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Ma lumière dans les ténèbres.

Ma lumière dans les ténèbres.

Auteur:: JudiJones
Genre: Romance
Aux yeux de tous Lucianna à une vie de rêve : une famille aimante, des études intéressantes et surtout un petit-ami passionné, doux et tendre. Ça c'est ce qu'elle veut faire croire. En réalité depuis deux ans Lucianna vit un enfer quotidien. Son amoureux et son bourreau, il a fait d'elle sa poupée qu'il martyrise, brise et déchire selon ses désirs. Et il exerce sur elle le plus odieux des chantages : si elle lui échappe....sa petite sœur prendra sa place. Alors Lucianna se sacrifie sans savoir combien de temps elle pourra tenir. Mais sa rencontre avec Zac un escort boy aux yeux lumineux, pourrait bien tout bouleverser.

Chapitre 1 Lucianna

Aujourd'hui, tout va changer.

J'ai du mal à croire ce que je m'apprête à faire. Et, pourtant je vais le faire. Il faut dire que mon sens critique et moral est réduit à néant depuis quelque temps. Tout comme moi. Alors ne me demandez pas pourquoi je vais le faire ni ce que ça va m'apporter car je n'en sais rien. Je ne sais plus rien.

J'ai l'impression étrange que c'est mon dernier espoir, la dernière façon de savoir si je pourrai me relever de tout ça.

Sans que j'y pense mes doigts composent le numéro. Ça sonne. Je peux encore raccrocher ce n'est pas trop tard .

- Alicia à votre service. Que puis-je faire pour vous ?

- Je... Non, je n'aurais pas dû vous appeler. Je regrette.

- Ne raccrochez pas mademoiselle. C'est normal d'hésiter. Mais notre société est là pour vous guider. Avez-vous consulté notre site ?

- Oui, oui...

- Il y a un modèle en particulier qui vous attire ?

Un modèle ? Bordel mais qu'est-ce que je fous ?

– Non, je...

– Ce n'est pas grave. Donnez-moi vos critères et je vous enverrai une sélection.

– Non, pas de sélection.

– Vous préférez la surprise alors ? Vous ne serez pas déçue, donnez-moi vos envies, vos attentes ou vos besoins.

Ce n'est pas ce que je voulais dire. Pourquoi je ne raccroche pas ? Argh !

– Mademoiselle ?

– Oui, je...

– Grand, petit, brun, couleur de peau ? Des choses classiques pour commencer. Laissez-vous aller !

– Oh euh... Quelqu'un de jeune, grand et patient. Ça suffit ?

– Hu hum. Et concernant les accessoires ?

Je l'entends pianoter sur son clavier alors que je rentre dans un état second.

- Quoi ?

- Uniformes, menottes ? Pratiques ou mœurs particulières ?

- Non, non, surtout pas.

- Parfait. Je peux prendre le numéro avec lequel vous appelez comme référence ? Et une adresse mail s'il vous plaît.

- Oui. Je vous la donne.

- Parfait ! Je vous envoie un mail de confirmation avec nos clauses et plusieurs précisions. Si vous avez le moindre doute ou des questions, n'hésitez pas.

- Très bien.

- Au revoir et merci de nous avoir choisis pour votre commande.

Elle a raccroché. À moins que ce ne soit moi ? Ma commande ? Putain mais qu'est-ce qui me prend ? Me voilà un monstre au même titre qu'E.

Ding. Ma messagerie s'affole déjà. Bon sang ils n'ont pas perdu de temps.

Lucianna ?

– Oui professeur ? Excusez-moi.

Je suis avec ma prof de lettres. Une femme adorable avec des lunettes en forme de demi-lunes et des cheveux en bataille. Je crois qu'elle lit plus qu'elle ne dort. Mais elle enseigne vraiment bien. Elle m'aide à tenir sans le savoir.

Trois fois par semaine, on se retrouve en petit groupe pour un atelier d'écriture. Il y a quelque temps, elle a été absente pendant plusieurs semaines. J'ai cru mourir. On m'avait retiré mon seul moment de liberté. Et si elle n'était pas revenue ? Je préfère ne pas y penser.

– Tu vois, c'est ce que je disais. Tu es distraite depuis quelques mois pendant les cours. Tu ne rends pas tes devoirs à temps et tes notes ont chuté. J'en ai discuté avec les autres professeurs et tous sont du même avis. Tu es l'une de nos meilleures élèves, Lucianna, mais tu sembles ailleurs. Et je m'inquiète pour toi.

– Je sais, oui, je suis désolée. Je vais tout faire pour me reprendre et faire remonter mes notes. Ne me renvoyez pas s'il vous plaît, je tiens trop à ce cours.

– Qui parle de renvoi ?

– Je connais la procédure. Si mes notes ne remontent pas, on va me forcer à stopper les cours non obligatoires.

– Je sais que tu tiens à l'atelier d'écriture. Et tes écrits sont toujours aussi étonnants. Je ne vais pas te renvoyer. Je voulais juste te dire que si tu as des soucis, tu peux m'en parler.

– Merci, c'est très gentil de votre part. Je n'hésiterai pas.

Elle me libère mais je sens qu'elle n'est pas convaincue par ma réponse. Il va falloir que je sois plus vigilante. Et que je fasse quelque chose pour me sortir de ce merdier.

En fait, j'ai fait quelque chose. Hier, j'ai lu le mail, retenu la migraine qui m'a envahie et les nausées. Et j'ai validé mes choix un par un, sans ciller. Je suis une garce, il a raison. À force de me le répéter, il a fini par me convaincre. Ce sera plus facile sans le connaître. Si je ne franchis pas cette étape, ce sera inutile de continuer.

Je regarde les bus qui s'éloignent. Plus d'une fois j'ai pensé à me jeter sous l'un d'entre eux. Mais il ne m'a pas laissée faire. Non pas qu'il s'en doutait, non. Mais il était tout le temps avec moi, du matin au soir et du soir au matin. À me surveiller, à m'épier, à m'observer. Consignant chacun de mes faits et gestes afin de se mettre quelque chose sous la dent à me reprocher le soir venu.

Ce n'est pas le moment d'y penser.

Je surveille mon téléphone. Ils ont dit qu'il allait m'envoyer un message pour savoir où et quand. Je pourrai toujours ne pas répondre. Ce n'est pas trop tard.

– Salut toi !

Je manque de faire tomber mon téléphone.

– Bordel Emmy, tu m'as fait peur !

– Qu'est-ce qu'elle te voulait la prof ?

– Discuter, c'est tout.

– Tu surveilles si ton amoureux t'a envoyé un message ? Il a appelé hier et a dit qu'il n'arrivait pas à te joindre depuis son arrivée à Cambridge.

– Je n'arrive pas à le contacter non plus, c'est bizarre.

– Votre amour fait exploser les lignes, que veux-tu !

– Oui, sûrement...

Je suis rentrée chez moi. E essaie de m'appeler. Cinq fois en une minute. Fait chier. Je sais que plus je vais attendre pour répondre et pire ce sera.

Un texto :

[Réponds-moi ou je te jure que je fais le trajet du retour en trop peu de temps pour que tu achètes assez d'antidouleurs pour t'en remettre.]

Enfoiré.

Évidemment il rappelle.

– Allô !

– Génial ! Avec toi il n'y a que les menaces qui marchent. À croire que tu aimes ça quand je suis dur avec toi ! Mais ne me pousse pas trop, réponds-moi ou je te jure que tu vas le regretter.

– Je te crois, oui.

– C'est ça, fais la maligne. J'ai dû appeler mes parents hier et ma sœur pour savoir ce que tu faisais. Tu te rends compte de ce qu'ils ont dû penser ?

– Je m'en fiche. Tu ne peux donc pas me laisser tranquille quelques jours ? Je te signale que j'ai loupé presque une semaine de cours par ta faute.

– Oh chérie je t'en prie, il fallait bien fêter mon départ.

Bon sang, je vais gerber.

– Tu as perdu ta langue ?

– Non.

– Tu te remémores les nuits de folie qu'on a passées ensemble ?

La folie, ça, c'est sûr que ça le qualifie très bien. Ça et salopard, pourri, dégueulasse, enfoiré.

– Qu'est-ce que tu veux ?

– Toi. Viens me rendre visite ce week-end.

– Non.

J'ai raccroché. Je sais qu'il va s'énerver. Je m'en fous. Qu'il revienne s'il veut. Qu'il me cogne avec sa ceinture et ses poings jusqu'à ce que j'en crève. Tout plutôt que de revivre ça.

Mon téléphone ne cesse de vibrer. Il est en train de faire exploser ma boîte vocale. J'efface ses messages sans les lire.

Soudain j'en reçois un d'un expéditeur que je ne connais pas. Et s'il se servait du téléphone d'un de ses connards de potes ? Tant pis, je dois savoir.

[Bonsoir. Où souhaitez-vous me rencontrer ? Votre heure sera la mienne. Zac.]

Merde, j'ai soudain super mal au ventre. Je cours aux toilettes et vomis tout mon déjeuner.

Je m'assois sur le carrelage. Zac, c'est un joli prénom. Peut-être que ça se passera bien. Ou alors c'est l'idée la plus stupide que j'ai jamais eue. Peu importe. Dans le mail que j'ai reçu, on me proposait de le rencontrer dans des suites réservées aux membres avec un vigile à chaque porte pour nous rassurer.

Tu parles. Ce site est bien trop fréquenté par les mondaines du quartier pour embaucher des mecs dangereux. Et si je dois mourir d'un couteau dans le ventre, j'aime autant que ce soit dans un endroit que je connais.

[1360 Revello Avenue, appartement 361, à 19h30. Lucianna.]

Chapitre 2 Zac.

- Hey Zac, mec, tu m'entends ?

- Oui excuse-moi vieux. J'étais ailleurs...

- Comme d'hab en ce moment mon frère!

J'adore Erwin, vraiment. Mais c'est vrai qu'en ce moment je ne suis plus trop sur la même longueur d'onde que lui. Ce n'est pas vraiment mon frère. Disons qu'on se connaît depuis qu'on est gosses.

Nos parents sont voisins, alors on a fréquenté les mêmes jardins d'enfants, les mêmes classes, les mêmes clubs de sport, les mêmes boîtes, les mêmes filles et les mêmes commissariats.

Aujourd'hui nous voilà assis sur le même banc de la même université. Non, Erwin n'est pas mon frère, il est bien plus que ça. On partage tout depuis toujours, même notre chambre sur ce campus.

Mon portable vibre dans ma poche. C'est reparti. Un nouveau numéro pour un nouveau rendez-vous.

– Encore ta copine ?

– Tu parles de celle qui n'existe que dans ta tête ?

– Vu que tu refuses de me dire d'où viennent ces messages, soit c'est ça, soit t'es un espion à la solde du gouvernement !

– Merde tu m'as démasqué ! Va falloir que je te tue maintenant !

– Ouais c'est ça ! Allez Bond je te laisse, j'ai cours moi. Y en a qui bossent ici. Garde donc ton précieux petit secret !

Je le regarde s'éloigner le cœur serré. Bien sûr, ça me fait mal de lui mentir ainsi. Mais que dire ?

– Hey Erwin, mon pote ! Tu sais, mon père n'est pas parti à l'étranger plusieurs mois pour son boulot, non en fait je l'ai foutu dehors après qu'il a battu ma mère. Enfoiré d'alcoolique. Du coup, je me retrouve sans argent. Il a fallu que je trouve un revenu conséquent au plus vite pour ne pas inquiéter ma mère et pour continuer mes études hors de prix. La seule solution que j'ai trouvée, c'est de faire la pute.

Ne faites pas cette tête. Oui je m'appelle Zac, j'ai 24 ans et je suis une pute. C'est le terme qui vous dérange ? Vous préféreriez gigolo, escort boy ? Une pute est une pute, homme ou femme.

Mais je fais dans le contemporain. Je suis une pute sur catalogue. Comme une robe qu'on veut s'offrir. On peut choisir la couleur, la taille, la forme et même les accessoires qui vont avec.

Je suis remonté dans notre chambre.

Erwin a encore laissé traîner ses affaires partout mais je ne peux m'empêcher de sourire. Ce bordel, c'est quelque chose de connu et j'apprécie tout ce foutoir finalement, il me rassure. Rien à voir avec l'appartement branché où j'ai passé la nuit dernière.

Bordel, ces quinquagénaires qui ne savent plus quoi faire de leur pognon. Elles ont un intérieur parfait, une maison dans les Hamptons, un coach sportif, une carte au country club et quand il leur manque le grand frisson, elles font appel à nous.

J'ai besoin de dormir. J'ai passé toute la nuit dans son immense appartement et cette nympho en voulait pour son argent.

Bordel ça me dégoûte.

Je ferme les yeux, serre les poings et tente de sombrer. Quel con. Ça fait des semaines que je ne dors pas. Pas vraiment en tout cas. Et de toute façon je dois répondre à ce putain de message.

J'appelle ma boss.

– Salut trésor, comment tu vas ?

– Salut Jena. T'as un nouveau plan pour moi ?

–Affirmatif. Et je vais bien, merci ! Si tu n'étais pas aussi beau gosse, je te virerais !

– C'est ça ouais.

Je sais qu'elle plaisante. Elle sait comment je suis. Les conditions ont été très claires entre nous.

Pas de photos de mon visage sur le site, pas de plan dans ma zone de résidence et jamais de mecs. Je me force déjà avec les femmes, alors que je suis hétéro, mais je ne pourrais pas me forcer avec un homme. Aucun désir, jamais.

– On t'a attribué selon critères.

– Merde. Tu sais que je préfère quand on me choisit vraiment.

– Ne stresse pas, Zac. Tu n'as jamais déçu une cliente, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Elle a pris le forfait diamant.

– Sans me connaître ?

– Ni échangé, ni remboursé ! Alors ne me déçois pas et dépêche-toi de la contacter.

– À plus Jena.

Je m'assois sur mon lit et me passe les mains sur le visage. Putain, le forfait diamant, carrément ? Fait chier. J'ai cru que ce truc n'était jamais pris. Ça veut dire que pendant trois semaines, je ne serai qu'à elle. Autant de temps qu'elle veut, quand elle veut. Pas d'autres clientes.

C'est flippant.

Si cette cliente est une maniaque du contrôle, ça craint. Je n'ai pas envie de me retrouver enfermé ou attaché dans un sous-sol.

Et merde. En même temps, avec ce qu'elle va me payer, je serai tranquille pour un mois minimum. Ça va me permettre de faire une pause et de me mettre à fond dans mes études. On ne devient pas médecin aussi facilement qu'on le croit...

Allez, quand faut y aller... Inutile de retarder les choses.

Je lui envoie un texto car c'est la préférence qu'elle a choisie. Bizarre. Souvent les clientes préfèrent que je les appelle directement. Enfin, je ne peux pas non plus prétendre tout connaître. Je suis encore un petit nouveau, après tout.

Dix-neuf heures vingt-cinq. J'attends patiemment en bas de l'immeuble, avachi sur ma moto.

Le bâtiment qui me surplombe est plutôt chic mais sans en faire des tonnes. C'est mon premier rendez-vous en dehors de l'hôtel. D'habitude c'est toujours là-bas que ça se passe.

Une fois que les clientes sont rassurées, elles nous invitent généralement chez elles. Peut-être qu'elle a déjà utilisé notre site. J'ai oublié de demander des précisions à Jena alors j'ai fourré quelques trucs dans mon sac au cas où.

Dix-neuf heures vingt-huit. Il est temps d'y aller.

Je sonne au 361. Personne ne répond mais la porte se déverrouille. Le hall est accueillant et il y flotte une douce odeur de vanille. C'est ça de vivre dans un quartier de riches.

Ne croyez pas que je me plaigne. Je n'ai jamais été malheureux. Mes parents ont toujours travaillé tous les deux, on avait une belle maison, simple mais belle. Mais près de chez nous vivent tous ces bourgeois avec leurs maisons parfaites, leurs pelouses parfaites et leurs gosses parfaits. Ils m'ont toujours foutu la gerbe et maintenant je bosse pour eux. Enfin, je baise pour eux serait plus exact.

Je prends les escaliers pour tenter de me recentrer. De toute façon les ascenseurs me foutent la trouille.

Dix-neuf heures trente. Appartement 361. Je frappe. Elle ouvre. Ce qui me surprend d'abord, c'est son âge. Bordel, on doit être de la même année ou pas très loin, en tout cas. C'est un choc. Jusqu'ici, mes clientes avaient toutes la cinquantaine minimum. Tout à coup, je me dis que je me suis trompé. Mais elle se pousse pour me laisser entrer. Et moi je reste là comme un con à la regarder. Elle lève le regard vers moi et ses yeux me frappent en plein cœur. J'y vois en premier un éclat de rage de vivre monumental, une volonté extrême. Mais en m'y plongeant, je vois une profonde souffrance, une détresse presque douloureuse à observer.

– Vous n'entrez pas ?

– Si, bien sûr.

Reprends-toi Zac. Bordel, qu'est-ce qui me prend d'agir comme un crétin ? Elle ferme la porte derrière moi et m'invite à entrer.

– Faites comme chez vous.

Sûr de toi mon pote. Sois sûr de toi. Je suis plus nerveux qu'à ma première passe. Et je ne comprends pas pourquoi. D'habitude je rentre, je demande ce qu'elle veut et on s'y met. Peut-être que c'est à cause de son âge. Peu importe, faut que je me remette sur les rails.

Allez ! J'inspire et expire calmement tout en enlevant mon blouson. Je le pose sur une chaise et regarde autour de moi. C'est un bel appartement, arrangé avec goût et en même temps très impersonnel. On se croirait dans un loft d'exposition. Pas de photos au mur, pas de bibelots. La seule chose qui dérange ce parfait environnement clinique, ce sont les piles de livres qui traînent ici et là. Alors que mes yeux tournent autour de la pièce, ils retombent sur elle. Qui m'observe. J'aimerais savoir à quoi elle pense. Sûrement à me chevaucher comme les autres. Pourtant, je ne vois pas de réelle excitation dans son regard. On dirait plutôt qu'elle me jauge. Peut-être que je ne lui plais pas.

Je m'avance vers elle et ramène une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles. Elle ferme les yeux et frémit légèrement. Je l'attire dans mes bras et saisis son visage dans le creux de ma main. Je l'observe quelques minutes. Elle ne rouvre pas les yeux. Elle se concentre. Je ne sais pas sur quoi. Ses traits sont fins et elle est plutôt jolie. Pas un mannequin, non, une beauté plus simple, presque trop discrète. Je sens sous ma main posée sur sa hanche qu'elle a des rondeurs. Et je la trouve encore plus belle.

Je me penche vers elle et me mets à embrasser son menton. Doucement, très doucement. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que c'est ce qu'elle attend. De la douceur. Elle tremble un peu dans mes bras, alors je la maintiens un peu plus fermement contre moi pour saisir sa bouche.

Soudain elle me repousse comme si une guêpe venait de la piquer.

– Non, ne faites pas ça.

Elle a mis un mètre entre nous et je me sens soudain très mal à l'aise. Merde, qu'est-ce qui m'a pris ? Ce n'est absolument pas censé se passer comme ça. Je ne suis pas supposé me jeter sur mes clientes. Sauf si elles le demandent, bien sûr. Elle n'avait sûrement pas envie de ça.

Putain, si ça se trouve, elle fait partie de celles qui ne veulent pas qu'on les embrasse sur la bouche. En général ça m'arrange. Trop d'intimité. Alors qu'est-ce qui m'a pris de vouloir l'embrasser ? De la désirer comme ça ? Ce n'est pas normal. Je n'ai jamais désiré aucune cliente. Pas de plaisir, juste le boulot.

– Pardonnez-moi, Lucianna. Je suis désolé.

Chapitre 3 Lucianna.

Il vient de prononcer mon prénom et de s'excuser.

Deux choses dont je n'ai pas l'habitude. Normalement c'est moi qui m'excuse. Et qui supplie. Et ça fait longtemps qu'E ne m'appelle plus par mon prénom. Il préfère les insultes. Les rares fois où il le prononce, c'est toujours mauvais signe. Pour moi.

Je suis là, debout devant ce mec que je ne connais pas. Il est arrivé pile à l'heure. Il m'a scrutée et bordel ce qu'il est beau. J'aurais dû préciser un pas trop beau. Parce que là, ça me met encore plus mal à l'aise.

Je l'ai regardé marcher jusqu'à la chaise, j'ai observé le mouvement de ses muscles lorsqu'il a retiré son blouson de cuir. Soudain il s'est approché et m'a attirée contre lui. Avec force et puissance mais sans violence, encore une nouveauté pour moi. Il a posé ses lèvres sur ma peau et je crois que pendant une seconde, juste une, je me suis sentie... presque bien, presque normale. Ni dévastée, ni détruite.

Puis il m'a serrée encore plus contre lui et là j'ai paniqué. Je l'ai repoussé. Je sens qu'il m'observe et moi, comme une conne, je baisse la tête, prête à recevoir les coups. E déteste que je lui dise non. Il faut que je me ressaisisse. C'est pour oublier E que je fais tout ça, pour voir s'il reste au moins un millimètre de moi qui ne soit pas totalement démoli.

– Lucianna ?

Encore mon prénom et cette douceur. Bordel.

– Est-ce que tu préfères que je m'en aille ? Pardon je ne voulais pas vous tutoyer.

– Non, non. Ne partez pas. Et vous pouvez me tutoyer, bien sûr. Cessez de vous excuser, vous n'avez rien fait de mal. Rien du tout. C'est juste que...

– Oui ? Dis-moi.

Il s'est discrètement approché de moi et me soulève délicatement le menton pour que je le regarde. Je sais qu'il ne fait que son job mais bon sang ce que j'ai honte. Il doit tout faire pour me satisfaire, peu importe ce que je lui demande.

– S'il vous plaît Zac, ne m'emprisonnez plus dans vos bras.

– Bien sûr.

Il me prend par la main et m'emmène vers le canapé. Il m'y fait asseoir et me regarde intensément.

– Tu veux que je t'apporte un verre d'eau, tu n'as pas l'air bien.

– Non ça va. Asseyez-vous.

– Dis-moi ce que tu attends de moi et je le ferai.

Bien sûr, je le paie pour ça.

Il porte une sublime chemise en soie noire et mes mains se posent dessus sans que j'y aie songé. Elle est douce. Je pose ma main sur son cœur et le sens battre contre ma paume. C'est si apaisant, si beau. Un cœur qui ne bat pas pour faire le mal. Je déboutonne sa chemise et la fais tomber derrière ses épaules. Il est séduisant, ses muscles sont parfaitement dessinés et un tatouage tribal orne son pectoral droit. Je le dessine avec mes doigts tout en dévorant des yeux ses abdominaux.

Il respire doucement tout en m'observant. Tant pis s'il me prend pour une dingue, je le paie et il a dit qu'il ferait ce que j'attendais de lui.

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