche de moi.
"Amélie. Puisque tu es si douée pour les choses inutiles, tu organiseras la fête de fiançailles. Au Ritz. Je veux que tout soit parfait pour Chloé."
C'est une humiliation publique. Il me force à célébrer la femme qui a pris ma place, avec l'enfant qui est le mien.
J'acquiesce doucement.
"Bien sûr, Jean-Christophe."
Personne ne voit la conversation que j'ai plus tard, au téléphone, dans le jardin.
"Hélène ? C'est Amélie."
La voix de la grand-mère de Jean-Christophe est chaude et réconfortante.
"Ma chérie. J'ai appris la nouvelle. Ne t'inquiète pas. Je sais ce qu'il se passe. Je suis avec toi."
Hélène de Valois, la meilleure amie de ma grand-mère, a toujours su la vraie nature de Chloé. Elle est ma seule alliée dans cette famille.
"Je prépare ma fuite, Hélène. J'ai besoin de votre aide."
"Tu auras tout ce dont tu as besoin. Luc t'attend en Suisse. Il est temps que tu sois heureuse, ma petite."
Je raccroche, une lueur d'espoir dans mon cœur. Bientôt, tout cela sera fini.