Prélude.
Je regarde à travers la vitre de la voiture et un sourire se dessine sur mes lèvres malgré moi en voyant cette maison tandis que la voiture continuait son entrée pour garer dans un coin de cette immense parcelle.
Un long soupire s'échappe de ma bouche une fois que le moteur de la voiture est éteint, non pas un soupire d'aise, de joie ou de bonheur, mais un soupire pour chasser toutes les pensées qui depuis des semaines fourmillaient dans ma tête...
-bonne arrivée entendis-je alors que je descendais de la voiture
Je levais mon regard pour tomber sur celui d'une jeune demoiselle vêtue d'un tablier blanc. Elle devait être Laure, celle qu'on a embauchée pendant mon absence. Elle me paraissait bien jeune pour se livrer à ce genre de travail, mais bon...
-merci répondis-je en faisant mine de sourire
Je restais un moment debout adosse contre la voiture, regardant la porte centrale d'un air rêveur pendant que le chauffeur faisait descendre mes bagages du coffre.
-Tout va bien ? Me demanda la jeune demoiselle me faisant presque sursauter
-oui, tout va bien répondis-je avec un sourire peu force tout en me dirigeant vers mes bagages
-Non laissez je vais faire dit-elle en m'arrêtant dans mon élan
-oui bien sûr fis-je
Elle récupéra les bagages puis se dirigea vers la maison que je fixais le regard vide. Je compris qu'une partie de moi espérait que les choses ici avait change ou plutôt que les gens ici avaient changes, mais non, a première vue rien avait change pensais-je en montant les marches...
-c'est ici votre chambre Madame...
-Jessica... je m'appelle Jessica
-euh...
-et non, ce n'est pas cette chambre que je vais occuper, mais merci tout de même.
Elle me regarda toute stupéfaite
-c'est cette chambre qui a été préparé pour vous...
-sous l'ordre de qui ? Oh, mais quelle question ! Me dis-je a moi-même. Madame ma mère bien sur... Bon mais ce n'est pas tout, mon corps réclame le lit continuais-je de dire sous son regard stupéfait tout en prenant mes bagages
-Madame, la patronne risque de ne pas apprécier et me tiendra pour responsable si ce n'est pas fait comme elle le veut. Vous devez occuper la chambre qu'elle a désigné, qui d'après ses dires est la votre
Je fermais les yeux pommée suivit d'un long soupire.
Oh mon Dieu que suis-je encore venue faire dans cette maison pensais-je ...
-t'inquiète pas, je lui expliquerais et elle comprendra fis-je calmement
Elle me regarda l'air pas du tout rassure, je la comprenais la pauvre. Sa patronne gueulait pour peu, et avait horreur qu'on ne suive pas ses consignes ou qu'on ne fasse pas sa volonté, mais il n'était pas question que je dorme dans cette chambre, non... je ne pourrais pas, je ne voulais pas, car elle me rappellerait un tas de chose que j'ai laissé derrière moi, notamment cette nuit que je croyais être la plus belle de ma vie dans les bras de cet homme que j'aimais tant et en qui je cru apercevoir dans les yeux l'amour, un amour profond.
Cette nuit que je croyais être mémorable et le début d'une belle histoire d'amour. Mais comme je me trompais, comme je me trompais !!!!
Je ne pus m'empêcher de poser ma main sur mon ventre et de le caresser tout doucement... ce ventre ou se trouva ce petit être que je chérissais et à qui je parlais tous les soirs comme s'il pouvait m'écouter, me comprendre...
-Avez-vous besoin de quelque chose d'autre ? demanda Laure me ramenant à l' instant présent
-non répondis-je en enlevant mes talons que je déposais près de mes bagages. Je vais juste prendre une douche et me reposer
-d'accord, toutefois, si vous avez besoin de quelque chose, je suis dans la cuisine avec tantine Nadine...
Je ne l'écoutais presque plus et me dirigeais vers la douche après avoir récupéré ma serviette et la tenue dont je me vêtirai.
J'eus une soudaine envie de pleurer, mais je refoulais toute larme et prenais mon bain. Apres cela, j'eus bien envie de me reposer mais je n'arrivais pas à fermer l'œil, je n'avais pas sommeil, pourtant je n'avais presque pas dormi ces derniers jours.
Je prenais donc un bouquin et continuais ma lecture à la page ou je m'étais arrêtée...
Plus de dix minutes plus tard des voix se faisaient entendre dans la maison, mais il y'avait bien une voix qui dominait et qu'on entendait le plus, celle de ma mère qui ne cessait d'hausser le ton... Juste parce que j'ai choisi une autre chambre que celle qu'elle a désigné ? Non mais c'est vraiment ma mère ça !!!
-Jessica tu peux me dire pourquoi t'es dans cette chambre plutôt que l'autre ? Gueula-t-elle en ouvrant la porte avec force. C'est bien ta chambre la bas, celle que tu occupais quand tu étais ici
-quel accueil chaleureux, douce mère! Ça me va droit au cœur fis-je ironique... salut maman, je suis aussi contente de te voir continuais-je en rabaissant mon livre sans pour autant bouger
Elle soupira puis avança vers le lit.
-comment vas-tu ?
-bien, je m'attendais a te voir à l'aéroport au moins cette fois ci dis-je d'un ton neutre en faisant celle qui se replonge dans la lecture
-j'étais occupée au bureau, je l'ai pourtant dis a Vivien (le chauffeur). Je lui ai demande de te dire que je ne pouvais plus venir
-oui, il a transmis le message alors que je me dirigeais vers la voiture avec un large sourire pensant te voir fis-je en rabaissant a nouveau le livre avec un sourire tout faux, mais a la place c'est Monsieur Vivien que je vois
-........
-tu as préféré assister à tes nombreuses réunions, ou on pouvait se passer de toi que de venir prendre ta fille que tu n'as pas vu pendant ...
-tu ne vas pas commencer avec ça Jessica, tu n'es plus une petite fille a ce que je sache...
-qu'est-ce que ça change ? Même petite tu n'as jamais ete là. Quand tu t'impliques dans quelque chose ou es présente un malheur s'en suit.
Elle me regarda sévèrement, mais je ne m'arrêtais pas pour autant
-c'est bien ce qui s'est passe il y'a dix ans n'est-ce pas ?
-la table sera prête dans dix minutes, ton père et ton frère seront bientôt la dit-elle l'air de rien en se levant du lit avant de sortir de la chambre sans rien ajouter de plus.
Je regardais la porte qui venait de se refermer derrière elle me demandant comment je ne suis pas arrivée à détester cette femme malgré tout ce qu'elle a fait. Peut-être parce que c'est ma mère et que dans la vie, on en a qu'une ? Je ne sais pas...
Dix ans, dix bonnes années que j'avais quitté ce pays pour l'Italie que je prenais comme étant un nouveau départ. Cela m'a en quelque sorte aide à tourner la page, aller de l'avant, mais croyez-moi les amis, il y'a toujours quelque chose qui malgré le temps écroulé demeure en nous et qui malgré le temps ne s'efface pas...comme: la perte d'un enfant.
Mon nom est Jessica Charleine Ebonda et je vais vous faire part de mon histoire à travers les chapitres qui suivront.
Chapitre 1.
Toc toc ctoc
-oui c'est ouvert dis-je
-ouais mais ce n'est pas tout le temps qu'on doit venir frapper a ta porte pour te dire que les parents sont là ?
-......
-tu es pourtant consciente qu'ils viennent à 21 heures, mais non, tu préfères rester dans ta chambre comme une princesse pour qu'on te fasse appelle. Sache que c'est lassant de monter les marches Jessica
Je regardais ma petite sœur Magalie sans rien dire. Souvent je préfère garder le silence que parler inutilement. Ce n'était que la deuxième fois en l'espace de trois semaines qu'elle était venue m'appeler pour me prévenir de l'arrivée des parents et c'est pour cette raison qu'elle parle mal comme si c'était tous les jours qu'elle le faisait.
D'habitude c'est le cuisinier qui m'appelle ou tout simplement le son du moteur de la voiture qui m'alerte que les parents sont arrivés, mais là je ne pus rien entendre surement parce que j'écoutais la musique. En fait, maman nous voulait toujours au salon quand ils arrivaient et trente minutes plus tard on passait a table.
Je déposais mon bouquin sur le lit et me dépêchais d'aller regagner le grand salon. Je trouvais mon frère Xavier qui est l'aine et Magalie deja installe.
Quelques minutes plus tard, papa fit son entrée.
-bonsoir les enfants dit-il en regagnant le fauteuil ou il se déchaussait
-bonsoir papa répondit –on alors que Magalie continua en demandant : et ta journée au boulot elle a été?
-oui juste un peu fatigante, mais ça été en générale. Bon je vais prendre une douche dit-il en se levant
Comme toujours, ce petit échange était comme des formalités avant qu'il ne regagne sa chambre pour en ressortir soit avec sa femme quand celle-ci arrivait pendant qu'il est encore dans la chambre. Il arrivait qu'il nous rejoigne bien avant au salon, mais c'était des cas rares.
Peu de temps après maman arriva, ce fut le même échange qu'avec papa puis elle monta. C'était parti pour dix minutes ennuyeuses ou j'étais contrainte de regarder les infos. Magalie elle, tchatchait surement vu comment elle tapait si rapidement sur son clavier et Xavier lui écoutait la musique.
C'est comme ça ici, il n'y a pas de dialogue entre nous. Autrefois j'essayais toujours de dire quelque chose histoire de faire la conversation ou de discuter un peu entre nous mais rien, c'était visible que je forçais les choses et donc je finis par abandonner.
-bon appétit
-merci, pareillement
Silence pendant un bon moment...
-la famille Beauchamp a appelé aujourd'hui pour les papiers. Tu n'as pas envoyé apparemment maman dis-je
-oh mince! C'est vrai, sa femme avait pu me joindre ce midi mais j'ai encore oublie. Roh mais elle peut bien attendre qu'on arrive sur place hein, je ne comprends pas pourquoi elle me met la pression comme ça. Pfff
-.........
-en fait tu sais quoi ? Tu vas t'en charger, je suis tellement prise que je n'ai pas le temps pour ça, je risquerai encore d'oublier de le faire et je ne veux pas qu'elle rappelle un fois de plus pour ca
-d'accord maman
Le reste du diner, rien de spécial ne fut dit, quand ça parlait ce n'était que sur l'actualité et de temps en temps des commentaires sur le journal qui passait. Je déteste en fait ce moment, c'est si nul...
Les weekends end les quelques fois ou ils rentrent vers 19 heures ou même avant. Ils vont dans leur chambre se reposer et quand ils redescendent nous sommes tous devant la télévision en train de regarder les infos, le journal.
Je me souviens qu'a l'âge de huit ou neuf ans, maman me blâmait quand je regardais les desseins animes.
-tu peux me dire ce que tu apprends en regardant des trucs pareils ? Ça ne t'ajoute aucun plus, aucune connaissance disait-elle en mettant une chaine sur l'actualité, des infos ou documentaires.
-ca par contre ajoutait-elle ça instruit et c'est ce que tu dois regarder. Ça te permettra de mener des discussions, apporter un plus lors des débats dans la société quand ca parlera de l'actualité ou un truc allant dans ce sens.
Rare étaient donc les fois où je regardais les dessins car il me fallait avoir une tête bien faite et être en mesure de parler de l'actualité. C'était pareil pour mon frère et ma sœur.
C'est ainsi que nous avons tous grandi, dans cet atmosphère que je trouvais très chiant et bien que ce genre de vie ne m'enchantait guère, je finis par m'y habituer et a m'adapter, acceptant la vie comme on me l'offrait, je n'avais pas mon mot à dire...
Une semaine plus tard.
-Jessica n'aurais-tu pas vu ma trousse a beauté par hasard ? demanda ma sœur en entrant dans ma chambre ou j'étais allongée sur le lit.
-....
-merde faut toujours qu'on cherche tout ici. Trousse de beauté, clef, chaussette et j'en passe dit-elle en marchant en rond comme si cela était la solution
C'est tout ma sœur ça. Le désordre et elle ne font qu'un mais c'est la première a se plaindre quand elle ne retrouve pas quelque chose.
Malgré le fait que maman soit stricte sur le fait que tout soit toujours range a sa place du salon jusqu'aux chambres, Magalie ne faisait vraiment aucun effort dans le rangement ou maintien des choses, maman criait tout le temps sur elle mais rien ne changeait vraiment.
C'est plus la femme de ménage que je plaignais ici car c'était elle qui rangeait tout le bordel que ma chère petite sœur foutait toujours dans sa chambre. A croire que c'était une maladie chez elle.
-fais quelque chose s'il te plait, je ne peux pas partir sans ca pleurnicha-t-elle presque comme d'habitude
Mais ça en fait, ça ne marchait pas avec moi.
-......
-Jessic... voulut-elle continuer plaintive
-Magalie ca suffit d'accord ? Je ne suis pas celle qui garde tes affaires. Ça fait deux semaines que tu fais ta valise pour ce voyage. Tu la défais, la refais, la défais et la refais de nouveau en ajoutant des nouveaux articles que tu ne cesses d'acheter comme si tu n'en avais pas déjà assez.
-......
-même a la dernière minute tu veux refaire la même chose mais je t'assure que dans moins d'une heure nous allons quitter la maison que tu sois prête ou pas
-t'es de mauvaise humeur apparemment fit-elle. Bon mais pas grave je vais retourner chercher dans ma chambre ou plutôt demander a Maryse (femme de ménage).
Pff ! Je la regardais qui s'éloignait sans prendre la peine de lui dire quelque chose d'autre, j'avais d'ailleurs assez parle.
Une chose est vraie, je n'étais pas du tout de bonne humeur, et franchement il y'avait de quoi l'être. Ce voyage que l'on s'apprêtait a faire était supposé être un voyage en famille, mais a la dernière minute, c'est-à-dire hier soir tout changea.
Maman nous annonça qu'on ne pouvait plus effectuer ce voyage tous ensemble et que seuls nous les enfants iront.
Comme si j'avais besoin de ce voyage moi, ce que je voulais c'était passe du temps avec ma famille, passe du temps avec mes parents, mais ça apparemment il n'y a que moi qui le voulait car les autres ne semblaient pas être dérange par le fait que les parents ne viennent plus.
En realite, je ne devrais plus être dérangée par ce genre de choses non plus, car ce n'est pas la première fois que cela arrive, seulement j'espèrais toujours dans le fond que les choses ici changent. Qu'on est du temps pour tout un chacun mais non, c'est comme si chacun vit pour lui, chacun est dans son monde et ne s'occupe que de sa vie...
Dix minutes plus tard, je quittais mon lit pour aller me doucher, il fallait que je m'apprête car dans peu de temps il faudrait quitter la maison.
Une fois ma douche prise, je me dirige vers l'armoire pour prendre la tenue que j'eus à apprêter la veille tout en chantant. Rien de spécial, juste un jean plus un top que je mis avec une basket puis allais m'asseoir au salon devant la télévision ou je regardais une émission en grignotant.
Comme je m'ennuyais ici. Il n'y avait vraiment rien à faire pour tuer le temps. Il y'avait bien la piscine, le centre de tennis ou l'on était inscrit mais je ne m'y plaisais plus du tout mais allait tout de meme car maman le voulait et l'exigeait presque disant qu'il nous fallait une activité.
J'avais juste hâte de reprendre les cours car ça me changeait un peu de tout cet atmosphère.
En septembre j'allais commencer ma classe de Terminale, j'aurai bien voulu voyager après cela pour continuer mais le jour où j'en parlais aux parents, maman refusa catégoriquement disant que j'étais trop jeune pour aller étudier a l'étranger et que je devrais rester au pays près d'eux afin que je grandisse un peu. Quand elle me trouvera mature, la seulement elle pourrait accepter, mais pour l'instant je pouvais oublier mon rêve d'aller en Italie ou je ne connaissais personne et où il me fallait apprendre la langue.
Je n'avais certes que dix-sept ans pour l'instant mais dans quelques mois j'aurai atteint dix-huit. N'est-ce vraiment pas un âge ou on peut laisser l'enfant aller étudier à l'étranger ? J'avais beau dire à papa de supplier maman et lui faire changer d'avis, mais je savais bien que c'était là son dernier mot car elle ne revient jamais sur une décision prise...
-je t'assure man c'était trop mortel... c'est nul que tu partes comme ça.
Mon cœur se mit à battre à tout rompre, et tout mon être tremblait au son de cette voix. Une voix que je reconnaitrais très bien parmi mille.
Je regardais le pot d'amuse-gueules que j'étais venue chercher et me demandais s'il fallait que je sorte de la pièce ou que je traine encore ici, peut-être changeront-ils de pièce ? Ce qui était peu probable je le reconnais car je paris qu'ils étaient devant une bonne bière.
Mais que faisait-il là ? Je ne savais pas qu'il viendrait ici... A quel moment est –il venu ? Je n'avais quitté le salon que quelques minutes plus tôt. J'ignorai qu'il allait venir ici.
Je décidais de rester histoire de pouvoir encore profiter du son de sa voix qui me procurait même des frissons, elle était si grave et belle... Ce genre de voix qui te fait vibrer... un vrai mal quoi !
-mais Xavier que dirais-je à la black la ? reprit-il
-non, je t'ai déjà dit que je ne voulais pas... Germida (sa petite amie) me suffit.
-non mais Xavier, t'es trop coince comme pote toi. T'es jeune amuse toi... il y'a pleins de filles en plus très bonnes qui te courent après et toi t'es là à te focaliser sur ta meuf la qui non seulement ne les egales pas mais aussi qui n'est pas la. Tu penses peut être qu'elle t'est fidèle en France la bas surtout que tu l'as laisse seule ?
-tu ferais mieux de changer de sujet, celui-là ne m'intéresse pas et tu le sais.
-comme tu veux...humm man soupira-t-il. J'ai passé une sacrée nuit, la meuf elle m'a presque pete les reins putain
Bien sûr, il était avec une fille hier. Qu'est-ce que je fous même là. C'est bien ce cote qui me déçoit quelque fois sur lui. Il est préférable que je sorte avant d'en écouter plus.
Je me demande bien ce que je lui trouve en fin de compte. Ce n'est qu'un pauvre type qui va de fille en fille... et dire que j'en pince pour lui depuis la classe de seconde.
Je sais, je sais ... Je suis encore jeune et devrais me concentrer sur mes études mais lui quand je le vois, je me sens tout autre chose, je suis consciente que rien ne peut se passer entre nous et je m'efforce de ne plus penser a lui ou de me faire des films dans ma petite tête, mais c'est a peine si ca marchait.
-ah tiens ! Tu es la?
-oui j'étais allée prendre des amuses gueule dans la pièce à cote. Il y'en avait presque plus de cette qualité
-tu en veux demanda-t-il a son ami qui sirotait sa bouteille de bière calmement
Ah ce William ! Même pas un petit bonjour de sa part, c'est a peine s'il me remarque en fait pensais-je comme toujours avant de le saluer d'une voix que je me forçais de rendre normale
-oui pourquoi pas répondit-il
Je déposais ce que j'avais pris sur la table basse et allais donc prendre de quoi mettre les amuse-gueules puis revenais au salon où ils étaient installés... au même instant le téléphone de William se mit à sonner. Il décrocha tout joyeux
-oui mon ange dit-il l'air heureux ... Ah oui... c'est vrai ça ? C'est trop mignon mon cœur, tu me manques aussi surtout que l'on ne sait pas vu hier du tout... je suis désolé, j'étais occupé au bureau.
Encore une autre meuf, non mais ce mec m'énerve tellement, en plus ca ne le dérangé pas de mentir devant moi ? Ou peut etre pense-t-il que je n'ai rien entendu de leur conversation précédente.
-ne t'en fais pas j'arrive te faire tous pleins de bisous partout continua-t-il de dire
-ca va toi ? me demanda Xavier
Je ne sais pas trop pourquoi il me posait la question car ma mine n'avait pas du tout change, mais je fis un léger sourire comme pour dire oui.
-tu as l'air nerveuse et tu fais presque tout tomber la, regarde !
-oh mince fis-je en réalisant que c'est vrai.
Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais déjà rempli le récipient d'amuse-gueules. Mais comme si cela ne suffisait pas, je bousculais la bouteille de bière de William qu'il avait déposé sur la table basse et celle-ci tombait sur la moquette sans manquer de se verser sur ce dernier qui poussa un juron en se levant
-non mais Jessica tu pouvais un peu faire attention non ? Regarde dans quel état tu l'as mis dit-il d'un ton dur et fort
-ce n'est pas grave intervint William
-je suis désolée dis-je en m'abaissant pour ramasser la bouteille casse. Je... ce n'est pas ... en fait... je... balbutiais-je
-tu quoi ? pfff !!!! Laisse... laisse-moi ces morceaux de bouteilles, tu vas te blesser pour rien, Maryse le fera. Va tout simplement en haut changer ton bas qui a pris un peu de cette bière et dire a Magalie qu'on quitte la maison exactement dans vingt minutes.
Je me levais presque les larmes aux yeux et montais vite les escaliers pour la chambre.
Quelle idiote je suis ! Pourquoi suis-je même si maladroite, coincée et serrée en sa présence. Je me faisais toujours passer pour ridicule devant lui. N'est-ce pas un homme comme tant d'autre Jessica ?
Je passais le reste des minutes dans la chambre jusqu'à ce que la femme de ménage frappe à ma porte et dise que c'est l'heure de partir. Elle se chargea de ma valise tandis que je regagnais la voiture et que Magalie sortait de sa chambre disant à Maryse de se dépêcher de venir récupérer ses affaires. Elle déposa ma valise puis alla dans la maison.
Il n'y avait aucune trace de William, il était surement rentre chez lui ou plutôt retrouver cette fille a qui il promit pleins de bisous partout.
Plusieurs minutes s'écroulèrent avant que ne revienne la femme de ménage qui se faisait aide par le gardien...
-mais c'est quoi tout ca Magalie ? S'étonna Xavier
-mes affaires. Ca ne se voit pas ?
-deux grosses valises ? S'exclama-t-il. Nous ne partons que pour un mois je te signale et non pour s'y installer
-je ne veux manquer de rien là-bas répondit-elle en avançant
-tu feras bien des achats à Londres n'est-ce pas ?....
-et alors ? Ce n'est pas toi qui payera les excédents a ce que je sache rétorqua-t-elle. Allez-y Maryse, mettez mes affaires dans le coffre et n'oublier pas de prendre mon bagage à main au couloir ajouta-t-elle avant de monter dans la voiture
J'avais écoute leur échange sans en placer une. Que pouvais-je dire en fait ?
C'était comme ça ici tous les jours. On se parle sans la moindre trace d'amour, le peu de temps que l'on peut partager ensemble on se crie dessus.
Nombreux étaient les gens qui disaient nous admirer, vouloir être a notre place, vivre dans une si magnifique, grande maison et avoir une si belle famille comme la notre, mais si seulement ils savaient, si seulement ils savaient ce qui se passait réellement chez nous et que ce n'était en fait pas une vie a envier.
Il eut des jours où l'on ne se voyait que le dimanche avec les parents ou même une semaine plus tard car ils voyagent beaucoup et sont assez occupes dans leur monde professionnel.
Certes ils nous remplissaient de cadeaux, on ne manquait de rien comme disait parfois Magalie quand j'essayais de lui faire comprendre qu'une vraie famille devrait passer du temps ensemble, c'était voyage en vacance par ci et par la quand bon nous semblait mais tout cela en réalité ne me rendait pas du tout heureuse.
Tout ce que je voulais moi dans le fond, était une vraie famille ou l'amour plane ...
Chapitre 2.
Cela faisait deux semaines que l'on était à Londres. On était loge chez le grand frère de papa comme toutes les fois où l'on se rendait ici. Il était marie à une femme douce, très gentille et avait cinq enfants tous aussi merveilleux qu'eux.
Certes l'idée de faire ce voyage ne me réjouissait pas car ce que je voulais c'était passe du temps avec les parents mais j'aimais bien être là, j'aimais bien être entoure de cette famille aimable qui rigolait a table et ne tenait juste pas des propos sur l'actualité, qui nous racontait des récits pleins d'anecdotes... j'aimais bien quand dans les après-midi on se rendait au restaurant et que les weekends on partait pour une promenade ou même tout simplement les soirs quand on jouait au jeu de carte et scrabble.
-alors Jessica, le bac c'est pour cette année scolaire n'est-ce pas?
On était aujourd'hui Samedi et j'accompagnais mon oncle au supermarché afin d'acheter des fruits/légumes.
-oui oncle Melphy répondis-je
-je ne crains rien car je sais que tu l'auras, je te sais très intelligente et bosseuse, donc tout ira bien.
Il n'avait en fait pas tort. Nous étions tous brillants à l'école, une chose assez compréhensive vu qu'on travaillait toujours comme des dingues afin d'occuper la première place avec une très bonne moyenne, sinon c'était des gifles qu'on recevait accompagnées d'une punition.
Une fois en classe de troisième je fus première avec treize de moyenne. Je me souviens de comment les épreuves étaient assez dures. Il n'y avait d'ailleurs eut que trois admis mais quand je montrais mon relevé de note a maman toute contente et assez fière car même les deux autres admis n'avaient atteints que dix de moyenne, elle se leva et me tira les oreilles en me demandant ce que c'est...
-c'est à cause d'une telle note que tu oses me dire avec un sourire que tu as bien travaille ? Non mais ça ne va pas ? On t'envoie à l'école pour faire treize de moyenne ? Hein Jessica ?
-mais maman je suis première...
-parce que vous êtes tous bêtes dans votre classe. On ne sort pas premier d'une classe avec une telle note dit-elle en me donnant une belle tape au dos avant de me frapper.
Pendant que mes camarades de classe et même les profs m'avaient félicité pour avoir eu une telle moyenne, ma mère elle me frappait comme si j'avais été la dernière de classe et me priva de voyage cet été. Magalie était donc allée en vacance seule et moi j'étais restée à la maison.
Comme j'aurai tout donne pour pouvoir fuir la maison, fuir cette famille, aller très loin d'elle et vivre ma vie mais c'était impossible...
-que comptes-tu donc faire après le bac ? Me demanda oncle Melphy
-maman veut que je fasse pétrochimie
-ça te plait ? C'est ce que t'aimerai faire plus tard ?
-elle m'a expliqué ce que c'est, ce n'est pas mal dis-je tout simplement.
Une fois les achats finis, nous quittâmes les lieux pour la maison ou on retrouvait tout le monde sauf Magalie qui était partie chez une de ses amies pour passer le week-end.
En parlant d'amie, je n'ai toujours pas rappelé Juliana. Cette dernière m'avait manqué hier nuit. J'avais complètement oublie...
Je lançais l'appel et elle décrocha à la deuxième sonnerie
-allo...Bonjour Juliana
-hum toi la! Tu étais avec qui hier ?
-comment ça j'étais avec qui ?
-je t'ai appelé toute la nuit d'hier mais tu n'as pas décroché...
-oui c'est parce que...
-tu faisais l'amour avec Pierrot ? Oh mon Dieu me coupa-t-elle d'une voix joyeuse
Pierrot était un dragueur parmi tant d'autres, sympas, attentionne mais vraiment pas mon genre. C'est elle qui me l'avait présente une fois qu'elle et moi fîmes connaissance a l'école en classe de troisième. Il était aussi ici pour les vacances depuis pratiquement deux mois...
Il commença à me courtiser en 1ere. Donc on va dire que ça fait pratiquement un an qu'il est derrière moi.
-bon d'accord fit-elle sous mon silence, c'était juste pour deconner. Je sais que tu n'aimes pas quand je dis ce genre de truc
-pourquoi tu insistes tant pour que je me mette avec ce type ?
-parce qu'il est quelqu'un de bien et t'aime beaucoup, mais toi tu ne veux pas n'est-ce pas ? Tu préfères l'autre bandit la
Je savais qu'elle parlait de William.
-ce n'est pas ce que j'ai dit. Je ne suis pas prête pour une relation c'est tout, et puis Pierrot je ne me vois pas avec lui
-Ouais puis que tu n'as d'yeux que pour le voyou que t'as laisse ici
Juliana n'aimait pas du tout William.
Le jour où je lui ai dit que c'était de lui que j'étais amoureuse et qu'il n'était apparemment pas sérieux et dans plusieurs relations, elle m'a carrément dit de l'oublier et ne pas développer des sentiments plus profonds pour lui car il n'en vaut pas la peine, mais le truc était que je l'aimais déjà bien fort.
Je m'efforçais a ne plus penser à lui, mais cela était impossible. Il venait fréquemment à la maison et le voir tout le temps comme ça n'arrangeait pas les choses.
-Juliana, je suis consciente que rien ne pourra se passer entre lui et moi et tu le sais. Ce que je ressens finira par disparaitre, c'est juste une question de temps. Maintenant, laissons là ce sujet et donne-moi plutôt de tes nouvelles.
Ce qu'elle fit. Nous parlâmes un bon moment avant que je ne raccroche.
Les autres deux semaines s'écroulèrent bien trop vite a mon gout. J'aurai voulu rester et profiter encore de l'ambiance qui régnait ici.
Nous arrivâmes à Pointe-Noire tard dans la nuit. Ce fut le chauffeur qui vint nous chercher à l'aéroport comme la plupart du temps...
-ouf ! S'exclama Magalie lorsqu'on eut franchi le seuil de la porte. Enfin à la maison. Je vais retrouver mon doux lit et pouvoir glisser dans mes draps bien frais. Bonne nuit à vous, je suis tellement épuisée dit-elle en baillant
Bien normal qu'elle le soit, Mlle avait fait les courses jusqu'à la dernière minute. Souvent je me demandais bien ce qu'elle faisait de toutes ses fringues la...
Xavier me souhaita a son tour bonne nuit puis s'en alla et moi je me dirigeais vers le réfrigérateur ou je prenais deux pots de yaourts avant de m'affaler sur le fauteuil une fois la télévision en marche...
25 Septembre
Plusieurs semaines s'étaient écroulées depuis notre arrivée.
On était aujourd'hui vendredi et on venait tout juste de sonner pour annoncer la fin des cours. L'école avait repris en début du mois.
-ce prof est vraiment ennuyeux... il me fait détester le jour de vendredi je te jure
-Juliana laisse le respirer s'il te plait
-mais c'est vrai, je ne l'aime pas, il est trop vieux, court et n'a même pas le sens de l'humour... il fait un cour de trois heures sans même faire une petite blague ou un truc du genre
-tu répètes toujours la même chose tous les vendredis. C'est un monsieur bien et je l'aime moi car il prend son travail au sérieux dis-je en rangeant mes affaires.
-vraiment n'importe quoi...
-dis tu viens toujours à la maison pour que l'on traite le sujet de Géométrie ensemble ?
-bah ouais, ou tu ne veux plus car t'as autre chose à faire
-bien sûr que non, les parents savent que tu devais venir pour le week-end
On arrivait devant le portail et j'aperçu la voiture de l'autre cote. Magalie était adosse contre la portière et papotait avec deux de ses copines.
Je n'aimais plus trop cette histoire ou on venait nous récupérer à l'école comme des petits enfants surtout que le chauffeur était toujours la quand on sortait des cours. Il arrivait toujours dix minutes avant la sortie des classes, ce qui ne nous donnait même pas l'occasion de trainer un peu dans la cour avec les autres et assister aux débats ou causeries qui avaient lieu le plus souvent sous la grande paillote.
-Mmmm ça sent bon ici... dit Juliana dès qu'on rentrait dans la maison
-toi c'est pas la peine, t'adore tellement manger que tu perçois l'odeur de la bouffe même a des kilomètres
Elle me fit un geste de la langue puis se dirigea directement vers la salle a manger ou je pouvais l'entendre ouvrir les couverts et les refermer en mentionnant combien elle allait se régaler...
-arrête un peu ce que tu fais, ce n'est pas correct. On ouvre les couverts qu'une fois installe à table
-ah pardon Jessica ! Ta mère n'est pas la hein. Oublie un peu ses leçons de morales
Oublier ? Comment oublier ? J'ai grandi dans ca...
Toujours prendre sa douche après l'école puis se mettre à table avec mon frère et ma sœur, ne pas ouvrir les couverts en étant debout et sans s'être installe à table, ne pas quitter la table tant que tout le monde n'a pas fini de manger et tous pleins d'autres choses, si bien que c'était devenu naturel chez moi...
Je la laissais donc continuer d'ouvrir les couverts et une fois qu'elle eut fini, on se rendait dans la chambre ou je pris ma douche tandis qu'elle m'attendait sur le lit en écoutant la musique.
Magalie, Juliana et moi regagnèrent la table près de dix minutes plus tard et attaquait.
-non mais je peux dead pour la graille de votre cuisinier la quoi ! Je jure ...
-ouais mais sauf que si meurs, tu ne pourras plus manger ca Juliana
-oui c'est vrai... non mais sérieux je me demande bien ce qu'il met dedans pour que ça soit si bon. Tu me passes l'arôme s'il te plait ?
Ce que je fis.
C'était toujours un plaisir de bouffer avec Juliana, au moins ça me changeait un peu des discussions ennuyeuses avec les parents a table.
-Bonsoir et bon appétit
Nous nous retournèrent toutes les trois juste par reflexe car on savait par la voix que c'était Xavier mais il était accompagné d'une jeune fille qui nous salua à son tour avec un beau sourire
-merci, désolé d'avoir commencé sans toi dis-je. Maryse nous a dit que t'étais rentre a midi et allait revenir à la maison qu'aux environs de 20 heures.
-c'est exacte mais j'ai fini plutôt que prévu... dit-il avant de faire les présentations.
Les filles je vous présente Carmela, Carmela je te présente Jessica celle qui vient après moi et juste à cote d'elle son amie Juliana, et Magalie la dernière...
C'était bien la première fois que Xavier emmenait une fille à la maison et nous la présentait... j'en étais surprise.
-aww elles sont toutes mignonnes et vous vous ressemblez tellement dit-elle l'air émotionné. Je suis ravie de faire votre connaissance les filles.
-nous de même.
-Xavier ? Vous êtes par où ?
Oh mon Dieu ! Il est la pensais-je avant d'écouter la voix fine de la nommée Carmela qui se tenait près de Xavier dire ''on est par là mon chéri'' ...
Des pas se firent entendre des secondes plus tard. Je baissais juste ma tête devant mon plat et ne la relevait pas car je ne voulais pas croiser son regard.
-bonsoir dit-il de sa voix grave mais d'une sonorité douce
Ah cet homme ! Il est le fantasme en personne...
Nous répondîmes à peine à sa salutation que la fille prit la parole
-alors chéri tu l'as trouvé ?
Je levais mon regard vers eux mais sans pourtant regarder William.
-oui, dit-il en lui mettant la boucle d'oreille tout sourire et lui caresser la joue à l'aide de son pouce
-bon mais les amoureux on va s'attabler dit Xavier en regardant ce que je compris était un couple.
Ils prirent place une fois s'être nettoyé les mains et commencèrent à manger.
Tout le long du repas je ne parlais plus, j'avais qu'une chose en tête: disparaitre de la salle à manger ou William ne cesser pas de sourire a cette fille qui était sa petite amie ou plutôt l'une de ses petites amies.
Des minutes plus tard nous finîmes de manger et quittâmes la salle à manger. On regagnait la chambre Juliana et moi.
-ah rien n'est meilleur que faire une bonne sieste après avoir bien mange fit Juliana en s'allongeant sur le lit.
J'attachais mes cheveux que je recouvrais d'un filet puis m'allongeais moi aussi.
-on se réveille à 20 heures pour bosser me demanda-t-elle
-hum hum fis-je en guise de oui
-Jessica ça va ? Tu ne dis mot, t'es toute calme ...
-ça va, je suis juste un peu fatiguée
Elle me regardait calmement puis soupira, je retournais légèrement ma tête vers la fenêtre puis fermais les yeux pendant de longues secondes.
-Juliana tu penses que s'il n'avait pas toutes ses meufs la, il aurait fait attention à moi demandais-je de but en blanc
Elle soupira avant de murmurer
-je savais bien que t'étais dérangé par ca...
Elle se redressa du lit puis vint mettre son visage près du mien
-écoute ma chérie, tu n'es pas la première personne à avoir aimé quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ou qu'on ne devrait tout simplement pas aimer, mais on arrive à les oublier les gens comme eux. Tu sais comment ?
-comment ? Demandais-je tout doucement
-en pensant à quelqu'un qui t'aime
-arrête dis-je en voyant là où elle voulait en venir
-écoute si cette option ne te convient pas, je te conseille de te focaliser sur ses défauts. Etablis-en une liste et tu te rendras compte qu'il n'est pas extra...
-d'accord, d'accord... c'est compris, on ne va pas en faire tout un cour dis-je en souriant
-oui mais je suis sérieuse, je ne veux pas que tu puisses souffrir. Arrête de t'accrocher parce que le jour où il voudra profiter de cette situation, il te fera tellement mal lorsqu'il t'abandonnera que t'aura même plus envie de te regarder dans une glace...
Mes lèvres s'étirèrent en un léger sourire de reconnaissance. J'étais bien chanceuse d'avoir Juliana dans ma vie. Je déposais un baiser sur sa joue puis lui remerciait. L'on causa encore quelques minutes sur autre chose puis nous finîmes par nous endormir...
3 heures plus tard.
-vivement qu'on reparte dans la chambre me souffla Juliana une fois que les parents allaient en direction des escaliers.
Ils venaient d'arriver.
-ça ne va pas tarder ...
-et voilà on a terminé ma biche
-ah bah dis donc c'était un exercice assez coriace, j'avoue que je ne me serais pas en sortie toute seule lui dis-je
-ouais je sais, je sais... sans moi tu ne peux rien faire mais ne me remercie pas tant, je risque de rougir
Je me mis à rire tout en lui demandant depuis quand les blacks rougissaient. C'est à cet instant que mon téléphone sonna... je décrochais donc.
C'était madame Beauchamp qui voulait parler à maman.
Je quittais donc le salon tout en expliquant a Mme Beauchamp qu'elle n'arrivait pas à joindre maman parce qu'elle avait oublié son téléphone au bureau quand j'entendis des voix depuis le couloir qui menait à leur chambre.
Je n'entendais pas exactement ce qu'ils se disaient mais ça ressemblait à une dispute...
-... je ne suis pas d'accord entendis-je mon père dire une fois que j'étais devant la porte qui était entre-ouverte
-mais je n'ai pas besoin de ton accord Maurisen. Je te faisais juste part de mes intentions et quoi que tu dises ce mariage entre eux aura lieu. Point final
Encore une discussion entre grande personne pensais-je en tenant la poignée de la porte
-elle n'a que dix-sept ans à la fin ! S'exclama-t-il
-Jessica l'épousera que tu le veuilles ou pas...
Chapitre 3.
Je restais fige devant cette porte et me demandais si j'étais en plein rêve.
Moi Jessica me marier ? Mais pourquoi ? Me demandais-je déconcerté.
J'étais tellement perdu dans mes pensées que je ne sus pas à quel moment maman ouvra la porte.
-tu fais quoi la ?
-je...
-donc comme ça, tu écoutes maintenant aux portes ?
Je baissais mon regard vers le téléphone que j'avais en main me souvenant que Mme Beauchamp avait appelé...elle avait dû raccrocher car son nom n'était plus affiche sur le l'écran
-non maman, c'est Mme Beauchamp qui a appelé. J'étais venue dans le but de te donner le téléphone quand je vous ai entendu parler.
-d'accord. Elle se porte bien ?
Je fronçais les sourcils surprise par son calme et sa question mais répondis tout de même car elle avait horreur de se faire répéter
-oui
-okay, bon mais là, il est l'heure de passer a table dit-elle en s'en allant
-maman l'interpellais-je
-oui ?
-j'ai ... j'ai écouté votre échange avec papa tout a l'heure
-oui je n'en doute pas une seule seconde vu que je suis venue te trouver devant la porte. Maintenant on passe a table, je ne suis pas d'humeur a trop bavarder ce soir.
Je la regardais qui s'éloignait après avoir dit ça. Ne pensait-elle pas que j'avais droit a des explications ?
-papa dis-je en donnant un léger coup a la porte pour prévenir que je rentrai
Ce dernier leva juste un regard triste vers moi
-j'étais a la porte, je vous ai entendu parle maman et toi
-je sais, je vous écoutais parler...
-c'est quoi cette histoire de mariage lui demandais-je effrayée
-ce n'est qu'un petit malentendu, c'est tout.
-un malentendu ? Tu es sur papa ?
Il se passa nerveusement la main sur la tête. Un geste de lui qui ne me rassura pas du tout.
-ne me dis pas qu'elle est sérieuse avec ça papa, mais pourquoi ? N'est-ce pas elle qui dit que je suis trop jeune pour aller étudier toute seule à l'étranger ? Que je devrai d'abord grandir un peu ? Et là pour un mariage avec quelqu'un que je ne connais même pas elle me trouve prête ?
-tu ne vas pas te marier maintenant dit-il d'une voix peu convaincante
Je pris place près de lui.
Connaissant maman, j'étais sûr que c'était possible bien que j'ignorais la raison pour laquelle elle agirait de la sorte.
-papa s'il te plait promets-moi que tu ne laisseras pas maman le faire.
-.........
-promets le moi insistais-je sous son silence tandis qu'il me regardait tout simplement
Il prit ma main dans la sienne puis me dit tout bas
-je te le promets
Mon père et moi n'étions pas si proche que ça, mais je me sentais un peu plus libre avec lui qu'avec maman car lui se montrait quelques fois compréhensif bien qu'à la fin souvent, c'est maman qui avait le dernier mot. Je me demandais toujours pourquoi il en était ainsi, car l'homme est le chef de famille et celui à qui la décision finale revient.
-maintenant allons-y dit-il
On se rendait donc au salon avec mon père ou nous retrouvèrent les autres. Nous passâmes comme d'habitude quelques minutes devant la télévision puis à table.
Pendant le repas je n'avais pas cesse de regarder maman, je n'avais pas cesse de me demander pourquoi elle se comportait de la sorte et était si dure avec nous ses enfants.
Petite, je me disais que c'était pour nous former, nous donner une bonne éducation, mais une fois assez grande je ne voyais plus les choses sous cet angle. J'avais tout remis en question et trouvais ma famille à part.
-man mais t'es vraiment dingue toi... pauvre Carmela, et elle ne se doute de rien
Je m'arrêtais sur les marches et regardais en direction de Xavier qui était de dos. Je compris par ca phrase qu'il était au téléphone avec William.
Ca faisait moins de dix minutes que l'on avait fini de manger et qu'on avait laissé Xavier au salon en train de regarder une émission.
-c'est vrai ? Ahahaha rit-il. Faut croire que ce n'est pas toutes les filles qui ne te résistent pas, soit disant que le fait que tu me la présente, que je lui montre que je l'apprécie et fasse des commentaires sur combien tu es dingue d'elle allait la mettre en confiance ...
Je pris une grosse bouffée d'air puis allait dans la cuisine ou je prenais une bouteille d'eau pour Juliana qui faisait le choix du film que l'on allait regarder parmi ce qu'elle avait apporté, car bien sur moi je n'en ai pas les films.
Je n'avais pas dit un mot à Juliana sur la conversation des parents.
Quand je revenais dans la chambre elle était toujours dans sa sélection.
-film d'horreur, film romantique, fantastique...j'ai du mal à me décider entre ces trois... Jessica ?
-oui ?
-tu préfères quoi comme film?
-pourquoi ne pas regarder un film comique a la place ? J'ai bien envie de rire un peu
Oui, il me fallait rire un peu, il me fallait me détendre et ne plus penser à quoi que ce soit. Ma soirée fut riche en émotion, un film comique ne pouvait que me faire du bien.
Plusieurs mois s'écroulèrent, des mois ou je me disais que cette histoire de mariage n'était en réalité qu'un simple malentendu entre les parents ou plutôt que pour une fois ce fut papa qui eut le dernier mot car pas une fois maman vint me voir pour en parler ou me donner des explications, mais je me trompais, le silence de maman ne voulait aucunement dire cela mais ça je ne le sus qu'un samedi matin alors que je faisais ma petite lecture dans la chambre...
-Jessica ? Maman a besoin de toi m'avait dit Magalie
-maman ? N'est-elle pas allée au boulot ce matin
-non, elle était bien sortie avec papa après le petit déjeuner mais elle est de retour
Avant midi ? Ce n'est pas dans ces habitudes pensais-je en me redressant
-elle est ou ?
-dans sa chambre
Je quittais donc ma chambre pour celle de maman. Je la trouvais allonge sur le lit.
-maman ça va ? M'inquiétais-je
-oui
-mais pourquoi es-tu donc à la maison demandais-je surprise
-c'est quoi toutes ces questions ? Je n'ai pas le droit de rentrer chez moi peut-être ?
-euh si, mais c'est inhabituelle, a pareille heure tu...
-passe t'asseoir ici me coupa-t-elle l'air agace
J'exécutais
-tiens c'est pour toi me dit-elle en prenant un paquet déposé a terre juste au coin du lit
-c'est quoi lui demandais
-une robe que j'ai achetée pour toi...
-aww merci maman dis-je en ouvrant le paquet ou je faisais sortir une belle robe violette
-......
-elle est très belle
-je sais. C'est ce que tu vas porter cet après-midi
Je la regardais sans trop comprendre. Une telle robe était celle que l'on portait pour des grandes sorties ou cérémonies mas pas a la maison.
-nous allons recevoir des invites aujourd'hui. C'est une famille qui nous revient droit des états unis mais qui venait souvent à Londres. Je veux donc que tu te montres gentille et polie envers elle car ce voyage c'est pour toi qu'elle la effectuee.
-pour moi ? M'étonnais-je
-oui, le couple Onkiana vient avec leur fils David qui va t'épouser dit-elle aisément
-pardon ?
-tu as bien entendu, je ne veux pas me faire répéter et cesse de jouer a la surprise car tu m'avais déjà entendu parler de ca ce jour où tu écoutais a la porte. Dans moins de trente minutes la coiffeuse sera là. C'était tout, tu peux disposer.
-disposer ? Maman tu m'annonces un truc pareil et tu veux juste que je garde silence et exécute sans même me donner une quelconque explication ?
Elle me fixa. Elle avait un regard très sévère, un regard qui me faisait même peur mais je ne voulais pas me laisser intimider par ca.
-c'est quoi cette histoire de mariage maman ? En plus avec quelqu'un que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu
-ça s'appelle un mariage arrange me répondit-elle
-je sais comment ça s'appelle, mais moi je ne veux pas ...
-je m'en fous de ce que tu veux petite fille. Ton point de vue ne m'intéresse pas du tout. Maintenant tu sors de cette chambre et attend la coiffeuse.
-maman...
-dehors
-dis-moi au moins pourquoi tu fais cela, je suis ta fille. Je suis encore jeune...
Je la vis qui se leva dangereusement du lit et la connaissant je courus vers la sortie ou une fois dans la chambre je me jetais sur le lit...
J'avais envie de pleurer, hurler et demander pourquoi je devrais vivre une telle chose, pourquoi j'étais tombée dans une famille si étrange, mais même si je le faisais est ce que cela aurait servi à quelque chose ? J'avais bien envie d'appeler papa et lui demander pourquoi il avait laissé maman faire mais je ne retrouvais pas mon téléphone et Magalie refusa de me donner le sien car maman lui avait dit comme aux autres de ne pas me donner leur téléphone quel que soit la raison que je pouvais avancer.
J'avais mal, j'avais peur et je me demandais bien ce qui arriverait maintenant.
Dans exactement trente minutes Maryse vint toquer a ma porte pour me dire que la coiffeuse était là. Dieu comme j'avais envie de disparaitre.
Mes yeux étaient rouges tellement j'avais pleuré priant qu'un miracle se produise ou que maman change d'avis.
Je n'étais pas si chrétienne que ça mais souvent il m'arrivait de dire quelques mots au bon Dieu même si parfois je doutais de son existence.
4 heures plus tard.
Je croyais encore être dans un rêve ou je voulais que l'on me réveille, mais chaque fois que je me voyais dans cette robe violette j'avais envie de pleurer, je me retenais car mon maquillage pouvait fondre, le tout premier maquillage car je n'en avais jamais fait auparavant.
C'était la coiffeuse qui m'avait maquille. Maman était venue voir le résultat et n'avait pas cesse de me dire combien j'étais belle et irrésistible.
Je ne lui avais rien répondu et la regardais juste dégouté, mais elle s'en foutait pas mal de mon regard et me souriait avant de se mettre a me conseiller sur la manière dont je devrais me tenir et me comporter surtout avec ce Marc.
-il faudra le complimenter, lui dire que je t'ai beaucoup parle de lui et que c'est un réel plaisir de le rencontrer
Tout ce qu'elle me disait, je l'envoyais à la cathode. Je ne l'écoutais même pas bien que je répondais positivement a ce qu'elle me disait.
La table était déjà dresse pour sept. Je compris que maman avait tout planifie et que papa ne serait pas là. Nous étions donc tous au grand salon ou on attendait la fameuse famille.
Des minutes plus tard on entendit un klaxon puis le ronflement d'une voiture dans la cour.
-ils sont la fit maman toute contente
Je fixais le sol le regard vide, la porte s'ouvra des secondes après.
Je me refusais de lever le visage mais finis par le faire et je compris que c'était vrai...il était réellement la, juste à cote de ses parents...