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Mariée au Mafieux malgré Elle

Mariée au Mafieux malgré Elle

Auteur:: esserig
Genre: Romance
Que se passe-t-il quand le Mafieux le plus puissant d'Italie, Giovanni, apprend qu'il a été dupé par Alexei, un loup russe qui lui a extorqué des milliards de dollars ? Comment réagit-il en découvrant qu'Alexei est mort, le privant de toute chance de se venger et de récupérer sa dette ? Froid et intransigeant, Giovanni n'a jamais pardonné la trahison, mais cette situation pourrait-elle le pousser encore plus loin ? Puis, alors qu'il se résigne à ne jamais pouvoir obtenir réparation, son détective découvre un détail qui change tout : la fille unique d'Alexei, Sofia. Cette jeune femme pourrait-elle devenir son instrument de vengeance ? S'il refuse de s'attacher, peut-il vraiment rester indifférent à celle qui n'a pourtant rien à voir avec les fautes de son père ? Décide-t-il de l'utiliser pour rembourser la dette que son père lui doit, malgré les secrets et les défis qui se dressent sur son chemin ? Et même en apprenant qu'elle attend un enfant d'un autre homme, est-il prêt à laisser ce détail lui échapper ? Jusqu'où ira-t-elle pour se libérer de ce marché, et jusqu'où ira Giovanni pour finalement posséder son cœur ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Dans le silence oppressant de son bureau, Giovanni Russo posa un regard glacial sur les documents éparpillés devant lui. La pièce, luxueuse et ornée de boiseries sombres, était pourtant bien trop étroite pour contenir la colère qui montait en lui. Chaque chiffre inscrit sur ces pages représentait une trahison, une moquerie directe à son pouvoir et à son autorité. Alexei Ivanov, ce loup russe qu'il avait, pour une fois, osé considérer comme un allié fiable, lui avait soutiré des milliards. Non pas quelques millions, mais des milliards d'euros, comme un véritable affront à son empire.

Il agrippa la feuille de papier avec une telle force que ses jointures blanchirent. « Mort... » murmura-t-il pour lui-même, son ton chargé de mépris.

En face de lui, Marco, son bras droit et homme de confiance, hésitait à briser ce silence qui pesait comme un couperet. « Giovanni... je sais que ce n'est pas la nouvelle que tu voulais entendre, mais Alexei est mort il y a un mois. »

Giovanni releva lentement la tête, son regard noir et perçant clouant Marco sur place. « Tu me dis qu'il est mort, comme si cela pouvait excuser quoi que ce soit. Comme si cela allait effacer tout ce qu'il m'a pris. »

Marco déglutit, se balançant d'un pied à l'autre. « C'est la vérité. Un infarctus. Il vivait reclus depuis des mois, sans doute terrifié à l'idée que tu finirais par lui mettre la main dessus. »

Giovanni se leva, faisant grincer sa chaise contre le sol en marbre. Sa silhouette imposante dominait la pièce, et même Marco, pourtant habitué à son chef, sentit une tension qu'il ne pouvait ignorer. « Je ne me satisfais pas de sa mort, Marco. La mort est un luxe qu'il ne méritait pas. Je voulais qu'il souffre, qu'il sente le poids de sa trahison chaque jour de sa misérable existence. »

Il se mit à faire les cent pas, les mains croisées dans son dos, son esprit calculant déjà une vengeance qu'il ne pourrait plus accomplir de ses propres mains. « Alexei Ivanov... un homme que j'ai laissé entrer dans mon cercle, que j'ai traité avec respect. Il m'a volé, il m'a humilié. Et maintenant il se contente de mourir et de disparaître, comme un lâche. »

Marco fronça légèrement les sourcils, cherchant les mots justes. « Il reste encore des pistes à explorer. Peut-être que nous pouvons localiser une partie de l'argent ou les investissements qu'il a faits avec. »

Giovanni s'arrêta net, son regard s'enflamma d'un mélange de colère et de désespoir contenu. « Et alors ? Même si je récupère une fraction de cet argent, cela effacera-t-il la trahison ? Non, Marco. Ce n'est pas une question de chiffres. C'est une question de principe. On ne me trahit pas impunément. »

Le silence qui suivit fut interrompu par un bruit léger : Marco feuilletait un autre dossier qu'il tenait dans les mains. « Il y a peut-être... une autre solution, Giovanni. »

Giovanni lui lança un regard impatient. « Parle. »

« Alexei n'a pas laissé grand-chose derrière lui. Son empire est en ruines, ses comptes sont vides, et ses hommes se sont dispersés comme des rats. Mais... il avait une fille. Sofia Ivanova. Elle est encore en vie. »

Un léger rictus apparut sur le visage de Giovanni. Pas un sourire, mais une expression qui révélait autant de mépris que d'intérêt. « Une fille, dis-tu ? Et quel rôle joue-t-elle dans tout ça ? Était-elle complice de son père ? »

Marco secoua la tête. « Non, pas d'après ce que nous avons trouvé. Elle semble avoir été tenue à l'écart des affaires de son père. Elle vit modestement, loin du faste auquel on pourrait s'attendre. Elle n'a pas de liens connus avec le milieu. Mais... elle est son unique héritière. »

Giovanni s'appuya contre le bureau, un éclair de calcul dans les yeux. « Modestement, dis-tu ? Où se trouve-t-elle ? »

« Dans une petite ville, à quelques heures d'ici. Elle travaille comme serveuse dans un café. Elle vit seule, sans protection apparente. »

Un silence tendu s'installa tandis que Giovanni réfléchissait. Marco l'observait, cherchant à deviner ses intentions, mais il savait que Giovanni était un homme qu'on ne devinait jamais vraiment.

« Sofia Ivanova... » Giovanni prononça son nom comme s'il testait son goût sur sa langue. « Si son père m'a volé des milliards, alors elle me doit quelque chose en retour. Tout ce qui appartenait à Alexei m'appartient désormais. Qu'elle soit innocente ou non, elle ne peut échapper à la dette de son père. »

Marco hésita, conscient de la direction que prenait son patron. « Giovanni, elle n'a rien à voir avec les affaires d'Alexei. C'est une femme ordinaire, sans ressources. Elle ne pourra jamais rembourser ce que son père te doit. »

Giovanni éclata d'un rire froid, sans la moindre trace d'humour. « Rembourser ? Tu crois que c'est une question d'argent, Marco ? Je veux qu'elle paye. Pas avec de l'argent, mais avec autre chose. Elle sera le levier que je n'ai pas pu utiliser contre son père. Une Ivanova sous mon contrôle... cela enverra un message bien plus fort que de simples comptes bancaires. »

Marco ouvrit la bouche pour protester, mais il se ravisa en croisant le regard déterminé de son chef. Giovanni était inébranlable, et toute tentative de le raisonner ne ferait que le contrarier davantage.

« Trouve-la. Et amène-la-moi. Je veux voir cette Sofia de mes propres yeux. »

Marco hocha la tête, bien qu'un poids semblait peser sur sa poitrine. « Très bien. Je vais envoyer des hommes immédiatement. »

Giovanni se rassit lentement, son esprit déjà concentré sur ce nouvel objectif. Sofia Ivanova. Une simple serveuse, vivant une vie modeste, qui n'avait probablement jamais imaginé devenir la cible de l'homme le plus puissant d'Italie.

Mais dans son monde, l'innocence n'avait aucune valeur. On héritait des dettes, des péchés et des crimes de ceux à qui on était lié. Et pour Giovanni, peu importait qu'elle ait été tenue à l'écart des manigances de son père. Elle portait le nom d'Ivanov. C'était suffisant.

« Oh, Sofia, » murmura-t-il dans un souffle, un sourire cruel étirant ses lèvres. « Tu n'as aucune idée de ce qui t'attend. »La lumière pâle du matin filtrait à travers les lourds rideaux du bureau de Giovanni. Il était debout, face à la grande baie vitrée qui donnait sur les vastes jardins de sa villa, une tasse de café à la main. La veille avait été agitée, mais son esprit n'avait pas faibli. Cette Sofia Ivanova, cette inconnue, était désormais au centre de ses pensées. Son nom résonnait comme une énigme à résoudre, une pièce manquante dans le puzzle de sa vengeance.

Marco entra dans la pièce sans frapper, tenant un dossier épais sous le bras. Giovanni se retourna lentement, ses yeux noirs fixant son homme de confiance.

« Des nouvelles ? » demanda-t-il d'une voix calme, presque trop calme pour que Marco se sente à l'aise.

« Oui, nous avons des informations solides. Elle vit dans une petite ville près de Florence. »

Giovanni posa sa tasse sur le bureau avec une précision méticuleuse. « Continue. »

Marco ouvrit le dossier et sortit plusieurs photos qu'il posa sur la surface en bois. Les clichés montraient une jeune femme aux cheveux châtain clair, attachés en une queue-de-cheval négligée, portant un tablier usé par le temps. On la voyait sortir d'un petit café, les bras chargés de sacs d'ordures, ou encore en train de marcher dans une rue modeste bordée d'immeubles délabrés.

« Sofia Ivanova, 25 ans, serveuse dans un café local. Elle vit seule dans un appartement minuscule au dernier étage d'un immeuble décrépit. Elle n'a pas de voiture, pas de bijoux, rien qui laisse penser qu'elle ait profité de la fortune de son père. »

Giovanni prit l'une des photos et la fixa intensément. La femme qu'il voyait sur cette image n'était pas celle qu'il s'attendait à découvrir. Pas de signes de luxe, pas de vanité apparente. Elle semblait... banale. Vulnérable, même.

« Et ses habitudes ? » demanda-t-il sans relever les yeux de la photo.

« Elle travaille tous les jours de 7 heures à 15 heures. Après ça, elle fait souvent des courses au marché local. Le soir, elle rentre directement chez elle. Pas d'amis proches, pas de relations connues. Elle mène une vie discrète, presque effacée. »

Giovanni fronça les sourcils, posant la photo sur le bureau. « Elle est intelligente. Elle sait se cacher. Une vie aussi simple ne peut être qu'un camouflage. Aucun enfant d'Alexei Ivanov ne pourrait vivre comme ça sans une raison. »

Marco haussa légèrement les épaules. « Ou peut-être qu'elle n'a vraiment rien. D'après nos sources, Alexei l'a abandonnée quand elle était encore adolescente. Il n'y a aucune preuve qu'ils soient restés en contact ces dernières années. »

Giovanni se tut un moment, son esprit tournant à toute vitesse. Il n'aimait pas les zones d'ombre, encore moins les inconnues. Chaque détail sur cette femme devait être scruté, analysé, disséqué.

« Assurez-vous qu'elle est surveillée en permanence, » ordonna-t-il finalement. « Je veux tout savoir sur elle. Ce qu'elle mange, où elle dort, ce qu'elle dit. Tout. »

Marco hocha la tête. « C'est déjà en cours. Nos hommes sont en place depuis hier soir. Ils se relaient pour ne pas attirer l'attention. »

Giovanni se rassit, croisant les mains sous son menton. « Bien. Mais je veux que cela reste discret. Si elle se doute de quelque chose, cela compliquera les choses. Et je ne veux pas de complications. »

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À plusieurs centaines de kilomètres de là, Sofia traversait la petite place de la ville, ses pas rapides sur les pavés inégaux. La journée avait été particulièrement longue. Les clients avaient été plus nombreux que d'habitude, et son dos lui faisait mal à force de courir entre les tables et la cuisine.

Elle s'arrêta un instant devant l'étalage d'un marchand de fruits, hésitant entre quelques pommes et des bananes. Elle avait un budget strict, chaque centime comptait. Après un rapide calcul mental, elle opta pour les pommes, les plaçant soigneusement dans un sac en papier avant de payer.

« Merci, Sofia. Bonne soirée ! » lança le marchand avec un sourire amical.

Elle lui répondit d'un signe de tête et continua son chemin. La nuit tombait lentement, et le vent frais commençait à faire frissonner ses bras. Elle resserra son manteau autour d'elle, levant les yeux vers les fenêtres éclairées des immeubles qui l'entouraient.

Chapitre 2 Chapitre 2

C'était une vie modeste, une vie qu'elle avait choisie parce qu'elle n'avait jamais connu autre chose. Son père, Alexei Ivanov, n'avait été qu'un souvenir lointain et douloureux, un homme qui était apparu et disparu de sa vie comme une ombre. Elle n'avait jamais cherché à comprendre pourquoi. Elle s'était contentée de l'accepter.

Mais quelque chose, ce soir-là, la mettait mal à l'aise. Une impression étrange qu'elle ne parvenait pas à identifier. Était-ce la fatigue ? Ou peut-être l'homme qu'elle avait aperçu plus tôt dans la rue, qui semblait marcher un peu trop lentement derrière elle ?

Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, mais la rue était déserte. Elle haussa les épaules, se forçant à penser qu'elle imaginait des choses.

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Dans une voiture garée non loin, deux hommes observaient Sofia à travers des jumelles.

« Elle a l'air nerveuse, » commenta l'un d'eux.

« Normal. Ces petites villes, tout le monde connaît tout le monde. Elle doit sentir qu'il y a quelque chose qui cloche. »

« Tu crois que le boss va vraiment l'amener à la villa ? »

L'autre homme haussa les épaules. « Ce n'est pas notre problème. On suit les ordres, on surveille, et c'est tout. »

Dans le silence, Sofia monta les marches de son immeuble, s'arrêtant un instant devant la porte de son appartement. Elle posa sa main sur la poignée, regardant autour d'elle une dernière fois avant d'entrer.

De l'autre côté de la ville, Giovanni recevait les dernières nouvelles de ses hommes. Marco se tenait à ses côtés, relisant leurs rapports.

« Elle est seule, comme tu l'as demandé. Pas d'amis, pas de contacts extérieurs. Tout indique qu'elle n'a rien à voir avec son père. »

Giovanni serra les mâchoires, fixant la photo de Sofia accrochée sur le tableau devant lui.

« Nous verrons, Marco. Une femme peut cacher bien des choses. » La lumière déclinante du jour baignait la petite place où Sofia terminait une autre longue journée de travail. Le café, comme toujours, avait été rempli d'habitués bavards et d'étrangers de passage, et elle avait passé des heures à sourire et à courir entre les tables. Elle poussa un soupir en verrouillant la porte d'entrée derrière elle, s'attardant un instant pour regarder son reflet dans la vitre. Ses traits étaient tirés, ses cheveux retenus en un chignon lâche commençaient à se défaire, et des cernes soulignaient ses yeux fatigués.

Alors qu'elle se retournait pour rentrer chez elle, un homme en costume sombre s'approcha. Il était grand, impeccablement vêtu, et affichait une expression polie mais distante. Sofia sentit son estomac se nouer. Ce genre de visiteurs n'était pas courant dans cette petite ville, et encore moins dans sa vie.

« Sofia Ivanova ? » demanda-t-il d'une voix posée.

Elle recula instinctivement, le regard méfiant. « Qui le demande ? »

L'homme esquissa un sourire crispé et sortit une carte de visite qu'il lui tendit. « Je travaille pour un homme d'affaires influent. Monsieur Russo souhaiterait vous rencontrer pour discuter d'un sujet important. »

Sofia prit la carte du bout des doigts, son cœur battant un peu plus vite. Le nom ne lui disait rien, mais l'idée qu'un homme aussi puissant veuille la rencontrer lui semblait absurde.

« Je ne vois pas pourquoi un certain... Giovanni Russo voudrait parler à une simple serveuse, » répondit-elle avec un mélange de défiance et de nervosité.

« Monsieur Russo est un homme qui apprécie la discrétion, » répondit l'homme calmement. « Il m'a demandé de vous transmettre son invitation pour un dîner demain soir. Il tient à discuter d'une affaire concernant votre famille. »

Le mot « famille » frappa Sofia comme un coup de poing. Elle ne parla pas de son père, jamais. Elle avait construit une vie où son nom n'était qu'un mot, dépourvu de tout lien avec Alexei Ivanov.

« Je n'ai pas de famille, » répondit-elle froidement en lui tendant la carte de retour.

Mais l'homme ne la prit pas. « Je comprends que cela puisse sembler étrange, mademoiselle Ivanova. Mais je vous assure que cette rencontre est dans votre intérêt. Monsieur Russo souhaite simplement clarifier certains points. »

Sofia n'avait aucune envie de se retrouver mêlée à une quelconque histoire liée à son passé, mais elle était aussi consciente que cet homme et celui qu'il représentait ne prenaient probablement pas « non » comme une réponse acceptable.

« Très bien, » céda-t-elle à contrecœur. « Où et quand ? »

L'homme lui donna une adresse en périphérie de la ville, dans un restaurant chic qu'elle n'aurait jamais pu se permettre. Il s'inclina légèrement avant de repartir, la laissant seule au milieu de la place, plus confuse que jamais.

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Le lendemain soir, Sofia se présenta au restaurant à l'heure convenue, habillée aussi bien qu'elle le pouvait avec ses moyens limités. L'endroit était élégant, bien trop luxueux pour elle, et elle se sentit immédiatement déplacée en franchissant les portes.

Un maître d'hôtel la guida vers une table isolée dans un coin. Mais lorsqu'elle arriva, la table était vide.

« Monsieur Russo arrive dans quelques instants, mademoiselle, » dit l'homme en tirant une chaise pour elle.

Elle s'assit, les mains serrées sur ses genoux, le cœur battant la chamade. Les minutes s'écoulèrent lentement, et bientôt, son anxiété se transforma en suspicion. Où était cet homme ? Pourquoi l'avait-elle laissée attendre ainsi ?

Elle se leva brusquement, décidée à partir. Mais à peine avait-elle fait un pas qu'un serveur apparut devant elle, un sourire forcé sur les lèvres.

« Veuillez patienter encore un instant, mademoiselle. Monsieur Russo est en route. »

« Je crois que c'est une erreur, » répondit Sofia, sa voix tremblante. « Je ne devrais pas être ici. »

Elle tourna les talons et marcha vers la sortie, mais avant qu'elle ne puisse l'atteindre, deux hommes apparurent comme par magie devant elle. Leurs costumes sombres et leurs visages impassibles la firent immédiatement reculer.

« Veuillez nous suivre, » dit l'un d'eux, sa voix basse et menaçante.

« Non, je... Je veux partir. »

Elle tenta de contourner les hommes, mais une main ferme se posa sur son bras.

« Ne rendez pas les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà, mademoiselle Ivanova. »

Le ton glacial et l'étreinte impitoyable suffirent à lui faire comprendre qu'elle n'avait pas le choix. Terrifiée, elle fut escortée hors du restaurant jusqu'à une voiture noire aux vitres teintées.

Elle essaya de crier, de se débattre, mais un des hommes lui plaça un chiffon sur le visage, et l'odeur chimique qui s'en dégagea lui fit perdre pied.

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Sofia ouvrit les yeux dans une pièce faiblement éclairée. Sa tête lui tournait, et il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre qu'elle n'était plus au restaurant. Elle était allongée sur un canapé, une couverture fine jetée sur elle.

Elle se redressa précipitamment, le souffle court, et réalisa que l'endroit où elle se trouvait n'avait rien de rassurant. Les murs étaient recouverts de bois sombre, et une fenêtre massive donnait sur des jardins plongés dans l'obscurité.

La porte s'ouvrit soudain, et un homme entra. Grand, imposant, et vêtu d'un costume noir, il dégageait une aura de puissance froide et implacable.

« Sofia Ivanova, » dit-il d'une voix grave, son regard perçant plongeant dans le sien.

Elle se leva brusquement, reculant instinctivement jusqu'au mur derrière elle. « Qui êtes-vous ? Pourquoi suis-je ici ? »

« Je suis Giovanni Russo, » répondit-il calmement, comme si cette simple déclaration expliquait tout.

« Vous... vous êtes fou ! Vous m'avez kidnappée ! Je veux rentrer chez moi ! »

Il ne bougea pas, se contentant de la fixer avec cette intensité glaciale qui semblait transpercer son âme.

« Ce n'est pas un enlèvement, Sofia. C'est une nécessité. »

Elle serra les poings, tremblante de rage et de peur. « Une nécessité ? Vous m'arrachez à ma vie, et vous appelez ça une nécessité ? »

Giovanni s'approcha lentement, chaque pas mesuré et menaçant. « Ta vie, Sofia, n'a jamais été la tienne. Tout ce que tu crois être, tout ce que tu crois avoir construit... repose sur un mensonge. »

Elle fronça les sourcils, confuse. « Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne vous connais même pas. »

Il s'arrêta à quelques mètres d'elle, la dominant de toute sa stature. « Non, mais tu connais le nom Ivanov. Ton père. Alexei Ivanov. »

Le nom de son père, prononcé avec tant de mépris, lui coupa le souffle. Elle secoua la tête, refusant d'écouter. « Mon père est mort. Il n'a rien à voir avec moi. »

« Il a tout à voir avec toi, » rétorqua Giovanni d'une voix tranchante. « Il m'a volé. Il a trahi ma confiance. Et toi, Sofia, tu es la seule chose qu'il a laissée derrière lui. »

Elle sentit ses jambes fléchir sous le poids de ses mots. « Je... je ne sais rien de tout ça. Je n'ai jamais eu de contact avec lui. »

Giovanni s'approcha encore, si près qu'elle pouvait sentir la chaleur froide de son autorité. « Peu importe ce que tu sais ou ce que tu ignores. Tu es une Ivanova. Et maintenant, tu es à moi. »

Sofia secoua la tête, les larmes montant à ses yeux. « Vous êtes malade... Je ne suis pas responsable des actes de mon père. Vous ne pouvez pas me faire ça. »

Un silence lourd tomba entre eux, avant que Giovanni ne murmure, froid et implacable : « Dans mon monde, Sofia, les dettes se paient. Qu'elles soient financières... ou personnelles. »

Elle recula encore, son dos contre le mur, tandis qu'il la regardait comme un prédateur observant sa proie. Elle comprit, à cet instant précis, que sa vie ne lui appartenait plus. Sofia était assise dans une chaise en bois massif, face à une grande table de réunion éclairée par la lumière froide d'un lustre imposant. La pièce, austère et intimidante, semblait taillée sur mesure pour refléter le pouvoir de l'homme qui se tenait devant elle. Giovanni Russo, debout près de la fenêtre, lui tournait le dos, ses mains croisées dans son dos. Il était l'image même de la maîtrise et de la menace.

Sofia, elle, était un mélange de colère et de peur, ses mains tremblant légèrement alors qu'elle les croisait sur ses genoux pour cacher son agitation. Depuis son enlèvement, elle n'avait eu aucun moment pour elle-même, aucune chance de reprendre son souffle ou d'analyser la situation. Chaque seconde passée dans cette villa renforçait son sentiment d'impuissance, mais aussi un instinct de survie qu'elle ne savait pas qu'elle possédait.

« Alors, Sofia, » commença Giovanni, sa voix basse et coupante comme une lame. « Combien a-t-il laissé pour toi ? »

Sofia releva la tête, confuse. « Combien de quoi ? »

Giovanni se retourna lentement, ses yeux noirs la fixant avec une intensité qui lui donna des frissons. « D'argent. Combien ton père t'a-t-il laissé ? »

Elle cligna des yeux, abasourdie. « Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je n'ai jamais reçu un centime de lui. »

Chapitre 3 Chapitre 3

Il éclata de rire, un rire sans joie, froid et cruel. « Ne joue pas à l'innocente, Sofia. Alexei Ivanov était un homme qui manipulait tout et tout le monde. Il a accumulé des milliards avant de me trahir et de disparaître. Et tu veux me faire croire qu'il n'a rien laissé à sa propre fille ? »

Elle se redressa dans sa chaise, ses poings serrés contre ses cuisses. « Je vous dis la vérité. Je n'ai rien reçu de lui, ni argent, ni aide, ni quoi que ce soit. Mon père m'a abandonnée il y a des années. Je n'ai jamais eu de relation avec lui ! »

Giovanni fronça les sourcils, mais il ne montra aucun signe d'ébranlement. Il s'approcha lentement de la table, posant ses mains sur le bord et se penchant vers elle.

« Je n'aime pas les mensonges, » dit-il d'une voix basse, presque un murmure. « Alors je vais te poser la question une dernière fois : où est l'argent ? »

Sofia sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle les retint de toutes ses forces. Elle ne voulait pas lui donner cette satisfaction.

« Je n'ai rien. Rien du tout. Vous croyez que je vis dans le luxe ? Regardez-moi ! Je travaille comme serveuse pour payer mon loyer. Je n'ai jamais vu cet argent dont vous parlez. Et même si je l'avais, je ne le prendrais pas. Je ne veux rien de lui. »

Giovanni la regarda longuement, cherchant le moindre signe de tromperie dans ses yeux. Mais tout ce qu'il vit, c'était une jeune femme épuisée, au bord du désespoir, qui semblait sincère dans ses paroles.

« Alors tu es encore plus pathétique que je ne le pensais, » lâcha-t-il finalement, reculant pour s'asseoir sur le bord de la table.

Elle serra les dents, la colère l'emportant sur sa peur. « Vous m'avez kidnappée, accusée de choses dont je ne suis pas responsable, et maintenant vous me traitez de pathétique ? Vous êtes malade. »

Un silence glacé tomba dans la pièce. Giovanni la fixa avec un sourire à peine perceptible, mais il n'y avait rien d'amusé dans son expression.

« Pathétique, » répéta-t-il, ignorant ses mots, « parce que tu es incapable de voir ce que tu es vraiment. Une clé. Une opportunité. Ton existence seule est une dette. Ton père m'a volé, Sofia, et il m'a privé de ma vengeance. Mais toi... toi, tu es ma solution. »

Elle le regarda, incrédule. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Giovanni se redressa, croisant à nouveau les bras sur sa poitrine. « Ça veut dire que tu vas payer pour lui. »

Sofia se leva brusquement, faisant grincer la chaise sur le sol. « Je ne vous dois rien ! Rien du tout ! Vous pouvez me menacer autant que vous voulez, je ne suis pas responsable des actes de mon père ! »

« Ce n'est pas toi qui décides, » répondit-il calmement, mais son ton n'avait jamais été aussi menaçant.

Elle recula d'un pas, secouant la tête. « Vous ne pouvez pas faire ça. Vous ne pouvez pas me tenir responsable de quelque chose que je n'ai pas fait. »

Giovanni avança, réduisant la distance entre eux. « Dans mon monde, Sofia, les dettes sont une question d'honneur. Ton père n'est plus là pour payer, alors c'est toi qui porteras ce fardeau. »

Elle sentit son dos toucher le mur, le froid de la pierre lui coupant le souffle. « Et qu'est-ce que vous attendez de moi ? Vous voulez que je vous donne quelque chose que je n'ai pas ? »

Il la fixa longuement, un sourire dur se dessinant sur ses lèvres. « Ce que je veux, c'est simple. »

Elle fronça les sourcils, attendant la suite, son cœur battant à tout rompre.

« Tu vas te marier, Sofia. »

Le choc de ses mots lui coupa la respiration. Elle éclata de rire, un rire nerveux et incrédule. « Vous êtes fou. Fou à lier. Vous pensez que je vais accepter ça ? »

Il ne cilla pas. « Ce n'est pas une proposition, Sofia. C'est un ultimatum. »

Elle tenta de reprendre son souffle, ses pensées se bousculant. « Pourquoi ? Pourquoi voudriez-vous que je fasse une chose pareille ? »

« Parce que tu es une Ivanova. Et parce que, en te liant à un homme que je choisirai, tu serviras de garantie pour récupérer ce que ton père m'a volé. »

« Vous voulez me vendre, » murmura-t-elle, horrifiée.

« Appelle ça comme tu veux, » répondit-il froidement. « Mais c'est la seule issue. »

Sofia secoua la tête, les larmes débordant malgré elle. « Je refuse. Jamais je ne ferai ça. »

Giovanni se pencha vers elle, ses yeux sombres brillant d'une intensité terrifiante. « Tu n'as pas le choix, Sofia. C'est ça, ou je détruis tout ce que tu as. »

Elle le regarda, terrifiée, cherchant un moyen d'échapper à cet homme, à cette situation cauchemardesque. Mais au fond d'elle, elle savait qu'il disait la vérité. Il ne reculait devant rien, et elle... elle était piégée. Le silence dans la grande salle semblait peser des tonnes, comme si même les murs retenaient leur souffle face à la confrontation qui venait de se dérouler. Giovanni s'éloigna, la démarche lente et calculée, et alla s'asseoir dans un fauteuil près de la cheminée. Il prit un verre de whisky posé sur une table basse et le porta à ses lèvres, comme si tout ce qui venait de se passer n'était qu'une simple formalité pour lui.

Sofia, toujours debout près du mur, sentait ses jambes vaciller sous le poids de la peur et de l'humiliation. Son esprit s'emballait, cherchant une échappatoire, un moyen de sortir de cette situation absurde. Mais chaque regard qu'elle lançait autour d'elle lui rappelait à quel point elle était prisonnière.

« Je vais te laisser réfléchir, Sofia, » dit Giovanni d'un ton presque désinvolte, ses yeux rivés sur le liquide ambré qui tourbillonnait dans son verre. « Une semaine. C'est tout ce que tu as. Une semaine pour comprendre que tu n'as pas d'autre choix. »

Elle serra les poings, son corps tremblant de rage. « Vous ne pouvez pas me forcer à faire ça. Vous pensez pouvoir contrôler tout le monde, mais je ne suis pas l'une de vos marionnettes. »

Il leva les yeux vers elle, un sourire froid se dessinant sur ses lèvres. « Oh, mais tu te trompes. Ici, tout le monde danse au rythme que je dicte. Tu peux me défier si tu veux, Sofia, mais je te garantis que tu n'aimeras pas les conséquences. »

Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun mot ne sortit. La peur nouait sa gorge, et l'intimidation implacable de Giovanni pesait sur elle comme un étau.

« Une semaine, » répéta-t-il en se levant. « Après ça, tu devras choisir. Soit tu acceptes, soit je fais en sorte que tout ce que tu connais disparaisse. »

Il quitta la pièce sans un mot de plus, la laissant seule dans ce silence oppressant.

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Les jours qui suivirent furent un mélange de terreur et de frustration pour Sofia. Elle était confinée dans la villa, surveillée à chaque instant par des hommes en costume qui semblaient surgir de nulle part dès qu'elle faisait un pas hors de sa chambre. Elle avait essayé de poser des questions, de comprendre ce qui se passait réellement, mais personne ne lui répondait. Giovanni lui-même semblait l'ignorer, comme si elle n'était qu'un pion en attente d'être déplacé sur son échiquier.

Un matin, alors qu'elle errait dans les couloirs de la villa, elle croisa une jeune femme vêtue d'un uniforme de domestique. Sofia s'approcha rapidement, saisissant sa chance.

« Excusez-moi, » murmura-t-elle à voix basse, jetant des regards autour d'elle pour s'assurer qu'aucun des gardes ne l'observait. « Pouvez-vous m'aider ? Je dois partir d'ici. »

La domestique, une jeune femme brune à l'air effrayé, secoua la tête avec force. « Je suis désolée, madame, mais je ne peux pas. Personne ne peut désobéir à Monsieur Russo. »

« S'il vous plaît, » insista Sofia, ses yeux brillants de désespoir. « Je ne veux pas être ici. Je ne veux pas... »

Elle s'interrompit en entendant des pas lourds derrière elle. Deux hommes de main s'approchaient, leurs regards perçants ne laissant aucune place à l'erreur. L'un d'eux la saisit doucement mais fermement par le bras.

« Retournez dans votre chambre, mademoiselle Ivanova. »

Elle voulut protester, mais les mots moururent dans sa gorge. La domestique s'éloigna rapidement, tête baissée, et Sofia fut escortée jusqu'à sa chambre, où la porte fut refermée derrière elle avec un déclic sonore qui semblait résonner dans toute la pièce.

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Cette nuit-là, elle décida qu'elle ne pouvait pas rester passive. Si personne ne l'aidait, elle devait s'en sortir seule. Elle passa des heures à observer par la fenêtre, calculant les rondes des gardes et les zones de la propriété qui semblaient les moins surveillées. Elle savait que c'était risqué, mais elle ne voyait pas d'autre solution.

Aux premières lueurs de l'aube, elle enfila des vêtements sombres et sortit discrètement de sa chambre. Ses pieds nus lui permettaient d'avancer sans bruit sur les tapis épais qui couvraient les couloirs. Elle avait mémorisé un chemin qui menait à une porte arrière, souvent utilisée par le personnel.

Son cœur battait à tout rompre lorsqu'elle atteignit la porte. Elle posa une main tremblante sur la poignée et la tourna lentement. À sa grande surprise, la porte n'était pas verrouillée. Elle la poussa doucement, et l'air frais du matin lui caressa le visage.

Mais avant qu'elle n'ait pu franchir le seuil, une main puissante attrapa son bras, la tirant brutalement en arrière. Elle se retourna, le souffle coupé, pour se retrouver face à un des gardes.

« Vous pensiez vraiment que ce serait aussi simple ? » grogna-t-il en la traînant sans ménagement vers l'intérieur.

Sofia se débattit, hurlant de colère et de frustration. « Lâchez-moi ! Vous n'avez pas le droit de me retenir ici ! »

Mais ses cris ne firent qu'attirer plus de regards, et bientôt, elle fut escortée jusqu'au bureau de Giovanni. Il l'attendait, assis dans son fauteuil, un air impassible sur le visage.

Les gardes la poussèrent à l'intérieur et refermèrent la porte derrière eux. Sofia chancela légèrement avant de se redresser, son regard brûlant de défi malgré les larmes qui coulaient sur ses joues.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! » cria-t-elle. « Vous n'avez pas le droit ! »

Giovanni leva les yeux vers elle, calmement. « Je t'avais dit de ne pas me défier, Sofia. »

« Et moi, je vous ai dit que je ne suis pas à vous ! » hurla-t-elle, sa voix brisée par l'émotion.

Il se leva lentement, s'approchant d'elle avec cette démarche menaçante qu'elle commençait à reconnaître. « Tu crois vraiment que tu peux t'échapper ? Que tu peux simplement fuir et me laisser derrière ? »

Elle ne répondit pas, son souffle rapide et irrégulier.

« Écoute-moi bien, Sofia, » murmura-t-il, sa voix basse et glaciale. « Chaque mouvement que tu fais, je le connais. Chaque pensée de fuite, je l'anticipe. Tu es ici, sous mon toit, et tu resteras ici jusqu'à ce que tu respectes mes conditions. C'est clair ? »

Elle le regarda, ses yeux brillants de colère et de peur, mais elle ne répondit pas.

Il se pencha légèrement vers elle, ses paroles tranchantes comme des lames. « Tu n'as pas besoin de rendre les choses plus difficiles pour toi. Une semaine, Sofia. C'est tout ce que tu as. Après ça, je prends une décision pour toi. »

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