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Maux mêlés II

Maux mêlés II

Auteur:: LAKACLA
Genre: Romance
Veuillez lire le tome 1 pour mieux comprendre.

Chapitre 1 Chapitre 01

Aïta réussira à semer le doute dans la tête de Wouly mais il va tout faire pour la démentir car il n'a rien fait.

En fait, oui, c'est Aïta la femme enceinte de son mari. Elle l'a reconnu tout à l'heure à cause de sa voix et quand elle est sortie poussée par Tapha, elle s'est rendue compte qu'elle traînait un ventre, une grossesse. Son amie est celle qui la trompe avec son Tapha. Aïta ! Elle a bien caché son jeu. Depuis qu'elles se connaissent, Wouly a vu comment elle regardait son mari, sa comparaison avec les autres hommes. Wouly a toujours fermé les yeux. De plus Tapha était si ferme avec elle qu'elle ne s'inquiétait pas. C'est fou comme il y a des amis mauvais en ce moment.

Des amies telles que Ramatoulaye et Aissatou, il n'y en a plus. L'amour et la confiance que se temoignaient ces deux femmes du roman "Une si longue lettre" de Mariama Ba, étaient sans conteste. Pourquoi cette amitié n'existe plus? Pourquoi les gens aiment trahir ? Pourquoi ils ne restent pas loyaux et francs ? Pourquoi ils aiment faire des coups bas ?

Wouly a tellement entendu parler de ces femmes qui se font voler leur mari par leurs amies intimes.

Mais que dire à ces hommes ? Ceux qui succombent à leur charme, ceux qui se laissent séduire, ceux qui ne pensent pas à leurs épouses quand il le font, ceux qui n'ont aucun regret ni remord,ceux qui vous sourient tout juste après, ceux qui vous touchent, vous embrassent, vous carressent alors que leurs maudites mains ont servi pour faire les mêmes choses que ce qu'ils vous font. Répugnant ! Décevant ! Humiliant!

Dès que Tapha gare la voiture, Wouly descend et se précipite dans la maison. Elle jette ses chaussures dans un coin et frappe à la porte de Amy qu'elle trouve endormie avec à ses côtés Junior qui s'est assoupi aussi.

Tapha et Aïta sont derrière elle, elle ne les regarde pas et va dans la cuisine. Wouly ressort avec un plateau et de la boisson avec trois verres propres. Elle s'assoit au salon et les autres font comme elle. Elle se sert un verre et le porte à sa bouche.

-Je suppose que vous n'avez pas la tête à boire quelque chose surtout si c'est frais donc ce n'est pas la peine que je vous offre un verre. Dit Wouly sur le ton de la plaisanterie mais avec une voix dure.

Aïta ne répond pas la tête rivée sur le tapis et quant à Tapha, il fixe les clés qu'il a jeté sur la table et glissent avec ses chaussettes sur le tapis.

-Je vous écoute. Tonne Wouly.

Ils continuent de fixer leurs endroits respectifs sans la regarder.

-Allez Aïta, tu as l'occasion de parler, exprime toi. Dis moi comment cela se fait que mon mari et toi soyez amants.

-Nous ne sommes pas des amants, défend férocement Tapha.

-Alors comment dois-je vous nommer ? Si vous n'êtes pas des amants, alors quel type de relation entretiens tu avec mon amie. Non, ma rivale car c'est ce que tu es maintenant.

-Comment as tu su cela, demande doucement Tapha.

-Aujourd'hui, c'est moi qui pose des questions. Mais juste pour l'information, je vous ai entendu dans ton bureau tout à l'heure.

-Alors tu as dû entendre que je lui ai clairement dit que l'enfant qu'elle porte n'est pas le mien car je ne l'ai jamais touché.

-C'est ton enfant, hurle Aïta. C'est ton enfant Moustapha. Je suis enceinte de 7 mois et tu es le père.

-Mensonge ! Tu mens. Tu veux juste ruiner mon mariage et t'installer ici. Prendre la place de ma femme.

-Je le mérite car je porte ton sang Moustapha. Tu es le père du bébé qui est dans mon ventre. Que tu le veuilles ou non. Je veux que tu respectes la promesse que tu as faite à ma famille et surtout à mon père.

-Quelle promesse? Demande Wouly confuse.

-Ton cher mari a promis à mes parents de m'épouser dès que j'aurai accouché. Soutient Aïta.

Wouly met sa main sur sa bouche et ouvre les yeux pour bien regarder Aïta.

-De quoi tu parles, mon amour cette femme est folle. Ton amie est complètement cinglée. Je n'ai jamais vu un membre de sa famille. C'est tout à l'heure qu'elle m'a accusé d'être le père de son bébé. Je viens de le savoir à l'instant. Je te jure Wouly, tu dois me croire. Dit Tapha suppliant.

-Moustapha, pourquoi tu veux affirmer le contraire alors que tu sais pertinemment que nous avons couché ensemble et que la conséquence est ce petit que je porte. Le fruit de notre amour ! Dit Aïta en feignant des larmes.

-Depuis quand dure cette relation, dit doucement Wouly comme un murmure, toujours surprise et la main sur sa bouche.

-Non bébé, pourquoi est-ce que tu lui demande cela? Tu ne me crois donc pas. Je te jure sur tout ce qu'on a vécu que je n'ai jamais connu la couleur de la culotte de cette folle.

-Répond à la question Aïta.

-Il y a des mois, je ne sais plus exactement. C'est quand vous vous étiez disputé et qu'il était à l'hôtel. Nous passions parfois la nuit ensemble. Dit Aïta sans ciller.

-Bien répond Wouly. Je t'ai aussi entendu dire que tu l'aimais et nanani nanana. Dit Wouly avec dédain.

-Oui, Tapha est mon grand amour. Il m'a plu dès le premier coup d'œil. Je ne voulais pas tenter quelque chose avec lui par respect pour toi mais lors de votre dispute, il est venu me voir et naturellement, une relation sérieuse s'est tissée entre nous. Il le disait chaque fois qu'il ne t'aimait pas, qu'il veut un enfant et que tu es incapable de lui en donner. Qu'il reste avec toi par pitié et qu'il a toujours eu des vues sur moi et comme c'était réciproque j'ai décidé de me mettre avec lui. Il m'a utilisé et m'a jeté. On ne me le fera pas une deuxième fois. Il va respecter ses promesses et subvenir à nos besoins, à moi et à mon bébé. Je veux qu'il m'honore en m'épousant.

Tapha était dépassé par les dires d'Aita. Quand elle a terminé son étalage de mensonge, il a ri en applaudissant.

-Bravo Aïta, c'est dingue comme tu peux être une vraie comédienne. Que vais je faire avec toi ? Tu es la dernière fille à qui j'aurai pensé si je voulais tromper ma femme. J'ai une piètre opinion sur ta personne depuis ce jour où tu as fait exprès de toucher mes fesses et quand je t'ai regardé tu as souri en me faisant un clin d'œil. J'ai tout de suite pensé que tu étais folle et en manque d'homme. Une nymphomane qui a besoin de sexe pour vivre, je ne t'ai accordé aucun regard. Ma femme, je ne veux même pas penser à la possibilité de la comparer à une autre, à oser dire à cette autre que je l'aime. J'ai un goût prononcé sur le genre de femme que je côtoie. Tu es trop chétive pour moi, la peau sur tes os, tes numéros de charme semblait être un cirque. Arrête tes mensonges qui n'ont ni tête ni queue. Dit Tapha en l'indexant.

-Tu vois, Woulyta comme il me traite. Promis que ce n'est pas ce qu'il disait quand il me faisait l'amour. Tu m'as dupé Moustapha. Tu es comme les autres hommes, sans cœur mais je me battrai pour recevoir mes droits. C'est injuste que devant ta femme, tu dis ces contradictions. J'en ai marre.

Aïta verse de chaudes larmes et avec chaque reniflement, toussotement, il se rend compte que la jeune femme va de plus en plus loin et en remarquant le visage d'incompréhension, de désolation de Wouly, il est presque sûr que Wouly pense que cette histoire tient la route.

-Dis quelque chose, Corazon. Rassure moi, dis moi que tu me fais confiance et que tu ne crois pas un seul mot de ce qu'elle vient de dire.

-Je...je...je ne sais pas Tapha. Je ne sais vraiment plus où j'en suis. J'ai l'impression de vivre un cauchemar, de regarder un film en 4 D, de suivre une scène de ménage. Pendant la période dont elle parle, tu étais très en colère contre moi et c'est par chance que notre mariage à survécu. Tu m'as carrément dit que tu me détestais et que je ne te servais à rien puisque je ne pouvais pas te donner d'enfant. Tu as dû te jeter dans ses bras . C'est très possible.

-Donc tu ne me crois pas, conclut Tapha en la fixant.

-Je t'ai dit que je ne sais pas, je suis confuse. Mon amie et mon mari ? C'est assez difficile de faire la part des choses.

-Tu parles comme si je te trompais avec tout ce qui me passe sous les yeux. Tu es la seule femme de ma vie. Je te le répète, je n'ai jamais touché Aïta. S'il te plaît, crois moi.

-Je ne peux pas, murmure Wouly. Je ne sais plus si tu me dis la vérité. J'avais confiance en toi et tu m'as trahie, de la pire des manières. Si ce n'est pas cela, comment Aïta peut avoir le culot, l'audace de dire que tu es le père de son enfant devant toi. C'est sûrement la vérité. Vous m'avez vraiment prise pour une idiote. Une idiote ! Et je crois que je l'ai été. Mon amour pour toi et la pitié que m'inspirait l'histoire d'Aita m'ont trompés. En ce moment je ne suis pas en colère contre vous mais contre moi même. Je me déteste pour avoir été aussi gentille, aussi insouciante et pour avoir placé toute ma confiance en toi, Tapha. Je n'aurai jamais pensé que tu serais capable de me faire un coup aussi cynique. Je t'ai demandé de prendre une deuxième femme, mais tu as refusé. Tu aurais pu être honnête avec moi et me dire qu'Aita t'intéressait. Mais tu ne l'as pas fait. Tu aurais dû me dire la vérité, me dire clairement que tu avais une histoire avec mon amie. Peut-être qu'à cette date je t'aurai pardonné mais tu as fait comme si tu ne me plantais pas un couteau dans le dos. C'est la pire humiliation que j'ai reçu de toute ma vie. Tu sais que je ne suis pas en mesure de te donner un enfant et pour me punir, tu es allée en faire à une autre. Comment dois-je me sentir ? Dis moi comment Tapha. Dis le moi.

-Arrête de dire des bêtises Wouly, je ne t'ai rien fait. Aïta te ment et toi comme si tu ne me connaissais pas assez tu portes un jugement aussi bas sur moi. Quel visage t'ai je montré ? Quel mauvais comportement t'ai je fait voir? Tu dois me croire. Cette fille ment, elle veut juste nous séparer mais je ne te laisserai pas faire. Imbécile, insulte Tapha.

-Wouly regarde, dit Aïta en sortant quelques photos de son sac à main. Regarde ces photos que j'ai prise, c'était notre première nuit ensemble. Je les ai tout le temps avec moi car je savais qu'un jour tu me demanderas des comptes. Analyse les bien et dis moi si tu penses toujours que ton mari n'est pas le père de mon bébé.

Wouly saisit la pile de photos des mains d'Aita et enlève le sachet transparent qui les recouvre.

Le plus elle regarde, le plus elle commence à accepter l'évidence. Les photos sont choquantes. Tapha est presque nu, recouvert d'un drap vert ciment, le torse nu en train de dormir avec Aïta dans ses bras, sur sa poitrine. Dans une autre photo, ils s'embrassent tout en fermant les yeux. Le coeur de Wouly se serre car elle sait que quand Tapha ferme les yeux lors d'un baiser, c'est qu'il aime. Tapha a aimé embrasser Aïta. C'est lourd à supporter. Et la dernière qui lui a donné le tournis est celle où Aïta est assise sur Tapha qui est couché et lui tient la taille.

Chapitre 2 Chapitre 02

Wouly saisit la pile de photos des mains d'Aita et enlève le sachet transparent qui les recouvre.

Le plus elle regarde, le plus elle commence à accepter l'évidence. Les photos sont choquantes. Tapha est presque nu, recouvert d'un drap vert ciment, le torse nu en train de dormir avec Aïta dans ses bras, sur sa poitrine. Dans une autre photo, ils s'embrassent tout en fermant les yeux. Le coeur de Wouly se serre car elle sait que quand Tapha ferme les yeux lors d'un baiser, c'est qu'il aime. Tapha a aimé embrasser Aïta. C'est lourd à supporter. Et la dernière qui lui a donné le tournis est celle où Aïta est assise sur Tapha qui est couché et lui tient la taille.

Wouly n'arrive toujours pas à pleurer. Non, pas pour cet homme ! Pas devant lui ! Pas devant Aïta !

Elle se lève brusquement et jette les photos sur Tapha en hurlant de rage.

-Après tu viens me dire que tu ne m'as pas trompé, c'est toi Tapha. C'est toi sur ces photos. Oh mon Dieu ! C'est toi qui dors avec elle. Vous avez clairement passé la nuit ensemble, je ne sais pas pour les autres mais ces images prouvent que c'est toi. Nie le encore, nie le.

Et moi pendant un instant, j'ai voulu t'accorder le bénéfice du doute. Mais tu n'en vaux pas la peine. Tu as un salaud Tapha. Un hypocrite de la pire espèce. Je te déteste.

-C'est faux Wouly, ces photos sont fausses. Ce doit sûrement être un trucage, un montage-photos. Mon amour, crois moi s'il te plaît, ce n'est pas moi. La technologie a si bien évolué que c'est facile d'utiliser le visage de l'autre.

-Si tu commençais par arrêter tes mensonges, dit calmement Wouly. C'est ton corps Tapha, c'est toi. J'en ai marre de t'entendre démentir. J'en ai marre. Pour une fois depuis longtemps, dis moi la vérité. Accepte. Tu compliques les choses en me mentant.

-Avec quelle langue puis-je te montrer que je ne t'ai jamais été infidèle. Wouly, tu me connais. Je suis franc et direct. Et en ce moment, je suis dos au mur mais je ne peux pas te dire que c'est vrai. Je n'ai jamais touché cette pétasse, voyons. Bébé, je te jure que je te dis tout, absolument tout.

-Dis plutôt que tu ne t'en souviens pas ou que tu ne veux pas t'en souvenir. Regarde bien Moustapha. C'est bien ta chambre d'hôtel, ton lit. Franchement, tu n'as plus rien à dire à part d'accepter ton bébé, lui donner ton nom et m'épouser.

-Je ne commettrai jamais l'erreur de te mettre dans mon lit. Si c'est avec cette grossesse que tu comptes me faire du chantage, tu te trompes largement. Va chercher le père de ton enfant ailleurs...

Tapha ne termine pas ce qu'il dit car il remarque que Wouly montait rapidement les escaliers de la maison pour sûrement aller dans la chambre.

Avant qu'il ne puisse entrer, Wouly avait déjà fermé la porte avec la clé. Il frappe à la porte en criant son nom mais Wouly fait celle qui n'entend pas. Tapha se laisse glisser en bas et se tient la tête en signe de détresse.

Wouly doit le croire parce qu'il est sûr qu'il n'a rien fait. Il relève la tête et rencontre le visage d'Amy devant lui.

-Ma Amy ! Wouly va...

-Chuut, j'ai tout entendu. Ne t'en fais pas, je vais lui parler.

Amy tape la porte la porte doucement avec sa main

-Wouly ma fille ouvre, c'est moi, Amy. Laisse moi entrer s'il te plaît.

Elle voulait insister mais la porte d'entrée s'est ouverte devant une Wouly triste et en colère. Elle la fait entrer et referme aussitôt la porte manquant de peu de cogner le visage de Tapha. Ce dernier se rassoit doucement, comprenant que Wouly ne lui laissera plus la chance de s'expliquer et de se blanchir.

Dans la chambre, Wouly termine de faire la valise de Junior et la ferme.

-Chérie, réfléchis avant de faire une bêtise. On ne quitte pas son domicile conjugal sur un coup de tête. Wouly, je te parle. Ne laisse pas ta colère te dominer. En plus il est tard. Où vas tu dormir ? Surtout avec un bébé de deux mois et plus dans les bras. Passe la nuit jusqu'à demain. Tu prendras le temps de réfléchir à tout ça et de prendre la bonne décision. Je te parle, Wouly. Dit Amy en retenant sa main.

Wouly l'enlève doucement, se retourne face à la coiffeuse de sa chambre et enlève tous les bijoux qu'elle porte. Elle trouve des sandales devant la porte des toilettes et les chausse. Elle porte lourdement les deux valises et les dépose en bas. Elle va vers une des commodes à côté du lit, s'empare de la photo de Tapha et elle, souriants et très heureux. Elle fixe la photo pendant quelques minutes et la jete sur le mur. Ce qui casse le verre qui la cadrait et fait résonner un bruit assourdissant. Elle retourne à la commode, prend une photo de son fils, Junior et celle de sa mère. Elle range la photo de Junior dans son sac de voyage et tient dans sa main celle de sa mère. Elle marche doucement en faisant rouler les valises et devant la porte, elle se retourne encore pour regarder Amy qui pleure assise sur leur lit.

-Prends soin de toi Amy et de Tapha. J'espère qu'on se reverra bientôt.

-Ne fais pas ça, redemande Amy après un reniflement. Ne t'en va pas. Ce n'est pas la bonne solution.

-C'est la seule que j'ai trouvée, dit Wouly en ouvrant la porte.

Comme un soldat au garde à vous, Tapha se lève dès qu'il entend l'ouverture de la porte. Il se fige en voyant derrière Wouly deux valises et celle-ci affichant un visage déterminé.

-Qu'est ce que tu comptes faire? demande difficilement Tapha.

-Pousse toi, je suis pressée, ordonne Wouly.

-Non, pas tant que tu ne me dis pas où tu veux partir avec ces bagages.

-Tu poses des questions dont tu connais la réponse. Tu vois bien que je quitte la maison mais tu me demandes. Je te demande de décaler pour me laisser passer.

-Non, non Wouly tu ne vas nulle part. Qu'est ce que tu me fais comme ça Wouly ? Tu veux me quitter ? Tu veux partir alors que nous n'avons pas encore parlé.

-Qu'est ce qu'on doit se dire encore, Tapha. Tout est dit. Tu m'as trompé et pour t'éviter des problèmes, je m'en vais. Je laisse Aïta venir s'installer avec son enfant. Je te laisse être heureux, toi, elle et votre futur bébé.

-C'est toi que j'aime, c'est toi mon bonheur, c'est toi ma vie. Wouly, re...regarde moi. Est-ce que tu vois des mensonges dans mes yeux. Ne me laisse pas, s'il te plaît. Je ne suis rien sans toi. Ce n'est pas ce tissu de mensonges qui va nous séparer. Je t'en supplie, reste. Dit Tapha en se mettant à genoux.

Wouly le bouscule et presse le pas pour descendre les escaliers avec ses valises. Tapha ne se décourage pas, il la suit et continue de crier son nom. Amy est sortie de la chambre et elle aussi elle crie le nom de Wouly.

Elle ne les écoute pas et entre dans la chambre d'Amy, là où dort profondemment son bébé. Elle le prend délicatement et le dépose dans le berceau dépliant qu'elle accroche à son bras. Il fait un petit bruit sans se réveiller.

Alors qu'elle sortait de la chambre, il y a Tapha, Amy et Aïta qui la regardent mais elle n'en fait pas cas et tire ses valises après avoir confié le bébé à Amy.

-S'il te plaît Wouly, ne pars pas. Ne me laisse pas tout seul alors que j'ai besoin de toi, de vous. C'est mon premier jour avec Junior, je n'ai pas pu profiter de lui. Ne me l'enlève pas. Je te le demande. Dit Tapha en prenant son fils dans les bras, ce qui le réveille.

-C'est ton fils aussi, tu auras l'occasion de le voir quand tu voudras. Je te l'amenerai au bureau quelques fois et quand il grandira, il pourra venir passer des jours avec toi.

-Ne parle pas comme ça, ne fais pas comme si tu allais me quitter définitivement. C'est juste pour que tu prennes du recul et pour que tu reflechisses après tu vas revenir quand je réussirai à te prouver que toute cette histoire est un coup monté.

-Nous allons divorcer, j'enverrai mes oncles pour que tu me libères comme le veut la religion. Tu recevras aussi des nouvelles de mon avocat pour les papiers du divorce. Après chacun fera sa vie. Toi avec ta femme et ton enfant, moi avec mon Junior.

-Non, jamais je te dis. Tu n'auras pas le plaisir de me voir et libérer. Tu vas perdre ton temps et faire perdre leur temps à tes oncles. Je ne permettrai pas que tu te sépares de moi même si j'avais commis une bêtise à plus forte raison si je n'ai rien fait. Toi et moi, c'est pour toute la vie.

Reste, moi je vais partir. Cette maison est à toi, elle est à ton nom. Je trouverai bien un lieu où dormir mais ne pars pas. J'aurai l'impression de te perdre.

-C'est le cas pourtant. Dit brièvement Wouly avant de tirer sur ses valises pour sortir.

-Ah j'oubliais, dit-elle une fois devant la porte d'entrée de la maison.

Aïta ! Pendant cinq ans, tu étais amoureuse de mon mari et tu l'as aidé à m'être infidèle. Ça je ne te le pardonnerai jamais. Bayinala ak yallah, Bayinala ak yalla, bayinala ak yalla. Je te l'ai dit trois fois, Dieu nous voit et punit ceux qui font du tort à leur prochain, Il n'attend plus le Jugement Dernier, non, tout se paie dans cette vie, les bonnes comme les mauvaises choses. Et si je t'ai aidé sans attendre de retour, sans te souhaiter du mal, je demande au Tout-puissant de jouer l'arbitre pour ce que tu m'as fait. Mais je te souhaite quand même d'être heureuse avec lui et votre bébé. Avec tous les efforts que tu as fait pour l'avoir, il n'y a que cela qui peut t'arriver. Un conseil ma chère amie ! Dans un mariage, il y a plus que du sexe, l'argent, la beauté et le luxe. Je sais que je es bien que c'est l'argent et la carrure de Tapha sans oublier le privilège d'être une madame Ndoye, il y a tellement de choses qui se cachent derrière. Je te laisse découvrir par toi même. Autre chose, on ne chasse pas un paysan qui a cultivé son champ et qui a attendu la semence ; autant tu réussis à lui voler ses récoltes, autant un autre te le volera. Médite sur ça.

Quant à toi Tapha, je te souhaite aussi beaucoup de bonheur avec ta nouvelle famille. Merci pour ces années de bonheur même si c'était des mensonges. Tu m'as fait rêver et si tu avais été patient, si tu avais attendu...

Elle garde le silence pour refouler ses larmes.

Amy je t'indiquerai mon lieu de résidence pour que tu viennes me voir. Ne pleure pas, je ne suis pas morte, du moins pas encore. J'ai l'habitude de souffrir. C'est juste une autre qui complète la liste.

Amy tombe sur un fauteuil et Aïta fixe effrontément Wouly en souriant de victoire.

Tapha sort derrière elle avec le bébé dans les bras après avoir pris le berceau pliant de Junior des mains d'Amy.

Wouly réussit à faire entrer les deux valises dans la malle arrière de la voiture et ouvre la porte de derrière pour que Tapha installe le bébé.

-Voilà ! J'ai déposé tous les bijoux sur la coiffeuse. J'ai juste pris quelques affaires, j'enverrai quelqu'un prendre le reste une fois que je serai bien installée. J'ai estimé juste de prendre la petite voiture car pendant des années j'ai travaillé pour toi et que mon salaire vaut le prix de la voiture. Heu...je crois que c'est tout.

-Je te jure sur la tombe de ma mère et celle de mon père que je ne suis pas le père de cet enfant. Tu sais que c'est juste quand c'est sérieux que je jure sur la tombe de mes parents. Je passerai tout mon temps à te montrer la vérité. Je consacrerai ma vie à la chercher et j'espère que quand je te montrerai que cette histoire servie est fausse, tu n'auras pas de regrets, que tu pourras me voir sans avoir honte, que tu ne baisseras pas les yeux quand on se rencontrera. J'espère vraiment que tu te rendras compte que c'est moi qui dis la vérité et non des accusations et des photos, avant qu'il ne soit trop tard. Dit Tapha en laissant deux larmes rouler le long de ses joues.

-Au revoir Tapha, dit Wouly en voulant se tourner mais à temps, Tapha la retourne et plaque ses lèvres sur les siennes pour un baiser fou et désespéré. Il mouille son menton avec ses larmes et attrape fermement son visage. Pendant un moment, il lâche son visage et pose son front sur le sien.

-Un soir comme ce soir, où tu te trouveras, je viendrai et avec joie te dire que tu avais tout faux. Tout à l'heure, tu as dit que c'est toi qui souffre mais ce n'est pas vrai. C'est moi qui souffre de me faire accuser injustement par une fille sans vergogne et de ne pas avoir le soutien de ma femme dans cette épreuve. Je me rends juste compte que si j'étais condamné en prison et qu'on te présentait de fausses preuves, tu allais donner crédit à ces preuves et me laisser croupir en prison sans ton soutien.

N'aie pas peur, sache juste que je t'aime.

-Non tu ne m'aimes plus. Tu m'as sûrement aimé au début mais après tu restais avec moi par pitié. Tu avais promis de rester fidèle et de ne jamais me mentir.

-C'est ce que j'ai fait. Par contre toi, tu avais promis de ne jamais me quitter et de toujours me supporter. Tu ne remplis pas ta promesse. Tu me quittes.

-Je dois partir, souffle Wouly.

Ne pleure pas, je n'aime pas te voir avec des larmes. Ce n'est pas la peine de pleurer, je ne suis pas morte. Je resterai ton amie après le divorce. Dès que tu as besoin de parler, je serai là.

-Il n'y aura pas de divorce, un mariage c'est deux personnes, un divorce aussi. On restera mariés même si tu es loin de moi.

-On en reparlera par l'intermédiaire de nos avocats. Là je dois vraiment partir.

Chapitre 3 Chapitre 03

Wouly monte vite dans sa voiture et la démarre aussitôt, ce qui remplit de tristesse Tapha qui a couru derrière la voiture et une fois dans le jardin, il se laisse tomber par terre en criant :

-Wooooouuuuulllllyyyyyyy! Reviens mon amour.

Il sanglote fort et ramène ses longues jambes devant son visage recouvert de larmes.

Un homme qui pleure !

Tapha pleure pour l'amour qu'il a perdu et pour son bonheur et sa joie de vivre qui sont partis avec sa Wouly.

Aïta le trouve là bas, pleurant comme un enfant qu'on vient de corriger, une mère que son enfant bien d'abandonner, un père qui vient d'être humilié par son fils, un adolescent qui vient de perdre son petit copain. Ses sanglots sont bruyants et l'agace beaucoup. Elle se met en face de lui et commence à parler.

-Moustapha, pourquoi tu pleures ? Un homme ne doit pas pleurer. Ce n'est pas très... Bon, Arrête maintenant. Tu pleures pour une femme qui n'en vaut pas la peine. Sa place c'est dehors avec son bâtard de fils. Elle est trop collante et elle ne sait pas s'occuper de toi. Moi je vais te rendre heureux avec les enfants qu'on aura. Je te ferais des filles et des garçons qui seront les héritiers de Ndoye Consortium. Tu as fait le bon choix, tu as bien fait de la laisser partir.

Écoute moi, ne culpabilise pas, je t'aiderai à l'oublier vite. Elle n'est pas attirante, elle a trop de débordements au niveau des fesses et des hanches. Une femme n'a pas besoin d'autant de fesses, moi je suis fine, je suis légère et apte à porter tous tes enfants. Oh mon chéri, j'ai attendu ce jour avec tellement d'impatience.

Tapha essuie ses larmes d'un revers de main et porte son regard sur Aïta.

-Tu as raison Aïta. Tu m'as ouvert les yeux. Wouly ne mérite pas mes larmes. Elle est ronde en bas et ce n'est pas très commode pour une femme. En plus elle ne me serre qu'à m'amener des problèmes.

-Très bien mon chéri. Tu as bien fait de tout comprendre. Maintenant tu vas m'épouser et je vais m'installer ici. N'est ce pas ?

-Bien sûr, c'est ta place.

Diooop crie Tapha. Diop.

-Tu vas l'appeler pour lui dire d'aller chercher mes affaires. Demande Aïta avec un grand sourire.

-Exactement ! Assure Tapha.

-Youpi, crie de victoire Aïta. C'est fantastique.

Diop accourt et se positionne devant Tapha. Ce dernier lui demande de lui donner l'oreille pour qu'il lui parle.

Après lui avoir dit, il sort un billet de sa poche et lui tend.

Sans dire un mot, Diop prend de force la main d'Aita pour la faire sortir.

-Mais Qu'est ce qui se passe ? Moustapha ? Pourquoi il me traîne comme ça ? Hé lâche moi.

-Reconnais la Diop, qu'elle ne remette plus les pieds chez moi. Paie lui le taxi et adieu Aïta.

Amy arrive en souriant face à la scène que fait Aïta et se met à côté de Tapha.

-Vous deux, employés de merde. Vous serez les premiers sur ma liste que je vais faire sortir de cette maison. Je vais personnellement m'en charger dès mon installation. Bande de cons. Vous verrez, je vais vous jeter à la rue quand je serai la dame de cette maison.

Aïta disparait de la maison avec Diop et Tapha souffle de soulagement.

-Elle m'énerve. Confie Tapha à Amy.

Celle-ci lui tend la main pour l'aider à se lever. Il saisit sa main et se lève. Tapha passe sa main sur son épaule et ils marchent doucement.

Une fois dans le salon, Tapha se couche sur ses cuisses et Amy comme une mère, lui touche la tête.

-Ça va ? Comment tu te sens ? Demande Amy.

-Vide. Comme cette maison. Je ne veux plus rien de cette vie. Confie-t-il.

-Ne dis pas cela. Repens toi chez Dieu et essaie d'obtenir son pardon. Elle pourra te pardonner et vous serez de nouveau ensemble.

-Donc toi aussi Ma Amy ? Constate Tapha en se redressant. Toi aussi tu crois que j'ai une relation avec cette garce. Décidément !

-Ah, mon petit, c'est juste que la jeune femme a montré des photos.

-Les photos ? Encore ce discours. Je veux que vous me croyiez sur parole. Moi je suis incapable de faire cela à Wouly. Est ce que c'est dans mes habitudes de mentir? Dis moi.

-Non, toi tu dis toujours la vérité. Ne te fâche pas. J'admets que je n'aurai pas dû douter de toi. Excuse moi mon fils.

Tapha se recouche sur sa cuisse tout en fixant le bas de la table.

-Qu'est ce que tu vas faire maintenant ?

-Partir! Je vais faire comme Wouly et m'en aller d'ici. Je ne reste pas dans une maison où ma femme n'est plus ici avec mon fils. Cela fait trop de souvenirs.

-Je ne comprends pas, tu vas où ?

-Chez Djily, dit Tapha en montant trois par trois les escaliers.

-Djily ? Demande amy confuse.

-Oui, un de mes amis.

Quelques minutes après, Tapha redescend avec un sac rempli d'habits et effets personnels.

-Vous êtes fous, tous les deux. C'est quoi ces manières ? Quelle est cette manie de vouloir laisser votre maison pour vous installer ailleurs?

-Je ne remettrai les pieds ici qu'avec ma femme et mon fils. Je dois vraiment y aller Ma Amy. Tu peux rester ici, toi. Reste ici avec Diop et prend ça. C'est sont les clés de la chambre et cet argent, c'est pour vos besoins dans la maison.

Ne dis rien, je suis juste très triste mais j'ai toute ma tête.

Tapha la serre dans ses bras et court avec sa valise la laissant stupéfaite, la bouche ouverte de surprise.

Après avoir déposé son sac derrière, Tapha monte dans la voiture et sort du garage. Il sort devant la porte de la maison pour parler à Diop.

-Moustapha, j'ai payé le taxi pour la dame et voici la monnaie.

-C'est pour toi Diop. Je m'en vais. Il n'y a plus que Ma Amy et toi dans la maison. Ne laisse absolument personne entrer dans la maison. S'il y a des personnes qui demandent après moi ou mon épouse, dis lui que nous sommes en voyage. Tout simplement ! Ne rajoute rien. Surveille bien la maison. J'ai laissé un peu d'argent chez Amy pour tout ce dont vous aurez besoin. Je vous enverrai régulièrement de l'argent plus vos salaires.

C'est bon ?

-Oui Moustapha. Mais où allez-vous tous les deux ?

-Tu vois la femme que je t'ai demandé de faire sortir, elle veut ruiner mon ménage mais je ne la laisserai pas faire. Wouly est en colère et a quitté la maison à cause de cela. Moi, je ne peux pas rester ici sans eux. En bref, c'est tout ce qui m'est arrivé ce soir.

-Les femmes d'aujourd'hui sont dangereuses, il faut faire attention.

-Je ne te dirai pas le contraire. J'en suis là sur le point de perdre ma famille à cause de ses mensonges. Mais bof... Au-revoir.

Tapha se dirige pour aller dans sa voiture quand Diop l'interpelle.

-Viens s'il te plaît. Demande Diop.

-Oui, dit Tapha en s'approchant.

-Mon fils ! Garde ton sang froid, fais tout dans le calme. Va, fais tes ablutions et prie. Dieu est plus grand que les marabouts, les malfaiteurs. Partout où tu seras, tout le temps, reste avec les ablutions. Cette fille que je vois ne s'arrêtera pas à cela. Elle ira sûrement voir quelqu'un pour vous séparer. Tu connais le "deudelé", c'est pratique de nos jours. Pour te protéger, sois toujours avec tes ablutions et prie le Seigneur pour que tu retrouves ta femme.

Tu as compris ?

Tapha acquiesce, il a compris même si Diop parle wolof.

-Donne moi tes mains, je vais faire une prière pour toi.

Tapha présente ses mains et Diop récite des versets de Coran sur ses mains et souffle dessus.

-Amin, dit Tapha en recouvrant ses mains sur son visage et sur sa poitrine. Merci beaucoup pour les conseils et prières. Au-revoir.

-Bonne chance Moustapha. N'en veux pas à ta femme. C'est toi qui a la vérité, c'est juste la colère qui l'a poussée à faire cela. Au revoir.

Les larmes aux yeux, Tapha monte dans sa voiture. En conduisant, il se rappelle des paroles de Wouly et laisse libre cours à ses larmes.

Aujourd'hui, ce n'est pas le moment de dire que je suis un homme alors je ne pleure pas. Il fait le fort mais il est abattu, désolé et très triste. Ça fait mal de ne pas être compris, de ne pas avoir la confiance de sa conjointe. Il souffre et ne se gêne pas pour le montrer.

Les larmes aident à essuyer les yeux. Elles les nettoient mais Tapha ne veut pas que ses yeux se nettoient. Il veut que sa vie soit nettoyée, que le changement qu'est en train de faire son existence ne perdure pas. Un changement qui ne l'arrange pas, négatif.

Tapha entre dans la maison avec l'aide du gardien qui lui a ouvert la porte du garage. Il verrouille la porte de sa voiture et le gardien lui propose de tenir sa valise.

Il sonne et c'est une des servantes qui ouvre la porte.

-Bonsoir monsieur. Oh mon Dieu ! Anna, viens voir, c'est Moustapha Ndoye. Le célèbre entrepreneur. Oh, entrez monsieur. Quelle chance, enfin je vous vois. S'exclame la jeune fille.

-Euh...oui, bonsoir demoiselle. Djily est là ?

-Oh Anna, sa voix. Je l'entends en live. C'est une chance. Dit-elle à Anna qui a couru croyant qu'elle racontait des salades.

-Tu as eu raison, c'est bien lui. Moustapha Ndoye, ici? C'est génial!

-Heu...Vous allez me laisser devant la porte pendant longtemps? Je viens voir Djily.

-Qui me cherche ? Demande quelqu'un. Ah, el maroqui. Ndoye, tu te décides à venir chez moi.

Vous pouvez aller vaquer à vos occupations.

-Je crois que tes servantes ne vont pas biens. Dit Tapha en prenant Djily dans ses bras pour un câlin amical.

-C'est toi qui ne va pas bien. J'ai l'impression que tu as... pleuré. Je me trompe ? Qui a fait du mal à mon petit frère ? Se moque Djily.

Tapha éclate encore en sanglots et Djily, surpris le prend dans ses bras.

-Noon, hé, Ndoye, mais qu'est ce que tu fais ? Qu'est ce qui t'arrive? Viens, viens par là.

Il l'entraîne dans le salon et le fait s'assoir à côté de lui sur un sofa.

-Calme toi. Tu me fais peur. Qu'est ce qui t'arrive ? Il s'est passé quelque chose. C'est Wouly ? C'est Junior ? Dis moi. C'est une de tes sœurs.

-Wouly est parti, Djily. Elle est partie de la maison. Elle ne croit plus en moi.

Tapha sombre encore dans ses larmes et Djily le relève.

-Hé, hé, je veux que tu arrêtes de pleurer. Arrête moi tout de suite ces larmes. Wouly est partie donc tu pleures. Depuis quand es-tu faible ? Qu'est ce que pleurer peut arranger? Viens il y a une chambre là haut. Tu vas prendre une douche, prier et nous allons discuter. Lève toi.

Djily aide Tapha à monter après avoir demandé à une certaine Anna de faire monter la valise de Tapha.

Tapha prend sa douche, change ses habits, fait ses ablutions et prie

Il porte ses mains au ciel et demande à Dieu d'éclaircir son chemin et de faire triompher la vérité.

Il s'installe sur le lit en serrant le coussin.

On tape à la porte.

-Entrez, demande-t-il doucement.

-Ndoye, voici Salma, mon épouse. Présente Djily en lui montrant sa femme.

Tapha se lève pour serrer la main à Salma.

-Bonsoir. J'espère que je ne vous dérange pas en venant à cette heure de la nuit.

-Non, loin de là, vous êtes le bienvenu ici. Comment allez vous ?

-Bien... Je vais bien.

Amigo, es muy guapa.

-Tu as de la chance, je me suis assuré pour qu'elle ne comprenne pas l'espagnol.

-Comme ma femme, sinon, elles vont comprendre nos codes.

-Je crois que je vais aller dormir. Bonne nuit Moustapha. Dors bien.

-Bonne nuit, Salma. Je vais t'emprunter Djily pendant un moment.

-Oh, qu'il dorme avec toi. Il va juste me fatiguer.

-J'ai compris. Dit Tapha en riant. À demain !

Salma lui fait un bisou et embrasse langoureusement son mari qui réussit difficilement à la laisser partir.

-Bonne nuit, chérie. Souhaite Djily.

-Bonne nuit. Je t'aime.

-Moi aussi.

Dès que Salma ferme la porte, Djily saute sur le lit de Tapha et se couche sur le dos.

-Allez explique moi maintenant, sans pleurer. D'accord ?

-Arrête, je viens de perdre ma femme et tu te mets à te moquer de moi.

-Je ne me moque pas. Bref, raconte après on cherchera une solution.

Tapha se met à expliquer de A à Z, allant de la fête à sa venue ici.

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