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Mon Amour Bafoué, Ma Revanche Naissante

Mon Amour Bafoué, Ma Revanche Naissante

Auteur:: Magic
Genre: Romance
J'étais la protégée du légendaire architecte Aurélien, sa partenaire et sa compagne depuis sept ans. Le soir où nous avons remporté le prix le plus prestigieux de notre carrière, il m'a murmuré à l'oreille : « Encore un succès, ma Léa. » Mais quand son amour de jeunesse, Samira, a traversé la salle, il m'a lâchée sans un mot. Son corps m'a heurtée violemment, me projetant au sol. Ma cheville s'est brisée dans un craquement sec. Il est parti la rejoindre, me laissant seule, en sang, au milieu des débris de notre maquette primée. À l'hôpital, il m'a de nouveau abandonnée pour elle. Puis j'ai découvert la vérité : depuis des années, il modifiait secrètement mes créations pour imiter le style de Samira. J'étais son substitut, une simple marionnette. Neuf ans de ma vie, de mon amour, de mon travail... tout n'était qu'un mensonge. Il ne m'avait jamais aimée, il était simplement obsédé par son fantôme. Le jour où Samira m'a montré la bague de fiançailles qu'il m'avait promise, j'ai tout quitté. J'ai accepté l'offre de ma tante pour reconstruire ma vie, loin de lui. Cette fois, je ne serai plus l'ombre de personne. Et il allait regretter chaque seconde de sa trahison.

Chapitre 1

J'étais la protégée du légendaire architecte Aurélien, sa partenaire et sa compagne depuis sept ans. Le soir où nous avons remporté le prix le plus prestigieux de notre carrière, il m'a murmuré à l'oreille : « Encore un succès, ma Léa. »

Mais quand son amour de jeunesse, Samira, a traversé la salle, il m'a lâchée sans un mot. Son corps m'a heurtée violemment, me projetant au sol. Ma cheville s'est brisée dans un craquement sec.

Il est parti la rejoindre, me laissant seule, en sang, au milieu des débris de notre maquette primée. À l'hôpital, il m'a de nouveau abandonnée pour elle.

Puis j'ai découvert la vérité : depuis des années, il modifiait secrètement mes créations pour imiter le style de Samira. J'étais son substitut, une simple marionnette.

Neuf ans de ma vie, de mon amour, de mon travail... tout n'était qu'un mensonge. Il ne m'avait jamais aimée, il était simplement obsédé par son fantôme.

Le jour où Samira m'a montré la bague de fiançailles qu'il m'avait promise, j'ai tout quitté. J'ai accepté l'offre de ma tante pour reconstruire ma vie, loin de lui. Cette fois, je ne serai plus l'ombre de personne. Et il allait regretter chaque seconde de sa trahison.

Chapitre 1

Léa POV:

Je me souviens de la façon dont ma cheville a craqué. Le son sec s'est fondu dans le brouhaha enjoué du gala, mais il a résonné dans ma tête comme un coup de tonnerre. Aurélien m'avait lâchée. Pas juste émotionnellement, non. Physiquement.

Je me tenais là, dans ma robe de soirée, la main d'Aurélien posée affectueusement sur le bas de mon dos. Son sourire, si familier, si rassurant, illuminait son visage tandis qu'il saluait nos pairs. Depuis sept ans, nous étions le couple phare du monde de l'architecture. La jeune protégée et le mentor légendaire. Le public nous voyait comme une évidence, un duo inséparable, à la fois professionnellement et dans l'intimité. Ses doigts effleuraient ma peau nue, un geste anodin pour qui nous observait, mais pour moi, c'était une promesse silencieuse de connexion.

« Encore un succès, ma Léa, » avait-il murmuré à mon oreille, sa voix grave me caressant l'échine.

Ses mots avaient enflé mon cœur d'une fierté douce et familière. Nous venions de remporter le prix le plus prestigieux de la soirée, nos noms gravés ensemble sur le trophée de verre. Le fruit de nos efforts acharnés, de nos nuits blanches, de cette synergie créative que je croyais unique. Je le regardais, les yeux pleins d'admiration, mon mentor, mon partenaire, l'homme que j'aimais. Il était mon roc, ma source d'inspiration.

C'est à ce moment-là que Samira Chardon, l'incarnation d'un passé que je pensais révolu, a fait son entrée fracassante. Sa robe écarlate découpait la foule, un phare flamboyant dans la pénombre feutrée. Son visage, autrefois affiné par la jeunesse, portait désormais la signature d'un succès mûri, d'une confiance retrouvée. Elle a levé les yeux, nos regards se sont croisés un instant. Une étincelle de douleur, ou peut-être de défi, a traversé ses pupilles avant qu'elle ne détourne la tête.

Puis elle a couru. Sa silhouette s'est enfuie, laissant derrière elle une traînée de parfum enivrant et de confusion. Le sourire d'Aurélien s'est figé. Son masque de charisme s'est craqué, révélant une panique que je ne lui connaissais pas.

Avant que je ne puisse comprendre ce qui se passait, sa main a quitté mon dos. Il a basculé en avant, ignorant ma présence, sa seule pensée dirigée vers Samira. Son mouvement a été si brusque, si désordonné. Son corps a heurté le mien. J'ai perdu l'équilibre, le talon de ma chaussure s'est tordu, et le sol s'est précipité vers moi. Une table de présentation, ornée d'une maquette en verre de notre projet primé, est devenue le point d'impact.

La douleur a explosé dans ma cheville. Un craquement sinistre a traversé l'air, suivi du son cristallin du verre brisé. Des éclats acérés ont volé dans toutes les directions, certains s'enfonçant dans ma peau, d'autres déchirant ma robe. J'ai poussé un cri étouffé, la douleur m'arrachant le souffle. Je me suis retrouvée à terre, entourée de débris scintillants, ma jambe tordue à un angle contre-nature, une flaque de sang commençant à s'étendre sous moi. La cheville était cassée, cela ne faisait aucun doute.

Autour de moi, les conversations s'étaient éteintes. Les visages étaient tournés vers moi, mais leurs yeux ne voyaient pas ma souffrance. Ils voyaient l'incident, le scandale, le spectacle. Personne ne bougeait, personne ne venait m'aider. Seule la musique d'ambiance continuait, une mélodie joyeuse et insouciante qui contrastait cruellement avec mon cœur brisé. Je me suis sentie étouffer sous le poids de mon propre sang et de la solitude.

« Léa ! »

La voix d'un homme m'a tirée de mon hébétement. Un jeune serveur, le visage pâle, s'est agenouillé à mes côtés. Il a posé délicatement sa main sur mon épaule, ses yeux remplis d'une compassion que je n'avais pas vue chez les autres.

« Mademoiselle, vous êtes blessée, » a-t-il dit doucement. « Je vais appeler de l'aide. »

Une vague de nausée m'a submergée. La douleur irradiait depuis ma cheville, chaque pulsation me rappelant la brutalité du choc. Les éclats de verre, incrustés dans ma chair, brûlaient comme du feu. Mais la pire douleur n'était pas physique. C'était la vision d'Aurélien, sa silhouette s'éloignant à grands pas, poursuivant l'ombre de son passé, sans un regard en arrière pour celle qu'il venait de briser.

Son absence criait plus fort que ma douleur. Il n'était pas là. Il ne s'était pas retourné. Le tapis rouge sur lequel j'étais tombée, maculé de mon sang, semblait se moquer de l'ironie de la situation. Le gala, la récompense, notre succès. Tout cela n'était qu'un décor pour sa propre pièce. Une pièce où je n'étais qu'un accessoire, facilement remplaçable.

Les lumières scintillantes du gala, qui avaient auparavant symbolisé notre triomphe, se sont transformées en projecteurs impitoyables, exposant ma vulnérabilité. Le bourdonnement des voix est revenu, mais cette fois, je les ai perçues comme des murmures moqueurs, des chuchotements sur mon effondrement. Des flashs crépitaient, capturant l'instant de ma chute, sans doute une nouvelle à sensation pour les médias du lendemain.

Le jeune serveur a essayé de me rassurer, ses mains tremblantes. J'ai tenté de me lever, de fuir cette humiliation, mais ma jambe n'a pas répondu. Chaque mouvement envoyait des ondes de douleur insupportable. De minuscules perles de sueur ont perlé sur mon front.

Un médecin du gala, alerté par le serveur, est finalement arrivé. Ses mains expertes ont commencé à examiner ma cheville. Les mots qu'il a prononcés ont flotté autour de moi, lointains et indistincts : « fracture ouverte », « lacérations profondes ». J'ai senti mon corps s'engourdir, la réalité se distordant en un tableau cruel.

C'est là, allongée sur le sol froid, mon sang s'échappant, les éclats de verre plantés dans ma peau, que la vérité m'a frappée avec la force d'un marteau. Aurélien ne m'aimait pas. Il ne m'avait jamais aimée. J'étais son ombre, son reflet, un substitut commode pour un amour qui lui avait échappé. Il avait brisé ma cheville, mais il venait surtout de briser mon cœur, et la douleur de cette prise de conscience était bien plus aiguë que n'importe quelle blessure physique.

Le médecin a continué de parler, de ciseaux, de désinfectant, mais je ne l'entendais plus. Mon regard s'est posé sur le trophée, notre trophée, celui que nous avions gagné "ensemble". Il était intact, posé sur le socle vide de la maquette brisée. Une victoire qui, à ce moment précis, me paraissait plus amère qu'aucune défaite.

J'ai fermé les yeux, sentant une larme brûlante couler sur ma tempe. Au milieu du bruit et de la fureur, j'étais seule, complètement et désespérément seule. Mais dans cette solitude, une graine de colère a commencé à germer, une colère froide et déterminée, promettant un renouveau inattendu.

Le médecin a ordonné qu'on m'emmène. Deux ambulanciers sont apparus, des visages compatissants dans le flou de ma douleur. Ils m'ont soulevée avec précaution, m'installant sur une civière. Chaque mouvement était un calvaire. Les éclats de verre s'enfonçaient davantage, ma cheville hurlait.

J'ai jeté un dernier regard sur la salle de bal. Elle était en train de retrouver son atmosphère de fête, les gens se détournant de la scène de mon malheur. J'étais déjà oubliée. Mais je n'oublierais jamais cette nuit.

Chapitre 2

Léa POV:

L'odeur des désinfectants et le silence oppressant de mon appartement m'ont accueillie après le passage aux urgences. Ma cheville était immobilisée dans une attelle, ma jambe recouverte de bandages, mais la douleur, lancinante et persistante, était toujours là. Aurélien n'était pas rentré.

Je me suis traînée jusqu'à son bureau, une pièce interdite où il travaillait sur ses projets les plus personnels. Il avait toujours gardé ce serveur caché, un vieux modèle obsolète, à l'abri des regards indiscrets. Il disait que c'était pour "protéger ses idées les plus folles". Maintenant, je savais que c'était pour cacher ses secrets les plus sombres.

Mes doigts, engourdis, ont tapé le mot de passe que je connaissais par cœur. L'écran s'est allumé, révélant des centaines d'esquisses, de plans, tous modifiés. Et là, le choc a été plus violent que ma chute du gala. Aurélien avait systématiquement altéré mes créations, les faisant ressembler au style de Samira. Chaque ligne, chaque courbe, chaque détail avait été remodelé pour imiter l'esthétique de son ancienne protégée. Puis, j'ai trouvé les notes personnelles. Des pages et des pages révélant son obsession pour elle, des poèmes, des dessins d'elle, des fantasmes. Des années de mon travail sacrifiées à un fantôme.

Mon cœur s'est brisé une seconde fois. J'ai senti une nouvelle vague de nausée monter, plus intense que la précédente. Mon corps tremblait, la colère et le dégoût se mêlant à la douleur physique. Je n'étais pas une architecte talentueuse pour lui, j'étais une main, un outil, une marionnette pour recréer l'œuvre de Samira.

J'ai attrapé mon téléphone, mes doigts glissant sur l'écran. Un seul nom est apparu dans mon esprit : Karin Bouchard. Ma tante, la femme redoutable à la tête d'un empire immobilier. Elle m'avait toujours offert une place dans son groupe, une offre que j'avais toujours déclinée par loyauté envers Aurélien. Maintenant, cette loyauté était en miettes.

« Allô, ma chérie ? » Sa voix, habituellement si posée, portait une pointe d'inquiétude. « Je viens d'apprendre ce qui s'est passé au gala. Ça va ? »

« Non, Tante Karin, » j'ai répondu, ma voix étranglée par les larmes. « Ça ne va pas du tout. »

Les mots ont déferlé, un torrent de douleur et de trahison. Je lui ai tout raconté, la chute, la blessure, le serveur caché, l'obsession d'Aurélien pour Samira. Je n'ai rien omis. Ma tante a écouté en silence, sa respiration audible à l'autre bout du fil.

« Je comprends, Léa, » a-t-elle dit enfin, sa voix plus dure, plus résolue. « C'est exactement ce que je craignais. Je t'ai toujours dit qu'Aurélien n'était pas l'homme que tu méritais. »

« Il a fait de moi son substitut, Tante Karin, » j'ai murmuré, la honte me rongeant. « J'étais juste Samira, en moins bien. »

« Ne dis pas ça, ma chérie. Tu es un génie. Tu es toi-même. Et maintenant, il est temps que tu le montres au monde. » Son ton était sans appel. « L'offre tient toujours, Léa. Et cette fois, je n'accepterai pas de refus. »

J'ai hésité une fraction de seconde. Loin d'Aurélien, loin de ce passé toxique. C'était une porte de sortie, une chance de me reconstruire. « D'accord, Tante Karin. J'accepte. »

Un soupir de soulagement a traversé la ligne. « C'est la meilleure nouvelle que tu pouvais me donner, Léa. Je suis tellement contente. Écoute, je vais t'envoyer mon jet privé demain matin. Tu viens directement à Paris. On règlera tout d'ici. »

« Merci, Tante Karin, » j'ai répondu, un poids immense se soulevant de ma poitrine. « Merci pour tout. »

« Ne me remercie pas, ma chérie. Reconstruis-toi. Deviens la femme et l'architecte que tu dois être. Et Aurélien... il regrettera chaque seconde de ce qu'il t'a fait. »

Le lendemain matin, Aurélien est enfin rentré. Il a trouvé le lit vide, les draps froids. Il est entré dans le bureau, le regard inquiet.

« Léa ? » Sa voix était hésitante, presque douce. « Où es-tu ma chérie ? »

Je me suis tordue dans le fauteuil du salon, mon corps frissonnant. J'avais passé la nuit à effacer toute trace de mon passage, à vider mon bureau de mes projets personnels. Tous les fichiers de mes créations originales, les esquisses, les plans qui n'avaient pas été corrompus par son obsession, avaient été transférés sur un disque dur externe. J'avais laissé derrière moi un bureau vide, une coquille sans âme.

« Je suis là, » j'ai répondu, ma voix plate, sans émotion.

Il m'a trouvée, son regard s'est posé sur mon attelle, puis sur mon visage pâle. Une lueur de surprise a traversé ses yeux.

« Mon Dieu, Léa, ta cheville... Je suis tellement désolé. » Il s'est approché, tendant la main. « Ce maudit gala. J'étais tellement préoccupé par Samira, elle n'allait pas bien... »

J'ai reculé, mon corps entier criant au contact. Il a retiré sa main, l'air blessé.

« Tu sais que je t'aime, Léa. Tu es la femme de ma vie. Tout ce que je fais, c'est pour nous. »

Des mensonges. Toujours des mensonges. Mon cœur a battu la chamade, non pas d'amour, mais de rage contenue. La haine, une sensation nouvelle et puissante, bouillonnait en moi.

« Aurélien, j'ai une nouvelle pour toi, » j'ai dit, ma voix tremblante mais ferme. « Je démissionne. »

Son visage est devenu livide. « Quoi ? Mais... pourquoi ? Nous avons tellement de projets, Léa. Notre futur... »

« Il n'y a plus de "nous", Aurélien. Il n'y a plus de futur. »

Il a essayé de me prendre dans ses bras, de m'embrasser. Son parfum familier, autrefois si réconfortant, me soulevait le cœur.

« Léa, ne dis pas ça. Nous sommes faits l'un pour l'autre. Tu es mon pilier, ma muse... »

« Je ne suis pas ta muse, Aurélien, » j'ai craché, le regard froid. « Je suis ton substitut. »

Il a reculé, son visage se tordant de confusion. « Mais de quoi parles-tu ? »

« Tu sais très bien de quoi je parle. Samira. » J'ai laissé le nom planer entre nous, un poison.

Il a tenté de dissimuler sa gêne derrière un sourire forcé. « Samira n'est qu'une vieille amie. Une muse éphémère. Tu es mon éternité. »

Il a fait un pas vers moi. Je savais ce qui allait arriver. Ses mains allaient chercher ma peau, ses lèvres allaient tenter de me convaincre avec des mots doucereux. Mais cette fois, je ne céderais pas. La colère, l'amertume, la trahison, tout était trop frais, trop réel. Mon cœur ne se laissait plus duper.

« Ne t'approche pas, Aurélien, » j'ai dit, ma voix emplie d'un dégoût que je n'avais jamais ressenti auparavant. « Je ne suis plus ta Léa. »

Il a arrêté son mouvement, son visage trahissant un mélange de surprise et d'agacement. Il a essayé de me prendre la main, de me tirer vers lui. Le parfum de son après-rasage m'a emplie les narines, et une vague de nausée a balayé mon corps. C'était la dernière fois que je me laissais toucher par lui.

Chapitre 3

Léa POV:

« Léa, qu'est-ce qui te prend ? » La voix d'Aurélien était un mélange de fausse tendresse et d'impatience. Il s'est abaissé, essayant de me prendre les mains.

« Lâche-moi, » j'ai dit, ma voix rauque.

Il a ri, un son sec et dénué de chaleur. « Ma chérie, ne fais pas la difficile. Tu sais que j'adore quand tu joues la prude. »

Ses mains, autrefois sources de réconfort, sont devenues des chaînes. Il m'a attrapée avec une force surprenante, me tirant vers lui alors que j'étais à peine capable de tenir sur ma jambe valide. Le poids de son corps m'a écrasée sur le canapé. Ma cheville a hurlé.

« Aurélien, ça fait mal ! » j'ai crié, mais il semblait ne pas m'entendre.

Il a penché son visage vers le mien, ses yeux pétillants d'une fausse passion. « Allez, Léa. Tu sais que tu aimes ça. Ce petit jeu entre nous. »

Son souffle sentait le whisky et un parfum étranger. C'était la même phrase qu'il utilisait toujours quand il voulait me faire plier, quand il voulait que j'oublie mes doutes. Ses mots, autrefois une symphonie, étaient maintenant une cacophonie, une dissonance qui résonnait dans mes os. Cette familiarité, autrefois une preuve d'intimité, me donnait la nausée.

Il a commencé à déboutonner sa chemise, ses doigts agiles. Mon estomac s'est tordu. Ses pupilles se sont dilatées, non pas de désir pour moi, mais d'une faim que je ne reconnaissais pas. Une faim qui n'était pas la mienne.

Mon regard s'est posé sur son épaule. Une trace rouge violacée, une morsure fraîche, s'étalait sur sa peau. Un frisson a parcouru mon corps, gelant mon sang. Mon esprit a reculé, revoyant une scène similaire. Il y a quelques mois, il était rentré avec des marques étranges sur le cou. « Une mauvaise nuit de sommeil, ma chérie, » avait-il dit en riant, « je me suis griffé en me retournant. » J'avais cru à son mensonge. Parce que son corps me disait une chose, mais ses mots me disaient le contraire.

Maintenant, je savais. Ces marques n'étaient pas les siennes. Elles étaient celles de Samira. Il avait toujours eu ces "mauvaises nuits de sommeil", ces "rayures accidentelles", ces "marques de brosse à cheveux" quand Samira était en ville. J'étais aveugle, tellement aveugle. Mon cœur s'est serré, un poing invisible le pressant jusqu'à ce qu'il me fasse mal.

« Léa ? » Il a posé sa main sur mon bandage. La douleur a jailli, vive, insupportable.

C'était trop. La trahison, la douleur physique, le dégoût. J'ai hurlé, un son primal qui m'a échappé. D'un coup de rein désespéré, j'ai poussé de toutes mes forces. Il a été pris au dépourvu et a basculé en arrière, son corps s'écrasant sur le sol avec un bruit sourd.

Mes larmes ont jailli, salées et amères, se mêlant à la sueur froide sur mon visage. Mon corps entier tremblait, une toile déchirée par la violence de l'instant.

« Lâche-moi ! » j'ai crié, ma voix pleine de rage et de désespoir. « Ne me touche plus jamais ! »

Il s'est relevé, l'air stupéfait, puis furieux. Ses beaux traits se sont tordus en une grimace que je ne lui connaissais pas.

« Mais qu'est-ce qui te prend, Léa ? » Il a jeté sa chemise à terre, révélant d'autres marques, plus petites, sur son torse. « Ne fais pas l'enfant. »

« L'enfant ? » Un rire hystérique m'a secouée. « Tu penses que c'est un jeu ? Regarde-moi, Aurélien ! Regarde ce que tu as fait ! »

J'ai pointé son épaule, la morsure de Samira, puis ma cheville, le bandage ensanglanté. Mon corps entier tremblait de rage.

« Tu es un monstre, » j'ai murmuré, les mots s'échappant de mes lèvres comme un poison. « Tes caresses me donnent la nausée. Tes mensonges me donnent envie de vomir. »

Il a pâli, son regard se fixant sur les marques. Il a tenté de les cacher avec sa main, un geste de honte tardif.

« C'est... ce n'est rien, ma chérie. Juste... un petit accident. »

Un petit accident. Ce sont les mêmes mots qu'il avait utilisés pour ses autres cicatrices, ses autres liaisons, ses autres trahisons. Sa voix s'est adoucie, essayant de me manipuler.

« Léa, tu es blessée, tu n'es pas toi-même. Laisse-moi prendre soin de toi. » Il a fait un pas vers moi, ses yeux implorants.

Mais je ne me laisserais plus berner. La douleur de ma cheville se mêlait à la douleur de mon cœur, une symphonie macabre qui me poussait à la limite. Chaque fibre de mon être criait. Je me suis recroquevillée sur le canapé, le souffle court, mon corps entier reculant de son contact.

« Non ! » ai-je hurlé, d'une voix que je ne reconnaissais pas. « Ne t'approche pas. Je ne veux plus jamais te voir. »

Il est resté là, debout, son corps à moitié dénudé, ses yeux me sondant avec une intensité que je lisais comme de la panique. Mais ce n'était pas de l'amour, pas de l'inquiétude. C'était la peur de perdre son jouet, son substitut, sa façade. Mon corps, mon esprit, mon âme rejetaient tout ce qu'il représentait. Je voulais qu'il parte. Qu'il disparaisse. La seule chose que je ressentais pour lui était un dégoût viscéral, une répulsion profonde qui me donnait des frissons. Ses mots, ses caresses, tout m'était devenu étrange et abject.

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