Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Aventure > Mariée a un Super Milliardaire
Mariée a un Super Milliardaire

Mariée a un Super Milliardaire

Auteur:: vino
Genre: Aventure
**Lana** a été bannie par le futur héritier d'un empire financier, **William DeGray**, de la prestigieuse famille Blood Moon. Son amant depuis plus d'un an, William, la rejette brutalement après une soirée qui tourne au scandale. La raison ? Lana aurait attaqué violemment la future fiancée choisie par la famille DeGray. Sous la pression familiale, il lui ordonne de disparaître pour toujours. Mais Lana, malgré sa douleur, sait que quelque chose ne tourne pas rond. Quand elle interroge sa conscience intérieure, son intuition, elle ne cesse d'entendre la même réponse : « Pour protéger l'héritier. » Lana s'enfuit, comme William le lui a ordonné, et plonge dans l'anonymat. Elle retourne à l'université, décidée à refaire sa vie loin des intrigues des puissants. Elle termine son diplôme de droit et bâtit une brillante carrière comme avocate spécialisée dans les divorces complexes, aidant les humains à échapper à des unions toxiques. Mais elle porte un secret que personne ne connaît : un secret qui pourrait non seulement ébranler l'empire DeGray, mais aussi changer sa propre vie à jamais. Six ans plus tard, alors qu'elle pensait avoir laissé cette vie derrière elle, Lana reçoit une lettre officielle. La famille DeGray exige son retour dans leur domaine. Elle brûle la lettre sans hésiter. Mais peu après, William, devenu le maître incontesté de l'empire financier, refait surface. Et cette fois, il est prêt à tout pour la ramener. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ne peut-il pas la laisser tranquille après toutes ces années ? Que sait-il vraiment de son secret ? Lana refuse catégoriquement. Elle se battra pour rester dans le monde des humains, loin de l'influence toxique de William et de la fiancée qu'il est sur le point d'épouser. Mais William est implacable. Entre ses ressources illimitées et son charme troublant, Lana se sent traquée. Peut-elle réellement échapper à un homme qui contrôle tout, même les moindres recoins de son passé ? Et si William n'était pas seulement motivé par l'orgueil ou la vengeance ? Et s'il connaissait déjà la vérité sur le « petit » qu'elle protège depuis six ans ? Qu'adviendra-t-il de Lana si son secret est dévoilé ? William est-il son pire ennemi ou son seul espoir de salut ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Chapitre 1

La salle de bal étincelait sous la lumière des lustres en cristal, chaque reflet accrochant les robes somptueuses et les bijoux des invités comme autant de preuves de leur richesse et de leur pouvoir. La soirée de gala organisée par la famille DeGray, l'un des événements les plus exclusifs de l'année, réunissait les figures les plus influentes du monde des affaires et de la haute société. Mais pour Lana, cette soirée, bien qu'impressionnante, était avant tout un acte d'amour.

Elle observa William, debout près du bar, en grande conversation avec un magnat de la finance. Son costume parfaitement taillé mettait en valeur ses épaules larges et sa posture confiante. Il était l'image même de l'héritier puissant et charismatique, l'homme qui avait conquis son cœur malgré les différences entre leurs mondes. Lana se rappela la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, dans une petite librairie où il s'était arrêté pour acheter un livre, loin de l'univers luxueux auquel il appartenait. Ce souvenir était comme une ancre dans cet océan de faste et d'hypocrisie.

Mais ce soir-là, quelque chose semblait différent. William ne lui avait presque pas adressé un regard depuis leur arrivée. Son attention était focalisée sur tout, sauf sur elle. Lana essaya de repousser le malaise qui montait en elle. Elle ne voulait pas paraître jalouse ou paranoïaque, pas devant des gens qui, elle en était sûre, attendaient le moindre faux pas de sa part pour la juger.

Alors qu'elle s'efforçait de sourire et d'échanger des banalités avec un couple d'invités, une voix hautaine retentit derrière elle.

« Ah, c'est donc vous, la célèbre Lana ? »

Lana se retourna et se retrouva face à une jeune femme d'une beauté glaciale. Ses cheveux blonds impeccablement coiffés, son sourire calculé, et son port de tête aristocratique la désignaient immédiatement comme une habituée de ce genre de cercles. Elle tenait une coupe de champagne d'une main délicate, mais ses yeux pétillaient d'un mépris à peine voilé.

« Et vous êtes ? » répondit Lana, refusant de se laisser intimider.

La femme éclata d'un rire léger, comme si elle avait entendu une plaisanterie particulièrement stupide. « Oh, William ne vous a pas parlé de moi ? C'est étonnant. Je suis Cassandra Bennett. Je suppose qu'on pourrait dire... sa fiancée. »

Le sol sembla se dérober sous les pieds de Lana. Elle cligna des yeux, cherchant à comprendre si elle avait bien entendu. « Sa... quoi ? » murmura-t-elle, sa voix à peine audible.

Cassandra sourit davantage, savourant visiblement la confusion de Lana. « Eh bien, pas officiellement. Pas encore. Mais tout le monde sait que c'est une question de temps. Nos familles sont très proches, vous savez. »

Lana sentit un mélange de colère et de panique monter en elle. Elle balaya la salle du regard, cherchant William, espérant qu'il interviendrait pour dissiper ce malentendu. Mais il était toujours au bar, riant à une remarque de son interlocuteur, comme si rien d'important ne se passait.

« Je crois que vous faites erreur, » dit Lana, retrouvant un semblant de contrôle sur sa voix. « William et moi sommes ensemble depuis plus d'un an. »

Cassandra haussa un sourcil, comme si elle était surprise que Lana ose répliquer. « C'est adorable que vous le pensiez. Mais franchement, croyez-vous vraiment qu'une fille comme vous pourrait être à la hauteur pour une famille comme les DeGray ? »

Le ton, condescendant et tranchant, fit bouillir le sang de Lana. Elle inspira profondément, essayant de ne pas réagir. Ce n'était pas l'endroit pour une scène. Mais Cassandra ne semblait pas vouloir en rester là.

« Écoutez, je comprends. Vous avez eu votre petit conte de fées, une aventure avec un homme bien au-dessus de votre catégorie. Mais maintenant, il est temps de revenir à la réalité. William a des responsabilités, des engagements. Vous... vous n'êtes qu'une distraction. »

Le contrôle de Lana céda. Elle avança d'un pas, ses yeux lançant des éclairs. « Écoutez-moi bien, Cassandra, ou peu importe votre nom. William n'est pas un trophée qu'on se partage entre héritiers gâtés. Alors, si vous croyez que je vais me retirer gentiment pour vous laisser le champ libre, vous vous trompez lourdement. »

Cassandra recula légèrement, surprise par l'intensité de Lana. Mais elle retrouva vite son assurance et répondit avec un sourire venimeux. « C'est adorable de vous voir si passionnée. Malheureusement, cela ne changera rien. »

Avant que Lana ne puisse répondre, une autre voix s'éleva, glaciale et impérieuse.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? »

Lana se retourna pour voir William, son expression sombre et tendue. Il les regardait tour à tour, son regard passant de Cassandra, qui affichait un air faussement innocent, à Lana, dont les mains tremblaient légèrement sous l'effet de la colère.

« Rien du tout, William, » répondit Cassandra avec un sourire doucereux. « Nous avions simplement une petite conversation entre femmes. »

Lana ouvrit la bouche pour répliquer, mais William leva une main pour l'interrompre. « Lana, peux-tu me dire pourquoi tu causes une scène ? »

Son ton, froid et accusateur, la frappa comme une gifle. Elle sentit les regards des invités se tourner vers eux, avides de drame. Elle voulut expliquer, dire que c'était Cassandra qui avait provoqué tout cela, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge.

« William, je... »

« Non, » l'interrompit-il sèchement. « Pas ici. Suis-moi. »

Il la prit par le bras et l'entraîna hors de la salle de bal, sous les regards intrigués des invités. Lana, bouleversée, le suivit sans protester. Il l'emmena dans un couloir désert et se tourna vers elle, les mâchoires serrées.

« Qu'est-ce qui t'est passé par la tête, Lana ? » demanda-t-il, sa voix vibrante de colère contenue.

« Moi ? » s'exclama-t-elle, abasourdie. « C'est elle qui a commencé ! Elle m'a insultée, elle a insinué que... »

« Peu importe ce qu'elle a dit, » la coupa-t-il. « Tu sais à quel point ma famille tient à son image. Tu n'as aucune idée de la pression que je subis pour maintenir l'ordre. Et toi, tu fais quoi ? Tu te bats avec Cassandra devant tout le monde ? »

Lana sentit les larmes monter, mais elle refusa de les laisser couler. « Alors, c'est de ma faute ? Tu ne veux même pas savoir ce qu'elle a dit ? Elle a affirmé être ta fiancée ! Et toi, tu te tiens là, comme si... »

« Parce qu'elle a raison, » dit-il finalement, la coupant une fois de plus.

Ces mots tombèrent comme un couperet. Lana le regarda, incrédule, espérant qu'il se reprendrait, qu'il dirait que ce n'était pas ce qu'il voulait dire. Mais il resta immobile, la regardant avec une expression indéchiffrable.

« Quoi ? » murmura-t-elle, sa voix brisée.

« Ma famille a arrangé ce mariage depuis des années. C'est compliqué, Lana. Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre. »

La douleur dans sa poitrine était presque insupportable. « Alors, tout ce qu'on a vécu... ça ne comptait pas ? C'était juste... une distraction ? »

William détourna les yeux, incapable de répondre. « C'est mieux si tu pars. Retourne à ta vie. C'est fini, Lana. »

Les larmes qu'elle avait retenues coulèrent enfin. Elle recula d'un pas, incapable de croire ce qu'elle entendait. Mais au fond d'elle, une autre émotion bouillonnait : la colère.

« Tu es un lâche, William. Un lâche qui se cache derrière sa famille au lieu de se battre pour ce qu'il veut vraiment. »

Elle tourna les talons et partit, le cœur brisé, mais avec la certitude qu'elle ne le laisserait pas la détruire complètement. William resta seul dans le couloir, ses poings serrés, regardant Lana s'éloigner sans un mot.

Chapitre 2 Chapitre 2

Chapitre 2

Lana était rentrée chez elle en courant, le cœur lourd et la gorge serrée par des sanglots qu'elle refusait de laisser éclater. Ses talons hauts, qui lui donnaient d'ordinaire une démarche assurée, claquaient sur le pavé humide avec une cadence désordonnée. Elle n'avait même pas pris le temps d'appeler un taxi, trop désorientée pour attendre. L'air froid de la nuit mordait sa peau, mais elle n'y prêtait aucune attention. Ses pensées tournaient en boucle, répétant sans relâche les paroles tranchantes de William.

C'était fini. Il l'avait dit sans aucune hésitation. Elle n'avait été qu'une passade, un secret honteux qu'il pouvait écarter sur un simple caprice de sa famille. Comment avait-elle pu être aussi stupide  ? Elle s'était laissé séduire par son sourire irrésistible, par ses promesses murmurées dans l'intimité, par la chaleur de ses bras. Et maintenant, il l'avait rejetée comme si elle n'avait jamais compté.

Lorsqu'elle atteignit enfin son appartement, elle se précipita à l'intérieur et referma la porte derrière elle. Elle s'y adossa, laissant enfin les larmes couler librement. Ses sanglots étaient désordonnés, mêlés de rage et de douleur. Elle ne comprenait pas comment tout cela avait pu si rapidement déraper. Était-ce Cassandra  ? Avait-elle tout planifié  ? William avait-il toujours su qu'il la quitterait un jour  ? Ces questions la tourmentaient, mais aucune réponse ne semblait suffisante pour apaiser la tempête dans son esprit.

Elle resta ainsi, recroquevillée au sol, jusqu'à ce qu'un coup sec à la porte la fasse sursauter. Son cœur s'accéléra, et pendant un instant, elle espéra que ce serait William, venu pour s'excuser, pour lui dire qu'il avait fait une erreur. Elle se leva péniblement et ouvrit la porte.

William était bien là, mais son visage fermé et son regard dur firent s'éteindre immédiatement la lueur d'espoir qu'elle avait nourrie. Il semblait encore plus froid que dans le couloir de la salle de bal.

« William, je... » commença-t-elle, mais il leva une main pour l'interrompre.

« Laisse-moi parler, Lana, » dit-il d'une voix grave. Il entra sans attendre d'être invité, refermant la porte derrière lui. « Je suis venu pour clarifier les choses, une fois pour toutes. »

Lana sentit son estomac se nouer. Tout dans son attitude criait qu'il n'était pas là pour la réconforter ou faire amende honorable.

« Clarifier  ? » répéta-t-elle, le ton trahissant sa méfiance.

« Oui. Écoute-moi bien, Lana. Tu ne peux pas rester ici. Tu ne peux pas rester dans ma vie. »

Elle recula légèrement, comme si ses paroles étaient des coups. « Qu'est-ce que tu veux dire  ? Je suis chez moi. Je ne vais nulle part. »

William serra les mâchoires, visiblement agacé par sa résistance. « Tu dois quitter la ville. C'est la seule option. »

« Quitter la ville  ? » répéta-t-elle, incrédule. « Tu es sérieux  ? Pourquoi est-ce que je ferais ça  ? Pour toi  ? Après ce que tu m'as dit ce soir  ? »

Il ne répondit pas tout de suite, détournant légèrement le regard, comme s'il cherchait à contenir quelque chose en lui. Puis, il planta son regard dans le sien, glacé et implacable.

« Ce n'est pas une demande, Lana. C'est un ultimatum. »

Elle éclata d'un rire nerveux, bien qu'aucune part d'elle ne trouvât cette situation amusante. « Un ultimatum  ? Tu ne peux pas me dicter ma vie, William  ! Ce que tu fais est... cruel. »

« Je fais ça pour toi, » répliqua-t-il, sa voix légèrement plus basse, presque un murmure.

« Pour moi  ? » hurla-t-elle, incapable de se contenir. « Ne prétends pas que tu fais ça pour me protéger. Tout ça, c'est pour toi. Pour ta précieuse réputation. Pour ta famille. Tu te fiches bien de ce qui m'arrive tant que je disparais, n'est-ce pas  ? »

Ses paroles le firent tressaillir, mais il resta immobile, son visage toujours aussi impénétrable. « Si tu ne pars pas, ma famille s'arrangera pour te détruire, Lana. Ils te feront taire d'une façon ou d'une autre. Je ne peux pas te protéger si tu restes ici. »

Elle le fixa, choquée par l'aveu. « Alors, c'est ça  ? Tu as si peur d'eux que tu es prêt à me sacrifier pour sauver ta peau  ? »

« Ce n'est pas une question de peur, » répondit-il, ses yeux se durcissant davantage. « C'est une question de survie. Tu ne sais pas de quoi ils sont capables. Mais moi, si. Alors, je te le demande encore  : pars. Prends ce que tu peux, et disparais. Si tu ne le fais pas, ils s'occuperont de toi. Et crois-moi, tu ne veux pas que ça arrive. »

Lana sentit sa gorge se serrer. La sincérité dans sa voix était terrifiante. Elle savait qu'il disait la vérité. Mais cela ne rendait pas sa trahison plus supportable.

« Et toi, William  ? » demanda-t-elle, les larmes recommençant à couler. « Que fais-tu pendant qu'ils détruisent ma vie  ? Tu restes là, à regarder, sans rien faire  ? »

Il détourna le regard, visiblement pris entre deux feux. « C'est mieux comme ça, » murmura-t-il.

« Mieux pour qui  ? » cria-t-elle. « Pas pour moi, en tout cas. Tu dis que tu fais ça pour me protéger, mais tout ce que je vois, c'est un homme lâche. Un homme qui préfère obéir à sa famille plutôt que de se battre pour la femme qu'il prétend aimer. »

Elle espérait que ses paroles le toucheraient, qu'elles feraient éclater l'armure qu'il portait. Mais William resta inflexible.

« Pars, Lana. Ce sera mon dernier avertissement. Si tu ne le fais pas... je n'aurai pas d'autre choix que de m'assurer que tu le fasses. Par tous les moyens. »

Elle le regarda, abasourdie par sa froideur. Puis, lentement, elle sentit la rage prendre le dessus sur la douleur. « Tu veux me menacer, maintenant  ? Après tout ce qu'on a vécu  ? Très bien, William. Si c'est ce que tu veux, je partirai. Mais sache une chose  : tu viens de perdre la seule personne qui t'aimait vraiment, pas pour ton nom ou ton argent, mais pour l'homme que je pensais que tu étais. »

William ne répondit rien. Il la regarda un instant, ses traits rigides, puis se détourna et quitta l'appartement sans un mot de plus.

Lana resta là, figée, essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Puis, lentement, elle se mit à faire ses valises. Chaque vêtement qu'elle pliait, chaque objet qu'elle emballait était comme une nouvelle coupure dans son cœur déjà meurtri.

Elle quitta la ville au petit matin, seule, le cœur brisé, mais avec une détermination farouche  : elle ne reviendrait jamais. William avait peut-être le pouvoir de la faire partir, mais il ne pourrait jamais effacer la femme qu'elle deviendrait.

Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

La nuit était tombée sur le domaine DeGray, et tout semblait silencieux, presque trop paisible. Mais Lana, recroquevillée sur le lit de la chambre d'amis où elle avait été logée, ne ressentait aucune tranquillité. Ses yeux rougis fixaient le plafond, tandis que ses pensées tournaient en boucle. Les paroles de William résonnaient encore dans son esprit comme un écho douloureux. Partir. Il voulait qu'elle disparaisse. Qu'elle efface leur histoire, qu'elle abandonne tout ce qu'ils avaient partagé.

Mais ce n'était pas une demande. C'était un ordre. Un ultimatum qu'il ne comptait pas laisser sans suite.

Lana jeta un coup d'œil à la petite valise posée près de la porte. Elle avait passé les deux dernières heures à y entasser ses affaires, ses gestes mécaniques et précipités guidés par l'urgence. Elle savait que rester ici plus longtemps était une erreur. Peu importait à quel point elle avait envie de se battre, de lui prouver qu'il avait tort, elle n'était pas en position de lutter. William avait le pouvoir, l'argent et les ressources de son côté. Elle n'était qu'une intruse dans ce monde de luxe et de privilèges.

Elle se redressa, son cœur battant plus vite à mesure que l'idée de partir devenait une réalité. Le poids de l'incertitude l'écrasait, mais une chose était certaine  : elle devait quitter ce domaine avant que William ou, pire, sa famille ne décide de prendre des mesures plus drastiques pour la faire partir.

Attrapant la poignée de sa valise, Lana inspira profondément. Le silence de la maison était presque assourdissant. Elle jeta un dernier regard à la chambre, à ce lit sur lequel elle avait pleuré toute la nuit, à cette fenêtre qui donnait sur les vastes jardins parfaitement entretenus. C'était beau, irréel, mais ce n'était pas chez elle. Cela ne l'avait jamais été.

Elle ouvrit la porte doucement, s'efforçant de ne pas faire le moindre bruit. Le couloir était désert, éclairé seulement par la faible lumière des appliques murales. Ses chaussures plates absorbaient le son de ses pas, mais son cœur tambourinait si fort qu'elle craignait presque qu'il puisse la trahir.

Elle descendit les escaliers prudemment, évitant les marches qui craquaient. Le grand hall était plongé dans une obscurité presque totale, à l'exception de la lumière de la lune qui se déversait par les immenses fenêtres. Le moindre bruit résonnait comme un coup de canon dans cet espace vide, mais Lana ne ralentit pas. Elle atteignit la porte principale, posa une main tremblante sur la poignée, et l'ouvrit doucement.

L'air froid de la nuit lui piqua la peau, mais elle s'y engouffra avec soulagement. Les jardins semblaient interminables sous la lumière argentée, et les graviers du chemin crissaient sous ses pas. Elle avait garé sa voiture de location un peu plus loin, hors de vue, prévoyant déjà la possibilité qu'elle ait besoin de fuir rapidement.

Alors qu'elle avançait, une sensation étrange la gagna, comme si elle était observée. Elle s'arrêta, tendit l'oreille. Rien. Juste le bruissement des feuilles dans le vent. Mais son instinct lui criait de rester sur ses gardes. William ne l'aurait-il pas déjà mise sous surveillance  ? Il avait tout anticipé jusque-là. Pourquoi pas ça  ?

Elle accéléra le pas, ses doigts serrés sur la poignée de sa valise. Elle jeta des coups d'œil nerveux par-dessus son épaule, cherchant des silhouettes dans l'ombre, mais ne vit rien. Pourtant, cette impression persistait, une pression invisible qui pesait sur elle.

Enfin, elle atteignit la voiture. Elle posa sa valise sur le siège passager, s'assit derrière le volant, et tourna la clé dans le contact. Le moteur ronronna, brisant le silence oppressant de la nuit. Elle jeta un dernier regard au domaine. Une partie d'elle espérait que William surgirait, qu'il la supplierait de rester, qu'il lui avouerait qu'il avait fait une erreur. Mais tout ce qu'elle vit, c'était l'ombre imposante de la maison, immobile, froide, indifférente.

Elle appuya sur l'accélérateur et s'engagea sur la route, le cœur lourd mais résolue à aller de l'avant.

La route serpentait à travers des forêts sombres et des collines isolées. Lana roulait sans vraiment savoir où elle allait, son esprit trop embrouillé pour réfléchir. Elle savait simplement qu'elle devait mettre le plus de distance possible entre elle et les DeGray. Mais plus elle s'éloignait, plus la sensation d'être suivie se faisait insistante.

Elle vérifia son rétroviseur. Deux phares brillaient dans l'obscurité, à bonne distance derrière elle. Au début, elle pensa que c'était une simple coïncidence. Après tout, c'était une route fréquentée. Mais les phares restaient toujours à la même distance, ni trop près ni trop loin, comme si la voiture la surveillait.

Son cœur s'emballa. Était-ce William  ? Avait-il envoyé quelqu'un pour s'assurer qu'elle quittait réellement la ville  ? Ou pire, était-ce sa famille, déterminée à s'assurer qu'elle ne poserait jamais de problème  ?

Elle accéléra, espérant semer la voiture. Mais les phares restèrent obstinément visibles, suivant chacun de ses mouvements. Une vague de panique monta en elle. Elle n'avait aucun plan, aucune idée de ce qu'elle ferait si cette voiture décidait de la forcer à s'arrêter. Elle n'était pas une héroïne de film d'action  ; elle n'avait ni l'expérience ni les moyens de se défendre contre ce genre de menace.

Puis elle aperçut une sortie sur la droite, menant à une petite route secondaire. Sans réfléchir, elle tourna brusquement, ses pneus crissant sur le bitume. La voiture derrière elle mit un moment à réagir, et ce délai lui donna une petite avance. Lana appuya sur l'accélérateur, priant pour que la route ne mène pas à une impasse.

Après plusieurs minutes de conduite frénétique, elle réalisa que les phares avaient disparu. Elle s'arrêta sur le bas-côté, ses mains tremblantes agrippant le volant. Elle regarda autour d'elle, mais il n'y avait aucune lumière, aucun bruit, rien qui indique qu'on la suivait encore.

Elle soupira de soulagement, mais la peur ne la quittait pas complètement. Si quelqu'un la suivait réellement, ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne la retrouvent. Elle devait rester en mouvement.

Quelques heures plus tard, épuisée et encore secouée, Lana arriva dans un petit village perdu au milieu de nulle part. Elle trouva un motel à l'allure décrépite, mais elle n'était pas en position de faire la fine bouche. Elle se gara sur le parking désert, attrapa sa valise, et se dirigea vers la réception.

Le gérant, un homme d'âge moyen avec un regard las, la regarda à peine en lui tendant une clé de chambre. « Deuxième étage, au fond du couloir, » marmonna-t-il avant de retourner à son écran de télévision.

La chambre était minuscule et sentait légèrement le renfermé, mais c'était un abri. Lana posa sa valise près du lit et s'assit, son corps lourd de fatigue. Pour la première fois depuis des heures, elle se permit de respirer. Elle avait réussi à s'échapper, pour l'instant. Mais maintenant, la question qu'elle redoutait le plus se posait  : que faire ensuite  ?

Elle sortit son téléphone, hésitant à appeler quelqu'un, mais elle réalisa qu'il n'y avait personne à qui elle pouvait vraiment parler. Sa famille et ses amis ne savaient rien de William ni de la vie qu'elle menait avec lui. Elle avait gardé leur relation secrète, suivant ses directives, et maintenant, elle se retrouvait complètement seule.

Elle ouvrit son sac et en sortit un carnet. Dedans, elle avait noté des idées de projets, des rêves qu'elle voulait poursuivre avant que William ne devienne le centre de son monde. Avocate, militante, créatrice... Elle avait tant de rêves, mais ils lui semblaient aujourd'hui lointains, presque irréalisables.

Pourtant, alors qu'elle feuilletait les pages, une étincelle d'espoir commença à naître. William avait peut-être brisé son cœur, mais il ne pouvait pas briser sa volonté de vivre. Peu importait où cette route la mènerait, elle trouverait un moyen de se reconstruire. Pas pour lui. Pas pour prouver quoi que ce soit à sa famille. Mais pour elle-même.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022