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Malia : Le prix du bonheur

Malia : Le prix du bonheur

Auteur:: Ombre H
Genre: Romance
Prologue ************ J'ai toujours cru que l'amour pouvait tout vaincre. Et j'ai toujours pensé que l'amour était éternel. J'ai toujours cru que la seule façon d'être heureuse, était d'être amoureuse. Et j'ai toujours cru que l'amour inconditionnel, était celui d'une mère pour son enfant... Et pourtant... Pourtant... Pourtant, j'étais amoureuse. Pourtant, je suis devenue mère. J'avais tout pour être heureuse. Mais ma vie a basculé! Le ciel m'est tombé sur la tête, et les épreuves ont fait fuir mes certitudes. J'étais perdue, angoissée, stressée. J'ai vraiment beaucoup souffert, mais je me suis enfin réveillée! Je me suis promise que désormais, plus rien ne me ferait de la peine. Plus rien! Maintenant, je garde ma confiance pour moi, et je ne la donne plus à personne. Plus jamais! Comme çà j'éviterai d'être à nouveau déçue. Les gens qu'on aime sont les premiers à nous trahir... C'est toujours comme ça... Pourquoi? Je ne le sais toujours pas. La souffrance et la peine m'avaient condamné à la mort, mais l'espoir et le courage m'ont ressuscité. Ce que j'ai compris, c'est que rien est acquit dans la vie, il faut se battre, encore, et toujours! On ne naît pas heureux, on le devient... Et seulement, si on le veut bien! Une chose est sûre, j'avais perdu ma raison de de vivre, c'est vrai! Mais aujourd'hui, je vis pour une raison, la plus belle des raisons: Mon enfant. J'ai définitivement cessé de regarder le passé, et j'avance vers l'avenir. Moi Malia, j'ai décidé de tout recommencer, ou plutôt de continuer à partir de là où j'avais abandonné. Je reprends maintenant la direction de ma vie. La déprime, c'est TER-MI-NÉ! Tout le monde a le droit à une seconde chance dans la vie! Et aujourd'hui, c'est à mon tour de saisir cette chance! À présent, j'avance. J'avance vers mon bonheur!

Chapitre 1 Chapitre 01

MALIA: Le prix du bonheur - Partie 1

Au Jour du désespoir

-"Mme SOW, je suis désolé. Nous n'avons fait tout ce qui était en notre pouvoir... Mais...Votre enfant n'a pas survécu. Je suis réellement désolée."

Je regardais le médecin, qui était debout devant moi. J'étais abasourdie. Mon regard devenait vaseux. Je ne sentais plus mes jambes. Je ne voulais pas y croire!

(Dr JOUBERT)

-"Mme SOW? Mme SOW ça va aller? Mme SOW?

Le choc avait été si grand, que je ne sentais plus mon corps. J'étais incapable de parler. Je ne pouvais plus réfléchir, j'étais perdue.

J'en avais tellement rêvé de ce bébé!

Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il c'était passé. Comment avais-je pu perdre mon bébé? C'était irréel!

Sept ans après notre mariage, nous revenions à la case départ. Nous n'avions toujours pas de bébé. Et pourtant on avait presque réussit. Presque!

Rien que d'y penser les larmes me tombe encore des yeux.

Je vous assure que j'en tremble encore aujourd'hui, et pourtant c'était il y a bientôt 4 ans.

À presque 31 ans, j'étais enfin tombée enceinte, et tout se passait bien. Le rêve de ma vie allait enfin se réaliser. J'allais devenir maman.

Un jour, alors que j'étais en visite chez mes parents, j'ai eu un malaise. Papa et Maman m'ont emmené illico à l'hôpital. Vous savez, ici en France dès qu'on a le moindre bobo, on court à l'hôpital.

Comme j'étais enceinte, j'ai été prise en charge par les urgences gynécologiques.

En faisant les examens, ils ont remarqué que mon col était déjà dilaté, j'étais entrain d'accoucher.

J'étais dans mon septième mois donc l'enfant était viable, il n'y avait pas de soucis majeur à se faire pour le bébé, si ce n'est que le petit chou allait certainement être pris en charge en néonat' (un service spécialisé de la maternité, pour les bébés prématurés).

J'ai finalement accouché, et malheureusement, mon petit ange est né avec une grosse insuffisance cardiaque. Ça n'avait pas été détecté pendant la grossesse.

J'ai quand même pu tenir ma fille dans mes bras, quelques minutes seulement car elle était fragile. Il lui fallait des soins immédiatement.

Je l'ai donc remise le cœur serré aux infirmières. Entre temps Khalil était arrivé. Le pauvre n'avait pas pu voir le bébé. Il travaillait à l'autre bout de la ville et avait fait aussi vite qu'il avait pu pour me rejoindre.

Une trentaine de minutes plus tard, le Dr JOUBERT est revenu pour nous annoncer l'affreuse nouvelle.

Le petit cœur de mon bébé n'avait pas tenu. Il avait tout simplement cessé de battre. Les médecins n'étaient pas parvenus à la réanimer.

Aujourd'hui, encore je ne sais pas ce qui m'a fait tenir. Je crois que si je suis restée debout, c'est surtout grâce à Dieu.

Parce que, j'ai tellement souffert de cette perte, que j'avais perdu énormément de poids. J'étais devenue toute maigre, alors que j'étais rondelette. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus. En fait, c'était la grosse déprime!

Dieu merci! Ma Maman était là pour moi. Papa aussi d'ailleurs! Et mes frères ne m'ont pas lâché d'une semelle. Sans ma famille, et sans mes amies, je n'aurais pas eu de courage.

Mes parents ont toujours été d'un grand soutien pour moi. Ils sont vraiment géniaux, je les adore!

Maman s'appelle, Roseline. Roseline ZADIO. Elle est un peu directe, mais elle a le cœur sur la main.

Adolescente j'avais très peur d'elle, mais en devenant adulte, nous nous sommes vraiment rapprochées. Sans elle je n'aurais pas pu...

...Heureusement, que je n'avais pas encore tout acheter pour le bébé! Je voulais vraiment attendre le huitième mois pour faire mes courses.

Parfois je me dis que mon inconscient savait déjà ce qui allait se passer.

Cest quand même injuste!

Le seul bébé qui avait bien voulu rester assez longtemps dans mon ventre, n'avait pas survécu.

Je me sentais nulle et coupable de n'être même pas capable, de mettre au monde un enfant en bonne santé!

Je suis incapable de vous expliquer ce que je ressentais vraiment à ce moment là, mais tout ce que je peux vous dire, c'est que j'avais mal, j'avais le cœur en miette!

J'avais l'impression de ne plus maîtriser ma vie. Mais en plus de tout ça, j'éprouvais une grande honte. Je me sentais très mal vis-à-vis de mon mari, et surtout de sa famille.

J'étais dans l'incapacité de leur donner un enfant et un petit-enfant. C'était dur pour moi.

Les SOW n'attendait que ça: l'enfant de Khalil! Il n'avait que ces mots là à la bouche: " l'enfant de Khalil, l'enfant de Khalil".

Je n'en pouvais plus! C'était mon enfant aussi et en plus c'est moi qui le portait en moi!

Je me demande souvent pourquoi ces gens-là ne m'appréciaient pas?

D'autant plus que Khalil est moi nous nous aimions depuis presque 14 ans, mais rien y faisait. Je n'étais pas celle qu'il voulait pour lui.

Mon beau-père, Mohamed SOW, Le papa de Khalil, n'était ni méchant, ni gentil avec moi. Il m'ignorait la plupart du temps. Mais il était souriant ça me suffisait largement.

Si il n'y avait que lui ça aurait été supportable, mais comme vous le savait les filles ne traînent pas avec leurs beau-pères, mais plutôt avec leurs belle-mères!

Et la mienne me détestait. Alimata SOW me détestait cordialement. Elle n'avait jamais apprécié notre relation. Mais ce cher Khalil savait toujours la remettre à sa place.

C'était son seul fils, alors elle se sentait obligée de le materner et de le chouchouter. Quelle plaie!

À part lui, elle avait deux filles, Zeinab l'aînée, et Diéné la cadette. Khalil était le troisième, le petit dernier, le fils tant attendu, alors vous imaginez...

Alimata aurait souhaité que Khalil épouse une sénégalaise comme lui.

Vous m'excuserez mais impossible de l'appeler Maman Alimata, ni Ma Alimata ou tout ce que vous voulez de maternel, parce que cette femme me sortait par les yeux.

Je la vouvoyez et je l'appeler juste: Mme SOW.

Pour elle, je n'étais qu'une fille de rien du tout. Je n'étais pas sénégalaise, j'étais moitié ivoirienne-moitié guinéenne, alors je n'avais absolument pas le bon sang pour être l'épouse de son fiston chéri.

Mais bon elle n'avait pas le choix, puisque son fils était fou amoureux de moi, et il le lui faisait savoir.

(Khalil)

-"Yaye! Laisses ma femme tranquille. Je t'interdis de mal parler d'elle. Sérieusement! Sinon je ne viendrais plus chez toi. Et puis tu fais ça en ma présence! C'est pas sympa! C'est celle que j'aime et c'est la future mère de mes enfants alors arrêtes s'il te plaît!"

(Alimata)

-"Hmmmm! Ta femme tu dis? Quelle mette au monde d'abord et après on verra. Pour l'instant son ventre est un nid vide!"

Et voilà, ce que je subissais!

Cette femme n'avait aucun tact. Elle disait tout ce qui lui passait par la tête. Il n'y avait aucun filtre!

En gros, son fils était parfait, et moi j'étais une je ne sais trop quoi des rues.

Dieu merci. Nous ne vivions pas sous le même toit. Ni dans la même ville. J'espaçais le plus possible les visites.

Les parents de Khalil avait pris leur retraite et ils passaient beaucoup plus de temps à Dakar au Sénégal. Comme ça ils pouvaient aussi passer du temps avec Zeinab et sa famille (qui vivaient au Sénégal). Ils profitaient bien de leur vie de retraités.

À cette époque, j'étais épuisée psychologiquement, car je savais que désormais, je n'avais plus d'arguments pour justifier ma place d'épouse auprès de la famille de Khalil.

Ça me faisait deux problèmes au lieu d'un! J'étais juste fatiguée de penser et de réfléchir à tout ça. J'avais besoin d'un peu de temps pour me reprendre, mais aussi pour me retrouver avec mon mari. Car cette épreuve avait lourdement impacté note vie de couple.

Khalil avait l'air complètement dépassé par la situation, mais il avait été parfait quand même. Il ne m'a jamais fait sentir que tout était de ma faute. Au contraire, il voulait que je dédramatise. Il était mon premier soutien.

Lui et moi on se connaissait depuis nos 14 ans, et nous étions ensemble depuis nos 17 ans (nous en avions 31 et 32 à l'époque du drame). Alors c'est vous dire... Nous étions très amoureux l'un de l'autre.

Khalil avait même organisé un petit voyage à New-York pour qu'on oublie un peu ce qui nous arrivait. Il fallait qu'on s'aère, ça m'avait fait le plus grand bien.

C'est terrible comme épreuve de perdre son bébé! Même si je sais que ce sont des choses qui arrivent, on ne pense jamais que ça va nous arriver!

Pour moi c'était un échec! Et c'était inadmissible de terminer sur cette vilaine note. Je voulais refaire tout de suite un autre enfant. Je voulais absolument réessayer.

Le médecin m'avait demandé d'attendre au moins six mois avant de retenter ma chance. Simplement pour laisser à mon corps, le temps de se reposer et de se régénérer.

Alors c'est ce que nous avons fait. Nous avons attendu six mois pour tenter à nouveau d'avoir un enfant.

Et une nouvelle fois, la vie n'en a fait qu'à sa tête!

Je me souviendrais toujours de ce jour où Khalil m'a demandé de m'assoir dans le salon. Il s'était assis en face de moi et tenait mes mains dans les siennes.

Il avait quelque chose d'important à me dire. Il avait l'air déboussolé et attristé. Je me demandais bien ce qu'il pouvait se passer.

Et je peux déjà vous dire, que ce jour là, j'ai pleuré! J'ai pleuré toutes les larmes de mon pauvre corps.

Je n'ai rien oublié de ce jour, ni les gestes, ni les mots, aucun détail. Mes larmes ont fixés ma mémoire à jamais.

Ma vie venait de prendre un nouveau détour. C'est impressionnant comme le destin peut nous jouer des tours! Jamais je n'aurais imaginé vivre toutes ces choses en à peine quelques mois.

J'allais devoir être très forte, car ma petite vie tranquille allait être totalement bouleversée !

MALIA: Le prix du bonheur - Partie 2

L'incompréhension

(Khalil)

-" Malia... J'ai...j'ai..."

Ça ne sentait pas bon du tout ça! Cette nouvelle que Khalil voulait m'annonçait ne me disais rien qui vaille!

De un: il m'appelait Malia, en général quand il l'appelait comme ça c'était soit qu'on c'était disputé, soit qu'on était fâché, ou alors on allait devoir faire quelque chose qui ne me plairait pas.

De deux: il bégayait, il n'arrêtait pas de bafouiller: "j'ai...jai..."

(Moi)

- "Mais allé parles! Balances Khalilou que veux-tu me dire à la fin?"

Qu'est-ce qu'il pouvait m'agacer quand il faisait ça!

(Khalil)

-"J'ai fait une énorme bêtise! Et...J'ai... Et..."

(Moi)

-" D'accord? Tu as tué quelqu'un? Tu as volé? Tu as écrasé quelqu'un? T'as une deuxième femme?

Je sais pas moi, c'est quoi ta grosse bêtise?" Disais-je en plaisantant.

Je le taquinais gentiment pour essayer de le détendre, mais c'était pire. Il semblait être très contrarié.

Finalement, c'est dans un torrent de larmes qu'il m'expliqua toute l'histoire.

(Moi)

-"Khalil, j'espère que tu plaisantes? Dis-moi que c'est pas vrai...Mais...Mais Khalil!" Je bégayais à mon tour."

(Khalil)

-"Je suis désolé bébé! Je suis désolé!

Tu ne méritais pas ça, je sais. J'ai mal calculer! Pardon bébé" répétait-il inlassablement.

À cet instant précis, je n'écoutais plus rien. Khalil n'avait pas pu me faire ça? Lui et moi c'était à la vie à la mort, on se disait toujours tout.

Mais qu'est ce qui lui avait pris de me faire un truc pareil?

C'était de la haute trahison! Surtout que jusque là, je n'avais rien vu venir. Je n'avais vraiment pas remarquer de changement!

Nous étions même allés à New-York pour nous changer les idées. Nous venions de passer un petit week-end en Suisse chez des amis, tout allait très bien pour nous deux.

J'étais encore un peu fragile c'est vrai, mais je reprenais enfin goût à la vie. Surtout que le gynécologue venait de donner son feu vert pour un nouvel essai!

La vie reprenait son court et Khalil foutait tout en l'air! J'étais écœurée!

En fait, Khalil venait de m'avouer qu'il avait mis notre maison en hypothèque il y a quelques mois, et que par malchance, il n'était pas parvenu à tout rembourser dans les temps.

Du coup, comme il n'avait pas réussit à rendre l'argent de cet immense emprunt, la maison appartenait maintenant à la banque!

En somme, nous étions à la rue, et sans le sous. Et lui, tout ce qu'il savait me dire c'était : "Je suis désolée bébé!"

(Moi)

-"Expliques-moi au moins pourquoi? Khalil pitié expliques-moi!"

Khalil avait la tête baissé, et ne sortait plus aucun mot. Je ne vous cache pas que j'étais hors de moi, j'étais très en colère. Il aurait mérité une bonne gifle! Non mais sérieusement ...

Mais, par amour pour lui, j'ai préféré ne pas enfoncer le clou. Il fallait assumer les bêtises qu'il avait faites, et rendre la maison. Ce fut grand déchirement! C'était notre première maison quand même!

Nous devions quitter les lieux dans les quinze jours, sous peine d'être expulser manu militari.

Je n'en revenais pas! Je ne savais même pas pourquoi il avait eu besoin de mettre notre maison en gage. On avait travaillé dur pour pouvoir acheter cette maison.

Et puis moi...Comment avais-je pu passer à côté de tout ça?

C'est vrai que je m'occupais rarement des comptes, et je m'en voulais. J'aurais dû y jeter un œil de temps en temps. Je faisais tellement confiance à mon mari. Jamais je n'aurais pensé qu'un jour il aurait pu nous mettre dans cette m----!

Comme le disais toujours mon papa (Ebenezer ZADIO):

-"La confiance n'exclut pas la prudence!".

J'aurais mieux fait de l'écouter...

J'allais devoir reprendre le travail plus tôt que prévu. Je n'étais pas tout à fait remise du décès de mon enfant, que déjà une nouvelle tuile me tomber sur la tête.

Je me disais souvent que si ma fille avait survécu, j'aurais été à la rue avec un bébé d'à peine six mois. Cette situation était très pénible et incompréhensible pour moi. Je ne pouvais rien faire à part subir.

On aurait dit que Khalil avait perdu la tête. C'était fou!

Le pire dans tout ça, c'est qu'au lieu de faire profil bas, Khalil commençait à mal me parler, comme si tout était de ma faute.

Non seulement il était agressif verbalement, mais il était aussi très susceptible. Je pense qu'il s'en voulait, et qu'il n'assumait pas la perte de la maison.

J'ai vécu les quinze jours les plus difficiles de ma vie depuis le décès du bébé.

On arrêtait pas de se disputer. Ce qui nous arrivait assez rarement auparavant! C'était insupportable.

Un jour, j'ai voulu faire quelques courses alimentaires et mon paiement a été refusée à la caisse du supermarché.

Je n'y comprenais rien. Dieu merci ce jour là Khalil était à la maison, et il est venu m'apporter du liquide pour que je puise régler les courses.

En fait, la banque avait bloqué nos cartes bleues et par la suite, nous avions dû rendre notre carnets de chèques aussi. Nous étions désormais interdit bancaire. Nos compte étaient désespérément vides.

C'était la galère!

Puis un soir, en rangeant nos derniers effets, j'ai remarqué des documents intéressants dans mes dossiers administratifs.

Par chance, j'avais conservé les coordonnées d'un compte épargne que mes parents m'avaient ouvert lorsque j'étais adolescente.

Le hasard faisait bien les choses pour une fois!

Il y avait une sacré somme dessus. Peut-être que Dieu ne m'avait pas complètement oublié?

Je soufflais enfin! Mes parents n'avaient pas annulé le prélèvement automatique alors l'argent continuait à y être verser, même après toutes ces années.

Personnellement, c'est ce compte qui m'a en partie sauvé, (Dieu bénisse les parents prévoyants!)

J'avais décidé de ne pas parler de ce compte à Khalil.

Pas parce que je voulais en profitais seule, certainement pas, mais je me disais que si il avait dilapidé tout ce qu'on avait sans me dire quoi que ce soit, alors il ferait pareil avec mes 28500€.

Je ne voulais pas le lui cacher, mais son attitude m'inquiétais.

Alors je ne pouvais pas faire autrement. Donc, j'ai préféré gérer ce compte seule et en toute tranquillité. En plus, ça me donnait un peu de liberté.

Ça m'évitais d'aller réclamer de l'argent à mon mari lorsque j'en avais besoin, mais ça me permettrait aussi de nous donner un peu d'oxygène en cas de coup dur.

Nous avions également vendu ma voiture pour avoir un peu de liquidité, mais ça n'avait pas suffit à nous remettre à flot.

Alors avec toutes ces difficultés, nous n'avions pas eu d'autre choix que d'élire domicile chez ses parents en attendant qu'on trouve un nouvel appartement.

Ça ne m'enchantait guère! Car cohabiter avec Alimata SOW était une véritable punition pour moi. Mais nous n'avions pas le choix...

Avec avec nos grosses dettes, il nous était totalement impossible de racheter une maison ou même de louer un appartement pour le moment.

De toutes les façons, aucune banque ne nous aurait fait de crédit!

Khalil avait vraiment déconné! Car en plus de l'hypothèque de la maison, Il avait contracté d'autres emprunts ci et là. Alors, quasiment tout son salaire passait dans les divers remboursements.

Il était pourtant cadre juridique dans une grande entreprise informatique. L'entreprise était côté en bourse, elle se trouvait dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris. Il avait une excellente paye, mais ça ne suffisait plus.

La somme que nous devions était si importante et faramineuse, qu'on ne vivait plus qu'avec mon petit salaire de secrétaire comptable.

Non seulement, je vivais moins bien mais en plus, il fallait que je me coltine ma belle-mère qui évidemment mettait toute cette situation sur mon dos.

Chapitre 2 Chapitre 02

Son fils était parfait et moi une sombre idiote qui avait fait couler notre foyer.

(Alimata SOW)

-" Tu es une malédiction pour Khalil! Je l'ai toujours dit et je le répéterai toujours. Depuis qu'il est marié avec toi, plus rien ne va!"

Ben voyons!

Cette femme était le diable en personne. Je la regardais seulement s'agiter, je ne voulais pas lui donner l'occasion de dire partout que je lui avais mal répondu ou autre chose dans le genre.

Elle n'avait qu'à parler si ça lui plaisait! Mais moi je jouais la carte de l'indifférence. Elle ne méritait même pas que je prenne le temps de répondre.

Pourtant j'avais mal. Vraiment ses mots me touchaient au plus profond de moi-même. J'étais réellement blessée. Dans ces moments là, je pensais à ma Maman, qui nous disait toujours:

(Roseline ZADIO)

-"C'est pas parce qu'on t'insulte qu'il faut répondre. Il faut parfois apprendre à se taire. On répond aux imbéciles par le silence!"

Avant, je disais que c'était un peu dommage de se taire quand on était certain d'avoir raison, mais je comprenais aujourd'hui que Maman avait totalement raison! Et j'avais fait de cet adage, ma devise!

Je n'avais pourtant pas la langue dans ma poche, loin de là...Mais cette fois, le silence était mon arme de guerre. Alors je la regardais et écoutais Alimata me dénigrer sans broncher.

Alimata était toujours surprise de me voir si calme. Elle chercher seulement à déclencher des disputes entre nous, mais moi je les refusais avec force. Je me faisait violence pour me taire!

Après-tout, Elle n'avait qu'à se disputer seule cette vieille sorcière! Moi, je n'avais pas son temps!

En revanche, entre Khalil et moi c'était tendu! Ça n'allait pas beaucoup mieux. Nous étions sous tension. Ma déception, son orgueil et la proximité avec ses parents avaient eu raison de notre complicité.

Khalil qui me défendait toujours devant ses parents, était devenu le principal accusateur. Il me tapait sérieusement sur le système! Il était mon mari ou pas? On aurait dit que lui-même ne savait plus!

C'est lui qui avait foutu toute cette pagaille dans notre foyer, et il se permettait de me parler comme à un chien mouiller!

Alors quand il dépassait les bornes, je n'hésitais pas à le menacer:

(Moi)

-"Parles-moi encore une fois sur ce ton, et je m'en vais Khalil! Je jure que je m'en vais! Mais qu'est-ce qui te prend bon sang?"

(Khalil)

-"Ah bon? Et tu veux t'en aller où? Tu crois que c'est avec ton salaire de misère que tu vas t'en sortir? Tu crois vraiment ça hein? Et bien vas-y! va-t'en! Bon courage!"

Je ne le reconnaissais plus. Ce n'était plus la même personne, c'était juste un inconnu. Son orgueil le rendait froid et méchant. Je me disais que j'avais bien fait de cacher l'histoire de mon compte épargne. Il n'avait vraiment plus sa tête!

Pour tout vous dire, Khalil et moi nous dormions toujours dans le même lit, mais chacun de son côté, et en ayant bien soin de ne point se toucher pendant la nuit.

C'était stupide je vous l'accorde, mais chacun marquait sa désapprobation. Nous n'avions plus aucune intimité.

Et franchement, je ne le supportais plus. Je ne voulais surtout pas qu'il m'approche.

Moi, je restais à ses côtés par amour et c'est comme ça qu'il me le rendait? Je n'y comprenais rien.

Cette histoire m'avait foutu en l'air. J'avais complètement perdu mon sommeil.

Par chance, l'une de ses deux sœurs, Diéné, m'aimait beaucoup. On s'était toujours très bien entendu.

Elle avait vécu des choses difficiles dans son couple, et venait tout juste de divorcer.

Son mari avait pris une deuxième épouse et elle ne l'avait pas supporter. Elle avait quitté son foyer avec ses deux enfants, avant de demander officiellement le divorce.

Entre nous, je n'ai jamais compris pourquoi Hassan avait eu besoin d'une seconde femme. Diéné était ce genre de femme sur laquelle les gens se retournaient dans la rue. Elle n'était pas jolie, elle était magnifique. Elle était vraiment d'une beauté incroyable.

Pourquoi chercher ailleurs quand vous avez une femme belle, intelligente et aimante? Ça je ne le comprendrais jamais! Les hommes sont un mystère pour moi! Bref...

...Diéné ne supportait pas que son frère se comporte comme son ex-mari, et sa mère comme son ex-belle-mère avec moi.

Je l'entendais les engueuler quand je n'étais pas dans la pièce. Elle croyait être discrète, mais elle était tellement fâchée que sa voix résonnait dans toute la maison.

Un jour, Alimata m'avait rabroué pour je ne sais plus quelle motif. Comme à son habitude, elle s'était énervée contre moi, et Monsieur Khalil qui avait désormais rallié la cause de sa mère, me criait dessus aussi. Diéné s'était vraiment mise en colère:

(Diéné)

-"Mais vous là? Comment vous êtes? Vous pleuriez tous sur mon sort quand Hassan et ma belle-famille me causaient du tord, mais vous, vous vous permettez de faire la même chose à cette pauvre Malia, qui en plus ne vous a absolument rien fait!

Franchement continuez comme ça et vous ne me reverrez plus ici! Tchippp!

Et toi Papa, tu ne dis rien? Tu les laisses faire et tu ne dis rien? Vous êtes abjectes tous les trois!"

Elle était partie en pleurant et en claquant la porte. Elle m'avait ensuite appelé. Nous avions beaucoup discuté et échangé. Diéné m'avait conseillé de partir ailleurs, au moins le temps que son petit frère retrouve ses esprits. Elle allait lui parler sérieusement!

Enfin quelqu'un dans cette famille était de mon côté! J'étais trop contente, Diéné était une bénédiction pour moi. Ça me faisait du bien qu'elle prenne le temps de me défendre.

Malheureusement, elle n'habitait pas avec nous et ne venait que les week-end!

Je me sentais parfois seule. Par honte, je n'avais pas osé parler de cette histoire à ma famille.

J'avais même menti en disant qu'on cherchait à acheter plus près du travail de Khalil et que c'était pour cela qu'on avait vendu la maison.

Personne chez moi ne se doutait que ma belle-famille et Khalil me menaient la vie dure. Ni mes parents, ni mes frères. Je ne voulais pas qu'ils aient une mauvaise image de l'homme que j'aimais.

Et puis, il connaissait Khalil sous un autre jour, et tout le monde l'adorait. Je ne voulais pas que ça change. Je souhaitais protéger l'image de mon couple. Peut-être allait-il retrouver la raison? Ça aurait été du gâchis de le balancer pour rien!

Avec le recul, je me dis que j'aurais peut-être dû en parler, les choses auraient certainement été différentes pour moi. Mais bon, on ne peut pas revenir en arrière...

Même à mon frère aîné Kwadjo, qui était mon confident, je n'avais pas pu dire la vérité. Je les évitais tous soigneusement.

J'avais quand même parlé de ma situation à deux de mes amies: Anita et Bouchra.

Anita était ma collègue de travail. C'était une fille géniale, toujours de bonne humeur et parfois de bon conseil, elle était un peu fofolle.

Anita était métisse italo-Nigériane. J'adorais son accent un peu anglophone. Avec elle, on ne s'ennuyait jamais!

Elle était plus âgée que moi, et était célibataire. Quand je lui racontais mes aventures, elle me disait toujours:

"Tu vois pourquoi je te dis que je préfère être seule, les hommes n'en valent pas la peine!"

En tout cas, avec Anita, les heures de travail passaient plus vite! Mon retour avait été plus facile grâce à elle.

Quant à Bouchra, elle, était ma meilleure amie depuis l'école primaire. On se disait tout, absolument tout!

Elle ne savait pas quoi faire pour moi. Elle n'arrivait même pas à me conseiller sur cette situation puisqu'elle-même était dépassée, elle pleurait souvent avec moi.

Elle connaissait Khalil depuis toujours aussi. C'était mon témoin de mariage. Et j'étais son témoin de mariage.

Bouchra était la soeur que je n'avais pas eu. Avec elle, j'avais fait les 400 coups.

Bouchra était issue d'une famille de sept enfants. C'était la troisième, et comme moi, c'était la seule fille.

Ses parents avaient émigrés depuis le Maroc lorsqu'elle avait à peine quelques mois.

Nos parents habitaient la même rue depuis toujours. Donc on avait juste à traverser pour aller l'une chez l'autre lorsque nous étions enfants.

(Moi)

-" Bou (oui, je l'appelle comme ça depuis toujours) je crois que je vais demander le divorce. "

(Bouchra)

-"Astarfoullah! Ça va pas non la tête!

Mais Malia tu rigoles? C'est seulement une mauvaise période. Soit patiente, Tu verras Dieu va te récompenser."

(Moi)

-"Tu veux dire qu'il m'a complètement oublié oui? Regardes comment je vis Bou? Franchement, qu'est-ce que j'ai fait de mal pour mériter ça?"

(Bou)

-"Attends on va trouver une solution. Sois patiente je t'en supplie. Promets-moi de patienter encore Malia. Le temps qu'il faudra, ok Malia?"

(Moi)

-"D'accord! Tu as peut-être raison"

J'acceptais de patienter pour rassurer Bou, mais au fond de moi je n'étais pas convaincue.

Je sentais que c'était la fin. Il fallait que je sorte de ce trou et vite. Parce que je commençais sérieusement à craquer.

Entre la reprise du travail, mes problèmes conjugaux, et ma belle-mère, je saturais.

J'étais à bout de force psychologiquement et nerveusement, mes nerfs étaient en train de lâcher.

MALIA: Le prix du bonheur - Partie 3

Souvenirs, Souvenirs

Cela faisait déjà huit mois que mon petit ange était parti, et deux mois et demi que nous avions perdu notre maison.

Ma vie chez les beaux-parents était difficile et contrariante.

D'après Alimata, je ne cuisinais jamais comme il fallait, je ne savais pas faire le ménage. Je n'avais aucune classe et je m'habillais comme une demeurée .... Enfin comme d'habitude elle avait toujours quelque chose de méchant à me dire.

Khalil avait un peu retrouvé ces esprits, il était un peu plus sympa avec moi.

Diéné lui avait parlé et lui avait passé un sacré savon:

(Diéné)

-" Khalil il faut que tu te reprennes. Tu sais Malia souffres, si elle reste c'est à cause de ce qu'elle ressent pour toi. Franchement, je suis très déçue par ton attitude.

Non seulement tu fais des conneries, et en plus tu la maltraites sans raison? C'est plus possible!

Et puis, tu dois parler à Yaye, elle n'a pas le droit de se comporter comme ça. C'est ta mère pas sa coépouse! "

Zeinab qui avait appris notre situation l'avait appelé aussi depuis Dakar. Elle lui avait dit ses quatre vérités et il en avait eu pour son compte.

Elle lui avait demandé de régler cette situation au plus vite avant qu'elle ne voyage pour tous les rabotés. Elle m'avait ensuite téléphoné:

(Zeinab)

-"Bon écoutes Malia! Ne t'occupes pas de Maman. Continues à l'ignorer comme tu fais. Parfois, je ne sais pas ce qu'elle cherche. C'est ma propre mère, mais je la trouve trop... Bon je n'ai pas de mot! Walaye Malia je ne comprends pas.

Tu sais, nous sommes toute des femmes, la vie de couple c'est pas évident deh! Les problèmes ne manque jamais! Moi-même, ici je me bats avec Lansana pour réussir notre union.

Mais le plus important ma chérie, c'est que tu puisses récupérer ta vie de couple!

Sois courage ma soeur, et tant que ton cœur aime supporte"

(Moi)

-"Merci Zeinab. Ça m'a fait du bien de t'entendre."

Dans mon grand malheur, j'avais le soutien de mes belles-sœurs. C'était sans prix!

Khalil craignait ses deux grandes sœurs, bien plus que ses parents. Elles étaient comme ses petites mamans. Alors il avait fait ce qu'il fallait pour me reconquérir. Enfin, il essayait...

Parce que, moi, personnellement je ne savais pas trop quoi penser. Il m'avait tellement déçu ces derniers temps que je n'arrivais plus à lui faire confiance.

Pourtant Khalil essayait, il essayait vraiment. Et il en faisait même un trop. Il me demandait mille fois par jour comment j'allais. Ce trop plein d'attention commençait à m'agacer.

Bien sur, comme toute les femmes j'appréciais que mon mari s'intéresse à moi, mais la complicité avait disparu. Quelque chose n'allait pas.

Dans mon fort intérieur quelque chose me lançait une alerte. Non pas que ça sonnait faux, il avait vraiment l'air sincère, mais moi j'étais maintenant différente et très méfiante. Pourtant j'aimais toujours mon mari.

Comment avions-nous pu en arriver là? Tout était parfait. Notre vie était parfaite. Enfin peut-être pas complètement, mais on était vraiment bien tous les deux.

Je me souviens encore du temps où l'on s'est rencontré.

À l'époque j'avais 14 ans, j'étais folle amoureuse de David, un copain de Khalil. J'avais le béguin, mais lui n'en avait que faire de moi.

Vous savez comment sont les garçons à 14 ans, immatures, et joueurs. Il ne pensait qu'aux copains et au sport.

Khalil avait accepté de m'aider en donnant un petit mot que j'avais préparé pour David. Et ce dernier m'avait officiellement dit qu'il ne m'aimait pas. J'étais triste, et c'est encore ma chère et douce Bou qui m'avait consolé.

Et à force de côtoyer Khalil, Bou et moi, nous étions devenues amies avec lui.

Puis au lycée, nous nous sommes retrouvés tous les trois dans la même classe. C'est là qu'il a commencé à me montrer qu'il s'intéressait à moi.

Nous avons naturellement commencé à sortir ensemble, et au bout de quelques mois nous étions inséparables, c'était déjà l'amour fou.

Au départ, je faisais un peu la maline, je ne voulais pas être avec lui. Je le voyais plus comme un ami. Et puis, c'était compliqué pour moi. Ma mère me surveillait trop. Elle disait toujours:

(Roseline Zadio)

- " Vous les enfants d'Europe, vous ne savez pas vous comporter! Si vous voulez suivre les gens d'ici et vous comporter comme des petits blancs mal éduqués... je vous renvoie au village. Là-bas au moins, on se chargera de votre éducation".

Et entendez par éducation, éducation à l'ancienne. Où les filles font à manger, le ménage, pas de télé! Une vie de fille du village de chez nous quoi! Pour les garçons (j'ai trois grands frères) la menace c'était les travaux des champs. Alors pas question de se faire expédier au village pour toujours!

Maman était très à cheval sur l'éducation. Elle avait quitté l'Afrique, mais l'Afrique ne l'avait pas quitté!

Moi, j'ai grandit en France, à Saint Michel-sur-Orge. À trente minutes seulement de Paris. Alors, l'Afrique je connaissais mais que pendant les vacances d'été!

Nous avons évolué dans un quartier résidentiel, dans un joli pavillon de banlieue.

J'ai eu la chance que mes parents aient les moyens. Papa était ingénieur agronome, et maman infirmière. Nous avons toujours eu ce qu'il nous fallait mes trois frères et moi. Mais alors, il ne fallait pas toucher aux traditions! Ça non!

Quoique Papa était un peu plus souple et ouvert que Maman. Elle, tout ce qui l'intéressait c'est qu'on réussisse nos études et qu'on construise une jolie petite famille.

J'avais seulement 15 ans, et il était hors de questions que je lui dise que j'avais un petit copain. Elle m'aurait étranglé sur place et sans pitié!

J'en avais quand même parlé à Kwadjo, mon frère aîné. J'étais très proche de lui, et il m'avait très vite conseiller d'attendre un peu, et de voir si l'histoire allait durer avant d'en parler.

(Kwadjo)

- " Quoi qu'il arrive soeurette, je te soutiens, mais ne fais pas n'importe quoi où maman en mourra. Tu le sais Malia! Vois d'abord comment ça évolue et puis si ça va on le dira aux parents. Mais t'as intérêt à être clean, sinon t'es morte!"

Kwadjo savait toujours comment me parler. Et il avait raison au bout de trois ans j'étais toujours avec Khalil. Plus amoureuse que jamais!

Nous venions d'avoir notre bac et on avait fêter ça très joyeusement.

J'étais en seconde année de BTS en comptabilité, et lui était à la fac de droit. Tout se passait pour le mieux.

Mes autres frères étaient aussi au courant de l'histoire que je vivais avec Khalil. Et finalement, au bout de presque cinq ans de relation, mes parents l'avaient appris aussi.

De toutes les façons je ne parlais que de lui, je ne vivais que pour lui. Et lui pour moi. Ils s'en doutaient un peu.

Quand j'ai eu vingt et mon BTS en poche, Khalil a demandé ma main à mon père. Celui-ci lui a fait tout un cérémonial. Papa était tellement protocolaire que ça en devenait barbant!

Chapitre 3 Chapitre 03

(Papa Ebenezer ZADIO)

-"Jeune homme! Tu viens demandé la main de ma fille en tant que qui?

On est en Europe d'accord, mais faut pas exagérer... Où est ta famille? tu n'es quand même pas tombé d'un arbre Hmmm?"

(Khalil)

-" Ma famille est au courant Monsieur ZADIO. Je voulais d'abord m'assurer que vous seriez d'accord pour m'accorder la main de Malia avant qu'ils viennent officiellement."

(Papa Ebenezer)

-"Ton courage me plait jeune homme. Je t'accorde sa main provisoirement, reviens avec des émissaires!"

En fait, Kwadjo avait déjà préparé le terrain. Mes parents savaient que Khalil ne jouait pas avec moi et qu'il m'aimait vraiment. Alors ça avait été facile de convaincre Papa.

Pourtant je vous promets que Khalil transpirait! Il avait eu peur d'affronter le vieux ZADIO, mais il avait quand même ramassé son courage pour pouvoir faire de moi sa femme.

Quelques temps plus tard, je ne me souviens pas exactement combien, la demande officielle a été faite. Nous sous sommes mariés un et demi plus tard.

À cette époque déjà, Alimata avait été pénible pendant les préparatifs. Mais nous avions tout de même eu un très beau mariage.

Bou était mon témoin avec une autre de mes amies d'enfance Rouguy (elle vit maintenant au Canada).

C'était le plus beau jour de ma vie! La fête avait été fastueuse. On s'est vraiment éclaté. Ahhh! Quelle période heureuse! J'étais en paix! C'était ça le bonheur!

Mais malheureusement ce n'était pas resté d'actualité. Et oui! Sept ans plus tard, ce n'était plus la même chanson.

Le pire dans toute cette histoire c'est qu'on s'aimait encore Khalil et moi. Nous voulions vraiment nous en sortir. Alors nous faisions chacun de gros efforts, et nous étions sur la bonne voie.

Notre relation s'améliorait doucement mais sûrement. Petit à petit je retrouvais mon mari, ainsi que ma place d'épouse.

Notre complicité était timide, mais il fallait laisser le temps au temps. On se couchait toujours dans le même lit, mais nous dormions à nouveau dans les bras l'un de l'autre.

Une fois, en pleine nuit, Khalil m'a réveillé. C'était comme si il avait vu le diable! Il était vraiment très agité:

(Khalil)

-"Ma chérie lèves-toi! Il faut que je te parle."

(Moi)

-"Hmmmmmmm!"

(Khalil)

-"Sérieux, faut que je te dise quelquechose"

(Moi)

-"Oh mais khalil! Hmmm! Laisses-moi dormir ohhhhhh! Ça peut pas attendre demain? Je suis crevée moi."

(Khalil)

-"Non, ma puce ça ne peux plus attendre, lèves-toi s'il te plaît".

MALIA: Le prix du bonheur - partie 4

Un rayon de soleil!

Khalil avait tellement insisté que j'avais fini par m'assoir sur le lit. J'avais les yeux plein de sommeil, et tout ce qui m'intéressais c'était dormir!

(Khalil)

-"Je suis désolé bébé. Mais il faut que je t'avoue une dernière chose sans quoi on ne pourra pas avancer.

J'essaye de te le dire depuis des jours mais...Oh mon Dieu Malia! Je ne veux pas que tu me quittes.

Je veux juste te dire que tu es la femme de vie. Je t'aimais avant même d'être un homme. Alors, promets-moi de m'écouter, s'il te plaît.

Je sais que tu as été très déçue, mais crois-moi, désormais, les mensonges c'est terminé. Je ne veux plus que ce soit la guerre entre nous. Je t'aime. Mais je t'ai tellement menti que..."

(Moi)

-"Khalil abrèges, il est 3h30 du matin. Tu coupes mon sommeil pour une mauvaise nouvelle? C'est ça?"

(Khalil)

-" Mais c'est que ..."

(Moi)

-" C'est que quoi Khalil? Tu sais je suis fatiguée de tous ces mystères. Ce que je veux c'est avancer.

Combien as-tu de secrets finalement? Des milliers. Je veux bien t'écouter, mais à une condition.

Je veux savoir toute la vérité. Je ne veux aucun mensonge, aucun tu m'entends? Sinon, il n'y aura pas de nouvelle chance pour nous deux. Alors s'il-te-plaît Khalil, mets tout sur la table, et on passe à la suite, par pitié!"

Khalil regardait ses pieds, il n'osait pas me regarder.

Dans mon fort intérieur, Il me semblait avoir compris ce qui se passait, certainement une histoire de maîtresse (ou de deuxième épouse... Oh non mon Dieu aies pitié, pas ça!), mais j'avais décidé de le laisser parler et surtout de l'écouter.

(Khalil)

-"...J'ai eu une liaison avec une femme. Elle s'appelle Caroline. C'est une de mes collègues. Enfin, ancienne collègue, elle ne travaille plus chez nous.

Ça a commencé au début de ta grossesse, mais au bout de quelques semaines, j'ai renoncé à elle, parce que je t'aimais, et je ne voulais pas de cette relation...j'ai goûté à autre chose, mais ça ne m'a pas intéressé.

Je me suis rendu compte que je perdais mon temps, et que tu me suffisais."

(Moi)

-"Que veux-tu que je te dise. Plus rien ne me surprends venant de toi"

J'étais en colère c'est vrai, mais j'étais tellement blasée que j'avais décidé de ne pas tout prendre pour moi.

Mon cœur avait assez souffert comme ça! Je ne voulais pas y penser. J'avais entendu et je mettais ça dans un coin de ma tête pour plus tard, quand j'aurais retrouvé ma capacité de réflexion. Là, ce n'était pas possible.

(Khalil)

-"Tu sais je n'ai connu que toi, et je crois que j'ai eu envie d'expérimenter autre chose. C'était une bêtise, mais je sais maintenant que je ne veux rien d'autre que toi ma puce!"

(Moi)

-" Et parce que moi j'ai connu d'autres hommes? Khalil trouve un autre argument stp! N'importe quoi!"

Là, Monsieur SOW commençait un peu à m'agacer. Pourquoi les hommes font ça? C'est vraiment stupide et immature!

Moi aussi je n'avais pas connu d'autres hommes, et ça m'avait pas donné l'idée d'aller voir ailleurs! Tchippp!

De toutes les façons trouvez-moi un homme qui vous diras autre chose que:

" Mais mon mon amour, je t'ai trompé c'est vrai, mais c'est toi que j'aime"

Ils sont tous pareils ou presque tous pareils, il doit y en avoir des sérieux quand même non? Personnellement, j'en doute un peu, mais bon...

(Moi)

-"Ok! Bon écoutes. J'ai entendu ...passons à autre. Je peux me recoucher maintenant s'il te plaît?"

(Khalil)

-"Malia?"

(Moi)

-"Oui?"

(Khalil)

-"Cette fille a eu un bébé. Et, c'est le mien!"

Soudain, il y eut un silence de mort. Une onde électrique a traversé mon cœur. Là j'étais vraiment atteinte, j'avais mal!

Tous les deux nous étions d'accord pour remettre notre couple sur la bonne voie, et voila que Khalil m'annoncer qu'il avait un enfant avec une autre!

Je ne voulais plus parler...et pourtant...J'étais désespérée!

Mais si vous croyez que ça c'est arrêté là, vous vous trompez!

Je devais vivre avec cette idée que mon Khalilou était père. Et je n'étais pas la mère. Ahhhhhhhh!

Je me disais que peut-être cette fois-ci, il fallait que je demande un conseil à Maman.

C'était trop important! Parce que sincèrement j'étais perdue. Fallait-il que je reste avec Khalil malgré tout ce qu'il m'avait fait vivre ces derniers mois? Ou bien, fallait-il que je m'accroche pour sauver mon couple coûte que coûte?

Je m'étais tellement investie dans ma relation avec Khalil, que je n'avais pas vu que la routine pouvait l'ennuyer. Peut-être étais-je aussi fautive?

Souvent, on pense que tout est acquis, alors je me dis parfois que si il a eu envie daller voir ailleurs, c'est peut-être que ... Non! Non! Non!

N'importe quoi Malia! Qu'est-ce que raconte? Il n'y a pas d'excuse à ça! Personne ne mérite d'être trompé ni les hommes, ni les femmes! Là sérieusement je divague...

En tout cas, je faisais bonne figure. Je ne voulais pas faire ma lunatique. Khalil m'avait demandé de lui dire ce que je pensais, parce que jusque là je n'avais rien répondu.

Cette nuit là, je m'étais tout simplement recouchée le cœur serré, et les larmes aux yeux.

Khalil m'avait enlacé dans ses bras. Je n'avais pas eu la force de le repousser. J'étais trop fatiguée pour lutter.

Mais où était ce bonheur que la vie me promettait?

J'avais dit à Khalil qu'il me fallait encore réfléchir un peu avant de lui répondre. Il fallait que je digère l'information!

D'autant plus, Caroline, la maman du bébé avait décidé que Khalil devait s'occuper de son fils une semaine sur deux. Elle ne voulait pas l'assumer seule. Dans le fond, elle n'avait pas tord, sauf que pour moi l'idée était pénible à supporter!

Non seulement Khalil m'avait trompé, mais en plus j'allais être forcée de vivre avec "l'objet du délit" sous les yeux. Et en plus une semaine sur deux !

Lorsque j'ai raconté l'histoire à maman, elle a sourit. J'étais très étonnée de sa réaction, je pensais la voir bondir de colère et menacer Khalil toute l'après-midi. Mais rien, elle avait tout simplement sourit.

(Moi)

-" Maman, pourquoi tu souris? Je te dis que je suis perdue et que je ne sais pas quoi penser de tout ça! C'est sérieux Maman. Tu te rends compte? Il faudra que je vive avec cet enfant, et je ne sais pas si j'en suis capable"

(Maman Roseline)

-" Tu sais Malia. La vie n'est pas toujours comme on veut. Prends cet enfant comme un cadeau. Et tu verras il te le rendra.

Écoutes ma fille, si tu veux être heureuse dans la vie ne doit rien à personne, sauf l'amour! Si tu aimes Khalil, quoi qu'il arrive, tu aimeras son enfant.

Maintenant je vais te raconter quelque chose. Tu ne le sais peut être pas mais Ciané n'est pas mon enfant. Papa l'a eu avec une autre femme. Une femme qu'il avait rencontré au pays.

Pendant des années je n'ai rien su. Et lorsqu'il a eu 4 ans. Sa maman et décédée. C'est là que ton père a dû m'avouer son forfait.

Oh ma chérie! J'ai tellement pleuré, tellement. Je ne mangeais plus. Je ne dormais plus. J'étais angoissée. Et puis j'avais déjà tes deux autres frères Kwadjo et Benild.

Et pourtant, j'avais proposé à ton père d'avoir un troisième enfant. Et il avait catégoriquement refusé. Hmmmm!

À cet époque Papa était dur avec moi. Il ne voulait plus d'enfant avec moi. J'étais vraiment triste. Et le hasard avait fait qu'il soit obligé de me parler de cet enfant."

(Moi)

-"Maman c'est de mon père dont tu parles? Ebenezer ZADIO? Mais c'est pas possible!"

(Maman Roseline)

-"Mais oui Malia! Toi tu blagues avec les hommes! Ils sont bizarres ces gens là! Tu dois arrêter d'avoir ce petit cœur.

La vie n'est pas facile ma fille. Si tu veux être heureuse, il faut aller chercher ton bonheur, et il faut éloigner le malheur. La vie est trop courte pour être triste. Tu dois vivre ta vie et arrêter de croire que les choses sont soit blanche, soit noire. Parfois il y a du gris ma chérie.

Mais attends un peu, j'ai pas fini mon histoire! Donc Ciané s'est retrouvé à presque quatre ans sans maman. Il vivait à Abidjan et son père en Europe.

On ne pouvait pas le laisser là-bas. Il avait de la famille maternelle, mais visiblement personne ne voulait l'élever.

Papa aussi n'osait pas me demander de le prendre chez nous vu qu'il m'avait refusé un troisième bébé. Et qu'il venait de m'annoncer qu'il m'avait copieusement manqué de respect.

Finalement, j'ai fait moi-même les démarches pour aller le récupérer. J'ai acheté les billets, et je suis allée chercher Ciané.

Une fois revenus en France, nous avons fait ensemble les démarches pour que je puisse l'adopter. Ça a était un parcours du combattant, mais nous y sommes arrivés.

À partir de ce jour là, ton père s'est comporté différemment. Notre relation a évolué. Et puis tu as fini par arriver. Et nous étions tous heureux de t'accueillir.

Regardes aujourd'hui, c'est pas Ciané qui est toujours dans mes pattes? Il est marié et il est père mais il est toujours entrain de chercher sa maman. Et je suis fière d'être sa maman. Je l'ai élevé, je l'ai soigné, je l'ai nourrit. Le troisième enfant que ton père m'avait refusé, Dieu me l'a donné.

Ciané a été une bénédiction pour moi. Tout comme ce bébé peut être une bénédiction pour toi. Crois-moi"

Jamais, je n'aurais pu imaginer que maman avait vécu tout ça. Non seulement papa la malmené, mais elle avait élevé l'enfant d'une autre. J'étais bouleversée.

Mais je reconnaissais que Maman avait tout dit! Son histoire avec mon frère Ciané était criante de vérité. L'amour engendre l'amour. Alors si jamais ce bébé devait venir chez nous, je devais l'aimait aussi...

En revanche, Comment Papa avait pu être si lâche? Je n'en revenais pas! Lui qui semblait être si droit.

Ce soir là en rentrant, j'ai beaucoup parlé avec Khalil. Je lui ai dit que je l'aimais vraiment, et je voulais qu'on avance. Je lui ai aussi dit que si il acceptait cet enfant dans sa vie, alors je l'accepterai moi aussi dans la mienne.

Mais j'avais émis trois conditions, non négociables:

Primo, il fallait qu'on ait notre propre maison. Je ne voulais pas que cet enfant soit plongée dans cette atmosphère pourrie qu'Alimata s'évertuait à conserver. Et surtout, je voulais mon indépendance tout entière.

Segondo, il fallait que Khalil me laisse gérer les finances avec lui. Hors de question de me retrouver à nouveau dans la mouise, alors qu'on remontait maintenant la pente niveau argent.

Tertio, je voulais avoir mon mot à dire sur l'éducation du bébé. Je ne voulais pas être mise de côté.

Khalil avait tout accepté sans broncher. Mais je n'étais pas dupe. J'avais couché tout ça sur papier et je le lui voulais le lui faire signer.

(Khalil)

- "Tu veux que je signe un contrat? Malia arrêtes s'il te plait, t'es pas sérieuse? Non?....Si?"

Oh mais j'étais très sérieuse. Soit il signait, soit je ne répondais plus de rien. Il avait eu pour seule réponse de ma part:

(Moi)

-" Khalil! Les paroles partent, les écrits restent".

Il a donc signé, et notre accord était validé ( c'était pas un accord légal hein! Juste un contrat moral entre mon mari et moi).

Par chance, nous avions finalement trouvé un appartement pas loin de mon mon lieu de travail. Et tout près de ma petite Bou adorée.

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