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Mon Amour Interdit

Mon Amour Interdit

Auteur:: Princess
Genre: Romance
La pluie fine battait contre les vitres de notre immense maison, un rappel constant de ces cinq dernières années passées dans un mariage de façade avec Antoine Lefevre. Nous partagions un lit, un nom, mais nos esprits restaient étrangers, nos corps se connaissant par devoir, sans âme. Ce soir-là, il a prononcé les mots qui scellaient notre rituel mensuel : « Camille, c'est le dernier jour du mois. » Le baiser était mécanique, l'acte sans passion ; je fermais les yeux en pensant à Romain, mon amour interdit. Le lendemain, l'enveloppe sur sa table de chevet confirmait la fin : « ACCORD DE DIVORCE ». Ma liberté contractuelle était à portée de main, mais mon cœur n'a pas bondi. Pourtant, c'était ma chance de fuir le purgatoire de cette union, dictée par nos familles pour dissimuler mon amour pour Romain, mon frère adoptif. Mon téléphone a sonné : « Camille ! Je fais des cauchemars horribles, je ne peux plus rester seul. Je... je peux venir chez toi ? » C' était Romain, et le chaos annonçait son arrivée. Antoine est rentré plus tôt, les papiers du divorce à la main, son sourire libéré par l'appel de « Sophie », sa remplaçante, la copie conforme de sa défunte Léa. Romain, bras chargés de toiles, a emménagé, son regard plein de défi : « Un problème, Lefevre ? Tu n'es plus son mari. Tu n'as plus rien à dire. » J'observais, silencieuse, sa possessivité grandir. Une nuit, j'ai entendu Romain murmurer à Camille : « Il te touchait, Camille ! Le corps de ma sœur ! » et elle a promis : « Je te le promets. » Quand Antoine a découvert le billet d' avion, sa fureur sans bornes. « Je crois que tu m'as menti. Tu savais que je partais. Tu as fouillé mes affaires. » Il m'a forcée à un dernier devoir, sans douceur, sans distance, et j'ai senti pour la première fois que je réagissais à lui. Le matin, il m'a ignorée, mais Romain l'a provoqué : « Camille n'est pas encore descendue ? Tu l'as épuisée, on dirait. » Puis j'ai vomi. Romain a hurlé : « Tu es enceinte ! C'est ça ? Il t'a mise enceinte ! » Sa rage l'a aveuglé, il s'est jeté sur Antoine. Je suppliais : « Romain, arrête ! » Il l'a frappé sans pitié. À l'hôpital, Antoine apprend la vérité : j'ai subi une ligature des trompes il y a six ans, juste après la mort de Léa. Il m'a ordonné, la voix glaciale : « Tu vas arranger ça. Tu vas te faire opérer à nouveau. » Mais une semaine après, Romain est mort dans une explosion, et j'apprenais par un journal que je vivais avec un monstre. Choquée, je me suis précipitée à Nice pour Sophie, la « remplaçante », mais je me suis retrouvée devant le double parfait de Léa. J'ai vacillé. Puis j'ai su. J'ai dû affronter la vérité de mon propre cœur, réalisant que je m'étais perdue dans ce labyrinthe de liens toxiques. Serai-je enfin libre d'aimer, et d'être aimée, ou mon destin est-il de naviguer éternellement entre fantômes et mensonges ?

Introduction

La pluie fine battait contre les vitres de notre immense maison, un rappel constant de ces cinq dernières années passées dans un mariage de façade avec Antoine Lefevre.

Nous partagions un lit, un nom, mais nos esprits restaient étrangers, nos corps se connaissant par devoir, sans âme.

Ce soir-là, il a prononcé les mots qui scellaient notre rituel mensuel : « Camille, c'est le dernier jour du mois. »

Le baiser était mécanique, l'acte sans passion ; je fermais les yeux en pensant à Romain, mon amour interdit.

Le lendemain, l'enveloppe sur sa table de chevet confirmait la fin : « ACCORD DE DIVORCE ».

Ma liberté contractuelle était à portée de main, mais mon cœur n'a pas bondi.

Pourtant, c'était ma chance de fuir le purgatoire de cette union, dictée par nos familles pour dissimuler mon amour pour Romain, mon frère adoptif.

Mon téléphone a sonné : « Camille ! Je fais des cauchemars horribles, je ne peux plus rester seul. Je... je peux venir chez toi ? » C' était Romain, et le chaos annonçait son arrivée.

Antoine est rentré plus tôt, les papiers du divorce à la main, son sourire libéré par l'appel de « Sophie », sa remplaçante, la copie conforme de sa défunte Léa.

Romain, bras chargés de toiles, a emménagé, son regard plein de défi : « Un problème, Lefevre ? Tu n'es plus son mari. Tu n'as plus rien à dire. »

J'observais, silencieuse, sa possessivité grandir.

Une nuit, j'ai entendu Romain murmurer à Camille : « Il te touchait, Camille ! Le corps de ma sœur ! » et elle a promis : « Je te le promets. »

Quand Antoine a découvert le billet d' avion, sa fureur sans bornes.

« Je crois que tu m'as menti. Tu savais que je partais. Tu as fouillé mes affaires. »

Il m'a forcée à un dernier devoir, sans douceur, sans distance, et j'ai senti pour la première fois que je réagissais à lui.

Le matin, il m'a ignorée, mais Romain l'a provoqué : « Camille n'est pas encore descendue ? Tu l'as épuisée, on dirait. »

Puis j'ai vomi.

Romain a hurlé : « Tu es enceinte ! C'est ça ? Il t'a mise enceinte ! »

Sa rage l'a aveuglé, il s'est jeté sur Antoine.

Je suppliais : « Romain, arrête ! » Il l'a frappé sans pitié.

À l'hôpital, Antoine apprend la vérité : j'ai subi une ligature des trompes il y a six ans, juste après la mort de Léa.

Il m'a ordonné, la voix glaciale : « Tu vas arranger ça. Tu vas te faire opérer à nouveau. »

Mais une semaine après, Romain est mort dans une explosion, et j'apprenais par un journal que je vivais avec un monstre.

Choquée, je me suis précipitée à Nice pour Sophie, la « remplaçante », mais je me suis retrouvée devant le double parfait de Léa.

J'ai vacillé.

Puis j'ai su.

J'ai dû affronter la vérité de mon propre cœur, réalisant que je m'étais perdue dans ce labyrinthe de liens toxiques.

Serai-je enfin libre d'aimer, et d'être aimée, ou mon destin est-il de naviguer éternellement entre fantômes et mensonges ?

Chapitre 1

La pluie fine de fin de soirée tombait sur les vitres, chaque goutte traçant un chemin sinueux et éphémère, un peu comme les cinq dernières années de ma vie. À l'intérieur, l'air de la grande maison était lourd, saturé d'un silence que même les conversations polies ne parvenaient pas à dissiper. C'était toujours comme ça entre Antoine Lefevre et moi.

Nous partagions un lit, un nom de famille, une vie en apparence, mais nous restions deux étrangers. Nos corps se connaissaient par devoir, nos esprits s'ignoraient par choix.

Ce soir-là, nous étions assis à chaque extrémité du long canapé en cuir, une distance de sécurité entre nous. Il lisait un rapport financier, son visage concentré sous la lumière tamisée de la lampe. C'était un bel homme, Antoine, avec des traits fins et une élégance naturelle que même son costume strict ne pouvait masquer. Mais ses yeux étaient toujours voilés d'une tristesse lointaine, une ombre qui ne le quittait jamais.

« Camille, » sa voix était calme, posée, comme toujours.

Je n'ai pas levé les yeux de mon carnet de croquis. « Oui ? »

« C'est le dernier jour du mois. »

Je savais ce que cela signifiait. C'était notre rituel, notre obligation contractuelle. Une fois par mois, nous devions maintenir l'illusion d'un vrai mariage. J'ai senti une vague de lassitude m'envahir, un poids sur mes épaules.

J'ai posé mon crayon. « Je sais. »

Il a fermé son dossier, le bruit sec résonnant dans le silence. Il s'est levé et s'est approché de moi. Je n'ai pas bougé. Il s'est penché, ses mains se posant de chaque côté de moi sur le canapé. Son ombre me recouvrait.

« Je n'en ai pas envie ce soir, Antoine, » ai-je dit, ma voix plus basse que je ne l'aurais voulu.

Il a marqué une pause, son regard scrutant mon visage. Il n'y avait ni colère ni frustration dans ses yeux, juste cette même distance polie. « C'est dans le contrat, Camille. Nous devons maintenir les apparences jusqu'au bout. »

« Le bout, c'est bientôt, » ai-je murmuré.

Il a hoché la tête, un mouvement à peine perceptible. « Oui. Mais pas encore. »

Il n'a pas insisté davantage. Il s'est simplement penché un peu plus et a posé ses lèvres sur les miennes. Le baiser était technique, sans passion, un simple contact de peaux. J'ai fermé les yeux et j'ai attendu que ça se termine. Il s'est retiré, a pris ma main et m'a conduite vers la chambre à l'étage.

Je l'ai suivi, mon corps se déplaçant comme un automate. Dans la chambre, la routine a continué. Des vêtements qui tombent, des corps qui se rapprochent dans l'obscurité, des mouvements accomplis sans âme. J'ai fixé le plafond, mon esprit s'échappant loin d'ici, pensant à un autre homme, à un autre visage. Romain.

Après, comme toujours, il y a eu ce sentiment de vide, de malaise. Antoine s'est levé presque immédiatement, le bruit de la douche a rapidement rempli la salle de bain attenante. Il se lavait toujours après, comme pour effacer les traces d'un devoir accompli. Je suis restée allongée, la couverture tirée jusqu'à mon menton, sentant le froid de la solitude m'envahir plus que celui de la pièce.

Le lendemain matin, je me suis réveillée seule. Il était déjà parti au travail. Sur sa table de chevet, un dossier était posé en évidence. Ce n'était pas un rapport financier. C'était un dossier en papier cartonné, avec le nom d'un cabinet d'avocats que je connaissais bien. Sur l'étiquette, deux mots étaient écrits en lettres capitales : ACCORD DE DIVORCE.

Mon cœur n'a pas bondi. Il n'y a pas eu de choc, pas de douleur. Juste une confirmation. C'était donc la fin. L'accord de cinq ans était terminé.

Notre mariage n'avait jamais été une question d'amour. C'était une transaction, un arrangement commercial entre deux familles puissantes pour consolider leurs empires et nous offrir, à nous les héritiers, une façade respectable pour échapper à la pression sociale. Lui, pour pouvoir continuer à pleurer en paix sa fiancée, Léa Martin, décédée tragiquement cinq ans plus tôt, juste avant leur mariage. Moi, pour dissimuler mon amour interdit pour mon frère adoptif, Romain Dubois.

Romain. Un artiste passionné, bohème, l'exact opposé du monde rigide dans lequel j'évoluais. Mon amour pour lui était un secret que je gardais enfoui, un feu qui brûlait sous une couche de glace.

Le téléphone a sonné, me tirant de mes pensées. C'était Antoine. Sa voix était pressée.

« Camille, je suis désolé, je ne pourrai pas rentrer pour le dîner. Nous devons parler de... ça. » Il a marqué une pause. « Des papiers. »

« Je les ai vus, » ai-je répondu d'une voix neutre.

« Bien. Nous devons finaliser ça rapidement. J'ai des projets. »

Avant que je puisse répondre, j'ai entendu une autre sonnerie, celle de mon propre téléphone. L'écran affichait "Romain". Mon cœur s'est serré.

« Antoine, je dois te laisser, » ai-je dit, coupant court à sa phrase.

« Camille, c'est important... »

« C'est un appel urgent. » J'ai raccroché sans attendre sa réponse et j'ai immédiatement décroché pour Romain.

Sa voix était paniquée. « Camille ! Je fais des cauchemars horribles, je ne peux plus rester seul. Je... je peux venir chez toi ? »

« Bien sûr, Romain. Viens tout de suite. Je suis là. »

Plus tard dans la soirée, alors que j'attendais Romain, Antoine est rentré plus tôt que prévu. Il tenait les papiers du divorce à la main.

« Nous devons signer ça, » a-t-il dit, son ton était ferme.

Il a posé les documents sur la table basse, avec un stylo. J'étais sur le point de lui dire que Romain arrivait, que ce n'était pas le bon moment, mais le regard dans ses yeux m'a arrêtée. Il y avait une urgence, une détermination que je ne lui connaissais pas.

« D'accord, » ai-je dit, prenant le stylo.

J'ai parcouru les pages en diagonale, mon esprit ailleurs, déjà préoccupé par Romain. J'ai vu les clauses, la répartition des biens, tout était conforme à notre accord initial. J'ai signé rapidement, sans vraiment réaliser la finalité de mon geste.

« Voilà, » ai-je dit en lui tendant le stylo.

Il a signé à son tour. C'était fini. Cinq ans de ma vie, effacés par deux signatures.

Dès que les papiers ont été signés, il a sorti son téléphone. Il s'est éloigné de quelques pas, pensant que je n'entendais pas.

« Sophie ? C'est fait. Je suis libre. J'arrive dans le sud dès que possible. On va enfin pouvoir commencer notre vie. »

Sophie. La jeune étudiante en art qui ressemblait tant à Léa. Sa remplaçante.

Il a raccroché et s'est tourné vers moi, un léger sourire aux lèvres, le premier vrai sourire que je voyais depuis des années.

« Je pars demain. Tu peux garder la maison, bien sûr. C'est dans l'accord. »

Il ne savait pas que je n'avais aucune intention de rester. Il ne savait rien de mes propres plans, de mes propres mensonges. La sonnette a retenti. C'était Romain. Le chaos était sur le point de commencer.

Antoine a regardé vers la porte, puis vers moi, son sourire s'effaçant. « Qui est-ce ? »

« C'est mon frère, » ai-je répondu. « Il va rester avec nous pendant un moment. »

« Avec nous ? » a-t-il répété, un froncement de sourcils apparaissant sur son visage. « Camille, nous sommes divorcés. Il n'y a plus de "nous". »

C'était vrai. Mais la tempête venait à peine de commencer.

Chapitre 2

Le lendemain matin, je me suis réveillé avec un sentiment de légèreté que je n'avais pas connu depuis cinq ans. Le soleil filtrait à travers les rideaux, et pour la première fois, le lit à côté de moi, vide, ne me semblait pas froid et désolé, mais plein de promesses. J'ai rêvé de Sophie, du sud, d'une petite maison près de la mer, d'un atelier rempli de toiles et de l'odeur de la térébenthine. Une nouvelle vie. Une vie où le fantôme de Léa pourrait enfin trouver la paix, et moi aussi.

Je suis descendu pour prendre un café, mes valises déjà prêtes dans l'entrée. Mon vol était à midi. Je fredonnais presque. La liberté avait un goût sucré.

C'est alors que j'ai entendu le bruit d'une voiture dans l'allée. J'ai froncé les sourcils. Je n'attendais personne. J'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu la voiture de Camille se garer, suivie d'une autre, un vieux break rempli à ras bord de matériel d'artiste.

La porte d'entrée s'est ouverte. Camille est entrée, l'air fatigué. Derrière elle, Romain Dubois la suivait, les bras chargés de toiles. Il m'a jeté un regard noir, un mélange de défi et de mépris.

« Qu'est-ce que... » ai-je commencé, stupéfait.

« Romain emménage ici, » a annoncé Camille d'une voix plate, évitant mon regard. « Son appartement a des problèmes de plomberie. Il va rester le temps des travaux. »

Des cartons, des chevalets, des pots de peinture ont commencé à envahir mon hall d'entrée impeccablement rangé. Le chaos de Romain s'installait dans l'ordre de ma vie.

« Camille, ce n'est pas possible, » ai-je dit, en essayant de garder mon calme. « Nous sommes divorcés. C'est ma maison maintenant. Tu peux rester, comme convenu, mais lui... »

« C'est aussi ma maison pour le moment, » a-t-elle rétorqué, sa voix se durcissant. « Il est mon frère. Il a besoin de moi. »

Romain a posé une caisse avec un bruit sourd. « Un problème, Lefevre ? Tu n'es plus son mari. Tu n'as plus rien à dire. »

Sa possessivité était palpable, suffocante. J'ai regardé Camille, attendant qu'elle dise quelque chose, qu'elle le remette à sa place. Mais elle est restée silencieuse, son regard fixé sur une fissure imaginaire dans le parquet.

« Je te dédommagerai pour le dérangement, » a-t-elle finalement dit, comme si l'argent pouvait tout régler.

« Je ne veux pas de ton argent, Camille, » ai-je répondu, la mâchoire serrée. « Je veux juste la paix. Je veux juste partir et commencer ma nouvelle vie. »

J'ai fait un pas vers mes valises, un geste symbolique pour montrer mes intentions.

« Tu peux partir, » a dit Romain avec un sourire narquois. « Personne ne te retient. Laisse-nous la maison. »

J'ai senti la colère monter en moi, une vague chaude et désagréable. Mais je me suis forcé à rester calme. C'était leur jeu, pas le mien. Je n'avais plus rien à faire ici.

« Très bien, » ai-je dit d'une voix glaciale. « Faites comme chez vous. De toute façon, je pars. »

Je me suis tourné vers Camille. « Fais juste en sorte que tes... affaires... ne débordent pas dans ma chambre. »

J'ai commencé à monter les escaliers. Romain m'a lancé une dernière pique. « Ne t'inquiète pas. On ne touchera pas à ton sanctuaire dédié à ta morte. »

Je me suis figé, la main sur la rampe. Le venin dans sa voix était ancien. Je me suis souvenu de toutes les fois où il avait montré cette même hostilité, même avant le mariage. Lors des dîners de famille, il me fixait toujours avec ce regard jaloux, comme si je lui volais quelque chose qui lui appartenait. Et Camille, elle ne voyait jamais rien. Ou elle ne voulait rien voir. Elle le défendait toujours, le protégeait, l'excusait. « Il est sensible, c'est un artiste. »

Je suis entré dans ma chambre et j'ai fermé la porte. J'ai essayé de me calmer, de me concentrer sur Sophie, sur le sud. Mais les bruits en bas – des meubles qu'on déplace, leurs voix en conversation – s'infiltraient sous la porte.

Plus tard dans la nuit, je n'arrivais pas à dormir. Je suis descendu boire un verre d'eau. La porte de la chambre d'amis, où Romain s'était installé, était entrouverte. J'ai entendu leurs voix.

« Tu n'aurais pas dû lui parler comme ça, Romain, » disait Camille.

« Pourquoi ? Il le mérite. Il t'a utilisée pendant cinq ans. »

« C'était un accord. Il a été respectueux. »

« Respectueux ? Il te touchait, Camille ! Le corps de ma sœur ! » Sa voix était pleine d'une fureur contenue.

« Romain, arrête. C'est fini maintenant. Il part demain. Nous serons seuls. » Sa voix était douce, apaisante. C'était la voix qu'elle lui réservait toujours, une voix que je n'avais jamais entendue pour moi.

« Je ne veux pas qu'il te touche une dernière fois. Promets-le-moi. »

Il y eut un silence. Je retins mon souffle.

« Je te le promets, » a-t-elle finalement murmuré.

Je me suis retiré dans l'ombre du couloir, mon cœur battant lourdement. Ce n'était pas de la jalousie, c'était autre chose. Une sorte de dégoût. J'ai remonté les escaliers en silence.

De retour dans ma chambre, j'ai remarqué que ma valise, que j'avais laissée près de la porte, avait été déplacée. Je l'ai ouverte. Mes vêtements étaient en désordre, comme si quelqu'un avait fouillé dedans. Mais ce n'était pas ça le plus étrange. Sur le dessus, posé bien en évidence, se trouvait mon billet d'avion pour Nice.

Camille. Elle avait fouillé mes affaires. Elle savait que je partais.

Quelques minutes plus tard, on a frappé doucement à ma porte.

« Antoine ? » C'était sa voix.

Je n'ai pas répondu.

La porte s'est ouverte. Elle est entrée, vêtue d'une fine nuisette de soie. C'était celle que je préférais. Elle ne la mettait que les jours où notre "devoir" devait être accompli.

« Tu ne dors pas ? » a-t-elle demandé.

« Que veux-tu, Camille ? »

Elle s'est approchée du lit. « C'est notre dernière nuit. Le contrat... »

« Tu as promis à ton frère, » ai-je dit froidement. « Je vous ai entendus. »

Elle a tressailli, surprise. Une rougeur a coloré ses joues. « Ce n'est pas ce que tu crois... »

« Je crois que tu m'as menti. Tu savais que je partais. Tu as fouillé mes affaires. »

« Je... » Elle a baissé les yeux. « Je voulais juste être sûre. »

Je me suis levé du lit, furieux. « Sûre de quoi ? Que j'allais enfin te laisser tranquille avec lui ? »

Elle a reculé, l'air blessé. « Ce n'est pas juste. »

« Rien dans cette histoire n'est juste, Camille. »

Je me suis approché d'elle, la dominant de ma hauteur. J'ai vu la peur dans ses yeux, mais aussi autre chose. Une sorte de résignation.

« Tu veux remplir le contrat jusqu'au bout ? » ai-je murmuré, ma voix rauque. « Très bien. Une dernière fois. »

Elle a hésité, son regard allant de mes yeux à la porte fermée de la chambre. Puis, elle a lentement hoché la tête. Elle pensait peut-être que c'était une autre formalité, un dernier acte sans conséquence. Elle se trompait. Cette fois, ce ne serait pas un devoir. Ce serait une punition.

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