MALIA, l'épouse de Jamal.
#Épisode_1
Bamako ! La plus grande ville du Mali. La belle capitale du Mali. Cette ville qui regorge des millions d'habitants. Cette ville au climat tropical chaud toute l'année avec une saison sèche et une courte saison pluvieuse. La ville dont le nom signifie «marigot du crocodile».
Ah Bamako !
Je suis toujours autant émerveillée par cette ville. Je ne me lasserai jamais de faire les éloges de ma magnifique ville. Mon nom est Malia DIARRA.
Comme l'indique mon prénom "Malia", je suis de nationalité malienne et j'habite à Bamako. J'ai 27 ans et je suis étudiante en deuxième année de licence Droit. Je vis encore chez mes parents.
Nous habitons dans une concession comportant des chambres séparés. Mon père a 03 femmes, ma mère la première. Ma mère lui a donné 02 filles que sont ma sœur Amina et moi.
Quant aux deux autres, la deuxième lui a fait 01 garçon et la troisième, 02. Ces deux autres femmes de mon père se sont toujours moquées de ma mère parce qu'elle n'a pas fait de garçon à mon père.
Chaque jour qui passe, ma mère, ma sœur et moi sommes constamment victimes des insultes et des railleries de ces sorcières dans la cour mais je ne les laisse pas faire.
Elles peuvent confirmer. Tout le monde dans le quartier est au courant que Malia DIARRA, la fille de Boubacar DIARRA, ne se laisse jamais faire. D'ailleurs on m'a surnommé «la petite sauvageonne» en raison de mes bagarres répétées dans le quartier.
Lesquelles bagarres sont toujours menées avec des hommes. Ah oui je suis une petite lionne moi!
Actuellement, je suis de retour du moulin où je suis allée écraser les condiments pour le repas de ce soir. Ma petite sœur est assise sur un tabouret dans la cour.
Elle se sert d'un éventail pour attiser le feu dans le foyer de charbon. J'enlève le seau contenant les condiments écrasés de ma tête et le dépose sur le sol près du foyer.
J'entends des éclats de rire en provenance de l'intérieur. En effet, hormis les chambres des coépouses, il y a une partie de la maison qui est à part. Cette partie comporte le salon, le séjour et la salle des fêtes. Cette partie est souvent fréquentée par mon père et ses invités.
Moi (m'adressant à ma petite sœur) : Amina nous avons de la visite ?
Amina : Oui baba (papa) a des invités. Maman est avec eux.
Moi (haussant les sourcils) : Ah bon, ok vas-me chercher la casserole et tu viendras renverser les condiments écrasés dedans.
Amina : D'accord.
Elle se lève et s'en va faire ce que j'ai demandé, je prends place sur le tabouret sur lequel elle était assise quelques secondes plus tôt et me saisis de l'éventail pour attiser le feu plus fort. Bientôt, le charbon brûlait ardemment dans le foyer. Je sens que la cuisine sera rapide ce soir.
Ma mère (sortant de l'intérieur) : Malia ! Malia !
Moi (détournant mon regard en sa direction) : Oui mama.
Ma mère (courant lentement vers moi) : Malia !
Moi (me levant) : Oui je réponds mama.
Ma mère : (à mon niveau) : Devines quoi ma fille.
Moi (perplexe) : Quoi mama ?
Ma mère (ayant les étoiles dans les yeux) : Ton père a des invités prestigieux ce soir. Les invités les plus importants de ce pays. C'est le richissime et distingué homme d'affaires el-hadj Mouphtar MAHAMAT et sa femme Fatoumata DIAKITÉ.
Moi : Ah bon, je vois maman.
Ma mère (me prenant la main) : Viens allons-y. Tu vas les saluer.
Moi : Mais maman.....
Ma mère (insistante) : Allons !
Elle me tire et nous rejoignons mon père et nos hôtes dans le salon. Je m'abaisse poliment pour les saluer.
Moi : Bonsoir el-hadj Mouphtar, bonsoir el-hadja Fatoumata, soyez les bienvenus.
Mouphtar : Bonsoir ma fille comment vas-tu ?
Moi : (souriante) Je vais bien et vous.
Mouphtar : Ça va ma fille, tu es devenue toute belle.
Moi : (rougie) Merci beaucoup.
Fatoumata : Tu as raison Mouphtar, elle est magnifique. Oh que les enfants grandissent vite.
Mon père : Je ne te le fais pas dire. Quand je pense qu'elle était toute petite il y a quelques années plus tôt, le temps passe vite.
Fatoumata : (souriante) Vraiment.
Moi : Vous avez déjà bu quelque chose ?
Mon père : (répondant) Oui ils ont déjà bu, ta mère leur a déjà donné à boire ma fille. Ne t'inquiètes pas. Tu peux retourner à tes occupations.
Moi : (m'eclipsant) D'accord papa.
Je ressors et retourne à mes casseroles. Amina a déjà fait ce que je lui ai demandé. Nous avons commencé à préparer. Elle m'aide à découper le nécessaire. La cuisine est vraiment rapide ce soir.
Nous avons fini de préparer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Au menu de ce soir, c'est le borokhé. Un plat fait à base de feuilles de manioc et de pâtes d'arachide.
C'est chez maman que mon père mange ce soir. Je lui ai donc servi et j'ai aussi servi ses invités. Amina et moi avions aussi mangé puis nous sommes allées nous coucher.
Elle dort avec notre mère. Quant à moi, j'ai ma chambre à part. La chambre de notre père se trouve dans l'autre partie de notre concession, ma mère le rejoint là-bas lorsque c'est son tour d'assurer les devoirs conjugaux de mon père. La même chose pour les autres femmes de mon père également, elles le rejoignent à tour de rôle.
Je n'ai jamais digéré cette manière de faire et je ne suis pas encore prête à l'accepter. Je ne comprends pas comment une femme peut cautionner le fait que son mari entretienne des rapports sexuels avec d'autres femmes en dehors d'elle. Je sais que la polygamie est autorisée en Islam mais j'ai toujours autant de mal à m'y faire.
Bref ! Ce n'est pas tout ça mais j'ai cours demain à 07 heures moi. Je prends ma douche et reviens m'habiller dans la chambre. Ma mère était assise sur mon lit. J'ai sursauté sous l'effet de surprise.
Moi : Maman tu m'as fait peur! Nos hôtes sont déjà partis?
Ma mère : Oui Malia, viens t'asseoir. Je veux te parler.
Moi : (la regardant confuse) Tout va bien ?
Ma mère : Oui asseois-toi, Malia.
Elle parle en tapotant la place à côté d'elle sur le lit.
Moi : (m'exécutant) Ok.
Je garde la serviette nouée autour de ma poitrine et prend place près d'elle sur le lit.
Moi : Je t'écoute maman.
Ma mère : (posant sa main sur la mienne) Malia tu sais à quel point ton père et moi t'aimons n'est-ce pas ?
Moi : Oui maman, je sais.
Ma mère : Ta sœur et toi êtes tout ce que je possède et je ne veux que votre bien, tu le sais au moins.
Moi : (perdue) Oui maman, pourquoi tu dis tout ça maintenant ? Il y a un problème ?
Ma mère : Tu connais les invités qui sont venus chez ton père aujourd'hui ? Au fait, je veux dire à part que Mouphtar soit l'homme d'affaire le plus riche de ce pays et que Fatoumata soit sa femme, tu connais encore quoi d'eux ?
Moi : Rien maman! C'est tout ce que je sais d'eux et si j'ai bonne mémoire, je me souviens qu'ils avaient l'habitude de venir ici lorsque j'étais encore enfant.
Ma mère : Très bien, tu as raison. Ils venaient souvent ici. Laisse-moi te dire qui ils sont vraiment pour cette famille et quelle relation ils ont avec ton père. Tu es au courant que ton père a perdu ses parents très jeunes et il a été adopté n'est ce pas ?
Moi : Oui.
Ma mère : Eh bien, c'est le père de Mouphtar qui a adopté ton père et a financé ses études. Si ton père est là en ce moment, c'est grâce au père de Mouphtar. Tu vois un peu ?
Moi : Ah d'accord, je vois maman. C'est donc le père de Mouphtar qui a adopté papa après la mort de ses parents ?
Ma mère : Oui Malia !
Moi : Je vois maman. Il devrait être un homme très bon.
Ma mère : Ah ça oui il l'était, c'était un homme très généreux paix à son âme. Ce geste qu'il a fait a énormément touché ton père au point où il a offert à la famille MAHAMAT son cadeau le plus cher.
Moi : (curieuse) Et c'est quoi ce cadeau maman ?
Ma mère : (me souriant) Ce cadeau c'est....
Moi : (souriant) Quoi maman ?
Ma mère : Ce cadeau c'est toi ma chérie.
Moi : (cessant de sourire) Quoi ! Qu'est ce que tu racontes maman ? Comment ça je suis ce cadeau ?
Ma mère : Calme-toi ma princesse, ton père pour remercier la famille MAHAMAT t'a offert en mariage au fils unique de Mouphtar et Fatoumata, Jamal Issa MAHAMAT. Tu lui as été promise depuis que vous êtes enfants. À présent, vous avez grandi et ton père ainsi que les parents de Jamal pensent qu'il est temps de vous marier.
Moi : (me levant brusquement) Quoi ! Vous avez fait quoi ? Pourquoi vous avez fait cela ? Comment vous avez pu me donner en mariage comme si j'étais une marchandise ?
Ma mère : (tirant ma main pour que je me rasseye) Calme-toi ma fille.
Moi : (retirant ma main) Ne me touche pas maman. Tu étais consentante n'est ce pas ? Tu as accepté cela, pourquoi maman. Pourquoi? Pourquoi tu ne t'es pas opposé à ça ?
Ma mère : Tu sais que, avec ton père je n'ai pas mon mot à dire. Il parle et on exécute tout simplement. Je comprend ta colère mais nous sommes tes parents et nous ne pouvons que choisir le meilleur pour toi et crois-moi, Jamal est le meilleur.
Moi : (en larmes) Et qu'est ce que je fais de mes études, de mes rêves ? De mes choix, de mon amoureux Kassim ? Qu'est ce que je fais de tout ça ? Pourquoi vous voulez détruire ma vie maman ? Pourquoi ?
Ma mère : (essayant de me calmer) Je t'en prie Malia, ne pleure pas. Je suis désolée ma princesse, mais crois-moi c'est pour ton bien ma chérie.
Moi : Sache que je ne me marierai jamais avec un homme que je n'aime pas, je me fiche de papa et de la famille MAHAMAT, je m'en contrefiche de toi aussi maman. Je préfère mourir tu m'entends ? Je préfère mourir que d'épouser un homme de force.
Ma mère : (essaie de me toucher mais je recule) Mali....
Moi : (réticente) Laisse-moi seule maman.
Ma mère : (insistant) Malia....
Moi : (ferme) S'il te plaît.
Ma mère : (se résignant) Ok, c'est comme tu voudras. Je suis désolée ma princesse.... pardonne-moi.
Elle ressort de ma chambre et je commence à hurler. Je hurle et pleure ma souffrance, je pleure mon sort. Je me croyais libre pourtant je n'étais qu'un cadeau pour certains. Un vulgaire objet dénué de sentiments. Une chose qu'on donne sans trembler.
Je casse tout dans ma chambre, tout ce qui me tombe sous la main est bon à balancer. Je crie, je sanglote, je pleure. Pourquoi moi ? C'est injuste, vraiment injuste.
Je pleure jusqu'à une heure tardive de la nuit, ce soir le sommeil refuse de me visiter, cette nouvelle a chamboulé tout mon être. Je reste éveillée jusqu'à l'aube.
******Le lendemain matin
Au premier chant du coq, je me suis levée, j'ai pris ma douche et me suis habillée pour le campus. Je n'ai même pas daigné saluer mes parents avant de partir. La nouvelle que m'a annoncé ma mère hier m'est restée au fond de la gorge.
Je suis tellement en colère contre eux, je n'ai aucune envie de voir leur tronche. Heureusement que j'ai l'argent sur moi, je vais pouvoir prendre le bus avec.
Je marche jusqu'à l'arrêt de bus et...pile à l'heure, le bus est là. Dès que l'assistant du chauffeur ouvre les portières, nous nous bousculons tous à l'intérieur.
Ceux qui vont s'asseoir se sont assis, j'ai réussi à me trouver une place au fond. Je m'asseois et observe ceux qui ont du mal à se trouver une place.
Certains d'entre eux ont finalement fini par se trouver un endroit où poser leur fesses mais d'autres non, c'est vraiment pas de chance pour eux. Ils sont obligés de faire le trajet en restant debout.
Quelques secondes plus tard, le chauffeur démarre et le bus avance. Je suis complètement ailleurs durant le trajet, les dernières phrases de ma mère ne cessent de me tourmenter.
J'ignore à quel moment mais je me suis surprise entrain de pleurer. Je sors un peu de mes pensées et passe délicatement le revers de ma main sur mon visage pour essuyer mes larmes mais celles-ci ne m'obeissent pas et commencent à couler à flot.
Je pleure à présent comme une gamine, les personnes présentes dans le bus avec moi ne cessent de me dévisager du regard se demandant sûrement ce que j'avais au point de pleurer de la sorte.
Embarassée, je fais l'effort surhumain pour me contenir. Je sens la voiture s'arrêter, nous sommes devant l'université, j'étais la première à payer le chauffeur et à ressortir du bus. J'étudie à l'UIE (l'Université Internationale d'Excellence).
Je me suis dirigée à l'intérieur du campus où je marche pour regagner l'amphithéâtre dans lequel sera dispensé le cours d'aujourd'hui.
Je me contente d'avancer sans vraiment savoir où je vais, je suis présente de corps mais mon esprit est totalement ailleurs.
Soudain, je sens des bras me serrer de dos. C'est Safiatou, ma meilleure amie.
Safiatou : Alors? Bonjour ma belle, comment ça va ce matin ?
Elle quitte mon dos et vient se placer devant moi. J'ai essayé de baisser la tête pour ne pas qu'elle voit que j'ai pleuré mais c'était peine perdue.
Elle redresse ma tête par le menton.
Safiatou : (fronçant les sourcils) Attend, je rêve ou tu pleures ? Qu'est ce qui t'arrive Mali? Pourquoi tu pleures ?
#À_suivre
MALIA, l'épouse de Jamal
#Épisode_2
J'ai bien envie de hurler mon triste sort à Safiatou, envie de crier haut et fort en pleurant de toutes mes forces l'injustice dont je suis victime de la part de mes propres parents.
J'ai envie de crier au monde entier à quel point ils sont cruels et combien de fois ça m'anéantirait s'il me donnait en mariage de force. Je brûle d'envie de faire tout cela mais je ne le fais pas. J'essuie juste mes larmes sous le regard perdu de Safiatou.
Moi : (sourire forcé) Ne t'inquiète pas, je n'ai rien de grave.
Safiatou : Dis-moi pourquoi tu pleures, je veux savoir.
Moi : Il n'y a rien je te dis.
Je la dépasse pour partir mais elle vient me barrer la route en se mettant devant moi.
Moi : (soupire d'angoisse) Safi s'il te plaît..
Safiatou : Je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas dit ce que tu as.
Elle croise les bras et est décidée à savoir ce qui m'arrive. Je n'essaie même pas de passer une seconde fois parce qu'elle viendra toujours me barrer la route telle que je la connais.
Elle a toujours été comme ça. Quand elle a un objectif en tête, rien ni personne ne l'arrête. Ça tombe bien parce que je suis pareille. Nous sommes toutes les deux têtues...
J'ai décidé de ne rien lui dire et je compte m'en tenir à ça. Elle ne me fera pas craquer. Je croise les bras, elle fait pareille et on se regarde dans les yeux...
Safiatou : (un peu en colère) Tu ne veux rien me dire ? Tu es sérieuse là Malia?
Moi : (triste) Écoutes Safi...je n'ai pas envie de parler de ça avec quelqu'un pour le moment, comprends-moi s'il te plaît.
Safiatou : Même pas avec moi? Ta meilleure amie ? Je croyais qu'on devrait tout se dire Malia..
Moi : Je ne refuse pas, on doit tout se dire mais...
Je ne finis pas ma phrase, la sonnerie du campus m'interrompt brusquement. Les cours vont débuter d'une minute à l'autre, il faut regagner nos amphithéâtres..
Moi : (parlant à Safi) On parlera de tout ça ce soir après les cours d'accord ?
Safiatou : (satisfaite) Ça veut donc dire que tu acceptes de me dire ce qui t'arrive ?
Moi : (roulant des yeux) Oui tu as gagné, je vais tout te raconter..
Safiatou : C'est super Mali...
Elle se jette à mon cou et m'enlace dans ses bras.
Safiatou : Je t'adore.
Moi : (voix étouffée) Moi aussi..
On se relâche.
Safiatou : (faisant un au-revoir de la main) À plus, prend soin de toi..
Moi : À plus..
Elle me fausse compagnie et se dirige vers son amphithéâtre, je fais aussi de même. Safi étudie la médecine et moi, le droit.
Malgré nos différents choix de filières, on reste quand même de très bonnes amies. Au départ, je voulais aussi faire la médecine comme elle mais ce n'était pas par envie mais plutôt par obligation vu que c'est mon père qui m'y obligeait.
Ça n'avait pas été facile pour le convaincre de me laisser faire le droit comme je l'ai toujours rêvé. Il a fallu l'intervention de mes oncles et aussi de ma mère qui lui a longuement parlé pour qu'il me laisse finalement faire le droit.
Mon père a toujours eu cette manie d'imposer les choses à ses enfants et à ses femmes. On doit toujours faire selon sa volonté, notre volonté à nous n'a jamais compté et je me rends compte que cette situation ne changera pas de si tôt puisqu'il a déjà recommencé en voulant m'imposer un mariage avec lequel je ne suis pas consentente.
Je n'ai vraiment pas envie de me marier à cet homme que je ne connais même pas. C'est vrai que le mariage forcé est un phénomène récurrent au Mali mais jamais au grand jamais, je n'ai imaginé que je serai confronté à ça un jour...
Je pensais que mes parents étaient assez raisonnables pour me laisser faire mes propres choix mais je vois que je me suis gravement trompée.
Autrefois, je pouvais encore compter sur ma mère pour dissuader mon père de faire certaines choses mais cette fois, c'est en complicité avec ma mère. Je ne sais plus quoi faire.
Je fais mon entrée dans l'amphithéâtre où va se dérouler le cours de droit civil ce matin, je vais m'asseoir sur l'une des chaises qui se trouvent près de la fenêtre. Le professeur vient de faire son entrée, on se lève tous pour le saluer, on s'asseoit par la suite et le cours a débuté...
J'essaie de me concentrer même si toutes mes pensées sont tournées vers les dernières paroles de ma mère...
******Le soir
Les cours ont pris fin aux environs de 19h quoique j'aurais aimé que ça dure encore plus.
Safi et moi sommes sur le chemin de retour. Nous avons l'habitude de faire chemin ensemble pour rentrer. Quoi de mieux que marcher avec sa meilleure amie tout en papotant ?
Comme promis, je lui ai tout raconté concernant l'histoire du mariage et elle est restée sidérée.
Safiatou : Tes parents veulent vraiment te faire ça ? Je n'y crois pas... pourquoi ?
Moi : (en pleurs) Je ne sais pas, je ne veux pas de ce mariage Safi..
Safiatou : Calme-toi ma belle, nous allons trouver une solution. Et ta mère ? Qu'est ce qu'elle en dit ?
Moi : Elle est d'accord Safi, elle était au courant de tout cela depuis des années et elle me l'a caché. Elle soutient mon père...ils vont détruire ma vie Safi.. aides-moi s'il te plaît. Demande à tes parents de leur parler s'il te plaît..
Safiatou : Oui je le ferai, ne t'inquiète pas. Je vais en parler à mes parents et ils viendront parler avec les tiens. Arrête de pleurer ma belle..
Moi : (en sanglots) Merci Safi, merci beaucoup...
Safiatou : De rien, nous sommes des amies je te signale.
Moi : Merci.
Je m'engouffre dans ses bras et on se câline longuement. J'ignore ce que je ferai sans elle..
Safiatou : Et Kassim ? Il est au courant de tout ça ?
Moi : Non, il n'est pas au courant, je ne lui ai encore rien dit. Je crains sa réaction, vaut mieux qu'il ne sache rien pour le moment.
Safiatou : D'accord, comme tu voudras.
On a marché pendant un bon moment encore avant d'arriver dans notre quartier. Safiatou et moi habitons le même quartier. Sa maison est juste à quelques mètres de la mienne.
Moi : Bonne nuit ma belle..
Safiatou : (souriante) Bonne nuit et cesse de t'en faire, tout ira bien ok?
Je hoche de la tête et m'efforce de répondre à son sourire. Elle m'a laissé devant mon portail puis a continué sa route.
Je me retourne pour faire face au portail, je le regarde attentivement sans jamais trouver le courage de l'ouvrir et d'entrer à l'intérieur de notre concession. La vérité est que je n'ai pas envie de revoir mes parents. Je m'excuse pour l'expression mais ils me répugnent...
Après un long moment d'hésitation, j'ai finit par ouvrir le portail et pénétrer dans la maison. Il n'y a personne dans la cour, tant mieux..
Je me dépêche de regagner ma chambre quand la voix de ma mère m'interpelle...
Ma mère : Malia!
Je m'arrête sur le seuil de l'entrée..
Ma mère : Tu ne me salues pas?
Moi : (ton froid) Bonsoir...
Ma mère : Va te changer et reviens. Ton père veut que tu le rejoignes dans le salon, il veut te parler.
Moi : Je suis fatiguée, je n'ai rien à lui dire..
Ma mère : (calmement) Malia, s'il te plaît... obéis...
Je ne réplique plus, je continue juste ma route et arrive dans ma chambre. Je n'ai aucune envie d'écouter ce que mon père a à me dire mais je vais quand même y aller.
Je me change sans prendre ma douche et vais le rejoindre au salon. Il était assis à ses aises dans le plus grand fauteuil.
Moi : (froidement) Bonsoir papa..
Mon père : Malia, ma fille. Asseois-toi s'il te plaît..
Il m'indique un fauteuil du doigt et je prend place. C'est fou comme il m'énerve. Je bouillonne de rage rien qu'en le voyant..
J'ai les deux mains posés sur mes cuisses et je fixe le sol, mes poings se serrent..
Mon père : Je suppose que tu connais déjà la raison pour laquelle je t'ai fait venir ici, ta mère te l'a sûrement déjà dit. Si je t'ai fait venir ici c'est pour te parler de ton futur mariage avec Jamal Issa MAHAMAT..
Toujours la tête baissée, mes larmes commencent à couler, mon père a remarqué que je pleure.
Mon père : Malia s'il te plaît... c'est pour ton bien que je fais cela, Jamal est le meilleur pour toi... j'aime énormément la famille MAHAMAT et crois-moi, tu seras bien là-bas...
Moi : (en sanglots) Je ne veux pas papa....
Je relève ma tête et nos regards se croisent.
Moi : (décidée) Je ne veux pas me marier avec cet homme et rien ni personne ne m'y obligera...
#À_suivre
Malia, l'épouse de Jamal (MARIAGE FORCÉ).
#Épisode_3
Je n'arrive pas à croire que cet homme assis en face de moi est mon père. Comment un père qui dit aimer sa fille, qui dit la considérer comme une princesse est-il capable de faire cela?
Il ne comprend pas que ça me détruirait? Pourquoi il veut me faire ça ?
Mon père : Malia écoute-moi je ....
Moi : (hurant) NON, JE NE VEUX RIEN ÉCOUTER, JE REFUSE CE MARIAGE, IL FAUDRA D'ABORD ME TUER, TU M'ENTENDS ?
Je me lève sans qu'il ne me l'ordonne et court vers la sortie en larmes. Il m'interpelle mais je ne m'arrête pas..
En sortant, je suis tombée nez à nez sur ma mère qui voulait entrer. Elle a sûrement été alertée par mes cris..
Ma mère : Que se passe-t-il ?
Sans attendre, je la bouscule et m'en vais.
Ma mère : (derrière moi) Malia ma chérie, attend s'il te plaît, Malia...
Je cours de toutes mes forces et pars m'enfermer dans ma chambre. J'ai verouillé la porte à double tours pour que ma mère n'entre pas..
Ma mère : (toquant à la porte) Ouvre-moi s'il te plaît ma chérie...Malia...
Elle cogne plus fort mais je l'ignore. Je me laisse tomber sur le lit et pleure comme une Madeleine. Couchée sur le ventre, je pleure de toutes mes forces. Pourquoi moi ? C'est injuste...si injuste..
******Jamal MAHAMAT
Ce que ma mère vient de me dire m'a totalement laissé sous le choc. Je fronce les sourcils et la regarde d'un air abasourdi. J'ai du mal à croire à ce qu'elle vient de me dire. Je refuse de croire qu'elle et mon père m'ont trouvé une femme à épouser sans me consulter. C'est incroyable !
Moi : (indigné) Comment avez-vous pu faire cela maman ? Vous n'avez pas pensé à moi? À ce que je ressentirais si j'apprenais cela ?
Ma mère : Écoute-moi Jamal, c'est une bonne fille, en plus c'est la fille de Boubacar DIARRA, le jeune homme que ton grand-père a recueilli par le passé. Tu te souviens de cette histoire ? Je te l'ai raconté si je...
Moi : (furieux) Je m'en contrefiche de cette histoire maman, elle peut être la fille du président, ça m'est égal, je ne veux pas me marier avec elle. Il est hors de question que je me marie avec une femme que je ne désire pas... j'ai terminé...
Je marche en me dirigeant vers la sortie, je suis sur le point de ressortir de ma chambre pour y laisser ma mère seule mais elle m'arrête.
Ma mère : (ferme) JAMAL!
Je m'arrête, la main sur le poignet de la porte. Je fais dos à ma mère..
Ma mère : S'il te plaît mon chéri, ton père et moi ne voulions que ton bien mon amour et crois-moi Malia est celle qu'il te faut..
Le bruit de ses chaussures à la rencontre du sol carrelé de la chambre raisonne dans toute la chambre. Elle se rapproche de moi, je sens sa main se poser délicatement sur mon épaule...
Ma mère : (voix douce) Pour l'amour du ciel, tu dois accepter cette union qui a été scellée depuis la nuit des temps. Te voir marier avec Malia DIARRA est le vœu le plus chèr de ton père alors ne le déçois pas s'il te plaît...
Moi : N'insiste pas maman, ma réponse est non..
Très rapidement, j'ouvre la porte et m'en vais. Je suis rouge de colère. Comment ils ont pu faire ça? J'ai toujours du mal à y croire.
C'est dans une colère noire que je descends les escaliers et quitte la maison de mon père. Ce soir, je dormirai chez moi. Je crois que j'ai passé assez de jours chez mon père..
Depuis mon retour de Londres, je n'ai pas dormi chez moi une seule fois, ça fait presque un mois que je dors chez mes parents et si j'ai autant séjourné là-bas c'est à cause de ma mère. Elle ne voulait pas que je m'en aille mais cette fois, je m'en vais. J'en ai vraiment marre de tout ce cirque de mes parents..
Je bondis dans ma voiture et met le contact. Le gardien de mes parents m'ouvre le grand portail et le maintient grandement ouvert.
J'extériorise la voiture par la suite et prend la direction de chez moi. Je vis seul dans un triplex situé dans l'un des quartiers les plus huppés de Bamako. Je dois admettre que c'est une maison vraiment immense pour être uniquement habité par moi.
Cependant, j'adore cela, j'aime le calme et la solitude. Et puis, pour ce qui est de la compagnie, il y a toujours mes employés là... j'ai deux femmes de ménages et une cuisinière sans oublier le gardien et le chauffeur...
Ce qui fait en tout cinq employés. Donc je ne suis pas totalement seul, c'est déjà ça.
Mon nom est Jamal Issa MAHAMAT, je suis un homme d'affaires, je fais dans l'immobilier qui me rapporte énormément et je suis également actionnaire dans différentes entreprises notamment les entreprises qui font dans l'agroalimentaire et aussi l'entreprise pétrolière de mon père.
Mon père est l'homme d'affaire le plus riche de ce pays et je ne vais pas nier que ça m'a beaucoup facilité les choses. J'ai à présent ma propre fortune qui est estimé à plus de 20 milliards de francs CFA, ce qui me place à la deuxième place du classement des jeunes les plus riches et influents du Mali.
J'aime beaucoup voyager et me faire de l'argent à travers le monde. Mon tout récent voyage était porté sur Londres...
J'y étais allé pour les affaires bien évidemment. J'ai fait presque un an là-bas avant de revenir au pays, ce que je regrette maintenant à cause de l'attitude de mes parents.
Je ne les reconnais pas. Tout au long du trajet, j'étais stressé au volant et totalement ailleurs. Ça a été vraiment un miracle que je sois rentré sain et sauf.
J'ai confié la voiture au chauffeur qui va se charger de la garer dans le parking puis je suis monté dans ma chambre. Je veux prendre une bonne douche pour me changer les idées...
Sans plus tarder, j'entre dans la salle de bain et actionne le robinet au dessus de la baignoire. J'ai ouvert le robinet de l'eau chaude et ça a commencé à couler dans la baignoire.
Je prends mon gel de douche, mon eau de Cologne, le savon liquide à la lavande, le colorant et je verse tout dans l'eau. Je mélange tout à la fois, je ne me soucie pas des détails. L'important est que ça mousse...
Une fois que j'aie fini de préparer mon eau, je me suis mis à poil et me suis allongé dans la baignoire. Je ferme les yeux. Aahh ça fait du bien.
Il ne manque plus qu'une douce musique pour accompagner ce bon moment de détente. J'ouvre les yeux et regarde par dessus mon torse.
Je regarde mes abdos, j'avoue que je ne les travaille plus comme avant. Ils ont presque disparus..
Il faut que je me remette au sport pour retrouver ma forme d'avant. Je suis quand même le plus beau du Mali et je dois honorer ce titre...
Bah quoi? Vous ne le savez pas? J'ai été désigné le plus beau du Mali de l'année 2019-2020, ehhh oui... qu'est ce que vous croyez?
Les filles m'appellent «le dieu de la beauté».
******Le lendemain matin
******Malia DIARRA
J'ai débuté cette journée par une prière matinale. Après avoir fait mon ablution comme d'habitude, j'ai prié et j'ai demandé à Allah du plus profond de mon cœur de ramener mes parents à la raison, je lui ai demandé de ne pas permettre ce mariage et je crois qu'il m'a déjà exaucé.
Je termine ma prière par la récitation de quelques passages du coran et me lève de mon tapis, je le plie et le range avant de prendre mon sac et de ressortir.
Oh non, il ne manquait plus que ça. Ma mère est dans la cour, c'était l'avant-dernière personne que j'avais envie de voir. Elle est entrain de donner du maïs à manger aux poules.
Je n'ai pas l'argent pour emprunter le bus ce matin et j'ai bien envie de lui demander mais je préfère mourir que de faire ça. Je préfère parcourir des kilomètres à pieds que de lui parler...
Sans lui adresser le moindre mot, je me dirige vers le portail.
Ma mère : (criant) Mali attend, Malia, attend, tu ne vas pas passer toute ta vie à me bouder quand même...
Je l'ignore et m'en vais. Je marche avec mon sac accroché au bras et quelques cahiers en mains. C'est sûre, je serai en retard aujourd'hui au cours.. pufff..
Je marche quand tout à coup, une moto s'est mise à klaxonner derrière moi. Au départ, j'ai cru que peut-être j'étais sur la voie et je me suis décalé sur le côté mais la moto klaxonnait toujours derrière moi à croire qu'elle me suivait...
Je me retourne pour voir l'imbécile qui fait ça et me rends compte que c'est mon petit ami Kassim. Depuis quand il a une moto ?
#À_suivre.