Les doigts crispés sur le bord de son bureau, l'Alpha écoutait avec une attention glaciale le rapport de son conseiller. Les mots résonnaient dans le silence tendu de son bureau, une pièce vaste mais étrangement sombre, dont la lumière de la fin de journée n'éclairait que partiellement les murs austères, ornés de tableaux de ses ancêtres. Le décès de Max Zelinski, un nom qui soulevait en lui une tempête de colère, venait d'être annoncé.
L'Alpha inspira profondément, les yeux plissés fixés sur le bois massif du bureau, comme s'il cherchait une réponse cachée dans les veines du bois. Max Zelinski. Ce nom avait toujours porté avec lui une charge de mépris, de rancœur... et maintenant, d'injustice inachevée. Max était mort, échappant à son jugement, à sa vengeance. Ses poings se serrèrent. Pour lui, il ne s'agissait pas seulement d'argent. Les milliards que Max lui avait extorqués n'étaient qu'une part de l'humiliation. Ce que cet homme avait fait dépassait de loin une simple escroquerie. Il avait Sali sa réputation, trahi sa confiance, et tout ça pour alimenter un réseau criminel dont il n'avait que récemment compris l'ampleur. Désormais, ce serpent glissant n'était plus là pour répondre de ses crimes.
Sans un mot, il se redressa, se dirigeant vers la large baie vitrée qui surplombait la ville, illuminée des lumières nocturnes. Un silence pesant s'installa, tendu, jusqu'à ce que l'Alpha brise enfin le silence.
« Parle-moi de ses associés. De ses comptes. Il a bien laissé quelque chose... quelqu'un... à qui faire payer, » murmura-t-il d'une voix contrôlée, mais où perçait une rage retenue.
Son conseiller hésita un instant, puis feuilleta ses notes. « Nous avons retrouvé des comptes bancaires éparpillés, mais ils sont sous de faux noms. Il est probable qu'une partie des fonds ait déjà été dispersée. Nous travaillons à remonter les pistes, mais c'est... compliqué. Max savait comment effacer ses traces. »
L'Alpha resta immobile, les mâchoires serrées. Son regard se perdit un instant sur les lueurs lointaines, mais dans sa tête, il voyait déjà des plans se former, des manières d'exercer sa revanche, même dans la mort.
« Je veux chaque nom, chaque lieu. Les gens qui lui doivent, ceux qu'il a laissés derrière lui, » gronda-t-il. « Je refuse qu'il disparaisse ainsi, sans avoir payé. »
Le conseiller se racla la gorge, gêné. « Il y a... peut-être quelque chose, » commença-t-il, hésitant.
L'Alpha se retourna brusquement, un éclair de curiosité brutale dans les yeux. « Parle. »
« Max avait... une fille. Une fille unique, si nos informations sont correctes. Elle vit en Italie, et elle semble... innocente. Du moins, elle n'a pas été impliquée dans les affaires de son père, d'après nos premières recherches. »
Il observa la réaction de l'Alpha avec un mélange de crainte et d'attente. L'Alpha haussa un sourcil, surpris mais intéressé. Une fille ? Jusqu'à présent, il ignorait tout de cette existence. Une fille que Max avait volontairement gardée dans l'ombre.
« Innocente, dis-tu ? » murmura-t-il, les lèvres tordues dans un rictus. « Aucun de ses descendants ne peut être totalement innocent. Pas après ce qu'il a fait. Et je doute que le sang de Max Zelinski soit si pur qu'elle puisse s'en sortir indemne. »
Le conseiller déglutit, conscient de l'implication. « Que voulez-vous que nous fassions ? Devons-nous... l'approcher ? »
L'Alpha se détourna, perdant momentanément son regard dans la ville, pesant ses options. Il avait toujours évité d'impliquer des innocents, encore moins des membres de la famille de ses ennemis. Mais cette fois... cette fois, tout semblait différent. Max n'était plus là pour payer. Mais sa fille... peut-être pourrait-elle être l'instrument de sa revanche, la clef pour retrouver l'argent volé, pour restaurer son honneur.
Un sourire fin apparut sur ses lèvres. « Oui, approche-la. Discrètement. Je veux savoir tout ce qu'il y a à savoir sur elle. Âge, fréquentations, occupation... Je veux savoir qui elle est et pourquoi son père l'a cachée. »
Le conseiller inclina la tête en signe de compréhension. « Bien, Alpha. Nous la surveillerons de près. »
Le conseiller commençait à ranger ses dossiers quand l'Alpha l'interrompit d'un ton tranchant. « Et une dernière chose. Je veux que cette approche soit douce. Elle ne doit en aucun cas comprendre que je suis derrière tout ça... du moins, pas encore. »
Alors que le conseiller sortait, l'Alpha se rassit, les doigts entrelacés sous son menton. Les pensées affluaient dans son esprit, et malgré lui, il se sentait presque... excité à l'idée de ce plan naissant. Une fille innocente, portant le nom de cet homme infâme. Elle pourrait être la pièce maîtresse de sa revanche.
L'Alpha était assis dans son bureau, l'air sombre, observant le détective qui se tenait devant lui avec un dossier sous le bras. Une aura de tension flottait dans l'air tandis que le détective hésitait, pesant visiblement ses mots.
« Alors, tu as trouvé quelque chose ? » demanda l'Alpha d'une voix tranchante, bien qu'un éclair de curiosité impatiente brillât dans ses yeux.
Le détective déglutit avant de répondre, conscient que chaque mot qu'il prononcerait serait passé au crible par l'homme redoutable en face de lui.
« Oui, Alpha. J'ai des informations... cruciales. » Il ouvrit lentement le dossier, révélant plusieurs photos et documents. « Elle s'appelle Sofia Zelinski. Elle vit à Rome depuis quelques années et... il y a un détail que vous devez connaître. » Le détective hésita, et l'Alpha fronça les sourcils, impassible mais agacé par cette lenteur.
« Quoi ? » gronda-t-il, impatient.
« Elle est enceinte de trois mois. »
L'information tomba comme un couperet, et l'Alpha resta silencieux, immobile, digérant la nouvelle. Une fille, enceinte ? Il n'avait pas envisagé ce scénario. Sofia Zelinski, le dernier lien avec Max, portait un enfant. Il se redressa, les sourcils froncés, l'esprit agité par mille questions. Qui était le père ? Était-il au courant ? Et surtout, cela changeait-il ses plans ?
« Continue, » ordonna-t-il d'une voix plus basse, plus mesurée, bien que ses yeux noirs étincelassent d'une lueur calculatrice.
Le détective hocha la tête, visiblement soulagé de pouvoir reprendre. « Elle travaille dans une petite galerie d'art, semble vivre une vie simple. Les informations que nous avons recueillies indiquent qu'elle est seule, sans famille proche. Son père... Max ne lui a jamais laissé grand-chose, ni contact avec son réseau. Elle est... éloignée de tout ça, si je puis dire. »
« Vraiment ? » murmura l'Alpha, une ombre de scepticisme dans la voix. Il connaissait trop bien Max pour croire que cet homme aurait volontairement épargné sa fille de son monde sordide. S'il l'avait laissée en dehors, il devait y avoir une raison, une motivation obscure.
Il se leva soudainement, se dirigeant vers la fenêtre. La vue panoramique de la ville semblait l'absorber, même si son esprit était bien ailleurs. Sa décision se formait progressivement dans son esprit, comme une trame complexe de fils entrecroisés.
« Très bien. Tu vas organiser une rencontre, mais... je ne veux pas qu'elle sache qui je suis. Pas encore. »
Le détective acquiesça d'un signe de tête, puis demanda : « Comment voulez-vous procéder ? »
Un sourire calculé étira les lèvres de l'Alpha. « Je vais me rendre à Rome. Trouve-moi un endroit discret, quelque part où je pourrais la croiser »par hasard ». Je veux la voir, l'observer... comprendre qui elle est. »
Deux jours plus tard, l'Alpha se trouvait dans un café chic à Rome, un lieu où la clientèle fortunée et les amateurs d'art se croisaient souvent. Sa couverture était minutieusement préparée : un homme d'affaires discret, un simple curieux de passage. Il portait un costume sobre, les cheveux tirés en arrière, et patientait, le regard concentré sur l'entrée.
Sofia ne tarda pas à apparaître. Elle portait une robe légère, élégante mais simple, qui laissait deviner un ventre arrondi, encore discret. Son visage semblait absorbé par ses pensées, les sourcils légèrement froncés, comme si elle portait un poids invisible, bien au-delà de celui de sa grossesse. Elle s'installa à une table à quelques mètres de lui, seule, et commanda un thé sans lever les yeux.
L'Alpha l'observa sans un mot, dissimulant son intérêt derrière un livre ouvert devant lui. Sofia Zelinski... la dernière héritière de Max. Elle ne semblait rien avoir de commun avec son père. Pas d'ostentation, pas d'aura arrogante. Juste une jeune femme... vulnérable, même fragile.
À cet instant, un homme entra dans le café, visiblement nerveux. L'Alpha reconnut immédiatement ce genre de nervosité, celle d'un homme qui sait que sa présence n'est pas la bienvenue. L'homme, de taille moyenne, avec des cheveux en bataille et une expression inquiète, se dirigea droit vers Sofia. Elle releva les yeux, et la lueur de reconnaissance fut instantanée dans son regard, mais elle ne semblait pas heureuse de le voir. Elle croisa les bras, en signe de défense.
« Sofia... je suis désolé. Je voulais juste... te parler, » commença l'homme d'une voix tremblante, jetant des regards autour de lui comme s'il craignait d'être surpris.
Sofia le fixa d'un regard froid, et l'Alpha ressentit un certain respect pour elle à cet instant. Elle semblait vouloir se protéger, ne pas céder aux excuses de cet homme qui manifestement l'avait blessée.
« C'est trop tard, Marco, » répondit-elle d'une voix douce mais ferme. « Tu ne peux pas revenir maintenant. Tu as pris ta décision. »
Marco se passa une main dans les cheveux, frustré. « Je sais, Sofia, mais... regarde-toi. Tu... tu es enceinte. On pourrait essayer de... »
Elle secoua la tête, impassible. « J'ai essayé, Marco. J'ai essayé de toutes mes forces. Mais tu m'as laissée seule dès que tu as su. Alors non, je n'ai pas besoin de toi. Je n'ai plus besoin de personne. »
Elle baissa les yeux, les mâchoires serrées, et l'Alpha sentit une onde d'empathie l'envahir malgré lui. Il s'était attendu à une scène de réconciliation, un moment de faiblesse peut-être. Mais elle était restée droite, gardant son calme, même dans un moment aussi vulnérable.
Marco sembla désespéré. « Sofia, je suis désolé, vraiment. J'ai eu peur... je pensais que je ne pourrais pas être à la hauteur... mais je suis prêt maintenant. »
Elle soupira, visiblement à bout de patience. « Prêt ? Maintenant que je n'ai plus besoin de toi ? Maintenant que j'ai trouvé la force de continuer sans toi ? » Sa voix se brisa légèrement, un éclat de douleur transparaissant malgré elle. Elle prit une profonde inspiration, essayant de retrouver son calme. « Pars, Marco. C'est fini. »
L'homme la regarda, bouche ouverte, cherchant ses mots, mais elle détourna le regard, comme si elle voulait effacer sa présence de son esprit. Finalement, Marco lâcha un dernier soupir résigné et sortit du café sans un mot de plus.
L'Alpha observa Sofia, qui se redressait lentement, visiblement affectée par la scène. Elle serra les mains autour de sa tasse, le regard perdu, tentant visiblement de masquer ses émotions. Un mélange de tristesse et de détermination émanait d'elle.
Sans s'en rendre compte, l'Alpha sentit un poids étrange dans sa poitrine, quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. De la compassion, peut-être... ou une curiosité plus profonde pour cette femme qui se battait seule, sans soutien.
Il ne pouvait s'empêcher de se demander comment elle avait pu conserver cette douceur, cette résilience, malgré son ascendance. Sofia Zelinski n'était définitivement pas son père, et c'était ce contraste qui l'intriguait. Il comprit alors qu'il ne pourrait pas se contenter de l'observer de loin. Il devait la rencontrer, lui parler, percer ce mystère. Mais comment l'approcher sans éveiller ses soupçons ?
L'Alpha se tenait non loin de Sofia, observant chaque mouvement qu'elle faisait, chaque émotion qui traversait son visage. Les heures qu'il avait passées à l'étudier à distance avaient commencé à dessiner en lui un portrait intrigant, qui défiait toutes ses attentes. Elle n'était pas l'héritière cynique et calculatrice qu'il avait imaginée, mais une jeune femme douce, presque résignée, affrontant la vie seule et en silence. Et cette solitude, cette distance qu'elle semblait cultiver même au milieu de la foule, le fascinait au-delà de tout ce qu'il aurait pu prévoir.
Finalement, il se décida. Il la suivit jusqu'à un petit parc en bordure de la ville, un lieu calme et paisible, où elle s'asseyait souvent pour lire, entourée des arbres et du chant apaisant des oiseaux. Il attendit patiemment qu'elle s'installe sur un banc, une main posée instinctivement sur son ventre rond, l'autre feuilletant un livre d'un geste distrait. Elle semblait perdue dans ses pensées.
S'approchant d'un pas mesuré, il toussa légèrement pour signaler sa présence. Elle leva la tête, surprise, et croisa son regard. Un léger froncement de sourcils, une hésitation... puis elle sembla le reconnaître comme cet homme qu'elle avait aperçu dans le café quelques jours plus tôt. Il afficha un sourire doux, délibérément amical, et tendit la main.
« Pardonnez-moi de vous interrompre, » commença-t-il, d'une voix posée. « Je m'appelle Lorenzo. J'ai remarqué que nous avons apparemment des lieux de prédilection en commun. »
Elle l'observa avec un mélange de surprise et de prudence, mais elle finit par esquisser un sourire poli, presque timide.
« Sofia, » répondit-elle simplement, acceptant la main qu'il tendait avec réserve.
Il s'assit à côté d'elle, respectant une certaine distance, et porta son regard vers le livre qu'elle tenait. « Les Fleurs du Mal, » remarqua-t-il en voyant le titre. « Baudelaire... un choix sombre pour une journée si ensoleillée. »
Elle haussa les épaules, un sourire à peine perceptible aux lèvres. « Peut-être que la lumière du soleil rend le contraste plus agréable. »
Il fut surpris par la profondeur de sa réponse, la manière dont elle semblait instinctivement transformer quelque chose de sombre en beauté. « Vous avez l'air de quelqu'un qui trouve toujours un éclat de lumière dans l'obscurité. » Il la regarda, cherchant sa réaction. Elle baissa les yeux, visiblement touchée par la remarque, mais elle resta silencieuse.
Après un instant, il reprit, décidé à percer un peu plus sa carapace. « Vous savez, Rome peut être... effrayante, quand on n'a pas de famille proche ou d'amis sur qui compter. Est-ce votre cas ? »
Elle parut hésiter, le regard perdu dans le vide, avant de hocher la tête. « Oui, en quelque sorte. Mon père... il n'était pas très présent. Et maintenant, il n'y a plus personne. » Elle tenta un sourire maladroit. « Mais parfois, être seule est plus facile que d'être entourée de mauvaises personnes. »
L'Alpha comprit immédiatement qu'elle faisait allusion à son ex, l'homme qui l'avait quittée en apprenant qu'elle était enceinte. Une onde de colère sourde l'envahit à la pensée de ce lâche qui l'avait abandonnée, mais il dissimula soigneusement cette émotion.
« Je comprends, » murmura-t-il avec un léger sourire, adoucissant le regard qu'il posait sur elle. « Je suis ici pour affaires, mais... il m'arrive aussi de me sentir étranger dans cette ville, de ne pas vraiment appartenir à cet endroit. »
Elle le regarda un instant, intriguée par cet homme aux allures mystérieuses, dont elle ne savait presque rien. « Que faites-vous, alors, pour retrouver ce sentiment d'appartenance ? »
« Parfois, je me dis qu'il suffirait de croiser la bonne personne, » répondit-il sans hésitation. « Quelqu'un avec qui le silence n'est pas gênant, quelqu'un qui comprend que parfois, les mots ne suffisent pas. »
Sofia baissa les yeux, touchée par ses paroles. Elle sentait une certaine connexion avec lui, même si elle s'efforçait de réprimer cette impression. Après tout, il était un inconnu. Pourtant, il semblait la comprendre, et elle sentait malgré elle un sentiment de sécurité en sa présence.
Après quelques minutes de silence, il se leva, lui tendant une main avec une galanterie déconcertante. « Accepteriez-vous de dîner avec moi ce soir, Sofia ? »
Elle parut surprise par la proposition, hésitante. « Vous ne savez même pas qui je suis, » murmura-t-elle, une pointe de méfiance dans la voix.
Il haussa les épaules, son sourire mystérieux toujours présent. « C'est vrai. Mais parfois, les plus belles rencontres sont celles qui commencent sans savoir où elles mènent. Je suis curieux de découvrir la personne qui se cache derrière ce livre de Baudelaire et ce regard pensif. »
Elle resta silencieuse un moment, étudiant son visage, cherchant un signe d'insincérité, mais elle n'y trouva rien de suspect. Finalement, elle hocha lentement la tête. « D'accord, » dit-elle en se levant à son tour, une lueur de curiosité dans les yeux. « Mais seulement si vous me promettez de ne pas parler de travail. »
L'Alpha sourit, amusé par sa réponse. « Promis. Ce soir, je ne serai que Lorenzo, un homme curieux et sans histoires. »
Le soir même, ils se retrouvèrent dans un restaurant discret du centre de Rome, un lieu élégant mais intime, où ils pouvaient discuter sans être dérangés. Sofia était légèrement nerveuse, peu habituée à ce genre d'attention. Lorenzo, en revanche, gardait une posture calme, presque protectrice, comme s'il souhaitait la mettre à l'aise.
Au fil du repas, il l'écouta parler de ses passions, de son amour pour l'art et la littérature, de ses voyages, de ses rêves déçus. Elle se dévoilait doucement, sans toutefois entrer dans les détails douloureux, et lui se contentait de la laisser guider la conversation. Il était fasciné par sa douceur, sa simplicité, par cette façon qu'elle avait de cacher sa tristesse derrière un sourire timide.
« Vous avez une manière unique de voir le monde, » murmura-t-il, posant son regard intense sur elle. « Comme si chaque détail avait une importance particulière, comme si vous trouviez de la beauté là où d'autres n'en verraient pas. »
Elle rougit légèrement, surprise par la sincérité de son compliment. « C'est gentil de dire ça. Je suppose que... quand on a perdu beaucoup de choses, on apprend à apprécier les petites merveilles qui nous entourent. »
Il hocha la tête, impressionné par sa résilience. Elle avait traversé tant d'épreuves, et pourtant, elle continuait à avancer, seule, avec cette détermination douce et discrète.
À la fin du dîner, il la raccompagna jusqu'à son appartement. La nuit romaine était calme, éclairée par les réverbères et les étoiles qui brillaient dans le ciel. Lorsqu'ils arrivèrent devant sa porte, il sentit une hésitation, comme s'il n'était pas encore prêt à la quitter.
« Merci pour cette soirée, Lorenzo, » dit-elle en souriant, sincèrement reconnaissante. « C'était... inattendu, mais agréable. »
Il lui rendit son sourire, se penchant légèrement vers elle, son regard accroché au sien. « Je suis content que vous ayez accepté. Vous êtes une personne... remarquable, Sofia. »
Elle se sentit rougir, mais elle ne détourna pas le regard, captivée par la profondeur de ses yeux. Elle ne savait presque rien de lui, et pourtant, elle se sentait étrangement en sécurité, comme si elle pouvait baisser sa garde pour la première fois depuis longtemps.
« Bonne nuit, Sofia, » murmura-t-il finalement en se reculant, lui laissant un dernier sourire.
Elle le regarda s'éloigner dans la nuit, le cœur étrangement léger et un sentiment d'excitation qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps. Elle se savait attirée par cet homme mystérieux, mais une petite voix intérieure lui soufflait de rester prudente. Car elle ignorait encore qu'elle venait de croiser l'Alpha le plus puissant d'Italie, l'homme déterminé à obtenir réparation des fautes de son père.
Sofia referma la porte, consciente que sa vie venait de prendre un tournant imprévu, sans comprendre que ce n'était que le début d'un jeu bien plus complexe qu'elle ne pouvait l'imaginer.